Ce qui est bien chez Françoise Hardy, c’est qu’elle a l’air douce et gentille : elle ne nous force pas à mettre un (son) nouveau disque tous les ans sous le sapin. Elle prend son temps, accorde peu d’interviews. Ce qui nous permet de ne jamais nous lasser de sa voix fragile mais si réconfortante. Ainsi, madame Dutronc, tous les quatre ans environ, sort du bois et nous offre un nouveau disque. C’est devenu presque une petite habitude, un rendez-vous immanquable, qui nous fait plaisir, un peu comme quand on n’a plus vu quelqu’un depuis longtemps même si on pense souvent à lui… Après « Clair Obscur » sorti en 2000, Françoise Hardy nous revient donc à pas de loups (ou plutôt à pas de louve), pour nous bercer encore une fois de ses mélodies douces-amères, au charme insistant, qui nous font dire qu’avec l’âge Françoise Hardy nous émeut de plus en plus, un peu comme une bonne bouteille de vin qu’on aurait laissé à la cave pendant plusieurs années avant de la boire religieusement. Mais ce qui frappe sur ce disque, c’est qu’on a l’impression que Françoise Hardy s’est fait à l’idée que plus rien ne sert de courir, et que chanter est vraiment devenu pour elle un plaisir pur et simple, dont elle nous fait cadeau sans demander son reste. Les sixties maintenant sont bien loin, Françoise Hardy ne chante plus la jeunesse éternelle, mais elle chante ce qu’elle éprouve au jour le jour, ses petites angoisses du temps qui passe, et c’est ça qui rend ce nouveau disque si attachant et si personnel…. Françoise Hardy se moque bien des tendances, même si sur cet album elle a fait appel à de jeunes auteurs en vogue comme Benjamin Biolay, ou les Anglais Perry Blake et Ben Christophers…. Au final, « Tant de belles choses » porte bien son titre, puisque les douze chansons ici présentes s’avèrent toutes (justement) d’une beauté rassurante. Dans ces conditions, comment lui dire Adieu ? Eh bien on ne lui dira pas, dans l’espoir qu’elle continue encore à nous offrir de si beaux disques le plus longtemps possible.