La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

dimanche, 19 avril 2015 01:00

Just the way that it goes

De nationalité australienne Iasiah jouit d’une fameuse notoriété comme producteur. Et depuis bien longtemps. Disposant de son propre studio, il a notamment bossé pour Julio Iglesias, les Goo Goo Dolls mais aussi des groupes locaux comme Midnight Oil et Cold Chisel. Mais c’est avant tout un passionné de blues. Il a ainsi été élu comme ‘performer’ de l'année, en 2010, par la Blues Society de Sidney. En 2011, Brunt représente l'Australie à l'International Blues Challenge de Memphis. Puis publie un Ep 6 titres éponyme, en édition limitée. En 2013, il grave un long playing intitulé "Nursery Rhyme Blues". Pour la circonstance, il s’est rendu à New Orleans, aux studios Audiophile Recording. Il a mis en boîte neuf compositions personnelles. Lors des sessions, il a reçu le concours du bassiste Richard Bird, du batteur Mark Whitaker et du claviériste Mike Hood. Iasiah chante et joue de la guitare. Son blues est très personnel. Il en émane constamment un charme indéniable, une chaleur certaine. Et pourtant, l’artiste ne s'enflamme jamais. Il est cool, laidback comme on dit outre-Atlantique. 

Dès "She's s fine", on constate que la voix d’Iasiah est très expressive. Il la soutient de sa slide, mais bénéficie également du concours des interventions à l'orgue Hammond de Mike Hood, un élément important dans l’expression sonore de sa musique. L'atmosphère est toujours aussi flemmarde, tout au long du superbe "Let your heart know". Et comme les sessions se sont déroulées en Louisiane, on est naturellement plongé dans l'atmosphère paisible des swamps, réminiscente d’un certain Tony Joe White. Le Mississippi n'est pas loin, lorsque "The river runs high" adopte un profil blues basique. Kenny Claiborne (NDR : issu de la Crescent City, il est responsable d'un club sur Frenchmen Street, un des meilleurs de la Nouvelle Orléans, mais drive également son propre band) est à l’harmo et ses interventions sont blafardes… Mike Hood, un musicien local qui se produit régulièrement dans le quartier français, est remarquable aux ivoires, sur "Precious stone", une petite perle au tempo enfin plus enlevé. Superbe, "With a kiss" nous replonge dans le climat indolent. Langoureuse, la voix me rappelle quelque part celle du vétéran anglais, John Mayall. Les échanges opérés entre la slide à l’agonie et le piano sont de toute beauté. "Lover's blues" recouvre un chouia de rythme. L'orgue Hammond illumine "Just the way that it goes", alors que Brunt écrase légèrement les sonorités de ses cordes. Une langueur cadencée balise "Never give up", une piste au cours de laquelle le piano s’anime et la slide se met à gémir. Le mellotron de David Stocker dispense ses sonorités de cordes et de flûte, tout au long de "Which way to go", une finale mélancolique au cours de laquelle la ligne de basse tracée par Richard Bird sonne le glas...

 

samedi, 14 mars 2015 22:10

Reason to bleed

My Own Holiday est un duo issu du Sud de la Californie. Il réunit le chanteur/guitariste Joey Chrisman et le batteur Nick Bartolo. Joey signe l’ensemble du répertoire. Et il admet volontiers que ses compos baignent dans le rock classique, la pop et le folk ‘dylanesque’. On aurait cependant vite l’envie de comparer leur style à celui des White Stripes ou des Black Keys. Comme de nombreux tandems qui pratiquent du blues/rock. Et puis, n'ont-ils pas été signés par Eclecto Groove, la division la plus rock du célèbre label blues californien, Delta Groove ? Avant de publier "Reason to bleed", la paire avait gravé deux elpees autoproduits, "Even you out" et "From noon to midnight". Joey et Nick ne se sont pas encore énormément produits hors de leurs frontières. Ils avaient quand même participé au célèbre Moulin Blues Festival, qui se déroule aux Pays-Bas…

En ouverture, "Hold on me" est sculpté dans le rock. La cohésion entre les deux musicos est parfaite. La manière dont les riffs rythmiques de la guitare s'inscrivent dans la ligne des percussions n’exige pas réellement la présence d'une basse. Les sessions se sont déroulées en prise directe. C’est un principe auquel le tandem ne veut pas déroger. La voix de Joey me fait parfois penser à celle de Tom Petty. Le gratteur favorise le jeu en accords sur "Razorblades", une piste aux effluves blues chargés d’intensité. Chrisman a une bonne voix. Il est capable d’en moduler la puissance. A l’instar de "Two coins", une plage dont la rythmique souligne les accents dramatiques, alors que la guitare est totalement déjantée. Excellent! Plus folk/rock, "Memphis" est une ballade à la mélodie accrocheuse. Elle a un potentiel commercial indéniable. Récréatif, "Devil in me " est un titre brut de décoffrage. La guitare adopte des lignes de basse plutôt zeppelinesques. "Reason to bleed" poursuit sous un format rock largement teinté du blues. Les motifs se développent lentement mais sûrement. La voix est très expressive. "Whiskey in the well" est une ballade acoustique empreinte de douceur et de sensibilité. "On the floor blues" est un blues lent classique. La voix de Joey est particulièrement démonstrative ; et lorsque Chrisman communique des tonalités de basse à ses cordes, le spectre du Led Zeppelin originel se remet à planer. Sans la moindre fioriture, "Smile" campe un boogie classique. "Stone free" emprunte le rythme d'un cheval au galop qui arrache tout sur son passage! Et pourtant, les arrangements sont très réussis. Jolie ballade, proche du R&B, "Stranded" concède des accents pop bien discernables. La délicatesse des vocaux y est sans doute pour quelque chose. "Don't shine on me" s'étire paresseusement dans le blues, avant que Joey n'élève le ton de sa voix et ne libère ses cordes, dans une frénésie certaine. Ce très bon opus se termine par "Right back where I started", une jolie ballade country/folk.

 

samedi, 14 mars 2015 22:08

Send the Nightingale

Canadienne, Samantha Martin est originaire d'Edmonton. Elle vit aujourd'hui à Toronto. Cette jeune artiste est imprégnée de la musique des racines : gospel, blues, country et americana. Son premier elpee, "Back home", date de 2008. Elle se produit ensuite en compagnie d’un combo baptisé The Haggard. Et publie un elpee en 2012, "Samantha Martin and the Haggard". Elle vient de monter un nouveau backing group, Delta Sugar. Samantha chante et joue de la sèche. Elle a conservé son gratteur, Mikey McCallum. Le line up est complété par l’organiste Jimmy Hill ainsi que les deux choristes, Sherie Marshall et Stacie Tabb. Pas de section rythmique, ni basse, ni batterie. Miss Martin a une voix savoureuse et puissante, manifestement éraillée, probablement usée par les excès. Elle signe l’intégralité de son répertoire. Et elle a du talent ! 

En ouverture, "Give me your money" a de quoi impressionner. Les accords amplifiés de la guitare introduisent une voix émouvante, troublante, autoritaire, mais aussi déchirante et empreinte d’une grande sensibilité. Qui se fond naturellement dans les chœurs gospel de ses deux choristes. "Addicted" nous plonge dans un southern soul, ma     is conjugué au féminin, dans l’esprit d’Aretha Franklin ou Etta James. Cependant, sans cuivres ni section rythmique. Et l’orgue nous conduit vers l'église baptiste locale. Tendre ballade soul, "When you walked away" est introduite par les cordes acoustiques de Samantha. Plus rythmé, "Don't shout" est stimulé par des percus et des claquements de mains. L’approche soul est maîtrisée par la voix impérieuse de Samantha ; et à titre exceptionnel, on assiste à un envol de guitare bien amplifié et nerveux dispensé par McCallum. "One more day" est enfiévré par le gospel. "Take us swiftly home" se rapproche à nouveau du southern soul. L’orgue et les cordes électriques balisent le jeu des questions et réponses échangé entre le chant autoritaire de Miss Martin et les vocaux de ses amies Sherie et Stacie. Une formule qui se poursuit dans la douceur et la tristesse sur "Won't you stay". "Mississippi sun" est une très jolie ballade country. Manifestement, la voix s’adapte parfaitement aux divers styles abordés. Percussions et claquements parsèment encore "Crown", une excellente piste de gospel/soul. "I won't justify" bénéficie d’arrangements vocaux remarquables, que domine bien sûr Samantha. Les cordes de Mikey sont bien mises en exergue sur ce morceau tapissé par l'orgue de Jimmy. De toute bonne facture, cet elpee s’achève par "Tell the heavens", interprété a capella…

 

samedi, 14 mars 2015 21:59

Way down South

Igor Prado est un jeune guitariste de blues brésilien. Quoique âgé de 33 ans, son talent est unanimement reconnu. Il s’est établi dans la grande ville de Sao Paulo. Il y a maintenant seize ans qu'il écume toutes les scènes de notre planète. Son backing group réunit son frère Yuri, à la batterie, Rodrigo Mantovani, à la basse, ainsi que Denilson Martins, aux saxophones. La formation puise ses principales sources d'inspiration dans le blues et le West Coast swing des années 40 et 50. Le combo a participé à de nombreuses sessions auprès de bluesmen yankees. Dans son pays, Igor a produit d'autres artistes locaux, comme les harmonicistes Flavio Guimaraes et Robson Fernandez, pour le label Chico Blues. Aux Etats-Unis, la formation a été accueillie les bras ouverts par les responsables du label Delta Groove. Ce qui leur a permis d’enregistrer en compagnie du chanteur/harmoniciste californien Lynwood Slim, l'album "Brazilian Kicks", en 2011. Et ce "Way down South" est dédié à la mémoire du regretté Slim, décédé en août 2014. Cette collection rassemble des enregistrements exécutés entre 2012 et 2014, avec des bluesmen prestigieux américains, rebaptisés pour la circonstance, les Delta Groove All Stars. La plupart des prises de son ont été réalisées dans des studios de Sao Paulo!

C'est à Sugaray Rayford que revient l’honneur d’ouvrir les hostilités. Il est déjà sur les charbons ardents tout au long de "Matchbox", une compo signée Ike Turner au cours de laquelle les envols de guitare sont partagés entre Igor et Mike Welsh. Sugaray chante aussi le downhome blues majestueux "Big Mama blues", épaulé par le patron de Delta Groove, Randy Chortkoff à l'harmonica. Lynwood Slim a été immortalisé sur deux plages. Il est au micro pour "Baby won't you jump with me", soutenu par Igor et Junior Watson aux guitares ; puis pour "You better believe it", un boogie jump saturé de swing et illuminé par les superbes sorties d'Igor Prado et du saxophoniste Denilson Martins. Kim Wilson participe aussi à deux plages. Il manifeste beaucoup de panache pour chanter le "Ride with me baby" de Long John Hunter, devant le trio de base brésilien ; avant de flemmarder sur le swamp blues "If you ever need me", mais à l’aide de son harmonica. L'un des fils de Muddy Waters, Mud Morganfield, se réserve les vocaux sur "She's got it", une piste qui fleure bon le style Chicago Southside du paternel. Et on y savoure les interventions étincelantes du souffleur brésilien, Ivan Marcio, alors qu’Igor est passé à la slide. Deux harmonicistes issus de Los Angeles sont également de la partie. A seigneur, tout honneur, tout d’abord le grand Rod Piazza, épaulé par son épouse Honey au piano, nous emmène faire un tour à Chicago, à travers le notoire "Talk to me baby" de Willie Dixon. Puis Mitch Kashmar, sur le "What have I done" de Jimmy Rogers. Si Igor est divin sur ses cordes, il se débrouille plutôt bien aux vocaux. Et le démontre sur le southern R&B "Shake & Fingertop", une plage tapissée par le Hammond B3 de Raphael Wressnign (NDR : de nationalité allemande, c’est organiste particulièrement expérimenté). Et encore sur "You got what it takes" de Joe Tex, au cours duquel il partage le chant avec le noir J.J. Jackson. Deux chanteurs/harmonicistes viennent clore l’opus. D’abord Wallace Coleman, le vieux bluesman du Tennessee. Il est en verve pour chanter le "Rooster blues" de Lightnin Slim. Et enfin Omar Coleman. Bien plus jeune et issu de Chicago, c’est un adepte de Billy Branch et Sugar Blue. Sa voix est puissante sur "Trying to do right", une piste qu’il interprète dans le cadre d’un duo acoustique. Remarquable!

 

lundi, 09 mars 2015 12:58

Thank you all! (Cd + Dvd)

Vaya Con Dios a accordé son concert d'adieu, le 25 octobre 2014, à Forest National! Le groupe belge comptait près de trente années d'existence, puisqu’il est né en 1986. Outre la chanteuse Dani Klein, le line up initial impliquait le bassiste Dirk Schoufs et le guitariste Willy Lambregt. Grâce à son gypsy blues acoustique, le trio va récolter un énorme succès et vendre des millions d'albums et de singles. En 1988, Lambregt (Willy Willy) quitte le navire. Puis Schoufs, en 1991. Il décède l'année suivante. En 1996, Dani Klein décide d’arrêter sa carrière musicale. Elle opère cependant son retour, en 1999, à travers un nouveau projet, baptisé Purple Prose ; avant de remonter Vaya Con Dios en 2004. "Thank you all! " a été immortalisé lors de son dernier concert. Dani Klein est la seule rescapée du band originel.

Le DVD recèle deux chansons de plus que le CD ! Pratiquement tous les premiers succès gravés en single y figurent. La majorité des titres sont interprétés dans la langue de Shakespeare, mais les meilleurs, chantés dans celle de Molière, n’ont pas été oubliés. A l’instar de "Johnny", "Quand elle rit aux éclats", "Comme on est venu", "Les voiliers sauvages de nos vies" et "Pauvre diable". De bout en bout le concert est remarquable. Faut dire que les musicos sont talentueux. Francis Perez se charge des guitares (acoustique et électrique), Sal La Rocca de la contrebasse, William Lecomte du piano, Han Wouters de la batterie, Tim de Jonghe de la trompette et Red Djeci, bouleversant à chacune de ses interventions, du violon. Parfaite, la voix de Dani est remarquablement soutenue par les quatre choristes. A mi-parcours, la setlist nous réserve les incontournables "Don't cry for Louie", "Just a friend of mine" et "Puerto Rico". Personnellement, j'épinglerai encore "Time flies", "Quand elle rit aux éclats" pour son côté tzigane, "What's a woman" un excellent titre de soul cabaret aux superbes arrangements vocaux, le tout simplement beau "Les voiliers sauvages de nos vies", "I don't wanna know", traversé par un violon gémissant, l'exotique "Pauvre diable" et le bouleversant "Look at us now", au cours duquel Willy Willy vient jouer de la guitare. Le public est debout pour chanter en compagnie de Dani, "Nah Neh Nah". Bref, apparemment, Dani n'a pas tout abandonné, puisque le 9 janvier dernier, elle se produisait dans le cadre du River Jazz Festival de Bruxelles, pour y interpréter le répertoire de Billie Holliday. Suivant des sources indiscrètes, elle serait tentée de poursuivre une nouvelle aventure dans le jazz. A suivre…  

 

lundi, 09 mars 2015 12:56

Swamp Tooth Comb

Ce trio nous vient d'Hamilton, dans l'Ontario, au Canada. Fin des sixties, T.G, Tim Gibbons, le guitariste, et Swampy Joe Klinefelter, le bassiste, se rencontrent. A l’origine, TG était batteur. Il revend son instrument à Patch, un gars qui travaillait à la station-service du coin. Patch rejoint les deux autres. The Swampbusters est né! Ce bref historique ne fait que résumer leur longue carrière, car il s'est écoulé pas mal de temps depuis leur première entrevue. Il n’existe cependant pas de biographie précise ni d’état des lieux d’une éventuelle discographie existante (peut-être huit productions déjà sous différents patronymes), si ce n'est que TG jouit d’un solide réputation de banjoïste ; et qu'il a milité chez les Shakers, Driftin' Drawers et Trouble Boys. Il semblerait toutefois que TG, sous le couvert de Coots Leland, ait publié un elpee baptisé "Trail of smoke", en 2012 ; un disque qui baignait déjà dans le roots rock!

Titre d’ouverture, "Bayou preacher" trempe dans le swamp rock. Très relax, Tim chante à la manière de Tony Joe White, mais d’une voix plus nasillarde. Quoique toujours dans un climat laidback, "Who wants to dance with an old ding dong" élève le tempo. Soutenue par les cordes et les interventions d’un harmonica, la voix ne fait guère d'éclats. A l’écoute de "Hey poor boy hey", on a l’impression que TG gratte sa six cordes devant vous. "The brooder" est une piste qui nous mène à un certain Lou Reed. Même la voix adopte les mêmes inflexions. Curieux, car nous sommes bien loin de New York! Des cordes de guitares acoustiques amorcent "Country side of town". La basse de Swampy Joe balise bien le rythme de cette plage qui baigne dans une ambiance country, mais dans l’esprit de feu JJ Cale, c’est-à-dire, rencontré à Tulsa, dans l’Oklahoma. Harmonica et guitare resonator alimentent "Compone", un titre franchement country. Tim maîtrise parfaitement sa ‘coolitude’ tout au long de "Hot money", un titre rock mais tendre. "Play me some blues & keep it country" nous réserve plus de 4 minutes de downhome blues prosaïque. Le temps s’écoule en douceur. La gratte prend des couleurs au contact de la voix. (Trop) court, cet LP s’achève par une plage de folk/rock intimiste, "The bone of contention"…

 

lundi, 09 mars 2015 12:54

You keep the money

De son véritable nom Rick Bates, Tas Cru est originaire du Québec. C’est un adepte du country/blues, mais également du rock/blues. Il a publié 8 elpees depuis 2006 ; et son avant-dernier, "Tired of Bluesmen crying", remonte à 2012. Rick s’est établi, entre-temps, dans l'état de New York! Tas et ses Moneymakers ont enregistré "You keep the money" au sein du studio Subcat à Syracuse. Les douze plages sont signées Cru ; et il en assure la production.

L'orgue de Guy Nirelli introduit "You keep the money", un R&B bien torché, inspiré par le bluesman du Delta, T Model Slim. Soutenu par les voix de Mary Ann Casale et Alice Ericksen, Tas Cru se réserve le lead vocal. L'harmonica bluesy de Dick Earl Ericksen (NDR : c’est l'époux d'Alice) et la guitare du leader entrent en dialogue. Tas est toujours au micro pour "A month of somedays", un blues lent impeccable tapissé par l'orgue Hammond de Norelli. Sa voix est chaleureuse et chargée de feeling. A nouveau épaulé par les deux choristes, il attaque "Half the time ", un blues bien rythmé. La guitare ne tient plus en place mais demeure constamment au service de l’expression sonore, alors qu’Ericksen s'éclate sur son harmonica! Indolente, mélodieuse, belle, "La belle poutine" est une plage aux arrangements particulièrement soignés. La six cordes libère toute sa sensibilité devant l’orgue Hammond et le piano électrique. Plus funky, "Heart trouble" est un morceau récréatif. Si la gratte est bien présente, on s’amuse des changements de tempo et des gémissements féminins. Des cordes acoustiques entament "A little more time". Elles cèdent cependant rapidement le relais aux électriques. Une piste aux arrangements soignés qui s'étire paresseusement. La même amorce régit "Take me back to Tulsa". La voix de Tas est nonchalante. Le tempo s'élève. Orgue, piano et harmonica entrent dans la danse. Et tout en picking, les interventions de gratte sont hantées par l'ancien maître de Tulsa, JJ Cale. Le climat est toujours aussi cool sur "Count on me", un excellent blues marqué par la sortie de Norelli sur l'orgue Hammond. Ainsi que tout au long du captivant "Bringing out the beast", une compo au cours de laquelle ce sont l'harmonica et l'orgue qui apportent la couleur sonore. Guitare Resonator et harmonica balisent la finale "Thinking how to tell me goodbye", une ballade country/blues acoustique…

 

lundi, 09 mars 2015 12:52

Life happens

Originaire de l'Alabama, Candi Staton chante la soul et le gospel. Dans quelques jours, elle fêtera ses 75 ans. Dès son plus jeune âge, elle milite au sein du Jewell Gospel Trio. Pour y chanter. Elle commence à enregistrer dès 1953. Sa notoriété de vocaliste southern soul, elle la forge fin des 60’s et au cours des 70’s. Mais en 1982, elle en revient au gospel. La discographie de Candi est conséquente. Elle a décroché ses plus grands succès, quatre décennies plus tôt, quand elle enregistrait au sein du studio Fame, à Muscle Shoals, en Alabama, sous la direction de Rick Hall. Pour concocter son 27ème LP, elle y est retournée. 

Quoique plus de première jeunesse, elle a conservé son joli brin de voix. Soutenue par les harmonies vocales de John Paul White et Jason Isbell (ex-Drive by Truckers), elle aborde "I ain't easy to love", en l’imprimant sur un impeccable tempo R&B. Rick Hall dirige "Commitment" et "Never even had the chance", deux plages balisées par la section rythmique constituée du bassiste David Hood et du drummer Tommy Harden. La fille de Candi, Cassandra Hightower, participe aux chœurs, sur "Close to you", une compo que chante Mrs Statton d’une voix autoritaire. Sur cette piste, Toby Baker double à la guitare et l’orgue. Le reste du long playing a été mis en forme par son fils, Marcus Williams. En outre, il apporte sa collaboration aux drums. La suite de l’opus baigne dans une soul intimiste ; et notamment "For eternity", "Even the bad times are good", "Where were you when you knew?" et "Go baby go", trois morceaux qui bénéficient de la participation de Steve Cuningham, à la pedal steel. La section de cuivres est au complet pour aborder "Beware" et "Treat me like a secret", des morceaux funk/r&b dansants. Mrs Staton et sa fille Cassandra signent "Three minutes to a relapse". Candi interprète "Have you seen the children?", une ballade r&b empreinte de tendresse et de passion qu’elle a composée. Tout comme "Have you seen the children?", alors soutenue par l'orgue de Kevin Griffin et le saxophone de Mike Burton. En bonus, elle revient chanter "Where I'm at", une plage dansante, funky et cuivrée.

 

lundi, 09 mars 2015 12:51

Live & Extended!

Au sein de l’univers du blues contemporain, Brandon Santini est considéré comme un de ses meilleurs représentants. Il y figure tout comme Jason Ricci et Dennis Gruenling. Originaire de la Caroline du Nord, il n’a que 33 ans. Il a émigré à Memphis, il y a une bonne dizaine d'années, afin de vivre le plus près possible des sources du blues et de fréquenter les bars de Beale Street. Il avait déjà gravé deux elpees, enregistrés dans le studio Ardent de Memphis, "Songs of love, money and misery" en 2011 et "This time another year" en 2013. Il a donc décidé d’immortaliser un de ses concerts en live. En l’occurrence, lors du Festival d’Eté de Québec, en juillet 2014. Et il a eu une bonne idée.

Pour la circonstance, il est soutenu par son backing group : le guitariste Timo Arthur, le bassiste Nick Hern et le drummer Chad Wirl. Le show démarre sur les chapeaux de roue par le bref "One more mile", un titre issu de la plume de Muddy Waters. On est déjà impressionné par la puissance de son souffle. Charlie Musselwhite et Brandon cosignent "This time another year", une piste entraînante qui baigne toujours dans le Chicago blues. Le spectre de Howlin' Wolf rôde. La voix de Santini est bien charpentée. Blues lent à coloration Chicago Southside, "Elevate me Mama" a été écrit par l'un des seigneurs de l'harmonica, Sonny Boy Williamson II, une plage figurait également au répertoire de Muddy Waters. Très bien ficelée, la nouvelle version met en exergue le dialogue entre la voix et l'instrument. Que du bonheur ! Long blues imprimé sur un tempo nerveux, "Evil woman" évoque plutôt Slim Harpo. Timo en profite pour sortir une première fois, de sa réserve, sur sa guitare. Et il est encore à l’attaque sur le classique de Big Walter Horton, "Have a good time", en bénéficiant de la collaboration du public canadien. Particulièrement alerte, "Help me with the blues" est un exercice de style de haute volée accompli par le souffleur et le gratteur. Les musiciens sont chauds, le public est brûlant. Après un petit break, le team attaque le notoire "Got love if you want it" de Slim Harpo, c’est-à-dire la référence incontournable au swamp blues louisianais. "No matter what I do" est un extrait de son opus précédent. La voix est autoritaire sur ce shuffle à la fois solide et torride. Brandon a coécrit "What you doing to me" en compagnie de Victor Wainwright et Jeff Jensen. Un blues paresseux pour musicos décontractés. Cap vers le Sud. Et en particulier  l'Arkansas et le Mississippi, pour la cover du fameux "My backscratcher" de Frank Frost. Timo est intenable et dispense sa meilleure sortie aux cordes sur ce morceau bien rythmé, alors que l’harmonica se révèle tout bonnement éblouissant. La fin du concert est proche. Brandon se lance dans un boogie furieux, "I wanna boogie with you". Il se déchaîne. Ses poumons ne lâchent jamais prise. Quelle santé ! D’excellente facture, ce ‘live’ s’achève par un inévitable Chicago blues, "Come on everybody".

 

lundi, 09 mars 2015 12:45

Ghosts

Etabli en Californie, Bill Philippe a écumé toutes les scènes et arrière-boutiques de la région de San Francisco, au cours de ces vingt dernières années. Fervent adepte du funk néo-orléanais, il a scellé cet enthousiasme sur trois elpees, "Ascended Masters of the Order of the Tantric Fonk" en 2003, "Fonk" en 2008, et "Fonkology" en 2011. Depuis, Bill est revenu à sa passion originelle, le Delta Blues, celui de Blind Willie Johnson, Mississippi John Hurt, Robert Johnson et Muddy Waters! 

Le répertoire de Bill oscille entre compos personnelles et adaptations de traditionnels du genre. Une exception qui confirme la règle : la cover du "Come on in my kitchen". Elle est signée par le légendaire Robert Johnson et a été écrite, il y a plus de 80 ans. Cette plage ouvre l’elpee ; et à son écoute on en attrape des frissons. Une adaptation respectueuse et passionnée, tant dans la voix que les cordes. Bill chante et assure les parties de guitares, sur tous les morceaux. "Father's lament" est une chanson particulièrement intimiste. Bill injecte beaucoup d’expression dans la voix, tout au long de l’excellente plage, "Wedded heart", qui voue un grand respect aux blues originaux d'avant-guerre. La passion le dévore encore sur "Tightrope". Lors des arrangements des traditionnels, il a pris soin de préserver l’esprit du blues. A l’instar de "Keep your lamp trimmed and burning", une compo attribuée à Son House, qui figurait sur "Death letter" ou encore de "You're gonna need somebody on your bond", une plage qui aurait été composée par Blind Willie Johnson. Bill rend hommage à son principal maître sur "The Ballad of Blind Willie", une version empreinte d’une grande sensibilité. Et c’est toujours la passion qui le guide sur "In my time of dyin'"…

 

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