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Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de sincérité et d’émotions brutes. Entre coups de cœur, coups de gueule et coups de blues, il continue de chanter la vie comme personne, avec cet amour immuable pour sa…

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Telegraphs In Negative / Mouths Trapped In Static

Le collectif canadien (13 musiciens !) Set Fire to Flames navigue en eaux troubles, loin des contingences rabâchées de la pop et du rock. Pas de refrains, ni de mélodies, chez ces terroristes de la matière sonore : juste des bruits, des silences et des résonances, et parfois quelques réminiscences musicales, proches du post-rock ambient de Labradford ou des envolées chaotiques de GY !BE (dont l'on retrouve d'ailleurs ici certains membres). Pendant une heure et demie, Set Fire to Flames largue donc les amarres (pop, rock, électro, jazz) et nous emmène loin, très loin, à la découverte de terres inexplorées, du moins en musique populaire. Ces bruits de portes qui grincent, ces souffles effrayants, ces échos d'outre-tombe : l'univers de ces Canadiens rappelle en fait celui des maîtres de la musique contemporaine, de Pierre Henry (" Variations pour une porte et un soupir ") à Morton Feldman (cette impression de temps figé, suspendu). Parfois, cependant, on reconnaît quelques notes déjà défrichées ailleurs, du côté donc de ces groupes du label Constellation. Mais rien de vraiment palpable : juste une impression, fugace, comme un courant d'air qui fait claquer les portes. La musique ( ?) de Set Fire to Flames est peuplée de fantômes (le tétanisant " In Prelight Isolate "), dont on ressent la présence mais qui se défilent toujours, dès qu'on les cherche du regard. Autant vous dire qu'on n'écoute pas ce disque dans le noir.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Teepee

Severin 24 constitue le premier projet solo de Thierry Holweck, ex-chanteur-guitariste du groupe hardcore Garlic Frog Diet. Ici, plus question de rock nerveux, même si les guitares pointent encore le bout de leur manche… " Teepee " épouse ainsi une forme de funk technoïde teinté de groove salace… Un hic, cependant : à vouloir trop faire la fête à Norman Cook, Thierry Holweck en oublierait presque d'être lui-même, au lieu d'une pâle copie d'un type dont la musique (le big beat) n'intéresse plus personne. " Elektroklash ", dit la bio : certes polissonne et lo-fi, cette électro-ci n'a rien non plus d'eighties ni de glam (la définition-même du terme " electroklash ", ici employé à tort et à travers)… Mais le pire est atteint avec ce " Call Rakini " infâme et ses beats de schtroumphfs, véritable suicide musical et critique. Comprenez-nous bien : que peut-on rajouter face à de telles sonorités ringardes, bon marché et surtout d'une laideur incomparable ? Rien… Suivant !

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Sharko III

David Bartholomé est un sacré farceur. Il n'est pas rare de le voir sur scène faire des pitreries, jusqu'à bâcler ses chansons pour raconter une blague de plus. Cette nonchalance fait partie du personnage, et se ressent encore une fois sur ce nouvel album, le troisième, après " Meeuws " (et " Meeuws 2 ") il y a deux ans. Pas que ses compos ne tiennent pas la route, bien au contraire : à cet égard, Sharko fait montre d'une constance rare au niveau qualitatif, et ce depuis le début de ses aventures dans la jungle du showbiz. Le bonhomme vieillit bien, comme le bon vin. Tubes (plus ou moins) pop (" Spotlite ", " Excellent ", " President "), chansons (plus ou moins) tristes (" Bath ", " Car Was ", " YMCO "), déconnade étudiée et hommages timides (" Luv Mix ", funky comme l'était Beck), Sharko-les-mains-vertes sait (plus ou moins) tout faire, avec chance. " Plus ou moins ", c'est ça la nonchalance. Que Ben Findlay, un pote à Peter Gabriel, ait produit l'album, ne change pour nous rien à l'affaire. Sans lui, sans doute que l'album n'aurait pas sonné bien différent, parce que Sharko est un type qui n'a pas besoin de grand chose pour se mettre en valeur. Un autre compliment : ce disque s'écoute comme on boit une bonne bouteille (de vin, toujours), c'est-à-dire sans se presser, avec délectation, l'esprit parfois ailleurs. A la fin, évidemment, on est un peu saoul et on raconte des conneries, mais on a bien ri de toutes ses histoires. Plus ou moins.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Smashy Trashy

Vous vous souvenez de ce petit con qui vous emmerdait en gardienne ou de ce branleur qui emballa votre copine en rétho, sous les quolibets goguenards de vos camarades de classe ? Et bien ouais ! C'était Camu et Metro (aka ‘Mr. Fuck-A-Lot’), les deux types qui se cachent derrière S.A. Smash. C'est ce que dit leur label, Def Jux, et on finirait presque par le croire, même si c'est juste pour déconner, sans blague. Faut dire que les deux rappers sont de vrais fiers-à-bras, proclamant avec crétinerie qu'ils " adorent baiser " (" Love To F*ck "), et " haïr " aussi (" Love To Hate "). Pas des petites frappes, ces mecs. Plutôt du genre à traîner dans la rue tard le soir, à fumer des spliffs et reluquer les pépettes. Bizarre, on connaissait Def Jux pour ses disques précurseurs voire intellos, de RJD2 à Cannibal Ox. Comme quoi il ne faut jamais coller trop vite des étiquettes ! Parce qu'ici, on a plutôt affaire à du rap de gros couillons, efficace mais d'une fraîcheur douteuse. Avec leurs gros sabots de pseudo-gangsters nourris à South Park et au " Scarface " de De Palma, Camu et Metro balancent leur gros son un peu comme ces gosses qui, planqués derrière des buissons, jettent des pétards sur les vieilles : pour faire peur, mais surtout pour se marrer. " Ca troue le cul ", dirait Cartman, et c'est vrai que ça groove du fond du rectum : basses rondelettes, BPMs à la Timbaland (" Get Home ", très Clipse), dope r'n'b (" Weird "), cuivres boombastic (" A.A. "), P-Funk (" Love To F*ck ", avec Aesop Rock), guitares salaces,… A la fin, les deux copains (comme cochons) ralentissent pourtant la cadence, comme s'il était temps de se la jouer profil bas après toute cette bamboula pas sérieuse : sur la platine, LL Cool J s'invite (" Spot Tonight "), et les filles remettent leur T-shirt (mouillé). Mais la nuit ne fait que commencer…

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Lay Your Head on the Soft Rock

Chris Wicky, leader du groupe emocore suisse Favez, a toujours aimé l'americana, et tout le toutim. Ces guitares traînantes, cette batterie pleine de rhumatismes, cette voix en sourdine : y a pas à dire, on se croirait davantage dans la Vallée de la Mort que dans un chalet près du Lac Leman. Sorte d'album solo, " Lay Your Head on the Soft Rock " a les qualités de ses défauts : pour coller au genre (l'alternative country), il faut ranger ses velléités rock'n'roll au placard, fermer sa grande gueule et se la jouer plaintif. Avec une barbe, c'est encore mieux ! A force de vouloir faire son Jayhawk, Wicky ne fait pourtant pas rire grand monde (en même temps, c'est le but)… Le pire, c'est qu'il ne s'agit ici que de country papier carbone : rien de bien neuf sous le soleil. Parfois, on dirait le Pink Floyd de l'ère bucolique (" The Radio Man "), du Tom McRae en santiags (" Ace "), voire du Francis Cabrel (" Past The Belvedere ", sorte de… ‘Je l'aime à mourir’ springsteenien !). Un bon morceau, quand même : " J-M ", l'histoire d'un dealer sur fond de country-rock bien enlevé, à la mélodie évidente. Mais c'est quand même un peu maigre pour crier au génie... Un conseil à notre ami helvète : qu'il retourne à son EMO et ne nous tanne plus avec ses histoires de cow-boy !

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Ma chère et tendre

Il y a trois ans, Henri Salvador faisait un come-back fracassant, à… 83 ans. Alors que tout le monde le donnait pour mort, le vieux crooner au rire (et au physique) simiesque explosa les hits parades avec " Chambre avec vue ", disque de la renaissance et de la reconnaissance, porté par l'écriture raffinée d'un duo de jeunes songwriters alors méconnus, Keren Ann et Benjamin Biolay. Autant dire que Salvador n'allait pas changer son fusil d'épaule (ni passer l'arme à gauche) pour ce nouvel album, en tous points semblable au précédent, mais sans l'effet de surprise. On y retrouve donc tout ce qui plaisait sur " Chambre avec vue " : cette voix douceâtre de vieux chanteur à l'esprit mal tourné, ces atmosphères délétères de cabaret bossa/jazzy, ces textes emprunts d'une poésie surannée, ces arrangements patinés, bref des " flonflons " dans lesquels Salvador, sénile dragueur d'opérette, ‘jette son cœur déchiré’ (" Quand un artiste ") avant de reprendre une dernière fois son souffle. C'est bien joli, sauf qu'on n'y croit plus trop, à toutes ses simagrées douces amères : le vieux a beau chanter des mots d'amour, on l'imagine de plus en plus mal en bourreau des cœurs. Dans un hospice, à la limite.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Oumou

Oumou Sangare est considérée comme la diva du ‘wassoulou’, style musical originaire du sud du Mali caractérisé par l’emploi de la harpe à six cordes, devenu populaire dans les années 70 à Bamako puis à l’étranger. Depuis maintenant plus de 15 ans, Sangare chante la femme africaine comme personne avant elle ne l’avait fait au Mali. Son énorme succès en Afrique a tracé la voie à de nombreuses autres chanteuses, Rokia Traoré en tête. Ce disque est en fait un best of à destination du peuple occidental : on y retrouve les classiques de la belle, en plus de quelques inédits. Si le kamalengoni (la harpe) marque de son empreinte légère et suave chaque morceau de cette anthologie, la musique d’Oumou Sangare intègre aussi cuivres, cordes et synthé de manière répétée – comme une transe. Avec Amadou & Mariam, Ali Farka Touré, Afel Bocoum (le nouveau pote de Damon Albarn) et Oumou Sangare, le Mali témoigne d’une richesse musicale qui reste encore trop méconnue de par chez nous. Espérons que ce best of réparera cette injustice, parce que ces 20 chansons révèlent des trésors de mélodies et d’ambiances, loin de tout exotisme à la Club Med. Embarquement immédiat !

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Human

Selon les déclarations de l'intéressé, ce sixième album serait " son plus personnel et son plus diversifié ". Il est vrai que Sawhney semble avoir élargi sa palette, jusqu'au… r'n'b (" Rainfall ") ! Peut-être s'agit-il enfin pour lui de sensibiliser les masses, plus réceptives au rap qu'à la musique indienne traditionnelle. Après les succès critiques mais pas vraiment publics de " Beyond Skin " et " Prophesy " (2001), il était donc temps pour le pionnier de l'" asian sound " (avec Talvin Singh) de revoir ses ambitions… à la baisse. " Human " n'est pas mauvais, loin de là : juste un peu lisse, çàd davantage taillé pour une écoute en surface. L'oreille glisse sur ces compositions proprettes, sans jamais trébucher sur une note de trop, une mélodie qui surprend. L'opus s'ouvre par une chansonnette hindie-pop un peu béate (" The River "), puis ça dévie vers de la lounge flamenco soyeuse mais trop polie ou du folk tranquille, à l'orientale (le triptyque " Say Hello " - " Falling Angels " - " Falling "). A force de mettre de l'eau dans son vin, Nitin Sawhney donne l'impression d'être devenu trop gentil pour être honnête : ces voix berceuses, ces flûtes extatiques, ces beats sans reliefs,… Tout ça c'est bien joli, mais niveau prise de risques, Sawhney mérite une fessée. Natacha Atlas, Jacob Golden, Kevin Matt Hayles (entendu chez Mike Skinner) et Shakespeare ont beau lui prêter mains fortes (au chant, à l'écriture), ils partagent la même galère. Il n'empêche qu'à plusieurs, on rame plus vite.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

How to make the unpredictable necessary ?

Dire qu'on l'attendait serait un euphémisme. C'est que depuis 1996, Stephane Dri, alias Scan X, n'avait plus sorti d'album… Si ce n'est quelques maxis et diverses collaborations aux quatre coins du globe (de remixes en bandes sonores de jeux vidéo), on était en droit d'attendre davantage de ce Français au patronyme ridicule. M'enfin : on aura eu le temps de goûter à ses sets endiablés, la meilleure manière pour lui de rester dans les esprits (et les rotules), tout en se servant de nous comme de cobayes pour tester ses nouvelles bombes dance-floor… L'album, donc : comme prévu, de la techno racée, industrielle et efficace, martiale et percutante. Avec un fameux détail tout de même : on n'est pas au Carré, genre boum-boum marteau piqueur. La techno de Scan X a beau faire péter les BPMs et nous faire suer à grosses gouttes, elle n'en est pour autant débilitante. Loin d'être cantonnés aux dance-floors de bas étage, les beats poids lourd de Scan X remportent leur mission haut-la-main : faire danser sans abrutir, grâce à des gimmicks toujours accrocheurs et une énergie infatigable.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Plays Mrakoslav Vragosh

Surtout, qu'on ne nous demande pas le nom des membres de Schtimm : tout ce qu'on sait, c'est qu'il y a un chanteur et une chanteuse, que leur identité se limite à des initiales (AE, P, B et K) et qu'ils habitent à Trondheim, en Norvège. " Plays Mrakoslav Vragosh " ( ?) est leur deuxième album, enregistré en analogique parce que les membres de Schtimm veulent privilégier la musique sur la technique. A les entendre, ça paraît normal : rien ici de bien électronique ou de tendance, mais du rock sombre et maniéré à la Barry Adamson. Sur " Flowers ", on entend même des cordes baroques, comme si Schtimm avait fui toute modernité pour se réfugier dans une vieille cathédrale. Attention : en Norvège, y a des types qui brûlent les églises. C'est parce qu'ils écoutent (ou jouent) du black metal. L'un d'entre eux, Varg Vikernes (alias Burzum), a même buté son ami Euronymous, de Mayhem, et maintenant il croupit en taule. Il y a quelques semaines, il s'est quand même évadé, mais pas pour longtemps. En Norvège, y a des types pas bien dans leur tête. Les gars de Schtimm, eux, sont bien gentils. Surtout la fille, qui hulule comme une Kate Bush en rut ou fait " pam pam " en claquant des doigts. A part ça, c'est un peu tannant comme musique : y a du synthé bien pépère, du xylophone tout mimi et même de l’ukulélé ! Dommage : avec un titre d'album pareil, ils auraient pu faire du black metal, comme leurs amis pyromanes. C'est plus drôôôle : ça se termine toujours mal, avec de gros chevelus l'air méchant qui s'entre-tuent en écoutant Emperor. Ouaiiiis, trop cooool.

 

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