L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

logo_musiczine

Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de sincérité et d’émotions brutes. Entre coups de cœur, coups de gueule et coups de blues, il continue de chanter la vie comme personne, avec cet amour immuable pour sa…

La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Hey Harmony

" Hey Harmony " : ce titre sied à merveille au deuxième album du Norvégien Thomas Hansen, star de l'alternative country dans son pays, mais moins connu ici. Explorant une veine plus pop que ses amis Kjellvander et Astrom, Hansen rêve toujours d'Amérique, récompensé cette fois par un aller-retour Oslo-Nashville chez le producteur attitré de Lambchop, Mark Nevers. On retrouve d'ailleurs deux membres du groupe à Kurt Wagner en renfort, sans compter l'aide précieuse de ce sacré Howe Gelb, toujours là quand il faut (NDR : écoutez ce " Falling Down " !). Mais l'invité le plus surprenant, c'est ce vieux cow-boy de Neil Young, qu'on a l'impression de croiser sur chaque morceau dès que Hansen ouvre la bouche… Ce filet de voix, bon sang mais c'est bien sûr : St Thomas n'est autre que le petit-neveu du Lonesome Man ! C'est flagrant sur " 45 Seconds ", mais sur le reste aussi. La différence, c'est que le Scandinave manie l'humour comme Buffalo Bill son lasso : avec dextérité. Sur " New Appartment ", l'un des sommets country-pop de l'album, il nous invite même chez lui à venir prendre le thé : pourquoi pas ? Si son intérieur ressemble à celui de son disque (arrangements simples mais jolis, couleurs chaudes, ambiance amicale et tamisée), on passe quand il veut.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Bazooka !!!

" Bazooka !!! " : déjà, le titre sonne comme un slogan péremptoire. Chez ces quatre New-Yorkais à la mèche rebelle et au look CBGB, on cultive le bon goût rock'n'roll façon Johnny Thunders et Dee Dee Ramone. Il reste encore des indécis face à telle mise en garde ? Les Star Spangles ont tout prévu : des noms de scène grand-guignolesques (Ian Wilson, Tommy Volume, Joey Valentine, Nick Price), une pochette ressassant les clichés punk, et puis surtout ces morceaux, 13 en tout, qui déclinent ce bon vieux " 1, 2, 3, 4 " à toutes les sauces. Comme tous leurs collègues citadins, les Star Spangles n'inventent rien : leur rock à perfecto n'a pour seule prétention que nous faire remuer la tête et lever le poing en signe d'approbation béate. Evidemment, ne plus chercher dans ces chansons punk-rock au poil une quelconque trace de revendication : ne restent que le plaisir et la nostalgie d'une époque bénie (1977…), aujourd'hui vénérée, mais de plus en plus sortie de son contexte, bref dénaturée. Des Libertines ou des Star Spangles, on ne retiendra que l'enivrante capacité à recycler un genre musical des plus subversifs en fougueuse machine à tubes (" Stay Away From Me ", " In Love Again ", " I Live For Speed ",…), bien huilée et roulant à l'essence sans plomb… Une essence qui tâche un peu la chemise portée " à la Joe Strummer ", mais qui ne résiste pas au premier lavage. Autrement dit : du rock blanc de chez blanc. Un vrai bonheur pour toutes les mamans !

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Donne-moi de l´amour

On aurait pu croire que les Liégeois de Starflam, après les tubes, les passages sur Radio Contact, les podiums NRJ, se seraient adoucis ou au contraire transformés en pastiches de gangsters, voire en posters de 7 Extra à coller dans la chambre. Que nenni : tout au long de ce troisième album, les rappeurs continuent leur combat de survivants, sans faire de concessions. Les textes, comme les beats, sont mitraillés avec panache et précision, sans tomber dans la morale facile ou le ton revanchard qui plombent souvent le rap français. Quant au rap amerloque, qui brille mais sonne creux, il est regardé du bout de la lorgnette avec indifférence. Parce que les gars de Starflam viennent de Liège, et parlent seulement de ce qui les entoure. De leur adolescence (" Ils ne savent pas ", " Situe ", " Retour à l'adolescence "), des copains (" Marseille-Liège ", feat. Le Rat Luciano, " 1-2, One-Two ", freestyle en compagnie d'autres rappeurs belges encore dans l'ombre), des gens du bizness qui " prennent notre art pour le leur " (" Monsieur Orange "), et… d'amour. Là se niche la vraie provocation. Pas celle qu'on connaît, enrubannée dans des clips pleins de " bitches " et de flingues, mais d'un puritanisme finalement bien pire que toutes les Britney Spears réunies. L'amour, donc… Starflam en parle, puisque c'est au centre de nos vies. Ca paraît ridicule, et pourtant c'est là, partout, dans chacun de nos gestes. Voilà le grand mérite de Starflam, qui se fout bien du quand dira-t-on et balance sa sauce (P-Funk, Drum'n'bass, électro, blaxploitation,…) sans crier gare. Parce que cet album, c'est aussi une pléiade de morceaux qui tuent (" En Alerte ", " Vauriens ", " Antistatique ",…), et plein d'invités de marque (même Reggie, la voix de… " Last Night a DJ Saved My Life " !). Un sans faute, qui positionne encore un peu plus Starflam au-dessus de la mêlée.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Loud New Shit

Ce " Loud New Shit ", s'il porte bien son titre, n'est pas un nouvel album du duo Ferrari/Four, juste un EP de quatre nouveaux titres et de huit remixes, tous issus des sessions d'" Enemy of Fun ". L'ennemi, ici, serait la redite, le confort d'écoute souvent synonyme de médiocrité : en quatre titres, Star As Eyes réinvente la pop à coup d'électro savante et de post-rock vintage, comme si Broadcast, Can et Plaid se chamaillaient leur place à bord de la soucoupe qui les conduirait jusqu'à Mars. Une fois dans l'espace, il ne reste plus qu'à éviter les astéroïdes (les déflagrations soudaines de " Guardian of Cemeteries ") et les trous noirs, puis atterrir sans embrouilles sur le sol meuble de la planète rouge. Il paraît qu'il y aurait de la vie sur Mars : des robots qui sautillent (" Falling " et son gimmick elektroklash) ? De gentils bonshommes verts aux yeux lampes de poche (l'orbitalien " Ok Grades ") ? D'étranges créatures à la figure d'ange (" Resistance Days " remixé par Mum) ? De jolis poltergeists venus en amis, d'un calme olympien (" Time Dilation " de Main, ambient et serein) ? Le mystère reste entier, mais vaudrait la peine d'être élucidé. C'est cela qu'on ressent à l'écoute de Stars As Eyes, et c'est étourdissant.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Brainspotting

Du néant surgit un écho lointain, insupportable, comme si le Monolithe noir du " 2001 " de Kubrick entrait en résonance avec notre esprit. Déjà tourmentés, nos tympans appréhendent la suite. Puis tout d'un coup, comme frappés par la foudre, une décharge pesante de riffs métalliques nous cloue face contre terre, les mains sur les oreilles. De ces guitares en furie, de cette batterie pesante, nos sens en déroute goûtent la violence, sournoise mais libératrice. Des cris se font rapidement entendre (" Drunk Dragon "), étouffés par une chape ‘bruitiste’ à la limite de l'audible. La structure rythmique se fait presque wagnérienne, c'est dire… Le trouillomètre à zéro, on se demande qui se cache derrière cette musique de l'Apocalypse, et tout le tremblement. Mogwai ? La petite bête est surprise la queue entre les jambes. Neurosis ? Sûr que nos nerfs sont en pelote. Mais l'orage qui grondait au-dessus de nos têtes finit par s'estomper (" Missing "), jusqu'à l'apparition miracle d'une voix câline (" Free Head "). Pas pour longtemps. De cette accalmie, on n'aura profité que quelques instants, comme d'une éclaircie cachant la tempête : à la fin de " Free Head ", puis sur " Dirty Old Mine ", ça repart en trombe, de bruit et de fureur. Les Walkyries qu'on vous disait : justement, sur " 9 Club (zéro X) ", une chanteuse d'opéra mime le Jugement Dernier. Un synthé cold wave sauve la mélodie d'un aller simple au purgatoire. Coincés en ce bas monde, il ne nous reste plus qu'à subir cette musique terrifiante, comme un " brainstorming " sans appel. Steels, qu'ils s'appellent. Les instigateurs de cette débauche sonore dont on ressort complètement lessivé. Un nom à retenir, et une musique coriace qui fait du bien par où ça passe. Croix de bois croix de fer, si je mens je vais en enfer.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Stupeflip

Ce disque doit être écouté : 1) soit avec toute la circonspection que provoque ce genre de pochades à la Billy Ze Kick, 2) soit avec les oreilles (d'âne) de quelqu'un qui aime le millième degré, l'humour potache et les hymnes bière-beu-branlette. Stupeflip est composé de King Ju, Mc Salo et Stef Cadillac, trois zigotos fans de hip hop vicieux, de punk attardé et de chanson française détournée.

A voir leur tronche (c'est Mardi Gras) : 1) soit il faut prier pour le salut de leur âme, 2) soit on en rit, en trinquant à la santé des Residents et des Bérus, vieux briscards déjantés de la cause carnavalesque, et sans doute modèles de ces Stupeflip farceurs. Les paroles, elles, sont aussi très cocasses : ode à la fumette (" Je fume pu d'shit ", tordant) ou son contraire (" J'refume du shit "), pastiche des Enfoirés (" Comme les zot' ", ou comment singer toutes les stars variet' avec drôlerie), dégommage bureaucratique (" A bas la hiérarchie ", à faire écouter à son boss), sans parler de ces intermèdes bien barrés sur l'histoire du Crou (= du groupe). D'accord…

Mais : 1) c'est ridicule et poussif, stop eject, ou alors : 2) on le prend à la légère, de quoi passer un bon moment à délirer sur des textes certes très lourds, mais inventifs. Justement, Stupeflip aime à répéter qu'il fait de la zique " pour terroriser la population, et par là même instaurer une nouvelle ère, l'ère du Stup "…

Conclusion : 1) ces mecs se la pètent, avec leur musique de gaudriole pour attardés mentaux. 2) En 62 minutes, Stupeflip s'invente un univers déconnant, mais en fin de compte pas si crétin : ces personnages (le Crou, Mangu, Pop Hip, etc), cet espace-temps (l'ère du Stup, la Région Sud) révèlent de véritables esprits tourmentés, qui niquent bien le système.

Bémol : Stupeflip est chez BMG, major omnipotente : 1) toute cette histoire grotesque n'est que marketing bien huilé. 2) C'est en infiltrant le système qu'on peut mieux le pourrir, de l'intérieur : loin d'eux l'idée de canular (explications données avec " L.E.C.R.O.U. ").

Bref, vous l'aurez compris : Stupeflip, keskecèkcetruc ? 1) Une daube à oublier au plus vite. 2) " Un truc stupéfiant, qui t'prend aux tripes et t'bousille l'estomac " !

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Mercedes

" Chuck ! ", le premier album de ce trio hollandais (guitare-contrebasse-batterie), nous avait bluffés lors de sa sortie il y a un an. Pour ce " Mercedes " à la carrosserie bien lustrée et au moteur rutilant, Stuurbaard Bakkebaard a troqué son baril de super contre de l'essence sans plomb : plus calme mais aussi plus abouti, " Mercedes " émeut davantage à défaut d'encore surprendre. Les influences, de Tom Waits (" Clutch ") à Captain Beefhaert (" Earl's Room "), sont toujours au programme, mais sans imposer cette fois trop leur empreinte. Stuurbaard Bakkebaard n'est plus tellement le " groupe comme ", et c'est tant mieux : on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Entre ambiances de cabaret à la Fassbinder (" Fabrique ") et ténèbres étouffantes (" Brown " et ses riffs hard seventies), ce " Mercedes " de luxe devrait permettre au trio de rouler plein tube(s) sur les autoroutes musicales de Flandres, de Zélande et d'ailleurs.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

A Bad Workman Blames His Tools

Formé à Lille en 1995 et depuis émigré à Bordeaux, Summer Factory sort un nouvel EP frais et tapageur, après un premier album remarqué (" Put Yours Clothes Back On ! ") il y a presque deux ans. Toujours dans une lignée psyché-pop sans complexes, entre Beck, Lou Reed (la voix) et Harpers Bizarre, les cinq Français de Summer Factory confirment leurs talents de (garçons de plage) mélomanes, qui auraient troqué leurs matelas pneumatiques contre le " Sunflower " des Beach Boys " et le dernier Super Furry Animals. En faisant la part belle aux guitares surf et aux " bonnes vibrations " d'un theremin bavard, ce mini-album huit titres s'avère parfait comme compagnon de vacances. Sous le soleil, exactement.

vendredi, 31 janvier 2003 01:00

Whenever You´re Ready

Cinq ans qu'on n'avait plus de nouvelles de Swell. Et depuis " For All The Beautiful People ", il s'en est passé des choses : Monte Vallier, le bassiste, a décidé de quitter le navire, et Sean Kirkpatrick, le batteur originel, est revenu, huit ans après son départ. David Freel, le chanteur-guitariste, est toujours là. A trois, ils auront signé au moins deux chefs-d'œuvre de folk-pop mélancoliques, " 41 " et " Too Many Days Without Thinking ". C'était la grande époque. Aujourd'hui ils ne sont plus que deux : Freel et Kirkpatrick. Ils ont donc décidé de jouer à leur aise, sans se prendre la tête. Résultat : " Whenever You're Ready ", septième album du groupe, sonne comme un retour aux sources, sans fioritures ni grandes remises en cause. Le style Swell est toujours le même et continue à fonctionner, cahin-caha, en roue libre sur les terres battues de la Californie (la pochette). Il est certain que Swell ne nous surprend plus, et ne nous surprendra sans doute plus jamais… Rien n'a vraiment changé sur la route de Swell, si ce n'est qu'en duo, on a plus tendance à revenir aux choses simples. Un peu comme la pub Herta, qui met en scène ce gosse et son papa cuisant leur saucisse en pleine montagne, avec les moyens du bord… Les choses de la vie, quoi… Il n'empêche que " Next To Nothing ", " In The Morning " (oh, des violons !), " Say Goodbye ", " Better Than Oil " (oh, des chœurs féminins !) et " California, Arizona " sont de fort belles chansons. Le reste coule un peu trop de source, et la source commence à tarir. A la fin, il n'y a plus de saucisses, et on est tout seul comme un con dans la montagne.

NB : En parallèle une compilation de B-sides plutôt intéressantes datant de la première époque, vient de sortir… Pour fans transis, seulement (" Bastards & Rarities 1989-1994 ", Badman Recording/Konkurrent).

Thee Silver Mt. Zion, c'est Godspeed You ! Black Emperor en comité restreint, genre musique de chambre : un trio (piano, basse, violon), qui pour son deuxième album s'était déjà adjoint les services de deux batteurs et de guitaristes (le Tra-La-La Band), et qui cette fois se paie le luxe d'une vraie chorale, le Thee Rusted Satellite Choir. Au menu, toujours cet équilibre savamment orchestré entre montées d'adrénalines et baisse de tension, les voix opératiques en plus. Pour le fan de la nébuleuse Constellation, ces crescendo/diminuendo donneront toujours autant la chair de poule, surtout écoutés à plein tube les bras en l'air, tel Moïse ouvrant la Mer Rouge. En quatre pièces de facture presque wagnérienne, les Canadiens nous refont donc le coup du truc cyclothymique, rythmé par d'innombrables coups de tonnerre (les batteries), de théâtre et de sang, et striés d'éclairs acoustiques (les pluies de cordes). La chorale s'en donne à cœur joie, du registre médiéval (le morceau d'ouverture) aux canons, même si l'effet se retrouve souvent noyé dans le déluge sonore qu'Efrim et ses potes affectionnent. Mais combien de temps encore GY !BE (et affiliés) parviendront-ils à nous surprendre ? A force d'user la formule jusqu'à la… corde, nos Canadiens risquent un jour de tourner en rond, et de se voir traités de pompiers. Pas cool pour des types habitués à souffler sur les braises du post-rock le plus… incandescent.

 

Page 28 sur 115