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L’heure personnelle de Lucie Valentine

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Abattoir Blues/The Lyre Of Orpheus

« Nocturama », sorti en début d’année dernière, avait laissé au fan de base un léger goût amer, l’impression que l’Australien se singeait lui-même, pauvre homme frappé par la foudre divine, l’inspiration cramée et la plume en berne. Ce double album (17 chansons) marque le retour du Nick Cave que l’on aime, habité et fiévreux comme jamais, religieux mais pas trop. Mick Harvey crie déjà sur tous les toits qu’il s’agit de leur meilleur album, et l’on serait presque prêt à lui donner raison. C’est James Johnston, ex-Gallon Drunk, qui remplace Blixa Bargeld. A la prod Nick Launay, un habitué des consoles chez… Birthday Party. Voilà pour les faits. Le concept, outre la mythologie d’Orphée et d’Eurydice, est simple d’un point de vue strictement musical : d’un côté les ballades (« The Lyre… »), de l’autre les titres plus enlevés (« Abattoir Blues », ce titre…). Et rien à jeter. Si les chœurs gospel du London Community Gospel Choir sont présents sur les deux disques, on retrouve la patine légendaire des Bad Seeds, ce touché hors pair, de Martin Casey à Warren Ellis, de Conway Savage à Thomas Wydler. « Abattoir Blues/The Lyre of Orpheus » ne souffre d’aucune baisse de régime, que celui-ci se pare d’un romantisme lyrique ou d’une colère maîtrisée. Il y a ici des chansons magnifiques: « Breathless », « Supernaturally », « There She Goes, My Beautiful World », « Nature Boy »,… Lors de la sortie de « Nocturama », Nick Cave nous avait fait peur. Heureusement il s’est repris en main, et dire que l’Australien nous impressionne tout au long de ce double album serait un euphémisme. Deux disques pour le prix d’un, deux chefs-d’œuvre, rien de moins.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Honeyburst

Tim Christensen n’est pas connu chez nous, et pourtant c’est une rock star au Danemark, son pays d’origine. Depuis dix ans il écume les charts scandinaves de ses chansons pop-rock joliment troussées, construites en général sur un gimmick simple mais accrocheur, une mélodie « facile à chanter » où les sentiments priment. Avec son deuxième album solo, le Danois espère maintenant conquérir de nouveaux marchés, à coups de tubes certifiés or qui titillent gentiment l’oreille. A l’instar d’un Damon Cough (Badly Drawn Boy) en moins lo-fi, d’un Elliott Smith en moins suicidaire, d’un Neil Finn en moins ringard, Tim Christensen se fait l’apôtre fidèle de la cause pop-rock (folk), n’hésitant pas à presser la touche lacrymale si le besoin s’en fait sentir (« Right Next to the Right One », ballade beatlesienne en tête des hit-parades maritaux au Danemark, comme « Angels » de Robbie Williams en Angleterre). Mais le Danois sait aussi renverser la vapeur et durcir le ton (« Jump the Gun », « Isolation Here I Come », le poussif « Don’t Leave Me But Leave Me Alone », limite Incubus), parce qu’il faut donner son lot de rock pépère à la ménagère. Il n’empêche que question mélodies, Christensen est loin d’être un manchot : « Honeyburst » s’écoute avec plaisir, malgré ses tics romantiques, ses refrains rock ampoulés, ses montées de fièvre en total décalage (« No Easy Key », joli jusqu’à l’arrivée des guitares). A écouter au compte-gouttes, et selon l’humeur du moment.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

She´s In Control

Tiga, roi du dance-floor elektroklash, lunettes de soleil fluo, marcel vintage, écusson Motörhead. Ses deux poulains : Pee Thug et Dave 1, look homo, moustache à la Moroder, fans de Prince et Shalamar, obsédés du vocoder, poil à gratter dans le slip, le hip hop c’est leur pote. Leur musique un peu ringue, ils l’assument : même Jacques Lu Cont a donné son avis, lors d’une soirée mousse, « c’est bien, ça sonne comme du Van Halen joué par Yazoo », on acquiesce, avant de se rincer les narines et de remettre de l’Axe odeur musc. Il fait chaud, alors on enlève notre T-shirt : dessous se profile un tatoo, c’est une ancre de marin, avec des roses tout autour. Sonnez les trompettes, la cavalerie rapplique : bim bam boum, le dance-floor gigote, « Destination : Overdrive ». « You’re So Gangsta », nous susurre une bimbo, les seins qui pointent. Notre futal fait des bosses. « Trevor Jackson, tu kiffes ? ». « A mort, ouais… ». Les mecs se la jouent postmodernes, rodéo sous la boule à facettes. Le Québec ? C’est impecc’. Reprends donc de la poudre, ça dégage les sinus. Tu l’as vu, mon anus ? « Ah oui, comme ça ! », c’est bon c’est canon. Guili guili, poil au zizi.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

A Beautiful EP

Rien n’a changé chez Clem Snide, ou presque : dès le morceau d’ouverture de ce bien bel EP, on reconnaît la touche country-rock qui plaisait tant sur « Soft Spot », leur dernier album en date… Sauf qu’ici, Eef Barzelay et ses trois compères lâchent un peu la bride en osant faire grincer leurs guitares et reprendre Lynyrd Skynyrd (« Simple Man »), les Buzzcocks (« Why Can’t I Touch It ») et, encore plus surprenant,… Christina Aguilera (« Beautiful », invité à remplacer dans nos cœurs le « I Will Survive » de Cake). Comme quoi la pire des citrouilles peut parfois se changer en beau carrosse, grâce à l’intelligence et au savoir-faire de simples rockeurs-farmers bien décidés à s’amuser, et nous aussi. Clem Snide prouve par ce disque qu’il n’est pas qu’un groupe avatar de Wilco et de Lambchop, et qu’il pratique l’humour avec classe et talent. De quoi nous faire agréablement patienter jusqu’au cinquième album.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Winchester Cathedral

De l’art du melodica, des mélodies tranchantes et des vocalises hantées : Clinic troisième, et toujours pareil à lui-même. Un groupe qu’on aime sans limites si on aime son style, à nul autre pareil. Et qui ne déçoit jamais, puisqu’il n’évolue jamais. « Winchester Cathedral », c’est donc « Internal Wangler », ou « Walking With Thee », bref c’est chou vert et vert chou. Où l’on retrouve l’inénarrable chant d’Ade Blackburn, Donald Duck sous amphés soufflant comme atteint d’un cancer du larynx. Avec quand même cette différence qu’à force de nasiller tel un vilain petit canard, Blackburn nous donne ici un peu le bourdon : « Winchester Cathedral » sonne ainsi comme l’album le plus mélancolique de Clinic. Le hic, c’est qu’on préfère quand c’est moins arthritique (« WDYYB » par exemple). La clinique pour Clinic ? Le jeu de mots est facile, mais il fallait le faire.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Stick Music

Après deux albums qui valurent au quatuor australo-américain d’être comparé à GY!BE, Sigur Ros, Arvo Pärt et Jan Garbarek (NDR : quel est le lien entre ces artistes, c’est la grande question), Clogs est de retour pour un « Stick Music » passablement différent de ses prédécesseurs. Ici on ressent avec insistance l’influence de musiques plus lointaines, en somme d’Inde et d’Afrique. Qu’il s’agisse des percussions fantôme de « Sticks & Nails » ou du violon martelé de « Beating Stick », Clogs s’empare des oripeaux de la musique contemporaine (Steve Reich, Philip Glass, Morton Feldman) sans pour autant tomber dans l’hermétisme vite ennuyeux de ce genre d’œuvres dites ‘savantes’. Sur « Lady Go », Padma Newsome - le leader du groupe - s’essaie même au chant, pour un résultat liturgique proche de Current 93 ou de Pearls Before Swine. Il est certain que « Stick Music », et le travail de Clogs en général, ne s’écoute pas à la légère : c’est une musique qui se mérite (et se respecte), à force d’écoutes patientes et recueillies. Que ceux qui ne voient en ces mots qu’un euphémisme de politesse passent ici leur chemin : on ne s’ennuie pas en compagnie de Clogs. Chez les puristes et les frileux, par contre… Mais c’est une autre histoire, pas vrai ?
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

La Maison de mon rêve

Deux sœurs d’origine new-yorkaise, Bianca et Sierra, se perdent de vue. Elles se retrouvent à Paris, où l’une d’elles a déménagé. Pour fêter ces retrouvailles, elles décident de faire un disque avec les moyens du bord : une guitare acoustique, un séquenceur, et pour la rythmique un pote francophile assez fortiche question beatbox. L’une a étudié l’opéra : elle chante comme la Castafiore, mais pas trop fort, pour ne pas déranger les voisins. L’autre susurre elle aussi, mais comme un chat qu’on étrangle : peut-être que ses cordes vocales ont été coincées, un jour, dans un piège à souris… De temps à autre, retentit comme un coco(rico) : plus qu’une « Maison de rêve », ce disque est une vraie « Ferme des animaux »… Etrange tableau, comme si Chan Marshall et Vashti Bunyan étaient enfermées avec Björk dans une vieille baraque pourrie au fin fond du Gers, autorisant pour seule compagnie trois cochons et cinq poules. But du jeu : faire un disque. Comme sur TF1. Mais qu’il n’y ait pas de malentendu, surtout : « La Maison de mon rêve » est un grand disque de folk rural, de lo-fi campagnard, plein de bruits du quotidien et d’échos surréels. Que ces deux sœurs soient saines d’esprit (ne snifferaient-elles pas de la colle à bois au fond de l’étable ?), c’est encore autre chose. Des drôles de cocos, c’est sûr. Un conseil, donc : réfléchir à deux fois avant de frapper à leur porte. Il y a des visites auxquelles il vaut mieux bien se préparer.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Dear Heather

A 70 piges, Leonard Cohen continue à sortir de temps en temps des disques : le dernier datait de 2001 (« Ten New Songs »), et voyait sa collaboratrice Sharon Robinson endosser le rôle de productrice, voire de compositrice. C’est qu’à l’âge des pampers taille XXL et de la compote de pommes, mieux vaut s’entourer de dames pour se persuader qu’on est encore un homme. Mais là où « Ten New Songs » montrait un Cohen encore affable et inspiré, « Dear Heather » semble sonner le glas d’un des plus grands songwriters de l’histoire de la musique populaire. C’est qu’il faut se les farcir, ces douze complaintes fanées… Où l’on entend à peine le Canadien, qui chantonne péniblement en préférant laisser la place à ces nourrices gérontophiles. Sur ce disque, le vieux peine à imposer sa marque : on nage en pleine sénilité, et c’est glauque à entendre. Les femmes, comme d’habitude, font donc tout le boulot. Leonard Cohen n’est plus tout jeune, et sa musique sent le renfermé : comme quand on visite un vieil oncle et qu’il nous tanne de ses radotages. La prochaine fois on viendra avec des fleurs, auxquelles on veillera à épingler cette banderole : « A notre vieil ami Leo, So Long & Goodbye ».
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Shine a Light

Ils viennent du punk, mais ça ne s’entend pas : Constantines, c’est plutôt du rock en roue libre, conservateur comme un disque de Springsteen (« On To You ») et qui jugule ses ardeurs à chaque écart possible. Le genre de groupe frustrant, qui n’ose pas se lâcher par crainte d’être incompris, préférant le consensus mou aux folles incartades rock’n’roll. De bons petits usiniers de la cause rock FM, qui plaira peut-être aux fans d’Afghan Whigs s’ils sont indulgents. Mais le rock s’épanouit-il dans le compromis ? Pas sûr. Constantines voudrait plaire à la fois aux parents fans du Boss et à leurs enfants qui ne connaissent que les White Stripes. Nous on passe notre tour parce qu’on a mieux à faire. Au Yatzee, « Constantines » donne presque « inconsistance ». Dans le mille, game over, tout le monde au lit.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

The Constantines

Il s’agit de la réédition du premier album de ces Canadiens impulsifs, après la sortie il y a plus d’un an d’un « Shine A Light » qui n’avait rien de brillant (cfr archives). Mais la réédition de ce disque permet de reconsidérer le cas Constantines : ces guitares percutantes, cette voix rocailleuse… Il se pourrait que la mémoire des Afghan Whigs ait trouvé ici sa meilleure boîte de résonance. La soul, ce terrain miné pour tout rockeur en mal de caresses : au cours de ces quarante minutes on se dit que les Constantines puisent avant tout dans le vivier black des années septante, et pas dans l’emocore ni le garage. Il y a du blues, mais c’est celui des lendemains qui déchantent, quand la fille s’est barrée et qu’on écoute « Here My Dear » en boucle, en chialant comme un raté. Les Constantines n’ont certes pas composé l’album soul-rock qui bouleversera notre existence, mais son écoute s’avère parfois réconfortante. Le pire est derrière nous : on souffle enfin un coup.
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