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Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

Denver ou DNVR ?

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dEUS - 19/03/2026
Concerts

Ibeyi

Du cœur et de l’énergie à revendre…

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Près d’un an après la sortie de son dernier opus et plus de cinq après son dernier passage à Bruxelles, Ibeyi est de retour dans la capitale européenne. Manifestement, les jumelles franco-venezuelo-cubaines (NDR : ce sont les filles du regretté Anga Diaz, l’ex-percussionniste de Buena Vista Social Club) ont pris du galon. En outre, de curiosité, le duo est passé au statut de hype, depuis l’an dernier. Le dernier elpee a été salué par la critique. Même Beyoncé est tombée sous le charme. Un disque pour lequel elles ont reçu le concours de Kamasi Washington, Mala Rodriguez ainsi que de Chili Gonzalez, lors des sessions d’enregistrement. Le concert est soldout depuis plusieurs mois. Ce qui confirme l’engouement suscité par les filles…

Une demi-heure après la fin de la première partie, assurée par le duo louvaniste, Esther and Fatou (pour les photos, c’est ici), les lumières s’éteignent à nouveau. Quelques instants plus tard, les deux sœurs montent sur l’estrade, vêtues de combinaisons rouges. Elles ne se ressemblent pas comme deux gouttes d’eau, mais il y a quand même un air de famille. A droite de la scène, Lisa-Kaindé, la pianiste à la voix haut perchée, se différencie par sa coupe de cheveux africaine. De l’autre côté, derrière un sample pad et un bata (deux tambours en sablier à tête double), Naomi Diaz, la percussionniste à la voix cassée, laisse pendre deux longues tresses sur les côtés de son visage et une à l’arrière de la tête. Les personnalités se complètent à merveille. Au fond de la scène, en guise de décor, le logo de la pochette d’« Ash » est suspendu. 

Pendant une heure et demie, elles vont servir un cocktail de r’n’b, soul et musique latine, sur lequel elles chanteront, tantôt en anglais, en espagnol ou en yoruba (langue originaire d’Afrique de l’Ouest qui s’est étendue aux Antilles suite à la traite négrière). Elles ouvrent le show par « I Wanna be like You » et embraient par « No Man is Big Enough for My Arms » et « Away Away ». Dès le début, les jumelles sont dans leur rôle. Elles se déplacent de gauche à droite (NDR : ou l’inverse) et se motivent mutuellement. Entre les morceaux, elles n’oublient pas d’échanger quelques mots avec un public conquis d’avance. Après l’avoir bien chauffé, elle se plantent au centre du podium, côte à côté : Lisa-Kaindé derrière plusieurs claviers, Naomi sur un cajon (caisse claire originaire d’Amérique latine). Elles attaquent alors plusieurs morceaux plus paisibles tels que « Vale » ou « Mama Says ». Mais après cette accalmie, le set redémarre de plus belle, notamment à travers le plus latino « Me Voy » ou le single issu du premier LP, « River », interprété lors du rappel.

Au-delà de la richesse de leur musique, ce qui impressionne, c’est le cœur mis et l’énergie déployée par Ibeyi tout au long du spectacle. Un bel exemple ? Lorsqu’elles exhortent la foule à les suivre pour crier ‘Whatever happens, whatever happened (oh hey). We are deathless’ sur le judicieusement intitulé « Deathless ». Et les quelques petits problèmes techniques rencontrés en milieu de parcours ne sont pas parvenus à déstabiliser les frangines. Au contraire, cet incident va décupler leur vitalité déjà débordante (pour le photos, c’est ).

(Organisation : Ancienne Belgique + Live Nation)

 

FùGù Mango

Un invité surprise !

Écrit par

Ce soir, il fait un froid de canard à l’extérieur. Et pourtant, 800 âmes se sont déplacées pour aller applaudir Fùgù Mango, à l’Ancienne Belgique. Le band est venu y défendre son premier elpee, « Alien Love », paru en septembre dernier, opus qu’il a déjà eu l’opportunité de promouvoir, à travers de nombreux concerts, que ce soit en salle ou lors des festivals.

Elbi assure le supporting act. Lauréate de l’édition 2018 du ‘FAIR’, cette auteure, productrice et DJ qui se sert autant du visuel que du corporel, propose une musique qui mêle soul, deep techno, r’n’b, jazz et hip hop, soit dans un registre qui oscille de Solange à Roméo Elvis, en passant par Ibeyi, Carl Craig, M.I.A. et Camille, un kaléidoscope d’influences propres aux kids des 90’s. Cette créatrice multi facettes a alimenté son projet au gré de ses séjours, s’imprégnant à la fois de la culture et des paysages des continents qu’elle visite. A son actif un Ep 6 titres, « Colourful shores », publié l’an dernier. Intitulé « Shadows », le nouvel Ep devrait bientôt sortir.

Elbi déboule sur le podium. Elle a enfilé un pantalon à patte d’éph’ et porte un manteau large et vaporeux. Le tout de couleur orange. Elle est chaussée de baskets blanches. Un ordinateur est posé, à l’arrière, sur le sol. Il dispense des samples de beats électro et de sonorités africaines. Elle danse, bien sûr, et se contorsionne dans tous les sens, au rythme de la musique. Elle est rejointe par une autre contorsionniste, pendant deux titres. La danse, le corps et le mouvement sont omniprésents : indissociables de cette voix hypnotique et de ces rythmes pétillants. Une voix résolument soul qui ne se noie jamais dans l’ensemble. On aura également droit à deux plages du prochain Ep, « Hi & Low » et « Walking In The Forest », deux compos qui traitent de la remise en question du genre humain, de son évolution, et invitent à une méditation active pour atteindre un monde meilleur.

Une bande préenregistrée est diffusée avant la montée sur scène de Fùgù Mango. Des spots bleus balaient la salle de gauche à droite et en hauteur. Jean-Yves et Vincent Lontie, Anne Hidalgo, Sam Gysen et un percussionniste débarquent sur les planches. Ce dernier va se charger des congas et des djembés, Vincent se contentant de percus accessoires, pour ce soir. Quant au vocaux, ils seront assurés essentiellement par les frangins et Anne.

Le set s’ouvre par « Kylie’s Dream ». Le morceau a été retravaillé, comme de nombreux titres proposés ce soir. En fait, plus riches en percussions, ils adoptent une coloration davantage africaine ou alors antillaise. Ce qui incite de nombreux spectateurs à remuer le popotin et les gambettes. « Summer Days » nous entraîne d’ailleurs aux Caraïbes. On y rêve du sable chaud, des cocotiers et des embruns maritimes qui vous fouettent le visage… Anne est au micro, bientôt rejointe par Vincent qui tapote ses percus minimalistes, en ondulant les bras suivant le rythme endiablé. A l’issue de cette compo, ce dernier remercie l’auditoire et annonce le titre suivant : le plus paisible « Black Powder ». Le temps d’admirer une petite plage au coucher de soleil. Mais on ne sait plus si c’est à Punta Cana ou Blankengerge. L’inévitable « Alien Love » nous rappelle que certaines personnes rencontrent parfois des extra-terrestres pour organiser des ‘plans coquins’. Vincent, lui aussi, a côtoyé les extra-terrestres de l’amour… Caractérisé par sa ligne mélodique soignée, cette compo est enrobée de chœurs, et dynamisée par les percus tout en s’autorisant des envolées lyriques ; et elle s’achève au rythme des beats électro. Le public apprécie et applaudit. Retour au calme pour « Gone With The Sea », un morceau qui bénéficie du concours de deux invités, Boris et François. Avant que « Floarea » ne relance la machine. Vincent demande au public de reprendre le refrain réverbéré, ce qui crée de superbes polyphonies vocales. Nouvelle compo, « Noir And Haze », baigne dans la salsa. Et dans la foulée, riche en percus, « Mango Chicks » fait encore grimper la température d’un cran. Enfin, après l’électro/funk « Liar », « Birthday Beast » clôt le set.

Lors du rappel Boris et François sont de retour, mais surtout –ô surprise !– Frank Baya, l’ex-âme sacrée du band, pour attaquer un « High » d’enfer, magistral même…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Her Lies Man

Un mensonge sur la marchandise?

Écrit par

Soirée éclectique, ce soir, à l’ABClub. Au menu afrobeat, punk, noisy, rock expérimental et, metal ou world. Suivant les formations. D’ailleurs le site de l’institution annonce que ces concerts sont destinés à ceux qui apprécient Goat, White Hills, Kikagaku Moyo, Pontiak, The Well ou encore King Gizzard & The Lizard Wizard. Peu de monde pour accueillir ces groupes. Plus ou moins 70 spectateurs dont de nombreux guests. Faut dire que c’est la grève dans les transports en public.

Le podium est encombré de matos. Deux batteries imposantes et des amplis amplis ‘Marshall’ et ‘Orange’ trônent de part et d’autre de l’estrade. Seuls les deux premiers combos vont se servir de ces drums. A droite, on remarque la présence d’un synthé.

Moar ouvre les hostilités. Un trio anversois à la structure classique basse/guitare/batterie. Il pratique une forme de punk/rock/garage teinté de noisy. Il vient de graver « Future Furby », un vinyle découpé en 17 plages plutôt courtes. Le set démarre d’ailleurs par « Man inside in hole », un titre d’1’40. Et les autres compos dépassent rarement les 3’. Elles s’enchaînent sans le moindre temps mort. Les riffs de gratte son incendiaires et la ligne de basse vrombit. La musique est à la fois puissante, hypnotique et parfois aventureuse. Une découverte intéressante…  

Youff embraie. Un power trio gantois à la même structure, responsable d’un Ep (« Spit ») et d’un elpee (« Meh »), à ce jour. C’est le drummer, dont la frappe métronomique est particulièrement efficace, qui se charge des vocaux ; et sa voix est assez singulière. Primitive, gutturale, elle semble émaner des profondeurs de l’enfer. Faut dire qu’il a placé son drôle de micro autour de sa gorge, de manière à répercuter le son de ses cordes vocales. Aussi quand il se désaltère, on entend le bruit de l’eau qui coule dans son gosier. Ce qui provoque l’hilarité dans le public. C’est également lui qui assure le show. L’expression sonore baigne dans le black metal. Le band va aligner 8 titres ravageurs. En fin de parcours, le guitariste descend dans la fosse pour y gorgoter. Pas de bol, son exercice de style est totalement inaudible…  

Her Lies Man est une formation californienne dont le style serait comparable à in Black Sabbath converti à l’afrobeat de Fela Kuti. Pourquoi pas, si le cocktail est détonnant ! Fondé par Marcos Garcia, le guitariste d’Antibalas, ce quintet cherche donc à combiner les expériences des rythmiques ouest africaines avec les riffs entêtants du heavy rock. Le line up implique également le guitariste/chanteur Chico Mann, le drummer Geoff Mann, le bassiste JP Maramba et le préposé aux synthés Will Rast. Il y manque le percussionniste Rich Panta. Ils sont tous barbus. Les riffs de grattes sont à la fois écrasants et obsessionnels. La musique est manifestement contaminée par le psychédélisme, mais également, et circonstanciellement par le jazz/rock et plus rarement, le funk. Big problem, elle est tellement répétitive, que si après 10 minutes, on encaisse, une demi-heure plus tard on délaisse… Un concert peu trop indigeste au goût de votre serviteur… et ce n’est pas un mensonge… sauf peut-être en ce qui concerne la marchandise…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Russ

Au vu de l’engouement suscité par la foule, manifestement, Russ est connu comme le loup blanc…

Écrit par

Digne héritier de 50 Cent et d’Eminem, Russ est l’étoile montante du hip hop yankee qui fait le buzz sur la toile. Il a fait sensation, dans le cadre du dernier festival Pukkelpop. Agé de 24 ans, ce musicien, chanteur, auteur, compositeur et producteur puise essentiellement ses influences dans la soul, le r&b et le rap, notamment à coloration East. Mais également dans le reggae et le trap sudiste. Dans la plus pure tradition US. Et tout particulièrement celle instituée par Kanye West et Drake. La tournée européenne qui transite ce soir par Bruxelles a été baptisée ‘There’s Really A Wolf In Europe Tour’. Le concert est sold out et accueille une majorité de jeunes dont l’âge oscille de 15 à 25 ans. Pas de supporting act. Russ est venu défendre son tout premier véritable album, « There's Really A Wolf », paru en mai dernier ; les onze précédents se résumant à des mixtapes. Ce qui ne l’a pas empêché décrocher une volée de disques d’or et de platine.

Dans la fosse, certains spectateurs sont déjà huchés sur les épaules des autres. Surélevés, les nombreux stroboscopes éblouissent la foule. Les applaudissements sont nourris quand, coiffé d’un bonnet noir et micro en mains, l’artiste grimpe sur l’estrade. La foule semble déjà tombée sous le charme. Pas un seul musicien n’accompagne la star. Simplement un préposé aux machines et matos informatique. Manifestement, ce soir, il va y avoir des samples ! Deux immenses écrans l’encerclent. Sur lesquels seront projetées des images du loup en marche, filmé par une caméra à infrarouge ou plusieurs logos de ce canidé qui figure également, mais stylisé, sur la pochette de son elpee.  

Dès « What They Want », c’est la folie dans l’assemblée qui reprend à l’unisson, les paroles de la chanson. Et elle les connaît par chœur. Le natif d’Atlanta a un don pour manipuler les masses, et multiplie les ‘hands up’, ‘fuck you’ et ‘jump’. C’est lui, le chef d’orchestre, qui d’un doigt en avant ou d’un bras en rotation enjoint la foule à vibrer. Le dancefloor est immédiatement réactif aux gestes de Russ. Il n’y a même pas encore 5 minutes de concert, et tous les spectateurs, y compris ceux installés confortablement dans leurs fauteuils, remuent le popotin.  

Tout au long de « Too Many », le flow est lent et calibré. L’œil du loup devient perçant et perfore littéralement l’auditoire. Ce flow s’emballe sur « Waste My Time ». Le light show est passé au rouge. Les samples foisonnent. Russ tend son micro vers l’auditoire qui reprend le refrain dans un bel ensemble. La température grimpe encore d’un cran. Rarement votre serviteur a assisté à un tel engouement pour un rappeur ! R&b classieux, « Wife You Up » (NDR : plus de 9 millions de vues sur YouTube) est alimenté par des ivoires samplés. La voix est devenue plus douce pour ce titre.  

Le loup réapparaît pour « Pull The Trigger ». Les stroboscopes pulsent. Les lumières bleues s’imposent. Réapparition des mains tendues et des smartphones qui transforment la salle en ciel étoilé sans pollution. L’œil du carnivore brille à nouveau pendant « Flip ». Russ arpente les planches de gauche à droite ou l’inverse. Quatre bodyguards veillent derrière lui. Aucun débordement n’est permis. On ne grimpe pas sur le podium ! Pas de problème, l’ambiance est bon enfant. R&B indolent, « Don’t Lie » opère un retour au calme. Le public reprend le refrain à l’unisson pendant le percutant « Back To You », alors que Russ s’autorise des parties vocales a cappella. Sa voix est lumineuse. L’incontournable « Do It Myself » clôt le set. Et le loup réapparaît sur les écrans.

En rappel, Russ revient accompagné de 4 compères pour attaquer « What They Want », dans une hystérie finale, qui s’achève comme elle a commencé.

Les prestations ‘live’ de Russ sont autant de moments d’intense énergie qui oscillent entre folie complète et grâce ultime. Russ a ce talent rare qui enivre les plus grandes foules et les dédie à sa cause. Ce garçon a de l’or autour du cou et dans les doigts. Votre serviteur était le plus âgé de la salle, mais il a apprécié le set qui a libéré de bonnes ondes positives destinées à oublier les tracas de la vie quotidienne…

Setlist : « What They Want », « Too Many », « Waste My Time », « Wife You Up », « Pull The Trigger », « Flip », « Don’T Lie », « Back To You », « Ain’T Nobody Taking My Baby », « Ride Slow », « Losing Control », « Goodbye », « Do It Myself »

Rappel : «  What They Want »

(Organisation : Live Nation)

Marmozets

Un show à la fois décomplexé et déjanté !

Écrit par

Marmozets est un quintet insulaire impliquant uniquement des membres de deux familles. Trois sont issus du clan McIntyre et deux, Bottomley. D’abord la chanteuse Rebecca, le drummer Josh et le guitariste rythmique Sam. Ensuite le gratteur soliste Jack et le bassiste Will. La formation pratique un cocktail truculent de post-punk, power rock, post-hardcore et pop, tout en préservant le sens de la mélodie. En fait elle s’est imprégnée de tout ce qui a construit l'histoire du rock alternatif, à savoir un son brut, revendicatif, issu des bas-fonds et de l'underground des pubs londoniens, pour le transformer en son moderne et contemporain.

Son tout nouvel opus, « Knowing What You Know Now », vient de sortir. Un elpee qui a bénéficié du concours de Gil Norton (Foo Fighters, Pixies, Jimmy Eat World) à la production. En live, le band jouit d’une solide réputation. Il a d’ailleurs déjà ouvert le festival Rock Werchter…  

Le supporting act est assuré Rumours. A son actif, « Infant », un Ep 5 titres paru en mai 2016. Ce quatuor gantois réunit Hannah Vandenbussche, Stéfanie Mannaerts, Jonas Boermans et Pieter-Jan Cools. Soit trois préposés aux synthés, machines et boîtes à rythmes ainsi qu’une chanteuse, dont la voix, à la fois claire et éthérée, évoque celle d’Agnès Obel. Les infra-basses forcent votre serviteur à reculer à l’arrière de la salle. Le son y est meilleur. Le set tient finalement la route et incite le public à se remuer le popotin. C’est à la mode. Donc électro. Il faut donc la chiquer avant de passer à la tête d’affiche…

Place à Marmozets. Le concert s’ouvre par « New Religion ». Un morceau au refrain survitaminé. La frappe du drummer est dévastatrice, sauvage et presque inhumaine. Il se lève de son siège, dès les premières mesures. La voix de Becca suinte de testostérone. C’est presque un instrument à elle seule. On a l’impression de replonger à la fin des 70’s, en pleine punk attitude. Et tout particulièrement sur « Habits », compo au cours de laquelle Marmozets durcit le ton dans ses couplets, alors que lumineux, le refrain contrebalance le timbre particulièrement aigu de Becca, tandis que le tempo emprunte un profil new wave. Sa voix devient enfantine tout au long d’« Insomnia », une ballade paisible et étonnement douce qui ramène le calme dans l’assemblée. Modulable au possible, elle devient carrément perçante sur « Major System Error », un titre hymnique. Saupoudré de quelques notes électro bien senties, « Play » est caractérisé par sa section rythmique hypnotique et ses riffs de grattes incisifs. Parfois on a l’impression que cette section et les vocaux s’affrontent en duel. Véritable frontwoman, Becca occupe totalement l’espace scénique. Elle grimpe sur les retours de scène, adresse une multitude de ‘fuck’ à qui veut les entendre et descend dans la fosse pour prendre la température dans la foule. Qui est alors incandescente. Faut dire que ce soir, Marmozets a accordé un show à la fois décomplexé et déjanté !

Le sonomètre n’a jamais dépassé les 97 Db, mais il faut reconnaître que si le son était puissant, il n’était pas vraiment irréprochable. Donc, il valait mieux assister à ce set le plus près possible de la table de mixage. Votre serviteur était donc dans les parages, durant tout le concert…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Intergalactic Lovers

Une Saint Valentin intergalactique…

Écrit par

C’est la Saint-Valentin. Pas étonnant dès lors qu’Intergalactic Lovers se produise à l’AB. Il y revient d’ailleurs après avoir été programmé en novembre 2017, pour défendre son denier elpee, « Exhale ». Paru deux mois plus tôt, il avait reçu le concours de Gil Norton (Pixies, Foo Fighters), à la mise en forme.

Portugaise, Surma, aka Débora Umbelina, assure le supporting act. Originaire de Leiria, elle a fait le buzz dans le cadre du dernier Eurosonic. Atypique, sa musique mêle instrumentation électronique et organique. Elle se sert ainsi de boucles et de synthés, mais également de la guitare et de la basse. Outre son chant. Une voix particulièrement douce et subtile qu’elle met au service d’un univers soigné et paisible au sein duquel les mélodies pop glissent tranquillement sur des couches sonores aux reflets ambient. Elle vient de publier son premier elpee. Il s’intitule « Antwerpen ».

Elle monte sur l’estrade vêtue d’un jeans noir, d’un tee-shirt blanc et chaussée de baskets de cette même couleur. Blonde, elle porte des lunettes. Elle semble légèrement timide. C’est la première fois qu’elle visite la Belgique. Des sonorités étincelantes de glockenspiel ouvrent le set. Des beats électro/pop singuliers embraient. La loop machine répercute les sons par couches successives. La voix est claire et puérile, évoquant parfois Björk. D’ailleurs, la musique nous entraîne, le plus souvent, vers les fjords profonds et mystérieux du Grand Nord, même si parfois des sonorités africaines (Kuduro et Kizonba) viennent enrichir l’ensemble. Il ne faut pas oublier que l’Angola et le Mozambique ont été, pendant longtemps, des colonies portugaises. La prestation est excellente, même si la démarche (NDR : celle qui consiste à injecter de l’électro, parce que c’est dans l’air du temps) est un peu trop systématique… (Pour les photos, c’est ici)

Votre serviteur suit Intergalactic Lovers à la trace depuis ses débuts. Il doit déjà avoir assisté à ses concerts, plus d’une dizaine de fois. Il ne peut d’ailleurs pas résister au charme et à la belle voix de Lara. Le line up du band implique également le bassiste Raphaël De Mey, le batteur Brendan Corbey ainsi que les gratteurs Maarten Huygens et Philipp Weies. Les influences majeures du combo oscillent d’Interpol à The Cure, en passant par Yeah Yeah Yeahs, Feist et P.J. Harvey. Mélodieuse, mais tour à tour intimiste ou aventureuse, sa pop indé est associée à la voix singulière de la chanteuse Lara Chedraoui, qui a tout pour plaire. Une alchimie troublante entre rage de vivre et contes de fées ténébreux. De quoi apporter chaleur et réconfort jusque dans les plus sombres recoins de son cœur et son âme.

Le light show comprend trois rampes de spots à led pivotants placées au plafond derrière les artistes, et deux, latéralement, pour permettre aux faisceaux de se focaliser sur les artistes en se croisant. Cinq pupitres de hauteurs différentes sont plantés à l’arrière, aux pieds desquels sont intégrés des spots ordinaires. 

De couleur bleue, l’éclairage balaie les planches dans tous les sens. Les musicos montent alors sur le podium, Lara la dernière. Elle est vêtue de noir. « Fears » ouvre alors le show. Frottées, les sonorités des grattes sont grinçantes, stridentes même. Le drumming est métronomique. Une compo infernale, sombre, qui traite des angoisses de la jeunesse contemporaine. Ce soir, sorte d’hybride entre une gazelle sauvage et une fée clochette, Lara me fait parfois penser à Lindsey Stirling. Sa voix est envoûtante, lumineuse ou atmosphérique. Un joli et léger grain rugueux, souvent mutiné, presque encore enfantin se pose sur son timbre, lors de ce morceau…

« Give It Up » émarge davantage au folk. Les cordes de grattes y sont omniprésentes et celles de la basse entêtantes. Acidulé, « Talk Talk » est réminiscent du Blondie des années 70. Pensez à Debbie Harry quand elle interprétait, en sautillant, « Plastic Letters ». Elle semble hantée par la native de Miami, tout au long du second single, extrait du nouvel LP.  

Empreint de mélancolie, « No Regrets » évoque les tracas de la vie quotidienne. « My I » et « For The Young Ones » envoûtent par leurs refrains. Très interactive, Lara s’adresse régulièrement aux premiers rangs. Elle demande de rallumer les lumières de la salle afin de découvrir le public qui l’acclame par des applaudissements nourris. « Great Evader » est parsemé de touches électro. L’ambiance remonte d’un cran dès « Let Go », un titre plus rock bien balisé par la section rythmique et dynamisé par l’électricité des grattes. La setlist n’en n’oublie pas pour autant les hits comme « Delay », « Distance » ou « Between The Lines », paru en juin dernier. Assurément, le bon plan du band alostois. Une compo dont le clip (NDR : à voir et écouter, ici) rend hommage à René Magritte. Et le set de s’achever par « River », au bout de 60’.  

Lors du premier rappel, la formation va nous réserver une version acoustique de « Northern Rd. ». Et du second, « Howl ». Le public est ravi. Le band a rempli son contrat. Et de bien belle manière. Il est annoncé au Ronquières le 5 août prochain ! (Pour les photos, c’est )

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

 

Ezra Furman

Sans se soucier du qu’en-dira-t-on…

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C’est après avoir publié l’album « Perpetual Motion People », en 2015, qu’Ezra Furman s’est réellement forgé une certaine notoriété aux States ainsi qu’en Europe. Il faut d’ailleurs reconnaître que ses disques précédents ainsi que ses collaborations auprès d’autres groupes, n’ont guère eu d’écho, surtout sur le Vieux Continent. Né à Chicago, cet artiste jouit également d’une excellente réputation de performer sur les planches, concerts au cours desquels il ne se cache jamais et donne tout ce qu’il a dans le ventre. Ce qui explique sans doute pourquoi, il figure régulièrement à l’affiche des plus grands festivals de la planète, comme le Primavera Sound, le Paloma ou encore le SXSW… On avait donc hâte de découvrir l’Américain, et surtout les nouveaux morceaux qui figurent sur son septième opus, « Transangelic Exodus », paru quelques jours plus tôt. La salle est comble. Plus aucune place n’était d’ailleurs disponible au guichet du Botanique.

Il est 20h30 lorsque les lumières de la Rotonde s’éteignent. Des panneaux blancs sont installés en fond de scène. Ils reproduisent différents signaux. Les haut-parleurs crachent une musique de bal. Quatre musicos entrent et s’installent aux extrémités du podium. En l’occurrence un bassiste (également contrebassiste), un claviériste (gratteur à ses heures perdues), un batteur et un saxophoniste/xylophoniste/guitariste, habile sur n’importe lequel de ses instruments. Fidèle à son image, Ezra Furman grimpe sur l’estrade vêtu d’une robe et maquillé. L’Américain se soucie très peu du qu’en-dira-t-on. Il n’hésite pas à jouer de son personnage en alternant les poses sensuelles, les crises de nerfs et les danses frénétiques. Jamais avare en paroles, il partage ses sentiments. Plutôt que d’exprimer ses sensations sur un canapé, Ezra Furman les extériorise sur scène, sur laquelle, il se met, en quelque sorte, à nu…

Le set s’ouvre par un titre du nouvel elpee, « Come Here Get Away From Me ». Départ raté comme il le reconnaîtra. Il faudra d’ailleurs attendre deux morceaux avant que la formation ne trouve la bonne carburation. Mais une fois mise en route, la machine ne s’arrêtera qu’une heure et demie plus tard. Le band nous réserve du bon vieux rock’n’roll aux accents punk et parvient à décider quelques spectateurs à danser. Du dernier LP, on épinglera « Love You so Bad », « Driving Down to L.A » et encore « Suck the Blood from my Wound ». Après une bonne heure de spectacle, la troupe vide les lieux. Furman revient d’abord seul et attaque plusieurs compos en s’accompagnant à la guitare. On découvre alors son talent de songwriter à l’état brut. Ses musicos reviennent ensuite pour interpréter les derniers titres, et notamment le tube « Restless Year ».

On ne regrettera pas cette soirée passée en compagnie d’Ezra Furman. On a découvert un personnage haut en couleurs qui assume ses choix. Sa musique réchauffe, insuffle une bonne dose d’énergie. Tout ce dont on avait besoin en ce mois de février hivernal.

(Organisation : Botanique)

White Wine

Un trio hors du commun !

Quand l'attachée de presse du Botanique vous confie : ‘Va voir White Wine, c'est un truc pour toi’, il faut y aller les yeux fermés. C'est ce qu'on a fait et franchement, on n'a pas été déçus !

En une heure et demie de concert, le trio basé à Leipzig a balayé un spectre de styles musicaux particulièrement large : du post punk à l'industriel en passant par la no-wave, pour accoucher d'une dark pop expérimentale aussi bizarroïde qu'attachante. Drivée par le chanteur/guitariste américain Joe Haege, cette formation implique également le drummer Christian ‘Kirmes’ Kuhr ainsi que Fritz Brückner, aux claviers, à la basse et au basson. Ces deux derniers sont de nationalité allemande.

Au fil du set, on pense, tour à tour, à Devo, PiL, The Fall, Talking Heads et, parfois, à Muse ou Franz Ferdinand. Joe Haege ressemble d'ailleurs un peu à Alex Kapranos. Une des particularités du groupe vient de la présence d’un basson, un instrument de la famille des bois, très imposant. Joué par Fritz Brückner, il apporte une couleur expérimentale unique à plusieurs titres de White Wine. Mais c'est surtout Joe Haege qui focalise tous les regards. Au tout début du concert, il apparaît, assis contre le mur, en plein milieu de la salle, avant de rejoindre le podium. Une entrée en matière plutôt singulière ! Au cours du show, il quitte à nouveau l'estrade pour se mêler au public en feignant de trébucher. Pendant « Falling from The Same Place », il prend place au milieu de la fosse dans une zone balisée par deux guirlandes lumineuses. Sans oublier le moment au cours duquel il passe la tête à travers le trou d’une affiche en pop-up (voir photo). Son engagement est total et il en vient même à concéder, entre deux chansons, que cette dépense d'énergie est addictive pour lui. 

La setlist est bien entendu articulée autour du second et tout dernier opus de White Wine (NDR : autrefois il portait le patronyme de Vin Blanc/White Wine) : « Killer Brillance », paru l'an dernier sur le label Altin Village & Mine Records. Au passage, Joe Haege n'oubliera pas de remercier ses amis de BRNS, qui, en 2017, ont invité le trio à se produire lors d'un 'home concert' à Bruxelles et au Reflektor de Liège.

Au moment d'évaluer ce concert, force est d'épingler une inventivité et une originalité peu courantes tant au niveau musical que dans la recherche scénographique! Ce qui incite à approfondir la discographie de ce trio décidément hors du commun !

(Organisation : Botanique)

 

Nils Frahm

Exit le jeu de scène et le superflu, il ne reste que le musicien face à son public.

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Ces 8 et 9 février, l’Ancienne Belgique accueille l’étoile allemande de la musique néo-classique, Nils Frahm. Programmées quelques mois plus tôt, les deux performances consécutives du pianiste affichent ‘complet’ depuis belle lurette. Il faut dire que le musicien établi à Berlin est un digne représentant de cette scène musicale qui réalise un pont entre la musique indé et le classique. C’est lui qui a ouvert la voie à des artistes tels qu’Olafur Arnalds ou encore Peter Broderick. Son dernier opus, « All Melodies », paru au début du mois a, tout comme ses précédentes productions, récolté des avis unanimement favorables. Votre chroniqueur se consacre à la soirée du vendredi. Compte-rendu

Il est près de 20h30 lorsque Nils Frahm grimpe sur les planches. La salle est pleine à craquer. Votre serviteur opte pour le balcon. Il y restera bien confortablement assis dans son fauteuil de velours rouge, y bénéficiant, en outre, d’une vue imprenable.

Six pianos, orgues et autres filtres trônent devant la fosse et entourent l’artiste. Pendant deux heures, Nils Frahm va courir de l'un à l'autre. Ou de l'autre à l'un, selon. Quelque part entre classique, électro, rock et jazz, il crée sa propre musique en jouant de ou en bidouillant sur ses instruments.

Les plages de « Spaces » et du dernier LP, « All Melodies », se succèdent, entrecoupées par les remarques mi-gênées mi-amusantes de Nils. Hypnotiques, les plus enlevées passent parfaitement la rampe. Le public est enthousiaste, sans pour autant se lancer dans le pogo.

Le bât blesse lorsque Nils Frahm s'assoit devant son piano droit. Les bières tombent, les ‘chut !’, tout aussi désagréables, y répondent. Certaines personnes s’imaginent à la messe ou dans un stade de foot, pas à un concert à l'AB. Ici, la musique vit. Casque et canapé seraient peut-être à privilégier pour certains énergumènes.

Le concert se poursuit cependant et les morceaux se succèdent. Finalement, Nils annonce qu’il interprétera encore deux titres. Il n’en accordera pas davantage. Il ne consent d’ailleurs jamais de rappel ! En fin de set, il s'amuse à marteler son majestueux piano à queue avant de quitter la salle sous les applaudissements d’un public heureux d’avoir pu assister à une expérience musicale particulière, loin des concerts dits conventionnels. Ici, seules comptent la musique et l’ambiance. Exit le jeu de scène et le superflu, il ne reste que le musicien face à son public. 

(Organisation AB + Toutpartout)

Galantis

Un avant-goût de Tomorrowland…

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Soirée ‘Electro’ à l’Ancienne Belgique en mode ‘Ballroom’ ou propice à la danse, si vous préférez. Un public majoritairement féminin et assez jeune (NDR : entre 15 et 25 ans) attend le duo suédois Galantis. Christian ‘Bloodshy’ Karlsson (NDR : il milite également au sein du trio Miike Snow) et Linus Eklöw, aka ‘Style of Eye’, multiplient les expériences : depuis la production au dee-jaying, en passant par la composition de musique électronique et l’écriture de chansons. Deux albums et quelques hits à leur actif, dont le single « Runaway (U & I) », publié en 2014…

Premier supporting act, Pat Lak, un dj issu de Vancouver. Pendant une demi-heure, il va se contenter de remixer des tubes. Il paraît plutôt à l’étroit, sur les planches. Faut dire que le matos de Galantis en impose…

CID suit. Et il a un don pour faire danser la foule. Pendant 30 minutes, il va littéralement mettre le feu, et tout particulièrement lorsqu’il va s’attaquer au « 99 Luftballons » de Nena. Pendant son set, il va même lancer des casquettes sur lesquelles figure son nom. On se serait presque cru au Tour de France…  

Le matériel de Galantis est impressionnant. Il y a des tas de projecteurs. Dont dix devant le podium. Entre ceux-ci des appareils Jet de CO2 fumée froide. Des machines et des synthés sont posés sur des tréteaux. Une énorme estrade campe au milieu. Une autre à l’arrière, sur laquelle se dresse quatre énormes ‘tom bass’ qui entourent un immense tambourin utilisé par Imagine Dragons, lors de ses concerts. Ces percussions ne seront utilisées qu’à deux reprises, en début de parcours. Le light show abuse des stroboscopes (NDR : votre serviteur ne fermera d’ailleurs pas l’œil de la nuit !) Pourtant, le set de Galantis tient parfaitement la route. De temps à autre, l’un des 2 Mc’s empoigne un micro et crache quelques mots dedans. Mais la musique et les vocaux sont essentiellement dispensés par les ‘samples’ des machines. Les appareils Jet propulsent de l’eau et de paillettes givrées tout au long du show. Pas vraiment une bonne idée ! Afin, sans doute, de reproduire la foudre et la tempête. Mais ils sont mal réglés. Si bien qu’après 75 minutes, votre serviteur est trempé. Il a donc quitté le navire. S’il a apprécié le set des Scandinaves, il n’ira certainement pas passer 3 jours au festival Tomorrowland pour subir cette musique boostée par les lights et se faire asperger de flotte glacée…

(Organisation : Live Nation + Tomorrowland)

 

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