Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Jean-Claude Mondo

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lundi, 13 juillet 2015 09:57

1953

Cette Canadienne n’est pas née de la dernière pluie. Et pour cause, elle compte une carrière longue de 35 années. Elle a été choriste pour Ronnie Hawkins et tourné en compagnie du regretté Long John Baldry. Elle compte cinq albums à son actif. Dont ce "1953", enregistré au sein du studio torontois Phase One, en compagnie des Tucson Choir Boys, soit les guitaristes Sameday Ray et Dave the Cat, la percussionniste Kristine KK Walsh et le bassiste Les Graham.

Reconnaissons que dès les premières secondes de "Dime store lover", on est troublé par la voix de Cheryl ; une voix assez graveleuse, forgée par les vicissitudes de la vie, une voix qui a du potentiel, du relief et de la puissance. Une compo plutôt blues au cours de laquelle, les vocaux donnent la réplique à la guitare et surtout au piano de Steve O'Connor. Et elle chante superbement encore le "Soul shakin' romance", une plage de pop/rock/soul qui baigne au sein d’un climat réminiscent de la fin des 50’s, début des 60’s. Les cordes acoustiques de Dave the Cat sont un véritable régal tout au long de ce morceau qui aurait pu servir de 45trs dans un juke-box de l’époque. Une même atmosphère imprègne "Surrender", une ballade bluesy signée par son amie Lynn Jackson. Les échanges entre la voix de Miss Lescom et les chœurs sont sublimes, alors que discrètement, une gratte électrique montre le bout du nez. Plus acoustique, "Just pressed send" adopte un profil légèrement rock'n'roll que balise le piano et l'orgue de Steve. Excellent ! La voix rocailleuse de Cheryl parvient à se libérer d’arrangements subtils sur "Too much time", une piste davantage country voire americana. Elle la pousse un peu sur le rapide "Party girls". Un cocktail savant et délicat de rockabilly, de swing et de jazz, destiné à la danse. Et chante doucement et voluptueusement "It's not you, it's me", une ballade roots indolente, tout en affichant cette réserve de puissance toujours bien palpable. "Places I've been" est un autre titre issu de la plume de Lynn Jackson. La ligne mélodique est imparable. Les chœurs enveloppent la voix de Cheryl qui, lorsqu’elle s’emballe, force le respect. Réalisant la fusion entre rock’n’roll et r&b, "Nice mix of crazy" déménage littéralement, tout en lorgnant sans complexe vers une Tina Turner juvénile. Et les interventions de gratte ne sont pas sans rappeler son ex-époux, Ike. Que du bonheur! Face à l’orgue de Steve O'Connor, Ms Lescom interprète passionnément "Measure of a man". Cet excellent opus s’achève par "Twenty foot memory". La scène de Dave the Cat s'emballe tout au long de ce morceau rythmé, propice à la danse. Un fameux tempérament cette Cheryl !

 

lundi, 13 juillet 2015 09:55

Live at the Mayne Stage

Chanteuse et guitariste de blues, Amy Hart est née dans la grande cité du blues, Chicago. Son début de carrière remonte déjà à 1979, lorsqu’elle militait chez Flash Point, une formation blues issue du Chicago Westside. Elle se produit régulièrement au sein des célèbres clubs de la Cité des Vents, tels que le B.L.U.E.S et Kingston Mines. En 1985, elle émigre à Los Angeles, avant de s’établir à Nashville. Elle fonde son propre label, Painted Rock, en 1999. L’année suivante, elle grave son premier elpee, "Every beat of my heart". Ne parvenant pas à se fixer, Amy s’installe alors à Destin, en Floride, pendant une dizaine d'années, avant de faire une brève halte à Chicago, puis de repartir pour Nashville. Elle y publie son second opus, "Congratulations", en 2011. Flanquée de son backing band (NDR : Gene Bush au dobro, PT Gazell à l’harmonica, son époux Wally Hoffman à la basse et Matt McDowell à la batterie), elle multiplie les tournées et se produit notamment au Mayne Stage (NDR : c’est au nord de Chicago), en juillet 2014. Sa prestation est immortalisée ‘live’ et fait l’objet de son 3ème LP, "Live at the Mayne Stage". Elle y est accompagnée de ses quatre musiciens.

Amy a écrit les douze plages extraites de ce concert. Sept d'entre elles figuraient sur "Congratulations" et cinq sont de nouvelles compos. Pour ce nouvel elpee, elle bénéficie du large réseau de distribution du label Vizztone!

Nous sommes bien en ‘live’, car le groupe est présenté par le maître de cérémonie avant de s'embarquer dans "In the zone", un morceau balayé par l’harmonica de P.T.. Wally joue de sa lourde contrebasse, un œil fixé sur son épouse Amy qui chante, le bottleneck au doigt pour le laisser glisser le long des cordes. Amy possède une voix de fausset, un rien fragile, sensuelle mais veloutée qui colle parfaitement au style. Le souffleur tire encore son épingle du jeu sur "Blues at the Top of the World". Faut dire qu’il n’en rate pas une pour mettre le nez à la fenêtre. Amy a écrit "Get ready" pour son mari, un cri d'amour, qu’elle chante avec conviction et passion. Une excellente roots song. Gene Bush se sert de son dobro comme d’une steel guitare, à l'horizontale. Le ton d'ensemble s’avère homogène. Le band a un son, un style. Et "Put me back" en est encore une belle illustration. Les solistes restent à l'affût, Gene au dobro et Gazell à la musique à bouche. Miss Hart chante impeccablement "Blue eyed blues" et "Even country gets the blues", deux ballades sympas et chaleureuses. P.T. est vraiment le meilleur soliste de l’équipe. Et il le démontre à nouveau sur "Ribcage". "Red dress blues" est sans doute la meilleure plage du long playing. Apparemment, Amy se réserve les parties de guitare, et ses interventions sont remarquables. "Get  the girls dancin'" est d'évidence une invitation au déhanchement. P.T. se révèle toujours aussi inspiré aux côtés du dobro, alors que la voix adopte un ton plus implacable. Titre maître de son deuxième LP, "Congratulations" constitue un point chaud du concert, un morceau ponctué par de bons envols à la slide et l'harmo. Et le concert de s’achever par une nouvelle composition, "You drive me"…

 

lundi, 13 juillet 2015 09:53

Honey for my queen

Chanteur/compositeur/guitariste, Josh Garrett est né en juillet 1979, à New Roads, en Louisiane. Il émigre ensuite un peu plus au Sud. A Houma, très exactement, où il fait ses premiers pas musicaux. Il publie son premier elpee, "Changed man", à l’âge de 24 ans. En 2008, il s’établit à Nashville. Il y grave un double album, "Live on Printer's Alley", en 2009. L'année suivante, il revient en Louisiane, pas loin de Baton Rouge. Et en 2011, il sort encore "String of problems". "Honey for my queen" reflète bien le talent du jeune Josh, inspiré par la Louisiane, ses voyages et sa famille.

C’est le titre maître qui ouvre l’opus. Le tempo est soutenu. La formule est simple, directe et efficace. Clay White souligne de son harmonica les couplets chantés par Josh. CR Gruver se consacre au piano roadhouse, alors que Josh concède parcimonieusement quelques lignes de guitare. L'ambiance est sereine et décontractée tout au long de "Memphis". Un climat cool réminiscent du blues des marais de sa Louisiane natale. La voix de Josh est ici bien claire, mais déterminée. "Same boat" est imprimé sur un rythme plus soutenu. Josh bénéficie du concours de James Johanson, un vétéran qui a milité au sein du backing group du légendaire Slim Harpo, l'un des fers de lance du swamp blues. James se réservait ainsi la partie de gratte sur le plus grand succès de Harpo, "Baby scratch my back", un morceau qui remonte à 1966. Un bail ! Il donne également la réplique vocale. Et pour la circonstance, on ressent une parfaite fusion entre deux bluesmen locaux, issus de générations différentes… Acoustique, "Goodnight Goodnight" est une piste très roots, caractérisée par un échange subtil entre cordes et harmo. La rythmique est soutenue tout au long du superbe instrumental "Slide in G". Les échanges opérés entre la slide, l'harmonica et l'orgue sont nerveux mais fondamentaux. "Easy chair" est un blues à la fois limpide et séduisant. Garrett multiplie les interventions spontanées, des chapelets de notes qu’il aligne sous le coup d'une inspiration sans limite, pendant que l'orgue Hammond chaleureux de CR Cruver balise l’ensemble. Toujours bien laidback, "Whole bottle of wine" fleure bon la Louisiane. On ressent le bonheur et la complicité des musiciens dans leur interprétation, des musiciens qui n'hésitent pas à reprendre le refrain en chœur : CR, Corey Duplechin et Joey Breland. La reprise du "Ain't nobody's business" de Freddie King est somptueuse. Une adaptation minimaliste, au cours de laquelle l’artiste injecte toute sa sensibilité en dialoguant avec ses cordes, dont il se délecte. "Dat's alright with me" est lancé au galop, mais surtout reflète une immense joie de vivre et de la bonne humeur. Une piste de country/roots alimentée par le piano roadhouse, la guitare en picking et le violon de Waylon Thibodaux. Ce superbe long playing s’achève dans une atmosphère néo-orléanesque. Drums et percus en première ligne, l’harmo de Clay White et les ivoires de CR Cruver se chargeant de la cultiver…

 

lundi, 13 juillet 2015 09:51

Down in the dirt

Chanteuse/guitariste, Amanda Fish drive son propre band, spécialisé dans le blues/rock. Elle s’est établie à Kansas City, dans le Missouri. C’est la sœur aînée de Samantha Fish qui se taille un certain succès, depuis quelques années. Son backing group réunit trois musiciens, le drummer Kristopher Schnebelen (ex-Trampled Under Foot), le chanteur Sean McDowell et le bassiste Cole Dillingham. Ces deux derniers se consacrent aussi parfois aux vocaux. Elle signe son répertoire, seule ou en compagnie de son partenaire, McDowell.

Nerveux, bien funky, "I'mma make you love me" ouvre la plaque. La section rythmique  est solide et soudée dans la manœuvre. La voix d'Amanda est superbe et naturellement autoritaire. Invité, le jeune Brody Buster (NDR : il émane du Kansas voisin) fait chauffer son harmonica. "Player blues" est une ballade roots très agréable à écouter. Et lorsque la slide de McDowell transperce l’expression sonore, c’est un réel bonheur! Un riff musclé balise le blues/rock "Wait", démontrant ainsi la diversité de style du combo! Une nouvelle preuve ? La ballade country "Guess I'll lay down", sans doute chantée par McDowell, devant le violon de Jacob Hiser (Hiser Brothers) et le piano de Liam Goodrick. Nouveau changement d’atmosphère pour "Prisoner of your touch", une plage aux saveurs latines délicatement parfumées de jazz, qu’entretient le piano de Goodrick. Une compo interprétée par une voix masculine. "Boots on the ground" est sculpté dans le R&B funkysant. "I don't need it" marque un retour au blues pur. Talentueux espoir, Brody Buster imprime nonchalamment le tempo de son harmonica, avant qu’il ne soit relayé par la guitare de Coyote Bill (un ami issu de Kansas City). Epatant ! Amanda s'enfonce plus loin dans le Delta pour déclamer son "Hard walkin' blues". Elle chante, la voix saturée d'émotion, devant une guitare rythmique qui s'impose, avant l'explosion attendue des cordes. Clairement blues, "Lady of the night" adopte un bon rythme, proche du "Help me" de Sonny Boy Williamson. Tel un cortège funéraire, "Breaking me down" avance lentement. Le ton est tragique, le dépouillement total. La ligne de basse grave. A tout instant, les cordes sont prêtes à hurler de désespoir, et lorsque enfin elles se manifestent, c'est avec beaucoup de pudeur et de tristesse. "Watch it all burn" change une fois encore de registre, un R&B tapissé par l'orgue de Tyson Leslie. D’excellente facture, cet LP s’achève par le titre maître, un long blues déclamatoire aux accents dramatiques. Amanda vit son chant. Elle hurle son mal-être. Dévorante, ravageuse, torturée, la gratte de McDowell nous entraîne alors au cœur d’un trip psychédélique.

 

lundi, 13 juillet 2015 09:48

Elevator man

Agé de 61 ans, ce chanteur/compositeur/guitariste est originaire de Tulsa, dans l’Oklahoma. En 1981, il avait eu le privilège de se produire en compagnie du légendaire Clarence 'Gatemouth' Brown. Au cours des eighties, Scott s’établit à Los Angeles et début des nineties, il monte son propre band. Il grave alors ses premiers elpees : "Chains of love" en 1993 et "Live at Joey's" en 1995. Il retourne ensuite chez lui à Tulsa et publie alors "Steamin" en 1997, "One step from the blues" en 2000, "Cold hard cash" en 2001, et "Bad case of the blues" en 2003. Son Scott Ellison Band rencontre pas mal de succès. Paru en 2008 sur le label Earwig, "Ice storm" recèle même un hit, "Cadillac woman". Son dernier opus, "Walking through the fire", remonte à 2011. "Elevator man" a été enregistré à Tulsa, sous la houlette de Walt Richmond, un claviériste qui tournait régulièrement avec le regretté JJ Cale et Eric Clapton. Scott signe les treize plages.

Un son spécifiquement ‘Tulsa’ imprègne "Holler Help", le morceau qui ouvre l’LP. La voix de Scott est excellente. Torturée par les effets, sa gratte nous assène une véritable claque. Et "Arlene" poursuit dans cette même veine, mais sur un riff créé par la basse de Charles Tuberville, alors qu’invité, le vétéran local Jimmy Markham tire son épingle du jeu à l’harmo. Puissants, les vocaux d’Ellsion sont soutenus par un chœur féminin, tout au long de "Behind that smile", un blues lent aux accents dramatiques, tapissé par les interventions luxuriantes de l’orgue Hammond et balayés d’accès de gratte bien sentis. Très roots/blues, "Fishsticks and Jelly" nous entraîne vers le delta. Sous l’impulsion de la slide acoustique aux cordes métalliques. Soulignée par celles des choristes, la voix d’Ellison est au bord de l’agonie tout au long du funky blues "Elevator man". Le tempo accélère sur "Jesus loves me", une piste au cours de laquelle la gratte, tranchante et acérée, ne tient plus en place et hurle sous les doigts nerveux de Scott. "School girl" baigne au sein d’un climat néo-orléanesque. Les rythmes sont festifs et percussifs. La section rythmique y excelle, tant Chuck Blackwell sur ses drums que Tuberville à la basse. Ce qui n’empêche pas la six cordes de décoller pour atteindre un nouveau sommet. Largement amplifiée elle s’extirpe des percus brutes et dépouillées, pour nous emmener dans les collines du Nord du Mississippi sur "Put you down". Le bassiste Jon Ferris, le batteur Robbie Armstrong et l’harmoniciste Jimmy Markham apportent un solide coup de main à Mr Ellison sur le shuffle puissant et entraînant, "Hit it, get it and go". La gratte pousse sans cesse de petits cris tout au long de "Wear out your welcome", un autre blues nonchalant. Nouveau coup de boost au tempo pour amorcer "I thought I'd be gone", un blues pétillant que chante Scott d’une voix affectée, pendant que la section rythmique impose un tempo implacable et que la slide frémit. Le mal de vivre envahit le sauvage "My little sheba". Le climat y est métallique, volontairement belliqueux. Nous ne sommes pas loin de la frénésie du hilbilly institué dans le Mississippi. En finale, "She's on my trail" synthétise parfaitement cet opus. Le son est musclé et offensif. La section rythmique opiniâtre, incitant le leader à faire geindre sa guitare, le plus souvent possible. Le meilleur opus de Scott Ellison. Passionnant !

 

lundi, 13 juillet 2015 09:47

Blow up the Moon

Blues Traveler est un jam rock band. Il est né 1989, à Princetown, dans le New Jersey. Le fer de lance est sans nul doute le chanteur/harmoniciste John Popper. Il est soutenu par le guitariste Chan Kinchla, le claviériste Ben Wilson, le bassiste Tad Kinchla et le drummer Brendan Hill. "Blow up the Moon" constitue leur douzième album. Il fait suite à une compile baptisée "25", et parue en 2012, sur le label Hip-O.

"Hurricane" ouvre l’elpee. La compo la plus percutante. Pas pour rien qu’elle soit sortie en single. La ligne mélodique est bien palpable. Le chant bien mis en exergue. Les claviers et les percus sont cependant programmés. Heureusement, l'harmonica de Popper fait déjà la différence. "Blow up the moon" ne manque pas d’allure, mais il est excessivement chargé de sonorités synthétiques. La responsabilité en incombe au duo 30H!3, réunissant Nathaniel Motte et Sean Foreman (NDR : ils sont issus de Boulder, dans le Colorado). Rome Ramirez produit, se réserve les guitares et signe "Castaway", une plage qui adopte le rythme du reggae. Formation californienne de hip hop et de ska punk, Dirty Heads est dans le coup. La même équipe attaque "Vagabond blues". Ce n'est pas du blues, mais bien du hip hop, bien construit, parfaitement mis en forme, mais complexe. Ce projet est le résultat de la collaboration entre Blues Traveler et différentes entités musicales très différentes. "Top of the world" bénéficie de la synergie entre BT et Hanson, un groupe pop/rock formé par les frères Hanson (NDR : Le trio est originaire de Tulsa). Et le résultat est plutôt réussi. L'harmonica est balisé par les cordes d'Isaac Hanson et l'orgue de Taylor Hanson. "Nikkia's Prom" est le fruit d'une coopération avec un autre groupe pop/rock, Plain White T's. Pas mal du tout ! La plage la plus réussie à mon goût est certainement "Matador". John Popper y est épaulé par Thompson Square, un couple impliquant Keifer et Shawn Thompson qui pratique de la country. Les voix et les arrangements sont absolument superbes. Et la même équipe s’attaque à "I can still feel you", une excellente piste ponctuée par un envol extraordinaire de l'harmonica! Secondhand Serenade est le projet de John Vesly, un musicien de rock californien. Les deux John chantent ensemble "The Darkness We All Need", une jolie ballade au cours de laquelle Mark Evitts (un jeune multi-instrumentiste issu de Nashville) joue du violon, de la viole et du violoncelle. New Hollow est un jeune trio rock originaire de l’Ohio. Associé à BT, il nous propose "Jackie's Baby", une piste de pop/rock assez savoureuse. Jewel (NDR : elle est née à Payson, dans l’Utah) est actrice de cinéma et de séries TV. Elle chante également. Elle pose sa voix suave et fragile sur "Hearts are still awake". Bowling for Soup est un quatuor pop/punk texan. Il participe à deux morceaux auxquels il communique de bonnes vibrations. La voix de Jarett Reddick et les deux guitares sont épatantes, tant sur l’intense "I know right" que le nerveux "Right here waiting for you". L'elpee s’achève par "All the way", une pop song que John Popper et l'acteur/réalisateur Thomas Ian Nicholas chantent de concert. Si la production est particulièrement soignée et a certainement nécessité un énorme boulot, l’œuvre s’avère inégale, vu la disparité des différents intervenants. 

 

dimanche, 21 juin 2015 17:22

Don't lose this

Roebuck ‘Pops’ Staples était chanteur de gospel et de R&B. Véritable légende, il est né dans une plantation de coton du Mississippi, en 1914 ; et il est décédé en décembre 2000. Il était le patriarche et le fondateur du groupe vocal, les Staple Singers, au sein duquel militaient son fils Pervis et ses filles, Mavis, Yvonne et Cleotha. Jeune, il avait côtoyé les bluesmen mythiques Charley Patton, Robert Johnson et Son House. Pops avait enregistré ses dernières chansons en 1998. Sa fille Mavis lui avait promis de les graver sur disque. Et elle a tenu parole. Elle a donc achevé les sessions originelles de son père afin de publier cet elpee posthume. Si Mavis a reçu le concours de son producteur, Jeff Tweedy, par ailleurs leader du groupe Wilco, elle s'est chargée pratiquement de tout le reste.

"Somebody was watching" ouvre l’opus. Une plage empreinte de douceur et de beauté. La voix de Pops est limpide. Il gratte parcimonieusement sa guitare électrique. Jeff Tweedy se charge de la basse, et son fils Spencer des drums. Mavis et feu son paternel échangent leur voix désespérées sur "Sweet home", face aux cordes raffinées de Tweedy. Caractérisés par les accords de gratte délicats de Pop, "No news is good news" adopte un tempo plus enlevé. Spencer se réserve les percus, et Scott Ligon le piano électrique. Pas de Pops pour "Love on my side". Mavis chante face à ses deux frangines. Excellente vocaliste, douée d’une voix naturellement puissante, Mavis rencontre aujourd’hui un franc succès. L’émotion est palpable, lorsque Pops, seul, uniquement armé de sa gratte, chante le traditionnel "Nobody's fault but mine", un morceau enregistré à l'origine par Blind Willie Johnson, en 1926. Plus rythmé, "The lady's letter" est balisé par les ivoires. Pops y est entouré de ses trois filles, comme à la belle époque des Staple Singers. Mais de toute évidence, Pops est au sommet de son art, quand il chante dans un climat mélancolique. Son timbre angélique est envoûtant. A l’instar de "Better home". Il interprète encore le traditionnel "Will the circle be unbroken". D’excellente facture, cet LP s’achève par un témoignage ‘live’, la reprise du "Gotta serve somebody" de Bob Dylan. Pops et ses trois filles chantent face à la basse, l’orgue et deux batteries. C'est lui qui est annoncé comme guitariste ; et si c'est bien le cas, il est vraiment brillant !

 

dimanche, 21 juin 2015 17:12

Is it still good to ya?

De son véritable nom Todd, Gaye Adegbablola est une chanteuse/guitariste américaine de couleur noire. Née en Virginie, elle est diplômée en biologie et chimie de l'université de Boston. Elle est ainsi devenue professeur. Mais c’est également une brillante activiste. Elle a été surnommée Adegbalola par un prêcheur yaruba, en 1968. Elle est cofondatrice du groupe féminin Saffire – The Uppity Blues Women. Une formation qui a sévi 1984 à 2009 et enregistré de nombreux albums pour le label Alligator. Elle se produit aujourd'hui en solo ou en duo, mais aussi en compagnie de Wild Rütz, un combo dont le blues a cappella est uniquement soutenu par quelques percussions et de rares cordes acoustiques.

Le line up du backing group réunit la Californienne (San Francisco) Tanyah Cotton, Gloria Jackson et Marta Fuentes, une Portoricaine de naissance. C'est Gaye qui signe l’ensemble du répertoire.

De percus primaires introduisent "Is it still good to ya?". Gaye chante seule face aux chœurs des trois Wild Rütz. Et il s'agit bien de blues a capella. Il faut reconnaître que ces voix sont envoûtantes. Sur "Giving you my mojo", le chant est légèrement doowop. La tonalité des vocaux est très large et oscille de basse à très aigue. "Eye candy" est un superbe blues, au cours duquel Adegbalola joue de la slide. Et les sonorités qu’elles dispensent sont limpides. "Fireballin'" serait une chanson à boire. Il est vrai que nos quatre dames semblent bien joyeuses. Savoureux, "Boy in the boat" est sculpté dans le pur doowop. Outre leurs harmonies lumineuses, les musicos se consacrent aux percussions : djembes, gombos, tambourins, jugs, spoons, congas, flat drums et j’en passe. Des vocaux qui se conjuguent au cœur d’un ensemble minimaliste, tout au long de "I know you wanna change (but yo' momma won't let you)". Perso, je préfère lorsque Gaye se sert de sa gratte. Elle y aborde alors le blues, à l’instar du ludique "The dog was here first" ou de "Sick leave blues", un morceau imprimé sur un tempo entraînant exécuté par des claquements de mains. Un rythme allègre qu’on retrouve sur "Only one truth", un autre blues dont le message véhiculé souligne que chaque décision dans la vie doit passer par la stricte vérité. Gospel, "Let go let God" est une prière adressée au Seigneur. "You don't have to take it" dénonce la violence conjugale. Et l’elpee de s’achever par "These blues are mine", un dernier blues coécrit par Gaye et son fils unique, Juno Lumumba Pitchford. Un opus est remarquable sur le plan vocal…

 

dimanche, 21 juin 2015 17:11

Wonder Man

Rusty Wright vit à Detroit, dans le Michigan. Ce chanteur/guitariste/compositeur est responsable d’un blues largement teinté de southern rock. Son backing group réunit son épouse, Laurie La Cross-Wright, à la guitare et au chant, Dennis Bellinger, à la basse et au chant, Robert John Manzitti aux claviers et Marc Friedman à la batterie. A son actif : trois albums studio : "Ain't no good life" en 2006, "Playin' with fire" en 2009, "This, that and the other thing" en 2013, et un live, "Live fire", en 2011. Rusty signe les dix plages de l'opus!

Rusty a une bonne voix. Ses interventions à la gratte sont très affûtées et son style est vif et concis. Soutenu par une section de cuivres, "Wonder man" ouvre l’elpee, une piste bien rythmée. Tout comme "Ain't that the blues". Les vocaux sont bien sculptés dans le southern rock, tout au long de ce blues de bonne facture, tapissé par l'orgue de Mazitti et au cours duquel Wright s’autorise une excellente sortie sur les cordes, toute en décontraction. Marc imprime le tempo du boogie à "Black hat boogie" pendant que l'ensemble des musiciens reprend le refrain en chœur. Et ce sont les claviers qui le balisent sur "You know I know", une piste calquée sur le riff de "Green onions", avant que le piano électrique, l’orgue et les cordes du leader ne prennent leur envol. D’excellentes harmonies vocales balaient "Love’s gonna treat you right", un blues/rock qui ne manque pas de charme. "Gonna come a day" nous entraîne au cœur du Texas. Les cordes de gratte sont généreuses mais efficaces. Instrumental nerveux "Corvette sunday" nous entraîne sur les routes américaines, un titre qui permet au cours duquel chaque musicien tire son épingle du jeu. "Arms of another" en revient au southern rock. Les interventions d’orgue sont chaleureuses. Rusty chante à la manière de Greg Allman. La six cordes est intenable. Un climat réminiscent du Sud profond qui contamine également "Whiskey drinkin' woman". Rockin' blues pétillant, "Chinfoot ball" clôt l’LP. Un morceau hanté par Deep Purple, et tout particulièrement l’orgue (Jon Lord ?) et la guitare galopante (Ritchie Balckmore ?)

dimanche, 14 juin 2015 00:47

Oh yeah

Les Pays-Bas viennent d’enfanter un nouveau groupe. Un de plus, serions-nous tentés d’ajouter. Manifestement, le blues contemporain y est en pleine effervescence. Rusty Apollo nous vient d'Amsterdam. Un quintet fondé au printemps 2014. Il réunit Rogier Van der Ploeg (ex-Soviet Sex, Blue Murder, Astral Bodies) à la gratte, Onno Vorhoeve (ex-Cadillac Walk) à la slide, Kim Snelten (ex-Drippin Honey) à l’harmo, Mike Meijer (ex-Gigantjes) à la batterie et Michiel Van Leeuwen (ex-Gruppo Sportivo, Rudolph Dancer) à la basse. Ces trois derniers se partagent les vocaux. Un aréopage de musiciens issu d'univers différents qui ont décidé de s’associer sous la bannière du blues! Une union bien scellée ou simplement momentanée ? Difficile à dire, car l’elpee n’épingle que des reprises de titres, pour la plupart notoires dans l'univers du blues.

La cover du "I'm going down" de Don Nix ouvre l'opus. La voix de Mike Meijer est âpre. L’harmo de Snelten s’impose naturellement. Mais les deux sixcordistes tirent également leur épingle du jeu. Celle du "I'm going upstairs" de John Lee Hooker est plus enlevée, un boogie chanté par Michiel Van Leeuwen et lacéré par quelques petits coups de griffe assénés par l'harmo. Le meilleur bluesman du lot est sans aucun doute Kim Snelten qui propulse le riff célèbre du "Mellow down easy" de Willie Dixon, popularisé par Little Walter. Le "Smokestack lightning" de Howlin' Wolf nous entraîne dans une transe hypnotique. Impérieuse, la section rythmique favorise la progression acide des guitares. Calme et sérénité reviennent au cours de l’indolent "Highway 13", un morceau signé John Lee Hooker. Epaulé par l'harmo et la slide d'Onno, Michiel murmure plus qu’il ne chante. La plage monte ensuite en puissance, se chargeant d’une profonde intensité dramatique, lorsque les cordes largement amplifiées se joignent à l’ensemble. Retour aux origines du blues et à ces fameux ‘fife'n'drums’ pour le "Chevrolet" de Memphis Minnie. Seules les percussions de Mike et la flûte d'Onno se conjuguent pour baliser la voix profonde, caverneuse et déclamatoire de Meijer. Caractérisé par ses percus à l’avant-plan, le "Kokomo me baby" de Mississippi Fred McDowell est un blues primitif et originel. L'harmonica participe au riff. Les deux grattes fluctuent discrètement. Un morceau qui gagne en intensité en fin de parcours. Le prologue de "Back door man" est totalement déjanté. Issue de la plume de Willie Dixon, cette compo a été popularisée par Howlin' Wolf, en 1960. Les six cordes sont à l'agonie et gémissent de désespoir. Rusty Appolo semble dans son élément quand il adapte le répertoire de Wolf. Snelten brille sur sa musique à bouche, tout au long de "Wreck my life". La cover du "Take out some insurance" de Jimmy Reed s’étire sur le rythme paresseux du blues des swamps louisianais. En finale, Rusty Appolo s'attaque au "Crawling King snake" de Big Joe Williams, un titre écrit en 1941 et repris par une multitude d’artistes, dont Howlin' Wolf en 1966 ; et c'est bien entendu la version de ce dernier qui inspire nos Bataves. La voix de Mike Meijer est la plus adaptée pour perpétuer l'esprit de Wolf. Kim se défonce sur son harmonica ; ce qui nous plonge à nouveau dans une ambiance hypnotique. Si cet elpee est de bonne facture, il faut espérer que Rusty Appolo puisse se montrer aussi intéressant dans un répertoire plus personnel…

 

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