La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

The Horror

Sorti l'année dernière, " Dead Ringer ", le premier album de RJD2, est une bombe de hip hop instrumental, à ranger soigneusement entre l'" Endtroducing " de DJ Shadow, le " Funcrusher " de Company Flow et l'intégrale de Stevie Wonder et de Shuggie Otis. En attendant la suite, on peut toujours se rabattre sur cet EP constitué d'inédits, de remixes et de versions instrumentales des déjà classiques " Final Frontier ", " Good Times Roll pt.1 " et " June ". Evidemment, ce genre d'opération marketing n'est vraiment intéressant que pour le tiroir-caisse du label, et pour les retardataires qui n'auraient pas encore découvert l'album original du pote à El-P. A ceux-là, on ne peut que conseiller l'écoute de " Dead Ringer ", un condensé fantastique de rap, de funk, de folk et d'électro. Pour les autres, " The Horror " peut toujours s'apprécier à la va-vite, comme sympathique bonus (également au menu : un cd-rom de lives, de clips et de making of) à l'un des meilleurs albums hip hop de 2002.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Farewell Sorrow

La lande écossaise, au XVIIIe siècle : un barde mélancolique traîne ses savates de châteaux en villages, troquant quelques chansons (de Roland ?) contre de la bonne pitance. L'estomac souvent vide et le cœur écorché, il brave vents et tempêtes pour répandre la bonne parole, sa seule compagne étant une vieille guimbarde taillée dans le bois le plus coriace. Son public : de vieilles sorcières, quelques enfants, parfois une jolie dame. Pour ces spectateurs à l'attention fragile, notre homme chante des histoires d'amour, de vengeance et de voyage. Parfois, il dédie une de ses chansons aux (rares) filles qui le regardent : " Come, My Darling Polly ", dans laquelle il parle de chasteté, de luxure et de vin rouge. De ses passages au Sussex et dans l'Ulster, il rapporte des airs, qu'il arrange à sa manière (" Join Our Lusty Chorus ", " Carousing "). De temps en temps, il rencontre sur la route d'autres musiciens, eux aussi en quête d'un gîte ou, tout simplement, d'une oreille attentive : accordéonistes, flûtistes, violonistes, tous partagent le même espoir - celui de voir leur musique et leur art traverser les siècles, intacts. 2003 : Alasdair Roberts (Appendix Out) sort un deuxième album solo chez Rough Trade. Avec sa voix chevrotante à la Will Oldham et son goût pour les vieilles scies du Moyen Age, le chanteur passe un peu pour un type à la masse, à côté duquel David Eugene Edwards (16 Horsepower) et David Tibet (Current 93) seraient des enfants de chœur. Cette inclinaison pour l'écriture séculaire (qui parle encore de " ceinture de chasteté " aujourd'hui ?), les arrangements traditionnels (ne manque plus que la viole de gambe) et les ambiances médiévales risquent d'en laisser plus d'un perplexes. Pourtant, ces 12 chansons sont magnifiques, parce que hors normes, hors modes. La lande écossaise, au XXIe siècle : un doux rêveur traîne ses savates de clubs en festivals, troquant quelques chansons contre un peu d'attention. Comme ses ancêtres, il espère les garder intactes, les préserver de cette époque consumériste qui ne donne aucune chance aux musiques trop singulières. Comme pour ses ancêtres, le temps, sans doute, lui donnera raison.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Alone at the Microphone

Au Canada, on chasse l'élan et le phoque pour en faire des sacs à main et des moufles. Mais il existe encore des gens qui chérissent la nature et lui rendent hommage. En chansons, par exemple. Chez Royal City (un quatuor de Toronto), on retrouve sans doute des membres de WWF ou de Greenpeace, tant la musique qu'on y entend reflète un état d'âme 100 % écolo : ce chant détaché et serein, ces instruments en bois, ces ambiances de feu de camp, … Y a pas à dire : cette country-pop aérienne a fait amie-amie avec Dame Nature. D'entrée, " Bad Luck " nous met la pêche (au saumon ?) : pas question ici de malchance, puisqu'on fredonne déjà cette mélodie sympa, entre Wilco et St Thomas. Puis c'est le banjo (" Under a Hollow Tree ") et l'harmonica (" My Brother is the Meatman ") qui se joignent à la fête, comme si Neil Young et Bobby Bare Jr jouaient à cache-cache avec Will Oldham dans les bois de sapin du Grand Nord. Le morceau suivant, " Spacy Basement ", dévale les terrains lisses de la pop marshmallow à dos de caribou… Yahoo ! ! ! Voilà une chanson entraînante (traîneau ?) qui vous met de bonne humeur ! L'ambiance se calme ensuite et laisse la place à quelques titres plus sombres : c'est l'hiver, les ours hibernent, les bûches crépitent dans la cheminée. Dans le poste radio, ce lent mais chaleureux (à la Songs : Ohia) " Rum Tobacco " nous précipite dans un sommeil réparateur. Un piano égrène alors quelques notes de berceuse (" And Miriam Took a Timbrel in her Hand "), mais il est passé minuit : tout le monde dort. A l'extérieur, les loups hurlent à la lune, affamés et grelottants. La nuit est noire, la neige est tenace. Mais sous l'édredon, l'homme fait de beaux rêves, en musique. Grâce à Royal City, son hiver passera plus vite.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

J´aime pas l´amour

Ce n'est pas notre genre de parler de la Star Ac', surtout en bien. A vrai dire, on se fout un peu de ces pauvres gamins transformés en bêtes de foire du show business FM : n'avaient qu'à pas s'inscrire à tout ce cirque en croyant naïvement devenir de vrais artistes. La plupart, c'est une certitude, ne sont pas bien malins. Leurs disques, heureusement, sont vite oubliés par le public lambda, une fois la saison finie et de nouveaux cobayes enfermés dans le château. Olivia, par exemple. Qui se souvient encore d'elle ? Une petite brune mignonne, qui sortait avec le pseudo-cultureux de la bande, Fabrice (si, si, souvenez-vous), le type avec ses cheveux savamment coiffés en pétard et qui aujourd'hui, faute de savoir chanter, se retrouve figurant dans ‘Sous le soleil’… Olivia, donc. Eh bien ! Olivia, Ruiz de son nom (parce que ces gens ont des vrais noms), pourrait bien mettre à sac tous nos préjugés de mélomanes avertis avec cet EP, euh, hum,… fort bien fait. La Star Ac' ne serait donc pas qu'une infâme machine à fric suçant le sang de jeunes fans de karaoké prêts à tout pour passer chez Arthur. Elle cachait bien son jeu, la garce. Olivia. Peut-être qu'après tout, elle n'était pas si bête. Parce qu'il faut bien dire que ces 5 chansons plaisent, même si derrière tout ça se cache sans doute un marketing hyper balèze, réfléchi des mois durant par une armada de consultants d'Universal, payés des milliards pour faire de cette gentille fille la ‘parfaite antithèse de Jennifer : rock, saltimbanque, au parfum suranné à la Piaf, bref un truc chiadé pour redorer le blason de la téléréalité, parce que jusqu'ici on s'en est trop pris plein la gueule’. Ouaip, Olivia : une gentille fille, au look et au répertoire singulier par rapport à ses potes (‘Mais pas trop non plus, faudrait pas choquer le bourgeois’). Une survivante. Epaulée ici par Weepers Circus, Juliette (Victoires de la Musique 97), Chet et le tandem Iso/Mitch, metteurs en son du dernier Rita Mitsouko. Justement, ces 5 titres sonnent un peu comme du Rita, en plus lisse, en plus vulgarisé. De l'accordéon, du tuba, de la clarinette, voire du theremin : dès " Qui sommes-nous ? ", le cadre est installé - ça se veut jazzy, cabaret, années 30/40… ‘Il faut faire voyager la ménagère de 60 ans, lui rappeler sa jeunesse ! Et puis regarde, la Bruni, elle a bien vendu 800.000 albums avec trois fois rien, mais c'est son univers, mon vieux, son univers, qui plaît à l'acheteur de disques ! Voilà les clés du succès : un son original, bien huilé mais pas trop ; un son que le fan de Nolwenn n'a pas l'habitude d'entendre !’. D'où la fanfare à l'ancienne (" Le Tango du Qui "), l'atmosphère à la Dietrich et tout le toutim. De toute façon, Olivia se fout bien du quand dira-t-on, elle est ‘sortie grandie de ce conte’, elle ‘a sauvé son âme’, elle ‘s'est enfuie de la fable’ (" Petite Fable "). C'est vrai ma chérie, et comme tu le chantes si bien sur ‘Le Tango du Qui’ : ‘Quel beau métier, la vie d'artiste’…

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Hot Shit

Sûr que Quasi ne va pas révolutionner le monde de la pop : ses mélodies un peu branques, sans cesse sur le point de se prendre une gamelle, n'ont pas l'ambition de devenir de gros tubes à siffloter sous la douche. Encore faudrait-il parvenir à les chantonner, tant leur structure part en couilles au moindre semblant de couplet-refrain… A cet égard, Quasi porte bien son nom : c'est quasi de la pop, mais c'est trop désaccordé pour concourir à ce genre d'étiquette. Et quand on entend la voix de Sam Coomes, c'est quasi comme si on se trouvait à côté de Wayne Coyne… Quasi : les Flaming Lips du pauvre ? " Seven Years Gone ", " White Devil Dreams " et " Lullaby Pt.2 " en donnent l'impression fugace. Cet univers dissonant mais sympathique, ces mélodies mineures mais sincères, ces instrumentations foireuses mais généreuses : voilà ce qui rapproche Quasi de la joyeuse bande à Wayne. Quasi. Parce qu'évidemment, Quasi restera toujours un groupe de série B, alors que les Flaming Lips, malgré leur attirail de série Z (costumes, peluches et confettis), font aujourd'hui partie de la cour des grands. Quasi, à côté, c'est un peu du pipeau. C'est chouette, mais sans conséquences. Genre Quasi-Modo de la pop indie. D'accord, c'est un peu méchant de l'écrire… Enfin… Quasi.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Sombre extase

‘Je ne suis pas indispensable, je serai même compensable’, susurre Qvoice en fin de ce disque aux allures fin de siècle : chez Quark les mots (maux) cinglent et les guitares éructent. C'est la bérézina des bons sentiments, la chasse aux clichés romantiques. Quark ne ‘se sent pas prêt pour ce monde parfait’ (" Perfect World ") : à la dérive d'une pop française qui porte aux nues Kyo et Superbus, ce trio volubile ne mâche pas sa colère. " Noir, c'est noir ", comme gueulerait Johnny ; sauf qu'ici on crache dans toute cette soupe, puis on renverse le tout par terre, dans un accès de rage. " Sombre extase " se fiche de la pop music : son Dada, c'est la poésie maudite, le commentaire situ, le slogan rebelle. On n'est pas là pour s'amuser : plutôt pour constater l'effondrement du monde, la perte des valeurs, le vide des émotions. Pas commode… Et pourtant : cette musique, tendue comme un fil à couper le beurre (et l'argent du beurre), est loin d'être barbante ou trop blessante (on n'est pas chez Programme). Au contraire : il y a du rythme, des refrains à murmurer (cette basse à la Simon Gallup sur la chanson titre), des boîtes à rythmes disloquées, (" Complainte du Monstre "), du dub (" Disco Sono "), des murs de bruits (" Jerry "), des empreintes world (les chœurs de " La Chute "). La musique verbeuse, nerveuse et chercheuse de Quark s'apprécie comme un bon livre : sur la longueur, avec patience… Dans le glossaire, on retrouvera sans doute des références à Gomm, Daniel Darc, Autour de Lucie, Holden… Mais c'est au sommaire qu'il faut coincer son marque-page, parce qu'à chaque écoute, c'est une nouvelle énigme. Quark ne se dévoile qu'en filigranes : à vous de creuser et d'y trouver (ré)confort. Le bonheur (auditif) est à ce prix.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Alter

De leur premier disque éponyme sorti l'année passée, on avait dit qu'il fleurait bon cette " odeur de décadence mêlée de suavité " que l'on retrouvait dans les cabarets des années trente et à la fin des années soixante, comme du " Kurt Weill mâtiné de Doors avec les Bad Seeds en backing band ". Pour ce deuxième album, rien n'a changé ou presque : l'ambiance est encore plus tamisée… Plus lourde aussi : les Bad Seeds ont été jetés dehors par les brutes de Black Sabbath, et Jim Morrison tient une sale biture. Andrew Rothbard (le chanteur) s'en serait lui aussi pris sur la gueule qu'on ne s'étonnerait pas : du début à la fin, sa voix reste noyée sous une chape de reverbs, comme filtrée à travers un syphon d'évier de cuisine… La gueule de bois ! Pour le reste, c'est toujours ce rock psyché un peu garage (les riffs acérés de " White Mare ", " Draws on 8 ", " This is the Zodiac Speaking ", " Axis Exalt "), un peu boogie (le piano et l'harmonium, omniprésents), un peu répétitif. Le retour de l'acid rock n'est pas loin : après The Warlocks, BRMC et The Polyphonic Spree, Pleasure Forever pourrait bien ramener le Summer of Love dans nos chaumières, et faire péter les tympans de grand-mère… En plus, ils sont la 666ème sortie du label Sub Pop : ça ne s'invente pas. Allez, ressortez vos pattes d'eph', et roulez jeunesse (ou plutôt vieillesse) !

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Pole

Sur ce nouvel album, Stefan Betke ose un peu transgresser les règles électrodub minimaliste qu'il s'était bâtie au fil des années et des albums (la trilogie " 1-2-3 "), jusqu'à s'enfermer dans une tour d'ivoire au sommet de laquelle il était bien seul. Maître autoproclamé du genre, maintes fois copié mais rarement égalé, Betke n'est aujourd'hui plus si aphone et pusillanime : entouré cette fois d'un rappeur (Fat Jon des Five Deez), d'un contrebassiste et d'un saxophoniste, Betke étoffe sa palette de sons et d'influences, troquant ses ‘glitchs’ devenus presque clichés pour des ambiances plus organiques et léchées, en cela plus proches du dub/reggae dont il est l'un des plus fervents tripatouilleurs. Si les quelques titres en solo ressemblent encore à du Pole pur jus, " à l'ancienne ", ceux que chantent Fat Jon révèlent un groove insoupçonné pour qui ne voit en Betke qu'un chipoteur de souris voué aux prises de tête stériles et, tant qu'à faire, anecdotiques. Les fans de Pole apprécieront ce virage jazz et rap, les autres en profiteront pour se refaire une opinion, bonne si possible. A l'écoute de " Green is not green-yellow " et " Back Home ", il ne devrait de toute manière pas en être autrement. Si ça continue, on en surprendra même à taper du pied.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Skull Ring

Iggy Pop siège sur son trône de parrain rock'n'roll depuis plus de trois décennies, toisant tous ces jeunes blancs-becs qui ne jurent que par " Fun House " découvert un jour dans la discothèque de leur grand frère. Quand ceux-ci faisaient encore pipi dans leur Pampers en chialant pour leur tutute, L'Iguane rockait, encore et toujours. Il rockait, il rocke, il rockera, en témoigne ce nouvel opus d'une violence renversante, qui nous ramènerait presque au temps béni des Stooges, quand de jeunes types osaient encore se foutre du business et vivre dans l'excès en se tartinant de beurre de cacahuètes. Oui, les Stooges : une vieille histoire, qui resurgit du passé sans crier gare, depuis que les frères Asheton ont décidé l'année dernière de ressortir leur vieux blouson et de jammer avec Mike Watt et Jay Mascis, en souvenir du bon vieux temps. Iggy, sans doute étonné que ses anciens potes tiennent encore sur leurs guiboles, n'aura pas attendu bien longtemps pour rameuter la troupe. Résultat : quatre titres des Stooges, ‘les’ Stooges. Et pas des moindres : " Little Electric Chair ", le morceau d'ouverture, balaie de ses riffs énormes trente ans d'attente et de frustration, comme si nos trois amis ne s'étaient jamais vraiment quittés. Le deuxième titre du lot, " Skull Ring ", surprend lui aussi par son énergie viscérale, même s'il ressemble au " Peter Gunn " d'Emerson, Lake et Palmer, cette scie musicale à nouveau " fashion " depuis le bootleg des 2 Many DJ's (NDR : avec Basement Jaxx, sur " " As Heard On Radio… "). Dire que ces types ont 160 ans à eux trois ! Quant aux deux autres titres co-signés par Iggy et les frères Asheton (" Dead Rock Star " et " Loser "), ils dégagent aussi pas mal dans le genre " sex, drugs and rock'n'roll ". Le plus surprenant, pourtant, est encore à venir : parce qu'après " Beat' Em Up ", album couillon au possible, on donnait peu cher de la peau de l'Iguane et de ses musiciens, tronçonneurs hardeux d'une grossièreté atterrante. Eh bien non ! Les six titres estampillés " Iggy & The Trolls " n'ont pas à rougir, miracle, de la concurrence stoogienne : " Perverts In The Sun ", " Whatever " (un rien Pixies) ou le menaçant " Inferiority Complex " dépotent grave, et cette fois sans stéroïdes de gros bouseux abonnés à la pipelette. Autre surprise, et de taille : les " djeunes " de Sum 41 et de Green Day, sans doute invités comme caution marketing, et qui assurent correctement les arrières de notre homme d'Ann Arbor, ni plus ni moins (dommage que les accords du sympathique " Private Hell " ressemblent à s'y méprendre à ceux de… " Lust For Life "). Reste encore la reprise du " Rock Show " de Peaches avec la folle en personne, également présente sur un " Motor Inn " décapant, et ce blues dépouillé avec un Iggy seul à la guitare, hululant sa haine du music business comme un vieux pensionnaire de Fat Possum (son label préféré). Autant vous dire que ce disque est une petite tuerie, le meilleur d'Iggy depuis des lustres, et la preuve incontestable qu'on peut vieillir et continuer à vociférer du rock sans passer pour un vieux schnock.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Suits You

Derrière PJDS se cache Pieter-Jan De Smet, artisan saisonnier de l'indie-rock flamand, à qui l'on doit déjà trois albums passés plutôt inaperçus. Avec cette nouvelle livraison, PJDS s'est entouré d'un vrai groupe (Mirko Banovic à la basse, Geoffrey Burton à la guitare et Frederik Van Den Berghe à la batterie), de quoi donner davantage d'envergure et de tenue à ses chansons rock pleines d'allant. Ca commence fort avec " Me " et ses riffs à la Mick Ronson. PJDS, d'ailleurs, y chante comme Bowie… Tout le disque est ainsi teinté d'une couleur seventies, du Thin White Duke à Peter Gabriel. Du rock plutôt classique, certes, mais de qualité : " Light Sleeper ", " Arsonist " et " Truth " pourraient bien devenir, à cet égard, de vrais tubes. Parfois, Pieter-Jan susurre aussi comme Jarvis Cocker (" Killer Cosiness "), ou miaule, tel un baryton dépressif, comme Andrew Eldritch (" Car To Crash "). Toutes ces références n'ont d'autre intérêt que de caser le bonhomme (une obsession de journaliste), mais l'on peut très bien apprécier ce " Suits You " sans ces préliminaires catégoriques, en fin de compte plutôt puérils. C'est d'ailleurs là où on l'attend le moins que PJDS émeut le plus : en plein milieu d'une ballade crépusculaire (" No Surprise " et son violent indolent, le beau " Mood Like Old Paint " en clôture), quand le rocker se fait crooner, les guitares débranchées et la rage des premiers titres noyée dans les vapeurs d'alcool.

 

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