Musiczine recherche des collaborateurs.

Tu as une très bonne connaissance musicale et tu souhaites participer à l’aventure Musiczine.net ? Tu es passionné, organisé, ouvert, social, fiable et appliqué ? Tu as une bonne plume ? Alors n’hésite plus : rejoins-nous ! Vu l’ampleur prise par Musiczine et…

logo_musiczine

Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Suede 12-03-26
giaa_kavka_zappa_08
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

mardi, 21 juillet 2015 01:00

Boomtown 2015 : mardi 21 juillet

Sun Kil Moon, le projet de Mark Kozelek, se produisait dans le cadre du festival Boomtown de Gand, ce 21 juillet. Dans la salle du Handelsbeurs. Ses deux derniers elpees « Benji » (2014) et « Universal Themes » (2015) n’ont guère eu d’écho au sein du Vieux Continent, et tout particulièrement en Belgique. Faut dire qu’ils sont parus sur le propre label de Kozelek, Caldo Verde, qui ne bénéficie apparemment d’aucune distribution officielle. Sans doute faut-il se tourner vers l’import pour se les procurer ou se contenter des plates-formes de téléchargement voire de streaming pour l’écouter… Natif de l’Ohio, le chanteur/compositeur ne jouit pas d’une excellente réputation dans le milieu musical. Plutôt misogyne et dédaigneux aussi bien à l’égard des médias que des attachés de presse, on ne peut pas dire que le personnage soigne sa popularité. Pourtant, il a un talent fou. Et une voix remarquable. Une voix chaude, profonde, un peu rauque, parfois même aussi confessionnelle, gutturale, belliqueuse ou encore vindicative

En 2014, il avait également participé aux sessions d’enregistrement de l’album de Desertshore, « Migrations of class » (NDR : publié par son écurie) et à la tournée destinée à le défendre. Et c’est justement par deux adaptations de cet opus que le set débute. Soit « Mariette » et le tribal voire totémique « Hey you bastards I’m still here ». Sur la seconde, à travers ses lyrics, il prétend avoir rencontré feu Anton Szandor LaVey, le fondateur de l'Église de Satan et l’auteur de l'ouvrage ‘La Bible satanique’. Line up curieux mais impressionant pour Sun Kil Moon ce soir, puisque outre Mark (NDR : qui ne va guère jouer de guitare pour ce concentrer sur le chant, un tom basse et une cymbale), il implique l’ex-Slowdive Neil Halstead (il restera assis tout le show) et Dave Divine (NDR : également préposé aux backing vocaux) aux grattes. Pas de basse, mais deux drummers. Soit le fidèle Mike Stevens, mais également Steve Shelley, l’ex-batteur de Sonic Youth.

Kozelek est de bonne humeur aujourd’hui, et il sort quelques vannes qui ne font pas nécessairement rire ; s’adressant à une fille de petite taille pour lui demander si elle a eu l’autorisation de ses parents pour se rendre au concert. Il s’étonne cependant qu’on le taxe de sexiste. Et puis il envoie une pique aux organisateurs, car lors de son dernier passage au Boomtown, il s’était brisé une dent pendant le repas ; ce qui lui avait causé 3 000 $ de frais chez le dentiste.

Lorsqu’il ne frappe pas sur son tambour, il arpente les planches en tenant son micro en main, soit pour chanter ou donner le tempo. Pendant « Carissa », il demande à l’auditoire de reprendre le refrain en chœur. Résultat des courses, on se croirait au beau milieu d’un office religieux. Lorsqu’il attaque le percussif et sauvage « Richard Ramirez died today of natural causes », sa voix est carrément devenu déclamatoire, presque comme lors d’un slam. Un morceau au cours duquel les deux drummers –qui sont complémentaires, rarement synchros– se réservent une montée en puissance qui va plonger le concert dans une autre dimension. Remarquable ! Sun Kil Moon embraie par une cover du « The Weeping son » de Nick Cave. Mark lui adresse ainsi une pensée émue, suite au décès de son fils, victime d’un accident d’escalade. Il faut attendre « Alesund » pour qu’il empoigne enfin sa guitare dont il joue alors sans onglet. A cet instant les sonorités libérées par les 3 sixcordistes nous propulsent au cœur d’une atmosphère proche de Durutti Column. Il entame « I watched the film the song remains the same » a cappella, avant de s’arrêter net. Puis taquine ses musicos, en leur demandant quand ils vont enfin se décider de jouer. Tout au long de l’hypnotique « Dogs », il gratte ses cordes –en se servant alors d’un médiator– de la main droite tout en gardant son micro de la gauche, pour chanter. Et le set de s’achever par le titre le plus long (NDR : au propre comme au figuré) de la set list, « This is my first day and I’m Indian and I work at a gas station », une chanson mid tempo au ton résolument plus optimiste. Kozelek a viré sa guitare et de nouveau repris son stick, sur cette excellente compo qui baigne dans un climat fort proche du Red House Painters, son ancien groupe. A cet instant, la combinaison des tonalités électriques produites par Neil et Dave touche au sublime. Des cordes bringuebalantes, atmosphériques, chatoyantes ou encore tintinambulantes. Au bout de 70 minutes, la formation se retire. Hormis l’un ou l’autre interlude un peu trop ‘planant’, il faut reconnaître que ce concert a été exceptionnel. Il s’est déroulé dans un Handelsbeurs plein à craquer, et je dois avouer y avoir rarement vu autant de monde.

En sortant de la salle, Unknown Mortal Orchestra a déjà entamé son set. Un quatuor partagé entre Yankees et Néo-Zélandais, dont la presse dit le plus grand bien. La plaine de Kouter est également bondée. Suis resté 20 minutes. Le chanteur/guitariste n’a pas une voix transcendante. Ce sont pourtant d’excellents musiciens. Leur technique est impressionnante. Mais leur expression sonore baigne au sein d’un univers jazz/rock réminiscent de la seconde moitié des seventies, même si elle concède des accents funkysants. Et ce type de revivalisme me pompe l’air. Le sixcordiste, le claviériste et le drummer s’autorisent même des petits solos pour démontrer leur savoir-faire. Le nombrilisme dans toute sa splendeur ! Négligeant ainsi l’aspect mélodique des compos. Non, franchement, ce n’est pas (plus) ma tasse de thé ; alors je préfère tirer ma révérence… Serait dommage de gâcher l’impression laissée par le concert de Sun Kil Moon…

(Organisation : Boomtown)

Voir aussi notre section photos ici

 

dimanche, 12 juillet 2015 01:00

Cactus 2015 : dimanche 12 juillet

Après Goose et Balthazar, un troisième formation belge va clôturer la journée : dEUS. Le band anversois tourne également tout l’été dans les festivals. L’an dernier, il a fêté ses 20 années d’existence ; et puis c’est une valeur sûre du rock noir-jaune rouge, mais également international. Le temps est plus frais aujourd’hui. Tant mieux ! Quelques gouttes de pluie tomberont au cours de la journée, mais sans devoir pour autant sortir les k-ways et les parapluies…

Benjamin Clementine a publié son premier opus cette année. Il s’intitule « At Least for Now ». Ce Londonien d’origine ghanéenne (NDR : installé aujourd’hui à Paris) possède un fameux organe vocal, dont l’amplitude oscille entre le baryton et le ténor. Une sorte d’hybride entre Terence Trent d'Arby et Anthony Hegarty des Johnsons. Et profonde, sa voix est capable de toucher l’âme. La répétition de la mélodie et des paroles est souvent utilisée, ce qui rend les compos à la fois méditatives et hypnotiques. Il s’accompagne au piano, et est soutenu par un violoncelliste, un bassiste et un drummer. Et il nous raconte ses récits de vie qu’ils soient douloureux ou sensuels, qu’il interprète parfois d’une manière théâtrale ou lyrique, sur une musique qu’on pourrait qualifier de soul/jazz…

Two Gallants n’a pas autant de succès que les White Stripes, Black Keys ou Royal Blood, mais le duo possède un style bien spécifique, une sorte d’indie lo-fi au sein duquel interviennent des éléments de folk, blues, rock et punk. Tout ayant le soin de préserver le sens mélodique. Une musique authentique, mordante, crue, aux textes surprenants et profonds, presque poétiques qui évoquent des images de l’Ouest sauvage, ses hors-la loi, leurs peines d'emprisonnement, leur solitude, etc.

Le hurlement de Stephens est desséché et guttural. Les assauts de Vogel sur son tambour sont puissants, violents même ; et pourtant, il parvient à combiner la brutalité et une finesse technique peu commune. Mais il faut croire qu’au fil du temps, le duo a ajouté davantage de subtilité à son expression sonore. Emeute viscérale, chœurs morbides, cordes de guitares glissando, piano et accès d’harmo s’intègrent parfaitement à une musique bruitiste dont la sensibilité est à fleur de peau. « We Are Undone », leur dernier LP est paru en février dernier…

Multi-instrumentiste, James Vincent McMorrow est également compositeur et chanteur. Cet Irlandais possède un falsetto qui évoque Bon Iver, sans les overdubs. Il reprend le « Higher love » de Steve Winwood, un artiste qui doit avoir marqué James, même si sa musique est davantage coulée dans une fusion de folk, de pop et de roots… 

Anna Calvi est britannique. Particulièrement douée à la six cordes, elle reconnaît pour influence majeure Jimi Hendrix. Une référence de choix ! Et elle possède une voix remarquable, sorte d’hybride entre PJ Harvey, Nina Simone et Tania Donelly, dont elle joue comme un instrument. Une voix tour à tour veloutée, frénétique ou frémissante. Sur les planches, elle est soutenue par un drummer un claviériste qui passe parfois à la gratte et une préposée aux percus, aux synthés et au xylophone, qui se sert également d’un orgue à soufflets comme chez Lola Colt. Le set s’ouvre par la cover du « Ghost rider » de Suicide. Et inclura une autre reprise, le « Jezebel » de Frankie Lane. Le son est parfait. Et le répertoire oscille entre titres de britpop mid tempo, malheureusement sans grand relief, et morceaux plus complexes et percutants. C’est dans le second registre que sa musique botte le mieux votre serviteur, évoquant paradoxalement la scène west coast de la fin des sixties et du début des seventies. Pensez à Jefferson Airplane, Quicksilver Messenger Service, Grateful Dead et même parfois aux Doors. Sous cette forme, les compos sont vraiment épatantes ; elle y donne tout ce qu’elle a dans les tripes et vous flanque des frissons partout. Et ses riffs ainsi que ses solos se révèlent alors aussi ravageurs qu’incisifs… A ce jour, elle ne compte que deux albums à son actif. Si elle a l’audace de s’ouvrir de nouveaux horizons plus expérimentaux, elle peut devenir une nouvelle figure incontournable de la scène rock (NDR : qui a dit que le rock était mort ?)

Après le set de Thurston Moore, je le confirme, il est toujours bien vivant… Le natif de Floride s’était déjà produit au Cactus en 2013, flanqué de son Chelsea Light Moving, pour un show mémorable. Et celui-ci ne le sera pas moins. Le line up a changé, puisque c’est l’ex-My Bloody Valentine, Debbie Googe, qui se consacre à la basse et l’ex-Nought, James Sedward, à la seconde gratte ; mais apparemment, ce n’est pas l’ancien drummer de Sonic Youth, Steve Shelley, qui se charge aujourd’hui des fûts. Car de Sonic Youth, il faut en parler ; et pour cause, la musique de Moore semble reprendre son chemin là où il avait laissé « Bad moon rising », « Evol » et « Daydream nation »…

Le set démarre avec 10 minutes d’avance sur l’horaire prévu. L’intro est bruitiste, psyché. C’est l’ouverture de « Forever more », une compo de plus de 10 minutes. Le ton est donné. Et la plupart des morceaux seront aussi longs (NDR : si pas plus), complexes, intenses, hypnotiques, climatiques, parfois langoureux et le plus souvent mélodiques. Thurston s’appuie sur un pense-bête placé sur un pupitre, pour lire les paroles des ses chansons. Sa voix est déclamatoire. De temps à autre vindicative. La ligne de basse est implacable et les drums souples. Et le second gratteur conjugue ses cordes à celle de Thurston, à la perfection. Ce noisy rock est parfaitement maîtrisé par le quatuor, même quand Moore vient coller sa six cordes contre l’ampli pour en extraire du feedback. Mon coup de cœur pour l’édition 2015 du Cactus.

Place ensuite aux Kooks. Lors de la sortie de leur premier elpee, en 2006, « Inside In/Inside Out », la consécration leur était promise dans un futur proche. Faut dire que cet opus était excellent, et puis que la formation insulaire pouvait compter sur un contingent d’aficionados (des filles surtout) particulièrement fidèle et exubérant. Malheureusement, la sauce n’a pas pris et The Kooks milite aujourd’hui dans la zone crépusculaire du pop/rock. Tout en continuant à séduire les adolescentes. Britpop à l’origine, leur musique s’est teintée de funk, de r&b, de gospel et d’électro. Elle est donc dans l’air du temps et plus vraiment originale. Mais finalement, devant un auditoire –inévitablement plus jeune– la bande à Pritchard (NDR : qui alterne constamment gratte acoustique et électrique) va accorder un set sympathique à défaut d’âtre transcendant, proposant des compos contagieuses, optimistes, agréables à l’oreille, et finalement bien meilleures que celles qui figurent sur les trois derniers elpees.

Restait donc dEUS. Depuis un an déjà, la bande à Barman célèbre son quart de siècle d’existence. Bien sûr, le line up du groupe a souvent changé et aujourd’hui il réunit Tom, Mauro, Klaas Janzoons, Stephane Misseghers et Alan Gevaert. La set list va puiser un peu dans toute la discographie du combo. Les meilleurs titres interprétés ? « Slow », « If you don’t get what you want », « 4 mains », « Bad timing » et le séduisant « Instant street », sans oublier les splendides « Little arithmetics » ainsi que « Serpentine ». Et enfin de parcours on aura droit aux plus classiques « Hotellounge », « Suds & soda » ainsi que « Roses ». Un bon concert, mais qui n’a rien apporté de neuf à tout ce qu’on a pu raconter sur la formation anversoise, au cours des derniers mois. On attend d’ailleurs qu’elle entre en studio pour enregistrer –enfin– un nouvel album…   

A l’année prochaine ! (Merci à Johan)   

(Organisation : Cactus Festival)

samedi, 11 juillet 2015 01:00

Cactus 2015 : samedi 11 juillet

La deuxième journée du Cactus va se dérouler sous un soleil radieux. Pour ne pas dire de plomb. Heureusement, au sein du Minnewaterpark les arbres procurent de larges zones d’ombre… Compte-rendu.

Sohn, alias Christopher Taylor, est un auteur/compositeur/interprète insulaire, londonien pour être plus précis, qui pratique un cocktail ténébreux et minimaliste de trip hop et de dubstep. Sur les planches, il est soutenu par deux autres préposés aux synthés et aux machines, dont l’un se charge également et épisodiquement de la basse. Christopher a une voix étonnante, fragile et mélancolique, capable de monter dans les aigus avec une facilité déconcertante. Une expression sonore destinée à créer des paysages visionnaires susceptibles de vous plonger dans une transe collective. A cette heure de la journée…

Le Black Rebel Motorcycle Club compte déjà 17 années d’existence. A son actif, 9 elpees, dont un live, paru début de cette année. Si Peter Hayes et Robert Turner (NDR : né Robert Levon Been, c’est le fils de feu Michaël Been, le leader de The Call) sont toujours bien au poste (NDR : ce sont aussi les membre fondateurs), Leah Shapiro se charge des fûts depuis 2008. Les deux leaders sont tout de noir vêtus. Pantalons et vestes. En cuir. Et chaussés de lunettes fumées. Leur musique est toujours aussi sombre, languissante, un rock’n’roll malsain, crade, fuzzy, ténébreux, balayé de références bluesy. Les voix se conjuguent à la perfection. Et la drummeuse balise impeccablement l’expression sonore. Un zeste d’harmo et de tambourin ne nuit pas à leur musique qui tient toujours aussi bien la route, mais qui tarde quand même à se renouveler…

Chanteuse, Jessie Ware est également londonienne. Elle est responsable de deux long playings à ce jour et surtout de deux tubes, « Running » et « The wildest moment ». Certains medias estiment qu’elle incarnerait le chaînon manquant entre Adele, Sade et Frank Ocean. Sa musique s’inspire du r&b des 80’s. Sophistiquée, elle privilégie les titres mielleux, abordés dans l’esprit de Whitney Houston voire Beyoncé. Jessie est cependant bien plus efficace lors de titres plus funk. Surtout qu’ils ne manquent pas de groove et sont très susceptibles de libérer des beats contagieux. L’auditoire semble pourtant apprécier.   

La bonne surprise va nous venir d’un sexagénaire, John Hiatt. Bien épaulé par son backing group, son roots rock va littéralement faire mouche. Et pourtant les compos interprétées cet après-midi datent de 20 voire 30 ans (NDR : il a publié plus d’une vingtaine d’elpees au cours de sa carrière !) Depuis l’ouverture « Your dad did » à son tube « Have a little faith in me », en passant par les classiques « Perfectly good guitar », « Real fine love » et « Tennessee plates ». Son attitude positive et son enthousiasme vont littéralement enflammer le public. Une belle plume au chapeau de l’édition 2015 du Cactus !

Balthazar clôture cette deuxième journée. La formation courtraisienne vient de sortir son troisième opus, « Thin Walls », un disque très bien reçu par la critique. Et en progression constante, elle accorde des sets de plus en plus consistants. Ce qui explique sans doute pourquoi, elle a été invitée à participer à la plupart des festivals estivaux. Le quintet pratique une forme de britpop. Donc aux mélodies soignées. Mais les interventions de la violoniste apportent une profondeur à sa musique. Et puis une certaine spécificité. Alors que le rythme est sautillant, saccadé, mordant ou séduisant, selon les compos. Bref, au Nord du pays, les medias estiment que Balthazar marche sur les traces de dEUS. C’est certainement sur la bonne voie…

(Organisation : Cactus Festival) 

  

vendredi, 10 juillet 2015 01:00

Cactus 2015 : vendredi 10 juillet

Il s’agit déjà de la 34ème édition du festival Cactus. Il se déroule bien sûr à Bruges, dans le cadre bucolique du Minnewaterpark. En attirant plus de 30 000 personnes au cours de ce week-end, les organisateurs étaient manifestement satisfaits. Le temps a été clément, très chaud même les deux premiers jours, et les rares gouttes de pluie ont finalement été rafraîchissantes. Particulièrement éclectique, l’affiche est suffisamment équilibrée pour y trouver son petit bonheur. Et puis, pas de stress, car il y a qu’un seul podium, permettant de prendre une pause entre chaque concert. Bonne initiative, lorsque vous stationnez votre véhicule à la gare de Bruges, vous pouvez y échanger votre ticket de parking, contre un définitif, au prix de 3€50. Ce qui vous permet de ne plus faire la file pendant de longues minutes devant les bornes de paiement.

En arrivant sur le site, on apprend que Jake Isaac a déclaré forfait. Suivant nos informations, il aurait pris un retard considérable sur la route, suite à de gigantesques embouteillages.

Il revient donc à Perfume Genius, aka Mike Hadreas, d’ouvrir les hostilités. Pas trop dans les cordes de votre serviteur, mais l’artiste a manifestement une belle voix. Délicate et même cristalline, qu’il souligne à l’aide de son piano/synthé– quand ce n’est pas celui de son petit ami, Alain Wijfels– dans un univers sonore hybride, peuplé de boucles, de beats et d’infrabasses, mais également alimenté par un drummer et un guitariste. Il nous propose même des versions plus expérimentales de ses compos, et tout particulièrement de son premier album, « Tremors »…

C’est lors de l’édition 2005 de ce festival, que votre serviteur avait assisté au set de Gabriel Rios, pour la première fois. Et je dois avouer que le show ne m’avait guère convaincu. Trop stéréotypé, il n’avait emballé que les mélomanes issus du Nord du pays. Depuis, le Portoricain a fait du chemin. Et puis récemment, il a eu la bonne idée de publier un single par mois, pendant un an, plages qu’il a finalement réunies sur un nouvel elpee, baptisé « The marauder’s midnight ». Il monte sur l’estrade et entame une version acoustique du « Voodoo chile » de Jimi Hendrix, tout en s’aidant d’une percu à pied. Elle est particulièrement blues et originale. Original est également le line up de son band. Qui implique, dès le deuxième titre, une violoncelliste d’origine asiatique et un contrebassiste, également préposé aux backing vocaux. Elle est assise, il reste debout. Et les deux musicos sont vraiment talentueux. La première apportant parfois une coloration asiate aux compos. Le second –grand et barbu– s’illustrant par un solo tout en dextérité, en fin de parcours. Et puis en sifflotant sur un des morceaux. Mais la singularité viendra de la participation régulière de trois cuivres, qui alternent cor de chasse, trompette avec ou sans coulisses. Et le résultat est tout à fait épatant. Il y a du swing, de la country, du blues, du r&b, de la pop, des breaks, des bruitages et le public frappe même dans les mains. En rappel, Rios revient en compagnie de son contrebassiste, pour une chanson dont la conjugaison des harmonies vocales est limpide. Avant que toute la troupe se retrouve pour interpréter la finale dans la langue de Cervantès, un peu dans l’esprit de Calexico, et sous les acclamations de la foule…

Grace Jones était manifestement une des têtes d’affiche du festival. La Jamaïquaine a fêté ses 67 printemps en mai dernier, et elle pète toujours autant la forme. Un rideau est tiré sur toute la scène, et lorsqu’il tombe, la diva apparaît perchée sur un échafaudage (NDR : dont elle va d’ailleurs chuter pendant « My Jamaican Guy »). Masquée (NDR : parfois par une effigie à la tête de mort), coiffée d’un couvre-chef à plumes (NDR : elle va en changer entre chaque morceau, tout comme de parure (NDR : encore que parfois elle est topless –peut-être même parfois nue, un peu dans l’esprit de Josephine Baker– le corps peint de motifs vaudous). Son backing group est plus discret. Il y a un guitariste, un bassiste, un drummer placé presque sous la ligne de flottaison, deux choristes en longues chasubles (l’une bleue, l’autre rouge) et également coiffées de chapeaux à plumes, un percussionniste qui se cache derrière elles, et apparemment deux autres claviéristes (piano/synthés/bidouillages) installés à chaque extrémité de l’estrade. Elle parle énormément entre les titres. Sa voix est légèrement enrouée, mais elle a toujours un corps de rêve, se contorsionnant, parfois même autour ou en grimpant sur une barre métallique verticale (NDR : pendant « Shenanigans », un athlète –également peinturluré– va même venir y faire un véritable numéro de cirque). Lorsqu’elle attaque « La Vie en rose » de Piaf, elle semble en avoir oublié les paroles et répète à l’envi le titre de la chanson, le piano se chargeant d’assumer le reste. Elle nous réserve deux covers de Roxy Music. D’abord « Love is a drug », titre au cours duquel un seul faisceau lumineux se focalise sur elle, et tout particulièrement sur un chapeau haut-de-forme qui reflète alors une myriade de scintillements. A cet instant, on se croirait assister à un spectacle du ‘Crazy Horse’. Elle n’en oublie pas pour autant ses hits, « Pull Up To The Bumper » ou encore « Strange, I’ve seen that face before ». La foule danse sur cette musique qui oscille du funk au reggae en passant par le disco, le r&b, la new wave, le dub et la world. Et elle termine le show en faisant tourner sensuellement un cerceau autour de sa taille (de guêpe), pendant qu’elle chante sa seconde cover de la bande à Bryan Ferry, « Slave to the rhyhtm ». Moment choisi au cours duquel on assiste à une projection de confettis. Un spectacle pour les yeux et la ‘dance’ !

Il revenait à la formation Goose de clore la première journée. Un quatuor qui compte déjà quinze années de carrière et qui pratique que forme d’électro rock dans la lignée des Chemical Brothers, mais votre serviteur préfère prendre un peu de repos, demain est un autre jour…

(Organisation : Cactus festival)

Hello Bye Bye a été classé dans la catégorie noisy pop, shoegaze club et indie rock dance par Rubin Steiner en personne !

Ce groupe bordelais est revenu en 2015 avec un Ep intitulé « Over the » ; et la sortie de son album, baptisé « Better Day », est prévue pour le 28 août.

Hello Bye Bye fait partie de cette génération pour qui la séparation entre rock et électro ne veut plus rien dire et qui peut passer de titres à la LCD Soundsystem à de la pop atmosphérique, en gardant une forte exigence dans le songwriting et la qualité des mélodies.

On le vérifie tout au long du clip consacré à  « Over » ? C’est ici

 

Chris Squire, de son véritable nom Christopher Russell Edward Squire, le bassiste et membre fondateur du groupe Yes, qu’il avait monté dès juin 1968 en compagnie de Jon Anderson, est décédé ce 27 juin, des suites d’une leucémie. Il était le seul membre de la formation à avoir participé aux sessions d’enregistrement de tous les albums de ce combo ainsi qu’à toutes ses tournées. Ce bassiste exceptionnel avait été formé à l’harmonie et au contrepoint dans une des meilleures chorales d’Angleterre. Ce qui expliquait sans doute la richesse et la limpidité des vocaux, que les deux chanteurs parvenaient à conjuguer. En outre, il triturait ses quatre cordes avec une dextérité impressionnante, sans pour autant verser dans le nombrilisme gratuit. Seul peut-être Mick Karn (ex-Japan), mais dans un autre registre, était capable de faire littéralement parler son instrument comme lui. Les albums « Fragile » et « Close to the edge » sont de véritables chef-d’œuvres, mais certaines compos, comme la reprise du « I see you » des Byrds ou le plus commercial « Owner of a Lonely Heart », le seul titre qui a atteint le numéro 1 dans les charts, constituent deux perles dans une discographie qui n’en manque pas, même si à partir de la mi-seventies, le groupe a commencé à surenchérir dans la démesure. Ce qui ne l’a pas empêché de continuer à compter de nombreux aficionados, tout particulièrement chez les soixante-huitards, mais également les jeunes amateurs de prog… (RIP)

« Does-She ? », c’est le titre le nouveau clip de Kid Francescoli, un court métrage qui suit les aventures de Julia à Los Angeles quelques années avant les évènements de New York racontés dans  « Blow Up ». David Yow de « The Jesus Lizard » y a participé…

Pour visionner ce clip, c’est ici

 

 

Le Pukkelpop a annulé DJ Ten Walls dans sa programmation. Il avait tenu des propos homophobes sur sa page Facebook la semaine dernière. D'autres festivals à l'étranger ont également décidé de rayer l’artiste de leur affiche, pour les mêmes raisons.

Mark Ronson, Baroness, Garden City Movement, The Last Internationale, Radio Soulwax, Novastar, The Van Jets, The Hickey Underworld, Tourist LeMC, Soldier’s Heart et The Whatevers sont venus enrichir la programmation.

http://www.pukkelpop.be

 

dimanche, 31 mai 2015 19:12

Live

Mellino, c’est le projet de deux ex-Négresses Vertes, Iza (chant percussion) et Stéfane (chant guitare) rejoints lors de leur tournée accomplie en 2014, par le drummer Adilson Monteiro et le guitariste Alain Bastard. Et c’est lors ce périple que les 12 titres de cet LP ont été immortalisés.  

Première constatation le son est nickel ! Et on a envie de pousser le son à fond, tellement il passe bien la rampe. La setlist épingle des titres issus de leurs deux opus, un éponyme gravé en 2007 et « No dogs aqui », en 2012. Mais aussi et surtout des compos composées à l’époque des Négresses Vertes, comme « Sous le Soleil de Bodega », « Zobi la Mouche », « Voilà l’été » et « Face à la Mer », des plages parfaitement revisités et qui se fondent dans l’ensemble. Les rythmes endiablés, les percus latino ou arabisantes, les grattes flamenco, rock, psychédéliques, fuzz, syncopées ou bluesy, les vocaux graveleux et vindicatifs ainsi que les backing vocaux féminins frémissants conduisent à un album qui respire le soleil méditerranéen et ne nous donne qu’une seule envie, c’est d’aller voir et écouter ce band en concert, pour y faire la fête. Et n’imaginez pas que seuls les morceaux des Négresses Vertes font la différence ; l’intro « Saison amère », caractérisé par ses cordes de gratte cristallines et « Rain dog », qui aurait pu figurer au répertoire d’Aston Villa, même s’il est plus blues, en sont les plus belles illustrations…

Suis tombé sous le charme de Mellino !

 

dimanche, 31 mai 2015 19:10

What happens next

Du line up intitial de ce quatuor fondé en 1977, il ne reste plus que le guitariste/compositeur Andy Gill. Jon King, le chanteur a définitivement (?!?!?) tiré sa révérence. Il a cédé le relais à John ‘Gaoler’ Sterry. Et la nouvelle section rythmique réunit Thomas McNiece à la basse et Jonny Finnegan aux drums. Votre serviteur avait assisté, en décembre dernier, au set de ce groupe new look à l’Aéronef de Lille. Et franchement la prestation avait impressionné l’auditoire. Restait à voir (et surtout à écouter) ce que le nouvel elpee avait dans le ventre.

Pour enregistrer « What happens next », la formation a reçu le concours de quelques collaborateurs et en particulier Gail Ann Dorsey, bassiste de David Bowie (notamment), le gratteur Japonais Hotei, Robbie Furze (The Big Pink), et Herbert Grönemeyer, acteur allemand et musicien qui se réserve le micro sur « Sautbkorn » ; mais aussi et surtout Alison Mosshart (The Kills, The Dead Weather) qui pose la voix sur les excellents « Broken talk », une plage spasmodique mais mélodique qui traite de l’angoisse et de la folie ainsi que l’incisif « England’s in my bones ». Des textes engagés, sociopolitiques, belliqueux, qui traitent, en général de l’identité, de la religion et du capitalisme, tout en soulignant la faiblesse de l’être humain aveuglé par l’idéologie et les idées reçues. 

Si les premiers morceaux de cet elpee sont sculptés dans l’agit pop (ou le funk blanc, si vous préférez), à l’instar de l’énigmatique « Where the nightingale sings », ou le post punk, comme sur le percutant « Isle of dogs », la suite glisse progressivement vers une électro dark voire indus réminiscente de Stabbing Westward voire de Nine Inch Nails (« Dead Souls ») quand elle ne lorgne pas vers l’éclectro pop de Depeche Mode (« The dying rays », « Graven image »). Pas que les compos soient de mauvaise facture, mais elles ne soutiennent pas la comparaison avec les quatre premières pistes de l’opus. Enfin, c’est un avis personnel qui se réfère aux incontournables « Entertainment » et « Solid Gold ». Enfin, ravi de savoir que Gang of Four a encore un fameux potentiel. Le tout est de ne pas le dilapider dans des aventures technologiques hasardeuses…