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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

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Coeur de Pirate

Comme on jette l’encre à l’amer

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Elle est haute comme trois pommes, mais affiche ce petit esprit espiègle qui lui sied si bien.

Et puis, musicalement, on dira ce qu’on voudra, ses chansons ont quelque chose de touchant.

Pas renversantes, mais justes. Sans esbroufe. A l’image de cette petite fille aux multiples tatouages (plus Rock & Roll que camionneurs) qui se tient sur scène devant un parterre conquis et heureux. Des visages ébahis.

Des sourires multiples et des paroles qui s’articulent sur les lèvres des (très) jeunes au (beaucoup) moins jeunes.

Et des milliers d’étoiles. Comme celles qui brillaient dans les yeux de ma fille ce soir.

Bien des raisons de dire : ‘Merci Béatrice Martin’.

Effectivement, c’est elle que toutes et tous sont venus admirer ce soir.

Mais en public poli et bon enfant, l’assistance fait un accueil jovial à Monogrenade, groupe québécois fort sympathique dont le pop/folk suspendu aux cordes (deux violons et un violoncelle) s’agite sous une brise tantôt légère, tantôt tempétueuse.

Desservi par un son inégal, la formation a néanmoins soulevé l’enthousiasme et retardé l’impatience de ces centaines de cœurs qui trépignaient d’impatience.

Quelques sonorités émanant d’un ampli Fender, par le jeu de quelques pédales du meilleur effet, n’ont d’ailleurs pas laissé insensible votre serviteur, plutôt rôdé à d’autres ambiances que celle de ce soir.

Dans une atmosphère somme toute très différente de celles auxquelles je suis habitué, l’attente s’installe. Fébrile. L’excitation est palpable. Surtout chez les enfants présents.

Car ils sont nombreux ce soir.

Cœur de Pirate, c’est un peu le Tintin de la musique. Son auditoire s’étend de sept à septante-sept ans.

Cette réflexion peut paraître anodine, pourtant, elle prouve au moins deux choses : la première, c’est que sous leur aspect propre et lisse, ces chansons recèlent différents degrés de lecture. La deuxième, c’est que je ne serais pas là si je n’avais pas une fille de huit ans, complètement fan.

Parce que très franchement, je vais avoir du mal de vous parler de ce concert. Oh, pourtant, la prestation très professionnelle de ses musiciens était appréciable. Enceinte, l’interprète assume courageusement cet enchaînement de dates, vaille que vaille. La tendresse de ses chansons se dévoile comme les pages du journal intime d’une jeune fille en fleurs (parfois fanées) ou le comique d’une pause pipi intelligemment chorégraphiée en cours de spectacle. Mais, tout simplement, parce que toute mon attention était rivée sur ma fille qui rêvait éveillée une soirée attendue depuis si longtemps.

Une petite fille parmi d’autres petites filles, des moins grandes aussi (voir des plus vielles), et aussi des garçons ou même des papys, mais une petite fille au sourire rayonnant et qui m’émouvait à chaque fois qu’elle s’en allait d’un grand signe de main pour attirer le regard de son idole, à peine à quelques centimètres d’elle.

Une idole généreuse qui ne manquait aucune occasion de renvoyer sourires et gestes, remerciements sincères et ‘je vous aime aussi’ en retour.

Et si ma description vous paraît nunuche et vous renvoie au fantôme de Chantal Goya, détrompez-vous !

Musicalement, son spectacle tient absolument la route.

La voix est juste et transfère l’émotion au-delà du spectre lumineux d’un light show sobre et parfaitement calibré.

Le son swingue quand il le faut, le piano se fait intime quand la femme enfant aux bras de marins (les tatouages, pas les muscles !) appose ses mains délicates sur ses touches d’ivoire.

Fort judicieusement balancé, ponctué de ses hits (« Francis », « Comme des Enfants » ou « Adieu ») et agrémenté d’interventions échangées avec l’auditoire, ce concert était parfaitement calibré, en évitant le piège de la mise en scène stoïque.

Cœur de Pirate ne peut pas plaire à tout le monde mais ne dérange personne.

Et surtout, ses albums semblent apporter un certain bonheur à ceux qui y trouvent écho, aussi bien dans les paroles douces amères que dans les notes qui s’égrènent comme la mélancolie aux vents.

Elle n’est pas bien grande mais elle affiche une grandeur d’âme qu’elle communique à son public. Béatrice Martin est un sacré bout de femme et ma fille en est fan.

Alors je ne peux que crier haut et fort : ‘Vive Cœur de Pirate !’

(Organisation Live Nation en collaboration avec Asterios Spectacles)

 

 

The Feeling Of Love

En différé de Manhattan-sur-Meuse

Écrit par

Ce lieu nouveau fleure bon l’underground. Une petite salle qui se cache à l’entrée d’un garage. Tiens, justement, c’est le nom de cet endroit. Le Garage. Mais plus qu’une simple allusion à l’endroit qui l’héberge, c’est la relation au véritable esprit qu’il faut souligner ici. Pour nouveau qu’il est, ce refuge à décibels jouit déjà d’une belle identité. Liège a peut-être trouvé son CBGB.

Et pour l’occasion, c’est à un concert de belles fripouilles auquel nous sommes conviés.

Crade et tonitruant, le son du Prince Harry envahit l’espace clos et s’agrippe illico à nos tympans impatients de saigner à blanc, blanc comme le bruit dispensé par ce combo liégeois.

Sous ses allures foutraques, les trois valeureux Principautaires assènent et matraquent leurs compositions aux forts relents Post Punk et aux accents New Wave.

Bien loin des bienséances de la cour de sa gracieuse Majesté, c’est un conglomérat de saturations et de basses écrasantes qui est jeté à la marre et aux oreilles des spectateurs amassés dans l’espace confiné.

Bien que confronté à de petits soucis d’ordre technique, le trio local ne s’économise pas. Haletant, vociférant, transpirant à pleines gouttes l’essence même du genre, il nous livre du Rock hargneux et déglingué comme on l’aime. Il y manque sans doute un peu de finesse ; mais il demeure, somme toute, fort plaisant.

A trois, on peut faire beaucoup de bruit. Ce que cherche à prouver The Feeling Of Love.

Après avoir éprouvé la version du ‘One Man Band’, G. Maretta a transformé son projet solo en trio.

Leur Rock Psyché s’habille de couleurs No Wave ou l’inverse ; mais bien plus encore. Les larsens suintent par tous les pores et jettent l’encre sur des tatouages encore frais. La rythmique fiévreuse secoue l’épiderme et lacère le marteau et l’enclume de nos pavillons endommagés. L’ouïe, l’ouïe (oh baby I gotta go). Frénétiquement, chaque vague se fracasse sur le devant de la scène et éclabousse de son écume un parterre captivé.

Livrant sans temps mort son implacable vérité : le Rock n’est pas fait pour se réinventer. Il est fait pour perdurer.

Et dans ce cadre qui lui sied à ravir, il ne pouvait que s’exécuter.

(Organisation : Jaune Orange) 

 

The Dandy Warhols

Pop-art ? Où, quand ? Pas vu, ni entendu !

Écrit par

Ah les Dandy Warhols ! Je les avais ‘vus’, pour la première et dernière fois en ouverture du concert de David Bowie, au Sportpaleis d’Anvers. C’était en 2003. Ben ça fait un bail, non ? A l’époque, je m’étais dit à posteriori qu’il serait plus que nécessaire de les revoir et surtout de les réécouter dans de ‘bonnes conditions’. En effet, le ‘Ziggy’ du haut de sa gloire ne leur avait laissé que quelques malheureuses miettes carrées (drôle, non ?) devant un rideau immaculé et une sono pourrie pour pouvoir s’exprimer. Un peu peu… Mais leur répertoire, un véritable juke-box de rock électro-psychédélique ne m’avait pas découragé ; et je fredonnais plus que je ne percevais ou n’entendais ce soir-là.

Dix ans plus tard, l’occasion m’est donnée d’assister à leur prestation sous une bien meilleure configuration. Ce rendez-vous là, pas question de le louper ! Coup de bol, ils ne se produisent que cinq fois (!) sur le Vieux Continent : Amsterdam, Düsseldorf et ouf, Bruxelles enchaînés en trois soirées. Un petit jour de relâche puis direction Paris pour terminer le lendemain leur tournée européenne à Luxembourg. Quelle santé ! Cinq dates en six jours…

Mon billet en poche, je prends la route pour la capitale et rejoins sa petite mais excellente salle de l’Ancienne Belgique. Une dizaine de fans se pressent déjà devant les portes, deux heures avant l’ouverture. Le temps d’aller boire un  coup et de manger un morceau… Chouette, c’est vendredi et on est quatre.

Retour sur place un peu avant 20h00. Nous sommes ‘limite’ car on apprend qu’AK/DK qui assurait la première partie a déjà débarrassé le plancher. Ouille, ouille, faudrait quand-même pas que l’on rate les trois coups de l’entrée en scène des Américains ! A peine dans la salle, j’ai juste le temps de jeter un œil vers l’estrade. Un énorme drapeau aux couleurs du band sert de fond d’écran. Le minimalisme donc est de rigueur. Les drums sont réduits à une grosse caisse, une claire et trois cymbales. Au rayon grattes, une basse et une guitare électrique, point barre. Et pour terminer, car c’est déjà tout, à l’extrême gauche, un synthé plus étroit qu’un banc d’écolier. Sûr que le supporting act est terminé ? Pas possible ! Les Dandy Warhols ne disposent que de ce matos ? Bon, ok on verra à l’autopsie alors. Ah oui, les spectateurs ! A vue de nez, 1 500 personnes. Pas beaucoup plus, car les gradins quoique relativement bien garnis, laissent apparaître quelques vides ; et en bas, la fosse n’est pleine qu’aux quatre-cinquièmes ; (première) petite (mauvaise) surprise.

Black out et premiers accords alors que tous n’ont pas intégré la salle au vu de l’heure !

« We used to be friends » entame le set. Morceau culte s’il en est, Courtney Taylor-Taylor, frontman du groupe a bizarrement quelques difficultés à faire prendre la mayonnaise. Froid, distant, il débite les lyrics tel un automate, sans âme, sans sentiment… Etrange. « Not if you were the last junkie on earth » embraie. Quoiqu’également excellent (sur disque), il laisse un sentiment d’état de manque (sans jeu de mot cette fois) ; car rien ne transpire : aucune énergie, aucune présence, aucun échange avec les fans. Il faudra cinq titres avant d’entendre quelques mots sortir de la bouche du leader et encore, totalement incompréhensibles. Entretemps, on a eu droit à un « I love you » d’un ennui mortel, le « Good morning » bâclé et une version de « Last night » tirée exagérément en longueur. Ces cinq premiers morceaux accentuent un sentiment de déception chez votre serviteur : que sont devenus ces leaders de la musique électro-pop psychédélique et hypnotique qui dévastaient tout sur leur passage ?

« I’m free » premier extrait du dernier elpee débarque enfin. C’est sans doute ce que Courtney a tenté d’expliquer aux centaines d’individus qui l’observent et que visiblement il boude ou ignore. Sait-il qu’il joue devant un auditoire, ce soir ? On se le demande. Encore heureux que le batteur met généreusement ses cordes vocales à la disposition des compos du band ; car sans cette contribution, je crois que j’aurais déjà vidé les lieux !

Revenons à l’essentiel : la musique. Ce premier extrait est d’un bon niveau et en l’écoutant à tête reposée ce matin, il est encore meilleur, une constante dans le chef de The Dandy Warhols. Le reste du spectacle sera du même tonneau. Rien, absolument rien ne se passe, hormis l’interprétation rarement bonne, parfois hésitante, souvent mauvaise d’une petite vingtaine (dix-huit pour être précis) de titres. Même pas « Bohemian Like You », que l’on croyait être enfin le signal de départ d’un événement. Cette adaptation complètement décalée du standard du groupe constituera le comble du mauvais goût. Seul à la guitare, Taylor Taylor a massacré ce hit pour en faire le flop le plus magistral du concert (?).

Heureusement que deux potes m’ont soutenu durant les deux heures qu’a duré cette galère (merci Fanny pour le Jacob’s Creek, excellent lui au moins).

Et ce n’est pas « Get off » ou encore « Godless », en bout de parcours, qui m’ont permis de changer d’avis. Certes on a tenté de se déhancher un peu, histoire ne pas finir complètement rouillés, en fin de soirée ; mais hélas, bien trop tard. Le mal était fait. Quand le ver est dans le fruit, il n’y a plus qu’une solution, le jeter au compost.

Ce soir, l’AB n’était qu’une immense poubelle que des gars complètement à l’Ouest sont parvenus à remplir avec une cargaison de hits (pourtant tellement beaux sur CD) entièrement dénaturés, en moins de deux heures. Dramatique ! Encore heureux qu’ils n’aient concédé aucun rappel (une première) aux désabusés qui leur faisaient face. Un signe de plus de leur détachement. Mais qu’est-ce qui a bien pu leur arriver ?

Ouf, il me reste ma chaîne hi-fi. Tout n’est pas perdu…

(Organisation Ancienne Belgique)

 

Major Lazer

Too Many MC’s

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Pour son premier concert accordé dans une salle en Belgique, Major Lazer, l’alias ‘testostéroné’ des prolifiques producteurs Diplo et Switch, a jeté son dévolu sur l’Orangerie du Botanique. L’occasion de tester les nouveaux morceaux qui apparaîtront au sein du successeur de « Guns Don’t Kill People-- Lazers Do » avant une longue tournée des festivals, qui s’arrêtera au Pukkelpop chez nous. Et au vu de l’ambiance générée par les bombes dancefloor du duo, le sol de la plaine de Kiewit n’a qu’à bien se tenir.

Après un (très) long DJ set electro de Surfing Leons, les deux cerveaux derrière Major Lazer débarquent sur les planches sur le coup des 21h20. Derrière eux, un écran fait défiler un logo Mtv détourné, pour former un Mlzr. Et comme Diplo n’a pas l’habitude de faire les choses à moitié, il a ramené avec lui deux danseuses et un MC, histoire de distraire ceux qui pourrait se concentrer sur leur musique. Parce qu’un MC, c’est bien, mais un MC qui hurle pendant l’entièreté d’un set, c’est un peu lourdingue. Le public n’a d’ailleurs pas attendu son intervention pour être chauffé à blanc. Le duo mise à fond sur les basses et les fait péter sur fond de titres extraits de « Guns Don’t Kill People—Lazers Do » et de remixes consacré à des titres empruntés à un panel très (trop) large d’artistes. Ainsi, l’Orangerie a eu droit à des versions retravaillées parfois réussies, parfois beaucoup moins, de morceaux de Far East Movement, David Guetta, Azealia Banks, Congorock, Rihanna ou encore Jay-Z et Kanye West.

Dans le public, c’est la grande cour de recréation, le feu aux fesses un mardi comme un samedi soir. « Busy Signal », « Hold the Line », l’énorme « Original Don » ou le classique « Pon De Floor » côtoient à merveille des classiques reggae et dancehall. Après s’être fait plaisir en exécutant un stage diving, le emcee invite les demoiselles à monter sur le podium ; et seulement les demoiselles ! Quelques petits malins se font gentiment rappeler à l’ordre par l’homme et retrouvent rapidement leur place sur le parterre. Pas de rappel au menu, l’équipée de Major Lazer achève son set par un « Jump Up » dont le titre résume à lui seul l’ensemble du show. Un show qui aurait gagné en puissance si les effets en crescendo dispensés par le duo n’étaient pas systématiquement massacrés par un Maître de Cérémonie trop enthousiaste. Malgré ces remarques, le show est à ne pas rater au Pukkelpop cet été, très probablement sous le toit de la Dance Hall.

(Organisation : Botanique)

 

Melingo

Le tango de Melingo…

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C'est un soir mouillé revêtu d'un aspect surréaliste. Dans le hall de la salle de concert, des demoiselles offrent aux arrivants ruisselants, des éponges en forme de micro. Une marque automobile allemande sponsorise le concert ; elle a d’ailleurs également parsemé la place Flagey d'énormes drapeaux. Nous montons les étages jusqu'au vaste théâtre, scène en bois s'étageant sur plusieurs niveaux, fauteuils de devant immatriculés ‘World Trade Center’ ou ‘Comte et Comtesse de...’. Les spectateurs sont disséminés sur plusieurs niveaux, mais les meilleures places du parterre sont réservées : un carré composé principalement d'hommes en costards bien taillés occupe les premiers rangs.

Mais prenons le temps de présenter l'artiste avant qu'il n'entre en scène. Daniel Melingo est argentin. Il est né à la fin des années cinquante. Il étudie la clarinette et la composition musicale à Buenos Aires. En 78 il doit, comme beaucoup d'artistes et autres dissidents, fuir la dictature militaire. Il a vingt ans et s'exile au Brésil. Là-bas, les rencontres l'amènent à jouer dans le groupe Agua de Milton Nascimento. De retour en Argentine, quelques années plus tard, il devient guitariste et chanteur au sein de deux groupes dont on n'a toujours pas oublié les noms : Los Twist, dont le mélange de ska et de rock alternatif aurait pu naître d’une rencontre entre les Rita Mitsouko et Madness ainsi que Los Abuelos de la Nada (Les Ancêtres du Rien du tout), impliquant Andrés Calamaro.

Enfant du rock contestataire, issu d'une génération qui ramasse malgré elle les miettes des turpitudes politiques d'Argentine, il redécouvre la puissance du tango, et commence à composer des mélodies modernes, sur des bases de tangos tissées de rock, de musique classique et de jazz. Il passe alors quelque temps en Espagne, retourne ensuite dans son pays natal, avant de s’établir à Paris, où il vit aujourd’hui. Il a sorti plusieurs disques en solo, dont l'excellent "Maldito tango" (Maudit tango), et fin 2011 "Corazón y hueso" (Cœur et os), qui vient de débarquer en Europe. Cette tournée est d’ailleurs destinée à défendre cet opus. Ce soir, nous aurons également droit à quelques nouvelles compos : il paraît qu'un nouvel album est sur le feu.

Les cinq musiciens s'installent. Ils se réservent contrebasse, bandonéon, violon, guitare électrique et acoustique. Les instruments démarrent et Melingo sort sans empressement de l'obscurité. Il s'approche et sa voix vient se poser sur les notes, accompagnée de gestes éloquents et de regards malicieux. Nul besoin d'être hispanophone pour comprendre ce dont il parle. Le personnage est cocasse, charismatique ; et c'est bien parce qu'il y a des fauteuils que l'on ne se met pas à danser. Ses comparses sont aussi vocalistes et reprennent en chœur l'écho du thème principal. Ou sifflent. Ou crient.

Les titres se suivent avec aisance, variés dans leurs rythmes et intensités. Melingo chante la langue de Buenos Aires, le langage des quartiers populaires. C’est-à-dire le lunfardo, un argot hérité des nombreuses vagues d'immigration, qui mêle l'espagnol à d'autres idiomes européens et précolombiens ; ce jargon qui a été employé par les grands écrivains argentins, et depuis toujours par les tangueros.

Daniel Melingo donne lui aussi l'impression de sortir de la rue, et de la nuit. Vêtu d'un pardessus noir, coiffé d'un chapeau, sa silhouette mince et bavarde invoque les petits personnages du peintre Antonio Segui ou certains protagonistes des nouvelles de Cortázar.

Après quelques compositions issues du dernier essai "Corazón y hueso", comme "El Tatuaje" (Le Tatouage) et « Negrito », Daniel Melingo dédie « Se igual » aux cartoneros de Buenos Aires, nombreux précarisés qui pour survivre ramassent les cartons sur le pavé et les revendent aux entreprises de recyclage. Ce titre parle des gens de la rue et de l'indifférence des passants, de la bière et de la colle qui rendent fou.

Puis arrivent l'histoire d'un type exubérant au grand nez surnommé "Narigón, et celle d'un pickpocket maladroit qui se fait arrêter "En un bondi color humo" (dans un bondé couleur de fumée). Le chanteur s’éclipse, laissant place à ses accompagnateurs pour des moments instrumentaux magnifiques, comme le fameux "Volver" (du maitre du Tango Carlos Gardel) joué par la guitare et chanté par la scie musicale lancinante.

Au gré du concert se dessine une ambiance de ruelles sombres, de cafés enfumés, et Melingo, tout en nous racontant ses légendes, se change en clochard fou et visionnaire. Il se moque de ses musiciens en grimaçant dans leur dos, fait mime de trébucher, s'affale, regarde sa montre au milieu d'un morceau, s'allonge et continue à chanter, reprend place sur sa chaise, enlève ses chaussettes qu'il renifle une dizaine de fois avant de les lancer au beau milieu du carré des messieurs chics, provoquant le départ de certains d’entre eux ! Poète ambitieux, il veut, comme il le dit dans un de ses morceaux, ‘inspirer l'inspiration’, en mettant tout à l'envers, ‘ciel de terre, terre de lumière’. Quand il saisit la clarinette c'est pour la faire hurler ; et si, dos au public, il joue au chef d'orchestre, augmentant et diminuant le volume sonore dispensé par ses musiciens, c'est pour mieux battre des ailes et se changer en corbeau bonimenteur.

« Eco il Mondo » dresse le portrait d'un vieil homme élégant, qu'il mime, parodiant son rôle de dandy destroy. Tout est maitrisé : l'air de rien, Melingo sait très bien ce qu'il construit. L'autodérision embrasse le romantisme, les ambiances de vieux rades cèdent la place à des moments plus intimes et moins rocambolesques. Les maitres (Gardel, Garcia Lorca) sont cités mais jamais imités.

Quand après un rappel, il nous annonce de son timbre rauque ‘C'est fini pour ce soir, j'ai plus de voix’, c'est pour revenir et nous gratifier d'un dernier chant à capella et guitare acoustique : « Del barrio me voy » : le chant de quelqu'un qui s'en va, qui quitte son quartier, déjà mélancolique de ce qu'il abandonne.

Esprit libre et ébouriffé, indigent d'une élégance à faire pâlir les hommes d'affaires et rougir les jeunes filles, Melingo est bien parti pour faire aimer le tango au delà de l'Amérique latine.

 

Maps & Atlases

Maîtres de leur sujet…

Écrit par

Ce dimanche 22 avril, Maps and Atlases se produisait au Botanique, quelques semaines à peine après voir publié leur excellent album, « Beware and Grateful » ; un disque aux fortes tendances addictives. On était donc très heureux de revoir le groupe chicagolais à Bruxelles, près d’un an après son dernier passage. Et il revenait au jeune groupe tournaisien, Perils of Penelope, d’assurer le supporting act. 

Perils of Penelope ouvre donc la soirée, vers 20h. La salle est loin d’être comble, lorsque le band belge monte sur l’estrade. Faut croire que les concerts du dimanche ne font pas trop recette ! Le set démarre sur les chapeaux de roue. Et s’il manque peut-être un chouia de puissance, il permet aux différents instrumentistes d’étaler toute leur technique. La dextérité des gratteurs sur leur manche est impressionnante ; et le drummer n’est pas en reste, passant d’un fût à l’autre avec une facilité déconcertante. En outre, les musicos connaissent leur répertoire sur le bout des doigts. P.O.P. confirme tout le bien que l’on pensait de lui. Et au vu de sa prestation, il ne devrait pas en rester à ce stade. Enfin, c’est tout le mal qu’on souhaite au jeune combo.

Place ensuite à Maps & Atlases. Il est plus de 21h lorsque le quartet entre en scène. C’est « Old and Gray » qui ouvre les hostilités. La voix du chanteur, chétif et barbu, est nasillarde, mais son timbre et ses inflexions sont impeccables. Le groupe embraie par « Remote and Dark Years », une compo beaucoup plus pop. Les morceaux s’enchaînent ; et au fil du temps, on se rend compte que le ‘tapping’ des gratteurs est de plus en plus véloce. Le batteur est impressionnant. Agressif, son drumming regorge de contretemps. Quant au bassiste, ses interventions libèrent énormément de groove ; à tel point que parfois on a l’impression qu’il survole l’ensemble. Bref, les musiciens maitrisent parfaitement leur sujet. Et puis on sent qu’ils sont heureux d’être là ce soir ; d’ailleurs, ils ne se privent pas de le clamer. La setlist alterne titres du dernier elpee et morceaux issus des opus précédents, un peu comme si le combo yankee voulait nous concocter un ‘best of’. On aura quand même droit à une toute nouvelle composition. Après un set d’une bonne heure, le band prend congé du public. Un public, conquis, comblé même, et surtout satisfait d’avoir fait le déplacement. Car manifestement, au cours de cette soirée, on a eu droit à deux excellents concerts…  

(Organisation Botanique)

 

of Montreal

Autant pour les yeux que pour les oreilles…

Écrit par

Deux premières parties avant le concert d’of Montreal, c’était assurément uns soirée qui allait nous mener tard. Et en ce qui concerne le premier groupe, Recorders, on n’aurait pu vraiment faire l’impasse. Enfin, ce n’est sans doute pas l’avis de la famille et des amis venus en nombre pour les applaudir chaleureusement. Ils devaient bien être 150, et la plupart se sont barrés après leur prestation. Bref, le chanteur/bassiste porte un beau masque de plumes, comme les mayas, mais il manque de voix. Le guitariste dispose d’une belle panoplie de guitares, mais on n’entend guère de notes sortir de son manche ; et si le claviériste se débrouille plutôt bien aux backing vocaux, ses interventions sont noyées dans l’ensemble. Seul le drummer assure. Mais gros problème, la section rythmique est beaucoup trop puissante, si bien que le volume monte en décibels pour aboutir à un résultat sans grande consistance…

Yip Deceiver, c’est le projet de Davey Pierce, qu’a donc rejoint Nicholas Dobbratz, deux musiciens qui militent également chez of Montreal. Au sein du duo, le premier se réserve les  claviers et bidouille à l’aide d’une boîte à rythmes hi-tech. Quand au second, il joue également des claviers mais aussi parfois de la guitare. Les deux musicos chantent et leurs voix se conjuguent parfaitement en harmonie. Curieux, leurs deux claviers sont placés face à face, nous montrant le plus souvent le tandem de profil. Leur musique est excitante et dansante et campe une électro-pop directement inspirée par la face la plus disco de la new wave. Pensez à Depeche Mode, Human League, Soft Cell et même à Yazoo. Un set ma foi bien agréable et qui finalement nous a réservé une bonne surprise…

On installe quelques panneaux à la trame semi-transparente, mais de couleur blanche, au bord de la scène. En fait, ils sont destinés à recevoir des projections d’images psychédéliques, tout au long du spectacle. Tout comme ceux placés au fond de la scène en hauteur, à gauche et à droite. Des projections nées des élucubrations de Kevin Barnes, le leader d’of Montreal ; à tel point qu’on se demande si on n’assiste pas à une version détraquée du « Yellow Submarine » des Fab Four. Et le graphisme de ses pochettes, qu’il prend soin de réaliser personnellement, en est certainement la plus belle illustration. Faut dire aussi que les thèmes développés par ses chansons traitent le plus souvent de désespoir, de paranoïa et de défiance. Enfin, tout au long de ce show coloré, on aura droit aux interventions de deux personnages déguisés en rat d’hôtel. Au début, ils sont vêtus de noir, puis de blanc, prennent finalement quelques couleurs, mais jouent aussi aux fantômes, déploient de grandes ailes, font tournoyer des parasols, se déguisent en fœtus monstrueux, portent des masques diaboliques, projettent des petites bandelettes de papier ou balancent des grappes de ballons blancs dans la foule, et j’en passe… on aura même droit à une séance de crowdsurfing accomplie par un de ces figurants.

Le décor planté, venons-en aux musiciens. Ils sont huit sur l’estrade. Une claviériste, un violoniste/guitariste, un drummer, un saxophoniste/flûtiste/guitariste, un guitariste soliste (NDR : les cheveux roux, des rouflaquettes impressionnantes, il aurait pu militer au sein d’un groupe garage des sixties !), sans oublier les deux musicos de Yip Deceiver, l’un aux percus et aux bidouillages, l’autre à la basse et parfois aux claviers. Et enfin Kevin Barnes, tour à tour derrière son piano portable en front de scène ou debout derrière son pied de micro, s’accompagnant alors régulièrement à la guitare. En début de parcours, Kevin porte une veste, qu’il va ôter après quelques morceaux, pour laisser ensuite apparaitre une chemise de couleur rouge vif, garnie de dentelles. Il s’est maquillé les yeux de fard bleu et porte de longs cheveux tirés d’un côté, obscurcissant partiellement la face droite de son visage. Une tenue finalement bien adaptée à la flamboyance de sa musique.

Le set s’ouvre par les deux premiers morceaux du dernier elpee, « Gelid ascent » et « Spiteful intervention ». La musique navigue entre pop, psychédélisme, disco, glam et prog. Les changements de rythmes sont réguliers. Parfois même au cours d’un même morceau. Le falsetto de Kevin me fait quelquefois penser à Prince ou alors à Todd Rundgren. Surtout lors du slow « Exquisite’s confessions ». Les compos les plus sauvages sont également celles au cours desquelles le groupe a recours au plus de grattes. A un certain moment, ils sont 4 sixcordistes ; et on peut dire que l’intensité est alors à son comble. Sur les morceaux les plus dansants, Barnes se met aussi à remuer le corps lascivement, déboutonnant sa chemise et… Bref, c’est un véritable showman. Le public est réceptif. Il danse, chante, balance les bras ou frappe dans les mains. Et impossible de résister lors de l’allègre « Heimdalgate like prome thean curse ». Le set s’achève par « April », sous les acclamations nourries du public.

L’attente est longue pour obtenir le rappel. Soudain, nos deux figurants déguisés en porcs montent sur le podium. Ils débranchent le piano et font mine de l’emporter sous les huées de la foule. En posant l’index sur la bouche, ils nous demandent de nous taire. J’entends un spectateur lancer : ‘Ils vont nous jouer un tour de cochon’. Puis les deux énergumènes invitent les spectateurs à lever les bras et à les balancer en cadence, tout en appuyant ces gestes de leurs clameurs. Moment choisi par le groupe pour remonter sur l’estrade. Of Montreal va alors nous accorder un long rappel, interprétant au passage « Kissing in the grass ». Nos deux intervenants décident alors de soulever Kevin et de le hisser sur leurs épaules. Le temps de redescendre sur le plancher des vaches, et le band vide les lieux, sous un tonnerre d’applaudissements. Mais la musique de fond est rapidement rétablie tout comme les lumières. Il y a des bandelettes de papier partout. Demain, le service de nettoyage va pester. Mais, ce soir on s’est bien amusé. Oh, bien sûr, certains diront peut-être que le set était décousu. Mais ce spectacle, ce véritable show était très riche, coloré, imprévisible, excitant et à la limite fascinant. Et on en a eu autant pour les yeux que pour les oreilles.

(Organisation Botanique)

Voir aussi notre section photos : ici

 

 

Xiu Xiu

La différence par le talent…

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C’est ce mardi 17 avril que se produisait Xiu Xiu, le projet expérimental du Californien Jamie Stewart, au Botanique. Pour la circonstance, la Rotonde était à moitié pleine ou à moitié vide, selon. Pour la circonstance, le groupe venait défendre son nouvel opus, paru il y a deux mois, « Always ». Un album salué par la critique mais surtout bien plus accessible que ses œuvres précédentes.

Ce soir Jamie Stewart est flanqué de trois musicos. Il a abandonné ses machines électroniques pour en revenir à une formule plus classique. Au sein de son backing band, on retrouve le batteur Greg Saunier. Un personnage qui ne manque pas d’expérience, puisqu’il milite chez Deerhoof. Et ses interventions tout au long du set, se révéleront aussi minutieuses que précises. Le line up est complété par un guitariste et d’une jeune demoiselle préposée aux claviers. Cette dernière a d’ailleurs réellement l’air de s’emmerder ferme. Mais peu importe, puisque tous les regards sont rivés sur Jamie.

Le concert s’ouvre par la plage éponyme de « Fabulous Muscles », un elpee paru en 2004. A fleur de peau, la voix de Stewart vous flanque déjà des frissons partout. Xiu Xiu embraie ensuite par des titres issus de son dernier long playing, dont l’excellent single « Hi ». Et il est vrai que ces compos sont bien moins expérimentales que par le passé. Le tracklisting épinglera également une cover du « Ceremony » de New Order et en rappel le « Johnny teardrop’ de Suicide. Mais le point d’orgue du set sera atteint lors du fabuleux « I Luv the valley, OH ! », les cris torturés de Jamie accentuant le climat bouleversant de cette chanson.

Transcendé par sa musique, Stewart a vraiment une voix époustouflante. Et il nous l’a une nouvelle fois démontré tout au long de l’heure qu’a duré sa prestation. Une prestation plus dépouillée mais toujours aussi vibrante. Et finalement, peu importe l’accompagnement, c’est son talent qui fait toujours la différence…

(Organisation Botanique)

 

120 Days

Where are You, People ?

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Passage furtif et discret pour les 4 Norvégiens de 120 Days ce 16 avril au Witloof Bar du Botanique. Une visite annoncée (en première partie d’Islet) seulement deux petites semaines avant la date fatidique. Une annonce accueillie un large sourire aux lèvres, par votre serviteur, qui attendait ce moment depuis la sortie de « 120 Days », publié il y a six ans. Le quatuor est donc venu présenter son second ouvrage « 120 Days II », pour un public qui va briller par son absence.

La débandade en arrivant au Witloof. A quelques minutes du set de 120 Days, les membres de l’assistance se comptent sur les doigts d’une main. La formation norvégienne aurait-elle manqué le coche en s’absentant de la scène près d’une demi-décennie ? Pourtant responsables de deux solides LPs, les gamins du Nord ne sont pas parvenus à rameuter les troupes. C’est donc devant une salle quasi déserte qu’ils se mettent en place, autour d’un équipement assez impressionnant. Jonas Dahl, leader du combo, semble légèrement éméché. Il a bien raison, le garçon.

« Spacedoubt » ouvre les festivités. 120 Days joue très fort. Leur Krautrock se mue rapidement en bombes dancefloor à mesure que les « C-Musik », « Dahle Disco » et « Lucid Dreams Part III » se succèdent. Dahl est heureux, car quatre Britons installés à gauche de la scène font des bonds sur sa musique. A juste titre. Le chanteur n’a plus d’yeux que pour eux tandis qu’il s’égosille sur le refrain de « Come Out, Come Down, Fade Out, Be Gone ».  La formation tamponne fort, sans temps mort. Malgré le peu de regards tournés vers eux, les boys délivrent un set d’une énergie contagieuse. Le genre de show qui aurait fait un tabac dans une Rotonde bien remplie. N’ont plus qu’à faire la tournée des festivals et montrer au monde de quel bois ils se chauffent !

(Organisation : Botanique)

Great Lake Swimmers

L’americana dans toute sa splendeur…

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Soirée canadienne ce lundi soir à l’Orangerie du Botanique puisque s’y produisaient Barzin et les très talentueux Great Lake Swimmers, responsables il y a quelques semaines d’une 5ème livraison intitulée « New Wild Everywhere ».

C’est une salle sold-out –en configuration assise– (NDR : petite doléance adressée aux organisateurs : laissez-nous pénétrer à l’intérieur avec nos bières, ce n’est qu’un concert !) qui accueille Barzin, projet de Barzin Hosseini, qu’il mène en solitaire depuis 2003. Pour la circonstance l’artiste est accompagné d’une guitariste/vocaliste. Et elle a une belle voix ! Le public est attentif et presque recueilli à l’écoute de la prestation de ce duo qui sculpte délicatement son folk atmosphérique, mélancolique, dans des guitares électro-acoustiques. Un sacré talent à suivre de très près…

Après une demi-heure de pause, place à ses compatriotes et amis : les magnifiques Great Lake Swimmers. Emmenée par leur charismatique leader Tony Dekker, la formation nous vient du froid. De l’Ontario, très exactement. Le line up est complété par Erik Arnesen (guitare et banjo), Greg Millson (batterie), Miranda Mulholland (quel joli nom pour une choriste/violoniste) et Bret Higgins (à la contrebasse). Le set débute par quelques morceaux issus de leur dernier opus (« Think That You Might Be Wrong », « The Knife », « Changes with the Wind »). La voix de Tony Dekker est profonde. Forgées dans un americana pur jus, les chansons sont d’une rare pureté. Et on ne peut s’empêcher de penser à un autre Canadien, une légende vivante : Neil Young. Encore qu’intemporelle, leur musique lorgne aussi parfois vers un Sufjan Stevens plus country et plus roots ou un Bonnie Price Billy débarrassé de sa indissociable austérité… L’ambiance est moins évangélique que sur disque et le public se laisse emporter par l’enthousiasme de la bande torontoise. Le groupe enchaîne par les ‘hits’ de ses premiers albums tels que les incontournables « To Leave it Behind », « Your Rocky Spine » et « Bodies and Minds ». Les musiciens laissent ensuite leur leader seul sur scène pour deux sublimes ballades (dont le très émouvant « Moving Pictures Silent Film » datant de 2003) avant de revenir pour un final endiablé ! Après 1h30 de concert, Tony Dekker et ses potes vident les lieux.

Mais le public en veut encore et réclame un rappel. Ce que Great Lake Swimmers va lui accorder. D’abord à travers une cover de Gram Parsons et puis un bouquet final assez rock. Les spectateurs sont conquis, ils ont vécu ce soit un excellent moment, ce lundi, à l’Orangerie !

(Organisation Botanique)

 

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