La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

logo_musiczine

Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Editors
garbage_olt_rivierenhof_0...
Concerts

Sebastien Tellier

Le monde en bleu…

Écrit par

Sébastien Tellier est un drôle de personnage. Une sorte de gourou qui refuse qu’on le considère comme tel. En fait, il a recours au second degré pour créer du rêve. Un rêve susceptible de nous entraîner dans un monde meilleur… Peut-être peint en bleu. Il nous aime. Et nous aussi on l’aime! Pendant plus de deux heures, ‘Maman’ nous va nous bercer dans l’abîme bleu de son répertoire électro ‘old school’. Il comble ainsi ses fidèles réunis pour une ultime bénignité au Cirque Royal, ce lundi 27 novembre…

Owlle assure le supporting act. Un set inévitable, plutôt moyen, mais nécessaire. Pas vraiment novateur, non plus. Imaginez Florence and The Machine récupérée par la ‘french touch’ ! Une prestation très propre, irréprochable, mais sans surprise ni audace. Néanmoins, la formation a fort bien réussi la délicate mission de chauffer l’atmosphère. Cadencée, l’électro-pop de la lauréate du tremplin ‘Rock En Seine 2012’ est même parvenue à inciter une parie du public à se trémousser, et même à se dandiner langoureusement sur son titre-phare, « Ticky ticky ». Ensuite c’est l’attente…

Le moment qu’on aime le moins ; car l’ambiance créée par la première partie retombe et le ballet des roadies nous impatiente. Pendant ce temps on se demande pourquoi il est si difficile de trouver des ‘pepitos’ en Belgique. Et puis c’est n’importe quoi cette histoire de ‘pepitos bleus’ ; mais c’est si bon…

Sébastien Tellier a construit un mouvement sur des falaises de biscuits : les fameux Pepitos. Autoproclamé ‘Maman’ par tous les membres de l’Alliance bleue, il propage ainsi ses ineptes mélopées, tout au long de sa nouvelle galette.

21 heures. Les deux musicos qui accompagnent Tellier montent sur l’estrade et entament l’intro de « Pepito bleu ». Kitsch, le décor nous plonge immédiatement dans l’ambiance. Des buissons en plexi se dressent sur le podium. Des lumières bleues inondent un escalier de cabaret sur lequel apparaît finalement Sébastien, tel un Christ rédempteur. Le Cirque Royal se transforme dès lors en sanctuaire prêt à accueillir toute la spiritualité de ce dernier album.

‘Ce soir ici à Bruxelles, nous célébrons ensemble notre amour de l’alliance bleue.’

Sur ces mots, ‘Maman’ sangle sa Gibson bleue électrique et plaque les premiers accords du second titre : « Against the Law ».

‘Coiffeur pour lui, pour elle. Coiffeur pour lui. C’est quoi cette histoire de coiffeur ? C’est n’importe quoi. Oui, mais c’est beau!’

Pas de doute on nage en pleine ‘Absurdie’, et ce n’est que le début.

‘C’est le moment de danser et de s’amuser, merci’.

Sébastien embraie alors par « Cochon ville » et invite le public à se dénuder sur l’estrade du Cirque Royal.

‘Alors vous n’êtes pas assez bourrés à Bruxelles, pourtant vous avez une sacrée réputation !’

Le concert est lancé. Le rythme funky. Le sanctuaire se transforme en dance-floor au grand dam de la sécurité. Les disciples les plus hystériques dansent sur la scène, mais pas en simple appareil, comme souhaité… malheureusement. On ne verra que quelques torses nus et des couples qui s’emballent ! 

Après avoir serré la main aux plus téméraires d’entre eux, il décrète : ‘Le concert est fini. Vu le prix des places c’est normal !’ Puis ajoute, ‘Je demande une clope et une vodka.’

 Un roadie vient lui allumer une bonne vielle cigarette et le ravitaille en boisson. ‘Maman’ s’arrête sur la dernière marche de l’escalier et entame le magistral « Russian Attractions », sa vodka à la main ! What else!

Un quidam de la salle a même la chance de se faire baptiser. Remonté au sommet de son escalier, ‘Maman’ pose sa main sur la tête innocente de l’inconnu, pendant qu’un son lourd et vibrant tout droit sorti d’un film de Carpenter retentit. Enorme !

C’est assis devant son piano qu’il nous interprète « Roche ». Il se permet même une petit pause après le fameux ‘amoureuse de Sébastien’, profitant de l’acclamation du public pour nous remercier, le sourire aux lèvres.

Il termine la première partie de son set par une version plus longue, plus rythmée de sa « Ritournelle ». Manifestement le meilleur titre du spectacle.

Le premier rappel nous entraîne dans la quatrième dimension. Tellier y interprète la « Dolce Vita ». C’est un grand fan de Christophe et il lui rend hommage.

Il nous accorde même un deuxième rappel. Ses discours amusent la galerie. Il joue un peu de Metallica, un peu de Garou !! Le trio se transforme en jukebox. On lui demande. Il s’exécute.

Manifestement, il n’a pas envie de s’éclipser. Il est heureux et ça se ressent. Et effectivement, il est conscient de vivre un concert d’exception. Une partie de la salle se vide pourtant à ce moment ; sans doute les spectateurs non-initiés qui estiment cette partie du show un peu trop loufoque…

‘Depuis toujours, je suis partisan du moindre effort.’

Et pourtant, il n’a pas lésiné sur la sueur et s’est montré d’une grande générosité, pour nous offrir ce moment privilégié…

Sébastien n’est pas un compositeur de génie, mais c’est un interprète génial qui assume le rôle imaginé pour chacun de ses albums. En perpétuelle évolution, ce type d’artiste est souvent incompris et dénigré, parfois à tort ou à raison.

‘Célèbre le bleu prophétique, c’est de lui que naîtra ta joie impérieuse. Par toi l’alliance bleue se diffusera sur la terre et règnera sur la bonté de ton cœur… Suis-moi, rejoins l’alliance.’

Faites comme nous, chers lecteurs, rejoignez l’alliance bleue…

(Organisation : Botanique)

Set-list :

Pépito Bleu
Against the Law
My Poseidon
Cochon Ville
Fingers of Steel
Russian Attraction
Kilometer

Rush
Divine
Sexual Sportswear
La Ritournelle

Encore

L’amour et la Violence
Yes it’s Possible

(Voir aussi notre section photos ici)

 

Two Door Cinema Club

Un cadeau de Noël avant la St Nicolas…

Écrit par

Il a donc fallu attendre cinq longues années avant que je puisse enfin assister à un concert de Two Door Cinema Club. Certes le trio nord-irlandais s’est produit à maintes reprises, dans notre plat pays ; mais un concours de circonstances m’a toujours empêché d’y assister. Qu’à cela ne tienne, lundi il était présent au Botanique à Bruxelles, et votre serviteur également…

Cette date bruxelloise coïncidait avec la fin de la (première partie de la) tournée européenne du groupe ; ce qui laissait planer un doute sur la forme du combo. N’était-elle pas trop fatiguée par quatorze concerts dispensés en dix-neuf jours sur le Vieux continent ? Il faut avouer que depuis la sortie, en septembre dernier, du très bon second album (« Beacon »), les Britanniques n’ont cessé de trimballer leur bonne humeur aux quatre coins du globe, justifiant les louanges colportées par la presse spécialisée.

J’aurais aimé voir et écouter la première partie, assurée par Kowalski ; mais une horde d’agriculteurs en colère, luttant pour la cause laitière, en a décidé autrement. Je me contente donc des dernières notes d’un synthé doucement envoûtant, s’évaporant à tout jamais dans l’air humide d’une Orangerie déjà à moitié pleine, vers 20h30.

C’est donc méfiant, que je regarde la tête d’affiche de la soirée, monter sur les planches. Méfiance vis-à-vis de leur réelle qualité scénique, méfiance vis-à-vis de leur état de fatigue et surtout, méfiance à propos de cette mystification que je me suis fabriquée durant ces cinq dernières années. Je ne pouvais être déçu. Pas ce soir. Et surtout pas par eux !

Il n’a fallu que quatre minutes pour dissiper toutes mes appréhensions. « Sleep Alone » déferle langoureusement dans les tympans d’un auditoire déjà rallié à la cause du combo.

Alea Jacta Est…

La déferlante Two Door Cinema Club déboule et elle ne s’arrêtera qu’une heure vingt plus tard, dans la sueur et la bonne humeur.

Il n’aurait pu en être autrement, tant la formation maitrise à merveille son sujet, une justesse scénique rarement égalée, agrémentée de tubes tous plus réussis les uns que les autres (« Do You Want It All ? » et « I Can Talk » pour ne citer qu’eux).

De plus, la capitale a offert à T.D.C.C. un public tout sourire monté sur ressort, ivre de bonheur et agité de spasmes d’excitation à la manière d’un petit enfant découvrant la myriade de cadeaux que le Père Noël a déposé sous le sapin. Oui, en quelque sorte, c’était un peu Noël avant l’heure dans l’Orangerie, une fête chaleureuse où tout un chacun dans l’assistance a retrouvé son âme d’enfant le temps d’un concert, les yeux pétillants et un sourire bienheureux flanqués sur l’ensemble des visages.

Une ode à la joie gracieusement orgasmique.

Setlist

1.         Sleep Alone
2.         Undercover Martyn
3.         Do You Want it All ?
4.         This Is The Life
5.         Wake Up
6.         You’re Not Stubborn
7.         Sun
8.         Pyramid
9.         I Can Talk
10.       Costume Party
11.       The World Is Watching
12.       Next Year
13.       Something Good Can Work
14.       Handshake
15.       Eat That Up, It’s Good For You

Encore

16.       Someday
17.       Come Back Home
18.       What You Know

(Organisation Botanique)

Voir aussi notre section photos ici

 

Anathema

Superbe, mais bien trop court…

Double affiche, ce soir, à l'Ancienne Belgique, puisque deux fers de lance du métal à tendance progressive vont s’y produire. Anathema et Opeth partagent des parcours comparables, puisqu’à l’origine, ils pratiquaient un Death Metal caractérisé par des vocaux gutturaux et des ambiances apocalyptiques. Au fil du temps, ils ont évolué vers un style plus complexe, inspiré, entre autres, par le prog rock. Autre point commun : le ‘Roi Wilson’ (Steven Wilson), le cerveau de Porcupine Tree, a produit les deux ensembles. Il a ainsi eu un rôle majeur dans leur évolution musicale.

Anathema ouvre les hostilités. Il va nous accorder un set superbe mais bien trop court, puisque limité à 35 minutes ! Il faudra un jour trouver une solution pour annuler ce stupide couvre-feu imposé à 22h30, qui pourrit la vie de nombreux organisateurs de spectacles, dans le centre ville !

La formation liverpuldienne monte sur l’estrade dès 19h30. Elle est emmenée par les frangins Cavanagh ; en l’occurrence Vincent (vocaux, guitare) et Daniel (vocaux, lead guitar). Leur frère Jamie (basse), John Douglas (batterie), Daniel Cardoso (claviers) et la jolie Lee Douglas aux backing vocals complétant le line up. « Deep », issu de « Judgement » (1999) et « Thin Air », de « We're Here Because We're Here » (2010), mettent d'emblée la barre très haut. Chez Anathema, les superbes riffs dispensés à la ‘six cordes’, par Daniel, sont suivis par des lignes de chant aériennes, déposées sur des nappes de synthés ou de violons, qui s'entrelacent en parfaire harmonie. L'ensemble évolue ensuite en crescendo pour atteindre un paroxysme au cours duquel grattes et percussions éclatent, avant d’atterrir dans le calme et la sérénité.

Le groupe attaque alors « Intouchable I & II », une piste qui figure sur leur tout dernier opus, « Wheather Systems » (2012). Le riff en picking de Daniel ouvre cette suite de plus de 11 minutes. Anathema y démontre qu'il a évolué vers un 'dream prog-rock' vraiment original. Dans la dernière partie de la suite, Vincent et Lee Douglas nous gratifient d'un duo vocal d'une beauté stupéfiante. Vincent est plus dans la spontanéité et le charisme tandis que Lee touche tout simplement à la perfection. Après ce grand moment, Daniel introduit « A Simple Mistake », en annonçant qu’il s’agit d’un extrait du nouvel elpee, produit par Steven Wilson. Il rectifie immédiatement le tir en précisant qu'il s'agit bien du pénultième long playing. Un lapsus révélateur, qui trahit l'emprise, importante, du 'Roi Wilson', sur le combo ! Nous sommes transportés par la composition, belle et lumineuse. Au bord du silence, Daniel place son magnifique riff hispanisant, dispensé à la Fender Stratocaster. Le public réagit au quart de tour, tape dans les mains et se laisse emporter jusqu'à la déflagration finale.

Place alors à « Closer », un ovni électro, qui pourrait très bien figurer sur un album de Vitalic, Air ou M83. La voix de Vincent est trafiquée au vocodeur et la plage épouse une longue progression puissante, répétitive et hypnotique. Daniel 'chauffe' judicieusement le public ; et quand le morceau atteint son paroxysme, son frère abandonne le synthétiseur vocal et vient devant la scène pour arracher des sons bruitistes de sa guitare. La tempête se retire enfin et laisse les dernières notes s’éteindre tout en douceur, au vocodeur... Un grand moment ! Regardez la vidéo ici : https://www.youtube.com/watch?v=ZIuTdQWNXS4

Pour suivre, nous avons droit à une leçon de langues instruite par Vincent. Il s'adresse à la foule tant en néerlandais (NDR : un bel accent 'plat Vlaams', à la clef) qu'en français. Impressionnant ! Les deux frères ont une réelle facilité pour communiquer avec leur public, suscitant un sentiment de sympathie. Ce sont des types authentiques ! Le concert s’achève par le plus grand hit de la formation : « Fragile Dreams ». Epatant ! Un concert d’une grande intensité, même si on est impatient de revoir le groupe en tête d'affiche !

Pour lire le compte-rendu consacré à Opeth, c’est ici

Setlist

Deep
Thin Air
Intouchable I
Intouchable II
A Simple Mistake
Closer
Fragile Dreams

Organisation : AB

(Voir aussi notre section photos ici)

 

Opeth

Un véritable patchwork de références diverses

Double affiche, ce soir, à l'Ancienne Belgique, puisque deux fers de lance du métal à tendance progressive vont s’y produire. Anathema et Opeth partagent des parcours comparables, puisqu’à l’origine, ils pratiquaient un Death Metal caractérisé par des vocaux gutturaux et des ambiances apocalyptiques. Au fil du temps, ils ont évolué vers un style plus complexe, inspiré, entre autres, par le prog rock. Autre point commun : le ‘Roi Wilson’ (Steven Wilson), le cerveau de Porcupine Tree, a produit les deux ensembles. Il a ainsi eu un rôle majeur dans leur évolution musicale.

Pour lire le compte-rendu consacré à Anathema, c’est ici

La bande sonore qui précède l'arrivée d'Opeth trahit les goûts musicaux de son leader, Mikael Åkerfeldt. D'abord, on a droit au « 21st Century Schizoid Man » de King Crimson ; puis, lorsque les musicos entrent en scène, place au ténébreux « Through Pains To Heaven », un titre que Popol Vuh avait composé en 1978, pour servir de B.O. au remake du film ‘Nosferatu.’ Opeth démarre en force. Et pour cause, il nous réserve « The Devil's Orchard », une plage extraite du dernier opus, « Heritage ». Le riff véloce de guitare est relayé par des interventions d’orgue réminiscentes de Jon Lord. Les vocaux lorgnent vers Ronnie James Dio. L’influence du hard rock institué par Rainbow et Deep Purple est affichée d'emblée. Mais en milieu de parcours, le morceau devient plus complexe et vire carrément au jazz-rock, voire au krautrock, quand il ne marche pas sur les traces de Hawkwind. Manifestement, la nouvelle mouture d'Opeth est un véritable patchwork de références diverses, un peu comme chez Porcupine Tree (tiens, donc...)

Entre les titres, Åkerfeldt se révèle beaucoup plus à l'aise qu'auparavant. Il n’hésite pas à plaisanter ou à illustrer ses commentaires de traits d'esprit : un roi du 'stand-up' ! Il se moque ainsi de son bassiste, Martin Mendez et de son égo 'démesuré'. Il raconte aussi qu'un employé d'un magasin 'Press Shop' à Bruxelles n'a pas voulu le croire quand il avait affirmé que, non il n'était pas un sosie d'Åkerfeldt, mais Åkerfeldt lui-même. Mais son thème récurrent procède de la difficulté des fans de Death Metal à accepter l'évolution de sa musique. ‘J’ai 38 ans, et ils me disent que leur album préféré est le premier ; soit celui que j'ai réalisé quand j'avais 19 ans ! Manifestement, je ne suis parvenu qu’à me dégrader depuis lors !’ (rires).

En fait, la setlist du concert revisite toute la discographie majeure du groupe. Un focus quand même : « Ghost Reveries » (2005). « Ghost Of Perdition », notamment, fait mouche auprès du public : les passages 'heavy' et les 'grunts' alternent joliment avec les moments plus calmes, surtout lorsque vers la 3ème minute, éclot la superbe mélodie... Magnifique ! Åkerfeldt nous confie regretter avoir manqué le concert de Dweezil Zappa, programmé à l'AB la veille. Tout simplement, parce qu'il est allé se coucher à 20h30 ! ‘We're not exactly Mötley Crüe’, ajoute-t-il...

Le band aborde ensuite « White Cluster », une piste gravée sur le 4ème album long playing, « Still Life », un titre qu'il a choisi en référence à la chanson d'Iron Maiden. C'est un brûlot de 10 minutes, où l'on constate l'extraordinaire cohésion entre les musiciens. A côté d'Åkerfeldt et du bassiste Martín Méndez, Fredrik Åkesson s'acquitte magistralement des ‘lead guitars’ tandis que Martin ‘Axe’ Axenrot, à la batterie, et Joakim Svalberg, le dernier venu (ex-Yngwie Malmsteen) aux claviers, assurent leur rôle à la perfection. Probablement le meilleur 'avatar' d'Opeth depuis longtemps, a déclaré Åkerfeldt, lors d’une interview. Le son est puissant et précis : il suit à la perfection les énormes variations de dynamique des compositions.

‘Nous avons aussi des chansons plus calmes’, ricane Åkerfeldt. « Hope Leaves », extrait de « Damnation » (2003), rappelle (à nouveau) Steve Wilson, un morceau qui culmine par un superbe solo de gratte. Un classique pour suivre. Le brillant « Deliverance » (2002). L'intro à la guitare et aux doubles ‘bass drums’ est d’une extrême violence. Au sein de l’auditoire, on distingue de plus en plus de 'headbangers' en pleine action... Cette épopée de 13 minutes a vraiment le don de vous mettre en transe... Regardez ce grand moment ici.

Après une fameuse intro très bluesy à la guitare, Åkerfeldt entame le riff aux accents folk de « Hessian Peel » (« Watershed », publié en 2008). Åkesson le rejoint à la tierce supérieure et nous sommes plongés au cœur d’un univers étrange, bercés par le mellotron et les rythmiques jazzy. Puis une montée majestueuse rappelant le « Shadow Of The Hierophant » de Steve Hackett débouche sur une explosion de 'grunts' et de guitares. Surprenant ! Probablement un des morceaux les plus ambitieux d'Opeth   !

‘Il ne se passe pas grand-chose sur scène à nos concerts’, concède ensuite ironiquement Åkerfeldt. ‘Si vous voulez des feux d'artifice, il faut aller voir Kiss ! C'est bien de rencontrer ici des gens qui s'intéressent surtout à la musique’. « Häxprocess », le deuxième extrait de « Heritage », poursuit dans la même veine néo-prog. Un vrai régal pour les oreilles. Le concert s’achève par « Reverie/Harlequin Forest », tiré de « Ghost Reveries », un nouveau tour de force de 11 minutes ! Quand le combo se retire, le public, conquis, réclame à tue-tête un rappel.

Avec gentillesse et humour, Åkerfeldt remercie l’auditoire et annonce le dernier titre, « Blackwater Park », issu de l'album éponyme. Ce sont 12 minutes de bonheur, alliant une incroyable puissance à une hallucinante dextérité musicale.

Il n'y a pas de doute : Opeth est aujourd'hui au sommet de son art. Åkerfeldt a déniché les collaborateurs parfaits pour son groupe, et s'est épanoui musicalement. Au même titre que Steven Wilson, il synthétise, dans son art, 40 ans de musique. Un concert éblouissant, saperlipopeth...

Setlist

The Devil's Orchard
Ghost of Perdition
White Cluster
Hope Leaves
Deliverance
Hessian Peel

Häxprocess
Reverie/Harlequin Forest
Encore:
Blackwater Park

Organisation : AB

(Voir aussi notre section photos ici)

 

Destroyer

Au bord de l’ivresse…

Écrit par

En juillet dernier, Dan Bejar s’était produit sur la Plaine de la Machine à Feu. Après Dour, il est donc de retour, mais au Botanique, pour défendre une nouvelle fois son dernier opus, publié il y a quelques mois, « Kaputt ». Personnage illustre de la scène indie-pop, Bejart est certainement un des musiciens canadiens les plus inspirés de cette dernière décennie. Outre son projet personnel Destroyer, pour lequel il a déjà gravé une dizaine d’albums, le natif de Vancouver est également impliqué dans d’autres aventures ; et en particulier chez The New Pornographers et Swan Lake.

Pas de supporting act, ce soir. Tant mieux. D’une part, le dimanche, je n’aime pas trop rentrer chez moi aux petites heures. Et si mon souhait est exaucé en évitant de devoir me farcir une première partie –trop souvent médiocre– c’est tant mieux. La Rotonde n’est pas comble (NDR : il faut dire qu’à l’AB, se produit The Beach House…)

Le concert débute donc à 20h00 pile. Béjar et sept musicos montent sur l’estrade. Un batteur, deux guitaristes, un trompettiste, un bassiste, un claviériste, un saxophoniste (entre autres) et, bien entendu, au beau milieu du podium Dan, qui se réserve le micro. La soirée s’annonce riche en instrumentation. Le set s’ouvre par les meilleures compos issues de ses précédents opus ; et en particulier « Your Blood », « Rubies » ou encore « European Oils ». Parfait ! Si Bejart signe le répertoire de Destroyer, il est loin d’être un despote. Il lui arrive de s’effacer afin de laisser son backing band s’exprimer. Des moments au cours desquels il s’agenouille et en profite pour se désaltérer...

Après avoir dispensé ces titres ‘énergiques’, on se demandait quand même comment le collectif allait se débrouiller pour reproduire le climat sensuel de « Kaputt », sur les planches. Mais également, comment la forme 80’s de cet opus allait être restituée. Et bien on est immédiatement rassuré. La formation impressionne par sa facilité à maîtriser son sujet. En outre, le saxophoniste tire parfaitement son épingle du jeu. Dan est un poète. Son aura irradie son entourage ; et on ne peut que tomber sous le charme. Il récite ses textes, des textes torturés, empreints de passion. Les plages de son plus récent long playing s’enchaînent : « Chinatown », « Kaputt », « Blue Eyes », « Savage Night at the Opera », … Après une heure de prestation, la troupe se retire quelques minutes, avant de revenir sur l’estrade (NDR : comme si on ne s’en doutait pas !)

Destroyer clôture son spectacle par « Bay of Pigs (detail) », une chanson qui va rencontrer un petit problème technique, démontrant au passage, que cette prestation était bien ‘live’. Et puis que cette technique est parfois imprévisible.

Poète des temps modernes, humble et talentueux, Dan Bejar et son team nous ont accordé un excellent concert. Et si de nombreux spectateurs sont demeurés assis tout au long de la soirée, l’atmosphère s’y est révélée chaleureuse, presque voluptueuse, grisante même…

(Organisation Botanique)

 

Alt-J

La pierre angulaire d’un mouvement rock contemporain…

Écrit par

Quel bonheur d’être de retour au Grand Mix pour un des concerts les plus attendus de cette fin d’année. Effectivement, le groupe originaire de Leeds, déjà pressenti comme LE groupe rock de l’année, a raflé le prestigieux ‘Mercury Music Prize’ dans la catégorie ‘meilleur album de l’année. Ce sera l’occasion de voir si le live vient confirmer le talent du quartet anglais. 

En première partie, nous découvrons un groupe local proposant une chouette énergie sur les planches, un show original, bien calé et qui n’a pas peur d’explorer de nouvelles hybridations musicales. Ce groupe s’appelle Delbi et j’ai l’intime conviction que nos amis français risquent d’encore en entendre parler.

Dans un timing toujours irréprochable propre à la salle, la sensation britannique entre sur scène avec comme seul décor un grand néon représentant le signe Delta (un triangle ou ‘Tessellate’ en anglais) tiré directement du raccourci clavier Alt-J. Vous aurez compris que la boucle est bouclée et le style geek-moderne avant-gardiste est posé. Laissons donc place aux artistes...

Pour débuter cette intime représentation musicale, la formation prend la carte de la cohérence vis-à-vis de l’album. On est directement bercé par l’intro au piano suivie de l’interlude « Ripe & Ruin » durant laquelle nous pouvons apprécier les capacités vocales des musiciens. En enchainant par leur excellent morceau « Tessellate », le combo a déjà conquis le public du Grand Mix. Nous sommes ensuite emportés dans leur univers aux influences prog-rock/indie illustré par « Something good » ou encore « Dissolve me ». Les protagonistes s’exprimant dans un français très correct dévoilent leur touche électronique lors du succulent « Fitzpleasure » et l’assemblée est ravie... Une belle démonstration de maîtrise musicale pour les Anglais. Un set bien calé, très sensible et original. C’est le mashup « Slow dre » (« So slow » de Minogue mixé avec « Still dre » de Dr. Dre) qui atteste de cette originalité. Bien trouvé !

Nous sommes à un peu plus de la moitié et une galère technique leur tombe dessus. Mea culpa, les zicos prennent très bien ce contretemps. Ils en informent leur public et embraient par le suave « Matilda »... Dommage que le rendu sonore ne soit pas optimal à ce moment là. Mais qu’importe puisqu’on est rapidement rattrapé par « Breezeblocks ». Quelques secondes après le morceau, le batteur est invité à prendre place au glockenspiel pour l’intro de « MS », interprété tout en douceur. « Bloodflood » vient sonner l’heure de la fin, mais heureusement pour l’auditoire qui en réclamait encore, les quatre mousquetaires reprennent le plateau d’assaut pour accorder deux morceaux époustouflants en rappel, à savoir « Hand-made » et « Taro ».

Quelle soirée, quelle prestation, quelle maîtrise de leur art ! Quel régal de profiter de la présence du groupe de l’année venu nous présenter son album de l’année pour un des meilleurs ‘live’ de l’année ! OK, c’est confirmé, Alt-J jouera bien dans la cour des grands d’ici quelque temps.

 

Marillion

Une leçon de vie…

Marillion est un cas particulier dans l’univers du rock. Fondé il y a 30 ans, en Angleterre, ce groupe associé au revival du rock progressif continue à remplir les salles sans aucun support de l'industrie du disque ou des médias. Comment ? Tout simplement en entretenant une relation privilégiée, très émotionnelle avec ses fans. Et dans ce domaine, ils sont des précurseurs. Avant tout le monde, ils ont exploité le potentiel de l'Internet et lancé des appels de fonds pour permettre la production de leurs œuvres (ce que l'on appelle aujourd'hui le crowd-funding). Aujourd'hui, Marillion a enregistré 17 albums, qui se sont vendus dans leur ensemble, à plus de 15 millions d'exemplaires et s’est produit devant plus de 3 millions de spectateurs. Leur style musical a évolué au fil du temps, particulièrement quand le premier chanteur, Fish, a été remplacé par Steve Hogarth (ex-Europeans). Aujourd'hui, Marillion évoque tout autant Radiohead, Talk Talk, Simple Minds, Razorlight, Waterboys, Split Enz ou Coldplay que Genesis et Yes.

Une preuve de l'engouement suscité, le concert prévu au Splendid à Lille est très rapidement décrété sold-out. Ce qui a décidé les organisateurs à prévoir une seconde date au même endroit, le lendemain. En tournée pour promotionner "Sounds That Can't Be Made", Marillion va nous réserver au total 5 titres de cet excellent album. C'est d'ailleurs par "Gaza" que débute les hostilités. Un choix osé, car il s'agit là d'un monstre de 17 minutes. Un tour de force caractérisé par moult changements de rythmes et d'ambiances. Mais les musiciens s'exécutent en affichant une déconcertante facilité. Steve Hogarth, porte un large t-shirt sur lequel est imprimé le symbole de la paix, une allusion claire au conflit actuel dans la bande de Gaza. Parmi les autres extraits de "Sounds" figurent le magnifique "Power", sur lequel Pete Trewavas révèle d'étonnantes aptitudes aux backing vocals, les très paisibles "Pour My Love" et "The Sky Above The Rain", sans oublier la plage éponyme.

"Beautiful" démontre que Steve Hogarth est capable de composer de très belles ballades romantiques. On est étonné par son incroyable maitrise vocale. Il parvient à atteindre les notes  les plus hautes, alternant passages doux et intimes et incantations déchirantes. Son contact avec le public est aisé et empreint d'une totale authenticité. Après "You're Gone" et le très beau "Cover My Eyes",  Marillion opère une incursion dans le répertoire de la période ‘Fish’ et attaque "Slàinte Mhath", issu de "Clutching At Straws". Dans la dernière partie du morceau, Steve peine quelque peu à reproduire les vocaux plein de puissance et de fureur de Fish. Aux réactions du public, on constate l'attachement, toujours vivace, des aficionados pour le géant écossais.

"Neverland" est un autre point culminant du set. Un véritable chef-d'œuvre, extrait du long playing "Marbles", considéré par certains comme le meilleur du groupe version ‘H’. Ce sont 10 minutes de pur bonheur, surtout lors des solos très ‘gilmouresques’ dispensés par un Steve Rothery toujours particulièrement concentré. Si Steve Hogarth est très mobile et en interaction avec le public, les autres musiciens se montrent, en général, plutôt discrets. Pete Trewavas, le bassiste, est très efficace et évite les fioritures. Mark Kelly trône aux claviers sur son podium, mais on doit constater que son rôle dans le groupe est moins conséquent qu'auparavant. Il n'aura guère que deux ou trois occasions de placer un de ses fameux solos. Quant à Ian Mosley, aux drums, il est d'une précision et d'une perfection tout simplement métronomiques. 

Steve Hogarth dédicace ensuite "A Voice From The Past" à John Lennon et "Real Tears For Sale" à Sinead O'Connor, en référence au fameux clip où elle pleure ("Nothing Compares To U"). Au moment de "Three Minute Boy", un problème technique aux claviers force Hogarth à meubler en improvisant seul au piano des paroles de circonstances ("Three Minutes to wait for the keyboards, ..."). Quand, enfin le contretemps est résolu, le public est invité à chanter les ‘La La La’ du refrain et il s'exécute avec enthousiasme! La partie principale du concert se termine par "The Great Escape" ("Brave") et le band revient très vite pour aborder "No One Can", tiré de "Holidays In Eden" et enfin, un second extrait de "Clutching At Straws", "Sugar Mice".

Manifestement, et ce concert en est une nouvelle illustration, c'est principalement sur scène que Marillion prend sa pleine dimension, en créant une véritable communion avec ses fans. La foule chante les chansons qu’elle connaît par cœur, criant et applaudissant sans cesse. Le concert a duré environ 2 heures ; mais, vu la très riche discographie du groupe, on aurait préféré ne pas devoir se farcir une première partie (Carrie Tree, une jeune folkeuse anglophone) et que Marillion joue (encore) plus longtemps. Mais ne boudons pas notre plaisir, car cet excellent concert a été accordé par un groupe tellement attachant et dont la longévité est une véritable leçon de vie…

Pour voir la vidéo de "No One Can" sur Youtube, c’est ici  

Pour lire l'interview de Steve Hogarth, c’est là  

Setlist

Gaza
Beautiful
You're Gone
Cover My Eyes (Pain and Heaven)
Slàinte Mhath
Sounds That Can't Be Made
Neverland
A Voice from the Past
Power
Three Minute Boy
Pour My Love
Real Tears for Sale
The Sky Above The Rain
The Great Escape
Encore:
No One Can
Sugar Mice

Organisation : A Gauche De La Lune

(Voir aussi notre section photos ici)

Django Django

Bien, mais peut mieux…

Écrit par

Pour accueillir la formation Django Django, l’AB était presque sold out. Rappelons quand même que cette salle est susceptible d’accueillir 1800 personnes debout et 730 assises au balcon. Pas de doute, le quatuor écossais fait le buzz. Pas étonnant, quand on sait que pour l’exercice 2012, la formation a presque atteint la barre de 150 concerts. Dont un passage à la Rotonde, dans le cadre des Nuits Botanique et un autre au festival Pukkelpop.

Le combo accuse quelques minutes de retard sur le timing prévu, lorsqu’il monte sur les planches. Et vu le décor, on a vite compris qu’on n’est plus en présence d’un groupe qui débute. En effet, trois écrans géants surplombent le podium. De toute évidence, on va en avoir plein les yeux et les oreilles…

Les lampes s’éteignent, les écrans s’allument, le show peut commencer. Le set s’ouvre par l’intro de l’album. Une ampoule s’allume sur la scène. Elle est également reproduite sur les écrans. Elle se balance progressivement et en cadence, avant que le band n’enchaîne par « Hail Bop ». Explosion des couleurs et paroxysme rythmique. Nous sommes conquis. Le public aussi.

‘C’est notre plus grand concert’ déclare Jimmy Dixon. Manifestement, le quatuor a mis la gomme. Et puis, c’est mignon, trognon. Pourtant, on se rend compte que les musicos ne sont pas encore rompus aux grands spectacles. Ils manquent encore d’assurance, affichent une retenue certaine. Un « default » qu’ils devront apprendre à corriger. Dommage car, s’ils avaient eu davantage de confiance en eux et osé prendre plus de risques, ce spectacle aurait pu être épique.

Ce qui n’a pas empêché le public d’y trouver son compte. Chauffés à blanc, excités, les spectateurs commencent à réagir. Les morceaux s’enchaînent naturellement. Les transitions sont impeccables. La foule danse et entre presque en transe, baignant au sein d’un light show original et se gavant d’images hypnotiques. Bref que du bonheur !

Leur musique est un véritable cocktail de styles et d’influences qui se marie à la perfection : blues, afro beat, house, et la liste est loin d’être exhaustive. Malheureusement, le son n’est pas exceptionnel, et les voix trop peu mises en exergue.

Quant au rappel, il nous a laissé mi-figue, mi-raisin. Une compo trop peu connue de leur répertoire. Et non seulement la mise à feu était plutôt brouillonne, mais le titre n’était pas assez dansant.

Néanmoins, on doit reconnaître avoir passé une excellente soirée lors de ce concert accordé par Django Django, un groupe qui possède un énorme potentiel, mais qui manque encore de charisme et d’aplomb, pour faire vraiment la différence. Ce sera, sans doute, pour plus tard. C’est tout le mal qu’on leur souhaite…

(Organisation Ancienne Belgique)

 

Tryo

Un peu trop dans l’air du temps…

Écrit par

Depuis une semaine, je chante à tue-tête « L’hymne de nos campagnes », « La main verte » ou encore « Mademoiselle Bulle ». Pourquoi ? Ce mardi 14 novembre, Tryo se produit en concert à Forest National. Et je serai présente assister à ce spectacle. Malheureusement, ces trois chansons, je n’aurai pas le bonheur de les entendre. En effet, la formation a privilégié les morceaux de leur nouvel opus, publié le 27 août 2012.

Forest National, 20h00. La salle est à moitié remplie. En première partie, un groupe inconnu au bataillon monte sur les planches : Boulevard des Airs. Huit musiciens enchaînent quelques chansons très festives et entraînantes. Une excellente découverte !

Tryo entre à  son tour, dans l’arène, dès 21h00. A la surprise générale, le groupe apparaît sur une toute petite scène, au milieu de la fosse. Il enchaîne « Pas banal », « Marine est là », « Ladilafé ». Et crée une ambiance chaleureuse, en communiquant souvent avec le public. Le groupe aura bientôt 15 années d’existence. Il n’est cependant pas venu présenter un simple concert, mais un véritable ‘show’ : chorégraphies, DJ, ambiance boîte de nuit, scènes mouvantes, tout y est. Une seule chose manque : l’influence reggae, une caractéristique de leurs albums précédents. On peut donc souligner une tendance à vouloir s’intégrer dans le registre musical actuel (remix de chansons, grattage de platines, ...)

Les compositions sont toujours très engagées et expriment leurs opinions politiques et sociales : « Marine est là » fait référence à Marine le Pen, « Ladilafé » rend hommage à feue Patricia Bonnetaud, qui les a accompagnés tout au long de leur carrière, « Brian Williamson » reflète leur combat pour la reconnaissance de l’homosexualité dans le monde. 

Le décor, très original et varié, est plusieurs fois renouvelé : au départ, il est composé d’une structure métallique sur fond blanc qui permet au public de voir les différents musiciens aussi bien que les chanteurs. Ensuite, un autre arrière-plan nous est dévoilé : celui de lucarnes et fenêtres ; et à cet instant, on a l’impression d’être sur les toits d’une ville. Les musiciens en jouent, ils apparaissent et disparaissent à leur gré.

Impression générale : un concert chaleureux et captivant mais qui n’a pas répondu à mes attentes. Cette nouvelle tournée s’éloigne un peu trop de l’univers créé par les premiers elpees du combo.

Organisation AJA Concerts

(Voir aussi notre section photos ici)

 

I Like Trains (iLiKETRAiNS)

A contre-voie…

Écrit par

There is no more than this ending
That I can give to you
There is no more than this ending
There is nothing more at all

Les larsens saturent encore les tympans assourdis. La déferlante sonique se retire lentement, comme une mer abandonnant les débris d’épaves arrachées à la tempête, laissant pantelants les spectateurs qui s’accrochent désespérément à l’hypothétique espoir d’un second retour du groupe de Leeds.

Las !

Jusqu’au bout de l’effort, jusqu’à bout de souffle, I Like Trains se sera livré ce soir, comme tous les soirs, entiers, impeccables, généreux et si désespérément humains, dans toute la beauté tragique de ce constat.

Dernière date de la tournée, synonyme de contrastes. Entre le plaisir de retrouver leurs pénates et tristesse consécutive à la fin d’une aventure. Entre fatigue extrême et exaltation. Entre les profondeurs d’un océan de chagrin et les cimes d’un ciel tourmenté.

Et au milieu, les cinquante degrés de gris qui, nuance après nuance, dessinent la palette d’un univers visuel et sonore fortement imprégné par l’encre qui coule dans les vaines prières des hommes ; en particulier dans le chef de David Martin, leader et figure de proue de ce groupe dont la musique oscille entre Post Rock et Pop classieuse.

I Like Trains, comme un périple en terres de contrastes exaltés. I Like Trains qui avait donc décidé de déposer pour cette dernière nuit ses valises sur notre sol. Cet événement se passait mardi, à Opwijk. Et votre serviteur était du voyage.

I will be taking care of business.

Ainsi commence « Beacons », ainsi commence « The Shallows », dernier album en date, et donc fort logiquement, ainsi commence chaque set de cette tournée. Dans ses sonorités plus synthétiques, qui ne sont pas sans rappeler l’approche d’Editors sur « In This Light, On This Evening ». Le rapprochement entre ces deux groupes n’est du reste pas fortuit. Beaucoup de points communs, mais qui au final mènent à deux destinées sensiblement différentes.

Appelés à n’être que d’éternels outsiders, I Like Trains a sûrement manqué le bon wagon. Qu’importe ! Car la locomotive qui les emmène dans son sillage a fière allure. Et parce que dans leur musique, ils mettent toute leur âme. Et si les sirènes du showbiz se refusent ostensiblement à leur tendre les bras, nos lascars ne semblent en avoir cure. Pour le plus grand plaisir de la poignée de fans réunis ce soir, tout à la joie de revoir cette formation dans des conditions optimales. Loin de toute hystérie mercantile, au plus près du podium. I Like Trains, groupe de proximité, au génie sous-estimé, et s’offrant tout entier.

Parmi les personnes au plus près de l’estrade, il y a cette famille. Le cadet doit avoir tout bonnement une dizaine d’années. Il arbore fièrement un T-shirt du groupe, comme les autres membres de son clan. Il ressemble vaguement à Harry Potter. Et tout au long du concert, il boira avidement le calice tendu par ses idoles. Sensible à la magie du moment. Comme tous ceux présents. C’est une image forte de cette soirée. Un peu décalée, et dans le fond, tout à fait banale. Touchante, parce que juste anodine. Une image qui résume à elle seule la musique d’I Like Trains.

Accessible et contrastée, pleine de finesse et de sensibilité, elle continue cependant à échapper au plus grand nombre. Comment rester insensible à ces envolées brutales, qui précédent ces accalmies sauvages ? Ou ces doux déchirements qui font suite à de claquantes caresses ?

De moments forts pour public conquis (« Terra Nova » ou encore le magistral « Sea Of Regrets » en rappel) en singulières déflagrations d’émotions, on est bercé par les images et montages vidéo autant que par la musique. Cette traversée laisse entrevoir que ce groupe n’a décidément pas dit son dernier mot. D’ailleurs, pour s’en convaincre, il suffit de tendre l’oreille au chant de ce géant si fragile.

(Organisation : Nijdrop)

 

Page 85 sur 133