Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

logo_musiczine

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

dimmu_borgir_013_14
Johnny Marr
Concerts

Johnny Marr

Johnny Marr, les Smiths, Morrissey, la nostalgie et l’émotion…

Écrit par

Johnny Marr, né John Martin Maher en 1963 à Manchester, est un musicien anglais surtout connu comme le guitariste et compositeur du groupe The Smiths dans les eighties, formant un duo emblématique avec le chanteur Morrissey. Son style de guitare innovant a influencé de nombreux musiciens britanniques. Après la séparation des Smiths, en 1987, Marr a milité au sein de plusieurs formations (The The, le duo Electronic avec Bernard Summer de New Order, The Healers, Modest Mouse, The Cribs) et collaboré avec de nombreux artistes. Il a également mené une carrière solo, gravant plusieurs elpees dont « The Messenger » (2013), « Playland » (2014), « Call the Comet » (2018) et le double album « Fever Dreams Pts 1-4 » (2022). Marr a aussi publié une autobiographie, « Set the boy free » (NDR : que votre serviteur avait lue très attentivement, à l’époque), et a participé à de nombreux projets musicaux, confirmant son statut de figure majeure de la pop et du rock britannique. Car finalement, Johnny Marr, auteur/compositeur/interprète, c’est aussi près de 40 ans de carrière post-Smiths.

Il se produisait ce mardi 21 octobre à l’Aéronef de Lille. Le public est nombreux, bien que la salle n’affiche pas complet. D’ailleurs, l’étage est ouvert, signe d’un bel engouement. Et c’est The Clockworks qui assure le supporting act.

Vu la densité de la circulation, pour arriver à bon port, lorsqu’on débarque dans la salle, la moitié du set est déjà assuré. Mais le peu auquel nous avons pu assister est convaincant. The Clockworks est un quatuor signé, depuis peu, par le légendaire Alan McGee. Originaire de Galway, en Irlande, mais désormais établi à Londres, le groupe vient de publier son premier long playing, « Exit Strategy », enregistré à Abbey Road et produit par l’ex-Suede Bernard Butler.

Sur les planches, chargé d’intensité, leur expression sonore tient parfaitement la route. Les guitares crépitent, la section rythmique percute, les backing vocaux soutiennent parfaitement la voix du lead singer, James McGregor, et le son est parfait. Les quatre jeunes musiciens illustrent une nouvelle fois l’incroyable vitalité de la scène post-punk britannique et irlandaise en particulier. A ne pas manquer lorsqu’ils se produiront pour un concert d'au moins une heure (photos Ludovic Vandenweghe ici et page ‘Artistes’ ). 

Setlist : Endgame, Enough Is Never Enough, Mayday Mayday, Best Days, Blood on the Mind, The Future Is Not What It Was, Lost in the Moment

Cool, veste en jeans sur le paletot, Johnny Marr grimpe sur le podium accompagné de ses fidèles musiciens : Jack Mitchell à la batterie, James Doviak à la seconde guitare, aux synthés et aux backing vocaux ainsi qu’Iwan Gronow à la basse

Dès les premiers morceaux, Marr montre son assurance scénique. Le quatuor fonctionne à merveille : la basse et la batterie forment une base rythmique solide, tandis que James Doviak, excellent second sixcordiste, apporte une complémentarité précieuse, doublant parfois aux claviers et assurant les chœurs. Sa voix se distingue particulièrement dans les aigus, mais elle peine un peu dans les graves.

La setlist, variée, alterne entre compositions solo de Marr et reprises des Smiths (six en tout), qui électrisent littéralement le public à chaque fois. Le spectre de Morrissey plane sur ces morceaux, et la nostalgie s’installe lors de titres comme « This Charming Man », « Big mouth strikes again », « Panic », dont l’auditoire reprend en chœur le fameux slogan ‘Hang The DJ’ ou « How soon is now », au cours duquel le vibrato si caractéristique est très susceptible de vous flanquer des frissons partout ; et même « Please, Please, Please Let Me Get What I Want », réarrangé en acoustique, pour un moment intime et touchant.

Parmi les titres solo, « Generate! Generate ! » ouvre le bal, suivi de « Armatopia » où un petit souci de guitare est vite réglé par un roadie, et « New Town Velocity » aux sonorités cristallines. « Spirit Power and Soul » apporte une touche électro, avec le batteur aux boîtes à rythmes, tandis que « Hi Hello » rappelle les Smiths par ses arpèges complexes et ses inflexions vocales, mais Johnny n’a ni le timbre, ni l’amplitude de Morrissey.

A mi-parcours, Johnny remercie les spectateurs qui se sont déplacés pour assister au concert, ce soir, mais pas les autres ; ce qui déclenche l’hilarité dans l’auditoire.

Meilleure compo personnelle, « Walk Into the Sea » se distingue par son atmosphère ténébreuse et ses vocaux incantatoires, flirtant avec la prog, tandis que « Getting Away With It » (reprise d’Electronic) transforme la salle en ‘Manchester Disco’ sous la boule à facettes. Enfin sur l’entraînant « Easy money », Johnny reprend le refrain à la guitare.

En rappel, Marr et son groupe reprennent « The Passenger » d’Iggy Pop, déjà adapté lors d’un événement BBC Radio 2 et repris aux côtés de Tim Booth de James lors de leur tournée nord-américaine, puis « Ophelia », dont la partie de guitare funky participe au groove contagieux.

Le concert s’achève sur « There Is a Light That Never Goes Out », hymne incontournable des Smiths, repris en chœur par le public. Johnny, ému, s’incline devant la foule, et se laisse submerger par l’ovation finale, visiblement ému par l’accueil chaleureux.

Si Johnny Marr a démontré une fois de plus son talent, sa précision et son efficacité, sans jamais tomber dans la démonstration technique, ce showman à l’attitude cool parvient à bonifier son propre répertoire, parfois constitué de titres sans grand relief, mais surtout à rendre chaque reprise des Smiths vibrante de nostalgie et d’émotion. C’est surtout pour ça que la majorité du public s’était déplacé nombreux, ce soir.

(Photos Ludovic Vandenweghe ici)

Setlist

Generate! Generate !, Panic (The Smiths song), Armatopia, New Town Velocity, Spirit Power and Soul, It's Time, Hi Hello, This Charming Man (The Smiths song), Somewhere, Please, Please, Please Let Me Get What I Want (The Smiths song), Spin, Walk Into the Sea, Bigmouth Strikes Again (The Smiths song), Easy Money How Soon Is Now? (The Smiths song), Getting Away With It (Electronic song)

Rappel

The Passenger (Iggy Pop cover), Ophelia, There Is a Light That Never Goes Out (The Smiths song)

(Organisation : Aéronef, Lille)

 

Sari Schorr

Ferveur et virtuosité : Sari Schorr enflamme le Zik-Zak de son blues incandescent…

Écrit par

Avant de s’élancer sur les planches européennes pour une tournée automnale reliant la Suède à la Roumanie, la New-Yorkaise Sari Schorr s’est arrêtée au Zik-Zak d’Ittre pour une date unique en Belgique. Soutenue par sa formation, la chanteuse – reconnue parmi les voix majeures du blues-rock contemporain – va électriser l’auditoire par une présence volcanique et une tessiture impressionnante, forgée auprès de figures telles que Popa Chubby ou Joe Louis Walker. Sur le podium, l’alchimie musicale qui l’unit à son guitariste Ash Wilson promet une soirée sans première partie, où la setlist s’annonce mémorable et la fosse, comblée. Après avoir gravé « Joyful Sky » en compagnie de Robin Trower – un elpee couronné par le Billboard Blues –, Sari Schorr dévoilera en exclusivité plusieurs titres inédits issus d’un disque à venir, offrant ainsi à la foule du Zik-Zak un moment rare, sous le signe de l’authenticité et de la passion.

La formation se réunit sans cérémonie avant le premier titre : d’un geste rapide, chacun prend place, ouvrant la voie à Sari Schorr. La batterie de Phil Wilson fusionne à la basse de Chris Cliff, grondant sous les doigts des musiciens, tandis que la Les Paul d’Ash Wilson vibre, surgissant des terres désolées, juste avant l’arrivée de Sari sur les planches. Arborant un large sourire communicatif, elle salue et applaudit la foule du Zik-Zak, manifestant une sincérité rare dans l’univers musical. Le concert s’ouvre sur le rock arénacé de « The New Revolution » (extrait du second opus Never Say Never [2018]), dont les sonorités rauques et envoûtantes captivent instantanément l’auditoire. Ce morceau met en lumière la ferveur du Dr Martin Luther King. D’une simplicité désarmante, la chanteuse désigne sa droite, invitant Ash à un solo de guitare fulgurant, particulièrement inspiré.

Le quatuor enchaîne sans transition : une intro à six cordes, stridente et flamboyante, lance « Ain’t Got No Money », extrait du premier elpee A Force of Nature (2016), produit par le génial Mike Vernon (Peter Green’s Fleetwood Mac, John Mayall & The Bluesbreakers, Eric Clapton, Blue Horizon — que de belles références !). L’auditoire embarque aussitôt, emporté par une énergie d’ouragan. Sari possède une voix d’une puissance incroyable : rauque, musclée, à la texture fascinante, évoquant Beth Hart, Janis Joplin ou Tina Turner. Elle assène ses phrases vocales tel un boxeur décochant des uppercuts, puis métamorphose sa voix pour la rendre presque langoureuse. La soirée se poursuit par une reprise puissante de Mott The Hoople, « Ready For Love », première d’une série.

« Freedom » embraie, morceau le plus honky-tonk, aux accents country des années 1940-1950. Sari y aborde la problématique de la violence armée aux États-Unis. La formation repart sur « Oklahoma », un blues pur et dur où Sari et ses musiciens excellent. Les rythmes incisifs, sublimés par des chœurs précis et dynamiques, s’accordent à la voix cristalline de Sari, qui s’harmonise à merveille avec ce blues raffiné. La soirée se prolonge par un enchaînement : « Cat and Mouse », suivi de « Hit the Road Jack », hommage vibrant à Ray Charles. Enfin, la reprise de T-Bone Walker, « Call It Stormy Monday (But Tuesday Is Just As Bad) », conclut ce segment, rappelant l’importance de ce pionnier de la guitare électrique dans le blues.

Bien qu’elle annonce « Highway 69 », les trois musiciens de Sari restent fidèles à la setlist et entament « Have You Ever Loved Somebody ». Sari, amusée par cette petite confusion, plonge dans le blues sensuel du morceau. À la fin, elle interroge la fosse : ‘Quelqu’un veut entendre un morceau intitulé « Highway 69 » ?’ puis plaisante : ‘Je crois que ça arrive bientôt !’ Ce hard rock dépouillé, inspiré par le bitume noir, dévore l’essence avec l’intensité d’une beuverie ; l’espace d’un instant, tout semble parfait.

« Valentina », au rythme entraînant et irrésistible, prolonge la soirée, bercée par le blues du bayou et la technique remarquable d’Ash Wilson à la guitare. Le final s’impose, percutant : la meilleure reprise de Led Zeppelin, « Rock and Roll », le morceau préféré de votre serviteur. La voix de Sari rivalise avec celle de Beth Hart dans cette interprétation. Anecdote : Nicolas Sand, arborant un tee-shirt à l’effigie de « Gallows Pole », lors des balances, avait entendu de la part de Sari : ‘I like Led Zeppelin, my final is Rock And Roll’. Encore une soirée mémorable au Zik-Zak, dont la programmation, toujours plus pointue, ne cesse de surprendre agréablement.

Setlist :

« The New Revolution », « Ain’t Got No Money », « Ready For Love » (Mott The Hoople cover), « Freedom », « Oklahoma », « Cat And Mouse, Hit The Road Jack », «  Call It Stormy Monday But Tuesday Is Just As Bad » (T‐Bone Walker cover), «  Love The One You're With », «  Joyful Sky » (Robin Trower cover), « Highway 69 « , « King of Rock and Roll », « Ordinary Life « , « Damn The Reason », « Black Betty » ([traditional] cover), « Valentina », « Rock and Roll » (Led Zeppelin cover).

(Organisation : Live Nation – Zik-Zak)

 

 

Yungblud

L’idole au sang neuf…

Écrit par

Ce 5 octobre 2024, Forest National accueille Yungblud pour un concert événement à Bruxelles, dans le cadre de sa tournée mondiale baptisée ‘Idols EU Tour’. Le jeune Britannique, figure montante du rock contemporain, vient présenter son cinquième album, « Idols », un double opus dont la première partie est sortie en juin 2025. Accompagné en première partie par Palaye Royale et Weathers, Yungblud promet une soirée explosive à ses fans belges. La salle affiche complet, témoignant de l’engouement autour de l’artiste, reconnu pour son authenticité, son énergie brute et sa capacité à créer un lien unique avec son public. Après avoir déjà enflammé Forest National en 2022 et la Main Stage de Rock Werchter en 2023 et 2025, Yungblud revient avec un show intense, porté par une créativité sans limite et une volonté de repousser les codes du genre. Un rendez-vous immanquable pour tous les amateurs de rock moderne.

A l’entrée, le personnel de la sécurité semble débordé, et invite la foule à transiter à travers des couloirs balisés par des barrières Nadar, de manière quelque peu chaotique. C’est la première fois que votre serviteur assiste à une telle situation.

Le son, à Forest, c’est tout ou rien. Pour les deux premières parties, il sera exécrable, les infrabasses remontant du sol jusqu’aux sièges. Intenable ! Pour Yungblud, il sera, comme par hasard, parfait.

Premier groupe à ouvrir la soirée, Weathers est un quatuor originaire de Los Angeles, récemment invité à rejoindre Yungblud pour sa tournée européenne. La formation se compose du chanteur Cameron Boyer, du guitariste Cameron Olsen, du bassiste Brennen Bates et du batteur Christian Champion. Sa musique se distingue par des hymnes entraînants et rythmés, portés par des paroles introspectives abordant le passage à l’âge adulte et la santé mentale. On retrouve dans leurs influences des groupes comme The Kooks, Green Day ou Blink-182. Sur les planches, les Américains affichent une étonnante assurance, malgré leur relative inexpérience de ce type d’événement. Ils surprennent en reprenant « Famous Last Words » de My Chemical Romance, en adress      ant un clin d’œil à leur inspiration. S’ils n’atteignent pas encore ce niveau, ils s’en sortent néanmoins très bien pour un combo peu habitué à de telles scènes. En fin de concert, pendant « C’est La Vie », ils prennent le pari de faire chanter le public, un risque largement récompensé. Ils présentent de larges extraits de leur troisième album, « Are We Having Fun ? », sorti en 2023. Avec un meilleur son, ce quatuor mérite d’être revu, tant son énergie en ‘live’ est communicative (page Artistes ). 

Setlist : « Happy Pills », « I'm Not Ok », « Lonely Vampire », « Famous Last Words » (My Chemical Romance cover), « Ugly », « Where Do I Sign ? », « All Caps », « C'est La Vie »

Surprise ! On a droit à une deuxième mise en bouche : le trio Palaye Royale. Et il compte bien faire monter l’ambiance d’un cran. Dès le premier morceau, Remington Leith invite la fosse à se baisser puis à bondir ; et elle s’exécute avec enthousiasme. Véritable tornade, le leader de Palaye Royale entraîne le public dans son sillage, soutenu par ses complices qui jouent avec charisme et énergie, distillant des mélodies accrocheuses et incitant la foule à chanter, notamment sur « Mr. Doctor Man ». Le band canado-américain, toujours en tournée, ne connaît pas le repos et adapte chaque soir son set à l’énergie de l’auditoire ; ce qui rend chaque performance unique et vivante. Malgré un son perfectible, l’émotion brute passe sans filtre. Le public, conquis, accueille les Américains comme de véritables têtes d’affiche. Remington, vêtu d’un kilt, escalade la barrière du gradin pour galvaniser la foule, puis descend dans les pogos et s’immerge dans les premiers rangs. La communion est totale : on vit l’instant présent à fond, et ça fait du bien. Après une demi-heure d’énergie pure, Palaye Royale quitte le podium, laissant un auditoire conquis et prêt à accueillir la star de la soirée (page ‘Artistes’ ici

Setlist : « Mister Devil », « Death Or Glory », « No Love In L.A. », « Addicted To the Wicked & Twisted », « Dying In A Hot Tub », « Fucking With My Head », « You'll Be Fine », « Mr. Doctor Man », « For You ».

Les lumières s’éteignent et la foule se déchaîne en hurlant lorsque Yungblud débarque. Pendant que le morceau d’entrée préenregistré, « War Pigs » de Black Sabbath, accompagne l’arrivée des musiciens sur les planches, l’excitation monte. Vêtu de cuir et de lunettes fumées, il ouvre le bal par le titre épique « Hello Heaven, Hello », issu de son dernier elpee « Idols ». Visiblement, les fans vont se régaler ce soir. De la joie aux larmes, la palette des émotions est vaste, mais toujours authentique. Enlevant sa veste, il se verse de l’eau sur la tête et secoue ses cheveux, les projetant en l’air, avant d’asperger la foule. Les fans adorent. Yungblud reste rarement immobile : il s’avance sur les enceintes, se déplace d’un côté à l’autre et multiplie les sauts. Il sait vraiment divertir et captiver son public. Débordant d’adrénaline et d’enthousiasme, il conquiert la salle dès son arrivée. Son nouvel LP confirme et consolide sa réputation d’idole du rock. Mais cela ne change en rien son engagement : il saute et se balance sur scène tel une pile Duracell fraîchement chargée, inépuisable. Le public, debout sur les gradins, depuis le morceau d’ouverture, est en transe. Harrison n’a jamais été du genre subtil. Des mots comme ‘fuck’ lui échappent des dizaines de fois par concert, et ‘jump, jump, jump’ ou ‘Let Me See Your Hands’ appartiennent au vocabulaire et constituent la marque de fabrique, depuis des années. Même un morceau plus calme, comme « Idols Pt. 1 », sublimé par un quatuor à cordes, dégage une énergie communicative : le public chante à tue-tête. Des cordes vocales vibrantes à la salle tremblante, l’effet de « Lovesick Lullaby » sur la foule fait sursauter tout le monde et crée des tableaux rares pour un concert de rock. Il faut dire que, grâce à sa formation, la compo prend, en live, un côté nerveux qui peut manquer sur disque. Ce qui montre bien ce qu’un ensemble bien rôdé peut apporter. Pendant « Fleabag », Yungblud, fidèle à la tradition, offre à un fan la possibilité de rejoindre brièvement le band sur l’estrade. Cet honneur est revenu hier à Simon, de Bruxelles. Cependant, après le premier refrain, sa guitare s’est éteinte, laissant la place à Adam Warrington, qui a livré un excellent solo et s’est, une fois encore, révélé indispensable au spectacle. L’artiste termine debout au-dessus de la fosse, poing levé, filmant la marée humaine qui s’étend devant lui. Puis, avant d’entamer sa reprise de « Changes » de Black Sabbath, il évoque son amour et son profond respect pour la légende Ozzy Osbourne (disparu en juillet 2025). Cette chanson, qui met particulièrement en valeur sa voix et son talent d’interprète, captive l’assistance, qui chante en chœur. Il la conclut, électrisé, face à une mer de cœurs formés avec les mains. ‘Yungblud Is about love !’ lance-t-il, comme une affirmation. À plusieurs reprises, les jets de confettis, les fumigènes et les effets pyrotechniques viennent dynamiter et électriser le show. Sur presque chaque morceau, Yungblud trouve un moment pour faire chanter, crier ou sauter le public — et aussi pour le remercier.

Décidé à tout donner jusqu’au bout, il entame son rappel par « Ghosts », où il fait virevolter son micro filaire autour de lui avant de s’allonger au sol. L’ultime morceau, « Zombie », vient clore le set sur une note sombre et puissante.

Véritable bête de scène, il sait susciter l’émotion en se donnant entièrement, avec une sincérité palpable, pour un public qu’il chérit profondément. N’hésitant plus à exposer ses fragilités au fil de ses morceaux, l’expérience a gagné en intensité et en profondeur. L’artiste réussit la prouesse de créer à la fois proximité et explosion d’énergie. Ce soir, ce n’était pas un simple concert : c’était une véritable expérience de vie, gravée dans les mémoires de chacun.

Setlist : « War Pigs » (Black Sabbath song) (chanson d’entrée pré-enregistrée), « Hello Heaven, Hello », « The Funeral », « Idols Pt. I », « Lovesick Lullaby », « My Only Angel » (Aerosmith & Yungblud song), « Fleabag » (With a fan à la 6 cordes), « Lowlife », « Changes » (Black Sabbath cover), « Fire », « War », « Tin Pan Boy » (With A Tease To “I Love You, Will You Marry Me”), « Braindead ! », « Loner ».

Rappel : « Ghosts », « Zombie »

(Organisation : Live Nation)

 

Damiano David

Un charisme déroutant, mais irrésistible…

Écrit par

En 2021, l’Italie remporte le Concours Eurovision de la chanson à Rotterdam. Ainsi débute le spectacle international de Måneskin. Extravagante et rock, la formation prend d’assaut les radios, les grandes salles, les festivals et les stades. Il y a quelques années à peine, Damiano Davids, le leader, prend du recul par rapport à son groupe et enregistre ce premier album, « Funny Little Fears », dont l’intégralité nous est présentée ce soir. En tournée, il fait salle comble en Europe et monte sur scène chaque fois plus à l’aise que jamais. Depuis longtemps, ce dernier est une bête de scène et, s’il est facile de manquer l’énergie intense et déchaînée qu’il dégage au sein du combo, son épopée pop sur ce premier elpee solo est tout aussi captivante. Il va électriser un Forest National comble grâce à son charisme déroutant et si attachant. Pas de première partie : le concert débute à 20 h précises et se termine à 21 h 30. Sueur, émerveillement et étoiles dans les yeux. Le son est nickel.

Lumières clignotantes et musicos en costume-cravate forment le décor de l’entrée de Damiano, et la foule est en effervescence. On pointe du doigt, avec empressement, le podium, cherchant à le repérer, mais dès qu’il tourne au coin, il devient indéchiffrable. Il a cette aura que l’on possède naturellement, sortant en pantalon de soie, avec des ceintures nouées façon pirate, secouant la tête et inclinant le pied de micro comme un amoureux.

« Born With A Broken Heart » ouvre le concert, et la salle s’emballe. Puis « The First Time » retentit, et le son monte encore plus fort. « The First Time » est naturellement entraînant, une compo au cours de laquelle les paroles s’enchaînent à l’infini. On n’entend même pas les premières phrases, couvertes par les cris enthousiastes du public. Damiano David suit cet élan : pendant les premières chansons, il reste immobile, débitant ses mots à toute vitesse, ce qui empêche des morceaux énergiques comme « The First Time » et « Voices » de trouver leur place.

Caractérisées par des ponts et des paroles ouvertes, « Next Summer », « The Bruise » et « Sick Of Myself » sont plus lents. Sa voix est addictive : elle se brise aux bons endroits, son timbre crépite comme du miel. Et il se montre particulièrement vulnérable sur « Perfect Life ».

Avant de chanter, il change de tenue sur scène, enfilant des vêtements tout en expliquant ce que ceux-ci représentent pour lui — c’est très frappant, sincère. Il nous confie que le concert, jusqu’alors, a retracé les dix dernières années de sa vie, quand tout filait à toute vitesse et qu’il vivait des choses incroyables, comme la tournée des stades. ‘Quelque chose a craqué’, admet-il. Cette honnêteté est rafraîchissante.

On ne veut pas comparer inutilement la musique solo de Damiano à celle de Måneskin, car, comme ‘artiste l’a déclaré pendant le spectacle, c’est une étape qu’il souhaite franchir et une décision qu’il était libre de prendre. Il est fier du travail de la formation, mais a besoin d’un nouveau chapitre. Pourtant, on sent dans sa présence scénique qu’il ne perd rien de sa nonchalance rock. Un véritable loup déguisé en mouton. Globalement, la musique est soignée et rendue plus lourde ; ce qui améliore la performance live et la rapproche de l’indolence de Damiano. « Cinnamon » a même une touche légèrement rock. Le tableau colle, et on s’imagine brièvement le Damiano d’antan.

Il révèle adorer les reprises et en interprète deux. Celle de « Sex On Fire » de Kings Of Leon constitue la partie la plus lourde du set, cette fois sans t-shirt, tandis que celle de « Nothing Breaks Like A Heart » de Mike Ronson, que chante Miley Cyrus, est plus douce et plus fragile. Ce qui met également en valeur sa voix.

Damiano se lance alors dans la paisible « Perfect Life » ; mais au bout de quelques morceaux plus calmes, le set menace de s’essouffler, mais non. Heureusement, l’énergie sensuelle de « Tangerine » relance l’ambiance. Cependant, c’est la ligne de synthé entraînante de « Zombie Lady » qui captive véritablement l’attention. Et Damiano lance son sprint final. Sur « Tango », l’Italien assume enfin pleinement son rôle d’interprète, s’adaptant à l’énergie de la musique. Après le significatif « Mars », il quitte la scène.

Pour le rappel, c’est dans des cris et des hurlements à tue-tête que les fans accueillent le chanteur et le groupe sur les planches. À la grande joie de tous, Damiano enchaîne ensuite « The First Time ». Cette fois, c’est encore mieux qu’au début. Le double titre « Naked, Solitude » sonne le glas du spectacle. Un final explosif : le chanteur clôture le spectacle et passe du calme à la vitesse supérieure. Alors que le band donne encore tout son possible, Damiano quitte brièvement l’estrade pour rejoindre l’auditoire, dans les bras de ses fans dévoués. Mille baisers, remerciements sincères et poignées de main viennent clore le show.

Une superbe soirée se termine. À la prochaine, Damiano ; en espérant que ce soit au sein de Måneskin !

Setlist : « Born With A Broken Heart », « The First Time », « Mysterious Girl », « Voices », « Cinnamon », « Sex on Fire » (Kings of Leon cover), « Talk To Me », « Nothing Breaks Like a Heart (Mark Ronson cover), « Perfect Life », « Next Summer », « Sick Of Myself », « The Bruise », « Tangerine », « Zombie Lady », « Tango », « Angel », « Over », « Mars ».

Rappel : « The First Time » (Reprise), « Naked, Solitude (No One Understands Me) ».

(Photos Vincent Dufrane ici

 

(Organisation : Gracia Live)

Agnes Obel

Un voyage sonore toujours aussi enchanteur…

Écrit par

Partout où elle passe, Agnes Obel affiche complet. Pour cette tournée, tous les concerts sont sold out, parfois même plusieurs fois dans des salles somptueuses et magiques. Ce soir, c’est au tour du Cirque Royal, évidemment plein à craquer. Votre serviteur est un aficionado d’Agnes et ne manque jamais un de ses concerts, toujours mémorables et marquants. Sa voix aérienne évoque les fjords, les elfes et les gnomes. Aucun supporting act n’est prévu.

En seulement quatre long playings parus en dix ans, la Danoise s’est imposée véritablement comme une figure incontournable de la ‘chamber pop’ contemporaine. Compositrice hors pair, auteure surdouée, talentueuse pianiste et chanteuse à la voix ensorcelante la native de Gentoffe séduit de nombreuses oreilles grâce à ses mélodies envoûtantes, mêlant musique néo-classique et sonorités électroniques aux ambiances cinématographiques. Elle peut compter sur une solide base de fans. Elle a présenté le même spectacle au même endroit peu après la pandémie. Pas beaucoup de différence par rapport à 2023 : même line-up, même concept visuel, même setlist, à l’exception de trois nouvelles compos. À l’époque, il y avait un nouvel opus à défendre, « Myopia ». Aujourd’hui, il s’agissait surtout d’attendre impatiemment de nouveaux morceaux. Pendant le concert, Obel confie avoir passé les trois dernières années en studio et précise que son nouvel LP n’a plus qu’à être mixé avant sa sortie. C’est une expérience merveilleuse d’être au Cirque Royal à ce moment charnière, entre l’univers actuel de l’artiste et le nouveau chapitre qu’elle s’apprête à ouvrir.

Après avoir patienté au son du chant des oiseaux, c’est à 20 h 30 qu’Agnes Obel et ses 3 musiciens font leur entrée sur les planches, dans une salle plongée dans le noir. Contrairement à de nombreux artistes qui optent pour la couleur noire, la Danoise et ses acolytes illuminent la scène en portant des tenues immaculées de blanc. Après quelques petits ajustements, le concert débute enfin. Et c’est par l’instrumental « Red Virgin Soil » qu’Agnes Obel choisit d’ouvrir le spectacle. Derrière son piano droit, elle semble légèrement stressée et tendue ; mais elle se détendra progressivement, au fil du set.

Arrivent ensuite le sublime « Dorian », le captivant « Fuel To Fire » et le saisissant « Camera’s Rolling ». La voix éthérée d’Agnes nous fait inévitablement voyager. Incroyablement transcendante, elle se marie à la perfection à celles de ses deux talentueuses musiciennes, l’une au violoncelle et l’autre aux machines. Alors qu’elle nous envoûte, des ombres et des images de la scène — avec effets — se projette sur l’écran en arrière-plan. On se laisse alors facilement porter par cette scénographie intimiste et épurée. Au bout de quelques titres, elle prend enfin la parole pour remercier le public en français. ‘Bonsoir. Je m’appelle Agnes’, lâche-t-elle encore dans la langue de Molière avant de revenir à celle de Shakespeare. Trois nouveaux titres sont prévus dans la setlist. En revanche, petite déception concernant le troisième et dernier morceau, « Gemini », plus éloigné de son univers.

L’ambiance monte d’un cran lorsque retentissent les premières notes de « Familiar ». Debout derrière son clavier, au milieu du podium, elle fascine par son interprétation. Viennent ensuite les bouleversants « Run Cried the Crawling » et « It’s Happening Again ». On applaudit les réorchestrations de certains titres proposés pour l’occasion, qui offrent ainsi un nouveau visage. Mention spéciale à la violoncelliste d’origine allemande, qui nous a véritablement conquis par son talent et ses loops parfaitement maîtrisés.

Et le charme se poursuit par « Philharmonics » et « Stretch Your Eyes », puis « Words Are Dead », joué en solo au piano par Agnes Obel lors du rappel. Bien sûr, l'auteure ne peut pas oublier d'interpréter son hit posé et mélancolique « Riverside », chaleureusement acclamé par le public. La voix fragile et douce de l’interprète nous transperce au plus haut point.

Et c’est par l’envoûtant « The Curse » qu’Agnes Obel termine ce très beau show d’1h30 environ. Une fois encore, la pianiste et chanteuse scandinave a prouvé qu’elle faisait partie de ce cercle restreint d’artistes incontournables de la scène néo-classique et chamber pop, grâce à ses compositions modernes et audacieuses qui continuent de nous enchanter et de nous faire voyager.

Setlist : « Red Virgin Soil », « Dorian », « Fuel To Fire », « Camera's Rolling », « Laymelli » (nouvelle chanson), « Familiar », « Run Cried the Crawling », « It’s Happening Again », « Faustian Deal (nouvelle chanson), « Gemini » (Nouvelle chanson), « Philharmonics », « Stretch Your Eyes »

Rappel : « Words Are Dead » (en solo), « Riverside », « The Curse ».

(Organisation : Live Nation)

Die Krupps

Un concert dans un bunker !

Écrit par

Cette soirée est une double opportunité. Celle de revoir Die Krupps, l’un des plus grands groupes allemands qui a manifestement influencé Rammstein. Fer de lance du metal-indus-EBM, il fête ses 45 ans d’existence. Et d’autre part, celle de découvrir la superbe salle du MuzikBunker, à Aix-la-Chapelle, situé à une cinquantaine de kilomètres de Liège, et 150 de Bruxelles.

Comme son nom l’indique, le MuzikBunker est un authentique bunker de la deuxième guerre mondiale qui a été restauré. En 1987, la ville décide de transformer cet ancien abri anti-aérien en salle de répétitions (NDR : les combos locaux les utilisent encore), puis en 1994 en salles de spectacle. Une bonne centaine de concerts et événements y sont alors organisés chaque année. Un décor qui cadre finalement bien avec la formation programmée ce soir. Il faut d’abord longer un long couloir sous-terrain, éclairé de lumières bleu électrique et fluos, avant de pénétrer dans la salle où une bonne centaine de spectateurs sont amassés. Sur le côté gauche du local, un long bar permet de se rafraîchir avant la tornade musicale.

Le batteur Paul Keller et le claviériste Ralf Dörper (NDR : membre originel du band et compositeur hors pair, il a notamment lancé Propaganda, au cours des 80’s), débarquent en catimini. Du haut de ses (presque) deux mètres, l’imposant guitariste australien, Dylan Smith arrive à son tour. Il a intégré le line up, il y a un peu plus d’un an, après s’être brouillé avec Andrew Eldritch et quitté les Sisters of Mercy. Et enfin, Jurgen Engler, chaussé de lunettes fumées, qu’il ne quittera jamais, lors du concert, les rejoint.

« Nazis auf speed » et son refrain répétitif ‘Rammt sie !’ ouvre le bal. Le dansant « Schmutzfabrik », issu de l’elpee incontournable « Machinists of joy », embraie. Un morceau qui permet déjà au leader de venir frapper sur ses colonnes de tubes métalliques, comme s’il assurait une percussion martiale. Une singularité qui permet au band de se distinguer de ses pairs, au sein du mouvement EBM voire metal-indus, outre ses multiples influences qui enrichissent ses nombreux long playings.

De bonne humeur. Dylan balance ses riffs avec enthousiasme. « On collision course » préfigure un nouvel Ep. Quant à « The dawning of doom », il nous rappelle combien Die Krupps a pu marquer Rammstein de son empreinte.

La suite du set ne connait pas vraiment de temps morts : « Cross fire », « Fatherland », « To the hilt » constituent autant d’uppercuts assenés à la chaîne. « Robosapien » et son intro ‘wo-ho-ho’ scandée par le public nous emmène jusqu’au rappel.

Un encore d’une seule compo, « Machineries of joy », au cours duquel la communion entre l’auditoire et la formation atteint son point d’orgue, celui-ci scandant en chœur, le slogan ‘Arbeidt ! Lohn !’ du refrain final. Avant de prendre congé du public, le band prend encore le temps de le saluer et de poser pour quelques photos…

(Organisation : Muzikbunker)

New Candys

Shoegaze jusqu’aux chaussures…

Écrit par

Double affiche ce lundi 15 septembre, puisque le club de l’Aéronef accueille la formation italienne New Candys et canadienne Preoccupations.

Formé en 2008, à Venise, par le chanteur-compositeur-guitariste Fernando Nuti et le bassiste-synthétiseur Dario Lucchesi, The New Candys se produit aujourd’hui en configuration trio. Dario Lucchesi est absent, laissant Fernando Nuti (guitare/chant) accompagné d'Emanuele Zanardo (guitare solo/chœurs) et de Francesco Giacomin (batterie/sampler), tous deux membres du combo depuis 2023.

À 20 heures précises, New Candys ouvre le set par « Cagehead » - un morceau caractérisé par des riffs sombres et lourds - devant une centaine de personnes ; mais la salle va se remplir progressivement.

Le drummer est installé au centre du podium, tout devant. Il porte des lunettes fumées, qu’il ôtera après deux ou trois morceaux. Les deux sixcordistes se placent aux extrémités de l’estrade. Le lookd es musicos est soigné, jusqu’aux chaussures. Ce qui colle bien au style shoegaze.

Incisives, les guitares construisent un mur de son pénétrant, sans doute appuyées par les samples de basse.

Et c’est le batteur qui fédère l’ensemble de son drumming souple et efficace.

Peu loquace, Fernando Nuti laisse la musique parler d'elle-même. Les influences de The Jesus & Mary Chain sont palpables, notamment dans les parties instrumentales où Zanardo laisse parler sa guitare avec précision. D’ailleurs, ce qui apporte ce petit plus d’âme à la musique de New Candys, ce sont ces accords surf, dispensés çà et là, mais judicieusement, par Emanuele.

Le band interprète des morceaux de ses quatre elpees précédents, mais met particulièrement l'accent sur son plus récent, « The Uncanny Extravaganza ».

Tout au long du concert, de nombreux spectateurs se balancent au rythme de la musique et bon nombre d’entre eux, qui ne connaissaient pas la formation, sont agréablement surpris de la qualité du show, certains regrettant même d’être arrivés en retard.

De quoi mieux comprendre pourquoi New Candys est signé sur le label 'Fuzz Club'.

(Photos Ludovic Vandenweghe ici

Setlist :

Cagehead
Dark Love
Crime Wave
Breathe Me In
Tempera
Aphrodite in Leather
Night Surfer
You'll Never Know Yourself
Begin Again
Mercenary
Rising
Regicide
Overall

 

Place ensuite à Preoccupations. Ce groupe post-punk canadien (NDR : il est issu de Calgary) formé en 2012, a gravé son cinquième album, « Ill at ease », en mai dernier.  Un opus au cours duquel le combo a pris un nouveau virage. Plus synth pop, mais dans l’esprit de New Order, tout en soignant le sens mélodique.

En février 2023, il s’était produit ici même, après avoir sorti un excellent long playing, intitulé « Arrangements » ; et sur les planches, le leader, Matt Flegel, avait cédé la basse à son frère, pour se consacrer exclusivement au chant. Mais de gros soucis de balances avaient gâché le concert.

Dès l'entrée en scène, la configuration du groupe attire l'œil : Matt Flegel, le leader, se place au centre, reprenant sa basse tout en assurant le chant, tandis que le batteur s'installe légèrement en retrait. De chaque côté, les deux guitaristes, véritables alter ego avec leur look de faux jumeaux, manipulent chacun un clavier identique, ajoutant une dimension synthétique au son du quatuor.

La prestation débute par ces fameuses lignes de basse frémissantes et des percussions précises, signature du combo. L’expression sonore enveloppe littéralement la salle, créant une atmosphère homogène. Les thèmes abordés sont pesants, parfois troubles, mais interprétés avec une maîtrise indéniable. Les morceaux du dernier opus, « Ill at ease », entrecoupés d’anciens titres, défilent sans fausse note. L’écoute est plaisante, sans toutefois jamais surprendre réellement l’auditeur. On se laisse envahir par ce climat, mais cette immersion devient rapidement lassante.

Si Preoccupations s’inscrit historiquement dans la mouvance post-punk, la prestation de ce soir flirte davantage avec la synth pop : les guitares se fondent parfois derrière les nappes de synthé, renforçant l’aspect monotone du concert.

Mais à force de linéarité, le concert finit par manquer de relief. Aux trois quarts du set, la lassitude s’installe, et il devient difficile de rester captivé. Si la qualité d’exécution est indéniable et le sens mélodique préservé, l’absence de moments forts ou d’envolées inattendues provoque un ennui certain. Si bien que nous préférons rejoindre nos pénates… (Page ‘Artistes’  et photos Ludovic Vandenweghe ici)

(Organisation : Aéronef, Lille)

 

Jethro Tull

Living in the past… mais pas seulement…

Écrit par

Pas de supporting act ce soir au Cirque Royal : le légendaire groupe de Ian Anderson occupe la scène d’entrée de jeu. Pour votre serviteur, il s’agit d’une toute première rencontre en direct avec Jethro Tull. On sait que Ian Anderson, figure de proue du groupe, n’hésite pas à critiquer certains comportements du public, en particulier l’usage intempestif des téléphones portables et les interruptions sonores déplacées. Force est de constater que son vœu est respecté à 98 %. Le concert s’inscrit dans la tournée ‘The Seven Decades : The World Tour’, une célébration de 58 années de musique et d’histoire, portée par l’énergie intacte d’Anderson et de ses musiciens.

Fondé en 1967 autour de son frontman et flûtiste écossais Ian Anderson, Jethro Tull demeure un ovni incontournable du rock britannique après près de sept décennies d’existence. Anderson est le premier à avoir intégré la flûte dans un univers dominé par les guitares saturées, et il en fait encore aujourd’hui son arme de scène, grâce à un chant saisissant et une présence toujours aussi théâtrale. Alors que nombre de groupes historiques se reposent sur leur gloire passée, Jethro Tull, désormais concentré autour de la vision d’Anderson, reste d’une activité remarquable. Ces dernières années, le groupe a enchaîné trois albums : « The Zealot Gene », « RökFlöte » et le tout récent « The Curious Ruminant ». Tous figurent dans la setlist actuelle, même si, naturellement, ils s’inclinent face aux monuments intemporels du répertoire que sont « Aqualung » et « Thick As A Brick ». La discographie regorge de classiques que le public réclame sans relâche et que le combo délivre généreusement. Au-delà de ces hommages au passé, Ian Anderson a tenu à mettre en avant « The Curious Ruminant », dernier chapitre de la saga Tull. Le long playing, qui réunit 9 titres oscillant entre 2 minutes et près de 17 minutes, mêle folk rock, textures acoustiques et réminiscences progressives. Une manière de renouer avec l’héritage foisonnant des années 1970, tout en affirmant que Jethro Tull est loin d’avoir dit son dernier mot. Aujourd’hui encore, à 78 ans, Ian Anderson assure toujours le spectacle. Il tire toujours parti de son style vocal particulier et de ses performances impressionnantes. Il n’a aucunement perdu la voix : elle demeure presque identique à celle de ses débuts.

Le concert commence légèrement en retard, dans une salle comble. Le groupe est en pleine forme et semble prendre autant de plaisir que le public. Jethro Tull a de quoi remplir une soirée entière de classiques, d’« Aqualung » (qui sera le rappel, où tout le monde pourra filmer et prendre des photos souvenirs) à « Thick As A Brick ». C’est exactement ce que les spectateurs attendaient, et la formation tient ses promesses.

Les musiciens prennent place. Le seul changement notable est le remplacement du guitariste Joe Parrish par le nouveau venu Jack Clark. Pour le reste, le line up demeure inchangé depuis la reformation de 2017. Soit Dave Goodier à la basse et John O’Hara aux claviers – tous deux présents depuis 2007 – ainsi que Scott Hammond aux drums. Ensemble, ils soutiennent avec constance et virtuosité l’inimitable Ian Anderson. Certes, sa voix n’a plus l’amplitude d’antan et ses facéties scéniques se sont un peu assagies, mais il reste fascinant à regarder. Vif, excentrique et étrangement charmeur, flûte en main, il mène la charge avec ce grain de folie qui fait sa marque de fabrique. Par moments, il s’accompagne aussi d’une petite guitare semi-acoustique, ajoutant une touche d’intimité à l’ensemble. La folie typiquement anglaise d’Anderson est, bien sûr, le point central, mais la véritable star du spectacle est la musique elle-même. Les chansons de Tull sont complexes et exigeantes, mais le combo actuel leur rend justice. Leur jeu est détendu sans jamais être relâché, précis sans paraître stérile. Si l’on a un reproche à faire – et l’on en a toujours – c’est que ce spectacle est encore une fois exclusivement assis, ce qui donne plus l’impression d’une soirée au théâtre que d’un concert de rock. Certains morceaux sont vraiment rock, beaucoup sont très dansants, et même les morceaux folk incitent à bouger. On aurait aimé pouvoir se lever et se déhancher un peu. Mais vu que l’âge médian du public était probablement égal, voire supérieur, à celui des membres du groupe (et que certains spectateurs étaient même assez jeunes), une configuration debout aurait peut-être présenté des risques médicaux.

Le show se déroule en deux parties.  La première s’ouvre par « Beggar's Farm », issu du premier album This Was (1968). Très marqué par le blues, teinté de rock et d’expérimentations qui paraissaient audacieuses à l’époque mais semblent aujourd’hui presque convenues, le morceau prend vie grâce à la flûte de Ian Anderson, magistralement exécutée tandis qu’il arpente la scène avec son énergie caractéristique. Du même elpee, vient ensuite « Some Day the Sun Won't Shine for You » : Anderson, touche-à-tout éclectique, insuffle au morceau un parfum de folk-blues où la flûte, parfois approximative mais toujours audacieuse, trouve toute sa place. L’harmonica complète l’ambiance, ancrant le blues au cœur du concert. Le public est ensuite emporté vers « A Song for Jeffrey », toujours tiré de « This Was ». Les visuels projetés en arrière-plan enrichissent l’atmosphère et plongent la salle dans l’univers de chaque chanson. Puis le monumental « Thick as a Brick », extrait de l’album éponyme de 1972, véritable concept-album de rock progressif, embraie. Plus complexe et éclectique que les œuvres précédentes, il demeure proche, dans l’esprit, d’« Aqualung ». Véritable pierre angulaire du groupe, ce morceau phare confirme le statut de « Thick as a Brick » comme l’un des chefs-d’œuvre incontournables de Jethro Tull.

Retour ensuite à « Aqualung » (1971) à travers « Mother Goose ». Premier disque où le groupe affirme pleinement son identité rock-folk-hard-progressive, « Aqualung » alterne entre pièces acoustiques délicates, proches de Cat Stevens ou de « Led Zeppelin III », et morceaux plus puissants tels que le titre éponyme » ou « Locomotive Breath ». C’est l’un des long playings les plus aboutis et emblématiques du band. Le voyage se poursuit par « Songs from the Wood » (1977), titre éponyme du long playing où Tull revient au folk-rock, riche en sonorités bucoliques et en arrangements progressifs. La première partie s’achève sur « Bourrée in E Minor », adaptation virtuose de Bach devenue l’un des classiques de la formation.

Après une pause de vingt minutes, la reprise s’effectue par « My God » (« Aqualung »), porté par un blues habité et des chœurs épiques. S’ensuit un petit instrumental inédit, puis le public découvre « The Zealot Gene », extrait du dernier opus paru cette année. Jethro Tull y démontre qu’il sait se renouveler sans jamais renier ses racines.

Enfin, le final explose lors des incontournables « Budapest », « Aqualung » et, en rappel, l’inévitable « Locomotive Breath ». Une claque musicale qui rappelle que Jethro Tull, à l’instar de Yes ou de Pink Floyd, reste un groupe intemporel, traversant les âges sans perdre ni son ingéniosité ni sa puissance créative.

Setlist :

Première partie

« Beggar's Farm », « Some Day The Sun Won't Shine for You », « A Song For Jeffrey », « Thick As A Brick », « Mother Goose », « Songs From The Wood », « Weathercock », « The Navigators », « Curious Ruminant », « Bourrée In E minor » (Johann Sebastian Bach cover).

Deuxième partie

« My God », « The Donkey and the Drum », « The Zealot Gene », « Over Jerusalem », « Budapest », « Aquadiddley », « Aqualung ».

Rappel : « Locomotive Breath »

(Organisation : Greenhouse Talent)

 

Pendragon

Au-delà d’un simple voyage nostalgique…

Écrit par

Formation emblématique du rock néo-progressif britannique, Pendragon investit ce mardi 9 septembre les planches du Zik-Zak à Ittre pour une soirée attendue par toute la communauté prog. Considérée comme mythique, la formation menée par Nick Barrett attire une foule enthousiaste, le concert affichant complet. Et étonnant, en débarquant devant la salle, le tour bus occupe la moitié du parking.  Pour la seconde fois sur l’estrade du Zik-Zak, le band promet un voyage musical intense, porté par l’énergie renouvelée de Rog Patterson à la guitare à douze cordes. Toujours fidèle à son esprit progressif, le groupe continue de marquer l’histoire du genre, offrant à l’auditoire une expérience inoubliable sous le signe de la passion et de l’excellence.

La première partie est assurée par le guitariste de Pendragon, Rog Patterson, reconnu pour son jeu de guitare à douze cordes et ses textes percutants. Ancien manager de tournée et collaborateur de longue date du combo, il est parvenu à enflammer la foule en dispensant un set folk convaincant avant de retrouver le band sur les planches (page 'Artistes ici).

Setlist : « Ergo Sum », « Gondwanaland », « Vital Signs », « Flightless ».

Depuis trois décennies, Nick Barrett façonne la prog sous l’étendard de Pendragon. Ce quatuor principal — Nick Barrett (chant, guitare), Clive Nolan (claviers), Peter Gee (basse) et Jean-Vincent Velazco (batterie) — accueille Patterson à la guitare et deux choristes, qui enrichissent parfois les arrangements par la flûte et le violon. Chacun imprime sa marque : Barrett séduit par ses solos lyriques et sa voix chaleureuse, Nolan enveloppe l’auditoire de nappes majestueuses, Gee insuffle une basse à la fois mélodique et robuste, tandis que Velazco ancre l’ensemble sous une rythmique précise et dynamique. Les voix et instruments additionnels confèrent une profondeur inattendue à la formation.

La soirée s’ouvre sur une interprétation intégrale de l’opus « The World » (1991), véritable tournant dans la trajectoire du band, comme le souligne Barrett sur le podium. Ce disque marque l’émancipation du combo, qui s’affranchit des premiers espoirs du néo-prog des années 1980 pour s’affirmer par une identité singulière. « Back in the Spotlight » lance le set sous une énergie éclatante, suivi par l’exubérant « The Voyager ». « Shane and Prayer », plus introspectif, installe une atmosphère empreinte d’émotion, tandis que la trilogie « Queen of Hearts » se déploie tel un mini-opéra rock. Le dernier morceau, « And We'll Go Hunting Deer », plonge la fosse dans un silence feutré, illustrant la capacité du sextuor à captiver autant par la subtilité que par la grandeur. Après ce long playing fondateur, la formation explore d’autres facettes de sa discographie.

Un « King of the Castle » acoustique (« Not of This World », 2001) distille une ambiance intimiste, avant que le band ne retrouve toute sa puissance pour offrir « Eternal Light » (« Not Of This World », 2001) et surprendre l’auditoire par un retour à « Kowtow » (« Kowtow », 1988), plus lourd et vibrant sur l’estrade que sur vinyl. « Alaska » (« The Window of Life », 1993) déferle telle une vague d’énergie, suivie de nouveaux joyaux comme « 360 Degrees » et « Explorer of the Infinite » (« Love over Fear », 2020).

Le moment fort survient lorsque la foule plébiscite « Indigo » (« Pure », 2008) au détriment de « Paintbox ». Son intensité sombre envahit la salle, témoignant de la volonté du combo d’adopter la spontanéité et de tisser des liens auprès de ses fans. « Afraid Of Everything » (« Love over Fear », 2020) conclut le set principal sur une note à la fois fragile et enivrante.

En rappel, « Breaking The Spell » (« The Window Of Life », 1993) offre un final majestueux : la guitare s’exprime avec émotion, les claviers luxuriants s’entrelacent à une section rythmique précise, tandis que les voix et instruments additionnels aboutissent à un climax puissant.

Ce que Pendragon a proposé au Zik-Zak dépasse largement le simple voyage nostalgique. La formation rayonne par sa vitalité, son élégance et sa pertinence, déroulant un set qui retrace plus de trente ans de création musicale. Dans une salle quasi comble, à l’acoustique remarquable et à l’ambiance chaleureuse, leur prestation rappelle pourquoi Pendragon demeure l’un des grands survivants — et innovateurs — du rock progressif. Le sextuor a livré une performance magistrale, mettant en lumière son évolution musicale et la virtuosité de ses membres.

Setlist :

The World : « Back in the Spotlight », « The Voyager », « Shane », « Prayer », « Queen of Hearts, Part I », « Queen of Hearts, Part II » : ...A Man Could Die Out Here...

Queen of Hearts, Part III : The Last Waltz

And We'll Go Hunting Deer

Acoustique : « Fall Away », « The King of the Castle ».

Full band :« Not of This World, Part 3 : Green Eyed Angel », « Kowtow »

Rappel : « Water »

(Organisation : Zik-Zak et Rock Nation)

Empire Of The Sun

Le soleil ne se couche jamais sur cet empire...

Écrit par

Empire of the Sun ne s’est jamais produit en salle, en Belgique, et ce soir, se déroule la première de deux dates, au Cirque Royal. Le public est venu en nombre pour accueillir ce duo australien réunissant Luke Steele et Nick Littlemore. Les festivaliers avaient, cependant, déjà pu assister à ses concerts, à deux reprises (aux Lokerse Feesten en 2012 et à Rock Werchter en 2022). Les tickets des deux spectacles se sont rapidement écoulés et sont sold out.

Roi Turbo assure le supporting act. Un duo de dance originaire du Cap (Afrique du Sud), mais établi à Londres. Benjamin McCarthy est issu du milieu électronique. Producteur et DJ, c’est un habitué des clubs de sa ville natale et des environs, tandis que son frère Conor vient d’un autre univers musical, se produisant dans des groupes de rock et de pop alternatifs. Le tandem cite Larry Levan, William Onyeabor, Air et Pino D'Angiò comme sources d’inspiration. A ce jour, la paire n’a pas encore gravé d’album, mais bien plusieurs et Eps.

Sur les planches, Benjamin assure les rythmes et la danse, tandis que Conor se réserve les percussions et la guitare. Ce partage renforce constamment le groove de l’expression sonore, principalement instrumentale. Et cela fonctionne : plus le set avance, plus la foule danse et s’échauffe malgré la température caniculaire qui règne dans la salle. Les morceaux reposent sur des rythmes répétitifs sans jamais devenir lassants, transformant Roi Turbo en ouverture particulièrement appréciable (page ‘Artistes’ ici

Setlist : « Turbo Charged », « Hyper League », « Volcano Cigarette Shop », « Neckbrace », « Blu Ghost ».

Place à Empire of the Sun. Le duo est épaulé par deux musiciens supplémentaires. De quoi renforcer l’énergie du spectacle. La scénographie est impressionnante. Une silhouette d’un côté et un membre de corps de l’autre - du moins le soupçonne-on - indiquent déjà qu’aucun effort n’est épargné pour offrir un show grandiose. Les danseurs font leur entrée sur le podium, un bonsaï à la main. Le coup d’envoi est converti en show que l’on peut regarder pendant des heures. La setlist est divisée en quatre actes, chacun marqué par un changement de costume flamboyant. Les musicos ressemblent alors à de petits soleils, de petits arbres ou des créatures mythiques.

« Half Mast » arrive assez tôt, suivi peu après de « We Are the People ». Les deux titres sont accueillis avec enthousiasme, émoustillant immédiatement le public pour le reste du concert. Ce dernier titre est même interprété en tenue disco. Un régal pour les yeux !

Le duo enchaîne ses hits irrésistibles : « Walking on a Dream », « Music on the Radio », « We Are the People », » High and Low », « Happy Like You », « Television », « Ask That God », « Changes » ou encore l’incontournable « Alive », joué en clôture du rappel devant une salle déchaînée.

Il fait particulièrement chaud, et la température dans la salle ne cesse d'augmenter tout au long du spectacle. Comme si Empire Of The Sun voulait nous entraîner littéralement vers le soleil en nous rapprochant toujours plus près d'une explosion de chaleur. Explosions qui se produisent toujours à la fin des morceaux, offrant ainsi un son encore plus lourd et incisif. De nombreuses plages de son nouvel elpee, « Ask That God », figurent dans la setlist. Et le titre maître baigne au sein d’une mélancolie intense. Le chanteur, Luke Steele, tend la main sur l'écran géant tel un extraterrestre. Sur « Music On The Radio », Supachai grimpe sur l’estrade. Cette créature, dotée de nombreuses tentacules et à la fourrure particulièrement épaisse, offre un spectacle complémentaire, grâce à ses mouvements de danse.

Les tubes du groupe sont bien répartis tout au long du set. A mi-parcours, le moins connu « Swordfish Hotkiss Night » se distingue par son interprétation absurde. En fin de concert, la ligne de basse décolle et les danseurs se déguisent en espadons aux corps de squelette. Spécial, mais c’est aussi une façon, pour Empire of the Sun, de surprendre.

Les costumes, la théâtralité et la scénographie donnent vie à la représentation. Ainsi, les visuels, signature du groupe, jouent un rôle crucial dans cette performance. Galactiques, associés à une tête gonflable géante, ils constituent la cerise sur le gâteau de cette mise en scène ambitieuse et extravagante, digne d’un roman. Des projections hypnotiques et des jeux de lumière subliment chaque morceau, leur procurant une dimension encore plus irréelle et magique. Le leader Luke Steele semble pleinement investi dans ce projet qui le passionne. Il arbore, notamment, une robe et une coiffe avant-gardistes qui incarnent à merveille le personnage de l’ ‘empereur » avec majesté et élégance.

Pour finir, c'est bien sûr « Walking On A Dream » qui remporte tous les suffrages. La chanson, qui reste un tube, est chantée comme un véritable hymne ; et les danseurs le transforment en un véritable soleil et une lune, le tout dans une ambiance très aérienne.

Setlist :

Act 1 : « Changes », « The Feeling You Get », « Half Mast », « Cherry Blossom », « We Are The People ».

Act 2 : « DNA », « Television ».

Act 3 : « Music On The Radio », « Revolve », « High And Low », « Swordfish Hotkiss Night ».

Act 4 : « Ask That God », « Happy Like You, Wild World », « Walking On A Dream ».

Rappel : « Standing on the Shore », « Alive ».

(Organisation : Gracia live)

Page 3 sur 132