Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

logo_musiczine

Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Biohazard 8/8/26
L7
Concerts

Wooden Shjips

Hallucinations collectives

Écrit par

C'est une salle Rogier pleine à craquer et surchauffée qui attendait Cosmic Dead et surtout Wooden Shjips. Des conditions plutôt limites pour apprécier pleinement deux concerts qui ont pourtant fait l'unanimité. Collé contre le mur du fond dans une posture pour le moins inconfortable, votre serviteur a essayé de faire abstraction de cette atmosphère viciée et éprouvante et de se concentrer tant bien que mal sur les prestations des deux groupes. Première constatation, ce genre de rock psychédélique n'attire pas les jeunes générations. La salle est peuplée majoritairement de quadragénaires pas vraiment remuants. Il est vrai qu'il n'y a guère de place pour remuer.

Le son, lui, est plutôt convenable et heureusement car le tourbillon noise des Cosmic Dead aurait bien du mal à passer sur du matériel de fortune.

Les Ecossais démarrent leur set par une lente progression noise. On est directement noyé sous les effets psyché. Ceux qui pensent que la musique est aussi faite de silences peuvent s'en aller. Il n'y aura pas un instant de répit. Hypnotiques et grinçantes, les couches sonores s'empilent. Après cet amuse-gueule d'une dizaine de minutes, Cosmic Dead entame un deuxième et... dernier morceau qui va durer plus de 20 minutes. Trop court me direz-vous. Pas vraiment. Il n'aurait pas fallu que la performance se prolonge tant elle est violente, voire harassante. C'est d'ailleurs l'avis général à l'issue du concert : une grosse claque qui aurait sans doute lassé si elle s’était prolongée. Car au cours de la deuxième partie les citoyens de Glasgow vont durcir le ton. La batterie est plus présente, les sonorités du synthé plus agressives et les musiciens rentrent dans une transe spectaculaire balançant leurs têtes chevelues comme des damnés. Au milieu de ce magma sonore on se régale de rencontrer une partie plus space-rock tribale qui ressemble de loin à Ozric Tentacles (en bien plus noise quand même). On pense aussi aux moments les plus paroxystiques de Can même si le groupe joue plus sur l'énergie que sur la technicité. Les Cosmic Dead ne sont en effet pas des virtuoses. Il y a même deux, trois moments où l'un ou l'autre membre perd un peu le fil conducteur, mais sans conséquence, puisque tout est dans l'excès. Le concert se clôture par une suspension des guitares aux armatures métalliques des lumières, ultime hommage au Dieu noise.

Un concert des Cosmic Dead est une expérience. Si ces atmosphères étouffantes mais stimulantes vous chatouillent l'occiput, sachez qu'ils reviendront dans notre pays le 19 décembre à l'Escalier de Liège en compagnie des excellents Naam.

Après une pause clope face au vent glacial qui contraste assez violemment avec la fournaise de la salle, il est temps de retrouver nos hippies de l'espace.

La posture des Wooden Shjips contraste avec leurs prédécesseurs. Autant les Cosmic Dead se contorsionnent sur les planches, autant les Californiens économisent leurs mouvements. La différence d'âge peut-être, une philosophie plus ‘peace’ certainement. Car si Omar Ahsanuddin se déchaîne sur sa batterie, les trois autres font l'apologie du statisme. Seul Ripley Johnson se balance de temps en temps lorsqu'il se fend d'un solo. Dusty Jermier, sorte de dandy hippie, tient sa basse de manière raffinée, le manche levé comme un gitan alors que Nash Whalen semble planté au milieu du podium, le regard dans le vague. Economie de geste mais pas d'énergie. Le groupe propose une version musclée de son nouvel et excellent album "Back To Land". Les morceaux les plus rythmés comme "Other Stars", "In The Roses" ou "Ghouls" sont parfaitement taillés pour la scène. Nous sommes à bord d'une diligence lancée à toute vitesse sur les plaines de l'Ouest. Une cavalcade où se chevauchent guitares aériennes, batterie métronomique et orgue lunaire. De quoi regretter de ne pas avoir plus d'espace pour se dandiner. On apprécie aussi beaucoup la basse caoutchouteuse de "Ruins". Et le groupe n'oublie pas de se replonger dans le précédent et déjà culte elpee "West", épinglant notamment les formidables "Lazy Bones" et "Flight". Le tout est soutenu de visuels fatalement psychédéliques qui se baladent sur les murs ; et ces formes ondulatoires participent parfaitement à l'hypnose qui s'installe progressivement. Alternance d'envolées électriques et de passages plus méditatifs (peut-être un rien trop longs vu les conditions), ce set a réussi à nous emporter dans une sorte d'hallucination collective. Bien moins kraut que Moon Duo, l'autre projet de Ripley Johnson, moins mélodique aussi, les Wooden Shjips nous ont prouvé qu'ils incarnaient bien les tauliers du psychédélisme des années 2010. Et si l'interaction entre le public et le band était quasi nulle durant le concert, ce dernier semblant totalement absorbé par sa musique, comme sur une autre planète, il n'en a pas été de même après le concert. Souriants et décontractés, les chamans californiens resteront en effet de longues minutes à taper la causette en compagnie de leurs fans.

On espère qu'ils ne mettront pas trop de temps à revenir dans nos contrées et si possible, dans une salle un peu plus confortable.

Autumn Falls

(Organisation Toutpartout + Heartbreak Tunes)

 

The Cosmic Dead

Surconsommation d’énergie cosmique…

Écrit par

C'est une salle Rogier pleine à craquer et surchauffée qui attendait Cosmic Dead et surtout Wooden Shjips. Des conditions plutôt limites pour apprécier pleinement deux concerts qui ont pourtant fait l'unanimité. Collé contre le mur du fond dans une posture pour le moins inconfortable, votre serviteur a essayé de faire abstraction de cette atmosphère viciée et éprouvante et de se concentrer tant bien que mal sur les prestations des deux groupes. Première constatation, ce genre de rock psychédélique n'attire pas les jeunes générations. La salle est peuplée majoritairement de quadragénaires pas vraiment remuants. Il est vrai qu'il n'y a guère de place pour remuer.

Le son, lui, est plutôt convenable et heureusement car le tourbillon noise des Cosmic Dead aurait bien du mal à passer sur du matériel de fortune.

Les Ecossais démarrent leur set par une lente progression noise. On est directement noyé sous les effets psyché. Ceux qui pensent que la musique est aussi faite de silences peuvent s'en aller. Il n'y aura pas un instant de répit. Hypnotiques et grinçantes, les couches sonores s'empilent. Après cet amuse-gueule d'une dizaine de minutes, Cosmic Dead entame un deuxième et... dernier morceau qui va durer plus de 20 minutes. Trop court me direz-vous. Pas vraiment. Il n'aurait pas fallu que la performance se prolonge tant elle est violente, voire harassante. C'est d'ailleurs l'avis général à l'issue du concert : une grosse claque qui aurait sans doute lassé si elle s’était prolongée. Car au cours de la deuxième partie les citoyens de Glasgow vont durcir le ton. La batterie est plus présente, les sonorités du synthé plus agressives et les musiciens rentrent dans une transe spectaculaire balançant leurs têtes chevelues comme des damnés. Au milieu de ce magma sonore on se régale de rencontrer une partie plus space-rock tribale qui ressemble de loin à Ozric Tentacles (en bien plus noise quand même). On pense aussi aux moments les plus paroxystiques de Can même si le groupe joue plus sur l'énergie que sur la technicité. Les Cosmic Dead ne sont en effet pas des virtuoses. Il y a même deux, trois moments où l'un ou l'autre membre perd un peu le fil conducteur, mais sans conséquence, puisque tout est dans l'excès. Le concert se clôture par une suspension des guitares aux armatures métalliques des lumières, ultime hommage au Dieu noise.

Un concert des Cosmic Dead est une expérience. Si ces atmosphères étouffantes mais stimulantes vous chatouillent l'occiput, sachez qu'ils reviendront dans notre pays le 19 décembre à l'Escalier de Liège en compagnie des excellents Naam.

Après une pause clope face au vent glacial qui contraste assez violemment avec la fournaise de la salle, il est temps de retrouver nos hippies de l'espace.

La posture des Wooden Shjips contraste avec leurs prédécesseurs. Autant les Cosmic Dead se contorsionnent sur les planches, autant les Californiens économisent leurs mouvements. La différence d'âge peut-être, une philosophie plus ‘peace’ certainement. Car si Omar Ahsanuddin se déchaîne sur sa batterie, les trois autres font l'apologie du statisme. Seul Ripley Johnson se balance de temps en temps lorsqu'il se fend d'un solo. Dusty Jermier, sorte de dandy hippie, tient sa basse de manière raffinée, le manche levé comme un gitan alors que Nash Whalen semble planté au milieu du podium, le regard dans le vague. Economie de geste mais pas d'énergie. Le groupe propose une version musclée de son nouvel et excellent album "Back To Land". Les morceaux les plus rythmés comme "Other Stars", "In The Roses" ou "Ghouls" sont parfaitement taillés pour la scène. Nous sommes à bord d'une diligence lancée à toute vitesse sur les plaines de l'Ouest. Une cavalcade où se chevauchent guitares aériennes, batterie métronomique et orgue lunaire. De quoi regretter de ne pas avoir plus d'espace pour se dandiner. On apprécie aussi beaucoup la basse caoutchouteuse de "Ruins". Et le groupe n'oublie pas de se replonger dans le précédent et déjà culte elpee "West", épinglant notamment les formidables "Lazy Bones" et "Flight". Le tout est soutenu de visuels fatalement psychédéliques qui se baladent sur les murs ; et ces formes ondulatoires participent parfaitement à l'hypnose qui s'installe progressivement. Alternance d'envolées électriques et de passages plus méditatifs (peut-être un rien trop longs vu les conditions), ce set a réussi à nous emporter dans une sorte d'hallucination collective. Bien moins kraut que Moon Duo, l'autre projet de Ripley Johnson, moins mélodique aussi, les Wooden Shjips nous ont prouvé qu'ils incarnaient bien les tauliers du psychédélisme des années 2010. Et si l'interaction entre le public et le band était quasi nulle durant le concert, ce dernier semblant totalement absorbé par sa musique, comme sur une autre planète, il n'en a pas été de même après le concert. Souriants et décontractés, les chamans californiens resteront en effet de longues minutes à taper la causette en compagnie de leurs fans.

On espère qu'ils ne mettront pas trop de temps à revenir dans nos contrées et si possible, dans une salle un peu plus confortable.

Autumn Falls

(Organisation Toutpartout + Heartbreak Tunes)

 

Girls Against Boys

Coup de barre…

Écrit par

Non, non, vous ne rêvez pas : Girls Against Boys existe encore et nous revient, après 11 ans de mutisme ; il a même sorti un Ep 5 titres. Intitulé « Ghost List », il est disponible sur le site de téléchargement légal Epitonic. Une bonne occasion pour le quatuor noise-rock américain de rejoindre la longue liste des groupes ‘dinosaures’ sortis de leur longue retraite pour nous rebalancer leurs vieux tubes assaisonnés et relevés de quelques ‘nouveautés’. Par nouveautés, vous entendrez, bien évidemment, nouveaux morceaux et non révolution sonique et structurelle.
Une légère parenthèse (certainement lucrative) pour Scott McCloud dans son projet personnel « Paramount Styles » et une démarche sans prise de risque pour le leader du band. Car cette formule continue de réunir une masse considérable de nostalgiques venus écouter une musique familière, celle qu’ils connaissent et aiment déjà. Bref, il ne fallait pas s’attendre à de grandes surprises ou de grandes révolutions sonores ce jeudi soir à l’Atelier 210 lors du set livré par GVSB face à un public d’amateurs conquis d’avance.

En effet, alors qu’une tempête sévère s’abat sur la capitale, le public ne se prive pourtant pas de venir physiquement et chaleureusement remplir le parterre du 210 pour s’agiter sur les tubes décennaux du groupe de Washington. Un quatuor identique à l’original, chant/guitare, 2 basses (plus un clavier additionnel pour Johnny Temple) et une batterie.                                                      

Une setlist généreuse de 12 morceaux (+ 2 rappels) qui va déballer rapidement sa discographie classique, réchauffer la salle dès le deuxième titre « Super-Fire », et confirmer ces excellentes dispositions par « Cash Machine » ainsi que le toujours très énergique « Bulletproof Cupid », excité d’un clavier plutôt furieux.
 

Pourtant, l’intensité baisse assez rapidement. La voix grave, fatiguée de Scott McCloud devient progressivement monotone et glace l’auditoire d’une certaine lassitude. Un band en crise de fatigue ? Un son parfois hasardeux et étouffé ? Soit. Un concert en perte de vitesse et d’énergie pendant son voyage sonore. Soulignons que GVSB enfile les concerts sur une longue durée et ne peut humainement garder un dynamisme perpétuel et au beau fixe. Avant-hier, excellent dans la mythique salle Electric Ballroom de Londres ; hier, au 4AD de Diksmuide et demain à Zagreb. Ce soir, il faut l’avouer, il manque parfois de mordant.

Néanmoins, le band relève la tête en fin de parcours lors de l’efficace « Diamond Life » issu de son dernier Ep. Et jette un dernier coup de nerf sur le très bon « Kill The Sex Player ». Dernier effort enfin destiné aux aficionados, l’inévitable « She Lost Control » de Joy Division et « Rockets Are Red », morceau vieux de plus de 20 ans, en rappel.

Un retour inattendu de Girls Against Boys, sans grand éclat, plutôt réservé aux fans de la première heure. 

Autumn Falls

(Organisation Atelier 210 + Toutpartout) 

 

Ty Segall

Le cul entre deux chaises…

Écrit par

Soirée garage ce 4 décembre 2013 au Vk* de Bruxelles, puisque se produisent, dans le cadre de l’Autumn Falls, Mountain Bike, Night Beats, White Fence et Ty Segall. Sachant que les hostilités commencent à 19h45, Ludo et votre serviteur décident de prendre la route suffisamment tôt. Pas de souci, on débarque à Molenbeek, vers 19h20. Mais fâcheux contretemps, trouver une place de parking est une véritable galère. Après avoir sillonné les artères en long et en large, on déniche finalement un emplacement, chaussée de Mons. Un peu de marche, et il est 20h10, quand on pénètre au sein du Vaartkapoen…

Malheureusement, vu l’heure d’arrivée, on n’a pu assister au concert de la formation belge Mountain Bike. Alors place à Night Beats. Un trio établi à Seattle qui a publié son deuxième elpee cette année, « Sonic Bloom ». Référence à Sonic Boom, pseudo de Peter Kember, le cofondateur de Spacemen 3 ? Probablement. Mais dans les grandes lignes, car si le band puise son inspiration dans le psyché garage, il lorgne surtout vers The 13th Floor Elevators. Encore que les sonorités de guitare me font parfois penser au groupe insulaire Gun, un combo qui avait gravé un hit en 1968, « Race with the devil ». Les trois musicos portent des cheveux longs comme à cette époque. Et fatalement, leur musique trempe dans le revivalisme de cet acabit. Les moments les plus mélodiques sont vraiment bien ficelés et la basse peut se révéler hypnotique. Le drummer frappe comme un malade ; si bien que régulièrement un roadie doit venir remettre son matos en place, parce qu’il se disloque. Malheureusement, les envolées acides manquent quand même de fil conducteur et on se demande parfois où elles veulent nous conduire. Paraît que sur disque, le trio offre un visage plus séduisant. Bref, s’il a manifestement du potentiel, il doit encore bosser pour vraiment s’imposer dans le circuit.

White Fence, c’est le projet de Tim Presley. On raconte qu’il serait issu de la famille du King. C’est à vérifier. Une chose est sûre, il est aussi prolifique que Ty Segall. Les deux artistes sont d’ailleurs très amis et ont enregistré ensemble un album, « Hair », l’an dernier. Depuis 2010, il a d’ailleurs publié six elpees, sans compter les Eps et les collaborations diverses. Sur les planches, il est soutenu par un bassiste coiffé d’une casquette de marin, d’un drummer et d’un second gratteur qui caresse une douze cordes à manche scié le plus souvent à l’aide d’un bottleneck ; il est, en outre, également préposé aux bidouillage électroniques. Un peu timoré, malgré des paillettes autour des yeux, il communique l’aspect space rock aux compos. Tim arbore un coupe de cheveux plutôt mod. Il porte un pull blanc torsadé et tient sa guitare très haute sur la poitrine. Honnêtement, je dois avouer avoir éprouvé des difficultés à entrer dans leur set. D’abord la voix de Presley n’est pas assez mise en valeur à mon goût, et puis il y a ces brisures constantes dans le rythme qui ne facilitent pas l’accroche. Pourtant, après 20 bonnes minutes, je perçois le fil conducteur. Enfin s’il y en a un. En fait, le franc tombe. Le spectre du Velvet Underground apparaît. Et tout se clarifie. La barrière blanche tombe alors, si vous préférez. Mais si les mélodies sont bien présentes, elles éclosent entre les envolées expérimentales. Manifestement, White Fence est un groupe underground, et pour apprécier sa musique en ‘live’, il est indispensable d’en écouter d’abord ses disques…

Lors du concert conjugué de Kurt Vile et de Scout Niblett, on m’avait mis la puce à l’oreille. Ty Segall et ses acolytes se produiraient assis. Et lors de l’installation du matos, cette rumeur se confirme. Un drummer s’installe de profil, à droite. Son kit de batterie est minimal : une caisse claire, un tom basse et une cymbale. A gauche, se plante un bassiste. Et au milieu Ty Segall et Sean Presley (NDR : le frère de l’autre ?) aux grattes acoustiques électrifiées. Ces deux musicos chantent et ce dernier se met parfois à siffloter. Quand ils conjuguent leurs voix en harmonie, il faut avouer qu’il y a de quoi tomber sous le charme. Curieux de se produire sous cette configuration, car les compos ont la pêche. La première partie du concert privilégie les titres du dernier opus, « Sleeper ». Segall court même prendre la place du batteur pour « The man man ». Souriant, Ty a un physique qui me fait penser à celui de Kurt Cobain. En plus enveloppé. Il secoue régulièrement sa tignasse en grattant son instrument. Les deux sixcordistes y sont impressionnants de maîtrise. Leur manière d’électrifier leurs cordes acoustiques à l’aide des pédales est absolument épatante. Et le quatuor finit par libérer un groove dévastateur. Simplement, Ludo, notre photographe et votre serviteur sont collés contre l’estrade. Or les mouvements de foule commencent à s’amplifier. Les gobelets de bière à voltiger. Le crowdsurfing s’invite aux réjouissances, mais surtout les bousculades débridées. Ca pogote sec, certains spectateurs manquent d’être piétinés dans la cohue ; mais sous les coups de boutoir, nos vertèbres commencent à encaisser. Une situation qui nous force à battre en retraite. Or, vu la hauteur du podium et l’affluence (NDR : c’est sold out, donc il doit y avoir 600 spectateurs), on ne voit plus rien. On entend, c’est chouette, mais le concert n’a plus la même saveur. Il y a bien eu un rappel et puis, on a vu deux fans ressortir avec la guitare que Ty leur avait offerte. Sympa. Sauf pour les conditions du spectacle. A revoir dans d’autres circonstances…

Autumn Falls

Mountain Bike + Night Beats + White Fence + Ty Segall

(Organisation Vk* + Toutpartout + Heartbreaktunes)

Voir aussi notre section photos ici

White Fence

De l’autre côté de la barrière blanche…

Écrit par

Soirée garage ce 4 décembre 2013 au Vk* de Bruxelles, puisque se produisent, dans le cadre de l’Autumn Falls, Mountain Bike, Night Beats, White Fence et Ty Segall. Sachant que les hostilités commencent à 19h45, Ludo et votre serviteur décident de prendre la route suffisamment tôt. Pas de souci, on débarque à Molenbeek, vers 19h20. Mais fâcheux contretemps, trouver une place de parking est une véritable galère. Après avoir sillonné les artères en long et en large, on déniche finalement un emplacement, chaussée de Mons. Un peu de marche, et il est 20h10, quand on pénètre au sein du Vaartkapoen…

Malheureusement, vu l’heure d’arrivée, on n’a pu assister au concert de la formation belge Mountain Bike. Alors place à Night Beats. Un trio établi à Seattle qui a publié son deuxième elpee cette année, « Sonic Bloom ». Référence à Sonic Boom, pseudo de Peter Kember, le cofondateur de Spacemen 3 ? Probablement. Mais dans les grandes lignes, car si le band puise son inspiration dans le psyché garage, il lorgne surtout vers The 13th Floor Elevators. Encore que les sonorités de guitare me font parfois penser au groupe insulaire Gun, un combo qui avait gravé un hit en 1968, « Race with the devil ». Les trois musicos portent des cheveux longs comme à cette époque. Et fatalement, leur musique trempe dans le revivalisme de cet acabit. Les moments les plus mélodiques sont vraiment bien ficelés et la basse peut se révéler hypnotique. Le drummer frappe comme un malade ; si bien que régulièrement un roadie doit venir remettre son matos en place, parce qu’il se disloque. Malheureusement, les envolées acides manquent quand même de fil conducteur et on se demande parfois où elles veulent nous conduire. Paraît que sur disque, le trio offre un visage plus séduisant. Bref, s’il a manifestement du potentiel, il doit encore bosser pour vraiment s’imposer dans le circuit.

White Fence, c’est le projet de Tim Presley. On raconte qu’il serait issu de la famille du King. C’est à vérifier. Une chose est sûre, il est aussi prolifique que Ty Segall. Les deux artistes sont d’ailleurs très amis et ont enregistré ensemble un album, « Hair », l’an dernier. Depuis 2010, il a d’ailleurs publié six elpees, sans compter les Eps et les collaborations diverses. Sur les planches, il est soutenu par un bassiste coiffé d’une casquette de marin, d’un drummer et d’un second gratteur qui caresse une douze cordes à manche scié le plus souvent à l’aide d’un bottleneck ; il est, en outre, également préposé aux bidouillage électroniques. Un peu timoré, malgré des paillettes autour des yeux, il communique l’aspect space rock aux compos. Tim arbore un coupe de cheveux plutôt mod. Il porte un pull blanc torsadé et tient sa guitare très haute sur la poitrine. Honnêtement, je dois avouer avoir éprouvé des difficultés à entrer dans leur set. D’abord la voix de Presley n’est pas assez mise en valeur à mon goût, et puis il y a ces brisures constantes dans le rythme qui ne facilitent pas l’accroche. Pourtant, après 20 bonnes minutes, je perçois le fil conducteur. Enfin s’il y en a un. En fait, le franc tombe. Le spectre du Velvet Underground apparaît. Et tout se clarifie. La barrière blanche tombe alors, si vous préférez. Mais si les mélodies sont bien présentes, elles éclosent entre les envolées expérimentales. Manifestement, White Fence est un groupe underground, et pour apprécier sa musique en ‘live’, il est indispensable d’en écouter d’abord ses disques…

Lors du concert conjugué de Kurt Vile et de Scout Niblett, on m’avait mis la puce à l’oreille. Ty Segall et ses acolytes se produiraient assis. Et lors de l’installation du matos, cette rumeur se confirme. Un drummer s’installe de profil, à droite. Son kit de batterie est minimal : une caisse claire, un tom basse et une cymbale. A gauche, se plante un bassiste. Et au milieu Ty Segall et Sean Presley (NDR : le frère de l’autre ?) aux grattes acoustiques électrifiées. Ces deux musicos chantent et ce dernier se met parfois à siffloter. Quand ils conjuguent leurs voix en harmonie, il faut avouer qu’il y a de quoi tomber sous le charme. Curieux de se produire sous cette configuration, car les compos ont la pêche. La première partie du concert privilégie les titres du dernier opus, « Sleeper ». Segall court même prendre la place du batteur pour « The man man ». Souriant, Ty a un physique qui me fait penser à celui de Kurt Cobain. En plus enveloppé. Il secoue régulièrement sa tignasse en grattant son instrument. Les deux sixcordistes y sont impressionnants de maîtrise. Leur manière d’électrifier leurs cordes acoustiques à l’aide des pédales est absolument épatante. Et le quatuor finit par libérer un groove dévastateur. Simplement, Ludo, notre photographe et votre serviteur sont collés contre l’estrade. Or les mouvements de foule commencent à s’amplifier. Les gobelets de bière à voltiger. Le crowdsurfing s’invite aux réjouissances, mais surtout les bousculades débridées. Ca pogote sec, certains spectateurs manquent d’être piétinés dans la cohue ; mais sous les coups de boutoir, nos vertèbres commencent à encaisser. Une situation qui nous force à battre en retraite. Or, vu la hauteur du podium et l’affluence (NDR : c’est sold out, donc il doit y avoir 600 spectateurs), on ne voit plus rien. On entend, c’est chouette, mais le concert n’a plus la même saveur. Il y a bien eu un rappel et puis, on a vu deux fans ressortir avec la guitare que Ty leur avait offerte. Sympa. Sauf pour les conditions du spectacle. A revoir dans d’autres circonstances…

Autumn Falls

Mountain Bike + Night Beats + White Fence + Ty Segall

(Organisation Vk* + Toutpartout + Heartbreaktunes)

Voir aussi notre section photos ici

 

Naked (In A Sphere)

Périple visionnaire au cœur de la terre des glaces…

Écrit par

Plus ou moins un an après la sortie de son premier album, « Dyro í dauoapögn », Ásgeir nous rendait visite au Botanique. Prévu initialement au Witloof Bar, les organisateurs ont certainement été surpris par la rapidité de ventes des places ; à tel point qu’ils ont dû déménager le spectacle à la Rotonde. Même l’Orangerie n’aurait sans doute pas été assez spacieuse pour accueillir le nombre de demandes. Personnellement, je n’avais jamais vu la Rotonde bondée à ce point. Il faut croire que les organisateurs avaient surévalué le nombre de tickets disponibles !

La tâche ingrate de la première partie était, ce soir, dévolue à la Norvégienne Karian Jahnsen, alias Farao. Avant de me déplacer, j’avais écouté furtivement le premier album de la Scandinave et pour une fois, son electro-folk paraissait valoir le coup. C’est donc plein d’espoir que je suis entré dans la Rotonde. Malheureusement, j’ai vite déchanté. Plantée au milieu de l’estrade et armée d’une guitare, elle est uniquement soutenue par une claviériste, par ailleurs choriste. Malgré une voix douce et harmonieuse et des lyrics certainement dignes d’intérêt, la jeune artiste ne parvient pas à donner du relief à ses compos ; si bien qu’au bout de deux, voire trois titres, on décroche. Entièrement consciente des limites de la formule duo, Farao annonce qu’elle partira bientôt en tournée, accompagnée d’un véritable groupe. On n’attend donc plus que son nouveau projet prenne forme…

Durant l’intermède, (presque) personne ne quitte la salle de peur de perdre les quelques centimètres conquis de haute lutte. À 21h, les lumières s’éteignent et un chant traditionnel islandais retenti. Le band monte ensuite sur scène. Apparemment, la barbe est de mise ; et on attribuera une mention spéciale au batteur. Ásgeir Trausti Einarsson (NDR : c’est son véritable nom !) s’installe au centre du podium, debout, derrière ses claviers. Il est entouré par deux autres barbus, également préposés aux claviers, et par un guitariste, imberbe ce dernier. Ásgeir entame son concert par quelques morceaux trempés dans l’électro-folk, des titres empreints de douceur contemplative, comme seuls les musiciens originaires d’Islande sont capables d’en pondre ; à l’instar de Sigur Rós, d’Olafur Arnalds ou encore de Mùm. Paisible, sa voix évoque Justin Vernon voire James Blake. Il interprète la quasi-intégralité du répertoire dans sa langue natale, malgré l’existence de versions anglaises qui circulent depuis que John Grant en a opéré la traduction. Evidemment, peu de mélomanes sont capables de l’accompagner au chant. Ils se comptent même sur les doigts d’une main. Sa facilité à monter dans le registre des aigus est impressionnante. Sous son bonnet, le songwriter semble timide. Entre chaque morceau, il se contente de saluer et de remercier l’auditoire. Le groupe nous réserve encore quelques compos sculptées dans un folk-rock plus classique, débarrassées de toute trace d’électronique. Ce n’est qu’à partir de la seconde moitié de set qu’Ásgeir passe à la vitesse supérieure en attaquant des morceaux plus captivants, construits en crescendo. De quoi faire frissonner la foule. Ásgeir a confirmé tout le bien que l’on pouvait penser de lui. Subtil, mélancolique et bouleversant, son set nous a permis de vivre un périple visionnaire au cœur de la terre des glaces… 

(Organisation Botanique)

 

 

Kurt Vile

Ne pas perdre les pédales…

Écrit par

La prévente relative à la double affiche réunissant Scout Niblett ainsi que de Kurt Vile & The Violators n’ayant pas obtenu le succès escompté, le spectacle a dû déménager à l’Orangerie du Botanique. Bref, il était donc logique que la salle soit bien garnie pour accueillir ces artistes.

Originaire de Nottingham, Scout Niblett est depuis peu quadragénaire. Elle s’est installée au States en 2003 et s’est fixée à Portland, dans l’Oregon, deux ans plus tard. C’est d’ailleurs au début de ce millénaire qu’elle a véritablement entamé sa carrière. Responsable de 6 albums à ce jour, son dernier « It's Up to Emma » est sorti en mai dernier. Au cours des dernières années, elle beaucoup bossé en compagnie de feu Jason Molina, Bonnie ‘Prince’ Billy et Steve Albini, ce dernier comme producteur. C’est aussi une passionnée d'alchimie et d'astrologie. C’est d’ailleurs un des thèmes de ses lyrics. A ses débuts, elle pratiquait une forme de blues indé, avant de glisser progressivement vers un post punk minimaliste.

Kurt Vile est étasunien. Et il nous vient très exactement de Philadelphie, en Pennsylvanie. Avant d’embrasser une carrière individuelle, il militait chez War on Drugs, formation qu’il a quittée en 2005, cédant alors le relais du leadership à Adam Granduciel. Vile en solo, ce n’est pas tout à fait vrai, puisqu’il est soutenu par un backing group qu’il a baptisé The Violators, en 2009. Et jusqu’au pénultième elpee, Granduciel était encore de la partie. A la guitare, mais parfois aussi à la production. Paru cette année, « Wakin on a Pretty Daze » constituera certainement un des albums de l’année. On était donc curieux d’assister à sa transposition en ‘live’…

Il est 20 heures pile, quand Scout Niblett monte sur l’estrade. Seule. Juste armée de sa guitare. Et on peut affirmer qu’elle est curieusement fagotée. Elle dépose son sac à dos à ses pieds. Des grands pieds, puisqu’elle doit chausser du 47 fillette. Mais ses chaussures sont trouées, il faut le préciser. Elle a enfilé des chaussettes de laine rouge jusqu’au genoux. Et puis a revêtu une robe qui doit sortir de la garde-robe de son arrière arrière grand-mère. Elle a cependant un joli minois. Pas très souriante, quand même, elle a piqué une fleur rouge, dans ses cheveux, au-dessus de son oreille droite. A partir du second morceau, elle est rejointe par un drummer. Excellent, mais aux interventions à la fois parcimonieuses et percutantes. Puis du troisième titre, par un guitariste, tout aussi discret, mais dont les petites touches nuancent judicieusement les compos. En fin de parcours, il va prendre de plus en plus de place, notamment sur les morceaux les plus musclés. A la limite du grunge. Pas pour rien qu’elle cite Nirvana, Sonic Youth et Mudhoney, parmi ses influences majeures. Pourtant, tout au long de son set, je n’ai pas cessé de penser à PJ Harvey. Et en particulier à l’époque de « To Bring You My Love ». A cause de cette tension constante, qui va aller crescendo. Et puis de son style dépouillé, sauvage, viscéral, la voix campant plutôt un hybride entre Cat Power et Kim Deal, malgré des intonations parfois terriblement violentes. A l’instar de « Gun », morceau au cours duquel on a l’impression qu’elle est prête à se procurer un fusil pour régler ses comptes. Ses hurlements font même froid dans le dos. Probablement le résultat de problèmes de couple. Franchement, à la place de son mec, je m’exile au fin fond de l’Amazonie… Et pour accentuer cette impression, les coups de drums claquent comme de véritables balles. Meurtrières, implacables. Avant d’entamer le dernier titre, Emma Scott esquisse un léger sourire. Nous avoue être malade depuis quelques jours (NDR : elle a probablement chopé une bronchite), puis reprend son sac à dos et tire sa révérence. N’empêche on a vécu un excellent concert…

21h30, les lumières s’éteignent et les haut-parleurs diffusent un titre des Happy Mondays. Puis, Kurt Vile et ses Violators prennent possession de la scène. Kurt et son guitariste rythmique arborent une chevelure impressionnante, celle du drummer et du bassiste s’arrêtant au-dessus des épaules. Kurt change de gratte à chaque morceau. Et manifestement aux six cordes acoustiques, il est particulièrement habile. En se servant d’un tapis de pédales, il dissémine des sonorités élégantes, psychédéliques, en picking, torturées ou encore scintillantes. Il est même capable de dispenser des accords en ‘barré’ à l’aide de son pouce, comme Jimi Hendrix. Impressionnant ! Il tâte aussi de la gratte électrique ; mais il me semble bien moins à l’aise. Si bien qu’au début d’un morceau, il lâche son manche, empoigne le micro pour chanter, puis ne sait plus où il en est, regarde ses pédales et interrompt la chanson. Il récidive et se plante une seconde fois sur le même titre. Finalement, il en revient à une guitare acoustique et rétablit la situation. En fin de set, il reprendra la gratte électrique, mais sans se servir de ses pédales, preuve s’il en est que l’artiste est bien plus à l’aise armé d’une acoustique électrifiée, voire d’un dobro. En milieu de parcours, il va même nous réserver deux titres ‘unplugged’, « Peeping tomboy » et « Feel my pain ». Remarquable ! Vocalement, Kurt a un peu trop tendance à laisser traîner la voix ou alors à la tremper dans la reverb. Pourtant son timbre est aussi chaleureux et profond que celui de Lloyd Cole. C’est tout à fait flagrant sur disque, mais pourquoi ne profite-t-il pas de cet atout majeur sur les planches ? La question mérite d’être posée. Au fil du show, le second guitariste et le bassiste s’échangent leurs instruments, ce dernier en profitant alors d’injecter davantage de vibrato dans les sonorités électriques. C’est également lui qui circonstanciellement se sert de la boîte à rythmes. Il imprime ainsi un tempo de rumba à l’excellent, long et atmosphérique « Goldtone ». Hormis « Freeway », le band va puiser son répertoire au sein de ses trois derniers albums, l’entamant par le titre maître du dernier long playing, « Walkin on pretty day », et l’achevant, lors du rappel par celui du « Smoke ring for my halo ». Un bon concert, parsemé de quelques titres psychédéliques, hypnotiques, planants, de la meilleure veine, dont le sens mélodique des compos m’a parfois rappelé Robyn Hitchcock, mais pas aussi parfait que nous ne l’espérions…

(Organisation Toutpartout + Botanique)

Voir aussi notre section photos ici

 

Scout Niblett

Règlement de compte à OK Corral !

Écrit par

La prévente relative à la double affiche réunissant Scout Niblett ainsi que de Kurt Vile & The Violators n’ayant pas obtenu le succès escompté, le spectacle a dû déménager à l’Orangerie du Botanique. Bref, il était donc logique que la salle soit bien garnie pour accueillir ces artistes.

Originaire de Nottingham, Scout Niblett est depuis peu quadragénaire. Elle s’est installée au States en 2003 et s’est fixée à Portland, dans l’Oregon, deux ans plus tard. C’est d’ailleurs au début de ce millénaire qu’elle a véritablement entamé sa carrière. Responsable de 6 albums à ce jour, son dernier « It's Up to Emma » est sorti en mai dernier. Au cours des dernières années, elle beaucoup bossé en compagnie de feu Jason Molina, Bonnie ‘Prince’ Billy et Steve Albini, ce dernier comme producteur. C’est aussi une passionnée d'alchimie et d'astrologie. C’est d’ailleurs un des thèmes de ses lyrics. A ses débuts, elle pratiquait une forme de blues indé, avant de glisser progressivement vers un post punk minimaliste. 

Kurt Vile est étasunien. Et il nous vient très exactement de Philadelphie, en Pennsylvanie. Avant d’embrasser une carrière individuelle, il militait chez War on Drugs, formation qu’il a quittée en 2005, cédant alors le relais du leadership à Adam Granduciel. Vile en solo, ce n’est pas tout à fait vrai, puisqu’il est soutenu par un backing group qu’il a baptisé The Violators, en 2009. Et jusqu’au pénultième elpee, Granduciel était encore de la partie. A la guitare, mais parfois aussi à la production. Paru cette année, « Wakin on a Pretty Daze » constituera certainement un des albums de l’année. On était donc curieux d’assister à sa transposition en ‘live’…

Il est 20 heures pile, quand Scout Niblett monte sur l’estrade. Seule. Juste armée de sa guitare. Et on peut affirmer qu’elle est curieusement fagotée. Elle dépose son sac à dos à ses pieds. Des grands pieds, puisqu’elle doit chausser du 47 fillette. Mais ses chaussures sont trouées, il faut le préciser. Elle a enfilé des chaussettes de laine rouge jusqu’au genoux. Et puis a revêtu une robe qui doit sortir de la garde-robe de son arrière arrière grand-mère. Elle a cependant un joli minois. Pas très souriante, quand même, elle a piqué une fleur rouge, dans ses cheveux, au-dessus de son oreille droite. A partir du second morceau, elle est rejointe par un drummer. Excellent, mais aux interventions à la fois parcimonieuses et percutantes. Puis du troisième titre, par un guitariste, tout aussi discret, mais dont les petites touches nuancent judicieusement les compos. En fin de parcours, il va prendre de plus en plus de place, notamment sur les morceaux les plus musclés. A la limite du grunge. Pas pour rien qu’elle cite Nirvana, Sonic Youth et Mudhoney, parmi ses influences majeures. Pourtant, tout au long de son set, je n’ai pas cessé de penser à PJ Harvey. Et en particulier à l’époque de « To Bring You My Love ». A cause de cette tension constante, qui va aller crescendo. Et puis de son style dépouillé, sauvage, viscéral, la voix campant plutôt un hybride entre Cat Power et Kim Deal, malgré des intonations parfois terriblement violentes. A l’instar de « Gun », morceau au cours duquel on a l’impression qu’elle est prête à se procurer un fusil pour régler ses comptes. Ses hurlements font même froid dans le dos. Probablement le résultat de problèmes de couple. Franchement, à la place de son mec, je m’exile au fin fond de l’Amazonie… Et pour accentuer cette impression, les coups de drums claquent comme de véritables balles. Meurtrières, implacables. Avant d’entamer le dernier titre, Emma Scott esquisse un léger sourire. Nous avoue être malade depuis quelques jours (NDR : elle a probablement chopé une bronchite), puis reprend son sac à dos et tire sa révérence. N’empêche on a vécu un excellent concert…

21h30, les lumières s’éteignent et les haut-parleurs diffusent un titre des Happy Mondays. Puis, Kurt Vile et ses Violators prennent possession de la scène. Kurt et son guitariste rythmique arborent une chevelure impressionnante, celle du drummer et du bassiste s’arrêtant au-dessus des épaules. Kurt change de gratte à chaque morceau. Et manifestement aux six cordes acoustiques, il est particulièrement habile. En se servant d’un tapis de pédales, il dissémine des sonorités élégantes, psychédéliques, en picking, torturées ou encore scintillantes. Il est même capable de dispenser des accords en ‘barré’ à l’aide de son pouce, comme Jimi Hendrix. Impressionnant ! Il tâte aussi de la gratte électrique ; mais il me semble bien moins à l’aise. Si bien qu’au début d’un morceau, il lâche son manche, empoigne le micro pour chanter, puis ne sait plus où il en est, regarde ses pédales et interrompt la chanson. Il récidive et se plante une seconde fois sur le même titre. Finalement, il en revient à une guitare acoustique et rétablit la situation. En fin de set, il reprendra la gratte électrique, mais sans se servir de ses pédales, preuve s’il en est que l’artiste est bien plus à l’aise armé d’une acoustique électrifiée, voire d’un dobro. En milieu de parcours, il va même nous réserver deux titres ‘unplugged’, « Peeping tomboy » et « Feel my pain ». Remarquable ! Vocalement, Kurt a un peu trop tendance à laisser traîner la voix ou alors à la tremper dans la reverb. Pourtant son timbre est aussi chaleureux et profond que celui de Lloyd Cole. C’est tout à fait flagrant sur disque, mais pourquoi ne profite-t-il pas de cet atout majeur sur les planches ? La question mérite d’être posée. Au fil du show, le second guitariste et le bassiste s’échangent leurs instruments, ce dernier en profitant alors d’injecter davantage de vibrato dans les sonorités électriques. C’est également lui qui circonstanciellement se sert de la boîte à rythmes. Il imprime ainsi un tempo de rumba à l’excellent, long et atmosphérique « Goldtone ». Hormis « Freeway », le band va puiser son répertoire au sein de ses trois derniers albums, l’entamant par le titre maître du dernier long playing, « Walkin on pretty day », et l’achevant, lors du rappel par celui du « Smoke ring for my halo ». Un bon concert, parsemé de quelques titres psychédéliques, hypnotiques, planants, de la meilleure veine, dont le sens mélodique des compos m’a parfois rappelé Robyn Hitchcock, mais pas aussi parfait que nous ne l’espérions…

(Organisation Toutpartout + Botanique)

Voir aussi notre section photos ici

 

William Fitzsimmons

The Lion Sleeps Tonight

Écrit par

A l’aube de la sortie de « Lions », son cinquième LP studio, le sympathique barbu dépressif issu de Pennsylvanie a pris le temps de se réserver un petit détour par la Belgique, qu’il avait déjà visitée à trois reprises en 2011. Deux ans plus tard, il revient sur les planches d’un Witloof Bar aussi complet que lors de son premier passage, sur cette même scène.

Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’y a pas grand-chose de neuf sous le ciel neurasthénique de William Fitzsimmons. Armé de ses guitares sèches pour un concert acoustique, le singer/songwriter avale un prozac et entame son set dès 21h par un extrait de « Gold In The Shadows » avant d’annoncer que la majorité du set privilégiera « Lions », son nouvel opus à paraître au mois de février prochain. Le Witloof est plein et tout ouïe. Mais lorsqu’on assiste à l’un de ses récitals pour la troisième fois en deux ans, on ne peut s’empêcher d’avoir la désagréable sensation de se taper une rediff’. Fitzsimmons fait du Fitzsimmons.

Loin d’être pénible pour autant, l’homme sait comment capter l’attention de son public à coups de plaisanteries, comme lorsqu’il prétend, non sans une pointe d’humour, avoir laissé sa fille adoptive de 2 ans seule à la maison avec pour tout moyen de subsistance, un grand bol de céréales et un couteau pour se défendre. Du coup, les petites blagues de l’homme à l’allure de fermier de l’Arkansas font beaucoup plus mouche que ses nouvelles compos qui, à priori, n’apportent rien de neuf à sa discographie. Et sont parfois même soporifiques. Peut-être l’effet ‘acoustique’ ?

Niveau capital sympathie, William Fitzsimmons a encore tout gagné. Musicalement, il faudra attendre la sortie de « Lions » et de ses arrangements studio pour se prononcer sur la qualité des nouveaux morceaux qui, dans leur mouture acoustique, paraissent donc bien trop similaires à ses travaux antérieurs…

(Org : Bota)

Voir aussi notre section photos ici

 

Disappears

Un final propice à la transe…

Écrit par

Le Magasin 4 accueillait ce dimanche 1er décembre, une double affiche assez alléchante et personnellement attendue depuis la rentrée. Une affiche caractérisée par son éclectisme, puisqu’elle confirmait la présence d’un des groupes les plus passionnants du moment au sein du paysage garage/psyché indé et celle d’un trio belge capable de fusionner les influences electro, cold mais aussi noise voire même stoner.

Et c'est par ces derniers que la soirée commence, puisqu'ils sont les premiers à entrer en scène (NDR : mais n'y voyez aucune référence biblique!) On remarque immédiatement que le volume sonore est plutôt généreux. Trop en vérité. Difficile de plonger directement dans un tel bain de décibels, d'autant que les problèmes de son ne se limitent pas à ce niveau excessif. La batterie semble détachée des autres instruments alors que la voix sature dans les aigus, particulièrement quand le chant est crié ; ce qui arrive bizarrement assez souvent. Bizarrement en tout cas pour qui connaît un peu Organic. Peut-être est-ce une tentative d'‘aller chercher le public’ de la part du chanteur? Toujours est-il que cette situation a provoqué chez votre serviteur, l'effet inverse, soit une prise de recul et une écoute plus distraite... Dommage, car dans d'autres conditions la formation s'est déjà montrée bien plus convaincante. Que ce soit dans un plus petit club ou en studio comme en témoigne leur album "Under Your Carbon Constellation" qui contourne les clichés du genre et compte parmi les réussites de 2012 sur la scène belge. A revoir donc.

Place ensuite à Disappears, quatuor chicagolais au sein duquel a milité Steve Shelley (le batteur de feu Sonic Youth), un combo qui extrait, d'une substance garage indie, des mantras bruitistes et hypnotiques des plus tripants. Le chanteur/guitariste a la mine du type qu'on vient de réveiller il y a 5 min pour lui rappeler que son concert va démarrer : yeux mi-clos, cheveux en pétard et lippe en avant. Une nonchalance sympathique (ou peut-être une vraie fatigue de tournée) qui lui sied plutôt bien et ne semble pas diminuer l'intensité de la performance. En effet si le début du set est à nouveau quelque peu gâché par les problèmes techniques (basse trop absente et accordage approximatif) rencontrés sur les 2 ou 3 premiers morceaux, le reste se passe sous les meilleurs auspices. Le répertoire est essentiellement constitué de la quasi-totalité de l'excellent dernier opus "Era" ainsi que de nombreux extraits du précédent "Pre Language". Quelques exemples? "Replicate", caractérisé par son groove sec et mécanique, "All Gone White" qui serpente insidieusement ou bien encore "Joa" et sa rythmique très 60's. Mais s'il fallait épingler un moment bien particulier de cette prestation live, ce serait certainement "Elite Typical". Propice à la transe, cette compo est dynamisée par des rythmes tribaux ; un morceau de post-punk qui se fond dans des nappes de guitares étirées à souhait façon space-rock. Envoûtant!

Et c'est peu dire que nous étions encore sous le charme quand s’est terminé leur concert trop court (forcément...) après un rappel consacré à un extrait d’une de leurs œuvres plus ancienne. Mais bon l'heure c'est l'heure! Les voisins tatillons ne le savent que trop bien...

(Organisation Magasin 4)

 

Page 76 sur 133