La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Hooverphonic
Suede 12-03-26
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Pawn shoppe heart

Jason Stollsteimer était un ami de Jack White. Mais depuis que ce dernier lui a abîmé le portrait, les rapports entretenus par les deux formations issues de Detroit ne sont plus au beau fixe. Faut dire qu’avant de se retrouver à l’hosto, Jason avait cassé du sucre sur le dos du chanteur/compositeur/guitariste des White Stripes. Bref, à l’avenir, les organisateurs de concerts ont tout intérêt à ne plus les inviter à la même affiche. A moins de souscrire une bonne assurance… Venons-en donc au deuxième album des Von Bondies. Un disque sympa. Qui passe au crible le rock’n roll et le blues des 50’s, des 60’s et même des 70’s. A la mode garage. Otis Redding, Little Richard, Chuck Berry, Sreamin’ Jay Hawkins, les Animals, les Go Go’s, les Stooges, T Rex et Bowie (NDR : pensez à « The Jean Genie » et à « Rebel Rebel ») sont ainsi revisités en 13 fragments (NDR : il y a un morceau caché) et trois mouvements. Dans un style qui rappelle tantôt les White Stripes (NDR : faut pas leur dire hein, on n’est pas masos !), tantôt le Jon Spencer Blues Explosion, tantôt les Cramps. Le quatuor rend même un hommage au groupe new-yorkais sur « Poison Ivy ». L’elpee recèle également en « Ben swank », une compo réminiscente du « I’ a man » du Spencer Davis Group (NDR : à une époque où Steve Winwood y sévissait encore). Le son est crade, très souvent hanté par la guitare surf. Le tempo furieux ou nonchalant. Le climat moite, viscéral. Une sensation accentuée par le vocal sensuel de Jason, soutenu par des vocaux féminins qui ne le sont pas moins (NDR : sensuels bien sûr !). Une plaque qui inclut, bien sûr, l’inévitable single « C’mon c’mon » et dont la production a été assurée par l’ex Talking Heads, Jerry Harrison.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

The ultimate indie hooks compilation Vol.1

Concoctée par le label français Alcatraz, cette compile nous entraîne à la découverte de 9 groupes ou artistes en 10 morceaux. Le trio parisien Proxima a ainsi droit à deux plages, une formation qui avait d’ailleurs fait l’objet d’une chronique en 2002, pour son elpee « Music for pleasure ». Quatre autres formations issues de l’Hexagone ont ici encore droit au chapitre. Tout d’abord l’excellent Foggy Bottom, dont le rock noisy est aussi sucré que celui du défunt Sugar de Bob Mould. Arsen, ensuite. Niçois, cet ensemble pratique un punk calqué sur Placebo. Chez Amok, on imagine facilement une rencontre entre Luis Trio et Jean-Louis Murat. Reste Curtain. Une pâle imitation de Depeche Mode qui aurait troqué ses synthés pour des guitares. Trois bands nous viennent de l’autre côté de la Manche : Ely, Surface et Cutback. Irlandais, Ely pratique un post punk vivifiant, rafraîchissant, qui évoque Wedding Present. Les deux autres sont britanniques. Surface lorgne manifestement du côté des Smiths, alors que le mélange de pop et de funk affiché par Cutback n’a malheureusement pas le punch de Shriekback. Une seule américaine : Barbara Ann. On suppose qu’elle s’est inspirée des Beach Boys pour s’inventer un nom de scène. Musicalement elle flirte avec une sorte de metal proche de Juliana Hatfield, et chante un peu à la manière de Vanessa Paradis. Un beau brin de fille ! C’est d’ailleurs elle qui montre sa petite culotte sur l’image de la pochette.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Sundays Nights / The songs of Junior Kimbrough

Junior Kimbrough est décédé en 1997. Victime d’une crise cardiaque, il allait avoir 67 ans. Destin cruel pour ce formidable guitariste qui n’a connu son âge de gloire qu’après 1991. C'est-à-dire à l’issue de la projection du documentaire « Deep Blues », signé Robert Palmer. Il aura cependant encore le temps de commettre cinq elpees avant de s’éteindre. Kimbrough avait conçu son propre boogie blues dans son juke joint de Chulahoma ; une musique réputée sensuelle, viscérale, ténébreuse, primale, menaçante, malsaine, venimeuse et hypnotique qu’il communiquait à travers ses riffs de guitare, tout en grommelant d’une voix gémissante, traînante… Pour le reste, ne m’en demandez pas plus ; je vous renvoie aux textes de Jean-Claude, notre spécialiste en blues. Car cet opus n’est pas vraiment un disque de blues. Mais un recueil d’adaptations commises par 15 artistes différents en hommage à Junior. Certaines versions risquent même de provoquer des poussées d’urticaire chez lez puristes du blues. A l’instar de celle du « Sad days lonely nights » de Spiritualized. Plus proche du Velvet Underground que de Mr K. D’« I feel good again », traduite en chanson pop contagieuse par Pete Yorn. De « Lord have mercy on me » d’Outrageous Cherry. Flash-back psychédélique que les Stone Roses auraient pu recréer, s’ils s’étaient décidés un jour à reprendre Jimi Hendrixx. Et la plupart des artistes qui participent à ce tribut parviennent à donner une autre dimension aux chansons de Junior. Iggy Pop et ses Stooges (NDR : ils avaient tourné avec K. peu de temps avant sa mort) ont réalisé deux versions de « You better run ». Une première trempée dans le rock’n roll sauvage, frénétique. Plus sordide, plus proche de l’esprit de son auteur, la seconde bénéficie de la participation de Mike Watt, à la basse. Epaulé par le défunt Elliott Smith à la guitare acoustique, le Blues Explosion propose une adaptation très cool de « Meet me in the city ». Mark Lanegan à transformé le « All night long » en blues à la fois spectral et lascif. Thee Shams, formation de garage par excellence, a commis une version torrentueuse de « Release me », un peu dans l’esprit des Stones circa 60’s. Cat Power s’est accoquinée à Entrance pour concocter une version lancinante, ondoyante de « Do the romp » ; alors que les Fiery Furnaces sont parvenus à injecter une dose phénoménale de swing au delta blues « I’m leaving », tout en mettant en exergue la voix de juke joint d’Eleanor Friederberger. Tout au long de « Done, got old » des Heartless Bastards, la voix de Peggy Lee cherche à réincarner celle de Janis Joplin face aux fantômes des Small Faces. Vous comprenez pourquoi maintenant, les textes de Jean-Claude sont aussi prolixes. Car The Black Keys, Jim White, Whitley Kirst, Jack Oblivian et les Ponys ont également participé à cet hommage. Et si je m’étais attardé à l’analyse des covers commises par ces derniers cités, vingt lignes supplémentaires auraient été nécessaires…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

How to dismantle an atomic bomb

Vous avez acheté le nouveau U2, en gobant tout ce que les médias vous ont raconté. Même qu’ils affirmaient que le quatuor irlandais avait retrouvé la pêche de ses débuts. Et de « Boy », en particulier. Faut dire qu’à l’écoute de « Vertigo », matraqué sur toutes les ondes, il était difficile de ne pas tomber dans le panneau. Vous regrettez déjà votre achat ? Fallait vous méfier et lire la presse indépendante. Bon, oui c’est vrai, Musiczine ne l’avait pas encore chroniqué. Mais, en général, lorsque nous passons au-dessus d’un album, c’est qu’il n’est pas incontournable. Maintenant, il faut quand même reconnaître que cet opus recèle quatre très bonnes chansons. Le single, bien sûr. L’excellent « Love and peace », composition novatrice, sur laquelle le tandem Eno/Lanois a été reconstitué pour la mise en forme. Le pétillant « All because of you » ; et puis le rafraîchissant et bringuebalant « Crumbs from your table ». Des morceaux sur lesquels la guitare de The Edge a retrouvé tout son tranchant. Et la collaboration de Steve Lillywhite à la production (« Boy », « October », « War », « Under a blood red sky »), n’y est pas étrangère. En outre, les lyrics sont toujours aussi puissants, lucides et humains (NDR : le père de Bono est décédé et il lui rend hommage à travers deux chansons). Bref, tous les ingrédients étaient réunis pour confectionner une petite bombe. Malheureusement démantelée par les 7 autres compos qui oscillent entre le banal et le prévisible en passant par le dispensable. 3,6/10.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Det er mig der holder traeerne sammen

Under Byen (NDR: prononcez ‘Oonda Pooyen’) nous vient du Danemark. D’Aarhus, très exactement. Une formation composée de la bagatelle de huit musiciens. Quatre garçons et quatre filles. Un line up au sein duquel les parties de guitares sont plutôt rares. Mais qui recèle notamment un claviériste/pianiste, un drummer, une bassiste, une violoncelliste et un violoniste. Les autres se partageant une foule d’instruments dont les percussions, le mélodica, les claviers, l’ukulélé, le trombone, la lapsteel et autres éléments insolites ou issus de la technologie moderne. Plusieurs membres du groupe avaient participé à la confection de l’album de Howe Gelb, « The Listener », paru en 2003. Et puis la formation s’est déjà illustrée en composant la bande sonore de longs métrages, ainsi que de pièces de théâtre. Pour enregistrer cet elpee, le band a reçu la collaboration de quelques cuivres. Et puis, il y a la chanteuse, Henriette Sennenvaldt. Responsable des lyrics, elle possède une très belle voix. Dont le timbre velouté, sensuel, rappelle Björk, mais sans les inflexions furieuses et énervées. Eponyme, leur premier elpee avait bénéficié de la collaboration de Manne Von Ahn Öberg », responsable de la mise en forme de « Star », opus de Stina Nordestam. Ce qui explique sans soute pourquoi il était également tapissé de cordes. Une artiste à qui, Under Byen voue une grande admiration. « Det er mig der holder traeerne sammen » se révèle beaucoup plus équilibré, affichant pour dénominateur commun le piano. Naviguant quelque part entre jazz, folk, pop, rock, classique et trip hop, cette œuvre nous plonge dans un univers visionnaire, impressionniste, mystérieux presque féerique. Chaque musicien y joue sur les textures et les couleurs sonores pour construire un paysage émotionnel au sein duquel on a l’impression qu’Henriette chuchote des mots voluptueux au creux de votre oreille (NDR : elle chante en danois, alors ne me demandez pas ce qu’elle raconte ; et puis, c’est toujours mieux de fantasmer, quand on ne comprend rien…) Mais si la musique d’Under Byen concède d’inévitables affinités avec celle de Björk et de Stina Nordestam, elle lorgne aussi vers des ensembles aussi atypiques que Portishead et Sigur Ros. Et un artiste aussi intemporel que David Sylvian. Construite en crescendo, les 12 minutes du final « Om Vinteren » en sont la plus belle illustration. Une plage splendide, envoûtante : un escalier pour la stratosphère…
mardi, 21 avril 2009 22:34

Megaphone’s Judas

Artiste complet, Juan d’Oultremont est surtout connu pour l’émission culte, « Le jeu des dictionnaires », qu’il présente sur la RTBF. Pourtant, il est également responsable de quelques clips et textes pour des tubes qui ont marqué les hit-parades. « Cœur de loup », entre autres. Il est également auteur de romans, de nouvelles et d’une pièce de théâtre ; et puis il a aussi dessiné des pochettes pour le label Blue Note. Enfin, en 2006, il avait commis un premier album, « Bambi is dead », déjà à l’initiative de Miam Monster Miam

Pour enregistrer ce second elpee, Juan a de nouveau bénéficié du concours de Miam. A la composition et à la production. Et on suppose, occasionnellement à la guitare acoustique. Des beats du Dj de Starflam, Mig One. Des vocaux de la comédienne Isabelle Wery sur le titre maître, un pastiche morbide de l’Eurovision (« Suicide one point ») et sur l’argotique « Putain/Purée ». Les textes, vous vous en doutez, sont de la plume de d’Oultremont. Et croyez-le, c’est un fameux jongleur de mots. Cette prose s’avère même périlleuse lors des numéros-phares du spectacle, « Ma trapéziste » et « Cowboy », un drôle de mambo-électro. Un morceau en anglais : « Judas Escariot », sorte d’acrobatie improbable entre les Cramps, Depeche Mode et Sisters Of Mercy. On épinglera également un lugubre « Dolly » qu’il interprète d’une voix déclamatoire, en empruntant des inflexions à Léo Ferré. Des inflexions qu’on retrouve quand même régulièrement tout au long de l’elpee, même si parfois on a l’impression qu’il cherche à moduler son timbre comme Gainsbourg à ses débuts. L’univers de Megaphone’s Judas ressemble à un cirque. Sur la piste, tous les artistes se produisent au même moment. Sauf les clowns. Ils ricanent dans leur coin. Brrrr…

 

mardi, 21 avril 2009 22:32

Le cowboy et la call-girl

Jacques Duvall est surtout connu pour avoir écrit le fameux « Banana Split » pour Lio. Originaire de la région bruxelloise, ce parolier de l’ombre a aussi alimenté la prose des chansons d’Alain Chamfort, des Sparks, de Jane Birkin, de Lisa Ekdahl ou encore d’Etienne Daho. Entre autres. Certains de ses textes sont cependant restés sur le carreau. Et en 2006, il s’est décidé à récupérer certains d’entre eux pour concocter l’album « Hantises ». Elaboré dans le même esprit, « Le cowboy et la call-girl » constitue donc son deuxième opus. Un disque habillé d’une superbe pochette inspirée par la bande dessinée (NDR : on a presque envie d’entrer dans la bulle de ce ‘comics’ !)

Pour enregistrer cet elpee, Jacques a reçu le concours de toute une série de collaborateurs. Tout d’abord le Newyorkais Kramer. A la production (NDR : sa carte de visite épingle notamment Butthole Surfers, Half Japanese, Daniel Johnston et Perverted By Desire) ; mais également aux claviers et au mellotron. L’inévitable Benjamin Schoos. Surtout aux guitares. Normal, puisque ce disque est paru sur son label Freaksville. Et parmi les plus connus, on retiendra encore la présence de Thiery Commen à l’harmonica sur le blues lancinant, abordé dans l’esprit d’un Mark Knopfler, « Ougrée » ; ainsi que Jérôme Mardaga (Jeronimo !) à la steel guitar tout au long de « Marquise ». Vu le titre de l’album, on pourrait croire que la musique proposée lorgne essentiellement vers la country. Pas du tout. Elle privilégie surtout le psyché/blues/garage sixties. Guitares fuzz, torturées, vibrato, stax (« Ta main ») ou surf, claviers rognés, fluides, r&b, voix de crooner, caverneuse (NDR : une sorte d’hybride entre Bashung et Renaud), harmonica hanté (NDR : sur « Comme le font les femmes », un pastiche du « Just like a woman » de Bob Dylan), un zeste de chœurs doo-wop féminins (« La poupée borgne »), du yé-yé (NDR : la ritournelle « Raconte-moi ») et même un slow crapuleux, caressé par le souffle d’une trompette langoureuse, en finale (NDR : le titre maître). Une plage radicalement psychédélique : « Marianne Renoir », tramée dans un style proche de Galaxie 500 (NDR : tiens, tiens, n’est-ce pas Kramer qui avait mis en forme le premier elpee de ce trio mythique ?) Bref, un disque qui tient la route, même si ce décalage entre la solution sonore et les lyrics dans la langue de Molière pourrait heurter les puristes…

 

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Cabin in the sky

“Cabin in the sky” est donc l’album de la reformation pour Tuxedomoon. Nous avions déjà eu l’occasion d’apprécier l’un ou l’autre titre lors de leur prestation accordée dans le cadre des Nuits du Bota, en septembre dernier. Mais vu le perfectionnisme affiché par le groupe en studio, il était assez difficile de se faire une idée exacte du produit fini. Et comme Steven et Blaine nous le confiaient à cette époque (voir interview), il est beaucoup plus instrumental. L’absence de Winston Tong n’explique pas tout, puisque les musiciens ont décidé de consacrer le ventre mou de cet opus à l’expérimentation. Au sein de laquelle l’électronique a une place de choix. Un disque pour lequel ils ont reçu le concours de John McEntire (le leader de Tortoise), des post rockers allemands Tarwater, Aksak Maboul, Marc Collin, Juryman et Dj Hell. Bref des artistes contemporains qui tirent largement parti de la technologie moderne. Au cours de cette phase torturée, plus complexe, on navigue allègrement du jazz (Miles Davies ?) au classique (Debussy ?) en passant par la prog (King Crimson circa « Islands » ?), l’ambient (Eno ?) et l’électro-atmosphérique (NDR : bien évidemment !). Et la liste n’est pas exhaustive. Après avoir traité du cœur de l’opus, venons-en au corps. La tête tout d’abord. « A home away » et « Baron Brown », deux fragments énigmatiques, mystérieux, qui s’inscrivent parfaitement dans la lignée de « Desire » : basse pulsante, cuivres reptiliens, boîte à rythmes capricieux, voix caverneuse… Tout y est ! Dans un univers qui baigne au sein d’un climat hypnotique, envoûtant. Chanté en italien par Reininger sur un ton cabaret, « Diario di un egoista » constitue le parfait pastiche de Paolo Conte. Toute l’œuvre véhicule d’ailleurs un feeling cinématographique, projetant même des images de films noirs ou romantiques. Quoique instrumental, le remarquable « Annucialto » est tramé sur un piano sonore. Légèrement tapissé de bruitages psychédéliques, il me rappelle le célèbre « How much are they ? » de Holger Czukey, Jaki Libezeit et Jah Wobble, mais en moins rythmé. Une composition reproduite en final de l’elpee, mais sous une version différente. Et puisqu’on en vient aux jambes de « Cabin in the sky », Blaine emprunte un timbre de crooner ( Neil Diamond ?) pour interpréter le fragment le plus accessible, « Misty blue » ; alors que le festif, très orienté dance « Luther Blisset » réalise un cocktail plutôt réussi entre cuivres et percussions tribales. En commettant un tel opus, Tuxedomoon déjà réussi son come-back…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

She loves you

On savait que Greg Dulli adorait reprendre les chansons des autres ; un peu comme s’il cherchait à exorciser ses propres influences. En outre, son timbre vocal âpre, tourmenté, sensuel et ténébreux est taillé pour la soul moderne ; ce qui lui permet d’être particulièrement à l’aise lorsqu’il doit tenter ce type d’exercice de style. En 1992, flanqué des Afghan Whigs, il avait déjà consacré un Ep à des covers de Percy Sledge, d’Al Green, des Supremes et de quelques autres. Pour son troisième opus commis en compagnie des Twilight Singers, il a décidé de d’adapter 11 chansons issues d’horizons les plus différents, dont les plus notoires sont signées Björk, Billie Holiday, Fleetwood Mac, Marvin Gaye, John Coltrane, Nina Simone, Hope Sandoval et Mary J. Blige. Et le résultat est franchement à la hauteur. Dans un style qui rappelle le « Gentlemen » des whigs afghans. Parce qu’on y retrouve très souvent l’énergie rock qui en faisait tout son charme. Mais le plus étonnant procède de sa manière unique de se réapproprier les compos des autres. A un tel point que très souvent on reconnaît à peine la version originale. Ce qui ne veut pas dire que les Twilight Singers dénaturent leurs adaptations. Non, ils leur donnent simplement une toute autre dimension. Du grand art !
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Sideshow

Le 3 juillet, Mark Sandman, le chanteur/bassiste de Morphine, succombait à une crise cardiaque. A Rome. Au beau milieu d’un concert. Un an plus tard, Dana Colley (le saxophoniste) et Billy Conway remontaient un nouveau projet en compagnie de Laurie Sargent (NDR : l’ex chanteuse de Face To Face) : Twinemen. Toutes celles et tout ceux qui s’attendaient à un remake de Morphine en sont pour leurs frais. Bien sûr on retrouve le(s) saxophone(s) hanté(s), envoûtant(s) de Dana et les drums minimalistes de Billy. Mais la voix légèrement soul de Laurie semble surtout taillée pour la pop. Le trio a pourtant reçu le concours de toute une série de collaborateurs et puis se partage toute une panoplie d’instruments : depuis l’orgue au vibraphone en passant par l’harmonica, la guitare, les percus, et une variété de cuivres et d’instruments insolites ou pas. Malheureusement, il faut attendre la moitié de l’album et le bluesy « The definition of truth » pour se mettre quelque chose de consistant sous la dent (NDR : dans l’oreille ?) et surtout quitter cette mauvaise sensation de musique destinée à la bande FM américanisée. On a ainsi encore droit à « Saturday », sorte de rencontre hypothétique entre le Blues Explosion et Captain Beefheart, ainsi qu’à un étrange « A little strange » au cours duquel nos deux ex Morphine se décident enfin à tirer la couverture de leur côté. Mais lors du final, Dana décide à nouveau d’ouvrir la bouche et flanque toutes les bonnes intentions manifestées sur ce « Circle », terre (NDR : et ce n’est pas la faute à Voltaire !)