La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

Des nappes frelatées, des sub-basses qui prennent leur temps plus que leur pied, et justement le kick, souffreteux mais tout de même à la rescousse : depuis plus d’un an le quidam techno s’est mis à la mode ‘minimale’, et voilà que Resist rattrape le wagon en sortant cette compile. Pour ne pas avoir l’air d’être trop à la masse, le label titre avec la ‘destruction’ d’un genre. Comme si c’était suffisant pour ne pas être taxé de suivisme. Mixé par J16, le proprio de City 16, « Destroy Minimal » réunit donc la crème de l’internationale (en gros, l’Allemagne et le Chili) du gros beat en ‘loucedé’ (tu danses encore qu’il s’est déjà barré). Ricardo Villalobos, Luciano & Serafin, Alex Under, Trentemoller, Lindstrom, Booka Shade, Rekid (« minimal funk » ?), Alter Ego et bien d’autres. L’occasion de se replonger dans les discographies respectives de chacun de ses artistes, et d’évoquer Kompakt, Vakant, Playhouse, Trapez, Perlon, Border Community,… en tapant du pied, mais sans emmerder le voisin. C’est ça qui est bien avec la minimale : tu peux danser dessus sans t’arracher une vertèbre. Tayaut !

A l’instar de « Rapattitude » en 1990 et la BO de « La Haine » en 1995, la première compile du label Hostile, sortie il y a dix ans, aura bouleversé en profondeur le paysage du rap français. Après Suprême N.T.M., IAM, Assassin et Dee Nasty, une nouvelle génération de rappeurs sortait de l’ombre, plus gangsta, plus violente, qui n’hésiterait sans doute pas à ‘appuyer sur la gâchette’ si le besoin s’en faisait ressentir. C’est le règne de Lunatik et de Booba, de Rohff, de Disiz, de Diam’s et de Sinik, aujourd’hui des stars de l’industrie du disque, qui en vendent autant que Goldman et Pascal Obispo. Pour marquer ses dix ans d’existence, Hostile a donc décidé de réaliser une nouvelle compile, censée réunir les ‘nouveaux talents’ du hip hop français. A la prod on retrouve Tefa et Masta, duo de choc à l’origine des tubes de Diam’s (« Dans Ma Bulle ») et de Sinik (« Sang Froid »), bref des types du terroir macadam, qui se sentent chez Hostile comme chez eux. Leur mission : ‘renouer avec l’esprit et la qualité artistique de 1996 !’, bref rehausser le niveau d’un rap français qui pour l’instant se cherche un peu. De cette ‘nouvelle école’, on retiendra sûrement les prestations de Sam’s et d’Eloquence, qui tchatchent comme des pitbulls en chaleur. Costaud, glacial, hostile… Pour le reste c’est faiblard, comme une mauvaise saison de la Star’Ac. Armande, reviens !

Mousse T, Backstreet Boys, Lou Bega, Snap, Jimmy Sommerville, Sonique,… La liste des artistes remixés par ce Teuton vaut mieux que tous les discours : on a affaire ici à un de ces DJ’s bidons qui se la pète, alors qu’il ferait bien de s’acheter plutôt une bonne paire d’oreilles. Extrait de sa bio : ‘You just can't be mad at him: champagne, nipple slips and frenzy belong to every music event. Still, Tom Novy seems to attract them in a very special way’. Sic. Qu’il ait mixé au Ministry of Sound et présente des émissions pouet pouet sur MTV (Deutschland ?) ne le sauvera pas de la caricature (au contraire !) : ce type est à la musique électronique ce que le cassoulet en boîte est à la fine cuisine. Alors en ce qui concerne cette compile, on évitera de traîner en longueur en précisant tout bonnement que ce machin marqueté est destiné au touriste lambda qui se défonce à Ibiza en buvant du Bacardi Breezer. Evitez de détenir ce disque sur vous à la douane espagnole : on pourrait vous coffrer pour ‘délit de goûts de chiotte’.

Il faut remonter à « L’Art des Bruits », le manifeste publié en 1913 par le futuriste italien Luigi Russolo, pour comprendre le lien qui existe entre les musiques électroniques actuelles et l’avant-garde dite ‘contemporaine’. Que ce soit Fennesz, Squarepusher, Varèse ou Pierre Henry, tous ces artistes s’avouent ainsi convaincus du pouvoir créateur de la machine, et du ‘bruit’ comme musique à part entière… Et même si les technophiles d’aujourd’hui font souvent référence aux maîtres savants de la musique répétitive, sérielle ou concrète pour se donner une certaine contenance (l’héritage existe, mais il lui manque le ‘groove’…), on ne peut nier l’influence de Pierre Schaeffer, de John Cage et de György Ligeti chez des bidouilleurs populaires comme ceux qu’hébergent actuellement le label anglais Warp. La série de concerts ici compilés n’a donc rien de superfétatoire : il suffit par exemple d’écouter le « Gesang der Jünglinge » de Karlheinz Stockhausen pour comprendre d’où vient le « Windowlicker » d’Aphex Twin, et l’intégrale de Steve Reich pour saisir la portée hypnotique d’un track à la Underground Resistance… Une fois la formule assimilée, il devient facile de plonger dans les 19 compositions de ce double cd, sur lequel on retrouve six morceaux de Richard D. James et de Tom Jenkinson réarrangés par David Horne, le chef d’orchestre de la London Sinfonietta (une sorte d’équivalent de notre ‘Ensemble Musiques Nouvelles’). Selon ses propres dires, la retranscription orchestrale de ces tracks électro se révèle ‘impossible’, d’où sa volonté de les considérer comme de ‘nouvelles compositions originales, pour orchestre’ – et ça fonctionne ! En faisant ainsi se côtoyer Ligeti, Aphex Twin, Squarepusher et John Cage, le label Warp et le London Sinfonietta voulaient sans doute une fois pour toutes tordre le cou aux clichés qui collent encore à la techno (et affiliés), à savoir que celle-ci ne serait pas de la ‘musique’, puisque l’ordinateur n’est pas un ‘instrument’… Eh bien voilà la vérité : les guitares ne poussent pas dans les arbres, et un orchestre peut jouer « AFX237 V7 » si on le lui propose. Voilà la grande révolution : ne reste plus qu’à le dire à Jack White, pour qu’il ne meure pas idiot.

dimanche, 26 février 2006 02:00

Revolving World – A Tribute to New Order

New Order, grand groupe ‘tributé’ devant l’éternel, à l’origine du mariage, à l’époque improbable, du rock et de l’électro : alors quoi ? Une compile de plus réunissant des groupes méconnus qui s’attaquent à « Blue Monday » en faisant les malins ? Certes, mais il n’y a pas que de l’amateurisme trivial sur ce disque : en 15 covers, certains des artistes au menu font même preuve d’une belle élégance dans la citation, surtout les Lyonnais. Il y a aussi des Belges (Une vie austère = Geoffroy Klompkes = L’essentiel de l’actualité sur Pure FM. A quand le Comic’Art ?), des Argentins, des Américains, des Néo-Zélandais et des Suédois, parce que New Order, ben ouais, c’est connu partout dans le monde. Mais la question qui se pose donc, c’est : pourquoi les meilleures covers viennent-elles de Lyon ? Est-ce que Popswirl est une structure locale ? Airbag, d’abord : on dirait Mark E. Smith au micro, voire Shaun Ryder, si on veut être méchant… Et For The Chosen Few, qui reprend « In Your Silent Face » de fort belle manière, entre post-rock et shoegazing. Et So Happy et Magnolia, qui nous feraient presque croire que Sumner était un enfant du soleil (les sixties, l’acid, Nouvelle Vague) ! Quant au reste, il est un peu à l’avenant, et donne surtout envie d’écouter les plus jolis ersatz de New Order/Joy Division en 2006 : Aswefall, Circlesquare, Colder,… Nostalgie, quand tu nous tiens.

On les oublie souvent, les gosses. On ne s’imagine pas que l’écoute d’un album des Flaming Lips ou des Beach Boys peut changer la vie d’un moutard, même s’il n’a que 10 ans. Le concept de ‘disque pour enfants’ n’est certes pas neuf, mais rares s’avèrent les tentatives qui tiennent vraiment la route, qu’elles soient commerciales ou artistiques… Le label Paper Bag espère bien inverser cette tendance, en compilant ici de grands noms de l’indie rock, etc. : Alan Sparhawk de Low, Sufjan Stevens, Broken Social Scene, Mark Kozelek (Sun Kill Moon, Red House Painters), Hot Chip, Kid Koala,… ‘Nous avons remarqué que les enfants sont souvent bien plus intelligents que les adultes’, peut-on lire sur le site du label. Que le cadet de la famille apprécie Glissandro 70 (Constellation) en tétant son biberon, c’est sans doute le rêve de tout parent mélomane. Qu’ils s’en donnent donc à cœur joie à l’écoute de cette chouette compile, remplie jusqu’à ras bord de comptines pop pas bébêtes. Au bac la condescendance, l’humour et la fraîcheur sont ici au programme : même les Great Lake Swimmers, d’habitude un peu ronchons, ont l’air de se fendre la gueule… Parfaite pour les goûters d’anniversaire (« 24 Robbers » de Apostle of Hustle) ou la petite histoire ‘d’avant d’aller dormir’ (Broken Social Scene reprenant « Puff the Magic Dragon »), « See You On The Moon ! » donne envie de retomber en enfance, voire de faire des gosses. Mais la passion (musicale ou autre) n’est-elle pas de toute façon une preuve d’innocence, se rendre à des concerts de rock symbolise un refus de grandir ? Le jour où on pensera qu’écouter de l’indie est un truc de gamins, il faudra s’inquiéter.

 

Une bonne compile Acuarela, c’est presque un pléonasme. Elle succède à l’excellente série des « Acuarela Songs » (3 volumes) qui regroupait des titres de Windsor For The Derby, Experience, Migala, L’Altra, Encre, Lee Ranaldo, Timesbold, Berg Sans Nipple, Chris Brokaw, Girls in Hawaii (!), Piano Magic, The Decemberists, etc. Voici donc la suite, et elle s’appelle cette fois « Songs To Break God’s Heart », ce qui revient au même. Autrement dit, on embraie ici par d’autres inédits et démos pas piqués des hannetons, issus de l’intelligentsia mélancolique. Avec Darren Hayman, c’est Bright Eyes et St Thomas qui se rappellent à notre bon souvenir. Tara Jane O’Neil surprend dans un exercice quasi doo-wop, et The Strugglers s’avèrent de sympathiques cousins de Palace. Matt Elliott (vs. Many Fingers) fait son Third Eyed Foundation (ça faisait longtemps) et Xiu Xiu se la joue trance. Sur ces 19 titres, quasi tous méritent qu’on s’écorche le cœur. C’est beau, souvent triste, voire optimiste. « This song is a mess but so am I » : c’est même le nom d’un des groupes du label madrilène… Voilà l’état d’esprit qui habite ces musiques, dont on se sent parfois si proches.

Dommage que j’ai carbonisé le moteur de ma bagnole par ‘pure négligence’, selon les sarcasmes de mon garagiste… Parce que mon rêve, c’était de l’envoyer à Xzibit pour qu’il la retape avec ses potes, en direc’ live sur MTV, à l’émission « Pimp My Ride », yep. Une Citroën Saxo transformée en bolide high tech, avec des flammes vert fluo sur le capot, et trois télés à écran plat dans le coffre, entourées de subwoofers de malade pour faire péter le hip hop West Coast en roulant à du 200 à l’heure dans les rues de Tubize. A l’intérieur des sièges arrière, une Playstation avec le jeu « San Andreas », et un putain de mini bar dans les accoudoirs, rempli de tequila et de blunts au cognac pêche. Trop fort, cet Xzibit. Y en a quand même qui ont de la chance de voir leur caisse pourrie retapée en limousine de luxe ou en 4X4 de fête foraine : ça le fait à mort au salon du Tuning de Morlanwez-les-Bains. T’as des donzelles aux airbags de taré qui se trémoussent sur du beat en chaleur, façon Snoop et Hi-Tek, les tétons gonflés par de la mousse bien giclante, qui spittent par à-coups des essuies-glace en plaqué or massif. Dans les baffles qui remplacent la roue de secours, des types au teint palot (Krondon, black albino à la gueule de barbouze) gueulent les quatre initiales d’Iceberg Slim : P.I.M.P., et ça balance comme un gros tube gangsta à la N.W.A. Sur cette mixtape ‘hosted by Will Blast’, on retrouve tout le crew d’Xzibit : Phil The Agony, Mitchy Slick et l’albino. « X to the mothafuckin’ Z » se foule pas trop le derrière pour balancer ses rimes sur des samples funky, bref ça sent bien la mixtape de dessous le comptoir. Aaaah, si j’étais un Yankee ! J’irai parader à L.A. avec ma SaXo rutilante, les biatches se pâmeraient devant mon gros engin qui grogne, ce serait trop la défonce à fumer le bitume. A l’aise ! Demain j’achète un Go Pass et j’me casse à Compton.

 

 

vendredi, 30 juin 2006 03:00

Switch 8

Rien de neuf au rayon des compiles Switch ou pour tout dire que le meilleur de l’électro de ces derniers mois, comme d’habitude. De l’eighties bien léchée signée Tiga (son album, « Sexor », sort d’ici peu, et c’est une ribambelle de tubes), des hits FM customisés pour le dancefloor (« Number 1 » de Goldfrapp, « Sow Into You » de l’ex-Moloko Roisin Murphy, « Jacques Your Body » des Rythmes Digitales, vieille scie électro-pop remise en selle par une pub automobile), et quelques bombes de minimal techno de derrière les fagots (« Just Fucking » d’Audion alias Matthew Dear, « Les Beaux Jours » du Français Agoria, l’épatant « Enuffs Enuff » de Pnau). Tu veux du gros son à écarquiller les mirettes, du beat en rut qui réclame son coït ? « Zdarlight » de Digitalism, « Darkness » de Carl Craig et « This Fragile Addiction » de Jesse Somfay t’appellent du pied sous la boule à facettes. Une claque sur tes fesses et c’est parti pour le grand huit : ton cœur fait boum boum boum, « laisse-moi donc te dire ‘ass’ ». Ass, ass, ass, ass, ass,…

mardi, 22 août 2006 03:00

Switch 9

Il ne faut pas grand-chose pour réussir une soirée dansante. Du beat, par exemple, et le reste, les jambes, les bras, la tête, suivent. Vous êtes mou du bassin, victime d’épilepsie, allergique au poumtchak et la new beat de Vitalic vous tape sur le système ? Découvrez les plaisirs de l’électronique en écoutant ‘Switch’, l’émission de Jan Van Biesen, diffusée tous les vendredis et samedis sur Studio Brussel. Au menu de cette neuvième compile, encore du BPM de qualité : l’excellent « Exceeder » de Mason, « Night Falls » de Booka Shade (tiré du bel album « Movements »), « Domino » de Oxia (un pote de The Hacker, ici plutôt deep et minimal), la nouvelle sensation flamande Shameboy (Luuk Cox de Buscemi + Jimmy Dewit, le ‘Bobby Ewing’ du soundsystem Discobar Galaxy), « Beautiful Day Without You » de Röyksopp (remixé par le talentueux Rex The Dog), Ellen Allien & Apparat, Coldcut feat. Roots Manuva,… Comme d’hab’, il y en a donc pour tous les goûts. Plus besoin d’acheter les maxis des tubes techno actuels : ils sont tous là, à raison de deux/trois compiles « Switch » par an. Un maître achat pour qui aime danser et s’improviser pousse-disques.

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