New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Breton

Breton et tellement anglais !

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Nonobstant un patronyme pas vraiment ‘sexy’, Breton est à la pointe de la ‘hype’ depuis quelques mois. Et ce n’est pas une formation bretonne, comme on aurait pu l’imaginer, mais bien anglaise. Il n’est donc guère surprenant de voir la Rotonde pleine comme œuf, pour ce concert. Après avoir gravé 3Eps passés plus ou moins inaperçus, le combo a publié « Other People’s Problems », il y a quelques semaines. Un opus paru sur l’excellente maison Fat Cat et bien reçu par la critique.

Le groupe monte sur l’estrade vers 20h30, le chanteur/guitariste Roman Rappak, en tête. Il semble éméché et a ramené une bière et sa bouteille de Jameson. Tellement rock n’ roll ! Il est flanqué de quatre comparses, respectivement préposés à la batterie, la basse, les claviers et autres obscurs engins de programmations. Derrière le quintet, soucieux d’être de son temps, un écran reçoit les projections des belles vidéos du groupe. Faut dire que Breton est le groupe multimédia par excellence ! A l’origine, il considérait sa musique comme un support destiné à sonoriser leurs films réalisés dans leur squat londonien (NDR : on se doute cependant que l’aventure musicale est devenue rapidement prépondérante…) Le son est puissant. Le groupe est solide et bien en place. Il aligne les titres issus de son elpee. Il nous livre une sorte de version dansante de la rage adolescente manifestée par Wu Lyf : toutes guitares et basses dehors ! Et ce sont les sonorités électro subtilement tribales qui allègent l’expression sonore. Les titres sont accrocheurs (« Pacemaker », « Electrician », « The Commission », « Edward the Confessor »), à défaut d’une présence scénique remarquable des musicos. Le groupe communique très peu avec son public, mais quand il le fait, c’est dans un français sans accent.

Malheureusement, au bout de 35 minutes, donc après avoir épuisé son court répertoire, le gang insulaire laisse maladroitement tomber son public, juste après un bref rappel. Bref si le set était efficace, on ne peut pas dire qu’il deviendra inoubliable. Le groupe a certainement beaucoup de talent et marche peut-être sur les traces des fantasques  Foals. D’autres sales gosses… Seul l’avenir nous le dira…

(Organisation Botanique)

 

Florence & The Machine

Une 'Machine' de guerre gothique et flamboyante

Écrit par

On l'attendait au tournant, la Florence. Après le hype énorme suscité par son dernier opus et le succès évident de sa tournée (le concert de l'AB sold-out en quelques minutes et des tickets qui s'échangent à plus de 150 EUR sur ebay), nombreux étaient ceux qui se réjouissaient déjà de pouvoir descendre en flamme la nouvelle ‘diva’. Et bien non, qu'on aime ou pas sa musique, il faut reconnaître que Florence assure un max sur les planches…

 
 

On remarque tout d'abord le décor de la scène, 'dark' à souhait: des tentures noires, des représentations de vitraux d'église, des musiciens habillés... en noir! On sent que la grand-messe va commencer. Assurant le supporting act, Spector n’est pas parvenu à nous séduire en dispensant une powerpop simpliste inspirée par les Buzzcocks. Par contre, lorsque Florence Welch pénètre sur la scène, vêtue d'une large cape de jais, le vacarme est assourdissant et on mesure immédiatement l'étendue du succès de ce groupe.

 
 

En grande prêtresse, Florence entame alors le concert par les très majestueux "Only For A Night" et "What The Water Gave Me". Elle est assez grave et statique mais à la fin du second morceau, elle commence faire virevolter sa pèlerine et on se rend compte qu'elle en a ‘sous la pédale’. Impression qui se confirme plus tard quand "Cosmic Love" explose à la lumière des stroboscopes ou lorsque Florence tombe la cape pour courir sur la scène comme une possédée pendant "Between Two Lungs". Après le très mystique "Shake It Out" et avant d'entamer "Dogdays", elle se souvient de la première fois qu'elle s’est produite à l'AB, en première partie de MGMT. La formation avait dû dormir dans la voiture sur le parking. Et de remercier le public de lui permettre, cette fois-ci, de passer la nuit dans un hôtel! Au cours de "Dogdays", elle réussit avec une aisance déconcertante à accumuler une longue pression avant de faire exploser tout le public sur place comme des dingues, montrant une maîtrise étonnante de la dynamique d'un spectacle. Regardez ce moment étonnant en vidéo ici 

 
 

Un moment pour souffler ensuite lors de belles versions acoustiques de "Heartlines", "Leave My Body" et "Lover To Lover", où on apprécie l'incroyable versatilité de la voix de cette chanteuse hors pair. Ensuite, le set repart plein pot grâce à "You've Got the Love" et surtout "Rabbit Heart (Raise It Up)", qui exhale un parfum de Björk. Sur ce dernier morceau, Florence demande aux garçons qui sont accompagnés de leur girlfriend de la hisser sur leurs épaules. Et on voit alors plusieurs dizaines de filles émerger de la foule comme des fleurs qui éclosent : funny! Florence + The Machine clôture enfin sa prestation par "Spectrum", titre au  cours duquel transparaissent les influences gospel de cette ancienne choriste d'église.

 
 

Lors du rappel, le band va nous réserver deux morceaux totalement hypnotiques, "Never Let Me Go" et "No Light, No Light", deux perles tirées de "Ceremonials". Le ‘cérémonial’, justement, se clôture sur les arpèges jouées en douceur à la harpe par Tom Monger. Et n'oublions pas de présenter les autres –excellents– musiciens, Robert Ackroyd à la guitare, Christopher Lloyd Hayden à la batterie et Isabella Summers aux claviers. Regardez ici la vidéo de "No Light, No Light".

 
 

Au moment d’établir le bilan, il faut admettre que tous les ingrédients d'un grand spectacle étaient réunis ce soir: une musique captivante, un son et des lumières parfaits, et surtout une artiste exceptionnelle, habitée, d'une sensibilité à fleur de peau, capable de tenir toute une salle ‘dans la paume de sa main’ pendant tout un concert. Enfin, l'alternance entre les morceaux plus gospel, plus sombres du dernier album et les titres plus pop-rock de "Lungs" a contribué à rendre l’ensemble parfaitement équilibré.

 
 

Florence sur scène: une 'Machine' de guerre gothique et flamboyante!

 
 

Setlist

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Only If For A Night
What the Water Gave Me
Cosmic Love
Between Two Lungs
Shake It Out
Dog Days Are Over
Heartlines
Leave My Body
Lover To Lover
You've Got the Love
Rabbit Heart (Raise It Up)
Spectrum

 
 

Rappel:

 
 
 

Never Let Me Go
No Light, No Light

 

The Subs

T.G.I.F.

Écrit par

Pour célébrer en beauté le premier anniversaire de leur tournée, en support à leur second LP « Decontrol », The Subs organisaient ce vendredi 30 mars la soirée ‘Bitculture’, une grande messe électro au cours de laquelle ils ont convié quelque uns de leurs potes, Arnaud Rebotini et les Liégeois de Partyharders en tête. De quoi fêter le début des vacances de Pâques en faisant le plein de BPM sous le toit de l'AB.

Un an après avoir entamé leur tournée au Het Depot et à l'Ancienne Belgique, The Subs, qui avait exécuté un passage remarqué au festival Rock Werchter l'été dernier, reviennent sous le toit de la salle bruxelloise. Cette fois, ils ont mis le paquet en rapportant dans leurs bagages quelques invités, dans le cadre de leur grande soirée ‘Bitculture’. Au programme : Villa, TAI, Mixhell, Arnaud Rebotini, Partyharders et une courte présentation de Hammerang, le nouveau projet de Papillon, moitié de The Subs, accompagné de deux membres de Drums Are For Parade. Mais la fête a démarré bien trop tôt pour un vendredi soir. Ainsi, les Gantois de Villa donnaient le départ des festivités dès 19h. Autant dire à l'aube...

Votre serviteur n'a donc débarqué que sur les coups de 22h, à la fin de la prestation d'Arnaud Rebotini, tête pensante de Blackstrobe qui avait assuré un excellent set lors des Transardentes en janvier dernier.

Pour lui succéder sur les planches, le DJ allemand TAI dont on n’attendait pas grand chose après l'écoute de son EP « Beat Down », mais qui a pourtant offert un des meilleurs moments de la soirée. Un set d'1h30 qui a bien secoué les énervés des premiers rangs, crowd surfing à la clé. Aux côtés du DJ, un étrange personnage masqué, chargé de chauffer le public qui l'était déjà, à blanc.

Pas la foule des grands soirs à l'AB mais The Subs débarquent vers 23h30 devant un parterre surexcité. Le trio balance un set d'une heure tout en énergie, accentuant l'état d'ébriété de l'assistance. Les tubes de la formation s'enchaînent à une vitesse affolante. Pas le temps de se remettre du tapage des basses de « Kiss My Trance », « Papillon », « My Punk » ou « Don't Stop », que les trois peinturlurés les acoquinent aux versions retravaillées de l'énorme « Music Is The New Religion », du putassier (mais tellement bon) « The Pope Of Dope », le sautillant « Mitsubitchi » ou pour clôturer leur parcours, du manifestement très attendu « The Face Of The Planet ». Emballé et pesé en une heure chrono, The Subs ont été à la hauteur de leur réputation, avec un Papillon survitaminé, s'offrant une traversée, à pied, au-dessus du public. Tranquille.

00h30, l'heure pour les amis de fumer leur clope tant attendue. Mais mauvaise surprise pour les amateurs de saveurs goudronnées, blondes, légères, mentholées ou provencales: toute sortie est définitive. Un dispositif inédit à l'AB, d'autant plus chiant que la soirée se poursuit jusque 3h du mat'. Un stimulant pour consommer plus de boissons ? Mauvais point pour l'AB. Mais les principaux concernés sont des petits malins. Les nettoyeurs de la salle auront, en outre, certainement amassé quelques bacs de mégots à la fin de leur shift, le lendemain.

Après quelques minutes d'attente, Mixhell prend place sur scène. Igor Cavalera, ex Sepultura, et sa femme Laima Leiton, s'amusent entre leur table de mixage et leur batterie, mixant, parfois un peu chaotiquement, digital et analogique. Alternant l'un l'autre entre les manettes et les grosses caisses, le duo fait rapidement tomber la pression, incitant une bonne partie du public, fumeurs en tête of course, à quitter les murs de la salle. Les autres, votre serviteur y compris, finiront au bar et trop bourrés pour se souvenir entièrement du DJ set des Partyharders.

Un mal pour un bien qui met fin à la soirée, dont le rideau n’est tombé à peine que vers 3h. Si l'on fait fi des dispositions de l'organisation en ce qui concerne les sorties pendant la soirée, et la prestation en demi-teinte de Mixhell, le ‘Bitculture’ administré par The Subs est une jolie réussite. Peut-être même sera-t-on de la partie pour une hypothétique seconde édition... A condition d'oublier le mal de crâne du lendemain.

(Organisation : AB)

Rover

Plus que prometteur!

Pias organisait un showcase privé de Rover à l'Archiduc afin de permettre aux médias de découvrir un artiste en pleine ascension. Et on n'a pas été déçu.

Jouant seul de sa Rickenbacker branchée sur un ampli Fender, ce Français expat' répondant au nom de Timothée Régnier, a littéralement enchanté son auditoire. Tout d'abord, il y a son look unique. Un visage de gros bébé joufflu un peu espiègle, des cheveux en bataille et un gabarit taillé dans une armoire à glace. Mais c'est surtout sa voix qui étonne. Aussi à l'aise dans les graves que dans les aigus, son timbre évoque tout à tour Bowie, Elbow ou Muse ; mais révèle d'emblée une très forte personnalité artistique. La musique est le fruit d’un mélange torturé et hypnotique entre folk et rock, plongé au cœur d’une ambiance mélancolique un peu sombre.

Après un court set à la guitare, Rover a accepté de prolonger le plaisir et a rejoint le piano pour interpréter une magnifique version de "Silver". N'hésitez pas à découvrir cet artiste qui devrait logiquement devenir très important dans un futur proche... A voir absolument le 18 mai aux Nuits Botanique !

Organisation PiaS

 

Shearwater

Une bonne dose d’électricité en plus…

Écrit par

Du line up initial, il ne demeure plus chez Shearwater, que le seul Jonathan Meiburg. Pour rappel, la formation avait été fondée en 2001, par Jonathan et Will Sheff, alors tous deux encore impliqués chez Okkervil River. Pour être plus clair, Shearwater est devenu le projet de Meiburg, et Okkervil River, celui de Will. Ce n’est pas la première fois que Shearwater se produit à Bruxelles. En ce jeudi 28 avril c’est le Botanique qui l’accueille. Et la Rotonde est pleine comme un œuf pour assister au concert de ce combo texan venu présenter son huitième album, « Animal Joy ».

Il est 21h lorsque Jonathan Meiburg monte sur l’estrade flanqué de son backing group. De nouveaux musiciens, mais qui vont démontrer, tout au long du set, une solide expérience scénique. Le concert s’ouvre par les excellents « The Snow Leopard » et « Animal Life ». La voix de Jonathan Meiburg est sublime, fascinante ; et l’auditoire est littéralement sous son charme. Sculptées dans la pop, ses compos sont empreintes de lyrisme et chargées d’intensité émotionnelle. Meiburg peut, en outre, s’appuyer sur des musicos particulièrement talentueux. Même lorsque le band propose des versions très électrifiées de plages issues du dernier opus. Et franchement, ces adaptations sont très réussies. Et libèrent une puissance surprenante. Bien plus impressionnante que lors de ses dernières prestations accordées dans la capitale. Shearwater ne va évidemment pas négliger ses classiques, dont une interprétation magistrale de « Rooks ». Un superbe concert !

(Organisation Botanique)

 

The Jezabels

The Jezabels: la surprise est belle!

Pâques est proche: les grandes ministres du culte débarquent ! Précédant de peu Florence + The Machine, qui s’y produira ce samedi, The Jezabels ont enflammé l'Ancienne Belgique. Et la voix puissante et divine de leur prêtresse, Hayley Mary, n’y est pas pour rien. Issu d'Australie (Sydney), ce quatuor est injustement méconnu dans nos contrées. Il pratique pourtant un pop/rock mélodique à tendance symphonique de toute bonne facture, évoquant tout à tour Coldplay, Florence + The Machine (évidemment !), The Killers et Arcade Fire.

Sur scène, la présence scénique de Hayley Mary est impressionnante. Physiquement, elle me fait un peu penser à Sharleen Spiteri (Texas) ; et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle ‘dégage’! Outre Hayley, The Jezabels implique la belle Heather Shannon au piano et aux claviers, Nik Kaloper à la batterie et Samuel Lockwood à la guitare. Dans l'ensemble, leur prestation est sans faille. Le son, parfait, laisse une large place à la sublime voix de Hayley, qui se révèle aussi à l'aise dans les ambiances intimistes que lors des envolées épiques incantatoires.

La grande majorité de la setlist est puisée au sein de leur premier opus: "Prisoner", paru en octobre dernier. Des compos comme "Endless Summer", le premier single, "A Little Piece", "City Girl" et surtout "Try Colours" sont très bien accueillies par le public ; mais ce sont deux plus anciens titres: "Easy To Love" et "Hurt" qui déclenchent le plus de réactions. Le groupe clôture son set par "Hurt Me", une chanson balisée par les superbes accords des ivoires qui se déroulent jusqu'au final hypnotique.

En rappel, Hayley nous confie que ce concert est le dernier de leur tournée européenne, une bonne raison de tout donner au cours des deux derniers morceaux ; et en particulier lors du très doux "She's So Hard", et enfin, le jouissif "Dark Storm", que vous pouvez découvrir en vidéo ici .

La prestation divine du combo augure peut-être la plus belle surprise musicale venue d'Australie, depuis bien longtemps!

(Organisation AB)

Connan Mockasin

Avec Mockasin, on n’a plus les pieds sur terre…

Écrit par

Publié en 2011, le premier album de Connan Mockasin, « Forever dolphin love », avait littéralement défrayé la chronique. Flanqué de son band, il se produisait ce lundi 26 mars à l’Orangerie du Botanique. Et il reviendra, mais cette fois au Cirque Royal, ce 19 mai, dans le cadre des Nuits Botanique, en compagnie de Charlotte Gainsbourg. Pour accueillir le Néo-Zélandais et sa troupe, la salle est bourrée comme un œuf. Quand on pense qu’au départ, le concert devait se dérouler à la Rotonde ; preuve que cet artiste est en passe devenir une ‘star’ incontournable. Pas de supporting act. Le set démarre à 20h30…

Lorsque le team monte sur les planches, leur accoutrement a de quoi faire sourire. Le drummer, situé à gauche du podium, porte une perruque. Il ressemble à Ringo Starr, mais en moins primaire. Le bassiste est plutôt bel homme. Baraqué, revêtu d’une chemise de soie aux motifs indiens, il est élégamment coiffé d’un turban comme les Maures, dans la série de longs métrages, « Angélique ». Chevelure traitée par un brushing comme à la belle époque des 70’s, le claviériste (parfois second gratteur) a enfilé un pantalon aux motifs psychédéliques et une chasuble de couleur bleue. Pas n’importe qui, puisqu’il s’agit de Sam Eastgate, le leader de Late of The Pier. On ne décernera cependant pas le prix d’élégance au percussionniste. Faut dire qu’il a enfilé une robe rose fendue, partiellement recouverte d’un mini-peignoir de couleur jais, parsemé de paillettes scintillantes. Il a bien des chaussettes de sport rayées, mais ses jambes sont particulièrement velues. La classe ! Heureusement, il restera planqué derrière un pupitre, à droite de l’estrade, pratiquement toute la soirée. Il s’est cependant remonté les cheveux en chignon, qu’il dénouera après deux ou trois morceaux. Connan a un look bien plus soigné. Sa petite moustache lui confère un petit air latino. Il est coiffé d’un superbe chapeau, mais surtout est vêtu d’une chemise abricot dont le col est fermé par un nœud papillon de même teinte.

Dès le début du set, on est plongé dans un univers atmosphérique, presque shoegaze. Subtile et douce, la voix de Connan épouse parfaitement la mélodie sinusoïdale. Sa guitare libère des sonorités éthérées, qui me rappellent quelque part celles dispensées par Garce, lorsqu’il sévissait chez Sad Lovers & Giants. Et Sam vient enrichir cet univers semi-psychédélique, en se concentrant alors sur ses cordes. Puis, après une intro a cappella, caractérisée par la conjugaison de leurs voix angéliques, les musicos attaquent le superbe « Faking jazz together ». A cet instant, on n’a déjà plus les pieds sur terre. Passé un bref instrumental, « Egor Hosford », donne un premier coup d’accélérateur. Empruntant un tempo tribal, il s’achève même sur un mode déstructuré. « Uniform in uniforms » nous propulse à nouveau dans la stratosphère. Mais à partir de cet instant, on ne sait plus trop bien quand commence ou s’achèvent les morceaux. Il y a bien une nouvelle chanson (« I wanna roll with you »), imprimée sur un mid tempo, soulignée de chœurs falsetto, et abordée dans l’esprit de Prince, puis une autre épique, emphatique que n’aurait pas renié Mercy Rev, des breaks inattendus, interrompus de conversations entre Connan et le public, ponctuées d’éclats de rires, des relances fulgurantes, un accès de clavier cathédralesque, un drumming convulsif, presque floydien, et en final une immersion dans l’univers aquatique de « Forever Dolphin love », le titre éponyme de l’opus, dont l’apothéose en crescendo, même au niveau des vocaux, est aussi frénétique que superbe…

Après cinq bonnes minutes d’attente et d’applaudissements, le groupe revient sur les planches. Connan Mockasin les rejoint un peu plus tard. Il porte une perruque blonde, a remis son chapeau, porte des lunettes fumées, et a enfilé un gant. Michael Jackson est de retour ! Il se lance alors dans un pastiche de feu le King de la Pop en interprétant son « Remember the time », tout en réussissant quelques pas de danse caractéristiques. Hilarant ! Lors du titre ultime, « Lizard », un morceau qui devrait figurer sur leur projet commun, Soft Hair, Connan et Sam, se mettent à déclamer et même à rapper, avant de descendre dans la fosse pour entamer une sarabande, en compagnie du public, ravi de défiler comme lors d’un concours de mode. Puis les deux compères remontent sur l’estrade, aidée par leur roadie, dans un climat de bonne humeur communicative. Le quintet prend alors congé de l’auditoire, le sourire jusqu’aux oreilles, et nous aussi…

(Voir aussi notre section photos)

Organisation Botanique

Amadou & Mariam

Amadou et Mariam raniment La Défense

Écrit par

Le groupe malien Amadou et Mariam présentait son dernier album « Folila » lors d’un concert, accordé ce 20 mars, dans le cadre du Festival Chorus, dans les Hauts-de-Seine. Sous le chapiteau Magic Mirror, le duo est parvenu à réchauffer le public, au beau milieu du quartier d’affaires de La Défense, à cette heure, désert et austère.

Prendre son temps semble sacré pour les Maliens, à Bamako comme à Paris. Il faut patienter jusqu’à 22 heures environ pour apercevoir les silhouettes d’Amadou puis celle de Mariam, guidée par un confrère, s’avancer tranquillement vers la scène. Le duo perce l’obscurité de la salle. Il n’a rien perdu de son goût pour le doré, des lunettes aux bijoux en passant par l’habituelle guitare électrique d’Amadou. Vêtus d’un traditionnel bazin bordeaux, les chanteurs prennent place sous un Magic Mirror déjà chauffé au son reggae de Clinton Fearon ainsi qu’aux résonances planantes du balafon et du vibraphone de Lansiné Kouyaté et David Neerman. Deux choristes et danseuses accompagnent Amadou et Mariam.

Le duo entame le concert par « Mogo » tiré de leur nouvel album « Folila » qui sort le 2 avril prochain. Un morceau qui permet au public de retrouver le groupe dont le dernier opus, le  protéiforme « Welcome to Mali », date de 2008. L’attente en valait la peine, les choristes nous assurent que ‘Tout le Mali est là’.

Viennent « Magosa », qui emplit nos oreilles de la douce mélodie de la langue bambara. Puis « Batoma ». Cette chanson nous parle d’une personne désinvolte qui se fiche de tout, même quand la collectivité chante, danse, tchatche et bouge, comme nous en ce moment!

Mariam met un point d’honneur à garder la température de la salle élevée en ponctuant sa chanson de ‘yepa’ et de ‘chaud’, appelant le public à frapper des mains. De son côté, Amadou, le sourire imperturbable, demande si l’on est ‘prêt à sauter’. Les spectateurs s’exécutent avec plaisir.

De « Dobe Mangan » à « Wari », qu’Amadou nous traduit du bambara par ‘argent’, l’enchaînement des morceaux est régulièrement et naturellement entrecoupé de dialogues entre Amadou et Mariam et quelques personnes du public qui les interpellent dans leur idiome. Des échanges verbaux souvent rapides, parfois plus longs. Nous tentons de comprendre le sujet. Nous nous contenterons de deviner le contenu positif à entendre Mariam répéter ‘Ini tché’, soit merci dans sa langue.

Retour dans l’exaltation sur « Africa mon Afrique » nouveau titre au texte engagé qui inscrit le duo malien dans la tradition des chanteurs clamant un changement politique pour le continent africain. Amadou et Mariam y prônent le ‘multipartisme, la transparence et les élections libres’ ou encore ‘la démocratie et le changement’.

On se surprend à espérer voir surgir Bertrand Cantat des coulisses, qui est en featuring sur quatre morceaux de « Folila », mais en vain.

« Masiteladi » » et « Wily Kataso »  maintiennent un public attaché et remuant qui se sépare  petit à petit de quelques prudents qui ne veulent pas rater le dernier métro.

« Dogon » nous entraîne un peu plus haut, dans les terres ancestrales du Mali, un pays qu’Amadou nous encourage vivement à venir découvrir.

Le duo va puiser toute l’énergie du public en balançant tour à tour « La réalité », tiré de l’album « Dimanche à Bamako » (2004) qui nous rappelle l’Amadou et Mariam d’antan, celui de Manu Chao, des sonorités légères et frétillantes ; puis « C’est pas facile pour les aigles » et « Beaux dimanches », le tout, avant de se retirer de scène.

Et de laisser le public encore plus sur sa fin. Grondement de pieds.

Amadou et Mariam reviennent pour entonner « Chérie » et « Sebeke ». Les danseuses sont survoltées et s’accaparent le devant du podium en rivalisant de mouvements frénétiques et imposants alors que le public s’imagine sur un autre continent.

Il est bien plus de minuit et personne n’est sûr de pouvoir rentrer chez soi. Finalement pas certain de le vouloir non plus.

 

We Have Band

Harder, Better, Faster, Stronger

Écrit par

We Have Band revient, plus motivé que jamais. Venu défendre les couleurs de « Ternion », son nouvel et second LP, le trio originaire de Londres a investi le plancher de la Rotonde du Botanique pour un show tout en crescendo. Entre leur première apparition en Belgique sur cette même scène en 2009 et celle de ce 20 mars 2012, un monde de différence. Darren, Dede et Thomas ont offert une prestation quasi sans faille à un public shooté au Redbull.

En septembre 2009, We Have Band défendaient « WHB », un premier disque electro-pop fort sympathique devant une Rotonde qui se secouait timidement. Près de trois ans plus tard, le trio réinvestit la petite salle du Botanique devant un parterre bondé. Sur les planches, dès 21h, Darren Bancroft, Dede Wegg-Prosser et son mari Thomas Wegg-Prosser démarrent leur set par deux morceaux extraits de « Ternion », publié en janvier dernier. Ces nouvelles compos de la formation prennent une direction clairement new-wave. Le travail d’écriture semble plus engagé que sur « WHB », disque duquel ils extrairont ensuite « WHB » et « Love, What You Doing ? ».

Face au public, une formation transcendée par les acclamations continues du public. Dede, en tête, est une pile sur pattes. Elle exhibe fièrement sa dégaine eighties et chauffe le public sans faux-semblants. Le trio déploie un set maitrisé et donne, graduellement, tout ce qu’il a dans le ventre. En milieu de parcours, Darren se lance dans « Honeytrap ». Retravaillée sous une version électrisante, elle met le feu aux poudres. Dede reprend la main lors d’un « You Came Out » dont les ‘scream and shout’ répétés inlassablement en guise de refrain sont littéralement exécutés par un public de plus en plus déchaîné. Les trois Londoniens, certainement transcendés par l’énergie du public, font ensuite un sans-faute dont les points forts seront « Visionary », « Divisive », « Where Are Your People ? » et « Watertight ».

En guise de rappel, We Have Band propose un titre que les musicos disent ne jamais jouer en live. « What’s Mine, What’s Yours », emmené par la voix de Darren, est un pur moment d’extase pendant lequel même les plus turbulents de l’assistance retiennent leur souffle. « Oh ! » signale la reprise des festivités. Après avoir regagné les coulisses, les trois insulaires, qui n’ont pas manqué de marquer leur enthousiasme face à un public aussi chaud, sont contraints de rebrousser chemin vers les planches une troisième et dernière fois, devant la ténacité des hurlements de la foule. Pas de « Hear It in the Cans » au programme, mais WHB assène le coup de grâce en dispensant leur classique « Time After time » qui fait bondir presque tous les fans placés dans la petite fosse de la Rotonde.

Sur scène Le We Have Band cru 2012 a définitivement plus de saveur que trois ans auparavant. Et face à un accueil pareil, nul ne doute qu’on les reverra très bientôt par ici !

(Organisation : Botanique) 

Timber Timbre

Comme une lettre à la Poste…

Écrit par

Taylor Kirk, alias Timber Timbre, était de retour au Botanique de Bruxelles, pour une nouvelle prestation en solitaire. Tout au long de ses deux premiers opus, le Canadien (NDR : il est né à Brooklin, une commune de la ville de Whitby, dans l’Ontario) était parvenu à démontrer son talent de songwriter. Cependant, lors de ses dernières visites dans la capitale, Timber Timbre a soufflé le chaud et le froid. A cause de sets sans doute psychédéliques, mais surtout trop expérimentaux.  Néanmoins, le public ne semble pas lui en porter grief, puisque ce soir, la Rotonde est pleine à craquer.

C’est donc dans un cadre minimaliste que le Canadien se produit aujourd’hui : il est seul et ne s’accompagne que d’une gratte et d’une grosse caisse. Le climat est ténébreux et le public concentré. Tailor Kirk a clairement gagné en charisme et confiance. L’ombre d’un Léonard Cohen plane dans la salle. Quoiqu’énigmatique, son blues-rock est efficace. Il passe comme une lettre à la Poste… Quelques notes de guitare tout en nuances suffisent pour subjuguer l’assemblée. Voire pour la bouleverser. Sa voix fait monter la tension tandis que la grosse caisse claire accentue les crescendos. La petite salle de la Rotonde est vraiment parfaite pour accueillir ce type de concert. Au cours de sa prestation qui va durer une bonne heure et demie Timber Timbre va interpréter ses meilleures chansons, et notamment « Under Your Spell », « Demon Host » ou encore « I Get low ». L’auditoire va même avoir droit à un nouveau morceau « Coming to Paris to Kill You », qui augure un futur et excellent nouvel elpee, ainsi qu’une reprise de Screamin’ Jay Hawkins, « I Put a Spell on You ».

Face à un public, certes conquis d’avance, Kirk Taylor a de nouveau démontré qu’il était un remarquable compositeur, mais également un excellent interprète en ne se servant pourtant que du minimum syndical… Chapeau bas !

(Organisation Botanique)

 

 

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