La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

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Kiss

Kiss me goodbye…

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C’est la fin de la tournée mondiale d’adieu pour Kiss. Elle a commencé en 2019 et s’achèvera au Madison Square Garden de New York en décembre 2023. Baptisée ‘End Of The Road’, elle est passée, il y 12 mois, au Sportpaleis d’Anvers. Le Palais 12 est plein à craquer pour accueillir ce groupe légendaire de glam métal qui compte 50 années d’existence, a vendu plus de 75 millions d’albums à travers le monde et puis surtout dont le look extravagant de ses musiciens (maquillage, fringues, chaussures à hautes semelles compensées et attitudes) constitue sa marque de fabrique. Le quatuor a gravé vingt elpees studio, soixante singles dont les classiques intemporels « I Was Made For Loving You », « Rock and Roll All Nite » et « Detroit Rock City ». Et c’est la sixième fois qu’il se produit en Belgique.

Du line up originel, le guitariste Paul Stanley et le bassiste Gene Simmons sont toujours au poste. Et ce sont toujours eux qui assurent le lead vocal.  

Le supporting act est assuré par un autre band américain, mais californien (Los Angeles), Skid Raw. Il pratique également du glam metal. Il s’est surtout illustré à la fin 80’s et au début des années 90’s. Erik Grönwall remplace le membre fondateur Sebastian Bach, depuis 2022.

Des bâches noires recouvrent l’imposant matos de Kiss. Une toile noire a été tendue derrière les musicos où figure en lettres rouge vif, sur la partie haute, le patronyme du band.

A 19h00, les lumières s’éteignent alors que les haut-parleurs diffusent le « Blitzkrieg Bop » des Ramones. Skid Raw monte alors sur le podium. Erik est soutenu par les sixcordistes Dave Sabo et Scotti Hill ainsi que le bassiste Rachel Bolan et le drummer Rob Hammersmith. Hormis ce dernier installé en retrait, tous les autres musiciens se démènent comme de beaux diables, au sein de l’espace restreint qui leur est réservé. Le set s’ouvre par une version plutôt lourde de « Slave to the grind ». Les soli de guitares sont puissants, huileux voire graisseux. Erik est partout à la fois. Il triture constamment son micro. Sa hargne virile rappelle parfois celle de Bon Jovi. « The Threat » ne permet pas vraiment de souffler. Musclé, ce morceau se distingue par son refrain aux chœurs imposants. « Big Guns » poursuit sa folle cavalcade dans le métal. Le band n’en n’oublie pas sa monstrueuse power ballade mélodique « 18 And Life », un titre au cours duquel la voix d’Erik fait mouche. Ni ses hits tels que « Business » ou « I'll Remember You ». Bien que gavé de clichés hard rock, le set du groupe est parvenu à faire lever les poings du public en masse. La prestation s’est achevée par « Youth Gone Wild ». Une première partie d’enfer. Le public a adoré le show !

Setlist : Intro - « Blitzkrieg Bop » (Ramones cover), « Slave to the Grind », « The Threat », « Big Guns », « 18 And Life », « Riot Act », « Piece Of Me », « Livin' On A Chain Gang », « Time Bomb », « I Remember You », « Monkey Business », « The Gang's All Here », « Makin' A Mess », « Youth Gone Wild ».

Kiss est un groupe unique en son genre. On vous rappelle pourquoi dans l’intro. Le line up réunit aujourd’hui Stanley (The Starchild), Simmons (The Demon), le guitariste Tommy Thayer (The Spaceman) et le batteur/chanteur Eric Singer (The Catman).

Une immense tenture à l’effigie de Kiss masque l’immense scène. Le rideau tombe sous des feux de pétards nourris par 15 lance-flammes placés derrière le quatuor qui descend du plafond, chacun sur une estrade hexagonale, sous de puissants fumigènes. Idem pour le drummer qui est placé derrière son imposante double batterie ‘Pearl’. Les 3 gratteurs descendent de leurs socles, manches de guitare en avant et Simmons a déjà sa longue langue qui ressort. Des images de la bande des quatre sont constamment projetées sur 8 grands écrans, également hexagonaux. Deux autres, mais géants bordent chaque côté du podium. Durant cette intro spectaculaire, les baffles crachent le « Rock and Roll » du Led Zep. De sa voix éraillée, Stanley entonne un « Detroit Rock City » d’anthologie. De nombreuses caméras filment la foule au sein de laquelle on remarque la présence de multiples drapeaux (mexicains, brésiliens, etc.), mais surtout montrent un auditoire éclectique et multigénérationnel. Sur les planches, on aperçoit les reproductions d’un énorme serpent enroulé autour d’un support, d’un hibou et d’une panthère prête à bondir, des animaux dont les yeux sont remplacés par les lasers jaunes. Le light show est d’ailleurs impressionnant. En ces temps de crises, la machinerie déployée ainsi que les effets lumineux doivent consommer l’énergie d’une petite ville. Stanley et Simmons s’adressent régulièrement au public. Et puis, il y a le spectacle ! Des feux d'artifice ! Des explosions ! Des lasers ! Des flammes ! Des confettis ! Un instant, Simmons crache du feu. Le second, il s’excite en sortant sa langue. Pendant un solo, du sang sort de sa bouche. A un autre moment, son estrade hexagonale sur laquelle il est planté, décolle vers le plafond, comme une fusée qui s’envole vers une autre planète, fumigène à l’arrière-train. Chaque musicien a droit à son solo. Dont le batteur dont la technique est à couper le souffle. Il s’essuie les mains et le visage, sans pour autant ôter le grimage, tout en continuant à frapper du pied les grosses caisses. Il aura également droit à son ascension, mais sans les flammes au-dessus de la tête.  

Parmi les moments forts du concert, on épinglera le skud incendiaire « War Machine », la bombe « I Love It Loud » chantée à tue-tête par un public ravi, le final époustouflant de de « Lick It Up » ainsi que la tonitruante cover du « Won't get Fooled Again » du Who.

La communion entre le public et Stanley est totale. Les musicos ne s’arrêtent pas une seconde. La mécanique est bien rôdée. Le mixing est irréprochable. Tout le public danse et chante en chœur.

Pour « Love Gun » et surtout le hit « I Was Made For Loving You », Stanley débarque sur une scène hexagonale (encore !), sise à 10 mètres de votre serviteur, en se servant d’une sorte de téléphérique. Et il retourne, comme il est venu, sur le podium principal, pour participer au titre final, « Black Diamond ».  

Le quatuor a le bon goût d’accorder un rappel de trois morceaux dont la superbe ballade « Beth », interprétée au piano par le drummer Singer. « Rock and Roll All Nite » clôture définitivement le show de quasi 170 minutes qui sont passées trop vite. Impressionnant pour une tournée d’adieu qui dure quand-même depuis 4 ans ! Celui qui n’a pas assisté ce genre de spectacle en forme de ‘best of’ a raté quelque chose. Celui qui y était sortira du Palais 12, des étoiles plein les yeux et s’en souviendra toute sa vie…

Setlist :  Intro - « Rock and Roll » (Led Zeppelin cover), « Detroit Rock City », « Shout It Out Loud », « Deuce », « War Machine », « Heaven's on Fire », « I Love It Loud » (Gene breathes fire), « Say Yeah », « Cold Gin », « Guitar Solo » (Tommy Thayer), « Lick It Up » (with « Won't Get Fooled Again » ), « Makin' Love », « Calling Dr. Love » (with extended jam by Paul and Tommy), « Psycho Circus », «  Drum Solo », « 100,000 Years » (Partial), « Bass Solo », « God of Thunder » (With spitting blood by Gene), « Love Gun » (Paul on stage B), « I Was Made for Lovin' You » (Paul on stage B), « Black Diamond ».

Rappel : « Beth » (Eric Singer on Piano), « Do You Love Me », « Rock and Roll All Nite », Outro - « God Gave Rock and Roll to You II ».

(Organisation : Greenhouse talent)

 

Arsenal

Bienvenue dans la jungle d’Arsenal !

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C’est le vingt-cinquième concert soldout d’Arsenal à l’Ancienne Belgique. Il y est un peu chez lui et s’y produit à quatre reprises, du 1er au 4 juin 2023. Chacune de ses prestations se transforme systématiquement en grande fête de la danse aux rythmes de son incroyable discographie. Les 2 frontmen, Hendrik Willemyns et John Roan, sont passés maîtres dans la confection de titres fédérateurs. Pour ces quatre sets, baptisés ‘Jungle Hotel’, le hall d’entrée a été transformé en jungle tant visuellement (reproduction d’arbres, lumières) que d’un point de vue sonore (les cris d’oiseaux, l’ambiance), un parcours tout au long duquel on s’y perdrait, presque…

‘Jungle Hotel’ raconte l’histoire d’un homme qui veut quitter sa femme, mais qui, par suite d’une tempête, échoue dans une chambre d’hôtel hantée par des fantômes. Dix ans plus tôt, ‘Dance ! Dance ! Dance !’ traitait déjà des spectres, un ciné-concert basé sur l’album « Furu ».

Le rideau rouge est tiré, fait rare à l’Ancienne Belgique. A 20h30 il s’ouvre et on découvre la scène divisée en trois pour autant d’estrades, mais disposées sur toute la longueur. Pas un seul végétal en vue, mais le sigle de ‘Jungle Hotel’ qui figure à côté d’une sorte de dindon stylisé, sur le côté gauche, deux éléments de couleur blanche. Le line up de base est inchangé, mais pour ces quatre shows, il a été renforcé par quelques invités. Dont Dada Ravalison (Suarez) qui se consacre aux percus et tout particulièrement les djembés ainsi que Edaoto & The Afrogenius Band, quatre percussionnistes africains qui avaient déjà assuré le supporting act d’Arsenal.

Le set s’ouvre par une nouvelle compo, la très percussive « A Volta ». John et Hendrik manifestent déjà leur enthousiasme. Et tout particulièrement ce dernier qui mêle judicieusement beats électro et world (africaine, brésilienne, etc.), combinaison hypnotique qui alimente généreusement les morceaux du band, depuis deux à trois ans. Felix Machtelinckx, le chanteur et frontman de Tin Fingers (NDR : il prêtre régulièrement sa plume à la formation) se réserve le micro pour deux titres, « Amelaka Motinga » et « Tigerwoods » et y participe pour « Animal » et « Heavy Heart ». Mais en général, ce sont Léonie et surtout John qui se chargent des leads vocaux. De plus en plus jolie, elle accompagne circonstanciellement Dada aux percus.

La foule est d'humeur à faire la fête, danse ou gigote et reprend en chœur les paroles –en portugais– de « Saudade », un titre jadis chanté par le regretté Mario Vitalino Dos Santos. De quoi se remémorer une époque dorée du band. Paulien Mathues, une des choristes, reprend le flambeau pour deux chansons et met en exergue sa voix puissante, soul, mais un peu sableuse. Tout d’abord « Heavy Heart » ; et puis telle une sirène, « Temul (Lie Low) », rôle qu’elle a brillamment repris à Lydmor.

Plus paisibles, « Sometimes » et « Whale » baignent au sein d’une ambiance feutrée.

Au fil de « Longee », la foule se met à danser. Faut dire que la chorégraphie langoureuse de Leonie l’y incite. Elle chante dans la langue de Luís de Camões, et pourtant l’auditoire reprend à nouveau les paroles en chœur. Elle nous prend à la gorge et enflamme le public tout au long d’« Amplify ». Il est chauffé à blanc et John en profite pour danser et bondir sur le podium pendant « Black Mountain », tout en savourant le moment présent. Le set s’achève par « Melvin ».

Arsenal a le bon goût d’accorder un long rappel. Pour « Afrodisia », l’un des percussionnistes du quatuor africain se réserve le micro et exécute de remarquables danses africaines. Il finit même par nous flanquer le tournis. Malheureusement, il ne parvient pas entraîner la fosse pendant « Bend In The River » et le long « How Come ? ». Mais ce sont les tubes dansants de la bande à Roan qui vont l’embraser, grâce à « Estupendo », « Lovesongs (Propaganda) » et « Lotuk ». Et le show de se terminer par « Stick and Groove », après deux heures de show. La formation est prête pour les festivals d’été…

Setlist : « A Volta », « Amelaka Motinga », « Tigerwoods », « Saudade, Pt. 1 », « Saudade, Pt. 2 », « Amplify », « Animal », « Heavy Heart », « Sometimes », « Whale », « Temul (Lie Low) », « Longee », « Black Mountain (Beautiful Love) », « Melvin ».

Rappel : « Afrodisia », « Bend in the River », « How Come ? », « Estupendo », « Lovesongs (Propaganda) », « Lotuk », « Stick and Groove ».

Pour les photos, c’est ici

(Organisation : Live Nation + Ancienne Belgique)

Nile On waX

Un voyage interstellaire et tellurique

Ce soir, l'AB Club accueille des artistes qui possèdent plusieurs cordes à leur arc ! Et pour cause, le violon est omniprésent, grâce à Catherine Graindorge et son groupe Nile On waX mais aussi, Rodolphe Coster, programmé en première partie, qui propose de nombreux arrangements de cordes.

Figure connue de l'underground bruxellois, Rodolphe Coster a sorti, il y a quelques mois, un premier elpee solo qui a fait grand bruit. Gravé par Capitane Records, "High With The People" a été enregistré à New-York dans un studio légendaire et on y retrouve une palette internationale de musiciens exceptionnels. La musique est inclassable. Naviguant quelque part entre no-wave, post-punk, shoegaze, noise, post-rock et avant-garde, elle évoque autant Tuxedomoon, John Maus et Molly Nilsson que Radiohead, Nine Inch Nails et les Pixies. Excusez du peu ! Ce soir, Rodolphe est seul sur scène, pour un set semi-acoustique au cours duquel il revisite les chansons de son album. Certains titres, comme le single “Seagulls Fly on Highways”, sont interprétés de manière dépouillée, à la guitare sèche mais sur d'autres compos, on découvre des arrangements de cordes préenregistrés véritablement époustouflants. Rodolphe le précise : ils ont été élaborés par Atsuko Hatano, l'artiste japonaise qui avait précisément contribué à la confection de l'opus. Mentions particulières également aux superbes “Dolls Her Maps” et “Burglar Blames Shadows”. C'est apparemment en voyant HTRK en concert que Rodolphe a décidé de concevoir cette formule intimiste et minimaliste. Visiblement ému, l'artiste révèle, ce soir, cette fragilité et cette sensibilité à fleur de peau qui le rendent si attachant. Une invitation à acheter son LP et à aller le découvrir en compagnie de son groupe au grand complet le plus vite possible !

Après quelques minutes de pause, c'est au tour de Nile On waX de grimper sur le podium. Le trio implique la violoniste Catherine Graindorge, le bassiste David Christophe et le batteur Elie Rabinovitch. Pour rappel, Catherine jouit d'une réputation internationale, comme en témoignent ses collaborations avec Iggy Pop, John Parish, Nick Cave, Hugo Race et bien d'autres. Après trois albums, des compositions pour la danse et le cinéma, le trio vient présenter un tout nouvel LP, “After Heaven”, paru sur le label allemand Tonzonen Records.

Dès les premières notes d'”Eternity”, on reconnaît le style musical unique de la formation, qui oscille entre post-rock, 'ambient', jazz-rock, psyché et musique de film. Le violon de Catherine Graindorge tisse des volutes sonores, tantôt chatoyantes, tantôt stridentes, pour créer un univers cinématographique totalement hypnotique. Par moments on pense aux productions du label ECM, ou à la musique du film ‘La Dernière Tentation du Christ’ de Peter Gabriel. Dans “More Icon”, un hommage au compositeur italien, l’expression sonore répercute un écho lointain aux envolées d'un Max Richter ou aux harmonies écorchées d'un Warren Ellis.

Si on connaissait toute l'étendue du talent de la violoniste belge, on est tout aussi impressionné par la maestria affichée par les deux autres musiciens. David Christophe utilise sa basse de façon très versatile, lui conférant tour à tour des sonorités d'un synthé, d'une guitare électrique, voire d'un instrument à cordes. Quant à Elie, le compagnon de Catherine, c'est un batteur d'une finesse et d'une justesse remarquables. Il émane de lui une impression de puissance, d'élégance et de sérénité.

Après “Improbable”, un single… improbable, comme l'annonce avec humour David Christophe, le groupe s'autorise un détour par son 3ème album, “Bell Dogs”, pour offrir “Rhapsody” et “Pixelated Dream”. Après des applaudissements nourris du public, nous aurons droit, en rappel, à un magnifique extrait de la bande originale du film “L'Œil Silencieux”, du réalisateur belge Karim Ouelhaj, qui a été composée par le trio.

Le plaisir aura été trop court. Pendant quelques instants, nous avons vécu un voyage interstellaire et tellurique, suspendus hors du temps, la tête dans les étoiles et le corps enraciné dans la terre-mère, au sein d’un espace onirique vibrant et d'une déchirante beauté...

Setlist:
ETERNITY (Intro)
IN HEAVEN
MORE ICON
AUGUST 4
ASCENSION
HUIT (Part 2)
IMPROBABLE
SLOWDOWN
RHAPSODY
PIXELLATED DREAMS 
BELL DOGS
Rappel:
L’ŒIL SILENCIEUX

Pour en savoir davantage sur Catherine Graindorge et Nile On waX, cliquez sur son nom dans le cadre réservé aux informations supplémentaires, ci-dessous. Vous pourrez même écouter et acheter leurs albums et Eps via leur Bandcamp

Pour lire l'interview de Catherine Graindorge, c'est ici  

Crédit Photo : Axel Tihon - Branchés-Culture (Branchesculture.com)

bar Italia

On est quand même resté sur sa faim…

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bar italia est une formation londonienne qui aime entretenir le mystère. Jugez plutôt. A la base, il s’agit d’un trio réunissant les guitaristes/chanteurs Jezmi Tarik Fehmi et Sam Fenton ainsi que la chanteuse Nina Cristante. Comme cette dernière est née à Rome, on pourrait croire que le patronyme s’inspire de la botte. Ce n’est pas le cas. En fait s’agit d’un titre de l’album de Pulp, « Different class ». La formation est responsable de trois elpees, à ce jour ; soit « Quarrel », en 2020 et « Bedhead » l’année suivante, deux mini-elpees sortis chez World Music, le label de Dean Blunt, et puis « Tracey denim », paru ce 19 mai 2023 chez Matador, écurie sur laquelle elle vient de signer. Enfin, si la (brève) carrière solo de Nina est ponctuée d’un LP et d’un Ep, celle de Fehmi et Fenton s’épanouit également chez Double Virgo, auteur d’un long playing et de plusieurs Eps, à ce jour.

Depuis sa création, le groupe s’est enveloppé dans un voile de mystère, en se limitant à un minimum de photos, en ne livrant que des bios laconiques et en n’accordant aucune interview. À notre époque où les mass médias et tout particulièrement les réseaux sociaux sont considérés comme incontournables par les artistes, cette attitude est déconcertante et reflète peut-être une nouvelle perception du rock alternatif...

Il revient à Driving Dead Girl d’assurer le supporting act. Fondé en 2003, le band a déjà connu quelques changements de line up. Quatre elpees à son actif, dont le dernier, « Rupture », est paru en 2021. On débarque au beau milieu du set, que le quintet semble mener de main de maître. Le claviériste, le drummer, le bassiste et les deux guitaristes, dont l’un d’eux, chapeau mou enfoncé sur le crâne, double au chant. Il s’agit de Dimitri Rondeau qui est manifestement en pleine forme. Il descend dans la fosse, remonte sur le podium, et finit par grimper sur un retour de scène sis à l’extrême droite. De ce qu’on a pu entendre, la musique de DDG oscille entre cold wave, garage et shoegaze, mais surtout, elle ne manque ni de charme, ni de punch…

Place ensuite à bar italia. Mais avant ce concert, les haut-parleurs diffusent plusieurs titres de l’album des Fab Four, « Abbey Road ». Et puis, afin d’ajouter une couche à l’occulte, ce n’est pas un trio qui débarque sur l’estrade, mais un quintet. Les trois membres fondateurs sont bien présents, mais ils sont soutenus par une section rythmique impliquant un drummer ainsi qu’une jeune bassiste, à la longue chevelure rousse… en short.

Plutôt jolie, Nina Cristante semble avoir opté pour une mini-jupe de couleur rouge et un tricot de teinte blanche. Mais après quelques titres, elle ôte sa petite laine pour laisser apparaître une mini robe écarlate, retenue par de fines bretelles et laissant apparaître, lorsqu’elle se retourne, un dos nu. Elle a une taille de guêpe (NDR : pas étonnant, puisqu’elle est aussi nutritionniste) et pourrait aisément participer à un défilé de mode. Elle se déhanche sensuellement, nonchalamment, le plus souvent les mains dans le dos. Tel un chuchotement, sa voix est fragile, frémissante et presque enfantine. Celle de Fehmi (chaussé de grandes lunettes rondes, il a un petit côté à Lou Barlow) est plutôt capricieuse, empruntant tour à tour les timbres de King Krule, Tom Verlaine ou David Byrne, alors que celle de Fenton est claire et soyeuse. Ils chantent alternativement, un peu comme s’ils se répondaient, mais parfois construisent ensemble, de superbes harmonies. Ce qui permet de soigner le sens mélodique. Les chansons sont courtes (NDR : elles dépassent rarement les 2 minutes). Cependant, les textes abordent des thèmes aussi sérieux que l’anxiété, la solitude, les ruptures, l’amour non partagé, le désir de solitude. Pas de présentation. Pas d’interaction avec le public (estimé à plus ou moins 120 personnes). Pas de merci. Juste les compos et un petit intervalle entre celles-ci, comme si on écoutait l’intégralité d’un album. L’expression sonore se nourrit de slowcore, de noisy et de shoegaze. Cependant, lorsque les morceaux montent en intensité, le spectre Thurston Moore se met à planer.   

Tramé sur une ligne de basse profonde, « My kiss era » recèle quelques réminiscences du « If I only could remeber my name » de David Crosby, avant que le morceau ne se charge d’intensité. Des guitares qui deviennent tintinnabulantes tout au long de « Changer » et finissent par s’enflammer lors du final bien électrique, presque crazyhorsien, « Banks ». Et puis, au bout d’une heure de prestation, bar italia se retire, sans un mot, laissant la place à la suite de l’album des Beatles, « Abbey road », signifiant ainsi au public qu’aucun rappel ne serait accordé…

Un excellent concert, mais glacial. On est quand même resté sur sa faim…

Photos Ludovic Vandenweghe ici

Setlist

Skylinny
Nurse
Harpee
Rage Quit
Yes I’ve eat
Fob
Punkt
Friends
Mrs Morality
Best in show
My kiss era
Changer
Polly armor
Clark
No cd
Banks

(Organisation Aéronef)

Rodolphe Coster

Intimiste et minimaliste…

Ce soir, l'AB Club accueille des artistes qui possèdent plusieurs cordes à leur arc ! Et pour cause, le violon est omniprésent, grâce à Catherine Graindorge et son groupe Nile On waX mais aussi, Rodolphe Coster, programmé en première partie, qui propose de nombreux arrangements de cordes.

Figure connue de l'underground bruxellois, Rodolphe Coster a sorti, il y a quelques mois, un premier elpee solo qui a fait grand bruit. Gravé par Capitane Records, "High With The People" a été enregistré à New-York dans un studio légendaire et on y retrouve une palette internationale de musiciens exceptionnels. La musique est inclassable. Naviguant quelque part entre no-wave, post-punk, shoegaze, noise, post-rock et avant-garde, elle évoque autant Tuxedomoon, John Maus et Molly Nilsson que Radiohead, Nine Inch Nails et les Pixies. Excusez du peu ! Ce soir, Rodolphe est seul sur scène, pour un set semi-acoustique au cours duquel il revisite les chansons de son album. Certains titres, comme le single “Seagulls Fly on Highways”, sont interprétés de manière dépouillée, à la guitare sèche mais sur d'autres compos, on découvre des arrangements de cordes préenregistrés véritablement époustouflants. Rodolphe le précise : ils ont été élaborés par Atsuko Hatano, l'artiste japonaise qui avait précisément contribué à la confection de l'opus. Mentions particulières également aux superbes “Dolls Her Maps” et “Burglar Blames Shadows”. C'est apparemment en voyant HTRK en concert que Rodolphe a décidé de concevoir cette formule intimiste et minimaliste. Visiblement ému, l'artiste révèle, ce soir, cette fragilité et cette sensibilité à fleur de peau qui le rendent si attachant. Une invitation à acheter son LP et à aller le découvrir en compagnie de son groupe au grand complet le plus vite possible !

Après quelques minutes de pause, c'est au tour de Nile On waX de grimper sur le podium. Le trio implique la violoniste Catherine Graindorge, le bassiste David Christophe et le batteur Elie Rabinovitch. Pour rappel, Catherine jouit d'une réputation internationale, comme en témoignent ses collaborations avec Iggy Pop, John Parish, Nick Cave, Hugo Race et bien d'autres. Après trois albums, des compositions pour la danse et le cinéma, le trio vient présenter un tout nouvel LP, “After Heaven”, paru sur le label allemand Tonzonen Records.

Dès les premières notes d'”Eternity”, on reconnaît le style musical unique de la formation, qui oscille entre post-rock, 'ambient', jazz-rock, psyché et musique de film. Le violon de Catherine Graindorge tisse des volutes sonores, tantôt chatoyantes, tantôt stridentes, pour créer un univers cinématographique totalement hypnotique. Par moments on pense aux productions du label ECM, ou à la musique du film ‘La Dernière Tentation du Christ’ de Peter Gabriel. Dans “More Icon”, un hommage au compositeur italien, l’expression sonore répercute un écho lointain aux envolées d'un Max Richter ou aux harmonies écorchées d'un Warren Ellis.

Si on connaissait toute l'étendue du talent de la violoniste belge, on est tout aussi impressionné par la maestria affichée par les deux autres musiciens. David Christophe utilise sa basse de façon très versatile, lui conférant tour à tour des sonorités d'un synthé, d'une guitare électrique, voire même d'un instrument à cordes. Quant à Elie, le compagnon de Catherine, c'est un batteur d'une finesse et d'une justesse remarquables. Il émane de lui une impression de puissance, d'élégance et de sérénité.

Après “Improbable”, un single… improbable, comme l'annonce avec humour David Christophe, le groupe s'autorise un détour par son 3ème album, “Bell Dogs”, pour offrir “Rhapsody” et “Pixelated Dream”. Après des applaudissements nourris du public, nous aurons droit, en rappel, à un magnifique extrait de la bande originale du film “L'Œil Silencieux”, du réalisateur belge Karim Ouelhaj, qui a été composée par le trio.

Le plaisir aura été trop court. Pendant quelques instants, nous avons vécu un voyage interstellaire et tellurique, suspendus hors du temps, la tête dans les étoiles et le corps enraciné dans la terre-mère, au sein d’un espace onirique vibrant et d'une déchirante beauté...

Setlist Rodolphe Coster:
Oh the candy clouds
Dolls Their Maps
Seagulls Fly on Highways
Plante
Dogstroke
Burglar Blames Shadows

Pour en savoir davantage sur Rodolphe Coster, cliquez sur son nom dans le cadre réservé aux informations supplémentaires, ci-dessous.

Pour acheter son album, c’est ici

Pour écouter l'interview de Rodolphe Coster dans l'émission WAVES, c'est

Crédit Photo : Axel Tihon - Branchés-Culture (Branchesculture.com)

Roger Waters

Au sommet de sa forme !

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Lors de la tournée qui a suivi la parution de « Division Bell », le deuxième opus studio depuis le départ de Roger Waters, votre serviteur avait eu l’immense chance d’assister au show du légendaire groupe britannique Pink Floyd sur la plaine de Werchter où avaient été déposées pas moins de 250 tonnes de matériel pour un concert déjà très réussi d’un point de vue technologique.

Près de 30 années plus tard, arborant fièrement 79 piges, la pierre angulaire du Floyd se produisait au stade Pierre Mauroy, également baptisé Decathlon Arena, une structure située dans la bourgade de Villeneuve-d'Ascq, commune de la Métropole européenne lilloise.

Une belle manière de boucler la boucle et de mettre fin à une certaine forme de frustration qui rongeait votre serviteur depuis tant d’années…

En forme de vaisseau translucide, l’édifice est non seulement visuellement impressionnant, mais il offre également différentes configurations en fonction du type et de la taille de l’évènement.

Un constat, entre dénonciations des violences policières, crimes de guerre et discours de politiques véreux, le sergent Waters est loin de s’être assagi.

La météo n’est pas nécessairement de la partie en cette mi-mai. Le trublion anglais se voit donc offrir le luxe de se produire à huis-clos, grâce à un toit mobile de 7 600 tonnes qui peut être refermé en trente minutes, si nécessaire.

Waters et son team vont monter sur une scène en forme de croix revêtue d’écrans gigantesques comme autant de points cardinaux qui va permettre à tout un chacun de profiter du set de manière identique. Une belle prouesse technique à souligner ! Et ce ne sera pas la seule !

Les spectateurs se sont pressés en masse, essentiellement des quinquas et sexagénaires aux cheveux poivre et sel. Normal quand on sait que l’artiste a été un membre actif de Pink Floyd dès 1965, comme bassiste, dans un premier temps, et parolier, chanteur et leader ensuite, après a mise à l’écart du chanteur, guitariste et compositeur, Syd Barrett.

En voix off et sur l’écran, Roger Waters insiste pour que les téléphones soient éteints. Il met aussi en garde le peuple sur ses prises de position. Prière à ceux qui ne les apprécient pas d’aller ‘se faire foutre au bar’. La messe est dite !

Vers 20h30, l’artiste entame son tour de chant par un subtil réarrangement de « Confortably Numb ». Une version down tempo diamétralement opposée à l’originale. Une signature personnelle, épurée et très sombre à la fois, où s’emmêlent projections de gratte-ciels désertés et gens qui déambulent sous des grondements de tonnerre incessants. On relèvera aussi cet ensemble de chœurs puissants qui gravitent majestueusement et font oublier la mythique Fender de Gilmour et ses solos dont il a le secret.

Lors des dernières gammes de cette composition mythique, les hélices d’un hélicoptère vrombissent de part et d’autre du stade. Aucun doute ne subsiste, ce sont bel et bien les deuxième et troisième segments de « Another Brick in the Wall » qui retentissent sous un lit de bombardement de slogans (forcément) idéologiques, le tout relevé par des lumières rayonnantes particulièrement impressionnantes.

Entouré de Jonathan Wilson et Dave Kilminster (guitares), Joey Waronker (percussions), Gus Seyffert (basse), Jon Carin (claviériste, multi-instrumentiste), Robert Walter (orgue), Ian Ritchie (saxophone) et des choristes Amanda Belair et Shanay Johnson, l’ex-boss de P.F., affublé d’un t-shirt noir moulant, manifeste une énergie phénoménale, mais n’en oublie pas son combat primaire : dénoncer les faits les plus abjects et crimes commis par le pouvoir en place. Tout un programme !

Peut-être aussi se rend-t-il aussi coupable d’excès de zèle. Le public est venu pour apprécier un spectacle dans son ensemble et pas forcément pour entendre des discours moralisateurs toutes les cinq minutes.

Cette première partie privilégie également des titres plus personnels comme « The Powers That Be » ou « The Bravery of Being Out of Range » interprétés au piano, insufflant beaucoup d’émotion et de légèreté au set. Des titres aux relents tristement célèbres allant des manifestations et divers débordements policiers (de l’Afro-Américain George Floyd à l’Iranienne Mahsa Amini), aux prises de parole d’anciens présidents américains, de Reagan à Trump. Sans oublier Joe Biden, qui, selon le discours du maître de cérémonie, ne ferait que commencer. L’avenir lui donnera peut-être raison…

Autre moment hors du temps, lorsque, tout en finesse et avec une humilité non dissimulée, Waters s’épanche longuement sur son ami de longue date, Roger Keith Barrett, cofondateur et leader de Pink Floyd, mieux plus connu sous le pseudo Syd Barrett, disparu en 2006 des suites d’une longue maladie. Les musiciens du groupe ont mis un terme à sa collaboration en 1968 en raison de son comportement de plus en plus erratique, principalement dû à une importante consommation de LSD.

Waters lui porte encore aujourd’hui beaucoup d’amour et de respect. ‘On rêvait de vivre un rêve et on l’a vécu. Ça s’est un peu gâté par la suite. Comme mon mariage d’ailleurs’ s’exclame-t-il d’ailleurs sous les cris hilares du public. Véritable icône de l'histoire du rock, Pink Floyd lui a d’ailleurs rendu un vibrant hommage à travers notamment l’album « Wish You Were Here », un opus sorti en 1975.

Waters s’exécute la gorge serrée à travers le triptyque « Have a Cigar » suivi du séculaire « Wish You Were Here » ou encore l’intemporel « Shine On You Crazy Diamonds » alors que Barrett et les membres originels de Floyd sont projetés en filigrane. 

Le spectaculaire « Sheep » et surtout son mouton géant tient la vedette à lui seul en survolant les spectateurs. Une chanson lourde de sens dans laquelle RW pointe du doigt la couche sociale la plus basse, le prolétariat, et y démontre comment le peuple est exploité au sein d’une société capitaliste, ‘à peine conscient du malaise dans l’air’ (‘only dimly of a certain unease in the air’).

Le mouton, rentré dans la bergerie, sonne le glas d’une première partie qui a tenu en haleine même les plus perplexes.

Après une vingtaine de minutes d’un entracte fort mérité permettant tant aux musiciens qu’aux spectateurs de se réhydrater, le plus rock’n’roll des Anglais revient sur les planches, plus combattif que jamais, et affublé d’une longue veste noire en cuir de type gestapo tout en arborant fièrement le brassard ‘marteaux croisés’ de « The Wall ».

A la grande surprise, cette fois, c’est un cochon gonflable qui sort de sa basse-cour, animal issu de l’album « Animals ». On peut y lire aisément ‘Fuck the poor’ (‘on emmerde les pauvres’) et ‘Volez aux démunis, donnez aux riches’. Le mammifère s’en donne à cœur joie virevoltant au gré de son instinct et n’a que faire de cette énième provocation.

Le puissant et grandiloquent « In The Flesh » est alors interprété, toute guitare hurlante. Les marteaux marchent au pas de militaires sur les nombreux écrans floqués, signe du symbole fasciste.

Le chanteur, après s’être exclamé comme un goret, met un terme à ce (triste) spectacle par un tir de mitraillette en direction du public, ranimant aussi dans la mémoire collective le débat des armes à feu aux États-Unis.

Sublime, le show réserve encore des visuels hors du commun, comme sur ce « Run Like Hell » ponctué par une vidéo d’un raid aérien de 2007 à Bagdad, qui avait causé plusieurs morts, dont deux journalistes.

« Two Suns In The Sunset » (cette plage figure sur « The Final Cut », le dernier elpee du Floyd auquel il a participé), permet à Roger de remercier chaleureusement les trois personnes qui revêtent de l’importance dans sa vie : Bob Dylan, sa femme Kamilah Chavis, et son frère John, décédé il y a peu de temps.

L’apothéose de ce spectacle procède d’un medley issu de « Dark Side Of The Moon », le huitième album studio, soit un « Money » illustré par ses images de liasses de fric, de cartes de crédit, etc. et interprété par le guitariste Jonathan Wilson qui se consacre ici au chant, « Us and them » et ses flashs photos sur des visages issus du monde entier, qui finiront par s’unir plus tard dans la soirée, « Brain dammage » et enfin « Eclipse », comme si la lune allait éclipser définitivement le soleil…

Les titres sont mis en lumière par des synthétiseurs stellaires, des solos de guitare à faire pâlir David Gilmour et des faisceaux lumineux recréant ainsi petit à petit les pyramides symbolisant la pochette de l’opus paru en 1973.

Seul bémol au tableau, l’absence de l’inimitable « Great Sky In The Sky », un morceau très apprécié des aficionados. Pour la petite histoire, dans sa version studio, la voix est celle d’une jeune chanteuse de 25 ans, Clare Torry tentant d’improviser un chant pour la musique composée par Wright. Elle est ressortie du studio, convaincue qu’elle n’y était jamais parvenue…

En guise d’adieu, on aura droit à une reprise de « The Bar », suivie de « Outside the » au piano, alors que l’ensemble de l’équipe en profite pour siroter des shots que l’on devine fortement alcoolisés. Un moment de communion surréaliste, magique et fragile à la fois.

Après environ deux heures trente d’un spectacle à marquer au fer rouge, les musiciens et le natif de Great Bookham saluent le public généreusement sous tous les angles de la scène pour se diriger ensuite vers les coulisses tout en continuant de jouer comme s’il s’agissait d’une fanfare de rue. Les caméras suivent cette mise en scène jusqu’à que ce le drummer donne le clap de fin par un solo sur sa seule caisse claire tenue en bandoulière pour l’occasion.

Un Roger Waters au mieux de sa forme qui signe là sans doute un des plus beaux concerts auxquels votre serviteur ait pu assister…

Un homme aussi d’une grande dignité, contestataire dans l’âme, qui combat toutes les injustices de ce monde et tente d’utiliser sa notoriété pour faire changer le cours des événements.

Et enfin, un artiste qui est parvenu à mettre de côté, le temps d’une soirée, ses rancœurs envers David Gilmour tout en parvenant à se réinventer artistiquement.

 

Militarie Gun

Trop court et trop brouillon pour vraiment convaincre…

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Militarie Gun est une formation californienne (NDR : elle est établie à Los Angeles), née pendant la COVID. En fait, contraint de renoncer à la tournée de Regional Justice Center, son ancien groupe, Ian Shelton décide de monter un nouveau projet. Il croise quatre gars qui ne jurent, eux aussi, que par le punk, le powerpop et le rock alternatif. L’ascension est fulgurante. Et pour cause, ses Eps et singles débordent d’énergie émoustillante. Et puis, Shelton est un chanteur charismatique doté d’un bagage musical riche et varié. Enfin, deux ans à peine après sa formation, le quintet a été signé par Loma Vista Recordings (Iggy Pop, Rise Against The Machine, Denzel Curry, Soccer Mommy, Korn…) et a accompli plusieurs tournées mondiales. Il a récemment publié un album. Ou plutôt une compile enrichie de quatre nouvelles compos. Il se produisait donc ce lundi 15 mai 2023, à l’AB Club. Et il reviendra sur la plaine de Werchter, dans le cadre du festival, peu de temps après la sortie de son véritable premier elpee, « Life Under The Gun » …

Le combo gantois Wrong Man assure le supporting act de Militarie Gun pour trois dates de son périple européen. Il réunit Cedric Goetgebuer (Partisan, Blind To Faith, Raw Peace, Rise And Fall), Ivo Debrabandere (Partisan, Oathbreaker, Joshua's Song), Thijs Goethals (Partisan, Maudlin) et Bjorn Dossche (Chain Reaction, Rise And Fall). Il vient de graver un premier Ep qui s’intitule « Who are you ? ».

En 25 minutes, le quatuor va nous en mettre plein les oreilles. Son post hardcore énergique et sans compromis est alimenté par des riffs de sixcordes puissants, une section rythmique qui balaie tout sur son passage et un vocaliste dont le chant crié ou parfois hurlé est de bonne consistance.

Et on a droit à un second supporting act. Encore un groupe gantois, mais qui répond au patronyme de Feverchild. La plupart de ses membres sont issus de Minded Fury, Force et Animal Club. Il implique deux guitaristes, un chanteur, un bassiste et un batteur. A son actif deux singles et un Ep éponyme. Non seulement son emo post hardcore s’inspire des nineties, mais le combo parvient à se réapproprier le son, l'ambiance et l'esthétique de cette époque.

En général, une des guitares dispense des sonorités lourdes et l’autre, limpides. Mais elles peuvent également se révéler huileuses et sauvages. Accrocheuses, les mélodies sont soignées. Mélancoliques et entraînantes, les compos évoquent tour à tour le Jimmy Eat World originel, Mineral ou The Get Up Kids. Cinq bonnes minutes sont nécessaires avant de pénétrer dans son univers torturé, mais qui finalement communique de bonnes sensations. La section rythmique est solide et le bassiste joue parfois en slap/tap. Le chant est harmonieux et les harmonies se construisent par couches successives…

Petite parenthèse, le kit de drums restera le même pour les trois formations. L’une y ajoutera des cymbales et l’autre, une caisse claire.

Place ensuite à Military Gun. « Pressure Cooker », une cover de Dazy, ouvre les hostilités. Ian Shelton est flanqué de deux guitaristes, un préposé aux fûts et un bassiste. Ce dernier emprunte une ligne semblable à celle de Joe Lally (Fugazi). Ian dispense des paroles politiquement engagées sur un flow hip hop, mais placé du côté gauche du podium, votre serviteur peine à entendre sa voix. Faut dire que tribal et surpuissant, le drumming éclipse non seulement le chant, mais aussi les autres instruments, y compris les riffs incendiaires. A la demande de Shelton, l’ingé-son remonte le volume du microphone. Mais si le résultat est alors probant, pendant « Do faster » (NDR : c’est le cas de le dire, les 12 titres de la setlist ont été enfilés en 38’), c’est la basse qui lâche et le morceau s’achève sans cette gratte. Trop court et trop brouillon pour vraiment convaincre, même si les compos ont été dispensées avec un bel enthousiasme…

Setlit : "Pressure Cooker" (Dazy cover), "Let Me Be Normal"," Disposable Plastic Trash", "Very High", "Don't Pick Up The Phone"," Will Logic", "All Roads Lead To The Gun ", "Dislocate Me", "Do It Faster" (restarted due to the technical difficulties), "Fell On My Head", "Ain't No Flowers".

(Organisation : AB + Flood Floorshow)

 

Channel Zero

Le drumming, véritable fil conducteur du show !

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Channel Zero est né, il y a déjà 32 ans ; et pour fêter cet anniversaire, il se produisait à l’AB. Trois soirées de suite ! Et elles sont sold out. Mais en même temps, le band a voulu rendre hommage à Phil Baheux, décédé en 2013.  

En 1997, lorsque Channel Zero a décidé de mettre son aventure entre parenthèses, il avait déjà publié quatre albums en cinq ans. Quatre albums qui lui avaient permis de grimper au sommet de son art. Il a entamé son parcours comme band de trash metal underground et est devenu le plus grand phénomène du genre, au Benelux, grâce à son style frais et tranchant. Il a fait le tour du monde en compagnie, notamment, de Megadeth, Danzig et Biohazard et s’est produit dans les plus grands festivals européens. A l’issue du split, les musicos ont chacun suivi leur propre chemin après avoir remercié leur légion de fans en gravant un cédé ‘live’, immortalisant leur prestation au Marktrock. Cependant, un collectif de fans a créé une page Facebook dès 2008, pour inciter le combo à se réunir. Après de longues discussions, de pardons, d'oublis, de réflexions, d'essais et de répétitions, Franky, Tino et Phil acceptent de reformer le band. Et le 22 janvier 2009, Channel Zero joue un premier concert de retrouvailles à l'Ancienne Belgique. Il est sold out en un temps record ! Tout comme les dates programmées dans la foulée. En une heure ! Soit les 23 et 24 du même mois, et même ceux prévus un an plus tard. En l’occurrence les 28, 29 et 31 janvier 2010. Impressionnant !

Le line up implique aujourd’hui le frontman/chanteur Franky De Smet Van Damme, les guitaristes Mikey Doling (ex-Soulfly, ex-Snot) et Christophe Depree, le bassiste Olivier De Martino ainsi que le drummer Seven Antonopoulos.

Le supporting act est assuré par Virgin Prozak (la veille, la première partie avait été assurée par Destroy Humanity – photos )

Il y a 6 ans, Virgin Prozak se résumait à un duo. Soit un chanteur/guitariste et un batteur. Les chemins musicaux de Simon Rosenfeld Dernelle et Christophe Gindt se sont ensuite séparés et Simon a été rejoint par le bassiste Alban Waff ainsi que le drummer Chriss. Mais les deux membre orignaux sont à nouveau réunis ; et c’est Vincent Dessart (LETHVM) qui se charge aujourd’hui de l’instrument à quatre cordes.

A l’actif du combo, deux Eps, « Plethora », en 2018, et « Plethora, Vol. II », en 2020. Début avril, il a gravé un nouveau single, « The Doubt Remains », produit par Tony De Martino.

Sur les planches, si le drumming s’avère énergique voire tribal, la section rythmique fait preuve d’une efficacité sans faille. La voix est tantôt très mélodique et accrocheuse ou alors rugueuse. Très rythmique, la guitare s’élève aisément dans les riffs, un peu comme celle de James Hetfield, chez Metallica. Des émotions fortes et sans filtre émanent du metal vierge d'antidépresseurs pratiqué par le power trio.

Dans son genre musical, ce groupe wallon est à suivre très attentivement.  

Le rideau rouge est tiré juste après le déménagement de la première partie. A 20h30 précises, il s’ouvre. Mikey et Franky apparaissent alors pour interpréter une version acoustique d’« Angel », afin de rendre hommage à feu leur batteur. Puis il se referme.

Au bout de quelques minutes, il s’écarte de nouveau et on remarque la présence de deux bidons de couleur noire d’une capacité de 100 litres, de chaque côté de la scène, sur lesquels est mentionné les mots ‘black fuel’, en jaune.

Vêtu d’une salopette de teinte bleu pétrole au dos de laquelle est imprimé le logo du band, et de hautes tiges qui lui remontent jusqu’aux genoux, Franky débarque le premier. Les autres membres du groupe émergent d’un nuage de fumigènes traversé de spots aveuglants. Le drummer est perché sur une estrade, entouré de deux murs de baffles Marshall et derrière une double voire triple batterie.

« No Light (At the End of Their Tunnel) » vient à peine d’être achevé que Franky est déjà en sueur. Groovy, « Fools Parade » déclenche les premiers ‘crowdsurfings’ et de timides ‘pogos’.

Le jeu de basse de Tino De Martino claque et ne trahit aucun signe d'usure. Franky remonte le temps jusqu’à l’édition 1995 du festival de Torhout, tout au long d’« Heroin ». Et il le signale. Il arpente les planches, dans tous les sens, en emportant de petites bouteilles d’eau dont il asperge rituellement les premiers rangs. Il s’exprime tour à tour en français, néerlandais ou anglais, parfois en patois de Zottegem, sa terre d’origine. A deux reprises, il s’autorise un long bain de foule. Il fait le tour de la salle et grimpe à l’étage tout en continuant à chanter. Deux enfants montent sur le podium. Ils viennent embrasser leur papa, Olivier, dont c’était l’anniversaire, la veille. Le band entame alors l’inévitable ‘Happy Birthday’, que la foule reprend en chœur.

Tel un diable prêt à sortir de sa boîte, le drummer a vraiment marqué le concert de son empreinte. Il a accordé un solo de batterie magistral de 10 bonnes minutes. Ses expressions faciales et ses poses démoniaques étaient saisissantes sous le feu d’un light show agressif. En fait, il est parvenu à sublimer ses partenaires.

Et le concert de Channel Zero atteindra son apogée lors des deux derniers morceaux du show, « Suck My Energy » et « Black Fuel ». Dans la fosse, ça pogote sec. Les responsables de la sécurité ont du travail. Mais le tout se déroule dans une excellente ambiance.

Finalement, on a eu droit à un set en forme de ‘best of’ (photos )

Setlist : « Angel », « No Light (At the End of Their Tunnel) », « Tales Of Worship », « Repetition », « Chrome Dome », « Fool's Parade », « Dashboard Devils », « Heroin », « Call On Me », « Mastermind », « Bad To The Bone », « Help », « Unsafe », « Drum Solo », « Dark Passenger », « Ammunition », « Hot Summer », « Suck My Energy », « Black Fuel ».

Photos Romain Ballez

(Organisation : Ancienne Belgique »)

Paul Weller

En dents de scie…

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Paul Weller est considéré comme une référence incontournable par les groupes-phares de la britpop, et tout particulièrement Oasis ainsi que Blur. A cause du rôle joué par The Jam, trio mod qui a sévi de 1976 et 1982, laissant en héritage des tubes incontournables comme « Beat surrender », « The Bitterest Pill (I Ever Had to Swallow) », « Start’ », « Going underground », « The eton rifles » et « Town called malice », une chanson qui vilipendait Margaret Thatcher et sa politique, en Grande-Bretagne, tout en reflétant son combat contre le fascisme et le néo-capitalisme. Puis, le natif de Woking va succomber au jazz/rhythm’n’blues suave et rétro, de 1983 à 1989, en fondant The Style Council avant d’entamer une carrière solo qui va s’avérer fructueuse tout en asseyant une popularité retrouvée. Mais probablement pas auprès des fans de originels. Un peu comme s’il avait voulu tourner, définitivement, la première page de son histoire…

Maxwell Farrington & Le SuperHomard assure le supporting act. Originaire de Brisbane, Maxwell Farrington a quitté l’Australie en 2013, rejoint le Royaume-Uni avant d’atterrir en France. Christophe Vaillant, alias Le SuperHomard, est avignonnais. De leur rencontre en 2019, au cours de laquelle ils avouent une passion commune pour les crooners Lee Hazlewood, Scott Walker, Frank Sinatra mais aussi le compositeur/pianiste Burt Bacharach, va naître ce nouveau projet. Maxwell se réserve le chant et possède une voix… empathique. Christophe se charge des claviers et de la guitare. Ils sont soutenus par un bassiste, un drummer et un préposé à la sèche. La musique est inévitablement rétro, s’abandonnant circonstanciellement au tango, évoquant même parfois vaguement The Divine Comedy, mais sans en avoir ni le charme ni l’éclat… (voir photos ici).

Il y a du peuple (NDR : un peu plus de 1 100 spectateurs) lorsque Paul Weller et sa troupe grimpent sur l’estrade. Il est alors 21 heures. Il est accompagné d’un bassiste, d’un claviériste, d’un saxophoniste/flûtiste, de deux drummers (les grosses caisses sont ornées d’une grande étoile) dont un double aux percus (souvent en station debout) et de son fidèle guitariste, l’ex-Ocean Colour Scene, Steve Cradock.

Le set s’ouvre par trois morceaux bien enlevés, dont l’excellent « From the floorboards up », au cours duquel les grattes sont bien décapantes. Puis, la formation embraie par un r&b du répertoire de The Style Council, « My ever changing moods ». Et chaque fois que le modfather va puiser dans le catalogue de son ancien groupe ou interpréter des compos de la même trempe, la pression va retomber. Au cours de ces compos mid tempo mielleuses, il met bien en exergue sa voix légèrement éraillée, mais sans doute trop mise en avant. Car ses musicos sont remarquables, le saxophoniste, jonglant entre un alto et un ténor, quand il ne se consacre pas à la flûte. Paul alterne guitare électrique, acoustique et le piano, notamment lors des ballades. Particulièrement soignées, les harmonies vocales semblent calquées sur celles de Crosby, Stills & Nash. « The piper » baigne dans une soul réminiscente de Booker T. and the M.G.'s, le claviériste en profitant pour libérer des sonorités bien rognées sur son Hammond. « More » constitue une excellente surprise, un titre presque prog au cours duquel le flûtiste/saxophoniste tire son épingle du jeu. Tout au long de l’inévitable hit « Shout to the top » de The Style Council, une multitude de bras brandissent leurs smartphones pour immortaliser l’instant. Des sonorités de moog (?) infiltrent « Old father tyme » juste avant qu’un rythme subrepticement latino n’enfièvre « On sunset ». Bien rythmé, « Into tomorrow » trahit la passion que voue Weller aux Small Faces, titre au cours duquel les sonorités de cordes carillonnent littéralement avant que n’éclate un solo de batterie au pluriel, la fin du morceau replongeant dans une forme de rhythm’n’blues aux claviers vintage, abordé dans l’esprit de Rare Earth. Et la ballade nightclubienne « It’s a very deep sea » de Style Council va de nouveau faire retomber le soufflé. Heureusement, le show va reprendre des couleurs, grâce au bien rock « Take », un morceau composé en compagnie de Noël Gallagher, un tant attendu titre de The Jam (NDR : ce sera le seul), « Start ! », et le très électrique « The changingman ». Le set s’achève par le long et plus complexe « Porcelain gods », dont les fréquents changements de tempo vont être canalisés par la ligne de basse.

Le combo revient accorder un premier rappel sous la forme de trois chansons plutôt romantiques. Notamment « Wild wood », au cours duquel Paul siège derrière son piano, alors que le saxophoniste souffle dans un clavinet et le guitariste dans un harmonica.

Puis un dernier encore bien rock et très syncopé, « Peacock suit », dans un style qu’on aurait aimé entendre davantage.

Après plus de deux heures de spectacle, les aficionados semblent comblés. 28 morceaux, c’est assez rare pour ne pas le souligner. Quant aux fans de la première heure, dont votre serviteur (ça rime !), ils auraient préféré qu’il soit un peu moins tiré en longueur et surtout proposer davantage de titres percutants, tout en conservant les expérimentaux, vraiment très intéressants (voir photos ).

Setlist

Cosmic Fringes
I'm Where I Should Be
From the Floorboards Up
My Ever Changing Moods (The Style Council)
Headstart for Happiness (The Style Council)
The Attic
Stanley Road
The Piper
All the Pictures on the Wall
Hung Up
Fat Pop
More
Shout to the Top ! (The Style Council)
Village
Old Father Tyme
On Sunset
Above the Clouds
Into Tomorrow
Saturns Pattern
It's a Very Deep Sea (The Style Council)
Take
Start ! (The Jam)
The Changingman
Porcelain Gods

Rappel 1

You Do Something to Me
Wild Wood
Broken Stones

Rappel 2

Peacock Suit

Photos : Ludovic Vandenweghe

(Organisation : Aéronef)

 

 

DMA’s

Des kangourous qui boxeront bientôt sur le ring des grands !

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La dernière fois que votre serviteur avait assisté à un concert de DMA’s, c’était au Cirque Royal, en première partie de Kasabian. Il est de retour à l’Ancienne Belgique, mais au club, ce dimanche 23 mai 2023. Fondé en 2012, à Sydney, ce trio est considéré comme la formation la plus anglaise d’Australie. Et pour cause, elle pratique… de la britpop. A son actif, quatre elpees, dont le dernier, "How Many Dreams ?", est paru en mars dernier. Un disque ambitieux partagé entre chansons sur lesquelles s'extasier et d’autres belles à pleurer...

Le supporting act est assuré par Demob Happy, un autre band, mais insulaire. Issu de Newcastle, il s’est cependant établi à Brighton. Quatuor à l’origine, son line up a été réduit à un trio depuis le départ du guitariste Mathew Renforth. Il implique aujourd’hui le bassiste/chanteur Matthew Marcantonio, le drummer Thomas Armstrong et le sixcordiste Adam Godfrey.

Il pratique un power/punk/rock classique mais rebelle et très électrique. A coups de riffs aussi tranchants que déjantés, il a décidé de lutter contre ‘la médiocrité culturelle et la complaisance politique’ qui gangrène son pays. Ses influences musicales oscillent de Nirvana à Queens Of The Stone Age, en passant par Royal Blood et The Melvins.

La prestation va se révéler autant acide, féroce, chargée d’adrénaline qu’audacieuse, surtout à travers « Succubus » (NDR : dans la mythologie, un succubus est un démon qui apparaît dans les rêves, prenant la forme d'une femme pour séduire les hommes ; et le malin est ici incarné par les médias télévisuels qui nous plongent en état de léthargie), un titre au cours duquel le band va donner toute la mesure de son talent…

Le set s’ouvre par "Voodoo Science", le premier single extrait du futur opus. Le batteur imprime un tempo métronomique. Les accords de guitares sont insidieux et sauvageons. Le spectre de Josh Homme se met même déjà à planer.

Les musicos affichent un look retro (pantalons à pattes d’eph) voire glam. Nouveau single, "Run Baby Run" (le clip est disponible ici) se révèle à la fois instinctif, redoutable, huileux et addictif. Un morceau radiophonique qui provoque de l’enthousiasme au sein de la foule. D’autant plus que le son est nickel. Fameuse différence par rapport à celui qu’Inhaler nous a infligé deux jours plus tôt. Si "Hades Baby" nous emporte dans une vague qui déferle à la manière de Nirvana, la voix aérienne et vocodée de Marcantonio lorgne plutôt vers Royal Blood. "Be Your Man" termine un set bien senti, mais trop court. On épinglera, bien sûr, des harmonies vocales ultra pop (NDR : les musicos sont fans des Beatles, non ?), des gimmicks psychédéliques, des relances bien rock, des élans frénétiques punk, un son granuleux plutôt désertique et une distorsion fuzz bien calibrée. A revoir absolument !

Setlist : "Voodoo Science", "Succubus", "Run Baby Run", "Are You Thinking", " Hades, Baby", "Fake Satan", "Less Is More", "Be Your Man"

Ex-The Dirty MA’s, DMA's est à la base, un trio. Soit le chanteur Tommy O’Dell ainsi que Matt Mason et Johnny Took aux guitares. Le premier à l’électrique, le second à la semi-acoustique. Mais en tournée, le combo est renforcé par Joel Flyger à la gratte rythmique, Jonathan Skourletos à la basse et Liam Hoskins aux drums.

Avant que le sextuor ne grimpe sur le podium, les haut-parleurs crachent le « Stupid girl » de Garbage. Les musiciens en profitent pour s’installer sur les planches. La foule les accueille sous un tonnerre d’applaudissements. Le drummer se plante au milieu et en arrière-plan (NDR : la scène n'est pas très grande).

Casquette noire vissée sur le crâne, Tommy possède une voix qui ressemble terriblement à celle de Yungblud, aka Dominic Harrison. Johnny, le blondinet, ne tient pas place. Il porte un même type de couvre-chef, mais de camouflage, et déambule de long en large sur les planches, tout en triturant voire en martyrisant ses cordes. Par intermittence, Joel Flyger, se charge des claviers. Le combo est manifestement en pleine forme. La setlist va nous proposer 6 plages du dernier elpee. Dont le titre maître du long playing, qui ouvre le show. Les autres morceaux sont extraits du reste de sa discographie. L’ensemble des instrus s’éclate dans un mouvement de dance indie (NDR : pensez à Fat Boy Slim ou The Chemical Brothers). Une manière fantastique d’ouvrir les hostilités. "Olympia" navigue sur des guitares saturées assises sous la voix d'O’Dell. Sourire aux lèvres, ce dernier regarde peu le public. Il lui tourne même régulièrement le dos pour fixer le batteur qui imprime un tempo d'enfer.

Sympathique et particulièrement interactif, Johnny quitte rarement sa gratte semi-acoustique. Dont les sonorités s’avèrent savoureusement limpides tout au long de "The Glow". Les chœurs sont riches. Si les influences oscillent de Bruce Springsteen à Bob Dylan, en passant par Sonic Youth, New Order, The Music et Dinosaur Jr, l’ambiance et les orchestrations rappellent surtout les Irlandais de The Academic mais qui auraient hérité du charisme d’Imagine Dragons. Le combo n’en oublie pas son hit, "Hello Girlfriend", un titre qui fait manifestement craquer le public féminin. A la fin du morceau, le second sixcordiste s'y reprend cependant à 7 reprises pour relancer le refrain. Inutile d’écrire que le public est conquis. Non seulement les musicos sont de fameux instrumentistes, mais O’Dell est un excellent chanteur. Et la qualité des compos est au rendez-vous. Bref, des kangourous qui boxeront bientôt sur le ring des grands !

Alors que « Play It Out » s’enfonce dans un psychédélisme réminiscent du Floyd, le light show se focalise sur l’auditoire, accentuant cette impression de voyage sous acide. "Lay Down" achève cette prestation tout en puissance et de toute bonne facture.

Pas d’interruption avant le rappel. La formation s’y colle immédiatement, comme si elle était pressée par le temps.

Stellaire et passionné, "Feels Like 37" est chanté en chœur par les musicos. Tout comme l’exceptionnel "Silver".

Enfin, le remarquable "Everybody's Saying Thursday's The Weekend" clôt définitivement la prestation, un morceau aux paroles significatives ; les lyrics invitant à abandonner ce qui nous pèse pour embrasser l'avenir avec optimisme…

Setlist : "How Many Dreams ?", "Olympia", "The Glow", "Timeless", "Silver", "Something We Are Overcoming", "Tape Deck Sick", "Fading Like A Picture", "Hello Girlfriend", "Forever", "Delete", "Play It Out", "Lay Down".

Rappel : "Blown Away", "Feels Like 37", "Everybody’s Saying Thursday’s The Weekend".

(Organisation : Ancienne Belgique)

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