La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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Stéphane Reignier

Stéphane Reignier

Auteur, compositeur, interprète, multi-instrumentiste et comédien, Thomas Pradeau est entré en studio, début de cette année, pour enregistrer son troisième elpee. En mars dernier, il a sorti un premier single, issu de ce futur opus. Intitulé

« Dans le ciel », ce morceau est une chanson autobiographique au cours de laquelle Thomas nous parle de la conquête de ces rêves inaccessibles que l’on a toutes et tous. Tout comme ces étoiles que l’on voit, mais qu’on ne peut atteindre.

C’est un aveu, un lâcher prise, un coup de gueule face à l’échec et paradoxalement, une nouvelle tentative pour l’artiste d’y arriver.

Le clip de « Dans le ciel » est à découvrir ici

Après avoir publié « Chocolat », sous forme de clip, Fel nous revient avec « Twa », une compo qui contraste avec le côté pop du premier single en empruntant une touche de hip-hop, le tout se rejoignant sur le phrasé nonchalant de l’artiste.

Un peu à la manière de Peet, par exemple. Ce qui crée aussi une balance entre le hip-hop émergent belge et cette volonté d'aller vers quelque chose de plus pop par moment, plus rock aussi parfois, avec l'utilisation des guitares, etc.

Le clip de « Twa » est disponible

 

samedi, 24 juillet 2021 11:59

Cheap Wine a un tuyau à nous révéler…

Cheap Wine est une formation établie aux confins de l’Oise.

Il vient de dévoiler le clip de « Confusion », après la sortie de son album « Schrödinger's Pipe ».

Après avoir publié deux Eps, Mystic Crow (2013) et Sad Queen (2016), le groupe a livré son premier album en 2020. Intitulé « Schrödinger's Pipe », il baigne au sein d’un psyché/rock puissant, à la saveur 70’s. C’est de cet LP qu’est tiré le morceau « Confusion ».

Intégrant des éléments de la musique classique ou du jazz, le son de Cheap Wine évoque Grand Funk Railroad, Radio Moscow, Blues Pills et All Them Witches, le tout à la fois… Tout un programme !

Découvrez le clip "Confusion" de Cheap Wine en cliquant ici

 

Lessines, principalement notoire pour avoir vu naître le célèbre peintre surréaliste René Magritte, à la fin du XIXème siècle, accueille dans le cadre des ‘Summer Nights’, une déferlante d’artistes. Depuis Axel Red à Girls In Hawaii, en passant par Hooverphonic ou encore Typh Barrow.

Si les premiers concerts de juin ont élu domicile dans la cour de l’enceinte même du prestigieux Hôpital Notre-Dame de la Rose, la suite des festivités se déroulera à l’ombre Hôtel-Dieu du XVIème siècle, un site en phase de reconnaissance par l’Unesco.

La scène enjambe curieusement la rivière. Le terrain, un joyeux amphithéâtre bucolique en pleine nature où blancs en palettes sont dispersés ci et là. En guise de table, des panneaux d’entrée d’agglomération où toutes les régions du patelin sont représentées. Une originalité sous bien des aspects, certes, mais pas de quoi profiter confortablement du spectacle qui va se jouer ce jeudi.

Des poules et des oies se sont aussi pressées au portillon sur une parcelle voisine. A défaut d’applaudissements, des gloussements en tout genre viennent perturber les moments de silence…

Les pluies torrentielles qui sont se sont abattues ces dernières heures sur le plat pays ont fait craindre une annulation de dernière minute. Les nuages pissent de temps à autre, histoire de rappeler que Dame Nature a les pleins pouvoirs. Mais, inutile de préciser que si la météo a épargné relativement cette partie du pays, il fallait s’armer d’une sacrée dose de motivation pour assister au concert de Steverlinck.

Ponchos sur les épaules et parapluies sous le bras, la bonne centaine de courageux aficionados a encore dû se soumettre aux mesures sanitaires (encore) obligatoires.

Ce soir, francophones et néerlandophones se réunissent d’ailleurs solennellement. Comme quoi la guerre linguistique n’a véritablement de sens que sur l’échiquier politique.

Kris Dane assure la première partie de ces festivités. Anversois de souche et Bruxellois d’adoption, cet auteur-compositeur-interprète a participé à une multitude de projets artistiques, parmi lesquels on épinglera l’opéra de Philippe Boesmans, Aka Moon, Ictus, dEUS (pour lequel il a frappé les peaux), mais également Ghinzu au sein duquel il a longtemps milité.

Armé de sa seule gratte, il apporte ce degré de légèreté douce-amère, grâce à sa voix très singulière.

Digne héritier d’un Damien Rice ou d’un Ben Howard, il caresse les cordes sensuellement et nous emmène dans un univers sonore où la bienveillance et l’amour font loi.

Aucun doute, la musique est bien le reflet de ce que l’on est. En néerlandais, on dit qu’on apprend en tombant et en se relevant. Un adage qui lui va comme un gant !

Une prestation d’une trentaine de minutes intéressante, mais un peu redondante par la longueur et le manque de relief dans l’interprétation des morceaux…

Les quelques flaques d’eau enlevées de la main stage, la pièce maîtresse de cette soirée est présentée par deux animateurs, histoire que la cour saisisse correctement le message dans sa langue natale.

Comme bon nombre de ses pairs, Jasper Steverlinck n’a pu rencontrer le moindre public depuis des lustres. C’est donc un retour très attendu.

Son nom est évidemment associé à celui d’Arid, formation belge qui a connu la gloire, notamment après avoir gravé l’excellentissime « Little Things of Venom ».

Le groupe a suspendu son aventure, dès 2012, en partie à cause de ce succès. Parenthèse définitive ? Nul ne le sait probablement. Lueurs d’espoir, une reformation éphémère s’est d’ailleurs produite, il y a quelques mois, à la demande des fans.

Le concert de ce soir risque d’être riche en émotion, vu le nombre de musicos qui entoure le Gantois : un contrebassiste, un drummer, un claviériste (qui a failli déclarer forfait suite à une blessure de la main), un violoncelliste et deux violonistes. De quoi rassurer quant à la nature de la prestation !

L’utilisation des projecteurs est réduite à sa plus simple expression ; une lumière alternant le blanc et le bleu met en exergue ses principaux acteurs.

Depuis la sortie de son dernier album « Night Prayer », enregistré ‘live’ (mais sans public), c'est-à-dire en ‘one take’, sauf en ce qui concerne les cordes, pour une question de budget, son actualité musicale a pratiquement été rencardée au Panthéon.

Les premières notes plongent immédiatement l’auditoire dans une atmosphère empreinte de douceur, feutrée même… Elles sautillent joyeusement comme les gouttes d’eau qui rebondissent sur l’herbe…

Haut-perchée, la voix de Jasper Steverlinck semble parfois ressusciter Jeff Buckley ou encore Freddie Mercury. Ses doigts glissent agilement sur le manche, un peu comme s’il manipulait de la porcelaine, plus qu’ils ne s’agitent. C’est un sacré musicien.

C’est à la gratte électrique et accompagné de son pianiste qu’il chantonne un « So far away from me » du feu de Dieu en dévoilant encore une facette inattendue de son répertoire. C’est joliment interprété. Avant d’emboîter le pas sur une reprise de K’s choice (NDR : groupe qu’il affectionne particulièrement) et qu’il avait arrangée pour les besoins d’une émissions télé.

Les cordes qui enrichissent « Our love got lost » rendent la texture sonore, moelleuse.

Des reprises, il en sera encore question, dont celle d’Arid, « You are », issu de « All Is Quiet New ». Il signale même avoir acheté tous leurs disques. Un bobard à deux balles qui a quand même déclenché l’hilarité dans la foule.

Autre cover, celle carrément décalée d’« Ice queen » du groupe néerlandais de métal symphonique, Within Temptation. Faut dire que le charme de Sharon den Adel rencontrée lors d’une émission de télé ‘Liefde voor muziek’, n’a pas laissé indifférent notre hôte d’un soir.

« Colour me blind », relate l’histoire d’un gamin en passe de perdre la vue et l’ouïe par la faute d’un virus. Mélancolique et voluptueux, ce titre est presque exclusivement centré sur la précision et l'écriture ; un exercice de style dans sa forme la plus pure et la plus directe.

Le set s’achève naturellement par un « Night prayer », qui aborde le thème de la guérison. La nuit montre le bout de son nez, les parapluies sont repliés depuis une trentaine de minutes.

Après avoir retenu son souffle durant une bonne heure trente, Jasper et son équipe décident de quitter les lieux durant quelques secondes, le temps d’un vrai/faux rappel de trois chansons.

Après avoir exploité les aigus de son organe sous un air d’opéra italien, il réinterprète le « Life on Mars » de Bowie (NDR : cette chanson figure sur l’album « Songs Of Innocence » de Jasper) pour rendre hommage aux sinistrés des inondations. Une adaptation particulièrement émouvante…  

En guise d’adieu, c’est à l’aide d’un vieil orgue en bois fraîchement installé sur l’estrade que le set prend fin.

Plus qu’un concert, une fenêtre qui s’ouvre vers de grands espaces de liberté, réanimant de vieux feux sacrés. De jolis moments qu’une bonne frange de la population semblait avoir oublié.

Pourvu que ça dure …

Seconde et dernière journée pour ce semblant de festival comme à la bonne vieille époque où tout était permis sans aucune restriction.

Les pluies diluviennes de la veille ont laissé place à quelques rayons de soleil. Et c’est de bon augure ! Les pulls et parkas sont d’ailleurs remplacés par les lunettes de soleil et les t-shirts à manches courtes. Les canards et les vers de terre, quant à eux, tirent la gueule.

La boue et les flaques d’eau se sont substituées à une herbe d’un vert éclatant. Le contraste est saisissant. Même, le marchand de glaces est pris d’assaut ; une image rendue impossible il y a encore vingt-quatre heures.

Vu la programmation un peu plus pop que la veille, ‘Ceci n'est toujours pas LaSemo’ risque d’attirer un public un peu plus mainstream...

En débarquant sur la plaine du Château d’Enghien, c’est Kid Francescoli qui s’y colle. Le gaillard est derrière ses machines.

Il est accompagné pour l’occasion de deux belles et plantureuses demoiselles figées derrière les touches d’ivoire. Une black et une brune à la plastique avantageuse.

Mathieu Hocine à l’état-civil a constitué ce projet musical en 2002. À partir de 2009, il accueille Julia Minkin en compagnie duquel il co-écrit les chansons.

Mais, c’est véritablement en 2013 qu’il rencontre le succès populaire grâce à son titre phare, « Blow up ».

Le Marseillais d’origine n’est pas un inconnu puisque sa musique à maintes fois servi à sonoriser des spots publicitaires (Façonnable, Lanvin, Lacoste5, Chanel, Lancôme, Aldi, Citroën...)

Le trio empiffre les spectateurs d’une multitude de sons électro. Comme une oie qu’on gave, on se sent obligé d’écouter, d’apprécier et d’attendre le morceau suivant. On en redemande encore et encore. C’est captivant à souhait. Mais un set qui ne prend jamais le parti d’une direction affirmée ; c’est soit planant ou dansant.

Il est venu défendre les couleurs de « Lovers », un nouvel album qui marque deux changements notables. La fin de sa collaboration avec Julia et l’expérimentation de différentes voix, dont le portugais.

Le timbre grave du Kid et les vocalises de ses deux demoiselles d’honneur flirtent allègrement, au sein d’un climat très sensuel, mais également suave et cosy qu’alimentent des sonorités chaudes et latines inspirées par sa région d’origine.

La black qui possède un corps sculpté à faire damner un Saint, prend un malin plaisir à émoustiller les nombreux mâles postés aux premiers rangs. Les mouvements de son fessier en disent longs sur ses intentions. De quoi rendre jalouses toutes les compagnes.

Direction la Guinguette, pour y assister au set de David Numwami. Sans doute la plus belle surprise de cette édition.

Ce jeune Africain, ayant élu domicile à Bruxelles, monte sur les planches. Vêtu de noir, il ne possède pour seules armes qu’une sèche bariolée de jaune et rouge et d’une gratte électrique d’une blancheur classieuse. Quoique, cette dernière a certainement bien bourlingué, quand on voit les quelques traces essuyées par sa carcasse…

Plutôt discret, le claviériste semble s’ennuyer ferme…  

Numwami a autrefois milité au sein de Le Colisée, formation pop qu’il avait créée à l’aide de ses potes de lycée. Les fidèles aficionados l’ont aussi aperçu sur scène auprès de Frànçois and The Atlas Mountains et Charlotte Gainsbourg, entre autres. Il a aussi enregistré l’album « Concrete And Glass » en compagnie de Nicolas Godin, la moitié du groupe Air, en 2019.

Depuis, il se produit en solitaire. Il puise son inspiration au sein du post-rock dans l’esprit et du rock dans l’attitude. Entre joie et tristesse, humour et mélancolie, ses compos correspondent parfaitement à l’air du temps ; et si elles ne se distinguent pas par leur originalité, elles atteignent une grâce incomparable.

Sur scène, il se révèle décontracté, chaleureux ou (super) rêveur. Ses compos libèrent un spleen très communicatif. On l’écoute religieusement, sans un bruit, sans un mot.

Ce garçon est vraiment très doué. Sa technique n’a rien à envier à Gilmour ou Knopfler. Impressionnant pour quelqu’un de vingt-six printemps, à peine.

Né au Rwanda, une semaine avant le début du génocide, il aime s’évader au quotidien et sortir de l’ombre, à l’instar de son titre « Beats ! ».

Après un set plutôt feutré et statique, l’artiste sort tout à coup de ses gonds, quitte le podium et se trouve nez à nez avec les spectateurs du premier rang médusés, avant de slalomer entre les chaises au plus grand bonheur des aficionados. Sa seule limite émanant du câble de son micro.

On le sent très fortement impliqué dans son monde, comme il le rappelle à travers « Numwami World ».

La fin de sa prestation est plus étonnante encore. Il frotte son instrument contre le bord du podium comme un schizophrène. Ce qui provoque la rupture de deux de ses cordes. Pas facile dès lors de poursuivre dans de telles conditions.

Bref, on peut en conclure que son concert était à la fois hors norme, sympa mais quand même décalé…

Le concert de Naâman and co vient de démarrer sur l’estrade du Château.

De son vrai nom Martin Mussard, il est issu d'Offranville, près de Dieppe en Normandie.

Ses influences oscillent entre reggae, raggamuffin, hip-hop et soul. Pas vraiment de quoi susciter un intérêt particulier chez votre serviteur qui préfère se remplir l’estomac d’une nourriture thaïlandaise dont les qualités diététiques laissent cependant à désirer.

Direction la Guinguette et son Saule. Le gaillard bâti comme un rock et à l’explosion capillaire ébouriffante, ne laissera pas un bon souvenir dans la mémoire des préposés à la sécurité.

Baptiste Lalieu s’est imposé auprès du grand public grâce à « Dusty Men », un titre qu’il a interprété en compagnie de Charlie Winston, en 2012. Il le reprend d’ailleurs, pour la circonstance ; mais Winston est ici remplacé par le guitariste qui endosse ce rôle avec une facilité déconcertante. Effet différent, mais plaisir intense identique.

Une formule à trois donc, puisque guitariste et chanteur sont accompagnés pour l’occasion d’un drummer qui impressionne par sa dextérité.  

Le combo fonctionne à merveille. Le Montois d’origine enchaîne ses chansons dare-dare à l’instar du titre de son dernier album… qui a failli ne pas voir le jour. En fait, l’artiste avait jeté à la poubelle une première mouture qui ne lui convenait pas au grand dam du label qui voyait là une dépense budgétaire à laquelle il ne s’attendait pas.

Un concert audacieux (Dare se traduit par audace en français), au cours duquel le spectre de Gainsbourg s’est mis à planer ; mais surtout qui a permis de combler l’urgence à (re)donner de la musique au peuple.

Une prestation unique où riffs de guitare et rythmiques syncopées viendront surligner la voix légèrement ébréchée de l’auteur procurant à l’ensemble davantage de hargne et vergogne.

La déferlante de compos « Tu boudes », « Rebelle Rêveur », mettent en évidence un réel amour de la chanson française et cette exigence de la précision. Sans oublier les doubles sens à la Antoine Hénaut, un artiste bien de chez nous.

Les premières notes du « Nevermind » de Nirvana, jouées seulement quelques secondes, histoire d’éviter de payer des droits à la Sabam (dixit les dires du gaillard), ont mis le feu aux poudres, provoquant l’exaltation des festivaliers.

Pogos, embrassades et danses de Sioux – honteusement encouragés par l’artiste, il faut aussi le souligner – ont certes mis une ambiance de feu fort compréhensible, mais ont surtout provoqué une profonde injustice face à tous ceux qui se battent chaque jour pour maintenir des conditions sanitaires acceptables depuis près d’un an et demi. Un comportement déplorable qui aurait le mérite d’être sanctionné !

Bref, une prestation durant laquelle, on passe du rire aux larmes et de la surprise à l’écœurement sur fond de chansons festives et épicuriennes à l’instar de son auteur, entre part d’ombre, enthousiasme et joie de vivre.

On regrettera enfin l’absence de la très jolie « Marta Danse ». Une histoire inspirée d'une vieille dame, Marta Gonzalez, atteinte de la maladie Alzheimer qui à l'écoute du « Lac des signes » se remémore les gestes qu'elle faisait autrefois. Sans doute, une compo hors du temps et bien trop tristounette en un jour qui se doit de tourner la page vers quelque chose de nettement plus positif…

Saule salue le public et clame haut et fort avoir une pensée pour les sans-papiers en grève de la faim à l’église du Béguinage sous une belle salve d’applaudissements.

‘Ceci n’est toujours pas Lasemo’ en version minimale aura en tout cas le mérite d’avoir surmonté un ensemble de contingences entre conditions sanitaires difficiles, météo capricieuse et envie furieuse de recouvrer la vie … la vraie !

Voir aussi notre section photo ici

(Organisation LaSemo)

Après avoir vécu une vague successive de (dé)(re) confinements, qui aurait pu imaginer une seule seconde qu'il serait un jour possible de se rincer à nouveau les portugaises comme au bon vieux temps ? Pas grand monde !

Pourtant les organisateurs du LaSemo y ont cru jusqu’au bout et déployé des moyens (in)humains pour perpétuer ce qui fait le fleuron du parc du château d’Enghien depuis toujours : de la musique, de la culture et surtout de la curiosité.

Rebaptisé pour l'occasion ‘Ceci n'est toujours pas LaSemo’, le festival a de nouveau mis en pratique ses principes de développement durable. Ainsi, outre le tri des déchets, on récupère aussi le fruit des entrailles déposé délicatement dans les toilettes sèches (NDR : pas besoin de faire un dessin) pour nourrir les légumes du jardin de bobonne. On demande aussi aux festivaliers ne pas fumer dans les espaces publics (en plein air). Une première en Europe paraît-il ! Ou encore, on préfère la récupération du vieux mobilier et des tourets dispersés çà et là, sur le site, histoire de boire son godet en toute tranquillité. Parfois sur un ton décalé et rempli de bonne humeur.

A l’instar des années précédentes, toute une série de stands permettront aux parents de chiner en toute quiétude en attendant que bambin termine son petit tour de tourniquet avec, pour seul moteur, la seule force d’une paire de guibolles.

Quand on vous dit durable, il ne s'agit pas d'un doux euphémisme.

Parka trop grand et pantalon trop court, l’inimitable et incontournable JeanJean est prévu dans le casting. Le géant givré de service est chargé d’introduire avec humour et légèreté les artistes. Et la verve qui le caractérise est demeurée intacte.

Mesures sanitaires oblige, afin de contenir un maximum de festivaliers, la programmation a été établie en demi-journées identiques.

Un festival mi-figue mi-raisin donc puisque les pluies diluviennes qui se sont abattues ces dernières heures ont fait craindre le pire. De la boue et de grosses flaques d'eau parsèment le parcours et il faut faire des pas de géant pour atteindre sa cible. Ce qui ressemble presque à un décor de film post-apocalyptique.

La programmation est une fois de plus relativement éclectique. Il est 17 heures, lorsque votre serviteur passe le traditionnel portique de sécurité. Cette année, plus aucune fouille n’est permise. Ce qui n’est pas pour autant très rassurant.

La fournée d'avant-midi vient de quitter le parterre, laissant place à quelques centaines de nouveaux spectateurs venus se délecter de l’affiche.

Nicolas Michaux est fin prêt à grimper sur les planches de la Guinguette, un espace joliment décoré de palettes et de vieux vinyles.

Quelques courageux rafistolent le toit de la baraque en y posant une toile de manière à rendre imperméable l’endroit, tandis que d’autres s’évertuent à chasser l’eau du sol à l’aide d’une raclette.

L'ex-chanteur d’Eté 67, une formation qui a sévi de 1998 à 2002, est venu défendre son second album solo studio, « Amour Colère », un opus qui s’inscrit parfaitement dans la lignée parfaite des années 60-70.

Nico est soutenu par deux comparses. Ses soldats amoureux comme il aime les appeler.

Tout en soignant ses arrangements et étalant une dextérité sur sa gratte à faire frémir, celui qui se partage entre le Danemark et la Belgique, interprétera durant près d'une heure des chansons tantôt en français, tantôt dans un ‘franglais’ impeccable et amusant, une série de compositions empreintes de candeur, de douceur et de fraîcheur, dans un style qui oscille entre pop et folk.

D’une voix timorée, le chanteur survole autant les titres de son dernier bébé que ceux du précédent opus, « A la vie, à la mort », sur fond de déclinaisons dichotomiques de la vie (l’amour, le déchirement, etc.).

Plutôt nonchalant et la plupart du temps la bouche ouverte (voulait-il gober les mouches ?), on ne peut pas dire que le gaillard se soit évertué à mettre une ambiance de feu. De l’amour, oui, mais pas une once de colère.

Bien que sa prestation soit quelque peu maniérée, elle a été avant tout réussie, se reposant surtout sur des accords de cordes, sensibles et délicats.

Un bon moment de partage d’une musique de qualité reflétant une finesse dans l’écriture. De quoi rappeler un certain Dominique A dont il pourrait être le parfait héritier...

Que demander de plus ?

Direction la grande scène, derrière l'édifice du château pour entendre une jeune demoiselle, subtilement rebaptisée pour la circonstance ‘L'Impératrice’.

Impliquant 6 membres –Charles de Boisseguin (clavier), Flore Benguigui (chant et texte), Hagni Gwon (claviers), David Gaugué (guitare basse), Achille Trocellier (guitare électrique) et Tom Daveau (batterie)– ce groupe atypique se nourrit clairement de pop chic, d’électro débridée, de french touch et de disco/funk cosmique à coloration 70’s.

Non seulement la gonzesse s'est affublée d'un accoutrement à la Star-Trek, mais elle arbore une chevelure de couleur bleue, telle une Schtroumpfette des temps modernes.

Révélé au grand public par un troisième Ep intitulé « Odyssée », le sextuor embarque immédiatement le public à bord de son vaisseau spatial où les sons disco, funk et groove se succèdent pour le plus grand bonheur des popotins qui trouvent là un bon moyen de s'exprimer chacun derrière sa chaise. Ambiance post-nuke on vous le disait.

Le groupe est venu défendre les couleurs de son nouveau joujou, « Tako Tsubo » (une expression japonaise ‘pièce à poulpe’ signifiant ‘le syndrome des cœurs brisés’) qui marque un tournant dans sa direction artistique post-nuke. Manifestant un sens de l’érotisme décomplexé, les musicos s’appuient sur des synthés rétros, des cuivres chaloupés et des percussions tribales. Et vu l’approche très Frech touch de l’expression sonore, la filiation avec le défunt Daft Punk est inévitable.

Taillé pour le live, le band n’hésite pas à balancer ses tubes (« Peur des filles », « Hématome »), tout en proposant des textes à l’esthétisme léché et visionnaire.  

En naviguant entre mystère, féminité et l'élégance, L'Impératrice ressemble finalement à son avatar.

Les quatre joyeux lurons de La Rue Kétanou embraient. Dès les premières notes, on se rend compte que les chansons seront festives, mais aussi réalistes et engagées très second degré.

Si la liberté de ton et d'expression y est, ce n’est pas du tout la tasse de thé de votre serviteur qui préfère profiter de l’offre proposée par la poignée de food-trucks dispersés sur la plaine.

Retour à la Guinguette pour y découvrir La Yegros, combo menée de front par la grande et plantureuse Mariana Yegros, chanteuse argentine originaire de Buenos Aires.

L’estrade est jonchée de (fausses) plantes qui laissent planer une (fausse) impression d’être plongés dans la jungle.

A l’arrière-plan, une nana un peu rondelette siège derrière les fûts.

Accusant un accent à la Cristina Cordula, la donzelle entame tout de go un show rythmé par des musiciens dont la joie communicative et l’insouciance reflètent bien le tempérament sud-américain…

D’ailleurs les compos sont issues d’un mélange subtil entre différentes influences latino-américaines ; de la cumbia au chanamé, en passant par le carnavalito, la Yegros a le chic pour dégripper les corps les plus rouillés, même si cette musique est plutôt répétitive et finalement sans grand relief.

Son énergie folle, sa liberté de ton et d’action irradie les plus léthargiques. Mais bon, il faut vraiment apprécier ce style pour s’en s’imprégner.

Hormis le plaisir des yeux face à la sensualité de ces corps en mouvement, la prestation n’apporte pas vraiment de plus-value à la soirée.

Malgré les paillettes et l’ambiance festive, il est sans doute plus opportun de regagner ses pénates que de rester les yeux écarquillés devant une telle plastique.

Mais comme le trio invite au lâcher prise –et y parvient– de concert restera, selon les spectateurs présents, comme l'un des plus stimulants de cette édition sur le plan festif.  

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Organisation LaSemo     

dimanche, 27 juin 2021 10:15

Indocile heureux

De son véritable nom Bruno Nicolini, Benabar semble avoir fait table rase du passé, puisqu’il a engagé un nouveau manager, un nouveau directeur artistique et de nouveaux musiciens. Et depuis, il a décidé de graver un neuvième opus qu’il a baptisé « Indocile heureux ».

Entre tendresse, romantisme et nostalgie, cet album confère encore un peu plus au chanteur le statut populaire dont il s’amuse –et brillamment– depuis maintenant 25 ans, en publiant des titres ultra radiophoniques tels que « L’effet papillon » ou encore « Le diner ».  

« Indocile heureux » épouse un format drôle, sobre mais émouvant, laissant transparaître, en filigrane, des compositions relevées de sonorités cuivrées qui rappellent des orchestrations souvent rencontrées au cours des 70’s.  

Sur fond de piano, de violon et de cor, l’instrumentalisation organique rame à contre-courant des mouvements contemporains ; ce qui procure à l’ensemble un effet ‘catchy’.

Trois petites années après avoir gravé « Le début de la suite », le Parisien se livre à travers un triptyque multimodal entre rire et larmes, passant de l’amour à la mort et de la mélancolie au romantisme.

Même si les chansons restent gentillettes, l’œuvre s’avère néanmoins de très bonne facture.

mardi, 18 mai 2021 18:23

La vision du monde de La Femme…

Groupe pionnier et novateur de la french pop depuis 2010, référence incontournable célébrée ici comme ailleurs, La Femme revient opportunément « Foutre le bordel » pour paraphraser l’un des quinze titres de « Paradigmes », son troisième long playing…

En mouvement perpétuel, en effervescence permanente, les quatre comparses évoluent au gré des courants musicaux contemporains, empruntant ici à l’electro, là au rap, sans jamais perdre les racines rock sixties et seventies qui les ont inspirés à leurs débuts depuis la côte basque.

Dévoilé en septembre, le premier single « Paradigme » soulignait le flair visionnaire de La Femme : ‘Pendant la nuit les paradigmes s’effacent / Les masques tombent pour célébrer le néant et la folie / Dans cette énigme qu’on appelle la vie / J’ai envie de courir et de pleurer’.

Attendu depuis cinq ans, « Paradigmes » réunit des titres issus d’un recueil d’une centaine de chansons que le groupe a composées depuis une décennie.

Les clips des deux premiers singles, « Paradigme » et « Cool Colorado », reflètent l’ambiance enfiévrée qui règne dans les sous-sols du Petit Palace parisien, où La Femme fout littéralement le bordel comme dans une auberge espagnole.

Grâce à son nom de groupe en pleine résonance avec les mutations du paradigme masculin/féminin, La Femme compose, encore une fois, la bande-son libre, foutraque, inattendue, turbulente, joyeuse, décomplexée et alternative de l’époque.

Après une année 2020 à oublier définitivement, 2021 ne pouvait pas mieux commencer que sous le signe de La Femme, un groupe qui mélange le passé au présent, tout en imaginant l’avenir.

 

 

mardi, 18 mai 2021 18:19

Mustii, l’extra-terrestre…

De son véritable nom Thomas Mustin, Mustii est auteur, compositeur, chanteur et metteur en scène. Acteur de formation, Très rapidement, il s’est forgé un nom grâce à ses talents de chanteur.

En 2016, il publie un premier Ep baptisé « The Darkest Night » ; et son premier single « The Golden Age » cartonne en radio. Ce qui lui permet de se produire dans de nombreux festivals (BSF, Francofolies de Spa, Ardentes, Solidarités, Nuits Botanique etc.). Mais c’est à l’issue d’un set accordé au Cirque Royal que sa notoriété commence à décoller. Sa prestation est saluée unanimement tant par la presse que le public. Et le succès se traduit par le trophée de la révélation de l’année aux D6bels Music Awards. Son premier album « 21st Century Boy » est paru à l’automne 2018.

Après avoir accueilli en Belgique plus de 13 000 personnes sur la tournée (deux Ancienne Belgique et une Caserne Fonck sold out) dont 5 000 personnes dans le cadre majestueux de l’Abbaye de Villers-la-Ville, il s’est concentré sur l’écriture du prochain album qui devrait paraître au cours de l’automne 2021.

En attendant, il est de retour avec un tout nouveau single « Alien ».

« Alien » constitue le 1er single issu de son prochain opus. ‘J'aurai l'occasion d'en reparler dans les mois à venir mais à travers cet album et ce morceau, je tenais à rendre hommage à mon oncle, à sa vie hors-norme, à cette personne extraordinaire atteinte de schizophrénie et qui a mis fin à ses jours il y a 17 ans. Il s'appelait Michel, il est mon fil rouge’.

Lors des sessions de cet LP, Mustii a bénéficié du concours d’une multitude d’artistes issus d’horizons différents. Et notamment le groupe belge Delta qui participe à la composition, la chanteuse anglaise Arianna D’Amato (issue de la formation BRVT) à la co-écriture, le Français Clement Roussel à la production (Voyou, L’Impératrice, Møme,…), l’Anglais Leo Abrahams à la production additionnelle (Editors, Florence & The Machine, David Byrne, Brian Eno, Jarvis Cocker…) et Adrien Pallot à la masterisation.

Le superbe clip en noir et blanc de « Alien » a été réalisé par le collectif flamand Allies en collaboration avec le réalisateur Willem Volker et le directeur artistique Davy Denduyver.

Et il est disponible ici

 

mardi, 18 mai 2021 18:15

Tahiti 80 tape dans le mille…

Après le succès international de son premier elpee « Puzzle » (1999), vendu à plus de 200 000 exemplaires et disque d’or au Japon, Xavier Boyer (chant, guitares), Pedro Resende (basse), Médéric Gontier (guitares) et Sylvain Marchand (batterie) se sont à nouveau associés au producteur Andy Chase pour enregistrer son successeur, « Wallpaper for the Soul », à New York.

Les prolifiques sessions qui ont commencé dès novembre 2001, au studio Stratosphere Sound, ont donné naissance à vingt chansons, douze titres figuraient sur l’album original et les huit extraits supplémentaires ont été compilés sur les mini albums « A Piece of Sunshine » (2003) et « Extra Pieces of Sunshine » (2004).

Cette nouvelle édition vinyle sera la première à regrouper toutes ces chansons sur un seul support.

Quasiment 20 ans après sa parution, « WFTS » incarne toujours le parfait dosage de songwriting classique et d’expérimentation sonique. En mettant en valeur la capacité du groupe à écrire des chansons accrocheuses ainsi qu’un talent certain pour les mélanges et l’expérimentation, « WFTS » aura consacré Tahiti 80 comme groupe majeur de l’après French Touch. On peut tout aussi envisager ce second disque comme une chronique parallèle et plus sophistiquée d’une époque associée à la renaissance d’un rock brut cf. The White Stripes ou The Strokes.

Réécouter « WFTS » aujourd'hui, c'est aussi remarquer qu’il s’agit d’un album enregistré dans les règles de l'art. Affutés par plusieurs tournées mondiales, les membres de Tahiti 80 avaient foi en leurs capacités et une forte envie d’expérimenter.

L’orchestration de Richard Hewson est une autre caractéristique du son de « WFTS ». Arrangeur respecté, célèbre pour avoir orchestré « The Long And Winding Road » des Beatles ou pour avoir écrit un tube des années 80, le soyeux « Clouds Across The Moon » du RAH Band, Hewson a donné aux chansons une touche orchestrale radicale.

Co-réalisés par Laurent Fétis, déjà designer de la pochette iconique de Puzzle, et par l’artiste Elisabeth Arkhipoff, les visuels à base de photos rehaussées à l’aérographe, sont depuis devenus des compagnons indissociables de la musique de Tahiti 80.

Les modes et tendances continuent d’apparaître et de disparaître, mais vingt ans après son enregistrement, « WFTS » sonne toujours frais et pertinent. Et Tahiti 80 continue encore d'écrire son histoire, à sa guise, avec un huitième album prévu pour début 2022.

Le clip de « 1 000 times » est disponible ici

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