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mercredi, 06 mai 2015 19:40

Hey Joe opus Red Meat

Otis Taylor est un chanteur de couleur noire. Agé de 66 balais, il est issu de Chicago. Il s’est intéressé très tôt à la musique ; et au cours des 60’s et 70’s, il a notamment vécu à Londres. Pourtant, en 1977, il abandonne sa carrière, avant d’y revenir, vers 1995. Il s’est alors établi du côté de Denver, dans le Colorado. Depuis lors, il a publié une dizaine d'albums et composé la musique de deux films. Otis, dans ses textes, traite de sujets qui ne prêtent pas toujours à sourire : la solitude, les SDF, la tyrannie, l'injustice, les meurtres… c’est un multi-instrumentiste : il joue aussi de la guitare, du banjo, du violoncelle et de l’harmonica. En 2003, il signe chez Telarc, et en profite pour briser les structures conventionnelles du blues. Il emprunte alors un virage psychédélique et crée le trance-blues, un style qu’il développe tout au long de l’album "Truth is not fiction". Otis a toujours voulu suivre une voie toute personnelle. Pour concocter ce nouvel elpee, il s'est enfermé chez lui, au sein du studio Immersive à Boulder, dans le Colorado, en compagnie de ses musiciens, mais aussi de quelques invités. Parmi son backing group figurent la violoniste excentrique Annie Harris, le batteur Larry Thompson (ex-John Mayall, John Lee Hooker Band), le bassiste Todd Edmunds et le guitariste Taylor Scott.

Otis signe toutes les plages. Hormis le traditionnel "Hey Joe". Un titre écrit par Bille Roberts. Taylor nous en propose deux versions différentes, chacune de plus de sept minutes. La première ouvre l'elpee. Une plage bien balancée, remarquable même. On y savoure les interventions au violon d'Anne Harris, au cornet de Ron Miles, et de guitare, toujours aussi subtiles et aventureuses, de Warren Haynes (Gov't Mule). Langhorn Slim, jeune chanteur/compositeur new-yorkais y assume les backing vocals. Instrumental, "Sunday morning" est partagé en plusieurs segments tout au long du long playing. Le premier baigne au sein d’un climat particulièrement atmosphérique, planant même. Une sorte de transe hypnotique au cours de laquelle s’agrègent violon, cornet et les cordes de Taylor, Scott ainsi que de Haynes. Indolent, dépouillé, empreint d’une grande sensibilité, "The Heart is a muscle (used for the blues)" campe un véritable blues. La voix de Taylor est naturellement passionnée tout au long de cette piste interprétée en format quartet. Acoustique, "Redmeat" est sculpté dans le folk/blues traditionnel. Subtilement funky, "Peggy Lee" ne manque pas de charme. Otis est secondé par les cordes acoustiques de Bill Nershi, un voisin de Boulder qui milite au sein du jam band, The String Cheese Incident, et de celles du banjo de David Moore, membre du Langhorn Slim Band. Autre instrumental, "They wore blues" est une plage acide et climatique. Otis se charge de la gratte électrique et est uniquement épaulé par le cornet et la basse. Et ce morceau prélude la seconde adaptation du fameux "Hey Joe". Elle est assez différente de la première. Otis et Langhorn Slim chantent en duo. Anne Harris est préposée à l’archet. Taylor Scott joue de la gratte en rythmique. Daniel Sproul (Rose Hill Drive) s’autorise un envol remarqué sur la sienne. Et le tout est pimenté par un soupçon de banjo, d'orgue et de synthétiseur. Un exercice de style très réussi, il faut le reconnaître. Les deux dernières tranches de "Sunday morning" figurent en fin de parcours, et adoptent une tonalité contemporaine. La dernière est même futuriste et cosmique. Enfin, les drums de Thompson et les cordes hallucinées de Daniel Sproul illuminent "Cold at midnight"…

 

dimanche, 26 avril 2015 17:16

More of the best of Vol. 1

Les Paladins sont issus de San Diego, dans le Sud de la Californie. Un trio qui pratique du roots rock qu’il teinte de rockabilly et de blues. Il est né il y a plus de trente ans. Dave Gonzales et son ami Thomas Yearsley en sont les membres fondateurs. Dave se consacre au chant et à la guitare. Thomas à la contrebasse. Les drums sont assurés aujourd’hui par Brian Fahey. Les Paladins avaient publié huit elpees quand, en 2004, ils décident de mettre un terme à leur aventure. Gonzales monte alors un groupe de country alternatif, The Hacienda Brothers. Depuis, les Paladins se reforment épisodiquement. Comme le combo jouit toujours d’une belle popularité, le label Lux a décidé de sortir une collection baptisée "More of the best of Vol. 1", un recueil sont les plages sont puisées à travers la plupart de leurs long playings.

Pur rockabilly, "Double datin'" ouvre la compile. Il s’agit de leur premier single qui figurait sur une autre compilation baptisée "L.A Rockabilly". Elle était parue en 1982 chez Rhino. Trois perles sont extraites du tout premier album officiel, paru en 1987 : "Honky Tonk all night", "Daddy Yar" et "Hold on". Eponyme, il remonte à 1987 et avait reçu le concours de  Kim Wilson à la mise en forme. Dans le style, Dave Gonzales est un guitariste extraordinaire. Il est solidement épaulé par la basse acoustique de Yearsley. Plus blues, "Hold on" constitue certainement une des meilleures plages du combo. Leur troisième long playing, "Let's buzz", paraît en 1990, chez Alligator. Steve Berlin (Los Lobos) en assure la production. Deux plages ont été sélectionnées sur ce disque, "Follow your heart" et "Let's Buzz". La voix de Gonzales est bien mise en exergue ; et explosives, ses interventions de gratte reflètent une belle évolution dans son jeu. Publié en 1994, l’album suivant, "Ticket home", a été enregistré sous la houlette de Cesar Rosas (Los Lobos). Enrichi de 4 bonus tracks, il est réédité cinq années plus tard et rebaptisé "ReJiveinated". Cinq titres sont tirés de cet LP, dont "15 days", un splendide blues rocker caractérisé par la voix autoritaire de Dave, l’excellent "Elvis' sister", plus Hendrix que nature et le country/rock "Ticket home", hanté par les Byrds (NDR : cette guitare à douze cordes !) Countrybilly, "Tore up from the floor up" est tiré de "Palvoline n°7", un opus qui remonte à 2001. Dernier album studio, "El Matador" date de 2003. Trois pistes en son extraites, dont l'instrumental "Soul farm". Pur rock’n’roll, "Too late baby" est un véritable brûlot, un morceau qui figurait sur le ‘live’ "Power Shake : Live in Holland". Les deux derniers titres sont parus récemment en single ; soit l'instrumental "Should of been dreamin'", tapissé par le piano et l’orgue, et enfin, le très soul/r&b "Wicked". Dans le style, The Paladins est incontestablement la Référence…

dimanche, 26 avril 2015 17:06

Tough Love

Chanteur et guitariste de blues, Tinsley Ellis est né à Atlanta. Après avoir passé son enfance en Floride, il est revenu vivre dans la capitale de la Georgie. En 1981, il fonde les Heartfixers, en compagnie de l'harmoniciste de couleur noire Chicago Bob Nelson. Le band publie deux elpees chez Landslide. En 1988, Ellis signe un contrat auprès de la célèbre écurie blues chicagoan, Alligator. Il lui réserve cinq LP jusque 1997. Il transite quelque temps via Capricorn et Telarc avant de revenir chez Alligator, pour trois long playings : "Live! Highwayman" en 2005, "Moment of truth" en 2007 et "Speak no evil" en 2009. Il y a deux ans, il a fondé son propre label, Highwater Music. Il y sort un album instrumental, "Get it!" en 2013, "Midnight Blue", l'année suivante, et enfin ce "Tough love".

Tinsley a composé les 10 plages de l’opus. Les sessions se sont déroulées au studio The Rock House, à Franklin, près de Nashville, dans le Tennessee. Il y a reçu le concours du très efficace Kevin McKendree aux claviers, de Lynn Williams à la batterie et Steve Mackey à la basse ; ce sont, en fait, des musiciens du Delbert McClinton Band. Ellis a une voix puissante et excelle à la six cordes.

"Seven years" ouvre la plaque. Ce morceau me rappelle quelque part Robert Cray. Surtout à cause de la voix. Proche du R&B, ce titre s’appuie sur une bonne assise rythmique. Ellis nous accorde déjà une brillante sortie, toute en subtilité et originalité, sur les cordes. "Midnight ride" est imprimé sur un tempo enlevé. La gratte épaule en permanence le chant, alors que l’orgue Hammond et le piano de McKendree tapissent l’ensemble. Tour à tour dans l’esprit d’Albert Collins ou de Freddie King, Tinsley s'envole encore et encore, parfois même en dédoublant ses accords. Il entame "Give it away" au dobro, une ballade très mélodieuse. Bien secondé par les ivoires de Kevin, il chante clairement, passionnément, cette compo empreinte d’une grande sensibilité. Bien rythmé, "Hard work" libère un fameux groove. Laidback, l’atmosphère est hantée par JJ Cale. "All in the name of love" est une piste de toute beauté. Elle reflète parfaitement le cœur du style Ellis. Naturellement autoritaire, sa voix domine le sujet sans jamais forcer. Des interventions de trompette et de saxophone viennent enrichir l’ensemble. Dépouillé, "Should I have lied" est le slow blues attendu. La six cordes brille de mille feux et lorgne vers le géant texan disparu, Freddie King, tout au long de ce morceau qui réalise la fusion entre beauté et simplicité. "Leave me" baigne dans un climat cool, spécifique au Sud. Ellis décoche de nouvelles flèches à l’aide de ses cordes. Jamais rassasié, il en propulse à profusion, soutenu par le piano de son compère. Epatant ! Sa voix devient grave sur "The King must die", une nouvelle perle au sens mélodique irrésistible. Le bottleneck sur les cordes, il entame une nouvelle opération de charme sonore. Blues enlevé, "Everything" adopte le style de Jimmy Reed. Nous sommes au cœur des swamps louisianais. Ellis souffle dans son harmonica devant le piano roadhouse de McKendree. Et l’opus de s’achever par une compo à la fois intimiste et indolente. Tinsley double au piano électrique, McKendree siège derrière au mellotron. Une plage dont le sens tragique flirte délicatement avec celui de Tony Joe White. Excellent!

 

dimanche, 26 avril 2015 17:01

Wish for what you want

Ce jeune chanteur/guitariste nous vient du New Jersey. Encore jeune, il vient à peine de fêter ses 30 ans. On ne lui connaît guère de faits d’armes significatifs, hormis sa participation à l’aventure du groupe Boccigalupe and The Bad Boys. Il pratique un hard blues qui doit autant à Jimi Hendrix, Eric Clapton que Stevie Ray Vaughan. Mais en manifestant l’esprit aventureux réminiscent d’un Warren Haynes voire de Derrick Trucks. Billy drive aujourd'hui son propre band, en compagnie duquel il a déjà publié quatre albums, "Live at the Stone Pony" en 2010, "Billy Walton Band" en 2009, "Crank it up" en 2012 et "Neon City" en 2009. Son backing group réunit le bassiste William Paris, le drummer John D'Angelo, le tromboniste Ian Gray et le saxophoniste Sean Marks. Lors des sessions, il a reçu le concours de quelques potes, des sessions qui se sont déroulées au studio Shore Fhire, sous la houlette de Tony Braunagel, le drummer du Robert Cray Band.

L'opus s'ouvre par "Fish for what you want", un blues imprimé sur un mid tempo. Cuivrée, cette plage est tapissée par l'orgue de Mike Finnigan (ex-Taj Mahal Band et ex-Phantom Blues Band). Cet invité communique une sonorité très Memphis au morceau. Billy s'envole sur ses cordes lors d’un solo incisif, bien amplifié. Compo rock, "True lovin' man" lorgne carrément vers Tom Petty and The Heartbreakers. La voix de Bill est d’ailleurs proche de celle de Petty. Au sax, Sean Marks tire son épingle du jeu. Dans le même style, "Mountain" libère des riffs autoritaires mais hantés par Hendrix. Signé Felix Cavaliere, "Come on up" a permis aux Young Rascals de décrocher un hit, au cours des sixties. La version du BWB est très réussie ; une plage bien rock'n'roll caractérisée par de bonnes combinaisons instrumentales. Billy se sert d’une guitare Resonator pour dialoguer avec l'harmonica de Southside Johnny, le leader des Ashbury Dukes, sur "Blues comes a knockin'", un blues rafraîchissant. Cuivré, "Forgive and forget" oscille entre rockin' blues et R&B. Toujours ‘hendrixienne’, la guitare flâne judicieusement. Roots song, "Change " ne manque pas de charme. John D'Angelo balise le tempo. Finnigan siège derrière l'orgue Hammond. Réverbérée, la guitare communique une saveur toute louisianaise à la plage. Autre blues bien amplifié, "Worried blues" est assez proche du traditionnel "Walkin' blues". Et au cœur du Delta, Walton se révèle un gratteur de blues intéressant. Soul ou plus exactement southern r&b, "Till tomorrow" est une piste agréable à l'écoute. La reprise du "Just to walk that little girl home" de Willy Deville et Doc Pomus est excellente. Solides, les percus de D'Angelo dynamisent l’ensemble, alors que Billy s’autorise un nouveau billet de sortie dans l’esprit du grand Jimi ! Pop/roots, "It don't matter" aurait également pu figurer au répertoire de Tom Petty. En finale, "Hudson County Star" nous plonge dans l'ambiance festive de la Nouvelle Orléans. A cause du trombone de Ian Gray et du piano syncopé de Finnigan. Puis cette compo emprunte le rythme du rock'n'roll pour décrire les dérives de la scène politique du New Jersey.

 

dimanche, 19 avril 2015 10:05

Blues transfusion

Innes Sibun est un chanteur/guitariste de rockin' blues anglais. Il a d’abord milité au sein du Blues Explosion, formation qui a publié "That's what the blues can do", un elpee mis en forme par le légendaire Mike Vernon (NDR : il a également produit à l'époque des artistes comme Eric Clapton et Peter Green du Fleetwood Mac), qui avait fondé le label Blue Horizon dans les sixties. En 1993, il est recruté par Robert Plant pour l’accompagner lors de sa tournée mondiale "Fate of nations". Innes va ainsi faire le tour du Monde. De retour chez lui, il reprend ses activités au sein de sa formation et publie quelques long playings chez Viceroy et Provogue. En 2004, Sibun remonte un nouveau backing group. Il repart en tournée et grave quelques opus, cette fois pour le label Zyx. Il y a peu, il a signé chez Blues Boulevard, écurie pour laquelle il a publié "Lost wilderness", fin 2013. Innes a toujours été un fervent admirateur du regretté irlandais Rory Gallagher auquel il est parfois comparé. Pour concocter ce "Blues Transfusion", il a reçu le concours de plusieurs musiciens issus de Bosnie-Herzégovine, mais également comme invités, le bassiste Charlie Jones et le batteur Clive Deamer. Huit plages ont été enregistrées à Mostar, en Bosnie Herzégovine, les quatre autres, en Angleterre.

"Love light" ouvre le long playing. Et c’est de la pure dynamite. Innes chante sans forcer, de manière décontractée. Il concède rapidement un solo dynamique qui fait mouche. Sa voix est soutenue par celle d'Antonja Batinic. "I'll take care of you" est une compo issue de la plume de Gill Scott Heron. Intimiste et tendre en introduction, elle se métamorphose au fil du morceau. Empreinte d’une grande sensibilité, la guitare reste cependant bien au service de la chanson. Sibun se réserve toutes les cordes (guitare, mandoline et basse), devant la batterie de Clive Deamer (ex-Portishead, Radiohead), tout au long de la roots song acoustique "Old time used to be". Instrumental, "Blues for Sherman" est un superbe blues lent dédié à son ami, le bluesman de couleur noire, Sherman Robertson. Innes égrène ses notes sur le fil du rasoir. Sa maîtrise est impressionnante, face à l'orgue Hammond de Gabrijel Prusina. Nonobstant les accords de gratte en dérapage contrôlé, "One of these days" est une plage de rockin' blues très mélodique. Autre instrumental, "Esma" est d’une extrême limpidité, proche de ce que pouvait nous réserver le regretté Gary Moore. Prusina siège derrière le piano pour "Find my way home", un blues/rock classique, imprimé sur un tempo soutenu. Innes nous propose encore deux plages acoustiques, en solitaire. Tout d’abord, "Stari Most". Encore un instrumental au cours duquel il double sèche et clavier. Entre blues et musique classique, sa ligne mélodique est accrocheuse. "Why don't you call me", ensuite. Qu’il attaque au dobro. Il rend alors un très bel hommage à Rory Gallagher en reprenant son "I fall apart", en formule trio. Soutenu par le drummer Dzenan Mujic et le bassiste Atilla Aksoj, on croirait vraiment entendre l'ange irlandais disparu. Speedé, "I used to be your man" émarge au rock'n'roll. Et c’est à nouveau au sein d’un autre trio, impliquant Deamer et Charlie Jones, qu’il clôt cet opus, à travers le blues/rock funky, "Give up the fight".

 

dimanche, 19 avril 2015 10:04

Exactly like this

Doug MacLeod est un bluesman blanc. Américain, il est originaire de New York. Agé de 68 balais, il vit depuis bien longtemps à Los Angeles. Ce musicien privilégie l’instrumentation acoustique. Compositeur prolifique, il a prêté sa plume à de nombreux bluesmen notoires, à l’instar d’Albert Collins, de Pee Wee Crayton, d’Albert King, de Coco Montoya, de Son Seals et de Joe Louis Walker. Il est également conteur. Sur les planches il aime parler longuement avec son public. Il a décroché deux WC Handy Awards en 2014, comme meilleur artiste et pour avoir réalisé l’album acoustique de l'année. Ses débuts discographiques remontent à 1984. Il y gravait alors "No road back home", sur Hightone. Son dernier date de 2013. Il s’agit de "There's a time", paru chez Reference. Le nouvel opus a été enregistré à Marin County, en Californie. Pour la circonstance, il a reçu le concours de grosses pointures ; en l’occurrence le batteur Jim Bott (NDR : militant chez les Mannish Boys, c’est un ex-Mighty Flyers et Fabulous Thunderbirds) et le bassiste Dennis Croy, fidèle à Doug depuis 1999.

L'album s’ouvre par "Rock it till the cows come home", une boogie woogie chargé de swing. Le spectre de Louis Jordan plane sur cette piste, caractérisée par le concours du pianiste Mike Thompson, invité pour la circonstance. Il s’agit d’une des deux seules plages du style sur cet elpee, mais elle met en exergue le talent des musiciens. La voix de Doug est très expressive. Elle a du vécu. A l’instar du remarquable "Too many misses for me", un blues dont le message est authentique. Jazzyfiant, le solo sur les cordes acoustiques est digne de Wes Montgomery. Des cordes empreintes d’une grande sensibilité balaient "Find your right mind", une ballade indolente qui bénéficie, en outre, d’une jolie mélodie. Très roots, elle se signale par son dépouillement extrême. Et la section rythmique exécute le service minimum. Boogie pur et dur, "Vanetta" est abordé sans l’esprit d’un maître du genre, John Lee Hooker. S’étalant sur un peu plus de 7’, "Serious doin' woman" est la plus longue plage de l’opus. Elle rend hommage au prince du blues des swamps louisianais, Tony Joe White. Un compo hantée par l'esprit de son "Polk Salad Annie". Plage instrumentale, "Ridge runner" nous entraîne au cœur des Blue Ridge Mountains, dans les Appalaches. Les percus de Bott et la ligne de basse tracée par Croy tirent ici leur épingle du jeu. Doug chante autoritairement "New morning road", un downhome blues dont les accords de gratte lorgnent vers John Lee Hooker et Lightnin' Hopkins ! Il se sert de son bottleneck pour jouer en slide sur le nerveux "Raylene", un titre sur lequel il confesse sa passion pour les femmes. Plus roots, "Heaven's the only place" est une de ses plus anciennes chansons. Doug la vit intensément. Ses interventions aux cordes sont immaculées. Et cet elpee s’achève un peu comme il avait commencé, à travers "You got it good (And that ain't bad)", une plage qui rend hommage à Duke Ellington, tout en restituant le swing aux acteurs du rythme et au piano de Mike Thompson…

 

dimanche, 19 avril 2015 10:00

Live! From Turtle Island

Correy Harris est un musicien de couleur noire qui pratique avant tout du blues, mais aussi du reggae. Agé de 46 ans, il est originaire du Colorado. Cet universitaire est bardé de diplômes. La sortie de son 1er elpee, "Between midnight and day" remonte à 1995. En 2002, il apporte sa collaboration au Malien Ali Farka Toure, pour enregistrer l’excellent opus "From Mississippi to Mali". Depuis, il a publié une belle volée d’albums sur les labels Alligator, Rounder et Telarc. Il est aussi à l'aise sur la guitare acoustique qu’électrique. En janvier 2013, Corey a signé chez Blues Boulevard ; et dans la foulée, gravé l’LP "Fulton Blues". Ce nouveau long playing a été immortalisé à l'Ile de la Tortue (Turtle Island), dans les Caraïbes. Lors des sessions, il a reçu la participation de quatre musicos, le pianiste/organiste Chris Whitley, le saxophoniste Gordon Jones, le bassiste Jayson Morgan et le batteur Paul Dudley.

"Santoro" ouvre la plaque. Empreinte de charme, cette plage met en exergue la voix puissante de Corey et le sax ténor de Saxman Jones. Basique, "E Blues" est un downhome blues inspiré par le traditionnel notoire "Catfish Blues", un morceau écrit et enregistré par Robert Petway, en 1941. Jones et Corey y excellent à nouveau, et ce dernier sur la gratte électrique. Il a composé "Sista Rose" en l'honneur de sa sœur, une plage séduisante imprimée sur le rythme accrocheur et festif du calypso, qui baigne dans la douceur et le soleil des Caraïbes. Corey nous entraîne ensuite en Jamaïque, lors d’un medley réunissant "Cleanliness"/"Babylon walls"/Ark of the Covenant", qui fait la part belle au reggae. Pas étonnant qu’il ait baptisé son backing group Rasta Blues Experience! "Sweatshop" continue dans le même registre, une piste à nouveau galvanisée par les interventions au saxophone. Jolie chanson soul, "More precious than gold" s’illustre par sa mélodie contagieuse. Un des sommets de cet opus caractérisé par une finale qui retombe joyeusement dans le reggae. Plus jazz et très rythmique, "Where all the kings gone" met en exergue piano et sax, avant que la basse de Brother J Morgan ne prenne le relais, pour s’autoriser un envol, en fin de parcours. Très dansant, "Better way" adopte le tempo rapide du ska. "Basheads" est abordé comme une longue jam. Les accords de gratte sont de plus en plus aventureux alors que le saxophone tutoie les sommets. "A Blues" clôt l’elpee, un superbe blues lent que chante Corey, avec un cœur gros comme ça! Excellent!

 

dimanche, 19 avril 2015 09:59

One night in Amsterdam

Chanteur, guitariste et compositeur, Ian Siegal est l'artiste anglais le plus populaire aujourd'hui dans les milieux du blues et de la roots music. Depuis le début de ce nouveau millénaire, il a publié toute une série d'albums, très bien reçus par le public et la critique. Il cumule les British Blues Awards depuis 2010. Cet opus a été immortalisé ‘live’ au North Sea Jazz Club, à Amsterdam, en avril 2014. Pour la circonstance, son backing group, The Rhythm Chiefs, réunit trois jeunots : le guitariste Dusty Ciggaar, le drummer Raphael Schwiddessen et le bassiste Danny Van't Hoff. Et ils sont bataves. Malgré son jeune âge, Ian a une voix déjà ravagée. Manifestement, l'artiste a déjà sa part de vécu. 

Le concert s’ouvre par une compo imprimée sur le rythme du chemin de fer. Pas étonnant, puisque la plage s’intitule "I am the train". Le très jeune Ciggaar s'affirme d’emblée ; un gratteur hyper doué qui s’est indéniablement forgé un style personnel. Funky, "Brandy balloon" évolue sur un tempo nerveux. Dusty est à nouveau très incisif sur cette piste qui figurait sur l’elpee "Meat & Potatoes", paru en 2005. La voix de Siegal emprunte un timbre caverneux, rugueux, digne de Howlin' Wolf, tout au long de "Kingdom Come", un titre issu de "Broadside", publié en 2009. Très belle compo, "Writing on the wall" est une cover d’un  combo de pub rock anglais, Plummet Airlines. Pas vraiment blues, ce morceau lorgne plutôt vers Van Morrison. Caractérisé par ses accents latins, le jeu de cordes est particulièrement original ; et, en outre, il est remarquable. Les musiciens sont parfaitement soudés. Le guitariste hongrois Ripoff Raskolnikov signe "Temporary", un excellente roots song. Les notes dispensées par Ciggaar sont d’une limpidité incroyable. "Early Grace" est un pur blues inspiré des maîtres originels du Delta. Ian a fixé son bottleneck. La musique est envoûtante, lumineuse, mais également extrêmement dépouillée. Perso, j’estime qu’il s’agit du meilleur moment du concert, tant l’artiste libère de sensibilité. La cover du "Gallo del cielo" de Tom Russell nous entraîne sur les pistes poussiéreuses du Texas. La pedal steel de Dusty réverbère d’évidents accents métalliques, tout au long de ce morceau qui baigne dans la country et le tex mex. Empreinte de douceur, "Queen of the Junior Prom" est une ballade composée par Siegal et Keith Harrison, il y a plus de dix ans. Elle figurait sur son premier LP, "Standing in the morning", un disque paru en 2002 sur le label allemand Taxim. En fin de show, Ian est rejoint par Tees Garthé, dont la voix douce et féminine soutient celle chargée de passion de Siegal, pour interpréter le Love hurts" de Bryant Boudleaux, un titre transformé en hit, il y a bien longtemps, par les Everly Brothers, puis plus tard, par Nazareth. Tees prête encore son timbre frêle sur la finale "Please don't fail me", écrite par Rudy Lentzen, un musicien d'origine indonésienne qui vit aux Pays-Bas. Encore une ballade roots, très inspirée par le blues, caractérisée par de belles parties de cordes. Un excellent concert!

 

dimanche, 19 avril 2015 01:00

Anybody listening

Nés de parents camerounais, Cécile Doo-Kingué est née à New York City. Elle a vécu en France, aux Etats-Unis, et s’est établie aujourd'hui à Montréal, au Canada. Elle chante en s’accompagnant à la sèche, souvent d’une manière assez nerveuse. Son style ? Un cocktail de blues, de soul et d’afro-folk, dont elle puise les sources à ses origines et expériences diverses. En 2010, elle avait gravé "Freedom calling", un album autoproduit. Fin 2012, elle publie "Gris". Chanté dans la langue de Molière, il va lui permettre de décrocher plusieurs nominations locales. C’est toujours en solitaire, qu’elle a concocté "Anybody listening", sous-titré "Part 1 : Monologues" ; mais cette fois en anglais. Il s’agit du premier volet d’une future trilogie baptisée, "monologues" ; car c’est à elle seule qu’elle parle. Comme elle l'avoue, ses chansons traitent de ses expériences, bonnes et mauvaises, de ses vagues à l'âme, ses coups de gueule, ses vices et ses vertus. Sincère, courageuse et déterminée, elle veut rester elle-même.

"Make me" déborde de funk. Expressive, la voix de Cécile s’anime pour chasser le diable qui la possède. "Third World Child" est une compo introspective. Sur un motif inspiré du blues, cette très belle chanson à la mélodie délicate évoque ce que cette fille du tiers monde incarne. Elle plaque des accords secs et nerveux sur sa slide tout au long du très blues "Six letters", un titre qui dénonce le racisme et les atrocités commises un peu partout sur la planète. Cécile se veut positive sur "Little bit". Elle envoie un message d’amour à l’aide de notes guillerettes libérées par ses cordes. Tout au long de "Home", cette citoyenne du monde prône, tant en français qu’en anglais, la tolérance… Imprimé sur un pur rythme blues, "Bloodstained Vodka" est un manifeste pour la défense des droits civiques, de la condition féminine ainsi que de celle des gays qui vivent dans la Russie totalitaire de Poutine. Femme convaincue et convaincante, elle aborde les thèmes du vice et de la dépendance sur "Sweet talkin' devil" et "Animal Kingdom". Teinté de folk et de jazz, "Anybody listening" est une compo qui traite de la solitude ainsi que du besoin d'amour et de communication. Tout au long de cet opus, Miss Doo-Kingué défend ses visions personnelles de la ‘Condition Humaine’. Une œuvre bouleversante réalisée en solitaire, au sein de son propre studio, The Bedroom.

 

dimanche, 19 avril 2015 01:00

Chin up

Chanteur/compositeur/guitariste, John Campbelljohn est âgé de 60 balais. Ce Canadien vit sur l’Ile de Cape Breton, dans la province de Nova Scotia, à l'Est de son pays. Il apprend très jeune à jouer de la guitare et chope le virus du blues en écoutant Robert Johnson, Son House, Fred McDowell et son maître intemporel, BB King! Il devient rapidement un adepte de la guitare slide. Il cite, parmi ses maîtres, Sonny Landreth, Ry Cooder et Duane Allman. En 20 années d’expérience, il a aligné une belle brochette de disques, dont le premier, "How does it feel?", remonte à 1993. Depuis, il les publie sur des labels allemands. L'un de ses derniers, "Celtic Blues – Live in Hamburg", célébrait, en quelque sorte, ses racines celtiques. John signe les douze plages de "Chin up". Il les a enregistrées au sein de son propre studio, en compagnie de Neil Robertson à la batterie, Ronald Hynes à la basse et Robert Campbell aux claviers.

L’elpee s’ouvre par "The Memble boogie", un excellent boogie qui permet déjà à la slide de tirer son épingle du jeu. Et il déménage. Bien soutenu par sa section rythmique, John se consacre au dobro sur le nerveux "I got it all". Les sonorités sont particulièrement métalliques. Il se sert à nouveau de cet instrument pour attaquer "Meet my maker", alors qu’amplifiée, la slide pousse de petits cris. Les cordes sont vivifiantes tout au long de "The poor man says", un titre sculpté dans un funk rythmique. Et il est irrésistible. Le chant est épaulé par les voix féminines de Martha Mae et Megan. Un style qu’on retrouve régulièrement sur cet elpee. A l’instar de "Castaway" ou de l'excellent "Attitude", piste au cours de laquelle la gratte semble soudée à la basse, alors que la slide ne cesse de gémir. Robert Campbell siège derrière le piano sur "How stupid is that", une ballade roots qui permet au dobro de libérer ses plus beaux effets. Les accords de gratte sont légèrement réverbérés sur "Stop making excuses". Légèrement rock, ce blues constitue manifestement une des meilleures plages de l’opus. Blues/rock so british, "Sally in the Alley" évoque le Cream originel. Les accords de six cordes semblent même hantés par Eric Clapton voire Albert King. "Fantastico Supremo" est une plage ludique. John se réserve l’orgue et David Myles se consacre à la trompette sur "Good morning Mr Blue Sky", un titre qui véhicule des accents exotiques. Essentiellement acoustique, "She's gone – My little love song" clôt l’opus, un morceau caractérisé, de nouveau, par la présence très marquée du dobro.

 

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