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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

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Marmozets

Un show à la fois décomplexé et déjanté !

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Marmozets est un quintet insulaire impliquant uniquement des membres de deux familles. Trois sont issus du clan McIntyre et deux, Bottomley. D’abord la chanteuse Rebecca, le drummer Josh et le guitariste rythmique Sam. Ensuite le gratteur soliste Jack et le bassiste Will. La formation pratique un cocktail truculent de post-punk, power rock, post-hardcore et pop, tout en préservant le sens de la mélodie. En fait elle s’est imprégnée de tout ce qui a construit l'histoire du rock alternatif, à savoir un son brut, revendicatif, issu des bas-fonds et de l'underground des pubs londoniens, pour le transformer en son moderne et contemporain.

Son tout nouvel opus, « Knowing What You Know Now », vient de sortir. Un elpee qui a bénéficié du concours de Gil Norton (Foo Fighters, Pixies, Jimmy Eat World) à la production. En live, le band jouit d’une solide réputation. Il a d’ailleurs déjà ouvert le festival Rock Werchter…  

Le supporting act est assuré Rumours. A son actif, « Infant », un Ep 5 titres paru en mai 2016. Ce quatuor gantois réunit Hannah Vandenbussche, Stéfanie Mannaerts, Jonas Boermans et Pieter-Jan Cools. Soit trois préposés aux synthés, machines et boîtes à rythmes ainsi qu’une chanteuse, dont la voix, à la fois claire et éthérée, évoque celle d’Agnès Obel. Les infra-basses forcent votre serviteur à reculer à l’arrière de la salle. Le son y est meilleur. Le set tient finalement la route et incite le public à se remuer le popotin. C’est à la mode. Donc électro. Il faut donc la chiquer avant de passer à la tête d’affiche…

Place à Marmozets. Le concert s’ouvre par « New Religion ». Un morceau au refrain survitaminé. La frappe du drummer est dévastatrice, sauvage et presque inhumaine. Il se lève de son siège, dès les premières mesures. La voix de Becca suinte de testostérone. C’est presque un instrument à elle seule. On a l’impression de replonger à la fin des 70’s, en pleine punk attitude. Et tout particulièrement sur « Habits », compo au cours de laquelle Marmozets durcit le ton dans ses couplets, alors que lumineux, le refrain contrebalance le timbre particulièrement aigu de Becca, tandis que le tempo emprunte un profil new wave. Sa voix devient enfantine tout au long d’« Insomnia », une ballade paisible et étonnement douce qui ramène le calme dans l’assemblée. Modulable au possible, elle devient carrément perçante sur « Major System Error », un titre hymnique. Saupoudré de quelques notes électro bien senties, « Play » est caractérisé par sa section rythmique hypnotique et ses riffs de grattes incisifs. Parfois on a l’impression que cette section et les vocaux s’affrontent en duel. Véritable frontwoman, Becca occupe totalement l’espace scénique. Elle grimpe sur les retours de scène, adresse une multitude de ‘fuck’ à qui veut les entendre et descend dans la fosse pour prendre la température dans la foule. Qui est alors incandescente. Faut dire que ce soir, Marmozets a accordé un show à la fois décomplexé et déjanté !

Le sonomètre n’a jamais dépassé les 97 Db, mais il faut reconnaître que si le son était puissant, il n’était pas vraiment irréprochable. Donc, il valait mieux assister à ce set le plus près possible de la table de mixage. Votre serviteur était donc dans les parages, durant tout le concert…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Intergalactic Lovers

Une Saint Valentin intergalactique…

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C’est la Saint-Valentin. Pas étonnant dès lors qu’Intergalactic Lovers se produise à l’AB. Il y revient d’ailleurs après avoir été programmé en novembre 2017, pour défendre son denier elpee, « Exhale ». Paru deux mois plus tôt, il avait reçu le concours de Gil Norton (Pixies, Foo Fighters), à la mise en forme.

Portugaise, Surma, aka Débora Umbelina, assure le supporting act. Originaire de Leiria, elle a fait le buzz dans le cadre du dernier Eurosonic. Atypique, sa musique mêle instrumentation électronique et organique. Elle se sert ainsi de boucles et de synthés, mais également de la guitare et de la basse. Outre son chant. Une voix particulièrement douce et subtile qu’elle met au service d’un univers soigné et paisible au sein duquel les mélodies pop glissent tranquillement sur des couches sonores aux reflets ambient. Elle vient de publier son premier elpee. Il s’intitule « Antwerpen ».

Elle monte sur l’estrade vêtue d’un jeans noir, d’un tee-shirt blanc et chaussée de baskets de cette même couleur. Blonde, elle porte des lunettes. Elle semble légèrement timide. C’est la première fois qu’elle visite la Belgique. Des sonorités étincelantes de glockenspiel ouvrent le set. Des beats électro/pop singuliers embraient. La loop machine répercute les sons par couches successives. La voix est claire et puérile, évoquant parfois Björk. D’ailleurs, la musique nous entraîne, le plus souvent, vers les fjords profonds et mystérieux du Grand Nord, même si parfois des sonorités africaines (Kuduro et Kizonba) viennent enrichir l’ensemble. Il ne faut pas oublier que l’Angola et le Mozambique ont été, pendant longtemps, des colonies portugaises. La prestation est excellente, même si la démarche (NDR : celle qui consiste à injecter de l’électro, parce que c’est dans l’air du temps) est un peu trop systématique… (Pour les photos, c’est ici)

Votre serviteur suit Intergalactic Lovers à la trace depuis ses débuts. Il doit déjà avoir assisté à ses concerts, plus d’une dizaine de fois. Il ne peut d’ailleurs pas résister au charme et à la belle voix de Lara. Le line up du band implique également le bassiste Raphaël De Mey, le batteur Brendan Corbey ainsi que les gratteurs Maarten Huygens et Philipp Weies. Les influences majeures du combo oscillent d’Interpol à The Cure, en passant par Yeah Yeah Yeahs, Feist et P.J. Harvey. Mélodieuse, mais tour à tour intimiste ou aventureuse, sa pop indé est associée à la voix singulière de la chanteuse Lara Chedraoui, qui a tout pour plaire. Une alchimie troublante entre rage de vivre et contes de fées ténébreux. De quoi apporter chaleur et réconfort jusque dans les plus sombres recoins de son cœur et son âme.

Le light show comprend trois rampes de spots à led pivotants placées au plafond derrière les artistes, et deux, latéralement, pour permettre aux faisceaux de se focaliser sur les artistes en se croisant. Cinq pupitres de hauteurs différentes sont plantés à l’arrière, aux pieds desquels sont intégrés des spots ordinaires. 

De couleur bleue, l’éclairage balaie les planches dans tous les sens. Les musicos montent alors sur le podium, Lara la dernière. Elle est vêtue de noir. « Fears » ouvre alors le show. Frottées, les sonorités des grattes sont grinçantes, stridentes même. Le drumming est métronomique. Une compo infernale, sombre, qui traite des angoisses de la jeunesse contemporaine. Ce soir, sorte d’hybride entre une gazelle sauvage et une fée clochette, Lara me fait parfois penser à Lindsey Stirling. Sa voix est envoûtante, lumineuse ou atmosphérique. Un joli et léger grain rugueux, souvent mutiné, presque encore enfantin se pose sur son timbre, lors de ce morceau…

« Give It Up » émarge davantage au folk. Les cordes de grattes y sont omniprésentes et celles de la basse entêtantes. Acidulé, « Talk Talk » est réminiscent du Blondie des années 70. Pensez à Debbie Harry quand elle interprétait, en sautillant, « Plastic Letters ». Elle semble hantée par la native de Miami, tout au long du second single, extrait du nouvel LP.  

Empreint de mélancolie, « No Regrets » évoque les tracas de la vie quotidienne. « My I » et « For The Young Ones » envoûtent par leurs refrains. Très interactive, Lara s’adresse régulièrement aux premiers rangs. Elle demande de rallumer les lumières de la salle afin de découvrir le public qui l’acclame par des applaudissements nourris. « Great Evader » est parsemé de touches électro. L’ambiance remonte d’un cran dès « Let Go », un titre plus rock bien balisé par la section rythmique et dynamisé par l’électricité des grattes. La setlist n’en n’oublie pas pour autant les hits comme « Delay », « Distance » ou « Between The Lines », paru en juin dernier. Assurément, le bon plan du band alostois. Une compo dont le clip (NDR : à voir et écouter, ici) rend hommage à René Magritte. Et le set de s’achever par « River », au bout de 60’.  

Lors du premier rappel, la formation va nous réserver une version acoustique de « Northern Rd. ». Et du second, « Howl ». Le public est ravi. Le band a rempli son contrat. Et de bien belle manière. Il est annoncé au Ronquières le 5 août prochain ! (Pour les photos, c’est )

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

 

Ezra Furman

Sans se soucier du qu’en-dira-t-on…

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C’est après avoir publié l’album « Perpetual Motion People », en 2015, qu’Ezra Furman s’est réellement forgé une certaine notoriété aux States ainsi qu’en Europe. Il faut d’ailleurs reconnaître que ses disques précédents ainsi que ses collaborations auprès d’autres groupes, n’ont guère eu d’écho, surtout sur le Vieux Continent. Né à Chicago, cet artiste jouit également d’une excellente réputation de performer sur les planches, concerts au cours desquels il ne se cache jamais et donne tout ce qu’il a dans le ventre. Ce qui explique sans doute pourquoi, il figure régulièrement à l’affiche des plus grands festivals de la planète, comme le Primavera Sound, le Paloma ou encore le SXSW… On avait donc hâte de découvrir l’Américain, et surtout les nouveaux morceaux qui figurent sur son septième opus, « Transangelic Exodus », paru quelques jours plus tôt. La salle est comble. Plus aucune place n’était d’ailleurs disponible au guichet du Botanique.

Il est 20h30 lorsque les lumières de la Rotonde s’éteignent. Des panneaux blancs sont installés en fond de scène. Ils reproduisent différents signaux. Les haut-parleurs crachent une musique de bal. Quatre musicos entrent et s’installent aux extrémités du podium. En l’occurrence un bassiste (également contrebassiste), un claviériste (gratteur à ses heures perdues), un batteur et un saxophoniste/xylophoniste/guitariste, habile sur n’importe lequel de ses instruments. Fidèle à son image, Ezra Furman grimpe sur l’estrade vêtu d’une robe et maquillé. L’Américain se soucie très peu du qu’en-dira-t-on. Il n’hésite pas à jouer de son personnage en alternant les poses sensuelles, les crises de nerfs et les danses frénétiques. Jamais avare en paroles, il partage ses sentiments. Plutôt que d’exprimer ses sensations sur un canapé, Ezra Furman les extériorise sur scène, sur laquelle, il se met, en quelque sorte, à nu…

Le set s’ouvre par un titre du nouvel elpee, « Come Here Get Away From Me ». Départ raté comme il le reconnaîtra. Il faudra d’ailleurs attendre deux morceaux avant que la formation ne trouve la bonne carburation. Mais une fois mise en route, la machine ne s’arrêtera qu’une heure et demie plus tard. Le band nous réserve du bon vieux rock’n’roll aux accents punk et parvient à décider quelques spectateurs à danser. Du dernier LP, on épinglera « Love You so Bad », « Driving Down to L.A » et encore « Suck the Blood from my Wound ». Après une bonne heure de spectacle, la troupe vide les lieux. Furman revient d’abord seul et attaque plusieurs compos en s’accompagnant à la guitare. On découvre alors son talent de songwriter à l’état brut. Ses musicos reviennent ensuite pour interpréter les derniers titres, et notamment le tube « Restless Year ».

On ne regrettera pas cette soirée passée en compagnie d’Ezra Furman. On a découvert un personnage haut en couleurs qui assume ses choix. Sa musique réchauffe, insuffle une bonne dose d’énergie. Tout ce dont on avait besoin en ce mois de février hivernal.

(Organisation : Botanique)

White Wine

Un trio hors du commun !

Quand l'attachée de presse du Botanique vous confie : ‘Va voir White Wine, c'est un truc pour toi’, il faut y aller les yeux fermés. C'est ce qu'on a fait et franchement, on n'a pas été déçus !

En une heure et demie de concert, le trio basé à Leipzig a balayé un spectre de styles musicaux particulièrement large : du post punk à l'industriel en passant par la no-wave, pour accoucher d'une dark pop expérimentale aussi bizarroïde qu'attachante. Drivée par le chanteur/guitariste américain Joe Haege, cette formation implique également le drummer Christian ‘Kirmes’ Kuhr ainsi que Fritz Brückner, aux claviers, à la basse et au basson. Ces deux derniers sont de nationalité allemande.

Au fil du set, on pense, tour à tour, à Devo, PiL, The Fall, Talking Heads et, parfois, à Muse ou Franz Ferdinand. Joe Haege ressemble d'ailleurs un peu à Alex Kapranos. Une des particularités du groupe vient de la présence d’un basson, un instrument de la famille des bois, très imposant. Joué par Fritz Brückner, il apporte une couleur expérimentale unique à plusieurs titres de White Wine. Mais c'est surtout Joe Haege qui focalise tous les regards. Au tout début du concert, il apparaît, assis contre le mur, en plein milieu de la salle, avant de rejoindre le podium. Une entrée en matière plutôt singulière ! Au cours du show, il quitte à nouveau l'estrade pour se mêler au public en feignant de trébucher. Pendant « Falling from The Same Place », il prend place au milieu de la fosse dans une zone balisée par deux guirlandes lumineuses. Sans oublier le moment au cours duquel il passe la tête à travers le trou d’une affiche en pop-up (voir photo). Son engagement est total et il en vient même à concéder, entre deux chansons, que cette dépense d'énergie est addictive pour lui. 

La setlist est bien entendu articulée autour du second et tout dernier opus de White Wine (NDR : autrefois il portait le patronyme de Vin Blanc/White Wine) : « Killer Brillance », paru l'an dernier sur le label Altin Village & Mine Records. Au passage, Joe Haege n'oubliera pas de remercier ses amis de BRNS, qui, en 2017, ont invité le trio à se produire lors d'un 'home concert' à Bruxelles et au Reflektor de Liège.

Au moment d'évaluer ce concert, force est d'épingler une inventivité et une originalité peu courantes tant au niveau musical que dans la recherche scénographique! Ce qui incite à approfondir la discographie de ce trio décidément hors du commun !

(Organisation : Botanique)

 

Nils Frahm

Exit le jeu de scène et le superflu, il ne reste que le musicien face à son public.

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Ces 8 et 9 février, l’Ancienne Belgique accueille l’étoile allemande de la musique néo-classique, Nils Frahm. Programmées quelques mois plus tôt, les deux performances consécutives du pianiste affichent ‘complet’ depuis belle lurette. Il faut dire que le musicien établi à Berlin est un digne représentant de cette scène musicale qui réalise un pont entre la musique indé et le classique. C’est lui qui a ouvert la voie à des artistes tels qu’Olafur Arnalds ou encore Peter Broderick. Son dernier opus, « All Melodies », paru au début du mois a, tout comme ses précédentes productions, récolté des avis unanimement favorables. Votre chroniqueur se consacre à la soirée du vendredi. Compte-rendu

Il est près de 20h30 lorsque Nils Frahm grimpe sur les planches. La salle est pleine à craquer. Votre serviteur opte pour le balcon. Il y restera bien confortablement assis dans son fauteuil de velours rouge, y bénéficiant, en outre, d’une vue imprenable.

Six pianos, orgues et autres filtres trônent devant la fosse et entourent l’artiste. Pendant deux heures, Nils Frahm va courir de l'un à l'autre. Ou de l'autre à l'un, selon. Quelque part entre classique, électro, rock et jazz, il crée sa propre musique en jouant de ou en bidouillant sur ses instruments.

Les plages de « Spaces » et du dernier LP, « All Melodies », se succèdent, entrecoupées par les remarques mi-gênées mi-amusantes de Nils. Hypnotiques, les plus enlevées passent parfaitement la rampe. Le public est enthousiaste, sans pour autant se lancer dans le pogo.

Le bât blesse lorsque Nils Frahm s'assoit devant son piano droit. Les bières tombent, les ‘chut !’, tout aussi désagréables, y répondent. Certaines personnes s’imaginent à la messe ou dans un stade de foot, pas à un concert à l'AB. Ici, la musique vit. Casque et canapé seraient peut-être à privilégier pour certains énergumènes.

Le concert se poursuit cependant et les morceaux se succèdent. Finalement, Nils annonce qu’il interprétera encore deux titres. Il n’en accordera pas davantage. Il ne consent d’ailleurs jamais de rappel ! En fin de set, il s'amuse à marteler son majestueux piano à queue avant de quitter la salle sous les applaudissements d’un public heureux d’avoir pu assister à une expérience musicale particulière, loin des concerts dits conventionnels. Ici, seules comptent la musique et l’ambiance. Exit le jeu de scène et le superflu, il ne reste que le musicien face à son public. 

(Organisation AB + Toutpartout)

Galantis

Un avant-goût de Tomorrowland…

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Soirée ‘Electro’ à l’Ancienne Belgique en mode ‘Ballroom’ ou propice à la danse, si vous préférez. Un public majoritairement féminin et assez jeune (NDR : entre 15 et 25 ans) attend le duo suédois Galantis. Christian ‘Bloodshy’ Karlsson (NDR : il milite également au sein du trio Miike Snow) et Linus Eklöw, aka ‘Style of Eye’, multiplient les expériences : depuis la production au dee-jaying, en passant par la composition de musique électronique et l’écriture de chansons. Deux albums et quelques hits à leur actif, dont le single « Runaway (U & I) », publié en 2014…

Premier supporting act, Pat Lak, un dj issu de Vancouver. Pendant une demi-heure, il va se contenter de remixer des tubes. Il paraît plutôt à l’étroit, sur les planches. Faut dire que le matos de Galantis en impose…

CID suit. Et il a un don pour faire danser la foule. Pendant 30 minutes, il va littéralement mettre le feu, et tout particulièrement lorsqu’il va s’attaquer au « 99 Luftballons » de Nena. Pendant son set, il va même lancer des casquettes sur lesquelles figure son nom. On se serait presque cru au Tour de France…  

Le matériel de Galantis est impressionnant. Il y a des tas de projecteurs. Dont dix devant le podium. Entre ceux-ci des appareils Jet de CO2 fumée froide. Des machines et des synthés sont posés sur des tréteaux. Une énorme estrade campe au milieu. Une autre à l’arrière, sur laquelle se dresse quatre énormes ‘tom bass’ qui entourent un immense tambourin utilisé par Imagine Dragons, lors de ses concerts. Ces percussions ne seront utilisées qu’à deux reprises, en début de parcours. Le light show abuse des stroboscopes (NDR : votre serviteur ne fermera d’ailleurs pas l’œil de la nuit !) Pourtant, le set de Galantis tient parfaitement la route. De temps à autre, l’un des 2 Mc’s empoigne un micro et crache quelques mots dedans. Mais la musique et les vocaux sont essentiellement dispensés par les ‘samples’ des machines. Les appareils Jet propulsent de l’eau et de paillettes givrées tout au long du show. Pas vraiment une bonne idée ! Afin, sans doute, de reproduire la foudre et la tempête. Mais ils sont mal réglés. Si bien qu’après 75 minutes, votre serviteur est trempé. Il a donc quitté le navire. S’il a apprécié le set des Scandinaves, il n’ira certainement pas passer 3 jours au festival Tomorrowland pour subir cette musique boostée par les lights et se faire asperger de flotte glacée…

(Organisation : Live Nation + Tomorrowland)

 

Guy Verlinde

Laissez le bon temps rouler…

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Fidèle au blues, Guy Verlinde est venu célébrer, au Zik Zak, les 10 années d’existence de son parcours en compagnie des Mighty Gators. Depuis plus de deux décennies, il fréquente les salles obscures européennes. Son blues est attachant et libère de bonnes énergies. Plus d’une centaine de spectateurs se sont déplacés pour applaudir cette formation, lors d’un spectacle divisé en deux (trois si on compte le rappel) parties. Considéré comme ‘The hardest working performer’, Lightnin’ Guy revisite, sur les planches, le répertoire de l’un de ses héros : Hound Dog Taylor qui, en compagnie de Brewer Philips à la guitare rythmique (en lieu et place d’un bassiste) et Ted Harvey à la batterie, ont formé le ‘house rockin’ blues band’ à la fois le plus profond et le plus rudimentaire que Chicago ait jamais produit depuis la fin des années 50 jusqu’au milieu des années 70.

Dès les premiers accords, on a de quoi être satisfait : le son est bon ! Interactif, Guy s’exprime dans un français presque parfait. Et pourtant, il est originaire de Zedelgem, en Flandre Orientale. Lors de l’entracte, au cours duquel le public va pouvoir souffler, se désaltérer ou se procurer le dixième elpee, sobrement intitulé « Ten », il va dispenser généreusement ses autographes. Il est d’ailleurs abordable et cool.

Dix titres seront proposés lors du premier acte et du deuxième et deux lors du rappel. C’est en baignant dans un authentique ‘footstompin’ blues’ et la ‘roots music’ que le set libère un max d’énergie. Faut dire que Guy Verlinde et les Mighty Gators respectent la tradition de la slide et de l’harmonica des ‘swamps’ louisianais et de la scène chicagoan. Les compos paisibles mais intenses sont toujours susceptibles d’exploser au cœur d’une forme euphorisante. Le backing group implique le second gratteur Stijn Bervoets, le bassiste Zosel et le drummer Benoit Maddens. Ils jouissent d’une excellente technique.

Souriant, Lightnin’ Guy (NDR : c’est son surnom !) est très à l’aise sur les planches. Faut dire qu’il fait face à un public de mélomanes avertis. La set list n’est pas très respectée, mais ce n’est pas un souci. Elle recèle essentiellement des compos issues du dernier opus, et tout particulièrement l’excellent single, « Words Are Overrated » ; mais également des covers de standards du blues. Dont le sublime « Ain’t No Sunshine » de Bill Withers (NDR : il a également été repris par Joe Cocker et Kenny Rogers). Sans oublier des morceaux de country ou d’americana qui projettent dans notre subconscient des images des grandes prairies de l’Ouest américain. Les interventions de Guy à la slide et de Stijn sur sa guitare sont incisives. La section rythmique est solide.

Guy déclare qu’il va interpréter une chanson d’amour faite pour les hommes. Mais il y en an aussi pour le public féminin, et en général elles sont soulignées par l’harmo du leader. « Pursuit Of Happiness » constitue le titre le plus nerveux du concert.

Prévu en intro, le « Bon Ton Roulet » de Clarence Garlow sera interprété lors du rappel. Alors, laissez le bon temps rouler…

(Organisation : le Zik Zak)

Jake Bugg

Avec le minimum, Jake Bugg fait le maximum…

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Jeune prodige, Jake Bugg est déjà responsable d’un quatrième elpee, à l’âge de 23 ans. Un disque paru en septembre dernier. Produit par Auerbach, le leader des Black Keys, il a été enregistré à Nashville. En 2012, il avait déjà montré tout son talent, en assurant le supporting act de Michael Kiwanuka. Ce soir, il se produit dans l’Ancienne Belgique en mode flex.

Issue de Nottingham, Georgie assure la première partie. Soul, sucrée, sa voix évoque tour à tour Stevie Nicks, Carole King ou Joni Mitchell. Elle joue de la guitare en picking. Et sa technique est imparable. Clairsemé lors du début de son set, le public va devenir de plus en plus conséquent. Plutôt dissipé il n’accorde que peu de crédit à sa prestation, pourtant parsemée de quelques superbes compos, dont les singles « Hard Times », « This Ain't Heaven » et la cover de Fleetwood Mac, « Landslide ». Pas très sympa ! (Pour les photos, c’est ici)

Le concert de Jake Bugg va se révéler aussi minimaliste. Et pourtant, on peut dire qu’il a pris de l’assurance. Enfin, d’un point de vue instrumental, car son attitude continue d’être gênée aux entournures. Pas de jeux de lumière, de décor, de costume ou de backing group. Il alterne différentes sèches. Quatre Gibson et une Martin’s. Qu’il joue en picking. Toujours assis sur un siège, un coussin moelleux amortissant son séant… Ample, sa voix peut devenir éraillée, notamment lorsqu’il conte ses histoires empreintes de vécu et d’émotions. Délicate elle évoque Gabriel Rios, une voix qu’il entretient parfois à l’aide de ‘gin tonic’.

Il entame son set par le très beau et dylanesque « Hearts That Strain », titre éponyme de son nouvel LP. « How Soon the Dawn » nous transporte à Nashville. Bucolique, « Saffron » démontre que les titres les plus paisibles collent parfaitement à son répertoire. Emouvant, « Strange Creatures » est un blues particulièrement épuré. Dans son style, « Country Song » l’est tout autant. Il y excelle à la gratte. Découpé en 21 plages, sa setlist alterne anciennes et nouvelles compos, dont 6 morceaux du dernier long playing. Tout au long de « Broken », l’auditoire est silencieux, respectueux et attentif. Impressionnant ! On se demande même parfois où l’artiste puise cette profondeur d’interprétation.

Plus dansantes et chaleureuses –assez rare quand même– certaines compos évoquent Ed Sheeran. D’autres s’autorisent quelques jolies envolées de guitares. A plusieurs reprises, il s’adresse à la foule et est manifestement à l’aise dans cet exercice. Le seul hic, c’est qu’il a un accent à couper au couteau, et que le spectateur lambda ne comprend qu’un mot sur deux de ses propos…

Il n’en n’oublie pas son dernier single, « Waiting », (NDR : qu’il interprète sur disque, en duo avec Noah Cyrus), une ballade qu’il chante à la manière d’un crooner. Avant de clore le set par « Lightning Bolt », un morceau hanté par un certain Johnny Cash. Ce soir, avec le minimum, Jake Bugg a fait le maximum. En outre, sa prestation a libéré énormément d’ondes positives. De quoi oublier les préoccupations de la vie quotidienne... (Pour les photos, c’est )

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

 

Iron & Wine

Un set en forme de best of…

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Ce soir l’AB est en mode flex pour accueillir Sam Beam, un artiste dont le projet, Iron & Wine, sévit depuis plus de 10 ans. Son sixième opus, « Beast Epic », est paru en août dernier. Si vous appréciez sa musique, vous devriez également aimer celle de Bon Iver, Sufjan Stevens, The Tallest Man On Earth, Fleet Foxes, Nick Drake, Sun Kil Moon voire d’Elliott Smith. Sam s’était produit en compagnie de Jesca Hoop, en septembre 2016, à l’Orangerie du Botanique.

Le supporting act est assuré par un trio flamboyant issu de Brooklyn : Half Waif. Le line up réunit Nandi Rose Plunkett (chant, claviers), Zack Levine (drums, percussions électroniques) et Adan Carlo (basse). Pas de six cordes en vue. La formation est responsable d’un album, « Probable Depths », gravé en 2016, ainsi que de quelques Eps, dont le dernier, « Form/a » est sorti, il y a juste un an. Et elle va nous en proposer de larges extraits.

Les nombreux nuages qui surplombent les artistes préludent un show atmosphérique. Le light show projeté sur ce décor rend le concert à la fois intrigant et quelque peu mystique. La musique de Half Waif oscille entre pop électro et expérimentale, baptisée avant-pop. Voluptueuse, proche d’Agnès Obel, la voix de Nandi Rose ne manque pas de charme et hante des plages hypnotiques et spectrales comme « Severed Logic » ou l’élégant « Wave ». « Frost Burn » baigne au sein d’un psyché disco lumineux digne d’Arsenal. Caractérisé par son remarquable break au piano, « Night Heat » est à la fois minimaliste et sucré. Et le set de s’achever par le classieux « Cerulean »…  

Setlist : « Severed Logic », « Wave », « Parts », « Frost Burn », « Know Your Body », « Night Heat », « Back In Brooklyn », « Keep It Out », « Lavender Burning », « Tactilian », « Cerulean ».

1 200 spectateurs acclament Sam Beam, quand il grimpe sur les planches. Il est accompagné par un violoncelliste, un préposé à la basse, contrebasse et gratte semi-acoustique, ainsi que d’une claviériste et d’une drummeuse, deux jolies femmes qui vont également se charger des chœurs. On retrouve, dans le décor, ces fameux nuages (NDR : une trentaine). Ils s’assombrissent et s’électrisent lorsque l’expression sonore devient tempétueuse ou diluvienne, c’est-à-dire lorsque les cordes de Sam (NDR : il se sert égalent d’une gratte semi-acoustique) s’envolent ou que sa voix s’élève à la limite de la rupture, alors qu’il se colorent de bleu et de rose, lors des moment les plus angéliques. Une voix qu’il est capable de moduler à son gré.

« The Trapeze Swinger » ouvre le set. Les interventions au violoncelle sont fascinantes. Les sonorités de gratte sont empreintes de calme et douceur. Les clochettes que fait tinter la drummeuse flattent l’oreille. Les chœurs sont à la fois précis et finement ciselés. Dès la fin de cette compo, Sam remercie le public et réclame un peu de silence, car c’est son show. Faut dire qu’on entend des gobelets vides craquer aux  pieds des spectateurs. Il est cool est une complicité interactive s’établit naturellement entre l’artiste et la foule, réceptive et acquise à sa cause. Il est très attentif à son auditoire, et tous les 3 ou 4 titres, entame une petite conversation à bâtons rompus, en y communiquant sa bonne humeur teintée d’humour. Il boit régulièrement quelques gorgées de vin, dans un verre, placé sur un siège, à sa gauche.

En ‘live’, l’artiste ne se contente pas de restituer ses compos. Il prend des risques, revisite son répertoire, bouleverse son univers. C’est plus caustique, tout en restant poignant. La musique oscille du blues à la pop, en passant par le folk, la country, le bluegrass, l’americana et le jazz, sans oublier les influences africaines qui la dynamisent. Les claviers envoûtent. Les orchestrations sont soignées, léchées même. Mais Sam va également épater la galerie en solitaire, armé de sa gratte semi-acoustique, en s’autorisant quelques morceaux ‘unplugged’, dont une reprise folk du « Love Vigilantes » de New Order. La seule cover de sa setlist.  

« Last Night » adopte un profil théâtral et lyrique. « Passing Afternoon » et « Carousel » nous replongent dans les 70’s et peut-être même dans les 60’s. « Flightless Bird-American Mouth » se distingue par ses harmonies vocales sophistiquées. Tout au long de « Glad Man Singing », les cordes de guitare percutent alors que les clochettes continuent d’exercer leur pouvoir enchanteur. Un chouette concert, au cours duquel Iron & Wine s’est finalement fendu d’une sorte de ‘best of’ de son répertoire. Jugez plutôt :

Setlist : « The Trapeze Swinger », « Grace For Saints And Ramblers », « About A Bruise », « Last Night », « Flightless Bird / American Mouth », « Call Your Boys », « The Truest Stars We Know », « Glad Man Singing », « Carousel », « Love Vigilantes », « Song In Stone », « Passing Afternoon », « Call It Dreaming », « Bird Stealing Bread », « Winter Prayers », « Dearest Forsaken », « House By the Sea », « Someday The Waves », « Claim Your Ghost ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Wolvennest

Le sombre hurlement des loups...

Vous ne connaissez pas Wolvennest ? C'est en quelque sorte un ‘super-groupe’, basé à Bruxelles, et constitué de musiciens chevronnés issus de la scène alternative. Ce soir, ils se produisent au sein de la grande salle de l'AB dans le cadre du mini festival ‘The Sound of the Belgian Underground’, organisé par l'Ancienne Belgique en coopération avec Subbacultcha.

Quand on pénètre dans l'antre des loups (« Wolvennest »), vers 19h15, l'atmosphère est déjà bien installée. Un crâne doré placé sur une table diffuse des volutes d'encens et la musique de fond concède des accents psyche, ambient et arabisants. Après une courte introduction prononcée par un des organisateurs, la meute prend possession des planches. Et il y a du beau monde ! Jugez plutôt : honneur aux dames, on retrouve tout d'abord Shazzula, artiste aux multiples talents, ex-Aqua Nebula Oscillator, grande prêtresse des nuits bruxelloises. Elle se consacre, pour la circonstance, au chant, au thérémine et aux effets sonores. Habillée tout de noir, elle arbore sa célèbre mèche sur le front. A droite, Marc DeBacker, coiffé d’un chapeau noir et chaussé de lunettes fumées (NDR : cet ex-Dog Eat Dog, puis 10000 Women Man a monté depuis son projet solo 'dark ambient', Mongolito) se réserve la ‘lead’ guitare. A gauche, les grattes rythmiques sont assurées par un duo infernal : Michel Kirby (Length Of Time, Arkangel, Deviate et La Muerte) et Von Burtle Corvus (Cult Of Erinyes). Sur les planches, le quatuor est soutenu par le bassiste John Marx (Temple Of Nothing) et le batteur Bram.

Dès les premières notes de « Partir », extrait de l'excellent premier opus, éponyme, de Wolvennest, on se doute que la musique sera puissante, hypnotique et sombre, ... très sombre. Dans un style qu’on pourrait décrire comme du post-metal psychédélique dont le côté répétitif s’inspire manifestement du 'krautrock'. Articulée autour d'un beat lent et d'un riff à l'orgue irrésistible, la composition s'étend sur plus de 9 minutes. Les guitares dressent un véritable mur du son tandis que Shazzula chatouille son thérémine pour en tirer de maléfiques bruitages.

Tout au long d’« Unreal », elle s'acquitte brillamment des parties vocales exécutées, sur le disque, par Marthynna, la chanteuse de la formation autrichienne Der Blutharsch and The Inifinite Church Of The Leading Hand. Mais c'est lors du troisième titre, « Out of Darkness Deep », en partie écourté, que Shazzula va se réveiller. La féline commence à onduler tout en scandant les mélodies telle une possédée. Il n'en faudra pas plus pour que Marc DeBacker se déchaîne également, arrachant de sa guitare et de sa pédale wah wah des hurlements sataniques, pour le plus grand plaisir d'un public pris au piège dans une sarabande démoniaque. 

Au final, ce casting de rêve s’est rendu coupable d’un concert d'enfer ! Trop court, bien sûr, festival oblige. Autour d'un verre, le groupe nous a confié que leur second LP est quasi prêt. Et la bonne surprise, c'est que cette fois, c'est Shazzula qui assurera les parties vocales. On est impatient de découvrir le résultat ! On savait qu'une louve baptisée Naya s'était introduite en Belgique... mais sous l’impulsion de Wolvennest, on peut s'attendre à l’invasion d’une meute !

Des vidéos 'live' du concert sont disponibles. Celle de « Partir » est ici et d'« Unreal »,

Notons que le mini festival a également permis de découvrir d'autres projets hautement intéressants : Sale Gosse, Afia, Christine Denamur, Vaal, Le77, Obsequies, Crowd Of Chairs (excellent hard post punk!), Air LQD et Golin.

Organisation : AB + Subbacultcha

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