La première ébauche de Beguiling Junior

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Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Yo La Tengo

And then nothing turned itself inside-out

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En rangeant les guitares au placard, nos joyeux lurons nous livrent un album de sérénité et de profondeur : histoires à se raconter dans la pénombre, chuchotements et regards complices, rires à peines étouffés. " And then... " nous raconte comment l'humain peut mettre en musique ses moments les plus intimes. Arrêts sur image, ralentis sur une complicité qui unit le groupe depuis des années... Echos d'une compréhension et d'un bien être à vivre ensemble, cet album marque l'acceptation totale, amorcée depuis longtemps mais enfin arrivée à maturité, de la vitalité de leur expression sonore. En accord avec eux-mêmes, les membres de Yo La Tengo rendent ici hommage, de la plus belle façon qui soit, à la musique. Paisible.

 

Zion Train

Secrets of the animal kingdom in dub

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Cette semaine on est gâté niveau dub, avec pas moins de deux albums de bonne facture mais aux orientations légèrement divergentes.

Zion Train, on ne les présente plus, continue de nous fournir des disques rondement fignolés sur Universal Egg. Pour Secret in the animal Kingdom in dub, aucun sons agressifs ne vient troubler le délicieux climat langoureux qui s'instaure au fil de basses et d'échos flottants révélateurs de leur ancestral savoir faire. On plane au sein d'une musique saine, positive, respectueuse des anciens. Peut être trop, d'ailleurs. Fidèles au piano dilaté, aux percussions organiques, ils restent les maîtres du genre, on n'en doute plus. Cependant, par instants, manque peut être un peu de fantaisie pour nous accrocher sur la longueur. Méfiez vous les gars, ça commence à tourner en rond, on ne vous suivra peut être plus les yeux fermés.

 

Rusty Zinn

The Chill

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Tous les amateurs de blues moderne savent que Rusty Zinn est devenu, depuis quelques années, le guitariste attitré de Kim Wilson. Originaire de Long Beach, ce Californien a fini par atterrir à Oakland, où il vit aujourd'hui. Un type hyper doué, nonobstant son jeune âge. A ses débuts, il a été fort influencé par le regretté Luther Tucker, un guitariste noir qui a longtemps milité au sein du groupe de Little Walter avant d'émigrer vers la West Coast.

Rusty comptait déjà deux albums à son actif, "Sittin and waitin" et "Confessin", tous deux sortis sur Black Top. "The chill" marque son passage sur le célèbre label de Chicago, Alligator, dirigé par Bruce Iglauer.

R&B au riff solide et dansant, "Just like a fish" est une ouverture gagnante ; et la Gibson de Zinn n'attend guère avant de décoller vers des sommets. Autre R&B semblant sortir tout droit des 50s, "Meet me halfway" lui va aussi comme un gant. Une composition qui porte l'empreinte de Leiber et Stoller. La partie de cordes soulève l'enthousiasme. "Fallin' rain" a été écrit par Luther Tucker. Rusty lui rend un hommage poignant en adaptant ce blues lent. Il trace des lignes mélodiques très intenses, avec un feeling déchirant. Zinn a écrit plusieurs plages. Certaines en compagnie de Rick Estrin des Nightcats. "She's got style", un rocker bien nerveux. "The big eye", un merveilleux blues rythmé. Sa guitare est créative et l'économie de notes rappele le meilleur de Peter Green (époque "Mr Wonderful"). Ballade douce et pleureuse, "Ladies choice" est évitable. Imprimé sur un rythme sobre mais assez menaçant, "Dying on the vine" repose une nouvelle fois sur un solo dépouillé, véhiculé dans une atmosphère bien ombragée. A plus d'une reprise, Rusty peut nous faire penser à Magic Sam. Comme sur "I played the game". Une composition écrite par Ronnie Weber (de Little Charlie & the Nightcats). Bob Welsh y joue efficacement de son piano! Côté reprises, Zinn s'attaque de manière paresseuse au "Moonlighht blues" de John Brim, avec l'appui de la slide d'un pilier d'Alligator, Mr Elvin Bishop. L'album se referme sur une version musclée du "Looking back" de Johnny "Guitar" Watson. Et pour ne rien vous cacher, sachez que j'adore la plage titulaire : "The chill". D'ailleurs, tout au long de cette composition, Rusty évoque à nouveau le Peter Green de la fin des 60s. Ou plus exactement de l'époque "Then play on". Parce que la guitare y est vraiment fabuleuse ; et puis ce blues teinté de rock possède un sens mélodique imparable. Excellent !

 

Neil Young

Silver and gold

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En renouant avec l'introspection acoustique, Neil Young vient donc d'achever une trilogie qu'il avait entamée par " Harvest " en 1972, et étendue à " Harvest moon " en 1992. Pour enregistrer ce " Silver & gold ", Neil a bien reçu le concours de quelques potes. Dont les interventions minimalistes se limitent au piano, à la basse, à la steel, aux drums et aux backing vocaux. Des backing vocaux auxquels participent, tout aussi épisodiquement, Emmylou Harris et Linda Ronstadt ; Neil se réservant, bien sûr, le chant, la gratte sèche et l'harmonica. Agé aujourd'hui de 58 piges et responsable de 32 albums, Neil a voulu, en quelque sorte, faire le point, tout en jetant un regard mélancolique sur son passé. Et les dix nouvelles chansons de cet opus transpirent ce sentiment de nostalgie. Il avait bien reformé Crosby Stills Nash & Young l'an dernier. Le temps d'enregistrer un album et d'envisager une tournée mondiale. Aussi, si son " Buffalo Springfield again " n'est pas un appel du pied à ses anciens camarades, il y ressemble très fort. Neil possède toujours ce timbre vocal gémissant si caractéristique et ce sens mélodique terriblement contagieux. Malheureusement, il manque un petit quelque chose à ce disque pour atteindre le niveau de " Harvest ". Un peu comme si la magie ne parvenait pas à opérer son charme. Un peu comme si les compositions avaient un goût de " déjà entendu ". Pourtant, à mon humble avis, interprétées ‘live’, ces chansons prendraient une toute autre dimension...

 

Neil Young

Road Rock Vol I / Friends and Relatives

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Bien que grand admirateur de Neil Young, je dois reconnaître que cet album est un des plus dispensables qu'il ait commis à ce jour. Un disque ‘live’ qui réunit des extraits de sa dernière tournée aux States, accomplie en été dernier. Découpé en huit titres, il n'en recèle que deux véritablement intéressants. Soit les 18 minutes de " Cowgirl in the sand ", dans une version tout aussi électrique et vivifiante que celle qui figurait sur " Everybody knows this is nowhere ", et " All along the watchtower ", rehaussé par la présence de Chrissie Hynde, chanteuse des Pretenders. Seul inédit, " Fool for your love " ne passe pas la rampe ; il est beaucoup trop glacial. Et ne me parlez pas de " Tonight the night ", dont l'interprétation sans conviction fait injure à la mouture originale. Il existe même des bootlegs qui sont de meilleure qualité !

 

The Young Gods

Second nature

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Même si l'année 2000 n'a pas vraiment été un cru à la hauteur de nos (énormes) espérances, elle fut pourtant une date charnière chez certains. Pour les Young Gods, notamment. Etaient-ils un peu las après bientôt deux décennies d'activité ou agacés par leur propre formule rock ? Une chose est sûre, ils ne pouvaient raisonnablement repartir de plus belle sans se régénérer ailleurs. Et puis, il leur fallait se repositionner face à l'armada de nouveaux petits prodiges de l'electro. En l'occurrence, ceux qui sont en possession du manuel de savoir faire, écrit par ces mêmes nouveaux dieux. De prime abord, une bonne partie de l'album contient une majorité de morceaux obliques qui manifestent de surprenantes références prouvant, s'il le fallait encore, l'éternelle jeunesse du trio encore au fait de l'actualité pointue. Jugez plutôt. Les nappes minimales et déconstruites d'obédiences ovaliennes procurent une saveur particulière au répétitif " Attends ". " Stick around " malmène nos oreilles avec ses rythmes martiaux empruntés chez Funkstorung. " Toi du monde " convoque Pan Sonic pour une subliminale traversée de paradis séchés. Quant à " Love 2.7 ", il clôture l'album par un subtil gimmick mélancolique pioché chez Future Sound of London. Quoique déstabilisants, ces clins d'œil fournissent à la poésie liquide, teintée d'écologie, de Franz Treichler, un éclairage suffisamment personnel pour qu'on ne l'accuse pas de plagiat éhonté. Pour preuve, leurs guitares abrasives peuplent encore pas mal de morceaux qui, paraissent du coup moins innovants, voire incongrus. Etourdissant morceau d'ouverture, " Lucidogen " garde une superbe ancestrale mais sonne un peu indus vieillot, alors que " Supersonic " évoque vaguement un Prodigy vieillard. La honte ! A cause de ces errements, ma sympathie pour le groupe ne parvient pas à pleinement racheter ces fautes de goût qui, pour la peine, feraient par instant passer nos Young Gods pour des icônes en cours de fossilisation. Dommage, dommage ! Un mini elpee aurait sans doute suffit.

 

Cradle Of Filth

Moins satanique, mais plus horrifique…

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Même si le soufflé est un peu retombé, le black metal demeure un registre musical fort prisé par un bon nombre de metal freaks. Les hurlements sataniques, les looks démoniaques, ça marche toujours. Et là, Cradle of Filth est bien le leader de la meute...

Depuis leurs débuts en 91, ces Britanniques n'ont cessé de faire monter la sauce et de s'attirer haine et sympathie, jouant avec les mots, thèmes, apparences, images et propos chocs.

Leur slogan ‘Jesus is a cunt’, notamment, ne leur a pas rapporté que des amitiés. Certains organismes de censure et des associations catholiques (NDR : la Catholic League de New York, par exemple), s'en sont donné à cœur joie pour leur rentrer dans le lard. Le groupe leur répond à sa façon : cette année, il entamera sa tournée mondiale en... Israël!

« Il y a aussi là-bas des gens qui ne rentrent pas dans les moules théologiques conventionnels », nous a expliqué le vocaliste Dani Filth, de passage à Bruxelles. « C'est bien sûr ceux-là qui nous tiendront compagnie. On est vraiment impatients de s’y produire, même si la situation politique y est assez inquiétante... »

Toujours un brin provoc’ donc, même si l'on perçoit une certaine ‘évolution’ dans leur attitude. Ainsi, leur nouvel album ‘Midian’ semble moins porté vers le malsain religieux mais plus vers l'atmosphère quasi ‘gore’ qui les a logiquement accompagnés depuis leurs débuts. La formation sortira d'ailleurs d'ici peu un film, ‘Cradle of Fear’, franchement sanguinolent, et dont ils accorderont la primeur à leurs fans, via leur site web officiel.

En fait, il semble assez clair que le groupe a traversé récemment une sorte de période de remise en question. Il a connu quelques changements de line-up et a peut-être réorienté quelque peu son identité, sachant fort bien que dans le registre satanique, un Marilyn Manson a plus d'une longueur d'avance et de plus gros moyens.

A propos de moyens, on peut d'ailleurs se poser la question de savoir si le groupe n'est pas, là aussi, occupé à tenter de ‘faire le break’. ‘Midian’ est produit par John Fryer (Nine Inch Nails, Him...) et le groupe s'est entouré de spécialistes des films d'horreur (‘Nightbreed’, ‘Hellraiser’) pour la partie visuelle de son projet. Il s'est donné les moyens de frapper fort, donc. Evidemment, Dani Filth défend l'approche purement créative. « Pas question pour nous de tourner en rond. Et tant qu'à faire, si c'est pour se lancer dans le bon plan basé sur le roman ‘Nightbreed’ de Clive Barker, autant le faire à l’aide de spécialistes, non ? Bien, c'est sûr, on veut avancer, mais on est aussi conscients de qui on est et de ce qu'on fait. On n’aura jamais les possibilités financières de l'autre nulle qu'on voit derrière moi... »

Quelle nulle? Dani Filth bavarde dans un bureau de Zomba Records, devant un poster grandeur nature de Britney Spears. Et d’ajouter : « Mais on s’en tape évidemment. Par contre, on veut donner le meilleur avec nos moyens et répandre notre bonne parole. »

(Article paru dans le n° 88 du magazine Mofo de novembre/décembre 2000)

 

Angelico

No rest for the wicked

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Vous avez certainement déjà eu l'occasion d'écouter ou d'entendre, sur l'une ou l'autre station radiophonique, "Good about you" et "Freak you out", en vous demandant si vous n'étiez pas en présence de nouvelles chansons de Garbage. Cela y ressemble fort, mais ce n'est pas Garbage. Ces deux compositions imprimées sur un rythme pulsant et judicieusement enrichies de samples et de boucles, appartiennent à Angelico. Un trio anversois au sein duquel on retrouve l'ex Ashbury Faith, Axl Peleman ; et puis deux anciens membres de Sin Alley. En l'occurrence le guitariste Ruben Block et la chanteuse Martine Van Hoof. Qui ressemble plus à Blondie qu'à Shirley. Malheureusement, l'opus ne tient pas toutes les promesses de ses singles. Il y a bien encore deux ou trois fragments contagieux et pétillants. Et puis, c'est tout. En tout cas, pas de quoi fouetter un chat…

 

Betty Goes Green

Dreamers and lovers

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En dix années d'existence, BGG a aligné six albums, dont deux (" Hunalaria " et " Handsome ") ont reçu le concours de Mike Rathke, guitariste et producteur de Lou Reed, à la mise en forme. A l'initiative de Mike, Lou avait d'ailleurs joué sur un titre du second cité. Et il faut croire qu'un déclic a dû se produire dans la tête du New-yorkais, car depuis, il leur file de temps à autre un petit coup de pouce. Comme en 1996, lorsqu'il les avait engagés pour jouer en première partie de sa tournée européenne. Faut dire que la formation belge pratique un rock 'n roll bien dans l'esprit du prince des ténèbres. Parfois aussi sombre. Légèrement jazzyfiant. Et puis le timbre vocal âpre et desséché de Luc Crabe est capable d'emprunter des inflexions fort proches. Lorsqu'elles ne sont pas empruntées au Bowie décadent et seventies ou à l'ex Bauhaus, Peter Murphy. Mais le plus souvent, la musique de BGG se révèle beaucoup moins sinistre. Plus pop si vous préférez. Vous avez d'ailleurs certainement pu le constater en écoutant leur superbe single " Major crush ", sur l'une ou l'autre station radiophonique. Et hormis le torturé et tendre à la fois " Who makes the bubble burst ? ", réminiscent de Peter Hammill, l'ensemble de l'opus est de la même veine. En une décennie, Luc a pris de la bouteille. Ce qui explique pourquoi il s'est décidé à produire et à mixer ce " Dreamers & lovers ". Tout seul, comme un grand. Et le résultat est impeccable, il faut le reconnaître. Un disque pour lequel il s'est entouré d'une section de cuivres ; mais qui permet aussi à Johan Ancaer, le nouveau guitariste, de démontrer l'étendue de son talent.

 

The Animalhouse

Ready to receive

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Andy Bell parti monnayer son talent, non plus de guitariste mais de bassiste, chez Oasis, après avoir transité par Hurricane # 1, je me demandais ce qu'il était advenu des autres membres du défunt Ride. Animalhouse constitue la moitié de la réponse, puisque Mark Gardener, l'autre tête pensante du défunt et mythique combo d'Oxford et leur drummer, Laurence Colbert, ont décidé de joindre leurs efforts au sein d'un quintette. Chez qui on retrouve également un certain Sam Williams. Mieux connu pour son travail de producteur, il était étroitement impliqué dans la confection de deux premiers Eps de Supergrass. Et si l'ombre de Ride plane sur l'excellent titre maître de l'opus ; à cause de la sonorité de guitare si particulière de Gardner et du tempo légèrement house imprimé par son compère ; celle de la bande à Gaz Coombes est beaucoup plus présente, tout au long de l'opus. A cause de la qualité des harmonies vocales que se partagent les cinq membres du groupe. Sam s'est inévitablement occupé de la production de ce disque, mais se réserve surtout les claviers, dont un moog de la première génération, qui aurait pu appartenir à Keith Emerson. " Ready to receive " est cependant découpé en deux volets bien distincts. Sur les douze morceaux, la seconde moitié manifeste un intimisme esthétique digne de la phase la plus romantique des Nits. Quant à la première, elle est sans doute celle qui nous a le plus fait flasher. Nous ne reviendrons pas sur l'entrée en matière, mais bien sur " Small ", qui aurait pu naître de l'imagination d'un Supergrass ayant beaucoup écouté Devo, " Space trash ", remarquable dans sa construction mélodique inspirée par les Boo Radleys, le premier single " Animal house ", aussi capricieux que les Beatles de l'époque " Abbey road ", le glamoureux, donc bolanesque " Wasted " et enfin l'étrange, spectral " Animal ", dont les relents tantôts post industriels, tantôt post new wave nous rappellent quelque part Magazine. Tout un programme !

 

 

22 Pistepirkko

Downhill city (O.S.T.)

Ceci n'est pas encore le nouvel album de 22 Pistepirkko, mais la bande sonore du film de Hannu Salanen, " Downhill city ". Un disque qui fait la part belle aux compositions atmosphériques. Nous plongeant dans un univers où se mêlent psychédélisme et électronique, à l'instar d'un Legendary Pink Dots, mais en beaucoup plus pop. Ecoutez d'ailleurs ce superbe et envoûtant " Coffee girl II ", et vous en serez totalement convaincu. Le timbre vocal limpide et chaleureux de PK accentuant cette sensation mélodique. L'opus recèle, en outre, l'une ou l'autre composition plus sauvage. Comme le remixe au groove irrésistible, " Let the Romeo weep ", ou la version garage de " Roundabout II "...

 

90 Day Men

(it (is) it) critical band

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Entamé de manière très encourageante, cet album plonge lentement et doucement l'auditeur dans la perplexité… Pratiquant une forme de ‘post-rock’ déclamé plus que chanté (Slint, June of 44), parsemant ça et là ses morceaux de passages bruitistes (Sonic Youth, Shellac), 90 Day Men noie son inspiration dans des références qui semblent être lourdes à porter. Pourtant, le groupe ne manque pas d'attraits. Tous les musiciens sont en place. Les compositions regorgent d'idées et les structures rythmiques ne risquent pas de vous emmener vers des paysages sans aspérités … Seulement voilà ; à trop vouloir prouver ses aptitudes aux pères spirituels, 90 Day Men n'exprime pas réellement sa personnalité. Et c'est lors des parties plus " free " (là où les codes permettent le plus d'expression) que le groupe perd pied, laissant par la même occasion l'auditeur seul, confronté à des chansons qui s'enlaidissent au fil des secondes. Par contre, si le groupe passe en concert par chez vous, tentez votre chance…

 

16 Horsepower

Secret south

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En quatre albums, on ne peut pas dire que la musique de 16 Horsepower ait beaucoup évoluée. Et pourtant, elle est toujours aussi agréable à écouter. Faut dire que dans le style, planté quelque part entre country sudiste et rock rageur, hanté par les spectres de Jeffrey Lee Pierce et de Nick Cave, la métamorphose est difficilement perceptible. Surtout lorsque des instruments aussi traditionnels que l'accordéon, le violon, le banjo, la slide et la contrebasse balisent, le plus souvent, les compositions. Autre constante, la voix de David Eugène Edwards. Desséchée, gémissante, ténébreuse, elle entretient un climat mystérieux, malveillant, à travers des lyrics peuplés de références à l'ancien Testament. Si la religion est devenue une psychose pour David, il interprète cependant la Bible à sa manière, lorsqu'il ne la traîne pas dans la poussière. " Secret south " se révèle pourtant plus rock. Plus électrique si vous préférez. Pas sur toutes les chansons, bien sûr ; la formation se réservant des espaces plus minimalistes, propices à l'utilisation du banjo en picking, à l'instar de " Wayfaring stranger ", de " Prayin arm lane " ou de " Straw foot ". Et pour être complet, sachez que l'opus recèle une reprise d'une composition méconnue de Dylan, " Nobody'cept you ".

 

AmAndA

Mais qui est Amanda ?

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Avouons-le, peu fréquents sont les groupes qui évoquent tour à tour Eclat, Obispo, Sheller, Dead Can Dance, Era, Brel et … feu Klaus Nomi ! Il y a pourtant un peu de tout cela chez Amanda. Pour son premier CD, le groupe belge revendique un ton neuf. Si on peut le leur accorder, c'est surtout à cause de leur aspect inclassable, car leur style, pour le moins original, est la synthèse d'ingrédients déjà exploités. N'empêche, le groupe rate probablement de peu un beau succès. Les mélodies sont plaisantes, la production et l’orchestration quasi-irréprochables. Les paroles, parfois sibyllines, échappent aux standards en vogue. Le chant est clair et évoque parfois Sheller. Mais il est aussi souvent emphatique et se plaît dans les aigus à la façon de Klaus Nomi. Les harmonies vocales, nombreuses et particulièrement soignées, font toujours mouche. Grâce à leur parenté fugace avec des chœurs d'opéra, des chants grégoriens ou inspirés par Dead Can Dance, elles constituent d'ailleurs l'atout majeur de l'ensemble. Alors, où est le problème ? Le propos musical, malheureusement très ténu et cantonné à un accompagnement (correct) du chanteur. Quatre ou cinq plages valent vraiment le détour. C'est le cas de « Welcome… », bien balancée et d'une ambiance dramatique soutenue. La plage titulaire, brodant sur un thème un peu mystérieux, est aussi de celles-là, notamment par son aspect lancinant. « Gloria Victis », chanté en latin, est bon dans son créneau gothique grand public. Et « Demain » est une réussite totale, énergique et sautillante. C'est aussi la plus brillante référence à Klaus Nomi, supérieure à la production moyenne du maître. « Falaises » dure plus de 20 minutes et aurait dû constituer la pièce de résistance de l'album. Ce morceau s'avère pourtant le moins intéressant. Loin de reposer sur une construction complexe ou de proposer une progression, il n'est qu'une suite de séquences mélancoliques tournant autour du même thème. Et si, prises séparément, aucune d'elles n'est désagréable, l'ensemble s'avère lassant, notamment à cause du tempo uniformément lent (le passage le plus 'endiablé' étant… une valse !). De plus, entre prog, gothique et chanson française, « Falaises » ne trouve pas vraiment son identité. Signalons quand même, qu'au bout de 6 bonnes minutes, elle épingle un superbe chœur évoquant furieusement DCD. Plus loin, un chant écorché sur air d'accordéon : pour un instant, pour un instant seulement, on pense à Brel et son ami Jef. Dommage en fait que le morceau ne soit pas découpé en plusieurs fragments, afin que l'on puisse accéder séparément à ses meilleurs passages sans se taper le tout. Sur ce premier opus en tout cas, Amanda est plus brillant dans la concision. Côté positif, notons encore que le groupe révèle un évident souci du détail, varie pas mal les sonorités et ne manque pas de subtilité. Vraiment, il ne leur reste qu'à bien étoffer leur propos musical. S'ils choisissent cette voie, leur prochain CD s'avérera, à coup sûr, fort intéressant.

 

Alice In Chains

Live

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S'il existe bien un groupe que je regrette de n'avoir jamais vu en live c'est bien Alice in Chains. Pourtant, après avoir écouté cette plaque, je me demande si ce n'est pas mieux ainsi ! Parlons du mixage. Immortaliser l'intégralité d'une prestation cohérente de ce groupe relève de l'impossible. Columbia a donc ratissé large en puisant, ça et là, des extraits d'époques différentes, caractérisés par des ambiances toutes aussi éparses. Avec pour résultat d'effroyables "fading" entre les morceaux, des enchevêtrements d'applaudissements et un fond sonore bruyant. On entend même le public manifester pendant de longues minutes, sa satisfaction d'avoir pu reconnaître tel ou tel morceau. Insupportable ! Un massacre ! Dans ces conditions, comment comprendre le développement d'un concert ? Parlons des morceaux. A l'époque de "Facelift", (1990) AIC n'est qu'un groupe de métal comme les autres, presque ringard ; même si sa véritable originalité pointe parfois le bout du nez. Les choses sérieuses n'ont véritablement commencé qu'après la sortie de "Dirt", en 1992. L'album le plus représenté ici. Et pas seulement parce que la formation a été bêtement assimilée à la vague grunge. C'est à ce moment qu'AIC densifie ses compositions et que son guitariste commence à étoffer son jeu par des sonorités toutes en nuances. Las ! Live, ses envolées guitaristiques sont sacrifiées au profit d'un jeu tout en lourdeur, sans doigté. Parlons des voix. Un des attraits d'AIC est évidemment la conjugaison des harmonies vocales échangées entre Stanley et Cantrell. Seuls "Would?" et par moment "Junkhead" s'en sortent passablement. Une misère ! L'intérêt de ce cd réside, tout au plus, dans l'opportunité d'entendre live 2(!) morceaux du dernier album studio. Collés en bout de piste, ils souffrent de la mauvaise impression laissée par le reste de l'opus. Parlons maintenant de votre portefeuille : laissez le fermé !

 

Add N To (X)

Add insult to injury

Écrit par

Deux albums dans cette nouvelle plaque des endiablés d'Add n to (x)… 4 des 12 titres sont l'œuvre unique de Barry 7; le reste relevant de la plume d'Ann Shenton et de Steve Claydon, autres membres fondateurs (flanqués de Rob Allum et de Dean Honer). Drôle d'histoire que voici! Aurions-nous à faire, désormais, à 2 entités distinctes ; aucune n'interférant dans le travail des autres ? Une chose est sûre, ce ne sont pas des problèmes internes qui terniront l'éclat d'Add n to (x) ! De très bon cru, cet "Add insult…" en est une preuve supplémentaire. Bien sûr, le groupe a depuis belle lurette quitté les sentiers de l'électronique expérimentale et bruitiste pour s'aventurer vers des contrées plus dansantes. Mais qu'importe, pourvu que le résultat soit de qualité ! Et c'est encore une nouvelle fois le cas. Autre aspect aussi très important chez nos amis : la dimension sexuelle (www.addntoxxx.com pour le clip du single "Plug me in" réalisé par Barry 7 himself). Le ton avait été donné chez "Metal fingers in my body". Seule différence : celui-là pouvait parfois passer à la téloche. Et c'est vrai que la lascivité, la sensualité sont associées depuis les débuts à Add n to (x). Sacrée gageure pour de la musique électronique, faite à partir de machines! A signaler également, l'utilisation plus fréquente de vocaux. Déformés et amplifiés cela va de soi ! Encore que ces exercices de style me paraissent, malgré tout, superflus. Vivement l'occasion de les voir en live !

 

Alberta Adams

Say baby say

Écrit par

La reine du blues de Detroit, dans le Michigan, est de retour. Elle est une nouvelle fois accompagnée par l'excellent Johnnie Bassett et sa formation. Le style, c'est aussi celui de Bassett, un blues aux accents largement jazz, un swing jamais démenti.

La plage titulaire qui ouvre l'album en est la preuve éclatante. Alberta peut écrire des blues qui sonnent étrangement Chicago. Il est vrai que la Cité des vents n'est pas tellement loin. "No good man" est une perle. La voix est talonnée par le piano de Bill Heid, et Keith Kamanski sort un premier grand solo sur son sax! Le rythme s'accélère pour accomplir un extraordinaire "Don't worry me". La vieille Alberta a tant écumé les bars de Detroit, qu'elle en a hérité une voix ravagée, mais tellement lumineuse. Pour l'exercice du blues, elle récite, avec ses cordes vocales éraillées, ce "I want a man" ; et croyez-moi, elle le trouvera son homme! Dans l'exercice du slow blues, c'est la claque assurée lorsqu'elle vous tire les larmes des yeux sur "I cried my last tear". Bill Heid et Bassett sont bouleversants. Et si d'aventure, Miss Adams désire hausser le ton, elle se fait autoritaire. Un message reçu 5 sur 5, tout au long de "We ain't makin' honey". Un message de jazz bien véhiculé par le claviériste versatile, Bill Heid. Et sur "Sax man", il entraîne les saxophones de Keith et de Russ Miller, dans une véritable fête. Une fête qui se poursuit avec "Take me with you". Tout au long de ce superbe album, Bill Heid démontre toute l'étendue de son talent au piano. Son jeu fait régulièrement penser au sublime Otis Spann, la touche swing en plus. Cette œuvre propagande pour le bon blues se termine d'ailleurs dans le meilleur des cabarets, "Nothing more to say". C'est le cas de le dire!

 

The Average Blues Band

Endless journey

Écrit par

L'Average Blues Band a abrégé son patronyme en A.B.B. Je leur connaissais 2 albums : "Hurt too much" et "Against the tide". Cette formation interprète son propre répertoire. Un blues léger, gentil, parfois proche d'un Eric Clapton des années 80. Tout le poids du groupe repose sur ses deux chanteurs/compositeurs/guitaristes, Chris Williams et John Holmes, tous deux armés d'une Fender Stratocaster. Mais l'aspect pop rock est principalement entretenu par le clavier quasi symphonique de Mark Skerritt.

L'ouverture "Don't get out much" aurait ainsi pu figurer sur un album du Pink Floyd. Période commerciale, bien entendu ! Une impression accentuée par les vocaux délicats qui se conjuguent régulièrement à l'unisson. N'empêche, certaines compositions tiennent bien la route. Ou si vous préférez, elles font mouche. A l'instar de "You ran my heart away", la meilleure chanson de l'opus sur laquelle on se surprend à reprendre le refrain en chœur. Sous cette forme soft rock, l'A.B.B me fait alors penser aux débuts de Dire Straits, surtout au niveau des interventions de guitares, tellement proches de Mark Knopfler. "The only way back from the bottom" et "Helpin' out at Rudi's" campent des blues rock au tempo plus rapide, réminiscents d'autres anglais, les Producers. Mais ces derniers adoptaient un profil infiniment plus blues. "Old love" est un R&B accessible. Lorsque le tempo se ralentit, la musique alors produite ne manque pas de charme, car l'A.B.B favorise toujours la ligne mélodique, à l'instar de nos amis de Braine-le-Château, Blue Line. Ainsi "I'm cryin'" épanche une émotion et une tristesse qui interpellent. Mark passe au piano pour interpréter une ballade subtile et, ma foi, fort attrayante, "Taste of the blues" (Millenium version).

 

 

Charles Aznavour

Aznavour 2000

Écrit par

Puis-je l'avouer ? Dans ma discothèque, à la lettre ‘A’, on trouve Arno, Annegarn et Afghan Whigs. Mais pas Aznavour. Et, jamais je n'aurais imaginé qu'on puisse l'y trouver. Quelle agréable surprise, dès lors, de découvrir son écriture artisanale. Pas d'esbroufe mais de vrais thèmes, de vraies histoires. Qu'Aznavour décline habilement en strophes aux rimes toujours justes. Cela nous change des textes, tout en clin d'œil et en jeux de sonorités mais peu "palpables", dont raffolent les auteurs actuels. Aznavour enroule le tout d'une chaude voix que vous connaissez tous. Une réticence tout de même : les orchestrations sont bien trop conventionnelles pour séduire un public plus jeune. L'arrangeur Yvan Cassar ne dégage pas ici la même pêche que sur l'album de Nougaro.

 

Richard Ashcroft

Alone with everybody

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Avec le recul, il faut admettre que la séparation de The Verve était inéluctable. Parce que si la conception des deux premiers opus était essentiellement le fruit des élucubrations menées conjointement par le chanteur et le guitariste (en l'occurrence Nick McCabe), " Urban hymns " répondait davantage aux aspirations profondes d'un seul homme : Richard Ashcroft. Et on s'en rend vraiment compte en écoutant les onze chansons de son premier album solo. Un disque qui bénéficie encore et toujours du concours de Chris Potter à la coproduction et surtout de Wil Malone à la mise en forme des arrangements. Des arrangements somptueux, régulièrement symphoniques qui servent à merveille de véritables chansons d'amour, dédiées à son épouse, Kate Radley. Des chansons qu'il interprète d'un timbre vocal, intimiste, profond, légèrement nicotiné, en s'accompagnant de la six cordes. Acoustique ou électrique. Si pas les deux. Ce qui n'est pas un exploit lorsqu'on connaît les vertus de la technologie contemporaine. Si Richard assure seul les parties de guitares, il s'est entouré d'une solide équipe de collaborateurs. En l'occurrence l'ex drummer de The Verve, Peter Salisbury, le vétéran de la steel guitar, BJ Cole, le pianiste d'Allman Brothers Band, Chuck Leavell et Pino Palladino, bassiste de studio qui participe régulièrement aux sessions d'enregistrement des Stones. Le seul hic, c'est que Richard se complait un peu trop facilement dans les exercices de style mélancoliques. Hormis le single hispanisant " A song for the lovers ", le countryfiant et cosmique (Gram Parsons ?) " Money to burn ", l'atmosphérique, psychédélique et jazzyfiant " New York ", probable héritage de l'indispensable " A northern soul "; ainsi que les allègres "Crazy world" et "C'mon people (we're making it now)", le reste nage en eaux paisibles, un peu trop paisibles à mon goût. Avec un peu plus d'audace, Ashcroft aurait pu réaliser un des albums de l'année. C'est loupé !

 

Joseph Arthur

Come to where I´m from

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Bien que signé sur le label de Peter Gabriel, Joseph Arthur n'est pas un nouveau disciple de la ‘world’, mais un chanteur/compositeur américain responsable d'un folk/pop/rock terriblement contemporain. C'est-à-dire susceptible d'intégrer des influences aussi diverses que le punk, le hip hop, le métal, la lo-fi ainsi que la prog. Sans oublier de tirer parti au maximum de la technologie moderne. D'ailleurs, au détour d'une chanson, votre esprit est hanté par de multiples spectres. Entre autres, Tom Waits, Kurt Cobain, Dylan, Violent Femmes, Lou Reed, Léonard Cohen, Led Zeppelin, Elvis Costello, Beck, les Beach Boys, The Verve, Patti Smith et même Jeff Buckley, auquel on avait eu un peu trop tendance à le comparer sur son premier elpee. Mais ils sont tellement fugaces qu'ils disparaissent aussi rapidement qu'ils n'étaient apparus… On a parfois l'impression qu'Arthur est en perpétuelle recherche d'identité. Une impression confirmée par son deuxième opus, " Come to where I'm from ". Ce qui explique sans doute pourquoi il est capable, d'une composition à l'autre, de changer de style, d'épouser tour à tour un profil tendre, mordant, douloureux, profond, éthéré, intimiste, recherché, féroce ou torturé. Des compositions emballées dans des mélodies simples, qui au contact de la production (NDR : impeccable, auquel a collaboré T-Bone Burnett), deviennent complexes et uniques. Des compositions ravagées par son timbre vocal graveleux, acide, gémissant, qui véhiculent des lyrics malsains, introspectifs, bohêmes, sur lesquels les mots grincent, les angoisses fleurissent et la magie opère. Vaudou probablement. A l'instar de la superbe illustration de la pochette de ce disque, qu'Arthur a dessiné en personne. Un must !