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jeudi, 14 mai 2015 14:56

Reaching for the light

Steve et Alan militaient chez les Nimmo Brothers depuis 1990, une des meilleures formations écossaises de blues/rock. Depuis quelques années, ils ont décidé d’embrasser une carrière plus personnelle. Alan a monté King King en 2010, un quartet qui s’est établi à Glasgow. La formation a publié "Take my hand" en 2011, puis "Standing in the shadows" en 2013.  En 2012, les Nimmo Brothers avaient néanmoins opéré leur retour en gravant "Brother to Brother", sur le label Armadillo.

Chez King King, Alan se consacre au chant et à la guitare. Le line up est complété par le bassiste Lindsay Coulson, le drummer Wayne Proctor et le claviériste Bob Fridzema. Au cours des dernières années le combo a collectionné les British Blues Awards, dans la catégorie ‘Best Band’ et ‘Best album’.

Le quatuor signe 8 des 9 plages de cet elpee. Le power blues rock de King King véhicule des accents dramatiques. La voix d’Alan est particulièrement puissante. Elle se détache dès "Hurricane", une ouverture au cours de laquelle ses partenaires se chargent des choeurs. Il chante d’un timbre particulièrement expressif, "You stopped the rain", une ballade à la superbe ligne mélodique, dont le groupe a le secret. Malgré l’intensité libérée, Alan exécute sa première sortie sur les cordes, tout en subtilité. Nimmo et Wayne Proctor ont soigné la mise en forme. Elle est focalisée sur l’aspect mélodique des compos, en réduisant le chant libre aux parties en soliste. Ce choix peut paraître discutable. Mais reconnaissons que ce type d’écriture rend l’écoute plus accessible. A l’instar de "Waking up" et "Rush hour". La voix décontractée et tendre rappelle finalement celle de l’ex-Free et ex-Bad Company, Paul Rodgers. L'envol de la guitare a bien été préparé ; dommage qu'il soit si court… Une recette reconduite pour "Crazy", nonobstant un tempo plus enlevé. Bob Fridzema tapisse "Lay with me" de ses interventions chaleureuses au Hammond. "Lay with me" est une douce ballade chargée d’intensité. Une seule reprise : "Just a little lie". Signée Paul Carrack et Miss Charlie Dore, cette version adopte un léger ton funk voire R&B. L’orgue Hammond plante à nouveau le décor sur "Take a look", une plage qui prend une ampleur dramatique. Raffinées, les cordes d’Alan montent progressivement en puissance. Excellent ! Ballade intimiste, "Stranger to love" confirme que le combo écossais est un spécialiste de l’exercice de style. Le climat se réchauffe rapidement sur "Take a look", une montée de température qui permet aux cordes du leader de s'emballer. Dommage d’ailleurs qu’elles n’aient pu davantage s’exprimer… 

 

jeudi, 14 mai 2015 14:50

Southland

James Day est né à Valdosta, en Georgie, dans une famille de militaires. Ce qui explique pourquoi il n’a jamais vécu longtemps au même endroit, au cours de sa jeunesse. Quand la tribu revient à Biloxi, dans le Mississippi, James apprend à jouer de la guitare et prend goût au blues ainsi qu’à la roots music. Il passe quelques années à la Nouvelle-Orléans avant que l'amour ne le fixe à Philadelphie. Il y monte James Day & the Fish Fry en 2003. La musique de ce band propose alors un mélange de jump blues et de R&B néo-orléanesque. Ce combo publie un premier elpee, "Blues latitudes". A cette époque, Jamies se perfectionne à l'harmonica, à l’écoute de ses maîtres, Little Walter et Sonny Boy Williamson, puis de pointures davantage contemporaines, comme Kim Wilson et Rick Estrin. En 2009, il enregistre un excellent opus, "Firecracker'", sous la houlette de James Harman. Lors des sessions, il reçoit le concours de la crème des musiciens californiens jump, Nathan James, Carl Sonny Leyland, Johnny Viau et Marty Dodson.

"Southland" est une célébration de la musique du Sud des States, et principalement la Gulf Coast. Pour parvenir à son objectif, James a fait appel à son backing group, Fish Fry ; soit le guitariste Mark Shewchuk, le claviériste/accordéoniste Ron Baldwin, le drummer John Merigliano et le bassiste Michael Massimino. Mais également de nombreux invités. La prise de son a été réalisée au studio Widget, près de Philadelphie. Les quatorze plages et la production sont signées par Day.

Southern boogie imprimé sur un tempo ‘rollingstonien’, "Chain of pain" est une superbe entrée en matière. Chuck joue de la guitare essentiellement en mode rythmique. James se consacre à la slide. Les interventions au piano sont syncopées. "Next new thing" adopte un profil proche du West Coast jump. Un morceau très rythmé au cours duquel Ronnie siège derrière l'orgue Hammond, James souffle comme un forcené dans son harmonica chromatique, alors que Greg Snyder décolle sur sa guitare bop toute en swing. Excellent ! "Muscadine wine" nous entraîne au cœur des swamps. L'orgue Hammond s’impose. Mr Day double à l'harmonica et à la cigar box guitare et Carl Crabtree est préposé au saxophone baryton. "Time & Money" met le cap plein Sud. La plage baigne dans une atmosphère très Jimmy Reed. Redoutable souffleur californien, Mark Hummel se consacre à l’harmo alors que pas moins de cinq guitares justifient leur participation. Le Fish Fry nous embarque alors dans le jazz manouche en abordant "Nat'chel man", un titre balayé par la mandoline de Rich Delgrosso, le violon cajun de Bill Nixon et la clarinette de Walter Bechtold. Guitare, piano et harmonica entretiennent un swing tout au long de "Fish fry jump". Nous sommes retournés dans les bayous. Caractérisé par ses cordes acoustiques, sa mandoline, son harmonica et ses diverses percussions, "Country woman" revient aux racines. Propice à la fête, "One step des Chameaux" invite à la danse. Une plage qui baigne dans le cajun au son du violon, de l’harmonica et des percus. On se croirait chez Auntie Sue au Fred's Lounge de Mamou ! Blues d’une grande pureté, "Weather blues" nous plonge dans l’atmosphère du Delta du Mississippi. Les interventions à l’harmo de Mark Hummel son belles à pleurer, des larmes qui coulent également des accords dispensés par la National Reso-Phonic de Delgrosso, alors que Greg tente de les sécher à l’aide de son piano juke joint. "Zydeco Boogaloo" est une autre incitation à la danse, un morceau caractérisé par le recours à un frottoir, la présence de congas et bien sûr de l'accordéon à Ron Baldwin. Lors du carnaval, tous les street bands fréquentent la Nouvelle Orléans. "Festival time" en est une belle illustration, un titre qui bénéficie de la participation des Wild Bohemian Horns, dont le line up se partage clarinette, trombones, saxophones, banjo et accordéon. Irrésistible! La musique à bouche est insatiable tout au long de "Money smarts & charms", une piste rythmée par le piano honky tonk et balayée par la Telecaster de Mark Shewchuk. Et c’est le titre maître qui clôt l’opus. L’harmo de Mark Hummel ainsi que les voix féminines de Keli Vale et Alisa B. Anderson y préservent un climat, ma foi, très serein…  

mercredi, 06 mai 2015 19:59

Over your head

Agé de 35 balais, Josh Smith est chanteur et guitariste de blues. Il a passé la majeure partie de sa jeunesse à Fort Lauderdale, en Floride. Il n'a que 13 ans lorsqu’on lui propose le poste de guitariste, chez les Rhino Cats. Les artistes de passage se bousculent alors pour aller écouter le jeune prodige. A 14 ans, il publie son premier opus, "Born under a blue sign". Et son deuxième, l'année suivante, "Woodsheddin". Smith continue ses études tout en poursuivant sa carrière musicale. Il se produit désormais sous le patronyme de Josh Smith and the Frost. Le combo grave l’elpee "Too damn cold", sous la houlette de Jim Gaines. En 2002, il s'établit à Los Angeles. Depuis, Smith continue à aligner album sur album. En 2010, il est signé par le label blues allemand Crosscut. Son dernier long playing, "Don't give up on me" datait de 2012. Lors des sessions d’enregistrement d’"Over your head", Josh a reçu le concours du bassiste Calvin Turner et du batteur Lemar Carter.

Il est certainement tombé dans un bain ‘hendrixien’ au cours de son enfance. Et dès le premier titre, c’est flagrant. Un blues lent intitulé "How long" qu’il chante d’une voix bien ferme. Et son premier envol est impressionnant de maîtrise. Le riff qui découpe "Over your head" est implacable, un blues/rock pour lequel il bénéficie de la participation d’un autre jeune gratteur de classe, Joe Bonamassa. Et les deux solistes rivalisent d'audace, nous entraînant dans un trip psychédélique. "When I get mine" trempe dans le blues. La basse de Turner comble bien tous les espaces. La guitare libère énormément de sensibilité. Jeff Babko, un musicien brillant qui a notamment accompagné Robben Ford, Larry Carlton et Sheryl Crow, siège derrière l’orgue pour "Still searching", une plage cool aux accents jazz et swing, davantage parlée que chantée. Le gratteur italien Chicco Gussoni apporte son concours sur "First hand look", un blues/rock dont les riffs puissants sont dignes du Mountain de Leslie West. Les cordes s’y croisent et s’entrecroisent comme lors d’un véritable ballet. Instrumental, "…And what" est imprimé sur un tempo enlevé. Josh et Kirk Fletcher, guitariste californien de couleur noire (Mannish Boys, ex-Fabulous Thunderbirds), y opèrent leurs échanges. Un mur de notes introduit "Smoke and Mirrors", une piste tragique, à nouveau très ‘hendrixienne’, époque Band of Gypsies, au cours de laquelle Josh étale toute sa virtuosité. "Pusher" revient à un blues plus classique, réminiscent d’Albert King et de Robben Ford. Charles Jones, chanteur de southern soul notoire, est au micro pour "Better off", un long soul blues qu’il interprète délicatement d’une voix chargée de passion, épaulé par les interventions de Jeff Babko au piano électrique. "You'll find love" est un blues plus classique au cours duquel apparaît par magie, le légendaire harmoniciste Charlie Musselwhite. Et il y affiche beaucoup de détermination. "How long", la plage d'ouverture, est reprise brièvement. Les 2 000 premiers exemplaires de cette œuvre sont enrichis d’un bonus cd. Il y recèle trois versions éditées pour la radio et deux plages live, dont "The way you do", un blues lent classique de plus d’un quart d’heure, tapissé par des interventions d’orgue…

 

mercredi, 06 mai 2015 19:57

St Amant Sessions

Peter Novelli est louisianais de pure souche. Il vit à la Nouvelle Orléans et fréquente de longue date le quartier français. Chanteur, guitariste et compositeur, il aime mêler les différentes saveurs sonores louisianaises : blues, jazz, zydeco, cajun, boogie. Il avait déjà gravé deux opus. Le premier, "Peter Novelli", paru en 2011, avait bénéficié de la participation de Dr John, Paul Barrère (Little Feat), Augie Meyers (Texas Tornados) et Greg Fingers Taylor. Le deuxième, "Louisiana Roots &Blues", publié en 2012, avait reçu le concours de Chris Thomas King et Chubby Carrier. Pour les sessions de son nouvel elpee, il s’est retiré dans le Sound Shack de Brian Brignac à St Amand, non loin de Baton Rouge.

Le soleil darde ses "Louisiana sunrise". Sonny Landreth est préposé à la slide. Un maître sur l’instrument. Ses interventions sont lumineuses et imparables. Nous sommes au cœur des bayous. L'atmosphère est sereine. La section rythmique (Chris Senac à la basse et Brian Brignac aux drums) sert de trame à "Boudin ", une plage funk instrumentale, sculptée par Novelli à la gratte. Peter passe au zydeco, pour chanter "Je ne sais quoi", épaulé par l'accordéon cajun de Sammy Naquin (leader de Big Easy Zydeco). Blues classique, "Spirit passing by" est imprimé sur un mid tempo. Une belle opportunité offerte par Peter pour s’autoriser un solo aux sonorités saturées. Peter nous parle de l'époque où il jouait chaque jour dans les bars de Bourbon street, devant des armées de touristes indifférents, sur "Bourbon street blue", une ballade acoustique. Il préfère (à raison) se rendre à Frenchmen street, une rue toute proche, où les vibrations musicales du jazz et du blues sont bien plus présentes et authentiques. Et en fin de parcours, l'ambiance monte d'un cran. "Woman in my dreams" rend hommage à JJ cale. Le climat est relax. Laidback, la guitare brille devant claviers de Kevin McKendree. Le spectre de l’artiste disparu plane… Un des sommets de l’opus ! Très jolie ballade blues, "Story in your mind" est une plage indolente. La voix de Peter est grave. Kevin siège derrière l'orgue Hammond. Invité, Bob Henderson souffle dans son saxophone. Et Novelli nous réserve ici sa plus belle sortie sur les cordes. Instrumental nerveux, "Shreveport stomp" nous entraîne au nord de la Louisiane. "Thinkin' or drinkin'" nous ramène dans le zydeco. L'accordéon de Sammy Naquin, le saxophone ténor de Bobby Henderson et les cris féminins d’Elaine Foster alimentent cette atmosphère festive propice au Mardi Gras. Et le long playing de s’achever par deux nouveaux instrus. De jolies cartes postales qui mettent en vitrine les différentes facettes de la musique louisianaise. Tout d’abord "I-10 Boogie", balayé par une guitare alerte et souligné par le piano bien néo-orléanais de McKendree. Enfin l’irrésistible "Zydeco Ride", sur lequel Chubby Carrier se consacre au frottoir et à l'accordéon…

 

mercredi, 06 mai 2015 19:55

Stranded

Chanteur/guitariste et compositeur de blues, Greg Nagy est âgé de 52 balais. Il est issu de Flint, dans le Michigan, le lieu de naissance de la General Motors. Il milite dans les milieux du blues et de la soul, depuis plus de vingt ans. Ses deux premiers elpees, il les a enregistrés début de ce millénaire, au sein de Root Doctor. Il est immédiatement épinglé pour son timbre vocal délicatement soul. Dans la foulée, il publie "Cadillac Club", un live, avant de voler de ses propres ailes. Gravé en 2009, "Walk that fine thin line" constitue son premier opus personnel. Il y dispense un blues teinté de soul, r&b, rock et gospel. Il embraie par "Fell toward none", en 2011. Et début 2015, il nous propose son nouvel LP, "Stranded", un disque pour lequel il a reçu le concours de nombreux amis, et tout particulièrement de Jim Alfredson aux claviers et percussions. Il sévissait déjà chez Root Doctor et a participé à la confection des deux long playings solos. C’est d’ailleurs Jim qui co-produit ce dernier opus.

La plaque s’ouvre par le titre maître, une superbe compo signée Rick Whitfield, un artiste qui relève de la Tamla Motown. Tapissée chaleureusement par l’orgue Hammond, la ligne mélodique est riche pour cette invitation à la danse. La voix de Greg est profonde, savoureuse, remarquablement soul, alors que d’abord discrète, la six cordes se dévoile progressivement. Une approche très proche d’un Robert Cray au sommet de son art. Excellent! Ballade r&b, "Walk out that door" est imprimée sur un rythme subtil et léger. Caressantes, les interventions d’orgue dispensées par Alfredson procurent une sensation de bien-être. "Ain't no love in the heart of the city" est issu de la plume de Michael Price et Dan Walsh, une compo que Bobby Blue Bland a transformé en hit dès 1974. Tout en sensibilité, les percussions de Scott Veenstra et les accès de basse minimalistes de Joseph Veloz déflorent littéralement nos oreilles. Greg égrène des notes aussi parcimonieuses que profondes. Une douceur extrême qu’on retrouve sur l’indolent "I won't give up", un morceau au cours duquel Jim double piano et orgue. Simplement belle, "Run away with you" est une plage qui baigne dans un même climat. Les voix de Marcia Allen et Jen Sygit épousent celle de l'artiste, alors que l'orgue Hammond tire à nouveau son épingle du jeu. Memphis blues, "Long way to Memphis" évolue sur un tempo lent. Il naît une intensité palpable dans le travail opéré par la voix, tour à tour naturelle ou subtilement trafiquée de Nagy. Alfredson injecte judicieusement des interventions primaires à l’aide de son piano électrique. Plus nerveuse, "Still doing fine" est une piste qui opère une fusion entre jazz et soul. Enrichie de chœurs féminins, elle est manifestement plus élaborée. Jim épaule Scott Veenstra, préposé aux percus, pour tramer le funk de "Been such a long time". Autre titre r&b, "Sometimes" accorde toute liberté aux cordes de Zach Zunis (NDR : un pote californien) qui vagabonde à travers le décor sonore. D’excellent facture, ce long playing s’achève par une cover du claviériste Kevin McKendree (NDR : il a longtemps sévi au sein du Delbert McClinton Band et milite aujourd’hui chez le Mike Henderson Band), "Welcome here", une dernière ballade soul, au cours de laquelle la voix de Greg Nagy se révèle à nouveau particulièrement expressive...

 

mercredi, 06 mai 2015 19:51

Fortune & Chance

Mary's Little Lamb est un poème écrit au XIXème siècle écrit par l’Américaine Sarah Josepha Hale, un essai qui raconte l'aventure d'une fillette, Mary Sawyer, qui avait, pour animal de compagnie, un agneau, qu’elle emmenait à l'école. Un épisode qui a inspiré Buddy Guy pour écrire un blues, au cours des sixties, repris bien plus tard, et avec succès, par Stevie Ray Vaughan. C'est enfin le patronyme choisi par un groupe roots issu du Nord du pays, qui pratique une forme d’alt country. Bart Hendrickx en est le leader, mais surtout le chanteur/multi-instrumentiste. Il est épaulé par cinq musicos : le bassiste Bert Cuypers, le batteur/percussionniste Mike Van Daele ainsi qu’une section de cuivres impliquant Bart Geens au cornet et bugle, Michael De Weerdt, également au cornet mais aussi aux percus, ainsi que Sander Augustynen au trombone et tuba. Leur opus a été autoproduit, afin d’en soigner tout particulièrement les parties vocales. Bart chante à la manière du légendaire Johnny Cash, alors que quatre membres du backing group assurent les chœurs.

"Pariah" ouvre la plaque. Une plage originale, très élaborée, country, voire americana, caractérisée par le recours aux cuivres dispensés à la manière de Calexico et d'un instrument singulier que se réserve Hendrickx lors du refrain, le marxophone, soit une sorte de cithare. Cornet et bugle introduisent le très rythmé "Sugar coat", une piste dynamisée par les percussions et au cours de laquelle le lead singer est secondé par les backing vocaux.  Indolente, "I can't go wrong" est une valse roots légère, qui figure dans la B.O. de la série TV De Ridder. "The outlaw" trempe dans la country, mais dans l’esprit des westerns spaghetti d'Ennio Morricone, une plage alimentée par la guitare réverbérée de Bart, le violon de Nina Van Campen et les percussions de Mike Van Daele. Excellent ! Instrumental, "Mirage" baigne au sein d’un même climat. On y emprunte les chemins poussiéreux parcourus par les cow-boys, justiciers et hors-la-loi autrefois, traverse les villes fantômes de l'Ouest, dans une atmosphère peuplée d’accords de guitare surf et de cuivres. Un univers aventureux également reflété à travers le plus allègre "Cursed City", que balaie la lap steel de Rudi Van Everbroeck (invité pour la circonstance), la guitare réverbérée de Bart et les trompettes. Et "Lift the curse" prolonge ce périple filmique. Lap steel et xylophone enrichissent "Little worries", une ballade que Bart chante naturellement de son timbre grave. De bonne facture, "Fire in the core" constitue une première incursion dans le blues. Plage lente et majestueuse, "A long way from home" adopte une rythmique plus rock. Amplifiée et toute en reverb, la gratte séduit par son audace. Une seule reprise : celle du "Lost highway" de Leon Payne. Composé en 1949, ce titre avait été popularisé par Hank Williams, l’année suivante. Nous sommes alors très proche du country originel. De bonne facture, cet elpee s’achève par une ballade lente et royale, que Bart et Miss Jorunn Bauweraerts chantent en duo, alors que la basse acoustique de Bert Cuypers communique une certaine gravité à l’ensemble...

  

mercredi, 06 mai 2015 19:50

Make it easy

Miss Toots Lorraine a fait ses classes dans le théâtre, la danse, le jazz et le blues. Elle puise ses références vocales chez Ella Fitzgerald et Big Mama Thornton. Elle a accompli sa carrière auprès de son époux, Chad Mo. Marqué par le style jump, ce guitariste est un disciple de T-Bone Walker, BB King, Buddy Guy et Duke Robillard. Lorraine est épaulée par un backing group baptisé The Traffic, un combo qui réunit le drummer notoire June Core (Charlie Musselwhite Band), le bassiste Mike Philips et le claviériste Lorenzo Farrell (Rick Estrin & the Nightcats). Et qui pratique du west coast jump d’excellente facture. Elle avait publié un premier opus en 2011, "Wrapped in blues". Les sessions d’enregistrement de ce nouvel elpee se sont déroulées au sein des studios du guitariste Chris 'Kid' Andersen, Greaseland. Et la production a été assurée par Chad Dant (Cheb Mo). Vu la présence d’un tel éventail de musiciens talentueux, le résultat ne pouvait que rencontrer notre satisfaction.

Le titre maître ouvre l’elpee, une compo légèrement teintée de swing que pilote June Core. La voix de Toots est claire et distincte. Invité, Aki Kumar souffle dans son harmo, un musicien issu de Bombay qui s’est illustré, au cours des dernières années, chez Tip of the Top et Little Jonny and the Giants. Les interventions de gratte dispensées par Chad Mo sont inventives, incisives et empreintes de sensibilité. Aki tire à nouveau son épingle du jeu sur le dépouillé "When did you stop tryin'", un slow blues, ma foi, fort classique. Lorenzo siège derrière les ivoires. Chad égrène parcimonieusement des notes minimalistes. Texas blues, "Let your tears fall baby" est imprimé sur un tempo plus enlevé, une compo issue de la plume de Don Robey, alias Deadric Malone, fondateur du label Peacock. Tous les musicos tirent leur épingle du jeu. Tant la section rythmique, élégante, légère (la basse acoustique de Mike Philips) que les ivoires et la six cordes. Blues lent, "Get back to lovin'" baigne au sein d’un climat fin de soirée, une plage hantée par l’esprit de T-Bone Walker. Tapissée par l’orgue Hammond, elle est balayée par les accords de gratte cool et magiques de Chad Mo. La voix de Toots est puissante et passionnée tout au long de "Satisfied", une plage bien rythmée et nerveuse. Kid Andersen, le prodige norvégien, caresse ses cordes de son toucher si caractéristique. Toots est soutenu aux vocaux par Chad Mo et Kid Andersen pour aborder le traditionnel "Wade in the water", une excellente composition teintée de jazz. Et la sortie aux cordes est lumineuse. La cover du "Built for comfort" de Willie Dixon baigne dans un climat chicagoan. Une piste dynamique entretenue par le piano de Farrell, l'harmonica d'Aki et bien sûr les cordes de Chad Mo. Miss Lorraine chante d’une voix sensuelle "Wrong side of love", un blues empreint de tendresse. L’orgue Hammond irrigue "Chad Mo shuffle", un instrumental que domine les cordes du maître de séance. La cover du "Low down dog" de Joe Turner est imprimée sur un tempo enlevé, un morceau de west coast jump au cours duquel Toots est dans son élément. Aki Kumar prend un billet de sortie à l’harmo alors que Chad brilles sur sa six cordes, nous rappelant les maîtres du genre, Hollywood Fats et Junior Watson. Toots murmure ses mots tout au long de "Hindsight", un blues particulièrement lent. Lorenzo siège derrière l’orgue et Kid Andersen se consacre au piano sur ce titre exquis et qui mérite le respect. D’excellente facture, cet elpee s’achève par le "Love the world" de Jimmie Vaughan et Dr John, un extrait de l’elpee "Strange pleasure" qui nous plonge au sein d’une ambiance hypnotique.

 

mercredi, 06 mai 2015 19:46

If you think it's hot here

Chanteur, guitariste et compositeur, Mike Henderson est originaire du Missouri, mais il s’est établi depuis très longtemps à Nashville où il s’est forgé une solide réputation dans les milieux du blues et du bluegrass. Fin du dernier siècle, il avait fondé, en compagnie de quelques amis, le label Dead Reckoning, sur lequel il avait enregistré trois elpees, sous le patronyme de Mike Henderson and the Bluebloods : "Edge of night", "First blood" et "Thicker than water". En 2001, il tourne et enregistre avec Mark Knopfler. En 2006, il monte un combo de bluegrass, The Steeldrivers". Le banc commet deux long playings. Mike collectionne les nominations et autres Awards. "If you think it's hot here" marque un retour au blues. Un disque paru sur l'excellent label Ellersoul (NDR : c’est à Ashland, en Virginie). Les sessions se sont déroulées au Rock House à Franklin, tout près de Nashville, dans le Tennessee. Pour la circonstance, Mike a bénéficié du concours du bassiste Michael Rhodes, du drummer Pat O'Connor à la batterie et du talentueux claviériste Kevin McKendree qui se charge également de la production.

L’opus démarre très fort par "I wanna know why", un blues primaire que chante Mike d’une voix de mauvais garçon. La slide est sur le fil du rasoir et déjà le piano Kevin libère toute son énergie. Dans l’univers du blues et du boogie, c’est le meilleur à Nashville! Deux claques se succèdent alors. Deux titres issus de la plume de Hound Dog Taylor. Tout d’abord "Send you back to Georgia", une plage qui déménage. Solide, la section rythmique porte ses deux solistes vers les sommets. Mc Kendree est intenable tout au long de ce boogie de très grande classe qui permet à la slide de rayonner au sein de ce climat tempétueux. Ensuite "It's alright". La rencontre entre les ivoires et la slide y fait à nouveau merveille. Mike et R.S Field, le célèbre producteur de Nashville, cosignent "If you think it's hot here", une ballade R&B que chante Mike, d’une voix expressive et chargée de relief, alors que Chris et Morgane Stapleton participent aux choeurs. Introduit par des accords de gratte d’une grande pureté, "Weepin' and moanin'" est un blues de toute bonne facture. Le MH Band attaque ensuite une série de covers. Le "Mean red spider" de Muddy Waters. Une version très nerveuse, caractérisée par le travail impeccable opéré par la section rythmique et le piano insatiable de McKendree, destinée à propulser la slide au zénith. La reprise du "If I had possession" de Robert Johnson est très respectueuse de l'originale. Mike est d’abord seul au micro armé de sa gratte et de son son bottleneck. Il est ensuite rejoint par ses partenaires. Syncopé, le piano de Kevin est à nouveau épatant. Henderson chante encore l’"Unseen eye" de Sonny Boy Williamson II, un Chicago blues qu’il interprète d’une voix chargée de passion dévorante et empreinte d’une grande sensibilité. "Matchbox" est un blues traditionnel. Ecrit par Blind Lemon Jefferson, il sera repris plus tard par le rocker Carl Perkins. L’adaptation est revue et corrigée par Mike Henderson et Kevin McKendree. Un boogie furieux responsable de bonnes vibrations. "Gamblin 'blues" retourne dans le downhome blues. La slide est, pour la dernière fois, en effervescence sur ce morceau composé à l'origine par le Texan Melvin ‘Lil' Son’ Jackson. Mike et Kevin cosignent la finale. Instrumentale, "Rock house blues" est une piste qui s’inscrit dans l'esprit du blues originel d'avant-guerre. Un album de très grande classe !

 

mercredi, 06 mai 2015 19:44

Hard road to hoe

Cette formation nous vient de Memphis. Elle pratique du funky blues et du R&B. C’est à Memphis qu’est né le label Stax, véritable vitrine du southern soul. En 2013, Ghost Town Blues Band a été finaliste de l'International Blues Challenge, qui se déroule dans leur fief ; et l’année suivant, il a décroché la deuxième place. 

Réunissant le drummer Preston McEwen et le bassiste Alex Piazza, la section rythmique est puissante. Le line up est complété par le chanteur/guitariste Matt Isbell, le claviériste Jeremy Powell ainsi que deux cuivres, Suavo Jones au trombone et Richie Hale au sax ténor. Le groupe avait déjà publié deux albums, "Dust the dust" en 2010, et "Dark Horse" en 2012. Matt Isbell avait déjà gravé un opus solo, "Once there was a cigar box". Les douze plages ont été mises en boîte au studio Ardent. Et c’est bien sûr, à Memphis !

"Hard road to hoe" nous transporte dans le climat du delta. Primaires, les percus sont dispensés à l'aide d'un balai électro-acoustique et d'une pelle. La ‘cigar box guitar’ est rapidement rejointe par les cuivres. La musique peut alors prendre sa vitesse de croisière, sous les riffs métalliques assénés par Isbell. Une superbe entrée en matière caractérisée par une large palette d’émotions sonores. Le piano de Jeremy Powell nous plonge alors dans du pur rock'n'roll, bien enlevé, digne de Jerry Lee Lewis ("Big Shirley"). Matt en profite pour prendre son envol sur sa gratte. "Tip of my hat" est une célébration des rythmes néo-orléanais. Les percus sont particulièrement mises en exergue. Ravagée, la voix de Matt est proche de celle de Dr John. Brandon Santini le seconde aux vocaux, avant que ce souffleur de génie (NDR : il est toujours du même patelin) ne prenne un billet de sortie sur sa musique à bouche. Tous les musiciens sont bien en place et apportent leur concours à l’ensemble. Santini est encore présent pour attaquer "Doggy". Nous sommes toujours au cœur de la ‘Crescent City’. L’ambiance baigne dans le soul/jazz. Jeremy est passé à l’orgue alors que Matt chante à nouveau dans un registre proche de Malcolm Rebennack. En vagabondant à travers les rues de New Orleans, on croise un brass band festif qui attaque le bref "Mr Handy Man". Il s’agit, en fait, d’un hommage rendu à un artiste considéré comme un maître à Memphis, WC Handy. Ce titre prélude "Hate to see tou go", un R&B local. Suavo Jones tire son épingle du jeu au trombone avant de céder le relais au saxophone de Richie Hale. Une plage au cours de laquelle, Miss Vicki Loveland soutient Matt aux vocaux. "Tied my worries to a stone" est un autre r&b investi par les rythmes du sud. Le leader libère ses cordes largement amplifiées, alors que l'orgue Hammond tapisse discrètement l’expression sonore. "Dead sea" marque le retour de la boîte à cigare dont la caisse de résonance, stimulée par bottleneck, réverbère des sonorités particulièrement métalliques. La voix d'Isbell est autoritaire. Un sommet de l'album ! Plus classique, "Nothin' but time" est un blues lent à la ligne mélodique soignée. L'orgue Hammond talonne les superbes interventions vocales. Un contexte qui permet aux cordes de prendre leur envol. "Dime in the well" nous plonge au sein du Mississippi. La slide en impose. La voix est primaire. Et la cigar box est dans son élément. Ballade soul, "Seventeen" se métamorphose progressivement en Memphis blues, dans l’esprit du grand BB King. De toute bonne facture, cet elpee se referme dans le climat paisible du delta. Matt chante doucement et chaleureusement "Road still drives the same", une plage hydratée par l’orgue Hammond et que Matt illumine de son bottleneck…

 

mercredi, 06 mai 2015 19:41

The Boom Band (Deluxe Edition)

The Boom Band est un nouveau supergroupe. Qui a relevé le pari un peu fou de faire cohabiter cinq solistes. En l’occurrence Paddy Milner, une étoile du piano et de l'orgue et pas moins de quatre guitaristes. Soit l’ex-Hoax Jon Amor, aujourd’hui leader du groupe de rockin' blues, Amor ; Marcus Bonfanti, qui repris le rôle du regretté Alvin Lee, chez Ten Years After ; Mark Butcher patron au sein de son MB Band ; et Matt Taylor, le leader des Motives. Vu le cv des gratteurs, on pouvait s’attendre à se farcir du hard rockin' blues propice aux orgies de cordes. Et bien non, comme les musicos l’ont annoncé, cet opus fait la part belle au blues, southern rock et country. Le cinq gentlemen britannique se partagent les compositions, le chant et bien entendu les envolées en solo. Chacun apporte modestement sa pierre à l'édifice et c'est tant mieux. Le collectif a quand même intégré une section rythmique qui réunit Steve Rushton (Imelda May/Jeff Beck) aux drums et Scott Wiber (Saint Jude) à la basse.  

L’opus s’ouvre par une bonne tranche de southern rock. Taylor a écrit et chante ce "We can work together", une solide compo qu’il a écrit et chante. Dense, le climat sonore est davantage yankee qu’insulaire. Les vocaux sont soignés. Un fameux challenge, quand on sait qu’il y a six chanteurs au sein du line up. Il n'y a pas un seul instant de répit au sein des compos. Les petites incursions de gratte fusent de partout. Marcus Bonfanti signe et chante "Diamond in the rust", une plage à l’intro légèrement psychédélique, mais dont la suite est sculptée dans de l’excellent blues. La voix de Marcus s’y révèle naturellement puissante. Sa gratte et celle de Taylor sont aventureuses. Une construction audacieuse qui implique également le piano de Milner. Un premier sommet pour cet opus! "Under the skin" est issu de la plume de Mark Butcher. Paddy Milner siège derrière l’orgue Hammond pour ce r&b vivifié par la voix expressive de Mark. Chaque sixcordiste possède un style différent, ce qui explique la richesse sonore affichée par le Boom Band. Wiber, le bassiste, signe "Sweet Alberta", une piste qui baigne dans une ambiance roots rock ; un morceau bien charpenté qui lorgne vers le country rock et se distingue par de nombreuses interventions vocales. Jon Amor a composé "Moonshine". Il se réserve également le micro tout au long de cette ballade indolente à la mélodie accrocheuse et enchanteresse. Marcus et Matt s’y consacrent à la slide. Miler et Wiber ont co-écrit "Waste my time", un funk chanté par Paddy. Jon Amor et Mark Butcher parviennent à s'extraire de l’ensemble en propageant des effets sonores à l’aide de leurs pédales. Instrumental, "Monty's time" met en exergue les différents solistes, sans pourtant tomber dans le nombrilisme. "Favour Bank shuffle" opère un retour dans l’americana. Les ivoires de Paddy Milner adoptent un profil néo-orléanais. Les grattes électriques, la slide de Bonfanti et les cordes acoustiques de Matt enrichissent l’ensemble. "When you come home" est une piste acoustique ; un superbe country blues au cours duquel la voix de Marcus affronte les chœurs, pendant que Taylor s’illustre à l’aide de sa slide resonator. Matt est au micro pour "Red eye of the devil", une finale qui permet à chaque musico de s’autoriser un envol. Mais cet excellent opus recèle encore quatre bonus tracks unplugged : "Nobody's fult but mine", un traditionnel qu’interprète Amor d’un ton autoritaire, le "Can't find my way home" de Stevie Winwood, que se réserve Butch en y injectant beaucoup d’émotion dans le timbre, "You can bring me flowers" et une cover de "We can work together".

 

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