L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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Sean Rowe

Dans un monde parfait, cet homme serait une star…

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Responsable d’un dernier album particulièrement réussi –et ce n’est pas une première– le bûcheron new-yorkais se produisait, ce jeudi 26 mars, à l’ABBox. Il y venait défendre son quatrième opus solo, un disque dont les compos se nourrissent autant de rock, de folk, de soul, que d’americana pur jus. 

Vu l’excellence de ses chansons, manifestement des tubes en puissance, l’artiste deviendrait une star, au sein d’un monde parfait. Et son titre, « Desiree », parfait exemple empreint d’une sensualité indicible, trusterait les charts pendant des mois, délogeant même, et sans difficulté, des hits aussi insipides que le surfait « Happy » de Pharrell Williams. Aussi, on a envie de crier à l’injustice, quand on constate que le natif de Troy (NDR : c’est dans l’Etat de New York) n’attire qu’un auditoire aussi famélique. Néanmoins, cette situation permettra au spectateur lambda de profiter le plus confortablement du concert.

Barbu, le troubadour déboule seul sur les planches. Ses cheveux sont retenus par un catogan. Il est armé d’une guitare semi-acoustique et se sert d’une pédale de distorsion. Il nous confie avoir brisé sa seconde gratte lors de son arrivée en Belgique, et explique que pour accorder sa nouvelle, il a décidé de diviser son set en deux parties. Malgré des cernes impressionnants autour des yeux, il déclare être heureux de se produire en Europe. Il est même très à l’aise. Sa voix de stentor est particulièrement profonde. Son répertoire puise au sein des trois derniers opus. Des compos qu’il interprète énergiquement et avec une sincérité réconfortante. Affichant un fameux charisme, il parvient à séduire son auditoire en variant les climats, parvenant même à faire oublier qu’il est venu, ce soir, sans le moindre musico pour l’accompagner. Le deuxième titre de sa setlist, le fameux « Desirree » est ainsi proposé dans une version épurée, bien loin de la luxuriance du morceau enregistré en studio. Le climax du spectacle est atteint lors du bouleversant « My Little Man », une chanson dédiée à son fils et la superbe reprise de « The River », issue de la plume de son mentor Bruce Springsteen. A cet instant, on a l’impression que le Yankee joue en compagnie d’un groupe. La fin du concert est proche. Et vu la performance on a le droit d’en vouloir davantage. Une petite heure d’un tel spectacle, ce n’est quand même pas suffisant. Il nous accordera quand même deux beaux titres, au cours du rappel, dont la cover du « A Girl Like You » d’Edwyn Collins et du « Chelsea Hotel » de Leonard Cohen, dont Rowe partage manifestement, certaines affinités vocales…  

Un show parfait, de bout en bout. Et un nouveau et simple précepte va dès aujourd’hui guider ma vie : ne plus jamais manquer un concert de Sean Rowe !

(Organisation Ancienne Belgique)

Virginia Wing

Comme un long fleuve trop tranquille…

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Détenteur d’un sésame, gagné haut la main chez nos amis de Rifraf (ben quoi, Noel Gallagher et Damon Albarn ne sont-ils pas copains comme cochons, à présent ?), je monte sur le pont de la péniche baptisée ‘Inside Out’, une embarcation amarrée depuis quelques années, sous la passerelle liégeoise.
Endroit insolite et au demeurant fort agréable pour assister circonstanciellement à une soirée endiablée ou comme c’est le cas ce soir, un concert au sein d’un climat feutré et quelque peu… tanguant.
Hélas ! Appelé à lever l’ancre prochainement, de manière définitive, le navire livre ses dernières représentations.
Mais pour l’heure, la jeune et prometteuse organisation PopKatari envahissait les lieux (elle remettra le couvert le 20 avril prochain et on vous en reparlera), pour une triple affiche aux douces effluves de champignons acidulés.
Capitaine ! Prêt à larguer les amarres ?

Accroché au bastingage, je prête une oreille aux premiers accents musicaux qui émanent du fond de la cale.

Intrigué, je descends les marches et me retrouve face à un quartet dont les musicos doivent avoir à peine dix-sept ans de moyenne, mais dont la gouaille et le talent efface vite toute trace d’immaturité prépubère.

Épatants de maîtrise pour l’un de leurs premiers concerts, les enfants de la région me font forte impression.

Si la somme de leurs influences semble confinée à un seul groupe, gageons qu’ils ne tarderont pas à se détacher de cette fratrie, même si fort élogieuse, elles sont encore un peu trop prononcées pour asseoir leur future réputation.

Bosko, dont le leader a une voix vraiment épatante, devrait donc bientôt percer au travers de la brume locale et dériver vers des eaux plus riches, en éveillant d’abord l’intérêt des fans d’Arctic Monkeys.

Puisque de singe il est question, commençons par celui qui dédaigne le dos de Willo, combo rouennais venu déposer ses rêves hallucinés, le temps de cette croisière, sur la Meuse.

« There’s No Monkey On My Back » ouvre en effet le set et démontre rapidement les limites du band, surtout sur le plan vocal. On cherche vainement l’émotion et rapidement l’ennui commence à vous envahir, comme un singe en hiver.

Les compositions sans réelle inspiration ne parvenant pas relever la sauce, le concert finit par provoquer ma fuite sur le ponton.

Peu de vent, pas d’embrun, ce groupe dont le style était annoncé quelque part entre celui de Grandaddy et des Flaming Lips, pour ses prestations énergiques, ne soulève guère de vagues.

Battant pavillon anglais, Virginia Wing approche enfin de l’embarcadère.

Escale portuaire avant de s’engager auprès de Notwist pour quelques dates outre-Rhin.

Placée en figure de proue, Alice Merida Richards et ses espadrilles (!) se fondent rapidement derrière ses synthés Korg ; mais sa voix trouve immédiatement place au milieu de réglages techniques imposés par un soundcheck hâtif.

Le psychédélisme post-kraut-pop parfumé d’essence nineties (oui, on pense effectivement à Stereolab), d’une belle efficacité sur disque (« Measures Of Joy » paru en novembre dernier) est censé prouver son potentiel sur scène, dépouillé des artifices du studio.

Si on ne tiendra pas trop rigueur à la formation pour les quelques approximations, notamment rythmiques dues, sans doute, à leur première date de leur tournée, on relèvera tout de même une sacrée perte de vitesse sur la longueur d’un set… qui n’aura duré que trente cinq minutes montre en main.

Plutôt emprunté et ne dégageant pas spécialement d’aura (le bassiste semblant si dépressif qu’on avait pris soin de retirer tout nœud marin des environs), la solution sonore s’enlise après le single « Marnie » et ne ressurgit des profondeurs du bassin liégeois que sur un final qui s’achève abruptement.

Sans l’ombre d’un rappel, les Londoniens filent alors en douce vers leur prochaine destination, nous laissant sur notre faim.

Si la péniche reste à quai, on attendait certainement que les artistes programmés ce soir, nous emmènent vers d’autres horizons.

Au final, ce sont les enfants du pays qui nous ont emportés au-delà de l’estuaire…

(Organisation : PopKatari)

 

Of Mice and Men

La révolution est en marche

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Considéré par le magazine anglais Metal Hammer, comme un des groupes phares de la nouvelle génération du Metal, Of Mice and Men se produisait ce mardi 24 mars, à l’Ancienne Belgique. Sa popularité n’est certainement plus à mettre en doute aux Etats-Unis, car il est considéré comme une des valeurs sûres de la scène californienne contemporaine ; cependant, il reste encore bon bout de chemin à accomplir pour s’imposer sur le Vieux Continent. C’est donc en toute curiosité (existentielle) que je me suis rendu au show des Américains, afin de constater le bien fondé des articles consacrés à un de ces piliers de cette nouvelle vague… Verdict.

C’est désormais devenu une habitude : si vous voulez assister à un show à l’AB et dégoter une bonne place, il faut patienter et faire la fille, vu que les portes ne n’ouvrent désormais plus qu’un quart d’heure avant le spectacle. Inutile de préciser que vous avez intérêt à vous dépêcher si vous voulez mettre vos effets personnel dans les casiers et arriver à temps pour voir le ou les groupe(s) d’ouverture. Pas de chance aujourd’hui : il pleut. Histoire de tuer le temps, j’observe la foule qui patiente à l’entrée. Manifestement, une majorité de jeunes sont venus, ce soir, supporter les Californiens. La ‘New Metal Revolution’ (dixit Metal Hammer) passe apparemment par de nouvelles recrues.

Les premières balles de cette soirée sont tirées par Volumes, band de Metalcore originaire de Los Angeles. Leur Hardcore est éclaboussé de sonorités Neo-Metal. Tout en empruntant des rythmiques vocales au rap, le chant est caractérisé par une alternance entre chant hurlé et clair. Les Yankees vont rapidement chauffer les premiers spectateurs présents. Il faut aussi avouer que ce n’est pas non plus l’affluence des grosses affiches. Pas de place assise et les balcons sont fermés. En outre, la fosse n’est remplie qu’à moitié. Il n’empêche que l’assemblée répond positivement et s’exécute lorsque le groupe l’inviter jumper, sur le rythme des djent riffs (type de riff particulier, initié par Messhugah et son guitariste Fredrik Thordendal ), propres à ce nouveau type de groupe de Metalcore. Pas de mise en scène particulière, les deux chanteurs emplissent l’espace et délivrent un set dense et musclé, à l’exception d’un morceau perdu en milieu de set, où le chant clair dominant vient quelque peu briser la tension communiquée au show. Saluons au passage cet instant intéressant où Volumes demande d’éteindre les lumières de la salle afin que le groupe ne soit plus éclairé que par les lampes de poche dont sont équipés la plupart des smartphones (nouvelle génération, je vous le disais, où la lumière des briquets fait place désormais à celle des portables). La salle s’illumine donc désormais d’une lumière blanchâtre, mouvant au rythme des headbangings, tel un gros spot qui serait actionné de haut en bas. Une bonne entrée en matière, certes pas révolutionnaire, mais qui a le mérite de planter le décor de la soirée. (Pour les photos, c’est ici)

Rechargez, armes ! Au tour de The Amity Affliction de prendre d’assaut la scène bruxelloise. Un large backflag, composé d’un cœur en cordes tressées et entouré du nom du groupe, tapisse l’arrière de la scène. Deux représentations de squelettes occupés à prier, drapés de noir, sont disposées de part et d’autre de l’espace. Issue de Brisbane, la formation australienne va nous proposer un set de Metalcore ultra mélodique, au chant clair prédominant, parsemé çà et là de touches électros. Malgré leurs douze années d’expérience, le quatuor va nous imposer un show répétitif, dont le calme des morceaux, lorgnant quelque fois vers le post-hardcore, viendra dégonfler l’ambiance insufflée par leurs prédécesseurs. ‘Belgium, you’re the best show of this tour’ balance Joel Birch, un des deux chanteurs du combo. Formulé sans grande conviction, cet éloge tombe un peu à plat. Il en ira de même pour le bravehart de faible intensité lancé quelques minutes plus tard, le style de musique se prêtant peu à ce type de rencontre musclée. Le public se réveille néanmoins, un peu (trop) tard, lors de l’avant-dernier morceau « Open Letter », extrait de l’LP « Chasing Ghosts ». Les deux chanteurs invitent l’auditoire à reprendre le refrain en chœur. Les spectateurs ne se feront pas prier deux fois et donnent de la voix. Une prestation en demi-teinte qui non seulement m’a laissé sur ma faim, mais surtout a fait redescendre l’ambiance de quelques degrés. (Pour les photos c’est )

Fini de rigoler à présent. L’étrange masse placée en hauteur à l’arrière-plan, recouverte d’un tissu noir, est à présent dénudée, laissant apparaître la batterie de Valentino Arteaga aux deux grosses caisses frappées du logo du groupe. La salle est plongée dans l’obscurité, simplement éclairée par une lumière bleutée. Tel un coup de fusil, le backflag à l’arrière du podium se déroule, dévoilant une esperluette au milieu cercle. Des bruits d’ondes résonnent avant que ne déboule Austin Carlile, chanteur charismatique d’Of Mice and Men, qui hurle les premières paroles du morceau « Public Service Annoucement » : ‘You all have something to say - or something to ask – I don't live in a cage…’ Le public embraie directement et crie d’une même voix avec le vocaliste.  ‘… it's none of your business’. Ca y est, le coup d’envoi est donné et la machine se met en route.

Première impression : l’artillerie lourde est sortie, le son est percutant, propre, net et précis. Vêtu d’une chemise blanche recouverte d’une veste noire, Austin Carlile se débat comme un beau diable, déployant le registre de ses impressionnantes capacités vocales. Il faut attendre le second morceau, « Glass Hearts », pour qu’Aaron Pauley, bassiste et chanteur à la voix claire du band, ne s’avance jusqu’au bord de l’estrade. De nombreux groupes de Metalcore ou de Deathcore ont aujourd’hui recours à la voix claire, sans pour autant disposer d’un vocaliste capable de chanter juste. Facile de palier cette carence, à coups d’auto-tune, lors de séances d’enregistrement en studio. L’expérience se révèle par contre sans pitié lorsqu’il s’agit d’un live. Et force est de constater que si Aaron Pauley a une très belle voix, il la maîtrise parfaitement. Tout en épanchant une palette d’émotions particulièrement riche. En outre, elle est capable de monter facilement dans aigus. Franchement, c’est d’ailleurs la première fois que j’entends pareil organe, chez ce type de combo.

Aaron et Austin constituent par ailleurs un excellent duo, crevant la scène pratiquement rien qu’à eux deux, les autres membres du quintet se révélant plus discrets. Autant Aaron, au chant hurlé, possède un physique anguleux et marqué, autant Austin revêt une apparence plus ronde, tant au niveau de la voix que des traits. Une rencontre entre le dur et le doux. Et paradoxalement parfaitement complémentaire, procurant un agréable relief. Les trois elpees du band seront revisités, tout au long du show, en chronologie inversée, par ‘pack’ de chansons. Un concert intense, où le public ne pourra reprendre son souffle que pendant les noirs entre le passage d’un album à l’autre. ‘Belgium, you’re really incredible. Show us that you’re going to do the party with us. Show us !’, met au défi, pointant son index, le frontman du groupe, redoublant par la même occasion la frénésie ambiante dans la fosse.

Of Mice and Men ne bénéficie certes pas (encore) de la même popularité qu’aux Etats-Unis, mais l’auditoire est totalement dédié à leur cause. A voir le large sourire affiché par les musiciens, cette ferveur semble les toucher. Plus d’une fois, les fans montreront au quintet que leurs morceaux ne leur sont pas inconnus, s’époumonant sur les plus gros titres tels que « Broken Generation », « Feels Like Forever » et « Would You Still Be There ». Les spots s’éteignent, les artistes quittent l’estrade, en n’oubliant pas de saluer leur public. Tous ne sont pas encore partis que les fans réclament déjà leur retour. Toute en testostérone, une dernière salve est entamée par un « The Depths » ravageur, issu du deuxième long playing, « The Flood », un disque paru en 2011. ‘Peu importe la langue ou le pays, tout le monde sait maintenant ce qu’on va faire…  Je veux que tout le monde s’asseye par terre et attendez mon signal…’, s’adresse Austin Carlile à la foule consentante. Les premières notes de « You’re not alone » résonnent et toute l’Ancienne Belgique se dresse tel un seul homme, continuant à jumper jusqu’à la fin du morceau. C’est donc dans une atmosphère de sueur que les Américains se retirent, promettant de revenir bientôt.

Malgré un set un peu court –à peine un peu plus d’une heure– Of Mice and Men a confirmé sa réputation de tête de file d’un nouveau genre qui ne demande qu’à susciter la curiosité et surtout à se propager. En esquivant les recettes faciles et le symptôme du récurrent, dont souffrent parfois les adeptes de cette nouvelle forme de Metalcore, les Californiens ont donné, ce mardi soir, une leçon de style tout en ouvrant la voie à un boulevard de possibles. La révolution est certes en marche, reste maintenant à voir jusqu’où les rebelles voudront mener le combat. (Pour les photos, c’est ici)

Setlist : Public Service Announcement - Glass Hearts - Broken Generation  - OG Loko  - Let Live  - You Make Me Sick - This One's for You - Feels Like Forever - Bones Exposed - Would You Still Be There - Another You - Identity Disorder - The Ballad of Tommy Clayton & The Rawdawg Millionaire- Second & Sebring - The Depths - You're Not Alone

(Organisation : Ancienne Belgique)

Soko

She is so-cold-wave… mais pourtant si chaleureuse !

De son véritable nom Stéphanie Alexandra Mina Sokolinski, Soko est originaire de Bordeaux et est apparue un peu comme un(e) ovni dans le paysage musical. C'était en 2007, grâce à un hit involontaire et 100% viral, « I'll Kill Her ». Plus tard, elle s'est également illustrée lors de ses prestations d'actrice dans des films comme ‘Bye Bye Blondie’ de Virginie Despentes et ‘Augustine’ d'Alice Winocour. En 2012, elle a gravé « I Thought I Was An Alien », sur lequel figure le hit « We Might Be Dead by Tomorrow », qui, lui aussi, a vécu un rayonnement viral grâce à ce clip où des étrangers s'embrassaient pour la première fois.

Aujourd'hui, Soko est en tournée pour promouvoir son tout nouvel opus, « My Dreams Dictate My Reality », un pur chef-d'oeuvre de dark pop orientée postpunk, qui rappelle The Cure et Siouxsie & The Banshees, sans oublier cette petite touche empruntée à Ariel Pink (qui chante sur deux chansons). La salle de l'Orangerie est presque pleine lorsque Soko monte sur l’estrade, accompagnée d'un groupe au grand complet. Il implique Max Sokolinski et Edible Kate aux guitares, Nico Musset aux drums ainsi que Christine Owman à la basse et au violoncelle.

Pour être honnête, j'avais un peu peur du son de Soko en live. La mise en forme de Ross Robinson, ex-producteur de Cure, est tellement énorme sur le disque qu'il me semblait impossible de reproduire ces sonorités en ‘live’. Et bien, que nenni ! Ces artistes sont des perfectionnistes ! Ayant pu assister au soundcheck, j'ai constaté qu'ils sont prêts à y passer des heures. Et le résultat dépasse toutes les espérances : un son ample, précis et puissant !

Dès le premier titre, la plage titulaire de sa dernière plaque, Soko s'affirme sur scène comme une artiste pleine d'énergie et considérablement déjantée. Son visage de gamine espiègle suscite aussitôt la sympathie et son contact avec le public est immédiat et impressionnant.

Pour « I Thought I Was An Alien », elle convie une de ses fans sur le podium et lui demande d'incarner la 'dancing coach' du public. Avant « Bad Poetry », c'est une autre fan qui est invitée à déclamer un poème en... flamand. Sur son dernier single, « Who Wears The Pants ? », Soko s'adonne sans hésiter au 'stage diving'. En fait, avec Soko, il se passe toujours quelque chose ; et donc on ne s'ennuie à aucun moment !

Après des instants de folie, elle sait aussi jouer sur nos sentiments, notamment grâce au merveilleux titre « Forgive The Ones You Hate », qui donne la chair de poule en ‘live’. Autres grands moments : « Peter Pan Syndrome », une ode au refus de vieillir et « First Love Never Dies », à la fin duquel la formation quitte l’estrade.

En rappel, Soko nous gratifie d'un titre atypique qu'elle interprète seule en s'accompagnant à la batterie : « Nervous Breakdown » : fun ! Le set se termine ensuite tout en douceur. Pendant « Keaton’s Song », on entend les mouches voler, tant l'émotion est palpable, surtout grâce aux sons étranges dispensés par le violoncelle. Et sur « We Might Be Dead By Tomorrow », la voix ingénue et craquante de Soko parvient à nous achever...

Au final, on déduit qu'on a peut-être vu éclore une super star de demain ? Soko a tout pour réussir : talent, simplicité, énergie, personnalité et surtout authenticité. Et c'est très réconfortant pour nous, qui sommes de la génération de Robert Smith, de voir une jeune pousse comme elle, remettre le postpunk et la cold-wave au goût du jour. Soko is so-cold-wave mais pourtant si chaleureuse !

En première partie, votre serviteur a eu l'honneur de s'acquitter d'un DJ set en 'warm-up'. La setlist, qui avait été approuvée par Soko en personne, proposait une sélection de classiques anciens et plus récents de post punk et de new-wave.

Organisation : Botanique

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

 

Lemon Straw

Un set empreint d’une grande sensibilité…

Écrit par

L’Alhambra ! C’est le troisième week-end consécutif que j’y mets les pieds.
Ce vendredi avait une saveur particulière pour votre serviteur. Peut-être a cause du calendrier. En effet, c’est la première journée du printemps. Ou encore, des effets de l’éclipse solaire tant médiatisée et aux résultats plus qu’improbables…
Je ne sais pourquoi, mais, durant cette soirée, mes pensées vaguaient vers une personne très chère à mon cœur… Sans doute parce qu’il s’agissait de la journée du bonheur ; sentiment qu’elle peine à connaître. La vie peut parfois être injuste !
Pour une fois, j’arrive pile à l’heure. 20h00 pétantes. Je remarque la présence d’à peine une petite dizaine de personnes dans la salle. C’est une blague ou quoi ? Quelle tristesse ! Pourtant, l’entrée n’était fixée qu’à quelques euros. Donc a priori très accessible ! Les gens peinent de plus en plus à se déplacer alors que la mixité des activités culturelles y est légion !
Parmi cette poignée de badauds, je croise deux de mes anciens professeurs du supérieur. Il y a belle lurette que nous nous étions vus. Toutes ces années n’ont pas égratigné mon capital sympathie à leur égard. Nous nous échangeons nos différents parcours en prenant un godet.
Au cours de la conversation, mes comparses d’un soir avouent être venus voir Giani Sabia, le chanteur du groupe Lemon Straw. Ils lui ont donné cours il y a une quinzaine d’années. Drôle de coïncidence, je fréquentais aussi cette école, à cette période.
Je dois réaliser son interview. Mais vu le changement d’horaire du spectacle, il est reporté après celui-ci…

Une marée humaine envahit tout à coup l’hémicycle. Il est 21 heures. Gonzo assure le support act. Je ne parle évidemment pas du personnage du Muppet Show, casse-cou qui fait tout pour se faire remarquer en soufflant dans sa trompette mal embouchée.

Non ! Le Gonzo dont il est question aujourd’hui est un groupe ‘multivitaminé’ aux genres très différents : il y a du rock, du punk, du hip-hop, de l'afro-pop et même de la country. De quoi procurer un cocktail explosif !

Ces 5 mecs ont déjà bien bourlingué : Baptiste (Saule), Vinc' (Fugu Mango, Bikinians), Simon (Hibou, Le Yeti), Nico (Eleven) et Joe (A Mute).

Dès les premiers riffs de guitare, Baptiste Lalieu met une ambiance de feu. Un vrai boute-en-train ! On n’est pas là pour s’emmerder après tout ! Les titres s’enchaînent à une cadence hors du commun. Le gars invite même deux jolies filles à venir se trémousser le popotin sur un titre qui leur est dédié. Quelques mains se lèvent. Deux demoiselles s’avancent et s’exécutent. Elles se font plaisir ! A mes mirettes aussi !

Lors de la chanson suivante, les gays sont mis à l’honneur ! Personne ne lève la main. Pas peur ou par pudeur. Tant pis, le show continue. L’ambiance n’a rien perdu de son amplitude !

On rigole ! On s’amuse ! On pinte ! Tous les ingrédients d’un bon concert festif sont réunis !

A 21 heures 45, le combo tire sa révérence !

Une quinzaine de minutes plus tard, changement de style, et place à Lemon Straw.

Le band réunit Giani Sabia (Chant & Guitare), Boris Iori (Dobro, Harmo, Lap steel Guitare) et Xavier Bouillon (Piano). Ils sont venus défendre, ce soir, les couleurs de leur deuxième LP, « Running Home », tout fraîchement tombé dans les bacs.

Le parcours de Giani est assez atypique. Il quitte l’usine en 2002 abandonnant un système prolétaire dont il semble n’avoir tourné aujourd’hui qu’une demi page. Au cours de notre interview, lorsqu’il évoque son passé, il subsiste une certaine nostalgie mêlée à une rancune difficilement dissimulable.

Il décide alors d’apprendre la guitare et compose ses propres chansons.

Lors d’un stage musical, il rencontre Boris, son futur acolyte.

Il jouera dans quelques groupes de la région. Souhaitant perfectionner son anglais, il part vivre à Londres, Dublin et ensuite New York.

A son retour, Boris et lui montent alors Lemon Straw. Renaud Lhoest (Arrangeur et Violoniste) les rejoint quelques mois plus tard. Ainsi, est née la légende !

Le groupe belge s’était révélé grâce à « See You On The Other Side », titre éponyme de leur premier album, sorti en mars 2010.

Produit en collaboration avec Dada (guitariste du groupe Suarez), ce long format s’inscrit dans une certaine symbolique de changement tout en conservant à la fois les belles mélodies et un côté dépouillé.

Cousu de fil blanc, l’approche est plus pop, plus contemporaine. Plus radiophonique aussi. Le synthé atmosphérique de Xavier et la boîte à rythmes communiquent une certaine énergie à l’ensemble.

Les titres s’enchaînent autour de la voix émouvante et chaude de Giani. Ce type est à fleur de peau ! Complètement humain ! Je ressens une certaine fragilité en lui ! Une réelle sensibilité ! C’est plutôt rare chez un homme !

La set list est bien pensée. Comme si les membres du groupe avaient voulu nous raconter une histoire ; leur histoire. Les titres se suivent et parviennent chaque fois à générer une émotion intense. Les chansons touchent véritablement l’affect !

L’intimité entre le groupe et le public s’intensifie. L’environnement, assez feutré de la salle, y est sans doute pour quelque chose. C’est l’apanage des endroits de taille modeste. Ils permettent ces moments privilégiés !

Plus le temps passe, plus j’ai d’ailleurs l’impression d’être au milieu de mon salon, joint entre les lèvres et verre de whisky à la main, en train d’écouter une bande de potes !

Cet opus rend clairement un hommage appuyé à Renaud Lhoest, violoniste et pianiste décédé trop tôt à la suite d’une longue maladie, en décembre 2014. L’excellent et puissant « See you on the other side » lui est d’ailleurs spécialement dédié. Joué ce soir, il prend encore une dimension toute particulière ! Je sens mes yeux embués. La fragilité qui est la mienne en ce moment y est sans doute pour quelque chose…

Ce que je retiendrai de cette soirée, c’est le talent et charisme qui émanent de cet individu plutôt réservé…

J’irai les revoir, c’est sûr ! En attendant, place à l’interview…

Set list

Air
Does anyone feel like me
What’s going on
Out of time
Which side are you on
See you on the other side
Chapel
I’m gonna crawl
I don’t care
Running Home

Rappel :

The walls
Run

 

Lola Colt

Un trip cosmique et extatique…

Écrit par

Lola Colt est un groupe londonien partagé entre 3 filles et trois mecs ? Un sextuor qui a publié son premier album, en 2014. Intitulé « Away from the water », il a reçu d’excellentes critiques en Grande-Bretagne, mais n’a guère suscité d’intérêt sur le Vieux Continent. Curieux quand même qu’en 2015, il suffit qu’un groupe injecte un zeste d’électro dans sa solution sonore, pour voir toute la presse conventionnelle et même soi-disant alternative s’extasier. Alors que lorsqu’un artiste ou un groupe a du potentiel ou est authentique, curieusement il est snobé. Parce qu’il n’est pas dans l’air du temps. Bref, on ne refera pas le monde, mais ce manque d’esprit critique commence à m’inquiéter. Ou alors, certains journalistes ont peut-être capitulé, face au pouvoir de l’industrie musicale... Mais revenons à nos moutons ; c’est-à-dire le concert que Lola Colt accordait ce mardi 17 mars au Witloof Bar du Botanique.

On dénombre une centaine de personnes dans le sous-sol, pour accueillir le combo. Si l’acoustique est excellente, il faut reconnaître que la vision n’est pas idéale. Et ce n’est pas Béber, un de mes collaborateurs, qui me contredira…

Bref, à 20h20, Lola Colt monte sur le podium. Martin P Scott, le drummer est bien installé à l’arrière-plan. Son kit de batterie comprend une grosse caisse située à sa droite, à mi-hauteur. Régulièrement, il remplace un de ses sticks par une maraca pour frapper les peaux de ses fûts. Ce qui donne une caisse de résonance particulièrement profonde à son drumming. Gun Overbye a enfilé une sorte de poncho à rayures obliques sur lesquelles sont imprimés des fleurs. Ce qui communique un effet psychédélique assez étonnant lorsque le light show, créant des zébrures, se met à tournoyer en spirale, autour d’elle.

Le concert s’ouvre par une de leurs premières compos, « Boom boom blasphemy », un titre aux sonorités sixties. Kitty s’est emparée du tambour et le martèle sauvagement et en cadence, tout en remuant le corps sensuellement et par mouvement syncopés. Un véritable top model, à la coupe de cheveux singulière. Des cheveux de couleur jais, qui lui cachent le plus souvent la moitié de son beau visage. Elle se charge des claviers et notamment d’un orgue à soufflets. Mais aussi parfois du tambourin, des maracas et des backing vocals. La troisième fille se consacre à la basse. Il s’agit de Sinah Blohberger. Les deux autres grattes sont assumées par James Hurst, dont la pilosité est digne des Magic Numbers et Matt Loft, barbe bien taillée, vêtu de noir, le look mexicano.

La voix de Gun est puissante et rappelle immédiatement celle de Grace Slick. Les musicos sont parfaitement dans leur trip. Peu loquace, Overby a pourtant un fameux charisme, il faut le reconnaître. Sa six cordes scintille de mille feux. Matt s’y révèle aussi sobre qu’efficace. Il se consacre au shahi baaja (NDR : un instrument à cordes pincées indien de la famille des cithares) sur « Moonlight ». Gun a opté pour la sèche lorsque le band attaque « Time to burn ». Après l’indolent et lancinant « White lane », on a droit au superbe « Vacant hearts », caractérisé par ses sonorités de guitare tintinambulantes. « Heartbreaker » baigne au sein d’un climat énigmatique, ‘doorsien’. C’est à partir de « Diamonds » que le climat va devenir transique. Gun a récupéré le tambour et imprime un rythme hypnotique. « Jaguar » clôt le set. Le morceau débute en douceur. James à la crécelle et Gun à la maraca produisent des bruitages rappelant la cascabelle du serpent à sonnettes. Puis, évoluant sur un tempo tribal, la compo va s’enfoncer dans un long développement psychédélique structuré. Les trois guitares libèrent tout leur feedback. Le son est à la limite de la saturation, mais le climat est particulièrement envoûtant et plonge l’auditoire dans un trip cosmique et extatique. Ovation !

Et finalement, alors qu’il n’était pas prévu, le band va nous accorder un rappel dans le style du dernier titre. Soit « Away from the water », le morceau maître de l’opus. Près de 20 minutes de délire et de délice psyché. Acclamations nourries et remerciements des musicos. Ils ne reviendront plus. Mais franchement, on espère les revoir bientôt dans une salle plus adaptée. Notamment pour pouvoir bénéficier de toutes les facettes de leur light show, décrit par la presse insulaire, comme un paradis kaléidoscopique, mais ce soir réduit à sa plus simple expression. Car sous son aspect simplement musical, Lola Colt pourrait devenir énorme. C’est votre serviteur qui l’affirme. On en reparlera…

(Organisation : Botanique)

Set list

Boom Boom Blasphemy
Rings Of Ghosts
Highway
Moonlight
Time To Burn
I Get High if You Get High
White Horse
Vacant Hearts
Heartbreaker
Diamonds
Jaguar

Rappel

Away from the water

(Organisation Botanique)

Christine & The Queens

Déjà reine et pourtant si humaine…

Écrit par

Ce soir, le Cirque Royal est plein à craquer. Pas étonnant, puisque Christine & The Queens s’y produit. Héloïse Letissier, aka Christine, avait déjà rempli l’Orangerie du Botanique, il y a peu. Elle fait donc son retour, flanquée de ses trois musicos, mais également de deux danseurs fantastiques. Elle a fréquenté les cours d’art dramatique ; un background qui va transparaître tout au long des 90 minutes de son show.  Votre serviteur n'a pas reçu son sésame via l’organisateur. Les websites sont écartés. Dommage ! M’enfin, Didier est un petit futé et sa Botacarte lui permet d’accéder au spectacle…

Paradis assure le supporting act. Un duo français de musique électronique qui bidouille derrière une immense table installée à l’avant-scène, sur laquelle est posée des tas de machines, des synthés et autres samplers. Tiens, dans leur set list, il y a une version électro d’une compo d’Alain Souchon, « La ballade de Jim ». Pas vraiment convaincante. Et on ne peut pas vraiment qu’une interactivité s’établisse entre le tandem et le public…

Il est 21 heures lorsque la Reine Christine déboule sur l’estrade, suivie de deux danseurs, qui vont même se muer, parfois, en contorsionnistes. Christine vient de publier son premier album, « Chaleur humaine », un elpee précédé par le single « Saint Claude ». L’opus a été enregistré sous la houlette d'Ash Workman (Metronomy, Klaxons et Summer Camp). Le public est déjà très chaud. Christine lui adresse directement la parole, et notamment aux spectateurs des premiers rangs, sans pour autant oublier de remercier ses aficionados. Et elle a de la répartie ! Elle attaque une cover audacieuse du « Paradis perdu » de Christophe, une adaptation à laquelle elle a judicieusement intégré des textes de Kanye West. Elle revisite complètement le « Photo Souvenir » de William Sheller. Emprunté à Mickaël Jackson, le pas de danse exécuté par la diva est savamment coordonné. Dispensé par des tubes leds, le light show monte ou descend selon les chansons, éclairant tantôt l'un, tantôt l’autre musicien, tantôt encore le trio dans son ensemble. Christine à une voix particulière, mais qui flatte l’oreille. Elle nous parle de ses chansons et tout particulièrement de son LP « Chaleur humaine ». Une invitation à se rencontrer et même à s'enlacer. Très complice à l’égard de son auditoire, elle reste pourtant humble et accessible, malgré le succès fulgurant de sa carrière.

Au second rappel, elle entre en totale communion avec le public pour « Nuit 17 à 52 ». Tous les smartphones sont allumés, comme autrefois les briquets. Et le spectacle est tout bonnement magique… 

Christine & The Queens revient en Belgique prochainement. Le 28 juin 2015, dans le cadre du festival Rock Werchter et le 2 octobre à Forest National.

 

Lizzard

La devise de Lizzard : créativité, humilité et efficacité…

Écrit par

Ce vendredi 13 mars, se déroulait le concert de Soen, à l’Alhambra à Mons. En supporting act : Lizzard.
Les hostilités devaient débuter à 20h00, mais comme toute bonne organisation qui se respecte, elles ont pris entre 45 à 60 minutes de retard…
J’arrive donc peinard vers 20 heures 30 au pied de la salle montoise. Bizarre, le sas est vide !
Je suis surpris aussi de constater que le parterre est clairsemé. A priori, les groupes à l’affiche de ce soir de drainent pas la foule. Ou alors, c’est peut-être l’effet pervers de la crise économique qui frappe durement et cruellement les moins nantis d’entre-nous !
Parce que même si les concerts se veulent plutôt accessibles dans le cadre de Mons 2015 (et c’est tant mieux !), la culture, en Belgique, a tout de même un prix !

Fermons cette parenthèse !

A l’entrée, je passe devant le stand marchandising. Certains membres de Soen sont présents. Je tente de discuter. Ne maîtrisant pas la langue de Shakespeare suffisamment que pour pouvoir tenir une longue et sérieuse conversation, je demande à un ami qui m’accompagne de jouer à l’interprète. Etrangement, déjà, la communication se glace. Et le courant passe difficilement. Nous avons l’impression de littéralement les emmerder ! Les questions ne trouvent pas réponse. Une personne semble même mal à l’aise devant le peu d’empathie que nous témoignent ses comparses. Il s’agit là sans doute du paradoxe des relations humaines…

Je ne m’inquiète pas ! Après tout, qu’importe, je me suis déplacé avant tout pour assister à un spectacle et retranscrire mes impressions en toute objectivité.

Lizzard assure donc la première partie. Il s’agit d’un trio mixte franco-anglais qui a déjà de la bouteille, malgré son jeune âge ! Les musicos doivent avoir à peine la trentaine.

Après une première démo réalisée en 2007, la formation publie en 2008, un premier Ep intitulé « Venus ». Rencontrant un véritable succès critique, le band enregistre son premier album en 2012, à Los Angles. Son titre ? « Out of reach ». Il est très prometteur et déborde de créativité.

Aujourd’hui, le combo est venu défendre les couleurs de « Majestic », un deuxième opus tombé dans les bacs depuis quelques mois.

Vers 20h45, Mathieu Ricou (guitare, voix), Katy Elwell (batterie) et William Knox (basse, voix) s’installent.

Détail croustillant, ce qui me frappe, c’est cette toute jeune et frêle jeune fille derrière les fûts. Les traits fins et le visage angélique, on lui donnerait le bon Dieu sans confession.

Et pourtant, cette docteur Jekyll devient une Mrs Hyde en puissance, derrière ses fûts ! Dès les premiers décibels, elle prouve que l’on peut être très féminine et en avoir dans le pantalon ! Elle frappe sans vergogne toms, cymbales, grosse caisse et caisse claire. Elle dispose de tellement d’accessoires qu’on peine à la distinguer clairement.

Le public sait maintenant à quelle sauce il va être mangé !

Effectivement, aux rythmes chevronnés des compositions qui s’enchaînent, autour de moi des dizaines de chevelures longues et épaisses s’agitent. Les mouvements de tête se font de plus en plus pressants et intenses. On dirait une grand-messe réunissant ses pèlerins. Un ersatz sectaire même !

Pour ma part, la coupe rase et la calvitie naissante m’interdisent toute rivalité !

C’est curieux à voir ! Mais le genre musical rock/expérimental/art/metal s’y prête admirablement ! Et relève du folklore !

Après un set rondement mené autour des albums « Majestic » et « Out of Reach », le show prend fin.

J’en profite pour m’hydrater. J’attends impatient le repas principal. Ou le dessert. Ce sera selon !

Vers 22 heures, les premières riffs de guitares métal/prog de Soen font trembler l’hémicycle.

Formé en 2005, sous l’impulsion de Martin Lopez, le projet est rapidement mis au placard. Ce n’est que cinq années plus tard que le band s’extirpe de son cocon suite à l'arrivée de Joel Ekelöf (Chant) et Steve Digiorgio (Basse). 

Un premier disque, évoluant entre Rock et Metal Progressif, baptisé "Cognitive", paraît en 2012. "Tellurian" est quant à lui disponible depuis le 4 Novembre 2014 chez Spinefarm Records.

Joel Ekelöf, Martin Lopez, Joakim Platbarzdis et Stefan Stenberg affichent une excellente technique, mais leur musique, plus prog que metal, ne parvient pourtant pas à faire décoller l’ambiance !

Les musicos semblent s’en donner à cœur joie sans pouvoir réellement communier avec le public. Un problème d’ego surdimensionné peut-être…

Le chanteur possède d’excellentes dispositions vocales. Mais, il ne les met pas au profit de l’ensemble. Il en fait maladroitement des tonnes. Ce qui n’apporte rien… si ce n’est à décrocher des sourires moqueurs et… susciter un sentiment d’ennui ! Serait-ce la conséquence de la recherche d’une identité propre à n’importe quel prix ?

Les spectateurs ne sont pas dupes et leur attention s’amenuise comme neige au soleil ! Dommage !

Bref, l’alchimie n’est pas au rendez-vous ce soir !

La set list puise parmi les compos de « Tellurian » et « Cognitive ».

La seule bonne surprise viendra lors du rappel. Le titre « Word » est balancé tout en retenue. Juste une guitare et une voix durant la partie première de la structure du morceau. Durant ces (trop) petites minutes d’intimité, le chanteur redevient homme, au sens le plus noble du terme et communique une émotion forte avec les badauds.

Le rappel prend fin.

Je regagne le bar… pratiquement vide !

J’aperçois au loin les trois membres de Lizzard. Je me dirige vers le stand. Ils sont très accessibles, contrairement à leurs homologues. Je taille une bavette auprès de la jolie Katy. Elle a 32 ans et compte déjà 16 années de batterie dans les tripes. Je la complimente sur son jeu. Je la sens réceptive et très humble à la fois.

Nous nous échangeons alors quelques brides d’informations. Elle est d’origine anglaise, mais parle un français impeccable. Je m’en étonne. Elle précise qu’elle vit en France depuis ses 11 ans (si ma mémoire ne me fait pas défaut).

Elle griffonne, le sourire aux lèvres, quelques mots sur un bout de papier que je m’empresse de mettre en poche. Je m’attarde environ un gros quart d’heure.

Durant ce laps de temps, Soen reçoit aussi une poignée de fans exaltés. J’en vois quelques-uns repartir, un vinyle sous le bras… Support que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître… Les flashs continuent de crépiter et les selfies seront légion ce soir!

Finalement, tout ne sera pas perdu pour tout le monde !

Set list :

Aion
Bound
The Roots Within
Loose Ends
Colour Bund
The Orbiter
Vigilent
Twisted Machine
Tear Down The Sky

(Organisation Alhambra)

Soen

La grenouille qui voulait se faire aussi grosse qu’un bœuf a été mangée par un lizzard…

Écrit par

Ce vendredi 13 mars, se déroulait le concert de Soen, à l’Alhambra à Mons. En supporting act : Lizzard.
Les hostilités devaient débuter à 20h00, mais comme toute bonne organisation qui se respecte, elles ont pris entre 45 à 60 minutes de retard…
J’arrive donc peinard vers 20 heures 30 au pied de la salle montoise. Bizarre, le sas est vide !
Je suis surpris aussi de constater que le parterre est clairsemé. A priori, les groupes à l’affiche de ce soir de drainent pas la foule. Ou alors, c’est peut-être l’effet pervers de la crise économique qui frappe durement et cruellement les moins nantis d’entre-nous !
Parce que même si les concerts se veulent plutôt accessibles dans le cadre de Mons 2015 (et c’est tant mieux !), la culture, en Belgique, a tout de même un prix !
Fermons cette parenthèse !

A l’entrée, je passe devant le stand marchandising. Certains membres de Soen sont présents. Je tente de discuter. Ne maîtrisant pas la langue de Shakespeare suffisamment que pour pouvoir tenir une longue et sérieuse conversation, je demande à un ami qui m’accompagne de jouer à l’interprète. Etrangement, déjà, la communication se glace. Et le courant passe difficilement. Nous avons l’impression de littéralement les emmerder ! Les questions ne trouvent pas réponse. Une personne semble même mal à l’aise devant le peu d’empathie que nous témoignent ses comparses. Il s’agit là sans doute du paradoxe des relations humaines…

Je ne m’inquiète pas ! Après tout, qu’importe, je me suis déplacé avant tout pour assister à un spectacle et retranscrire mes impressions en toute objectivité.

Lizzard assure donc la première partie. Il s’agit d’un trio mixte franco-anglais qui a déjà de la bouteille, malgré son jeune âge ! Les musicos doivent avoir à peine la trentaine.

Après une première démo réalisée en 2007, la formation publie en 2008, un premier Ep intitulé « Venus ». Rencontrant un véritable succès critique, le band enregistre son premier album en 2012, à Los Angles. Son titre ? « Out of reach ». Il est très prometteur et déborde de créativité.

Aujourd’hui, le combo est venu défendre les couleurs de « Majestic », un deuxième opus tombé dans les bacs depuis quelques mois.

Vers 20h45, Mathieu Ricou (guitare, voix), Katy Elwell (batterie) et William Knox (basse, voix) s’installent.

Détail croustillant, ce qui me frappe, c’est cette toute jeune et frêle jeune fille derrière les fûts. Les traits fins et le visage angélique, on lui donnerait le bon Dieu sans confession.

Et pourtant, cette docteur Jekyll devient une Mrs Hyde en puissance, derrière ses fûts ! Dès les premiers décibels, elle prouve que l’on peut être très féminine et en avoir dans le pantalon ! Elle frappe sans vergogne toms, cymbales, grosse caisse et caisse claire. Elle dispose de tellement d’accessoires qu’on peine à la distinguer clairement.

Le public sait maintenant à quelle sauce il va être mangé !

Effectivement, aux rythmes chevronnés des compositions qui s’enchaînent, autour de moi des dizaines de chevelures longues et épaisses s’agitent. Les mouvements de tête se font de plus en plus pressants et intenses. On dirait une grand-messe réunissant ses pèlerins. Un ersatz sectaire même !

Pour ma part, la coupe rase et la calvitie naissante m’interdisent toute rivalité !

C’est curieux à voir ! Mais le genre musical rock/expérimental/art/metal s’y prête admirablement ! Et relève du folklore !

Après un set rondement mené autour des albums « Majestic » et « Out of Reach », le show prend fin.

J’en profite pour m’hydrater. J’attends impatient le repas principal. Ou le dessert. Ce sera selon !

Vers 22 heures, les premières riffs de guitares métal/prog de Soen font trembler l’hémicycle.

Formé en 2005, sous l’impulsion de Martin Lopez, le projet est rapidement mis au placard. Ce n’est que cinq années plus tard que le band s’extirpe de son cocon suite à l'arrivée de Joel Ekelöf (Chant) et Steve Digiorgio (Basse). 

Un premier disque, évoluant entre Rock et Metal Progressif, baptisé "Cognitive", paraît en 2012. "Tellurian" est quant à lui disponible depuis le 4 Novembre 2014 chez Spinefarm Records.

Joel Ekelöf, Martin Lopez, Joakim Platbarzdis et Stefan Stenberg affichent une excellente technique, mais leur musique, plus prog que metal, ne parvient pourtant pas à faire décoller l’ambiance !

Les musicos semblent s’en donner à cœur joie sans pouvoir réellement communier avec le public. Un problème d’ego surdimensionné peut-être…

Le chanteur possède d’excellentes dispositions vocales. Mais, il ne les met pas au profit de l’ensemble. Il en fait maladroitement des tonnes. Ce qui n’apporte rien… si ce n’est à décrocher des sourires moqueurs et… susciter un sentiment d’ennui ! Serait-ce la conséquence de la recherche d’une identité propre à n’importe quel prix ?

Les spectateurs ne sont pas dupes et leur attention s’amenuise comme neige au soleil ! Dommage !

Bref, l’alchimie n’est pas au rendez-vous ce soir !

La set list puise parmi les compos de « Tellurian » et « Cognitive ».

La seule bonne surprise viendra lors du rappel. Le titre « Word » est balancé tout en retenue. Juste une guitare et une voix durant la partie première de la structure du morceau. Durant ces (trop) petites minutes d’intimité, le chanteur redevient homme, au sens le plus noble du terme et communique une émotion forte avec les badauds.

Le rappel prend fin.

Je regagne le bar… pratiquement vide !

J’aperçois au loin les trois membres de Lizzard. Je me dirige vers le stand. Ils sont très accessibles, contrairement à leurs homologues. Je taille une bavette auprès de la jolie Katy. Elle a 32 ans et compte déjà 16 années de batterie dans les tripes. Je la complimente sur son jeu. Je la sens réceptive et très humble à la fois.

Nous nous échangeons alors quelques brides d’informations. Elle est d’origine anglaise, mais parle un français impeccable. Je m’en étonne. Elle précise qu’elle vit en France depuis ses 11 ans (si ma mémoire ne me fait pas défaut).

Elle griffonne, le sourire aux lèvres, quelques mots sur un bout de papier que je m’empresse de mettre en poche. Je m’attarde environ un gros quart d’heure.

Durant ce laps de temps, Soen reçoit aussi une poignée de fans exaltés. J’en vois quelques-uns repartir, un vinyle sous le bras… Support que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître… Les flashs continuent de crépiter et les selfies seront légion ce soir!

Finalement, tout ne sera pas perdu pour tout le monde !

Set list

Tabula
Delenda
Ennui
Koniskas
Canvas
Kuraman
Fraccions

(Organisation Alhambra)

 

Lordi

Welcome to the Finnish Horror Show !

Écrit par

Afin de permettre aux aficionados de patienter jusqu’à son festival qui se déroule en août, l’organisation Alcatraz propose ponctuellement des club-shows. Et, en programmant Lordi en tête d’affiche, elle respectait à nouveau un label de qualité. Du haut de ses vingt-trois années de carrière et bénéficiant d’un succès décuplé, suite à sa victoire décrochée à l’Eurovision (un des rares éclairs de créativité dans ce concours), les monstres ont littéralement assuré le show, ce mercredi soir, en mêlant parfaitement comédie et horreur.

L’ouverture de bal revient à Hollywood Groupies. Ce combo italien pratique un Heavy Metal somme toute classique, mais idéal pour une entrée en matière. Il débarque sur scène en toute simplicité. Mirko peine cependant à rejoindre sa batterie (enfin, celle de Dirty Passion, deuxième groupe de la soirée). Il faut dire que le podium de la salle courtraisienne n’est pas très large et que le fond est déjà envahi par le matos, caché, de Lordi. C’est donc dans un espace contigu que le quintet conquiert petit à petit les metalheads présents, puisant ça et là dans leur album « Punched By Millions Hit By None » et leur dernier LP, « Bitchcraft », sorti l’année dernière. Foxy et Kelly, chanteuse et lead-guitariste du band, emplissent l’espace à elles deux. Les ‘sisters’, comme elles se surnomment l’une l’autre, sont toutes deux de cuir et bas résilles vêtues, leurs chevelures noires et blondes virevoltant aux rythmes des riffs. Rien ne sert de tourner autour du pot, leur charisme et attitude sexy charment le public. Un look qui détonne par rapport au bassiste, Condor, que l’on croirait directement issu d’un band de grunge des années ’90. Un bon moment dans la bonne humeur, malgré un set parfois un peu trop linéaire et quelques difficultés à meubler les espaces entre les morceaux. Mais ce ne sont que des détails…

Le temps de se rafraîchir et de se soulager (à moins que ce ne soit fait dans l’ordre inverse ?), deux roll-ups à l’effigie de Dirty Passion sont installés de part et d’autre du podium. Kriss, chanteur de la formation, déboule sur l’estrade coiffé d’un chapeau de cow-boy et vêtu d’une chemise ouverte à l’effigie des Ramones. L’impressionnant guitariste Chrisse, au t-shirt sans manches, de couleur grise, usé par les shows, et au pantalon multi-patché, se plante devant votre serviteur, armé de sa guitare. Nasty et Mike, respectivement bassiste et batteur du band, visiblement inspirés par l’époque Mötley Crüe, complètent le quatuor suédois. Proposant un Heavy plus sale et plus cru que le combo précédent, Dirty Passion est visiblement attendu. Acclamé dès leur arrivée, les musiciens vont tenir la barre haute pendant leur set, hypnotisant la fosse tant par leurs riffs teintés heavy que par la voix très belle et claire du frontman. Un voyage où l’on se laisse prendre par la main, atteignant émotionnellement son apogée sur « Addicted », morceau exécuté partiellement à la guitare sèche par Kriss. ‘We’ll come back later, see you soon Belgium’, s’exclame le chanteur. Difficile à croire, mais les quarante minutes du set sont passées trop vite. Une belle découverte !

Les entrées digérées, place maintenant au plat de résistance. Et quel plat ! Côté scénique, on reste dans le classique. Un backflag frappé du logo de Lordi tapisse l’arrière-plan, tandis que disposées à gauche et à droite du podium, deux toiles, sont tendues sur des armatures métalliques, en guise de rappels. Plongeon dans le noir, la foule crie et scande le nom du band. Une femme habillée en hôtesse se plante au milieu de l’estrade, mimant l’atterrissage d’un avion à l’aide de deux bâtons lumineux bleus. L’engin atterri, les monstres débarquent sur « Nailed by the Hammer of Frankenstein », le single de leur dernier opus, « Scare Force One ». Quelle présence ! Les costumes, magnifiques dans leur laideur, ne sont pas sans rappeler un film d’horreur série Z. Incarnant un énorme bœuf au visage squelettique, coiffé de deux cornes, le bassiste, Mr OX, en impose par son regard démoniaque et ses gestes amplifiés. D’énormes ventilateurs ne manquent pas de rafraîchir les monstres, suffoquant certainement en dessous de leurs déguisements rocambolesques. ‘On a plutôt l’habitude qu’il fasse froid en Finlande. Ici, c’est carrément l’été torride’, lance Mr Lordi, frontman du band.

On ne perd pas de temps et « This is Heavy Metal » est de suite enchaîné, suivi de leur incontournable tube « Hard Rock Hallelujah », connu internationalement (NDR : Tu vas voir qui ce soir ? Lordi ? Connais pas… Ah si les monstres de l’Eurovision ! Je serais curieux de voir le nombre de personnes qui ont vécu ce moment de vie le jour du concert). Le public, pourtant majoritairement constitué de trentenaires et de quadragénaires, répond présent quand la bête au micro en forme de hache leur demande de sauter au rythme du morceau. Un premier solo marque à présent un break lors de ce show. Les spots blancs se focalisent sur Mrs Hella et son clavier. L’espèce de femme décharnée au regard mi-aveugle, mi-zombie, s’excite sur ses touches et lance « Hell Sent in the Clowns », également issu de leur dernier LP. Un clown démoniaque, de blanc vêtu, commence à courir entre les musiciens, chassé à coup de hache par le géant Mr Lordi.

A moins que vous ne l’auriez pas encore compris, le groupe met le paquet quant au côté visuel de sa prestation et ne lésine pas sur l’utilisation d’objets divers et variés tout au long de leurs vingt et un morceaux proposés au cours de cette soirée. En témoigne la nouvelle apparition du même clown sur « Blood Red Sandman », déambulant sur scène avec un petit seau. Il y plonge la main et la secoue sur la foule. Nous sommes donc désormais… bénis de gouttes de faux sang ! Mr Mana nous sert ensuite son solo. Plongé dans l’obscurité, il martèle ses fûts de baguettes luminescentes bleues. Il faut dire que chaque musicien a droit à son moment de gloire en cette soirée, profitant de l’espace, à lui seul, pendant 5 minutes. Deux titres après la performance du drummer, c’est au tour du bassiste bestial Mr Ox d’être sous les feux des projecteurs. On lui apporte une caisse posée sur des roulettes. Elle contient un vieil homme. Mr Ox s’en approche et commence à la martyriser. Le pauvre bougre crie, appelle à l’aide. En vain. La bête se retire enfin laissant un trou béant et ensanglanté au niveau du ventre. Rassasié de tripes, le bassiste peut à présent démarrer son solo, qu’il enchaîne à « How to Slice a Whore », tiré de leur dernier LP.

Le band a également conservé une bonne ha           bitude pour le ‘live’. Celle de toujours réserver un morceau qui n’est jamais sorti. ‘A fucking B-track or whatever you name it…’, lance le chanteur, avant que ne démarre “Don’t let my Mother Know”. Il ne fallait en tout cas pas avoir peur d’être maculé en cette soirée. C’est en effet à présent une pluie de mousse qui s’abat sur nos têtes ; rien de tel, au final pour lancer « It Snow in Hell », extrait de leur album « Arockalypse », un disque publié en 2006. Quelques chansons plus tard, nous sommes à nouveau plongés dans le noir, avant que n’apparaisse Mr Amen sur la droite du podium, coiffé d’un némès, ce foulard rayé blanc et bleu que portaient les pharaons à l’époque. Il a ainsi également droit à son solo (modéré, soit-il dit en passant) sur « Amen’s Lament to Ra II », un intermède issu de « Babez for Breakfast ». Le show s’achève par deux titres qui figurent sur « Get Heavy », paru en 2003. A peine les goules reparties dans les loges que le public s’en donne à cœur joie : ‘we want more, we want more !’ Mr Lordi réapparaît sur le podium, chaussé de lunettes, coiffé d’une casquette de pilote d’avion et armé d’un pistolet Co2 à air froid. Une énième mise en scène afin d’entamer le titre éponyme de leur dernier LP, « Scare Force One ». C’est finalement, en portant deux grosses ailes d’insectes dans le dos, que le frontman termine cette prestation, haute en couleurs. Le combo y réserve alors de ses plus gros tubes, « Who’s Tour Daddy » et « Would You Love a Monsterman ».

Les Finlandais n’ont certainement pas révolutionné le monde du Heavy Metal et leurs compositions sont toutes, au final, très easy-listening. Mais ils valent certainement le déplacement pour leurs prestations scéniques, parvenant à créer un véritable monde de l’horreur, crédible du début jusqu’à la fin. Etre outrancier, ce n’est pas compliqué. Mais parvenir à rester authentique dans l’outrance, relève d’une maîtrise certaine. Une belle soirée au pays de l’horreur déglinguée.

(Organisation : Alcatraz clubshows)

Pour la section photos, c’est ici

 

 

 

 

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