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Concerts

GoGo Penguin

Comment rendre le jazz accessible au plus grand nombre…

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Ce samedi 10 mars, l’Ancienne Belgique accueillait l’un des groupes les plus excitants qui sévit depuis quelques mois : GoGo Penguin. Ce n’est pas la première fois que la formation anglaise rallie la capitale européenne. Il y a quelques mois, elle se produisait à Flagey, afin de donner sa propre version de la B.O. du film culte « Koyaanisqatsi », réalisé par Godfrey Reggio. Une belle illustration de son potentiel.

Originaire de Manchester, le trio appartient à cette catégorie d’artistes ou de groupes capables de gommer les frontières entre les genres musicaux. Plus exactement, à l’instar de Kamasi Washington ou de Badbadnotgood, le band tente de rendre le jazz accessible au plus grand nombre. Un jazz qu’il mêle à l’électronique, sans jamais perdre de vue le sens mélodique. Après voir gravé l’excellent « Man Made Object », elpee qui lui avait permis de se forger une certaine notoriété, GoGo Penguin est venu défendre son nouvel opus, le tout aussi épatant « A Humdrum Star ».

Le public, ce soir, est multigénérationnel. Tous les balcons sont accessibles et la salle est aux trois-quarts pleine. Peu de groupes de jazz peuvent se targuer d’attirer un auditoire aussi conséquent.

A 21h les lumières s’éteignent. Chris Illingworth s’installe au piano à droite du podium. Rob Turner, à l’autre extrémité, derrière ses drums, tandis que Nick Blacka, le préposé à la contrebasse, se plante au milieu. Derrière chaque musicien, un pingouin est projeté sur un écran. L’éclairage est sobre et efficace. Pendant une heure et demie, GoGo Penguin va puiser essentiellement son répertoire au sein de son dernier LP. Dès les premières notes, on est impressionné par la précision des trois instrumentistes, reflet de leur formation académique. Tels des équilibristes, ils enchaînent les constructions complexes et empruntent des chemins inattendus pour finalement toujours retomber sur leurs pattes. Sans laisser le moindre temps mort, ils enchaînent tour à tour les prouesses. Mêmes les transitions sont élaborées. Face à tant de technique et de richesse musicale, et afin d’en savourer pleinement la qualité, il faudrait que chaque prestation soit individuelle, plutôt que de se concentrer sur une perception d’ensemble. N’empêche que le mélomane ne peut que sortir comblé, d’une telle prestation. Un concert qui, j’en suis sûr, réconciliera beaucoup de monde avec le monde du jazz.

(Organisation : Ancienne Belgique + Live Nation)

Landscape Magazine

Libre de tout carcan…

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La Cellule 133A se niche près de prison de Saint-Gilles. Heureusement, la salle est plutôt sympa. D’autant plus que deux graphistes, Sophie De Meyer et Julie Hecquet, en ont profité pour exposer leurs œuvres sur ses murs. En outre, au cours du set, elles vont proposer une ‘Live Painting Performance’. Ce sont également elles qui ont réalisé les visuels et l’artwork de l’album « To The Land » de Landscape Magazine, un duo réunissant Dego Higueras et Nicolas Draps, deux musiciens aux parcours diamétralement opposés.

Né au Pérou, le premier est un guitariste polyvalent aux influences multiples, mais dont l’enfance a été bercée par les courants blues et rock issus des 70’s.

Diplômé du Conservatoire Royal de Bruxelles, le second est belge. Violoniste, il a voulu se détacher de sa condition d’interprète pour embrasser un parcours plus créatif, inspiré par les musiciens du monde pop/rock ou jazz qui le fascinent.

Landscape Magazine est un projet basé sur la recherche de sons, de mélodies et d’effets propices à l’imagination, l’espace et la rêverie.

Pas très grand, l’endroit peut accueillir un max de 100 personnes. Pas plus. Mais le son y est excellent.

Le supporting act est assuré par Riki Delpine. Chaussé de lunettes fumées, il se sert d’une loop machine tout en jonglant entre basse et guitare. Et il est plutôt adroit pour mettre les différentes nappes sonores en couches. Lors du premier morceau, il expérimente des sonorités à l’aide d’une gratte électrique, alors que par la suite, il va épater la galerie sur sa guitare flamenco. Mais 20 minutes, c’est un peu court pour pouvoir se faire une idée du potentiel d’un artiste…

La musique dispensée par Landscape Magazine est essentiellement instrumentale, mais le plus souvent déroutante voire avant-gardiste. Violoniste virtuose, Nicolas est également alchimiste du son. Il le torture. A l’aide de cet instrument électrifié, il est en perpétuelle recherche. Baignant au sein d’un climat ‘new age’, « Chrysalide », morceau qui ouvre le set, est plutôt cérébral. Les deux musicos ont revêtu des vestes blanches. Celles de chimistes ou d’alchimistes ? Ils se servent également d’une loop machine, placée au milieu du jeu de quilles. Et tout au long du show, ils vont constamment triturer des boutons, parfois à même le sol, manipuler des manettes ou encore écraser des pédales de distorsion. L’exercice est parfois périlleux ; d’ailleurs, il ne sera pas exempt de petits problèmes techniques. Ce qui finalement, ne nuira pas à l’ensemble de la prestation. C’est le principal ! Diego a cependant plusieurs cordes à son arc : une guitare électrique, une semi-acoustique et une lap steel posée sur un support. Parfois, lorsqu’il s’autorise des soli de haute volée, le spectre de Ben Harper ou de Santana se met à planer. Le tandem explique avoir énormément bossé sur son album et nous réserve des morceaux issu de cet essai, composés, récemment. De quoi nous donner l’eau à la bouche, en attendant sa sortie officielle. Ambient, « Ballade Pour Tina » marque une pause. De quoi reprendre son souffle. Avant un retour à un climat plus rock, parfois teinté d’électro. Une chose est sûre, expérimentale, la musique de Landscape Magazine est libre de tout carcan…

(Organisation : Cellule 133A + Landscape Magazine)

 

Baxter Dury

En toute décontraction et dans la bonne humeur…

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Jeudi dernier, le Botanique accueillait un habitué des lieux. Et pour cause, c’est la cinquième fois que Baxter Dury foule les planches d’une salle du Botanique. La toute dernière, c’était en 2014, dans le cadre de la présentation de son album, « It’s a Pleasure ». Quatre ans plus tard, il est venu défendre son tout dernier, « Prince of Tears », paru en 2017. Un opus moins convaincant que le précédent, nonobstant ses quelques petites perles. Cette légère baisse de régime n’a pas pour autant découragé la foule, puisque le show est soldout depuis quelques jours. Faut dire que le fils de feu Ian Dury peut compter sur un large panel d’aficionados, au sein duquel toutes les générations sont représentées.

A 21 heures tapantes, les lumières s’éteignent. Les haut-parleurs crachent une musique de bal. Les musicos grimpent sur le podium. Deux choristes/claviéristes s’installent aux extrémités de l’estrade. Un guitariste, un bassiste ainsi qu’un batteur se plantent en retrait. Ils commencent à jouer, avant que Baxter Dury n’entre en piste. Vêtu d’un costard cravate, le dandy britannique, malgré quelques cheveux gris en plus, est toujours aussi élégant. Dès l’entame du set, il nous gratifie de quelques pas de danse désarticulés. En toute décontraction. Le concert s’ouvre par « Isabel », une excellent compo issue de son elpee, « Happy Soup ». Entre les morceaux, sourire en coin, Dury s’amuse à chauffer le public, voire à taquiner des spectateurs bavards. Il enchaîne les titres de son dernier LP, en passant du micro au piano. Mais également les chansons qui ont fait son succès. Le son est parfait. La guitare et la voix de l’Anglais sont bien mis en évidence et sont parfaitement soutenus par les choristes qui, elles aussi, n’hésitent pas à oser quelques mouvements de danse.

Un peu avant 22h, la formation vide les lieux. Quelques instants plus tard, après avoir reçu une rose, de la part d’une admiratrice, le natif de Wingrave et sa troupe accordent deux derniers morceaux ; en l’occurrence le savoureux « Cocaine Man » et son dernier single, « Prince of Tears ». On ne pouvait rêver mieux pour couronner un concert au cours duquel la bonne humeur était omniprésente...

(Organisation : Botanique)

King Dalton

Des musiciens particulièrement talentueux…

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King Dalton est un quintet issu du Nord de la Belgique réunissant des musiciens expérimentés. En l’occurrence les frangins De Meester, Jonas (Laïs) et Pieter (Stavroz, Tiger Horse, Meester Tanghe) ainsi que Tomas De Smet (A Brand), Jorunn Bauweraerts (Tiger Horse, Meester Tanghe, Laïs) et Frederik Heuvinck (Zita Swoon, Think Of One, Broken Circle Breakdown Bluegrass Band). La formation pratique une musique qui oscille du blues au folk, en passant par le jazz, le psychédélisme, le funk, et on en passe… Parmi ses influences majeures, on pourrait citer J.J. Cale, Jimi Hendrix et Daniel Norgren. Il vient de publier « The third », son troisième elpee…

La salle est comble pour accueillir King Dalton. Le groupe monte sur les planches à 20h30 précises, après la diffusion d’une bande préenregistrée. Pieter, le guitariste, a revêtu un manteau à capuche de couleur verte. Cette capuche dissimule une chevelure abondante. Devant lui trône un imposant saxophone baryton. Jorunn s’installe devant son micro et son synthé.

Lors des trois premiers titres, Jonas se sert d’un bouzouki irlandais. C’est lui et le guitariste qui mènent la danse durant la première moitié du folk traditionnel « Velvet Highway », un extrait du dernier elpee. D’abord paisible, la compo s’emballe quelque peu à mi-parcours. Pieter triture ses cordes et tel un pantin désarticulé (NDR : il ne tiendra pas en place, d’ailleurs, tout au long du show), gesticule dans tous les sens. Jolie, la combinaison des deux voix me fait penser à celle du duo Angus et Julia Stone.

Pour attaquer « Light On The Water », la chanteuse empoigne un tambourin (bendir) alors que le drummer tapote ses cymbales à l’aide de chaînes métalliques, un morceau exotique qui lorgne vers Robert Plant et son Sensational Space Shifters. Pieter a opté pour la sèche afin d’aborder « Secrets », un titre qui s’ouvre dans l’americana avant qu’il la troque pour son sax en se plaçant dos au public. Il jette un œil vers son frère, et la chanson nous propulse à la Nouvelle Orléans. Blues, « Dawn My Luck » nous entraîne dans le bayou du Delta. La foule reprend en chœur le refrain de « Walking Wounded », le single qui a précédé la sortie du long playing. Pieter se trompe de répertoire. Ses acolytes s’arrêtent et l’observent d’un air goguenard, avant qu’il ne se ravise. Place alors à « Medecine Man » et « Diligence », deux extraits de l’opus éponyme. Ce dernier concède des influences manifestement africaines. Tout en émargeant au psyché/rock, « Shuffle The Cards » lorgne vers dEUS voire Zita Swoon. Logique au vu des antécédents de certains membres du band.

La voix de Pieter devient chevrotante alors que celle de Jorunn grimpe dans les aigus pour « High Tide ». Après le plus pop/rock « Sudden Deafness », le set embraie par l’americana « Beach House », un morceau au cours duquel l’autoharpe et la mandoline vont s’imposer, puis s’achève par le tendre « 1600 », moment choisi par Jorunn pour souffler dans son mélodica. En rappel, le combo va nous réserver deux titres.

Eclectique, intense, souvent intimiste, mais fort agréable, ce concert a surtout mis en exergue des musiciens particulièrement talentueux.  

(Organisation : Ancienne Belgique)

From Kissing

Taillé pour le ‘live’…

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C’est la release party organisée dans le cadre de la sortie officielle du premier album de From Kissing, « Lumières Noires », un disque produit par Neda Raffaele D'Anello (Meatbeat) et enregistré entre la Belgique et en l’Italie. Le rendez-vous a été fixé dans l’Auditorium de la RTBF à Mons. Une belle salle où l’acoustique est impeccable. Vu la météo, seule une centaine de personnes se sont déplacées. La salle est donc à moitié vide ou pleine, selon.

Partagé équitablement entre Binchois et Montois, le groupe avait publié trois Eps avant de graver ce premier elpee. Le line up actuel réunit Mass Panza (guitare, synthé, prog, chœurs), Chris Willems (chant), Bastien Preaud (basse, synthé et prog), mais plus son fils, Antoine (drums), remplacé par Hervé Tricot. Même si sa musique navigue dans des eaux sonores proches de Nicolas Testa, elle puise également ses références chez IAMX, Interpol et Editors. Notamment.

Avant que la formation ne débarque, un light show multicolore balaie le podium, sur lequel a été posé une estrade afin d’y installer l’imposant kit de batterie. 

« City Lights » ouvre le set. La ligne de basse est frémissante. Les accords de gratte sont fluides, avant de monter en puissance. Massimo la délaisse quelques instants pour se consacrer aux claviers. Chris déborde déjà d’énergie. Il est en perpétuel mouvement, harangue le public et l’incite à applaudir. Il accompagne son chant –en anglais !– d’une gestuelle comme s’il était habité. Il part à l’assaut du drummer avant de revenir sur ses pas. Parfois sa voix emprunte des inflexions à Robert Smith. Lors des compositions les plus rock, on distingue quelques réminiscences empruntées tantôt à Big Country, malgré les quelques beats electro. Ou alors à un Muse contemporain. Les cordes et les claviers se chargent d’intensité, au fil de « Get Up », alors que la voix devient atmosphérique. Le combo n’en oublie pas le single, « Gazolina ». A la fois dansant et radiophonique, au cours duquel une contorsionniste rejoint le band sur la scène, ce titre électro/pop fait l’objet d’un clip vidéo (NDR : c’est à découvrir ici).

Dans le même esprit « Runaway » lorgne vers un Simple Minds remis au goût du jour. Parfaite, l’intervention au clavier y est sans doute pour quelque chose. Christophe teste la longueur du fil de micro, puis s’aventure dans l’auditoire, en escaladant les fauteuils. Acrobatique, cet exercice lui permet de rentrer en contact avec les spectateurs. Manifestement, c’est une véritable bête de scène. Puissant, « Light Me Up » synchronise jeux de lumières et musique. « Heavy Heart » rappelle les références puisées chez IAMX. Et caractérisé par ses sonorités électro torturées, l’excellent « A Drop » aurait pu figurer au répertoire de Nicola Testa. Le set s’achève par « West Coast ». Avant qu’en rappel, le groupe ne concède deux morceaux, « Arches » et « Lost And Found ».

Manifestement, From Kissing est un band taillé pour le ‘live’. Alors, s’il passe près de chez vous, n’hésitez pas à aller l’applaudir…

(Organisation : GOGO Booking + Fron Kissing)

Ibeyi

Du cœur et de l’énergie à revendre…

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Près d’un an après la sortie de son dernier opus et plus de cinq après son dernier passage à Bruxelles, Ibeyi est de retour dans la capitale européenne. Manifestement, les jumelles franco-venezuelo-cubaines (NDR : ce sont les filles du regretté Anga Diaz, l’ex-percussionniste de Buena Vista Social Club) ont pris du galon. En outre, de curiosité, le duo est passé au statut de hype, depuis l’an dernier. Le dernier elpee a été salué par la critique. Même Beyoncé est tombée sous le charme. Un disque pour lequel elles ont reçu le concours de Kamasi Washington, Mala Rodriguez ainsi que de Chili Gonzalez, lors des sessions d’enregistrement. Le concert est soldout depuis plusieurs mois. Ce qui confirme l’engouement suscité par les filles…

Une demi-heure après la fin de la première partie, assurée par le duo louvaniste, Esther and Fatou (pour les photos, c’est ici), les lumières s’éteignent à nouveau. Quelques instants plus tard, les deux sœurs montent sur l’estrade, vêtues de combinaisons rouges. Elles ne se ressemblent pas comme deux gouttes d’eau, mais il y a quand même un air de famille. A droite de la scène, Lisa-Kaindé, la pianiste à la voix haut perchée, se différencie par sa coupe de cheveux africaine. De l’autre côté, derrière un sample pad et un bata (deux tambours en sablier à tête double), Naomi Diaz, la percussionniste à la voix cassée, laisse pendre deux longues tresses sur les côtés de son visage et une à l’arrière de la tête. Les personnalités se complètent à merveille. Au fond de la scène, en guise de décor, le logo de la pochette d’« Ash » est suspendu. 

Pendant une heure et demie, elles vont servir un cocktail de r’n’b, soul et musique latine, sur lequel elles chanteront, tantôt en anglais, en espagnol ou en yoruba (langue originaire d’Afrique de l’Ouest qui s’est étendue aux Antilles suite à la traite négrière). Elles ouvrent le show par « I Wanna be like You » et embraient par « No Man is Big Enough for My Arms » et « Away Away ». Dès le début, les jumelles sont dans leur rôle. Elles se déplacent de gauche à droite (NDR : ou l’inverse) et se motivent mutuellement. Entre les morceaux, elles n’oublient pas d’échanger quelques mots avec un public conquis d’avance. Après l’avoir bien chauffé, elle se plantent au centre du podium, côte à côté : Lisa-Kaindé derrière plusieurs claviers, Naomi sur un cajon (caisse claire originaire d’Amérique latine). Elles attaquent alors plusieurs morceaux plus paisibles tels que « Vale » ou « Mama Says ». Mais après cette accalmie, le set redémarre de plus belle, notamment à travers le plus latino « Me Voy » ou le single issu du premier LP, « River », interprété lors du rappel.

Au-delà de la richesse de leur musique, ce qui impressionne, c’est le cœur mis et l’énergie déployée par Ibeyi tout au long du spectacle. Un bel exemple ? Lorsqu’elles exhortent la foule à les suivre pour crier ‘Whatever happens, whatever happened (oh hey). We are deathless’ sur le judicieusement intitulé « Deathless ». Et les quelques petits problèmes techniques rencontrés en milieu de parcours ne sont pas parvenus à déstabiliser les frangines. Au contraire, cet incident va décupler leur vitalité déjà débordante (pour le photos, c’est ).

(Organisation : Ancienne Belgique + Live Nation)

 

FùGù Mango

Un invité surprise !

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Ce soir, il fait un froid de canard à l’extérieur. Et pourtant, 800 âmes se sont déplacées pour aller applaudir Fùgù Mango, à l’Ancienne Belgique. Le band est venu y défendre son premier elpee, « Alien Love », paru en septembre dernier, opus qu’il a déjà eu l’opportunité de promouvoir, à travers de nombreux concerts, que ce soit en salle ou lors des festivals.

Elbi assure le supporting act. Lauréate de l’édition 2018 du ‘FAIR’, cette auteure, productrice et DJ qui se sert autant du visuel que du corporel, propose une musique qui mêle soul, deep techno, r’n’b, jazz et hip hop, soit dans un registre qui oscille de Solange à Roméo Elvis, en passant par Ibeyi, Carl Craig, M.I.A. et Camille, un kaléidoscope d’influences propres aux kids des 90’s. Cette créatrice multi facettes a alimenté son projet au gré de ses séjours, s’imprégnant à la fois de la culture et des paysages des continents qu’elle visite. A son actif un Ep 6 titres, « Colourful shores », publié l’an dernier. Intitulé « Shadows », le nouvel Ep devrait bientôt sortir.

Elbi déboule sur le podium. Elle a enfilé un pantalon à patte d’éph’ et porte un manteau large et vaporeux. Le tout de couleur orange. Elle est chaussée de baskets blanches. Un ordinateur est posé, à l’arrière, sur le sol. Il dispense des samples de beats électro et de sonorités africaines. Elle danse, bien sûr, et se contorsionne dans tous les sens, au rythme de la musique. Elle est rejointe par une autre contorsionniste, pendant deux titres. La danse, le corps et le mouvement sont omniprésents : indissociables de cette voix hypnotique et de ces rythmes pétillants. Une voix résolument soul qui ne se noie jamais dans l’ensemble. On aura également droit à deux plages du prochain Ep, « Hi & Low » et « Walking In The Forest », deux compos qui traitent de la remise en question du genre humain, de son évolution, et invitent à une méditation active pour atteindre un monde meilleur.

Une bande préenregistrée est diffusée avant la montée sur scène de Fùgù Mango. Des spots bleus balaient la salle de gauche à droite et en hauteur. Jean-Yves et Vincent Lontie, Anne Hidalgo, Sam Gysen et un percussionniste débarquent sur les planches. Ce dernier va se charger des congas et des djembés, Vincent se contentant de percus accessoires, pour ce soir. Quant au vocaux, ils seront assurés essentiellement par les frangins et Anne.

Le set s’ouvre par « Kylie’s Dream ». Le morceau a été retravaillé, comme de nombreux titres proposés ce soir. En fait, plus riches en percussions, ils adoptent une coloration davantage africaine ou alors antillaise. Ce qui incite de nombreux spectateurs à remuer le popotin et les gambettes. « Summer Days » nous entraîne d’ailleurs aux Caraïbes. On y rêve du sable chaud, des cocotiers et des embruns maritimes qui vous fouettent le visage… Anne est au micro, bientôt rejointe par Vincent qui tapote ses percus minimalistes, en ondulant les bras suivant le rythme endiablé. A l’issue de cette compo, ce dernier remercie l’auditoire et annonce le titre suivant : le plus paisible « Black Powder ». Le temps d’admirer une petite plage au coucher de soleil. Mais on ne sait plus si c’est à Punta Cana ou Blankengerge. L’inévitable « Alien Love » nous rappelle que certaines personnes rencontrent parfois des extra-terrestres pour organiser des ‘plans coquins’. Vincent, lui aussi, a côtoyé les extra-terrestres de l’amour… Caractérisé par sa ligne mélodique soignée, cette compo est enrobée de chœurs, et dynamisée par les percus tout en s’autorisant des envolées lyriques ; et elle s’achève au rythme des beats électro. Le public apprécie et applaudit. Retour au calme pour « Gone With The Sea », un morceau qui bénéficie du concours de deux invités, Boris et François. Avant que « Floarea » ne relance la machine. Vincent demande au public de reprendre le refrain réverbéré, ce qui crée de superbes polyphonies vocales. Nouvelle compo, « Noir And Haze », baigne dans la salsa. Et dans la foulée, riche en percus, « Mango Chicks » fait encore grimper la température d’un cran. Enfin, après l’électro/funk « Liar », « Birthday Beast » clôt le set.

Lors du rappel Boris et François sont de retour, mais surtout –ô surprise !– Frank Baya, l’ex-âme sacrée du band, pour attaquer un « High » d’enfer, magistral même…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Her Lies Man

Un mensonge sur la marchandise?

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Soirée éclectique, ce soir, à l’ABClub. Au menu afrobeat, punk, noisy, rock expérimental et, metal ou world. Suivant les formations. D’ailleurs le site de l’institution annonce que ces concerts sont destinés à ceux qui apprécient Goat, White Hills, Kikagaku Moyo, Pontiak, The Well ou encore King Gizzard & The Lizard Wizard. Peu de monde pour accueillir ces groupes. Plus ou moins 70 spectateurs dont de nombreux guests. Faut dire que c’est la grève dans les transports en public.

Le podium est encombré de matos. Deux batteries imposantes et des amplis amplis ‘Marshall’ et ‘Orange’ trônent de part et d’autre de l’estrade. Seuls les deux premiers combos vont se servir de ces drums. A droite, on remarque la présence d’un synthé.

Moar ouvre les hostilités. Un trio anversois à la structure classique basse/guitare/batterie. Il pratique une forme de punk/rock/garage teinté de noisy. Il vient de graver « Future Furby », un vinyle découpé en 17 plages plutôt courtes. Le set démarre d’ailleurs par « Man inside in hole », un titre d’1’40. Et les autres compos dépassent rarement les 3’. Elles s’enchaînent sans le moindre temps mort. Les riffs de gratte son incendiaires et la ligne de basse vrombit. La musique est à la fois puissante, hypnotique et parfois aventureuse. Une découverte intéressante…  

Youff embraie. Un power trio gantois à la même structure, responsable d’un Ep (« Spit ») et d’un elpee (« Meh »), à ce jour. C’est le drummer, dont la frappe métronomique est particulièrement efficace, qui se charge des vocaux ; et sa voix est assez singulière. Primitive, gutturale, elle semble émaner des profondeurs de l’enfer. Faut dire qu’il a placé son drôle de micro autour de sa gorge, de manière à répercuter le son de ses cordes vocales. Aussi quand il se désaltère, on entend le bruit de l’eau qui coule dans son gosier. Ce qui provoque l’hilarité dans le public. C’est également lui qui assure le show. L’expression sonore baigne dans le black metal. Le band va aligner 8 titres ravageurs. En fin de parcours, le guitariste descend dans la fosse pour y gorgoter. Pas de bol, son exercice de style est totalement inaudible…  

Her Lies Man est une formation californienne dont le style serait comparable à in Black Sabbath converti à l’afrobeat de Fela Kuti. Pourquoi pas, si le cocktail est détonnant ! Fondé par Marcos Garcia, le guitariste d’Antibalas, ce quintet cherche donc à combiner les expériences des rythmiques ouest africaines avec les riffs entêtants du heavy rock. Le line up implique également le guitariste/chanteur Chico Mann, le drummer Geoff Mann, le bassiste JP Maramba et le préposé aux synthés Will Rast. Il y manque le percussionniste Rich Panta. Ils sont tous barbus. Les riffs de grattes sont à la fois écrasants et obsessionnels. La musique est manifestement contaminée par le psychédélisme, mais également, et circonstanciellement par le jazz/rock et plus rarement, le funk. Big problem, elle est tellement répétitive, que si après 10 minutes, on encaisse, une demi-heure plus tard on délaisse… Un concert peu trop indigeste au goût de votre serviteur… et ce n’est pas un mensonge… sauf peut-être en ce qui concerne la marchandise…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Russ

Au vu de l’engouement suscité par la foule, manifestement, Russ est connu comme le loup blanc…

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Digne héritier de 50 Cent et d’Eminem, Russ est l’étoile montante du hip hop yankee qui fait le buzz sur la toile. Il a fait sensation, dans le cadre du dernier festival Pukkelpop. Agé de 24 ans, ce musicien, chanteur, auteur, compositeur et producteur puise essentiellement ses influences dans la soul, le r&b et le rap, notamment à coloration East. Mais également dans le reggae et le trap sudiste. Dans la plus pure tradition US. Et tout particulièrement celle instituée par Kanye West et Drake. La tournée européenne qui transite ce soir par Bruxelles a été baptisée ‘There’s Really A Wolf In Europe Tour’. Le concert est sold out et accueille une majorité de jeunes dont l’âge oscille de 15 à 25 ans. Pas de supporting act. Russ est venu défendre son tout premier véritable album, « There's Really A Wolf », paru en mai dernier ; les onze précédents se résumant à des mixtapes. Ce qui ne l’a pas empêché décrocher une volée de disques d’or et de platine.

Dans la fosse, certains spectateurs sont déjà huchés sur les épaules des autres. Surélevés, les nombreux stroboscopes éblouissent la foule. Les applaudissements sont nourris quand, coiffé d’un bonnet noir et micro en mains, l’artiste grimpe sur l’estrade. La foule semble déjà tombée sous le charme. Pas un seul musicien n’accompagne la star. Simplement un préposé aux machines et matos informatique. Manifestement, ce soir, il va y avoir des samples ! Deux immenses écrans l’encerclent. Sur lesquels seront projetées des images du loup en marche, filmé par une caméra à infrarouge ou plusieurs logos de ce canidé qui figure également, mais stylisé, sur la pochette de son elpee.  

Dès « What They Want », c’est la folie dans l’assemblée qui reprend à l’unisson, les paroles de la chanson. Et elle les connaît par chœur. Le natif d’Atlanta a un don pour manipuler les masses, et multiplie les ‘hands up’, ‘fuck you’ et ‘jump’. C’est lui, le chef d’orchestre, qui d’un doigt en avant ou d’un bras en rotation enjoint la foule à vibrer. Le dancefloor est immédiatement réactif aux gestes de Russ. Il n’y a même pas encore 5 minutes de concert, et tous les spectateurs, y compris ceux installés confortablement dans leurs fauteuils, remuent le popotin.  

Tout au long de « Too Many », le flow est lent et calibré. L’œil du loup devient perçant et perfore littéralement l’auditoire. Ce flow s’emballe sur « Waste My Time ». Le light show est passé au rouge. Les samples foisonnent. Russ tend son micro vers l’auditoire qui reprend le refrain dans un bel ensemble. La température grimpe encore d’un cran. Rarement votre serviteur a assisté à un tel engouement pour un rappeur ! R&b classieux, « Wife You Up » (NDR : plus de 9 millions de vues sur YouTube) est alimenté par des ivoires samplés. La voix est devenue plus douce pour ce titre.  

Le loup réapparaît pour « Pull The Trigger ». Les stroboscopes pulsent. Les lumières bleues s’imposent. Réapparition des mains tendues et des smartphones qui transforment la salle en ciel étoilé sans pollution. L’œil du carnivore brille à nouveau pendant « Flip ». Russ arpente les planches de gauche à droite ou l’inverse. Quatre bodyguards veillent derrière lui. Aucun débordement n’est permis. On ne grimpe pas sur le podium ! Pas de problème, l’ambiance est bon enfant. R&B indolent, « Don’t Lie » opère un retour au calme. Le public reprend le refrain à l’unisson pendant le percutant « Back To You », alors que Russ s’autorise des parties vocales a cappella. Sa voix est lumineuse. L’incontournable « Do It Myself » clôt le set. Et le loup réapparaît sur les écrans.

En rappel, Russ revient accompagné de 4 compères pour attaquer « What They Want », dans une hystérie finale, qui s’achève comme elle a commencé.

Les prestations ‘live’ de Russ sont autant de moments d’intense énergie qui oscillent entre folie complète et grâce ultime. Russ a ce talent rare qui enivre les plus grandes foules et les dédie à sa cause. Ce garçon a de l’or autour du cou et dans les doigts. Votre serviteur était le plus âgé de la salle, mais il a apprécié le set qui a libéré de bonnes ondes positives destinées à oublier les tracas de la vie quotidienne…

Setlist : « What They Want », « Too Many », « Waste My Time », « Wife You Up », « Pull The Trigger », « Flip », « Don’T Lie », « Back To You », « Ain’T Nobody Taking My Baby », « Ride Slow », « Losing Control », « Goodbye », « Do It Myself »

Rappel : «  What They Want »

(Organisation : Live Nation)

Marmozets

Un show à la fois décomplexé et déjanté !

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Marmozets est un quintet insulaire impliquant uniquement des membres de deux familles. Trois sont issus du clan McIntyre et deux, Bottomley. D’abord la chanteuse Rebecca, le drummer Josh et le guitariste rythmique Sam. Ensuite le gratteur soliste Jack et le bassiste Will. La formation pratique un cocktail truculent de post-punk, power rock, post-hardcore et pop, tout en préservant le sens de la mélodie. En fait elle s’est imprégnée de tout ce qui a construit l'histoire du rock alternatif, à savoir un son brut, revendicatif, issu des bas-fonds et de l'underground des pubs londoniens, pour le transformer en son moderne et contemporain.

Son tout nouvel opus, « Knowing What You Know Now », vient de sortir. Un elpee qui a bénéficié du concours de Gil Norton (Foo Fighters, Pixies, Jimmy Eat World) à la production. En live, le band jouit d’une solide réputation. Il a d’ailleurs déjà ouvert le festival Rock Werchter…  

Le supporting act est assuré Rumours. A son actif, « Infant », un Ep 5 titres paru en mai 2016. Ce quatuor gantois réunit Hannah Vandenbussche, Stéfanie Mannaerts, Jonas Boermans et Pieter-Jan Cools. Soit trois préposés aux synthés, machines et boîtes à rythmes ainsi qu’une chanteuse, dont la voix, à la fois claire et éthérée, évoque celle d’Agnès Obel. Les infra-basses forcent votre serviteur à reculer à l’arrière de la salle. Le son y est meilleur. Le set tient finalement la route et incite le public à se remuer le popotin. C’est à la mode. Donc électro. Il faut donc la chiquer avant de passer à la tête d’affiche…

Place à Marmozets. Le concert s’ouvre par « New Religion ». Un morceau au refrain survitaminé. La frappe du drummer est dévastatrice, sauvage et presque inhumaine. Il se lève de son siège, dès les premières mesures. La voix de Becca suinte de testostérone. C’est presque un instrument à elle seule. On a l’impression de replonger à la fin des 70’s, en pleine punk attitude. Et tout particulièrement sur « Habits », compo au cours de laquelle Marmozets durcit le ton dans ses couplets, alors que lumineux, le refrain contrebalance le timbre particulièrement aigu de Becca, tandis que le tempo emprunte un profil new wave. Sa voix devient enfantine tout au long d’« Insomnia », une ballade paisible et étonnement douce qui ramène le calme dans l’assemblée. Modulable au possible, elle devient carrément perçante sur « Major System Error », un titre hymnique. Saupoudré de quelques notes électro bien senties, « Play » est caractérisé par sa section rythmique hypnotique et ses riffs de grattes incisifs. Parfois on a l’impression que cette section et les vocaux s’affrontent en duel. Véritable frontwoman, Becca occupe totalement l’espace scénique. Elle grimpe sur les retours de scène, adresse une multitude de ‘fuck’ à qui veut les entendre et descend dans la fosse pour prendre la température dans la foule. Qui est alors incandescente. Faut dire que ce soir, Marmozets a accordé un show à la fois décomplexé et déjanté !

Le sonomètre n’a jamais dépassé les 97 Db, mais il faut reconnaître que si le son était puissant, il n’était pas vraiment irréprochable. Donc, il valait mieux assister à ce set le plus près possible de la table de mixage. Votre serviteur était donc dans les parages, durant tout le concert…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

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