Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Stereolab
dEUS - 19/03/2026
Concerts

Alain Souchon et Laurent Voulzy

Des frères de son…

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Le concert de Voulzy et Souchon était sold out depuis un bon moment. Il a fallu attendre plus de 40 ans avant de voir les deux complices se produire ensemble, sur une même scène. Laurent a 66 balais et Alain en compte 71 ; et pourtant, pour des artistes proches de la retraite, ils sont encore bien alertes. La musique conserve. Aznavour a déjà fêté ses 92 ans. Juliette Greco, ses 88 printemps. Et Henri Salvador a tiré définitivement sa révérence à un peu plus de 90 piges. Laurent et Alain sont avant tous des potes, pas des frères de sang, mais des frères de son. Ils sont si complices, si proches. En règle générale, le premier est responsable des paroles ; et le second, de la musique. Depuis quatre décennies, ils alignent les hits intemporels qui parlent de la mer, des îles, de l'amour et des filles.

Le rideau est tiré. Vers 20h10, le spectacle peut commencer. D'abord par une présentation des artistes à travers une projection de photos rétrospectives…

Laurent débarque par la gauche et Alain par la droite, en écartant légèrement le rideau. Ils commencent en duo par « J'ai Dix Ans ». Ce qui ne nous rajeunit pas. Une compo signée Alain, au cours de laquelle Laurent se consacre à la guitare électrique. Le rideau s'ouvre enfin complètement et laisse apparaître le backing group. Les musicos sont vêtus de costards cravates de couleur noire sur chemises blanches. Laurent change de gratte. Il opte pour une semi-acoustique. Il attaque « Bubble Star », une plage issue de sa plume ; Alain se charge des backing vocaux. Un titre tapissé par le piano hammond. Et le set d’embrayer par « Jamais Content », un morceau dévolu à d'Alain. Manifestement, un départ empreint de nostalgie…

Place ensuite à un extrait de leur dernier opus, « Alain Souchon et Laurent Voulzy », paru l’an dernier, « Il Roule (Les Fleurs Du Bal) ». Les deux compères chantent en duo. Et embraient par « Caché Derrière », « Et Si En Plus Y A Personne » et « Oiseau Malin ». On assiste alors à la projection d'un tableau peint à la fin du XIXème siècle représentant une baie qui a conservé le même aspect, malgré le temps qui s’est écoulé depuis. Le tandem explique alors ce qui les a poussés à écrire cette chanson intitulée « Baie Des Fourmis ». Alain prend le relais pour la sienne baptisée « C'Est Déjà ça ». Pas vraiment une de mes préférées. « Poulailler Song », c’est le moment choisi par Alain pour faire le pitre. Il sautille en imitant une poule. C’est touchant et marrant à la fois. Le rideau se referme et la paire s’approche du bord de l’estrade pour aligner, paisiblement et en duo vocal, simplement soutenus par la gratte de Laurent, « Fille d'Avril », « Le Rêve du Pêcheur », « Somerset », « Bidon » et « Allo Maman Bobo ». Le backing group est de retour pour « La Ballade de Jim ». Un peu mollasson jusqu’alors, surtout dans la fosse, le public se réveille soudainement. Les spectateurs quittent leurs sièges et se précipitent vers le podium. Curieux, le personnel de la sécurité ne bronche pas. A partir de cet instant, l’auditoire va commencer à s’animer. Une nouvelle compo : « Souffrir de se souvenir ». Elle est testée au piano. La voix de Laurent est envoûtante. Mais quand les premiers accords de « Cœur grenadine » résonnent, la formation reçoit une véritable ovation.

Pour nous rappeler que le set est ‘live’, « Le Bagad de Lann Bihoué » et « Jeanne » souffrent de quelques petits problèmes techniques. Très belle chanson signée Laurent, « Amélie Colbert » évoque la métropole ; mais elle sent également bon le soleil et les embruns. A l’instar de « Le Soleil Donne » et « Le Pouvoir Des Fleurs », au cours desquelles sa voix est douce est belle. A cet instant on boit littéralement les paroles. Un vrai bonheur ! Le public est débout depuis belle lurette et ne veut pas manquer une goutte du spectacle. 120 minutes se sont écoulées quand « Derrière les mots » clôt le show. Une dernière piste issue du nouvel opus. Laurent a empoigné sa guitare de couleur bleue. Il utilise sa voix –alors empreinte d’une grande tendresse– comme un instrument. L’auditoire leur adresse alors deux minutes d’ovation.

Les artistes quittent la scène, pour y revenir presque aussitôt. Et le rappel sera d'enfer.

Laurent est toujours armé de sa six cordes. Il signale qu’il va nous faire découvrir une chanson dont il a écrit les paroles : « Foule Sentimentale ». Alain lui réplique que c'est son boulot d'écrire les paroles. Fou rire général ! Toute la salle est debout pour participer à l’inévitable « Rock Collection », avant de vivre un final de haut vol à travers « Belle Ile En Mer, Marie Galante ».

C'est la première fois que votre serviteur assiste à un set de ces deux monstres sacrés de la chanson française. Et je dois avouer que leur prestation m’a véritablement enchanté. D’abord parce que ma jeunesse a été bercée par leur répertoire. Et puis, parce que le concert était à la fois classieux et réglé comme du papier à musique. A cet égard, il faut reconnaître que l'ingé-son a littéralement fait des miracles. Et vu la configuration de la salle, le challenge n’était pas gagné d’avance. 

Alain Souchon et Laurent Voulzy seront de retour ce 13/11/2015 au Country Hall de Liège et le lendemain, soit le 14/11/2015, au Palais 12 de Bruxelles.

(Photo : Denis Tribhou)

Organisation : A. A. Productions en accord avec Backline/VMA et Lling Mucic

METZ

Plein la tronche !

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Il fallait être prêt pour assister au concert du mercredi 17 juin, à la Rotonde du Bota.

Si le public belge sait recevoir –et ce n’est plus un mythe– les musiciens canadiens savent offrir. Le plus bel exemple ? Metz. Il nous vient tout droit de Toronto ; et ce soir, il a décidé de nous défoncer les tympans dans la joie, l’allégresse et la béatitude. Amen ! De quoi satisfaire les aficionados…

Il fait beau, chaud, et le houblon coule à flots au sein et autour du Botanique. Les casquettes et les chapeaux sont bien vissés sur la tête des badauds qui croisent les inconditionnels arborant fièrement le t-shirt du groupe phare de la soirée.

La moyenne d’âge oscille autour des 35 ans et on reconnaît certaines têtes habituées à fréquenter ce type de spectacle. Et à s’y remuer. Faut dire qu’il est un peu élitiste. Bien que signé chez Sub Pop, le combo ne bénéficie pas réellement d’un support radio tout public. C’est bon d’être snob dans le fond… enfin, perso, je l’assume quoi…

Mais commençons par le début. Soit le supporting act. Qui ouvre les hostilités à 20h00. En l’occurrence Bad Breeding. Un trio. En transe, les musicos britanniques –et c’est une habitude– se comportent comme des fous furieux. Mais la fluidité du flow a de quoi susciter l’interrogation. Inaudible, incompréhensible dans ses vociférations, culpabilisant et outrancier, le band communique à merveille cette sensation de déni de confort. Balançant un noisy punk/rock avec la délicatesse d’une punaise que l’on chevauche pieds nus. Les Britons suent comme je p**** sur les femmes infidèles (NDR : mais non, là je déconne).  

Le set est magistral. Les postures du chanteur sont inquiétantes. Il descend dans la fosse et y reste pour hurler tout en observant ce qu’il s’y passe. Il est dérangeant et met mal à l’aise l’auditoire. Il a un regard de schizo sociopathe. Bad Breeding provoque, bouscule et en une vingtaine de minutes nous assène la première gifle de la soirée. P***** : 20 minutes simplement foudroyantes… (NDR : pour mieux comprendre l’attitude et l’esprit du band, je vous invite à cliquer ici et …)

Et si vous souhaitez regarder les photos c’est encore ici

Pendant que les roadies s’affairent, on court au ravitaillement ; ou tout simplement à la fontaine à mousses…

21h00. Accrochez-vous, le set de Metz démarre. Il va durer 60 minutes seulement et ne déboucher sur aucun rappel (NDR : pas très cool ça !)

Les Canadiens sont aussi bouillants que leurs prédécesseurs. C’est la soirée ma parole !

Encore un trio. Il faut croire qu’un line up basique est idéal pour décupler les décibels et lacérer l’espace sonore de déflagrations électriques.

Le set sera court mais intense. Alex Edkins et sa bande ne font pas certainement dans la dentelle ; ils préfèrent mordre, déchirer, déferler et tout renverser sur leur passage… La quantité d’énergie libérée est hallucinante. Les hurlements sont dévastateurs. On se demande quand même comment ils parviennent à faire autant de bruit à l’aide de 10 cordes et 4 fûts…

Venu défendre « II », son deuxième elpee, le band n’oublie pas d’insérer dans sa setlist quelques perles issues du premier album (« Knife in the Water », « Headache », etc.) Les morceaux s’enchaînent (« Spit You Out », « Nervous System », « Wait In Line » …) Le show semble bordélique et sauvage. Et pourtant, le band parvient parfaitement à maîtriser son sujet, tant à travers les accords que la reverb. Des pros dans le style. Edkins et ses acolytes semblent s’éclater sans en faire des tonnes. Pas nécessaire. Simplement envoyer le bois pour que l’auditoire en prenne plein la tronche. Et pas un seul spectateur n’y échappera. A un moment ou à un autre, ce sera pour sa poire. Lors d’un concert aussi bruitiste, il faut une âme de jardinier pour accepter un tel pilonnage sans broncher.

Il est 22h00, les tympans en sang et la gueule de travers, on quitte la Rotonde. Heureux comme après avoir vécu un orgasme qu’on n’espérait plus connaître…

Petite remarque quand même, si on souhaite conserver une tache sur le sofa, c’est que ce genre de set ‘live’ élude toutes les subtilités ciselées sur disque. Il est donc brut de décoffrage…

On gardera cependant à l’esprit son potentiel énergétique et sa violence qui en font sa spécificité et notre petit bonheur. Il a donc fallu enfiler quelques pintes, après ces concerts, histoire de se remettre de ses émotions. Raison ou prétexte ? J’hésite encore…

Un doute qui nous a d’ailleurs beaucoup émus…

(Pour les photos, c’est )

Organisation Botanique

 

 

 

 

Big Sean

Une communion vécue par un public multiculturel et multiracial, à Bruxelles…

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Soirée hip hop classieuse ce soir à l'Ancienne Belgique. En débarquant à 18h30, votre serviteur doit suivre une file déjà bien longue avant de retirer son sésame. A l’affiche, Big Sean, le pote de Kayne West. Et en supporting act, Caballero.

Caballero signifie Chevalier dans la langue de Cervantès. Il s’agit d’un lyriciste bruxellois, originaire de Barcelone. Il a notamment milité au sein du groupe Les Corbeaux et du collectif Black Syndicat. Intitulé « Laisse Moi Faire », son premier long playing paraît en juin 2011. Ce qui lui permet de démontrer son intérêt et son talent pour les différents procédés d'écriture. Quelques mois plus tard il tourne le clip « Freestyle De La Cigarette Fumante ». Libre, son style lui ouvre les portes à diverses collaborations tant en Belgique, en Suisse qu’en France. C'est lors de ces échanges qu'il croise la route de Lomepal. Ils décident, vu leurs références et intérêts communs, de réaliser un projet commun sous la houlette de Hologram Lo'. En 2013, il grave « Laisse-nous faire Vol. 1. »

MC, notre cavalier est invité à mettre le feu pour préparer le set d'un futur monstre sacré de la scène hip hop américaine, Big Sean. Il est soutenu par deux autres Mc's et un préposé au turntablism. Caballero est doué pour les mots et son phrasé est pointu. A force de répéter ‘Bruxelles, vous êtes chaud’ ou ‘Et alors, l'A.B., on est chaud’, la température finit par grimper de quelques degrés. Les bras se lèvent. Le brouhaha causé par les bavardages dans l’auditoire –plutôt amorphe en début de set– s’estompe, et les applaudissements commencent à fuser d’un peu partout. Les 3 Mc's font le show sur les planches et haranguent les premiers rangs. Et finalement les entertainers vont parvenir à mettre le souk. Contrat rempli pour Caballero !

Petite anecdote : dans l’univers du Rap/Hip-hop/Slam, les artistes tiennent le micro d’une main. La gauche ou la droite, peu importe. Mais la libre sert à manipuler une serviette ou à vérifier –toutes les 20 secondes, si possible– si leurs valseuses sont toujours bien accrochées. Je confirme !

Épaulé par Kanye West, Big Sean, de son véritable nom Sean Michael Leonard Anderson, a récemment sorti un excellent troisième opus sur le label de Yeezy, G.O.O.D. Music (John Legend, Q-Tip, Pusha T), « Dark Sky Paradise ». Un disque qui faisait suite à « Finally Famous » paru en 2011 et « Hall Of Fame », en 2013. C’est son meilleur album paru à ce jour. Le plus mature et le plus intense également. En publiant un tel disque,  Big Sean a le droit de revendiquer une place aux côtés de Kendrick Lamar et de Drake. Il ne peut pas, non plus, avoir tous les malheurs. D’après la presse people, sa compagne, Ariana Grande, l’aurait lâché,en avril dernier…

Avant le début du spectacle on a un bel aperçu du light show qui va inonder le podium, pendant les 75 minutes du set de Big Sean. Et déjà il impressionne. Multicolore, il inclut des lasers et des stroboscopes. Une estrade relativement haute a été montée à l’arrière de la scène. Elle est destinée aux trois musicos qui vont épauler Big Sean : un drummer sur la gauche, un préposé au turntablism au centre et un dernier entouré de claviers à droite. Des lumières bleues préludent l'arrivée de Big Sean. Il est habillé tout de blanc. Il attaque « Paradise » et « All Your Fault », en se tenant debout sur une autre petite estrade qui surplombe ses trois collaborateurs. Mais par la suite, il va surtout arpenter les planches de long en large. Il adresse un clin d’œil à son ami Kanye West –qui l'a découvert– en reprenant son « Mercy ». Un peu plus tard, il adaptera également son « Clique ». Il entre directement en communication avec les premiers rangs. Tout acquis à sa cause, le public ne se fait pas prier. Et une belle interactivité s’établit entre le frontman et l’auditoire. Son jeu de scène me fait penser à celui de Sean Paul.

La fosse est blindée. Pas le balcon où la moitié des sièges est vide alors que les trois-quarts étaient réservés.

Le type qui se charge des scratches vient assurer les backing vocals, en avant-scène, lors de plusieurs compos. On aura aussi droit à une version particulièrement dansante du « Dance (A$$) » de Nicki Minaj. Coécrit en compagnie de Kayne West, « One Man Can Change the World » constitue le sommet du concert. Il provoque un long moment de recueillement dans le public. Une chanson douce et paisible que Big Sean dédie à sa grand-mère. Big Sean extrait un briquet de sa poche un briquet et l’allume. La foule l’imite. A cet instant, la communion est totale. Une communion vécue par un public multiculturel et multiracial, à Bruxelles…

(Organisation: Ancienne Belgique)

Front 242

Souvenirs, souvenirs…

Ce concert constitue une belle occasion de combler une double lacune. D’abord, celle de n’avoir jamais mis les pieds dans la superbe salle du Rockerill, malgré les nombreuses invitations (y compris lors des ‘Afterwork’ du jeudi). Et ensuite, d’assister enfin à un concert complet et correct de Front 242. Dernières mésaventures en date : les problèmes techniques rencontrés lors de l’Amphi festival de Cologne, en 2014, et l’annulation pure et simple, pour raisons financières, à l’Eurorock, il y a quelques semaines. (SL)

Ambiance bon enfant, limite soirée entre copains. Un site industriel qui correspond bien au profil groupe. Des murs parsemés d’ogives de verres (le coucher de soleil y resplendit). Un plafond d’une hauteur impressionnante, autant à admirer autour de soi que sous les feux de la scène. Le contenu se marie passablement au contenant. (Stelli)

Nous arrivons trop tard pour le set de Ex RZ. En fait, il s’agit du nouveau patronyme choisi par le combo légendaire Red Zebra. D’après les échos recueillis dans la foule, le duo a assuré son rôle de supporting act en dispensant son post-punk rituel. Dont le tube « I can't live in a living room » et en final, « Magazine », un titre que le chanteur (qui s’exprime dans un français parfait) estime personnellement ‘fantastique’…

Les lumières se tamisent. Le logo F242 resplendit sur le fond de la scène, joliment réétudié, efficace et propret. Un logo qui confère aussi un regain de jeunesse sur les tee-shirts des nombreux quadras et quinquas en ébullition. Fidèles à leurs tenues vestimentaires, pour d’aucuns peut-être empruntées à leur progéniture ou l’inverse... Car l’auditoire est peuplé de mélomanes d’à peu près tous âges. Et dans l’ensemble il est assez content d’être là et d’humeur plutôt joviale.

Nous sommes toutefois magnanimes au sujet de la balance, moyennement satisfaisante. Et pardonnons avec clémence la lourdeur des trémolos basse confondant la batterie, au risque de mettre quelques secondes avant de reconnaître les morceaux. Car dès l’entame, une bouffée de bonne humeur souffle sur « Moldavia » et « Body ». Nous avons même droit un petit élan chorégraphique, visuellement assez agréable bétonné par une cohésion intéressante. « U-Men » (NDR : tiré de l’album « Geography », qui remonte quand même à 1982) rappelle bien des souvenirs et ranime la foule, tout comme « No shuffle ». Des retrouvailles et clins d’yeux sur les pogos des années révolues qui ne le sont finalement pas. Sur « Headhunter », on se retrouve même à entamer en chœur ‘one you lock the target, two, you bait the line…’

Une petite salve stand-by lors du rappel, « Punish » sert un gimmick redondant tambour battant, qui calme les danseurs, et on sent même passer discrètement un intervalle d’étonnement. Mais pas de quoi entacher ce set d’une heure quarante minutes de partage et réminiscence. Car il y en a eu, croyez-nous, des souvenirs de coups de coude et gesticulations endiablées émanant d’individus désireux de ne point oublier ces atmosphères générées par des débuts édifiants. Ceux de Front 242, of course !

Set List :

-          Moldavia
-          Body 2 body
-          Rain
-          Together
-          Take one
-          Rhytmus
-          XXX
-          Quite unusual
-          U-Men
-          No shuffle
-          Lovely Day
-          Commando
-          Kampf
-          Don’t crash
-          Religion
-          Headhunter
-          Welcome to hell

Rappel

-          Loud
-          Masterhit

-          Punish

(Organisation Rockerill)    

Black Mountain

Coup d’oeil dans le rétro, après 10 années d’existence…

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Ce vendredi, à l’extérieur, la température est caniculaire. La climatisation de l’Orangerie du Bota devrait me rafraîchir les idées. D’autant plus que ce soir, il s’agit d’un spectacle quelque peu rétro. Du stoner et du psyché en compagnie de VHS From Space, en supporting act, et de Black Mountain, la tête d’affiche. La formation canadienne célèbre son dixième anniversaire et a décidé de partir en tournée pour y interpréter les plages de son premier elpee. Un opus éponyme. De nombreux artistes adoptent la formule. C’est apparemment à la mode…

Bruxellois, VHS From Space est un quatuor réunissant Christophe Gennen (guitare, synthé, chant), Jérôme Vandewattyne (guitare, chant), Thomas Gennen (basse) et François Vandewattyne (drums). Le band a déjà écumé tous les bars de notre capitale pour défendre son nouvel Ep 6 titres, « A Taste From Space ». C’est tout de noir vêtu que les musicos montent sur l’estrade. Même leurs visages et les bras sont peints en noir, tout comme le tour des yeux et le masque qui surplombe leur nez. Mais de la peinture fluo a été badigeonnée sur leurs vêtements, les doigts et les masques. Leurs compos sont essentiellement instrumentales. Leur style ? Semi math rock / semi grunge, les grattes lorgnant plutôt vers Nirvana voire Pearl Jam. Et le tout est subtilement teinté de psychédélisme.

Après une petite intro, le set s’ouvre par un « Satellite Me », ma foi, plutôt atmosphérique. Les riffs de guitares sont bien balisés par la section rythmique, tout au long de « Meth ». « Sounds Of Uranus » synthétise idéalement leur expression sonore. Un titre qui me fait parfois penser à It It Anita. Judicieusement intitulé, « Vanishing Gaze » nous transporte dans la stratosphère, notamment grâce à la voix éthérée. Une nouvelle compo : « Memories ». Et le concert de s’achever par « Nowhere », plage qui clôt également l'Ep. Une belle découverte programmée chez Fred Cerise. A revoir absolument !

Originaire de Vancouver, Black Moutain est un quintet au sein duquel militent le chanteur/guitariste Stephen Mc Bean, la vocaliste Amber Webber (la seule présence féminine parmi les mâles couverts de poils), le préposé aux synthés Jeremy Schmidt, le bassiste Arjan Miranda et le drummer Joshua Wells. Le groupe fête donc sa décennie d'existence. Et c’est également en 2005 qu’il a publié « Black Mountain », son premier opus. Cette réédition est prévue officiellement pour le 23 juin. Et elle paraîtra également sous la forme d’un vinyle coloré, enrichi d’un second elpee, dont les bonus tracks sont partagés entre démos et un extended remix de « Druganaut ».

Pour ce jubilé, le combo a donc décidé d’interpréter son premier long playing. Histoire de se faire plaisir, mais aussi de satisfaire ses aficionados. Son dernier en date, « Wilderness Heart », remonte à 2010. Il faisait suite à « In The Future », paru en 2008. Hormis la petite B.O. réalisée pour le film « Year Zero », en 2012, leur discographie ne recèle aucun autre long format. Faut dire aussi que trois de ses membres développent des projets parallèles : Stephen McBean chez Pink Mountaintop ainsi qu’Amber Webber et Josh Wells au sein de Lightning Dust.

Votre serviteur cherche une place idéale pour assister au set. Il se déplace de gauche à droite pour se retrouver face à Amber, la chanteuse. Sa voix n’est guère perceptible. Problème de balances ?   

Chez Black Moutain, la musique est, en général, puissante, parfois un peu trop, en s’appuyant sur une ligne de basse pachydermique. La formation puise ses sources au cœur des seventies. Dans le prog/rock et le metal. Pink Floyd, Led Zeppelin et Black Sabbath figurent parmi leurs influences majeures. Autrement dit, le combo ne fait pas dans la dentelle. On dénombre entre 400 et 500 personnes au sein de l’Orangerie. Un auditoire plutôt éclectique. Depuis le jeune boutonneux jusqu’au quinquagénaire. Pas de light show tape-à-l’œil. Mais bien destiné à bien mettre en exergue l’expression sonore

« Modern Music » ouvre le set. Un titre musclé par les grattes incisives. Plus ‘floydien’, « Don't Run Our Hearts Around » est rogné par des claviers réminiscents du Deep Purple époque Jon Lord (NDR : 3 ans déjà que le légendaire organiste s’est éteint !) Les riffs de guitares sont généralement speedés. Le psychédélisme des 60’s et du début des 70’s est remis au goût du jour. Coup de canif au contrat, « Tyrants » et « Wucan » sont des extraits d’« In The Future », deux morceaux plus atmosphériques entretenus par la conjugaison des voix de Stephen et Amber. Distorsion de guitares et ligne de basse imposante nourrissent le psyché/blues « Set Us Free ». « No Hits » en revient à sa ligne directrice. Le spectre de Kraftwerk plane lorsque Jérémy éclabousse le morceau de synthés vintage. La voix d’Amber illumine « Queens Will Play ». Dommage que le son ne soit pas au diapason. Il est bien meilleur au fond de la salle, là où votre serviteur a décidé de reculer. Bien vu, car c’est alors que le combo va nous délivrer un « Druganaut » d'anthologie. A cet instant, la musique baigne dans le psychédélisme pur jus. En fin de show, le combo attaque « Defector », puis « Stormy High », un troisième extrait de l’opus classieux « In The Future ». Mais encore une infidélité à sa thématique. Une conclusion fulgurante, davantage rock’n’roll, alimentée par des grattes bien huileuses.

Votre serviteur estime alors avoir eu sa dose et tire sa révérence avant le rappel. Pas un mauvais concert. Même plutôt bon. Mais qui ne s’est pas déroulé dans des conditions sonores optimales. Dommage !

(Organisation: Botanique)

Voir aussi notre section photos ici

 

Body Count

Ice-T in the Holland house …

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Comme Body Count n’avait prévu aucune salle belge pour sa nouvelle tournée, les aficionados du plat pays ont dû traverser la frontière Nord (Eindhoven, Pays-Bas) ce jeudi, ou Sud, le vendredi (à Esch-sur-Alzette, au Grand-duché de Luxembourg), pour assister à son spectacle.
Finalement votre serviteur opte pour Eindhoven, mieux connu pour le stade de football du PSV, mais également pour son immense complexe Philips, véritable rempart de la cité. Après une petite visite touristique et la dégustation d’un plat au fromage sous le soleil, direction la salle Eiffenaar. Pas difficile à trouver ; suffit de suivre la marrée humaine, chevelue, tatouée ou/et motorisée qui partage la même destination… 
Un endroit à la configuration plutôt surprenante. En fait l’espace réservé aux concerts n’est qu’une partie de ce grand bâtiment, situé à deux pas de la gare. Différentes structures y coexistent, dont une discothèque. Il faut donc emprunter des escaliers plutôt raides, dans le style de l’Aéronef de Lille, avant de débarquer dans une pièce peuplée de gros bras, rendant les déplacements, notamment pour se rendre aux différents bars, assez difficiles. Faut dire que vu l’engouement suscité par ce spectacle, les 1 500 tickets se sont écoulés en quelques jours.

Powerstroke assure le supporting act. Une piètre caricature du band métal/hardcore yankee. Le combo pousse même le vice à s’exprimer dans un anglais américanisé, entre les titres, alors qu’il est belge, issu du Nord du pays même. Etonnant, il a déjà assuré la première partie pour Suicidal Tendencies et même réussi à figurer au line up du Graspop…

Après cette pénible ouverture, et malgré un peu de retard, Body Count s’apprête à monter sur le podium. Et le public de se réveiller d’un bloc. Les premiers musiciens débarquent masqués (ou la tête enserrée par un bandana), suivis par deux choristes. Les accords de « Body Count’s in the house » viennent à peine de retentir qu’Ice-T déboule le bras tendu, sur l’estrade. Ce qui déclenche déjà les premiers pogos. « Masters of Revenge », « Bowels of the Devil » et « Manslaughter » (NDR : le tire maître d’un elpee paru en 2014) s’enchaînent, tambour battant. Guère avare de communication entre les titres, Ice-T demande notamment aux filles de se mélanger un peu plus aux trop nombreux mecs agglutinés aux premiers rangs. Il nous présente aussi l’un des deux choristes, qui n’est autre que son fils. Et qui l’accompagnera au chant sur le très controversé « Cop killer ». Sa famille est également sur place ; notamment Coco Austin son épouse, plantureuse et star de télé-réalité. Elle se trémousse sur le côté de la scène. Ernie C. (NDR : c’est le dernier membre du backing group originel ; les trois autres sont décédés dans des conditions particulières, la plus spectaculaire frappant le bassiste Mooseman, tué lors d’une fusillade à Los Angeles) impressionne tant par son physique qu’à la gratte. Et tout particulièrement tout au long de « Talk shit, get shot ».

Lors du rappel Ice-T se fend d’un discours contre le racisme. Curieusement, l’auditoire accueille tièdement ses propos. Y aurait-t-il d’anciens disciples de Pim Fortuyn dans la salle ? Heureusement, les premiers rangs s’agitent à nouveau sur le tube « Born Dead », puis de la cover de Biohazard, « Institutionalized ». « Momma's Gotta Die Tonight » clôt le set en douceur, et les paroles ‘My mother taught me good things, taught me bad things’ transforment un gros dur en leader au cœur tendre. Si tendre, qu’il prend la peine de serrer des tas de mains, par poignées, avant de saluer longuement la foule. Il est vrai que cette tournée, il ne l’a pas organisée pour se faire du blé ; lui qui empoche de gros cachets en tournant dans la série TV à succès, ‘New-York unité spéciale’. Bref, un retour réussi pour le natif du New Jersey et sa troupe…

(Organisation : Eeffenaar)

 

 

 

Elvis Perkins

Du retard à l’allumage…

Écrit par

Il en a fallu du temps pour qu’Elvis Perkins décide enfin de donner un successeur à son excellent deuxième opus, "Elvis Perkins in Dearland". Six longues années que le fils d'Anthony Perkins (NDR : l’acteur mythique de ‘Psychose’) et de la photographe Berry Berenson n'avait plus donné signe de vie. Une absence interminable au cours de laquelle le New-yorkais s’était, en quelque sorte, retiré du monde. Aussi, quelle n’a pas été notre (bonne) surprise d’apprendre, il y a quelques semaines, qu’il avait enfin publié un nouvel elpee. Intitulé "I Aubade", il n’est cependant disponible que sur les plates-formes Internet. L’artiste est donc venu le défendre à la Rotonde. Une belle manière de –presque– clôturer la saison du Botanique.

Ce samedi soir, il règne, au sein du Bota, une atmosphère particulièrement ‘cool’. Dehors, le soleil brille et les terrasses débordent de monde. Pas de première partie. Vers 20h, les mélomanes se dirigent donc vers l'hémicycle. Est-ce dû aux conditions climatiques estivales ou du manque de notoriété de l'Américain, mais la salle est à moitié vide. Ou pleine, selon. Il y a de la place et les spectateurs s'assoient sur les marches. Et peu à peu, elles se remplissent ; si bien que les retardataires sont forcés de s’asseoir dans la fosse. Ils y resteront tout le concert.

Elvis Perkins monte sur l’estrade armé d’une gratte acoustique. Il est épaulé, à sa gauche, par une multi-instrumentiste (basse, ‘lyre’, etc.) et, à sa droite, d'un claviériste. En une demi décennie, le physique de l’artiste a changé. Il a de longs cheveux. Il a enfilé un pantalon de soie et une chemise à moitié déboutonnée. Et a chaussé des lunettes rondes. On croirait qu’il vient de revenir d’un pèlerinage en Inde. Un instant, j’ai même imaginé une réincarnation de John Lennon…

Elvis Perkins ouvre son set par des titres issus de son dernier LP. Ils sont particulièrement paisibles. Est-ce dû à la position assise de l’auditoire ou aux compos méconnues, mais la Rotonde semble plongée dans une forme de somnolence… Il faudra attendre qu’Elvis attaque les morceaux de son premier elpee ("Ash Wednesday") pour que la foule commence à réagir. D’autant plus qu’il discute davantage avec le public et joue même au chef d’orchestre. « It’s only You » et « Emile’s Vietnam in the sky » recueillent un franc succès. L’instrumentation épurée apporte une nouvelle dimension aux compos ; et ce n’est pas plus mal. Au bout d’une heure et demie de prestation, Elvis Perkins et ses acolytes vident les lieux. L’acteur principal revient cependant rapidement pour attaquer quelques chansons en solitaire, dont « Shampoo », avant d’être rejoint par ses acolytes pour conclure le show par « While you were sleeping », véritable moment de grâce de la soirée.

Et sans s’en rendre compte, le concert de Perkins a finalement duré presque deux heures. Suivant l’adage, on en a donc eu pour son argent. Dommage cette apathie ambiante en début de parcours. Il a même fallu trente bonnes minutes, avant que l’auditoire ne parvienne à accrocher ce set, ma foi, inégal…

(Organisation : Botanique)

Black Mirrors

Simple is beautiful

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C'est par hasard, qu'un jour, ma vie a changé pour le meilleur. C'était le premier jeudi de l'an 2000. Depuis, tous les jeudis placés sous le signe de hasard se sont transformés en ‘aubaine’.
Ce 4 juin 2015, c'est fortuitement que je votre serviteur est embarqué pour aller assister à un concert qui se déroule au Ciné Le Parc, 6000 Pays Noir.
Au programme : Black Mirrors
Un quatuor réunissant une nana et trois mecs. Moyenne d'âge : 27 ans.

22 heures précises, les premières notes résonnent et l’impression de se farcir du ‘déjà entendu’ ne tarde pas.

Quelques mesures plus tard me forcent à changer d'avis. La voix de Marcella, son divin anglais et le jeu de guitare de Pierre en sont les principaux arguments.

Le bassiste et le batteur excellent dans leur rôle et surtout au service de la musicalité du projet.

Les jeunes affichent une maturité exemplaire et laissent poindre un professionnalisme naissant.

‘Simple is beautiful’ semble constituer leur ligne directrice.

Sur les planches, Marcella assure !

La maîtrise vocale est au rendez-vous. Elle franchit les octaves comme un F16 franchit(rait) le mur du son. Et quand elle ne chante pas, Marcella, elle danse. Je dirais même plus : elle danse ‘psychédéliquement’ bien !

Une ligne noire tracée sous les yeux lui coupe horizontalement le visage.

Simple mais efficace au propre comme au figuré.

C’est ainsi qu’un brin de maquillage est susceptible de faire tomber le masque et libérer le profond de l'être. Astuce qui évite à l'artiste de tomber dans le piège du ‘surjeu’, sans doute…

Les garçons, quant à eux, sont plus sur la réserve.

Devenue solitaire, Marcella se répète dans sa gestuelle.

A moyen terme, le risque de devenir la caricature d'elle-même, n'est dès lors pas impossible.

Fraîchement formé, Black Mirrors rectifiera naturellement le tir. Un peu de bouteille l'y aidera.

Un Ep éponyme de cinq titres, en écoute sur Bandcamp, est disponible depuis le 27 février 2014 (voir ici)

On devine qu'un album suivra…

 

Roxette

Demeurer en vie, tant au sens propre qu’au figuré du terme…

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Roxette célèbre ses trente années d’existence et a donc baptisé sa tournée ‘The Roxette XXX Tour’. Il s’agit déjà de la 35ème date de ce périple ; et le concert va se dérouler au sein d’un Lotto Arena sold out. Le dernier passage de Roxette à Anvers remonte à 2009 ; et il avait été programmé dans le cadre de ‘The Night Of The Proms’. Il revenait à Eskobar d’ouvrir le spectacle

Issu d' Åkersberga, à 30 kilomètres au nord de Stockholm, Eskobar est un trio suédois fondé en 1996. Il compte 5 albums à son actif : « Til We're Dead » en 2000, « There's Only Now » en 2001, « A Thousand Last Chances » en 2004, « Eskobar » en 2006 et « Death in Athens » en 2008. La formation et Heather Nova avaient décroché ensemble un gros succès en 2002, grâce à « Someone New», et un autre en 2004, en compagnie d’Emma Daumas, pour « You Got Me ».

Daniel Bellqvist, le chanteur, est tout de rouge vêtu. Il est soutenu par Robert Birming à la batterie, ainsi que Frederik Zäll aux guitares (acoustique, électrique et dobro), mais aussi aux claviers. Le pop/rock dispensé par le band est cool. Sans doute un peu trop, car apparemment, l’auditoire attend impatiemment que Marie et Per montent sur les planches. Les spectateurs sont particulièrement bavards, et entretiennent un brouhaha qui empêche votre serviteur d'apprécier la prestation du combo. Qui tient pourtant parfaitement la route. Frederik passe aisément des claviers aux différentes grattes, dont le dobro sur lequel il excelle. A deux reprises, il va même doubler sèche et harmonica. Au bout de 35 minutes, Eskobar tire sa révérence. Et franchement, j’aimerai revoir le trio dans d’autres conditions ; dans une salle intimiste, par exemple. Car leur set était, malgré les bruits parasitaires, impeccable… 

Roxette est le second groupe suédois à s’être forgé une notoriété internationale, derrière ABBA. Il a vendu plus de 60 millions d'albums à travers le monde, dont « Crash! Boom! Bang! », un elpee paru en 1994, qui s’est écoulé à plus de 4 millions d'exemplaires (NDR : essentiellement au Japon et en Europe, mais pas aux USA) et « Joyride », publié en 1991, qui a dépassé la barre de 12 millions de copies à travers le monde…

Marie Fredriksson a conservé sa superbe sur les planches. Et pourtant, début du millénaire, elle a été opérée d’une tumeur maligne au cerveau. Elle a vaincu son cancer, mais a gardé des séquelles de son opération, car elle souffre de troubles oculaires. Elle est âgée aujourd’hui de 57 ans ; et pas mal d’artistes –et d’être humains lambdas– préféreraient ne plus prendre le moindre risque en restant à la maison. Marie et son fidèle complice Per Gessle, ont opté pour une autre alternative. Demeurer en vie au sens propre comme au figuré du terme. Au quotidien et sur les planches. Une belle victoire remportée sur cette maladie de m****.

Après une longue attente, les musicos débarquent sur le podium. Il est 21h30. La petite intro électro leur permet de prendre place. La scène est plongée dans la pénombre et un roadie vient installer Marie sur son siège. Marie observe le public qui applaudit chaleureusement, alors que Per Håkan Gessle se plante à droite. Le bassiste est près de lui, tandis que le guitariste (NDR : chevelu) opte pour l’autre extrémité de l’estrade. Le set s’ouvre par « Sleeping In My Car », un extrait de l'excellent « Crash! Boom! Bang! ». Marie est radieuse et elle a conservé toute sa puissance. Et dès les premiers accords, l’auditoire est déjà très réceptif. Une ambiance qui sera très chaude tout au long des 90 minutes du set. Place ensuite à « The Big L. », extrait de « Joyride ». Des lumières bleues balaient les artistes et les spectateurs des premiers rangs. En arrière plan, cinq immenses stores métalliques se déroulent. Des stores qui vont servir lors du spectacle, d’écran pour la projection des vidéos et du light show, et tout particulièrement la reproduction en grandes lettres multicolores du nom de la formation.

La machine à hits est en route. A de multiples reprises, Per harangue les premiers rangs afin de faire monter la pression. Qui va croître graduellement. « Crash! Boom! Bang! » enflamme littéralement la fosse. Le refrain est repris comme un seul homme par un Lotto Arena en symbiose avec les artistes. Les tubes se succèdent : « Crush On You », « She's Got Nothing On (But The Radio) », « The Heart Shaped Sea », « Watercolours In The Rain / Paint » et « Fading Like A Flower ». Autre moment de communion entre l’auditoire et Roxette, « How Do You Do! ». Epatant ! Tout comme le jubilatoire « It Must Have Been Love ». Après « Dressed For Success » et « Dangerous », le set s’achève par « Joyride ».

Marie et Per hésitent un peu et quittent, bras dessus bras dessous, le podium, après avoir longuement remercié la foule, pour son accueil chaleureux. Quelques minutes plus tard, tout le monde revient pour attaquer « Listen To Your Heart » et un monstrueux « The Look ». Quoique diminuée par la maladie, Marie a parfaitement rempli son rôle, ce soir. Elle a même comblé son public… et au vu de son combat, on ne peut que la féliciter…

(Organisation: Live Nation)

Setlist :

Sleeping in My Car
The Big L.
Stars
Spending My Time
Crash! Boom! Bang!
Crush on You
She's Got Nothing On (But the Radio)
The Heart Shaped Sea
Watercolours in the Rain / Paint
Fading Like a Flower (Every Time You Leave)
How Do You Do!
It Must Have Been Love
Dressed for Success
Dangerous
Joyride

Encore:

Listen to Your Heart
The Look

The Chameleons (Vox)

Don't fall, Mark. Don't do like The Edge…

Un an après avoir accordé un concert au Depot à Louvain, Chameleons Vox était de retour dans la même salle. Dirigé par Mark Burgess, l'un des plus talentueux chanteurs/compositeurs de l'histoire du rock (et un de mes ‘héros’), The Chameleons a marqué les années 80 en ciselant des bijoux de rock post-punk psychédélique, comme "Script of The Bridge" ou "Strange Times". Malheureusement, la formation s'est séparée après la mort de son manager Tony Fletcher, en 1987. Après avoir tenté plusieurs projets en solo ou en compagnie d'autres musiciens (The Sun and The Moon, Invincible, ...), Mark Burgess a décidé, en 2000, de reprendre le flambeau sous le patronyme Chameleons Vox (la voix des Chameleons) en s'associant au batteur originel, John Lever et à d'autres musiciens.

La tournée 2014 se concentrait sur l'interprétation intégrale du premier album des Mancuniens, « Script of the Bridge ». Cette année, Mark Burgess a enrichi la setlist en ajoutant des titres issus de leur second opus : « What Does Anything Mean? Basically », qui date de 1985.

L'année dernière, Mark Burgess avait accordé une interview à votre serviteur (voir l'enregistrement ici). C'est un homme attachant, brillant et pétri d'un humour typiquement britannique. Il nous avait parlé de son enfance à Manchester, des Beatles, de T.-Rex, de l'enregistrement de « Script... », de ses projets, etc., mais aussi, de son intérêt pour les OVNI, les expériences proches de la mort et les phénomènes paranormaux, en général.

Cette année, pas d'interview mais un concert qui promet, à nouveau, d'être émouvant. Le Depot est en configuration 'box', car un rideau coupe la salle en deux. The Chameleons Vox n'attire pas la toute grande foule, mais c'est un public de véritables fans, majoritairement des quadragénaires, qui est venu vivre ce moment unique.

Dès la première chanson, « Swamp Thing », le ton est donné. La formation reproduit à la perfection le titre original. Depuis qu'il a recommencé à jouer de la basse sur scène et qu'il s’est coupé les cheveux, Mark Burgess ressemble beaucoup plus à l'image qu'il reflétait dans les années 80. Ce qui frappe également, c'est l'excellent travail réalisé par les deux guitaristes, Neil Dwerryhouse et Chris Oliver, qui réussissent la gageure de reproduire les tonalités extrêmement élaborées, créées à l'époque par Dave Fielding et Reg Smithies. Par contre, pas de John Lever cette année : le batteur originel des Chameleons est remplacé par un Français, Yves Altana.

Le son général est parfait. Le public est assez calme mais la première grosse réaction ne tarde pas à venir, pendant « Monkeyland ». C'est un des titres phares des Chameleons. Le morceau s’ébroue tout en douceur, mais quand éclate le refrain, le public reprend comme un seul homme : ‘It's just a trick of the light !’

Pendant « Soul In Isolation », une composition particulièrement complexe issue du troisième elpee, « Strange Times », Burgess a recours au 'song dropping' en glissant quelques extraits d’« Eleanor Rigby », des Beatles. Et il introduit, lors de « Singing Rule Britannia (While the Walls Close In) », une évocation musicale de « Transmission », de Joy Division, une autre formation issue de Manchester.

Le set se termine par « Second Skin », une de mes 10 chansons préférées toutes époques et catégories confondues. Sept minutes de pur plaisir, où l'on ressent pleinement la profondeur de l'inspiration de Burgess, qui puise ses racines dans les années 60. Le public chante en choeur l'introduction mais le meilleur moment, c'est bien sûr la partie finale, superbement psychédélique. On flotte dans un autre monde, transpercé par la beauté hypnotique de la musique. Mark glisse à nouveau quelques notes de « Please, Please Me », adressant un nouveau clin d'oeil aux quatre garçons dans le vent, qui ont bercé son enfance.

Le rappel va nous réserver quelques classiques incontournables et indémodables, depuis l'énergique « Up the Down Escalator » jusqu'au superbe « View From A Hill », sans oublier « Return Of The Roughnecks ».

De retour sur le podium pour un second encore, événement assez rare pour le souligner, Mark Burgess accède enfin à la demande de certains fans, qui réclamaient « Don't Fall » depuis le début du concert. L'interprétation est impeccable et Mark Burgess clôture sa prestation en descendant de la scène avec sa basse pour se mêler au public. On a presque envie de lui dire : ‘Don't fall, Mark. Don't do like The Edge !’

En conclusion, hormis le manque relatif d'interaction entre les musiciens en ‘live’, ce show a été en tous points parfait. On a pu se rendre compte de l'incroyable spectre qui caractérise les Chameleons : une musique puissante et en même temps très sophistiquée, des paroles très poétiques, voire philosophiques, révélant un regard unique sur la société et la condition humaine. On attend impatiemment les nouvelles compositions de Mark Burgess et surtout son nouvel elpee, dont la parution semble malheureusement reportée d'année en année.

La première partie a été assurée par Der Klinke, une formation établie à Ostende drivée par l’ami Geert ‘Chesko’ Vandekerkhof. Savant mélange entre new-wave des années 80 et darkwave des années 90, sa musique évoque Fad Gadget, mais aussi Project Pitchfork. Responsable de hits tels que « The Doll » (inspiré par « Ladyshave », dixit Chesko lui-même) et « Where It Ends » (chanté par Sam Claeys, le bassiste, ex-Red Zebra), Der Klinke est un des groupes les plus prometteurs de la scène 'dark' belge.

Setlist Chameleons Vox :

Swamp Thing
A Person Isn't Safe Anywhere These Days
Here Today
Perfume
Garden
One Flesh
As High As You Can Go
Caution
Monkeyland
Soul In Isolation
Singing Rule Britannia (While The Walls Close In)
Second Skin

Encore 1 :

Up The Down Escalator
Return Of The Roughnecks
View From A Hill

Encore 2 :

Don't Fall

(Organisation : Het Depot, Leuven)

Photo : Emmanuelle Golenvaux

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