L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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La vision de l’art prônée par Superchunk…

Superchunk sortira son nouvel album, « Songs in the Key of Yikes », ce 22 août. En attendant, il a partagé le single, « Is It Making You Feel Something ». ‘Il a toujours été vrai que tout le monde traverse quelque chose dont on n'est pas forcément conscient’,…

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

Le dernier album de Massive Attack, « 100th Window », est sacrément mauvais. Tout le monde le sait, même si personne n’a osé le clamer au moment de sa sortie. D’ailleurs Massive Attack aujourd’hui, c’est 3D, point barre. Et c’est bien là le problème : ne restent que ses vaines obsessions pour la cold wave et les guitares sauvageonnes, alors qu’on aimait Massive Attack pour la somme de ses talents (3D + Daddy G + Mushroom) et la richesse de ses sonorités (soul, hip hop, reggae, rock). Réduit au seul 3D, le « groupe » de Bristol ne serait donc plus que l’ombre de lui-même. Noire l’ombre, bien oppressante, mais surtout d’une froideur inquiétante. Massive Attack n’était-il pas le groupe de tous les mélanges, alors qu’aujourd’hui il est le joujou d’un seul homme, despotique et maniaque ? La monochromie lasse en musique, surtout si la couleur choisie est le noir, au pire le gris. Et ce nouveau disque signé « Massive Attack » confirme cette donne : « Blue Lines » c’est de l’histoire ancienne – d’ailleurs qui oserait comparer ce chef-d’œuvre trip-hop à « 100th Window » et ses chansons-glaçons, ses airs de freezer et sa (sale) gueule d’enterrement ? Tout au long de cette BO (d’un film produit par Luc Besson - gasp !), 3D continue donc à nous peler les c… : c’est glauque et simpliste, comme du Third Eyed Foundation de série Z. Un peu de beats à la Juan Atkins (Detroit : ville sombre et dépecée), de piano fantôme et de cordes gothiques : brrrr, il fait froid là-dedans, où est Eric Serra ? A la fin de ce disque, y a pas de happy end : Massive Attack est mort, et tout le monde tire la tronche. ‘Il était une fois’ : un grand groupe, qui sortait de grands disques. C’était il y a longtemps. Mais que reste-t-il donc de nos vertes espérances ?
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

A

Jeune singer songwriter à la voix feutrée et câline, Cass McCombs signe, tout au long de ce premier album, onze pépites folk-pop d’une beauté rare. Rien de très recherché pourtant dans ces ballades douces-amères à la mélancolie certaine : une guitare, une batterie, parfois des claviers… Il n’en faut pas plus à Cass McCombs pour nous séduire : cet écrin ligne claire lui suffit. Voilà pourquoi, armé de ce disque, l’Américain ne rate jamais sa cible (notre cœur) : sans esbroufe ni débauche de moyens, il réussit à distiller de belles émotions là où d’autres se seraient englués dans une emphase de Cupidons shootés à l’élixir d’amour. D’ailleurs ce disque ne parle pas d’histoires à l’eau de rose mais de sentiments plus subtils et distincts, voire contradictoires. Partagé entre le cynisme lyrique d’un Lou Reed («période « Berlin ») et le jansénisme glaçant d’un Bill Callahan (Smog) qui serait produit par Nigel Godrich (« AIDS In Africa », le splendide « Bobby, King of Boys Town » et le slowcore « My Master »), Cass McCombs crée la surprise dans le petit monde fermé des songwriters. Vivement la lettre « B ».
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Blues du Jour

Tori Kudo est un des artistes les plus prolifiques de l’underground japonais, mais c’est sous ce pseudonyme hébraïque qu’il est le plus connu. Huit ans séparent cet album de son prédécesseur, un triple CD de… 83 chansons psyché-folk. Cette fois, il y en a 41 au compteur, pour la plupart ne dépassant pas deux minutes, voire à peine quelques secondes. Enregistré en deux jours aux studios de Stephen Pastel (grand fan et boss du label Geographic), « Blues du Jour » mêle joliment petites comptines folk aux ambiances de catéchisme et vignettes instrumentales (des haïkus ?) pleines de charmes lo-fi (antifolk ?). Chantés dans un anglais trébuchant et enrobés le plus souvent de cuivres, ces 41 titres qui s’enchaînent comme autant de pièces d’un puzzle (chinois) laissent quand même circonspects. Tori Kudo donne l’impression de s’être arrêté à l’ébauche d’une œuvre qui portait en elle pourtant bien des promesses. Comme si ces morceaux n’étaient présents ici qu’à l’état d’embryons, tués dans l’œuf avant d’avoir pu révéler toute leur splendeur. C’est parfois réussi (« Open Field », entre Pascal Comelade et Papas Fritas, « Good Morning », « What’s Your Business Here Elijah ? », « Blues du Jour » et son riff à la… « Purple Haze ») et c’est encore plus dommage : si Tori Kudo n’avait pas dilué son talent dans autant de chansons à moitié développées, « Blues du Jour » aurait pu être un grand disque.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Mystic Chords Of Memory

Ceux qui apprécient la country-pop évanescente de Beachwood Sparks seront aux anges à l’écoute de ce disque, en fait le premier album solo de Christopher Gunst : on y retrouve cette même mélancolie qui rappelle à notre bon souvenir les sixties et ses vapeurs psyché-folk, des Zombies à Pearls Before Swine. Il semblerait qu’aujourd’hui, de Parsley Sound à Marjorie Fair (cfr chronique), d’Adem à Syd Matters, de nombreux songwriters privilégient l’ambiance (cotonneuse, vaporeuse) aux refrains martelés ; comme s’il fallait éviter à l’auditeur trop de sautes d’humeur, lui tenir la main et sans cesse le rassurer. Le monde tourne mal, mais il existe des havres de paix sur lesquels le temps semble n’avoir aucune prise. Au milieu de ces chansons bâties sur un accord sibyllin, un xylophone rêveur, des chœurs angéliques, l’oreille se love et se réchauffe, réconfortée d’être pour une fois bercée gentiment, au ralenti. C’est tout le contraire du garage/post punk revival, et c’est pas plus mal. De cette tendance musicale, plus dominicale que primale, on retiendra l’apaisante humeur, qui donne du baume au cœur. Détendez-vous, faites de beaux rêves, Christopher Gunst s’occupe du reste.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

A Special Album

A l’instar des Kings of Convenience et de Royksöpp, Ralph Myerz nous vient de Bergen, en Norvège. Pourtant, aucun vent glaçant ne souffle sur les rythmes endiablés de cet album « spécial », sans doute la meilleure chose qui soit arrivée à la ‘lounge’ depuis Saint Germain et les crises de foie de la clientèle du Buddah Bar. Sur cet album on retrouve donc du nu jazz/trip hop de bonne tenue, plein de soupirs féminins lascifs et d’orgue Hammond, de glockenspiel espiègle et de breakbeats malins. De la musique de cocktail sur laquelle Austin Powers pourrait se déhancher en matant les gonzesses, avec le Pierre Henry des Yper Sounds en DJ vedette. « Groovy baby ! ! ! ». Ce disque est de fait hyper chouette, la BO parfaite d’un film sixties de Blake Edwards composée par Peter Thomas. This is special, my friends ! Rendez-vous est pris le 9 mai aux Nuits Botanique.
jeudi, 30 décembre 2004 17:57

The Things We Do

La voix de Télépopmusik sur le tubesque « Breathe », c’était elle. Autant dire qu’on frémissait à l’avance d’entendre la dame en solo… Manque de pot, ce disque ne nous donne que bien rarement la chair de poule. Il débute pourtant bien par ce « It’s Been Done » primesautier, du trip hop comme on l’aime, à écouter au lever du sommier, le sourire comme un croissant bien chaud. Après, c’est un gloubiboulga de ballades FM mollement funky, comme du Macy Gray Weight Watchers… « The Things We Do » déçoit parce qu’il déroule trop ses charmes dans le sens du poil. Tant qu’à faire, mieux vaut s’écouter un bon vieux Vaya Con Dios en matant « Bagdad Café ».
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Perfect Colors

Mellow : un nom de groupe qui sied bien aux frasques psyché-pop-folk de ce duo français, dont le premier album, « Another Mellow Winter » (1999), était déjà une perle. Evidemment, la comparaison avec Air se révèle évidente (et facile)… Mais « Perfect Colors » vaut bien « Talkie Walkie » : en fait il est mieux. Ces « couleurs parfaites » pourraient sans problème être celles d’une journée estivale à comater au soleil : le bleu du ciel, le vert tendre de l’herbe, le jaune des rayons qui transpercent le parasol… Parfait, sans aucun doute. D’autant que dans nos oreilles se déversent lentement, comme du miel, d’irrésistibles mélodies douces-amères, entre Mercury Rev, Kings of Convenience, les Beach Boys et Pink Floyd. Dans cette chaleur climatique et musicale, mieux vaut croire aux mirages : au loin une oasis, avec Mellow comme bande sonore. Le paradis!
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Cast In Concrete

Il y a un peu plus d'un an, le premier album de Geert Maris surprenait son (petit) monde en déroulant son tapis noir de chansons tristes et dépressives, à la manière d'un Polar ou d'un Damien Rice. Depuis lors, ce " Songs of Leaving " accompagne nos plus froides soirées d'hiver, en parfait confident de nos rancœurs amoureuses. Sur ce nouvel album, il est toujours question d'amour déchu sur fond de folk timide et dénudé. Geert Maris est doué pour nous tirer des larmes : quand il caresse son piano ou embrasse sa guitare, c'est exécuté avec l'humilité de celui qui n'a rien à prouver mais tout à donner. Qu'il nous confie ainsi ses peines de cœur sans aucune pudeur suffit pour nous convaincre : voilà l'ami qu'il nous manquait, un être cher qu'on ne connaît pas mais qui comprend nos peurs. Dans une autre vie, on s'échangerait nos disques de folk tout en se confiant mutuellement nos ruptures. Ca nous rendrait plus fort, et l'on oserait à nouveau parler aux filles, le regard fier et la bouche quémandeuse. Pour l'instant, on réécoute ce " Cast in Concrete " avec recueillement, dans l'espoir qu'un jour ces chansons grises se parent de couleurs plus joyeuses. L'amour existe, mais il est bien caché.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

La Increible Aventura

Le groupe espagnol se réinvente à chaque nouvel album : après le très country-slowcore « Restos de un Incendio » (2002), Migala renoue ici avec le post-rock épique qui fît sa réputation il y a quelques années… La seule différence, c’est qu’Abel Hernandez et ses potes évitent cette fois les effusions soniques à la Godspeed, lassantes à force de répéter la même formule (montée, descente, et ainsi de suite). « La Increible Aventura » sonne ainsi comme un disque de post-rock pur jus, mais sans l’emphase épique pleine de tics. Sur « El Tigre Que Hay En Ti », de gros riffs entêtants montrent même un Migala rageur et rock’n’roll, avant l’interlude et « Your Star, Strangled », premier des deux titres chantés par Abel, en anglais. Réminiscences des Red House Painters et de Piano Magic (l’ombre de Cure, tenace), ces deux morceaux sont l’oasis au milieu d’un désert suffocant de guitares ardentes et de cordes qui blessent. Mais au bout du voyage (l’excellent « Lecciones de Vuelo con Mathias Rust »), on respire, contents quand même d’avoir participé à cette aventure tout bonnement… incroyable. Le meilleur disque de Migala ? En tout cas le plus varié, le plus mûr, et c’est déjà beaucoup.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Up For You & I

On imagine qu’en Norvège, la mélancolie est presque un sport national : qu’elle soit douce (= country-folk) ou violente (= black metal), elle pare de ses habits d’hiver morose n’importe quelle note jouée par une guitare, un piano ou une batterie. C’est qu’en Norvège, il fait froid 6 mois sur 12, et qu’à part des fjords, de la neige et des matins sans lumière, il n’y a pas grand chose. Mais il y a beaucoup d’artistes, pour qui la musique est la seule échappatoire : ils s’y engouffrent comme on chausse ses moufles, pour y rester bien au chaud jusqu’au retour du soleil. C’est le cas de Pal Angelskar, le Norvégien derrière Minor Majority. Aidé d’une bande de potes, Angelskar compose depuis trois ans de jolies chansons country-folk, aux teintes crépusculaires. On pense à Red House Painters, aux Tindersticks (la voix), à Spain, voire au R.E.M. de « New Adventures In Hi-Fi ». A force de rester cloîtré chez lui devant la cheminée, Pal Angelskar ne pouvait qu’écrire des chansons de ce genre : on les écoutera donc aussi en pleine solitude, ou sous la couette avec sa copine. De toute façon chez nous aussi c’est pas l’été indien : Minor Majority tombe donc à point.
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