La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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Kreator - 25/03/2026
Découvertes

Candy Flesh

Psychotic Tales

Écrit par

Bénéficiant d’un très bel artwork, le premier opus de Candy Flesh évoque un surf rock trempé dans les 50’s dont Tarantino aurait pu se servir pour concocter une éventuelle bande sonore. Surtout à cause de son titre, « Psychotic tales ». Un elpee qui fait suite à la publication de deux Eps. Mais on se trompe totalement d’histoire d’amour, car le combo français pratique un rock n’roll bien classique tout au long de ce long playing. Un rock puissant, animal et sensuel, né d’un mélange de punk de grunge et de blues, et caractérisé par la présence d’une voix impressionnante, mais néanmoins, à mon goût, un peu trop envahissante ; celle de Clara. C’est elle qui drive le combo. Une véritable furie. Une boule de nerfs qui ne tient pas en place. Ce qui en fait à la fois la force et la faiblesse du quatuor hexagonal. Bien sûr ses interventions vocales communiquent une fameuse énergie aux compos ; mais, à la longue, son organe, sans cesse poussé dans ses derniers retranchements, finit par taper sur le système. En baissant quelque peu son curseur, l’ingénieur du son aurait pu rééquilibrer un peu le tout.

De ce long playing, j’ai flashé sur des titres plus rock n’roll, à l’instar de « Funny Holly », dont le riff de gratte est particulièrement efficace ou de « Dead Born », balisé par une rythmique parfaite. A contrario, bourrés de clichés, « Killer in You » et « Taste Like Honey » se révèlent, à la limite, insupportables. Et les compos interprétées dans la langue de Molière  (« Alice » ou « Baby Doll ») ne cassent pas non plus des briques. Faut dire que la faiblesse des lyrics n’y est pas étrangère.

Candy Flesh réunit certainement d’excellents musiciens, peut compter sur une chanteuse jouissant d’une forte personnalité, mais pêche par une carence en originalité. Ce qui explique, sans doute, pourquoi ce « Psychotic Tales » est un peu trop inégal pour vraiment convaincre. Maintenant, il est peut-être susceptible de plaire aux amateurs de rock sculpté dans les riffs lourds et dominé par une chanteuse à la voix robuste et bien trempée…

 

No Faïence

No Faïence (Ep)

Écrit par

Deux années au compteur pour ce trio français, formé en 2009, à la Roche-Sur-Yon. Mais manifestement, les musiciens affichent une maîtrise indéniable… Rudy, Guillaume et Miguel ont été élevés au rock US des années 90 et ça se sent. Leur Noise-rock semble dopé par les sonorités héritées de Fugazi, Shellac, Hüsker Dü ou autre Reiziger. Les 4 titres de ce premier EP oscillent entre débauche d’énergie (l’instrumental « Tarama »), le post-rock réminiscent de Seam (la claque « IV/4 ») et la pop enrichie de riffs et de breaks puissants. La voix est délicieusement enrouée et les drums arides à souhait (« Heretic » et « WFAWAF »). Un bel, honnête et efficace premier Ep autoproduit qui augure un groupe de grand talent. Bref, la musique indépendante comme on l’aime !

 

John Home

Demo

John Home est un trio parisien à deux voix (masculin/féminin) qui apprécie sans aucun doute les groupes noisy à la Sonic Youth et à la Blonde Redhead (Paradis). A la recherche d'un label, il écume les clubs de la capitale française, ses 22 chansons en bandoulière. Ce Cd runit une sélection de leurs meilleures compos. Un peu pénible sur la longueur (imaginez Françoiz Breut reconvertie en fan de Yo La Tengo), John Home se débrouille quand même bien dans un genre à ranger du côté de cette frange lo-fi qui aime les filles minaudant sur fond de saturations arty. Reste à leur souhaiter bonne chance dans leur carrière de rock stars rongée par leurs désillusions dont ils aiment tant s'épancher en lamentations dans des chansons tristes, voire ennuyeuses (mais il y en a qui aiment ça).

 

Impact

Rêve obscur

Ce groupe d'amateurs de la région de Saint-Vith n'a pas peur du ridicule : lyrics simplistes aux rimes éculées sur fond de riffs poisseux et sans attrait, batterie sourde et mélodies pompettes de midinettes, leurs morceaux n'auront guère d'impact, si ce n'est auprès des ados en pleine crise de puberté (et encore !). Mais pardonnons à ces jeunes gens (en moyenne 20 ans) leurs grosses fautes de goût, puisqu'ils y mettent tout leur cœur. Elise, chanteuse à la voix de (Vanessa) Paradis, a d'ailleurs l'air fort charmante : dommage que ses textes sur le viol (" Blessée "), les drogues (" Fuite ") ou le suicide (" Lui, l'enfant ") ressemblent à une dissertation de classe primaire, ou paraissent s'adresser à son doudou ou son journal intime. Sorte d'exorcismes d'une fille en mal d'amour et de compréhension (le lot de toute ado de18 ans, en somme), les chansons d'Impact ne nous touchent donc guère, d'autant plus que l'ingénieur du son semble lui aussi avoir l'âge de jouer au papa et à la maman dans la cour de récréation. Le son est très approximatif et la voix, déjà peu assurée, se noie sans cesse dans le vrombissement des guitares et le bourdonnement de la batterie ; bref c'est du gros cafouillis. Le clou du CD : une chanson sur Kenny (si, si, le gamin de South Park !), et même une chanson en anglais, histoire de prouver aux copains et au prof de langue que l'excursion à Douvres, c'était chouette et instructif … Résultat du bulletin : 14/20 pour l'application, 17/20 pour la sincérité, 10/20 pour la musique. Oh, pas cool, une balance !

 

Ubikar

Démos

Écrit par

Ubikar est un quatuor originaire d’Ardèche. Basé aujourd’hui à Lyon, le line up est réduit à un trio. Et les musicos sont âgés d’une vingtaine d’années. Leur première démo réunit autant de titres que de membres du groupe originel. Chaque morceau, pris séparément, suscite un certain intérêt, principalement grâce aux ambiances posées clairement ; mais lorsqu’on écoute les quatre pistes dans son ensemble, on peine à trouver un fil conducteur. Les diverses atmosphères n’ont aucun point commun. Souffrent d’une absence d’homogénéité. Et pire encore, la plage suivante démolit la précédente.

Ubikar se comporte un peu comme un jeune puceau, dans une maison close. Il y a tant de plaisirs à découvrir qu’il ne sait plus où donner de la tête ; alors, ses émotions et ses pulsions le submergent. Et ses réactions partent dans tous les sens ! Peu importe ce que ça lui coûte, il offre tout de sa personne à ces inconnues. Ses gestes n’ont aucun accord les uns avec les autres, n’ont pas encore la grâce que dégagent deux corps expérimentés en plein acte d’amour. On s’aperçoit qu’il a tout en lui pour atteindre la beauté de cette jouissance, mais il reste du chemin à parcourir, d’autres corps à étreindre avec attention et affection. Pas de quoi s’inquiéter pour lui ; délivré de cette pression qui tenaille chacun de nous la première fois, tout sera plus naturel, plus fluide.

 

EC

Ici (Ep)

Écrit par

Eric Thomas a écrit ses premières chansons dans une grange avec une guitare, un sampler et un walkman. Son bricolage minimaliste lui a quand même permis d'adapter des musiques de film, des bandes-sons pour le théâtre… Il a rencontré le batteur Nicolas Courret. Ensemble, ils ont affronté des festivals de rock, des premières parties (Noir Désir), etc. Textes surréalistes et rock minimaliste ont dû surprendre quelques audiences. Y a-t-il là une voie à suivre ? Je reste en tout cas dubitatif face à l'univers très étrange d'EC. Ce qui ne m'empêche pas de saluer l'audace du choix de la formule du duo guitare-batterie et d'espérer que des innovations captivantes en sortiront.

 

Alice in Neverland

Debut

Écrit par

A mi-chemin entre le trou du lapin cher à Alice au pays des merveilles et le pays imaginaire de Peter Pan, l’univers de ce projet autodidacte se décline mélancoliquement sur les traces de notre enfance.

Délicatement déposées au seuil de l’âge adulte, ces comptines empreintes d’un certain classicisme redessinent les dédales d’un chemin perdu autrefois.

Le violoncelle donne corps à ces méandres ensorcelés et l’esprit n’est pas loin d’un Tim Burton médiéval dont la monture se serait arrêtée ici pour paître paisiblement.

Une échappée temporelle aux textures sépia où les bonnes surprises ne manquent pas (les tablas sur « Observatoire », la rythmique fiévreuse de « Senshin », la discrète electronica de « Shadow »).

On pense parfois à Dead Can Dance, et les ambiances sont très réussies. L’ajout de textures orientales finissant définitivement de semer l’auditeur dans ce labyrinthe de Pan.

Un album onirique haut en couleurs.

 

Ziwök

Démo Live

Écrit par

Chroniquer une démo n'a jamais été chose aisée. Ziwök, groupe français fondé début 2000 n'a pas choisi la facilité en proposant à ses admirateurs un premier témoignage de son savoir-faire sous un format 'live'. Difficile dès lors de se faire une idée très précise des qualités d'un groupe "amateur" tant on connaît les conditions souvent hasardeuses d'un enregistrement en public, réalisé avec les moyens du bord. Le groupe ne triche pas et on se rend compte dès l'écoute du premier titre que les Nîmois jouissent sans aucun doute d'une certaine expérience de la scène. De part les nombreuses influences musicales de chacun des membres du groupe, Ziwök définit son style comme de la pop-rock metal-fusion ! De Dream Theater à Michel Berger, de Pantera à The Gathering, de Bowie à Genesis, les membres de Ziwök sont ouverts à de multiples tendances, et cela se ressent dans leurs compos qui brassent toutes ces influences, mais qui évoquent aussi parfois un Cranberries ou un Portishead. L'organe vocal d'Angélique Joseph n'est pas étranger à cette filiation avec la vague de "groupes à chanteuse". Bien sûr, Angélique ne possède pas (encore) la technique d'Anneke Van Giesbergen ou de Dolores O'Riordan, mais elle dégage néanmoins beaucoup d'émotion, et s'accorde harmonieusement avec les mélodies développées par son groupe. Car c'est bien de développement qu'il faut parler dans le cas de Ziwök. A cause de cette connotation progressive évidente de la plupart des morceaux qui composent cet enregistrement opéré au Rockstore de Montpellier, en mars 2002. On attend la suite avec impatience tout en souhaitant à ce groupe passionné de bien prendre le temps de digérer ses influences et de pouvoir bien vite goûter à l'opportunité d'immortaliser ses compositions dans un vrai studio. Une agréable découverte!

 

Ziwök

Brainwaves

Écrit par

Les Nîmois de Ziwök ont bien évolué depuis la sortie de leur première ‘démo live’, enregistrée dans des conditions hasardeuses en mars 2002, au Rockstore de Montpellier. Pour faire patienter les fans, avant la sortie d'un véritable album, le combo nous gratifie d'un CD sept titres qui révèlent sa véritable personnalité. A l'époque de la sortie de la démo, Ziwök définissait son style comme de la pop-rock metal-fusion, et ses membres se disaient influencés autant par Dream Theater que par Michel Berger ou les Cranberries. A l'écoute de ce " Brainwaves ", il est tout à fait évident que le groupe s'est éloigné de ses racines metal pour évoluer vers une musique plus pop ou intimiste, l'organe vocal de la chanteuse Angélique Joseph n'étant pas étranger au parallélisme qu'on pourrait établir avec Portishead ou le dernier The Gathering. Des titres mid-tempo, qui dépassent rarement les cinq minutes, une voix aérienne, des mélodies soignées, des guitares un brin mordantes et l'apport d'une clarinette : le futur album de Ziwök fera davantage le bonheur des lecteurs de Rock n' Folk que de Hard Rock Magazine. Nous l'attendons néanmoins avec impatience au sein de cette rubrique Metal qui se veut ouverte à toutes les tendances du rock un tant soit peu énervé.

Wanana Blues Blasters

Bluesanthropie

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Les WBB nous viennent de la région de Lyon-St-Etienne. Un trio partagé entre le chanteur/guitariste Gaspard Ossikian, le bassiste Olivier Perez et le batteur Michel Rulliere. Le groupe comptait déjà deux albums à son actif, dont un "Live sessions" paru en 2002. Très soigné, ce nouvel opus ne recèle que trois compositions maison, privilégiant les nombreuses reprises.

Il s'ouvre par un titre de BB King, "I wonder why". La voix autoritaire, puissante, assez râpeuse de Gaspard est étonnante. La formation abat du bon boulot. Le leader joue de la slide, avec beaucoup de réserve, sans jamais en remettre une couche. Ce qui explique la réussite de sa première sortie en soliste. "Mat à dame" est une composition maison, funky, qui montre les limites de la langue française ("les morpions qui attendent les ébats!!"). La belle voix rugueuse s'adapte mieux à la langue de Shakespeare. A l'instar du classique "Just a little bit" caractérisé par ses changements de rythme, et d'"I feel good", de James Brown, un fragment qui bénéficie du renfort de Fred Brousse, à l'harmonica. Un multi-instrumentiste qui a de l'étoffe ! "I'm ready" constitue le premier grand moment. La version est swing. La voix très grave, travaillée comme un instrument. Son solo est assez créatif. "Ice cream" est un tout bon blues lent maison, une compo magnifiée par l'épaisseur du timbre vocal de maître Ossikian. Nonobstant les limites de la formule trio, les musiciens remplissent bien l'espace sonore. Les Blasters conservent le tempo modéré tout au long du "Don't say that no more" de Jimmy Reed. Il n'est pourtant pas interprété à la manière typique de Reed, mais plutôt comme les formations blues rock du british blues boom des sixties. A cause de cette aptitude à ne pas s'égarer dans des flots de notes et dans l'autosatisfaction. Les Wananas font une interprétation réussie de l'instrumental "Don't loose your cool". Une cover notoire du maître de la Telecaster, Albert Collins, au cours de laquelle le trio est rejoint une nouvelle fois par Fred Brousse. Et tout au long de cette adaptation, il faut reconnaître que la section rythmique libère un fameux groove. La fin de l'album demeure fort intéressante. Le "Magic Moutain" de Gaspard Ossikian marque un net changement de style, beaucoup plus personnel. Gaspard trafique sa voix qui semble venir d'outre-tombe. Une voix très expressive, dont les reliefs soulignent l'effet dramatique. Elle peut même rappeler celle du Captain Beefheart à son époque glorieuse ou de l'Anglais Edgar Broughton. Et les cordes accentuent les effets vocaux dans un dépouillement assez sinistre. Une slide plaintive introduit une version bien personnelle du hit de Nino Ferrer, "Le Sud". J'aime beaucoup la finale, le fameux "Third degree", un long blues lent poussé à l'extrême. Un titre signé par le pianiste de Chicago, Eddie Boyd. L'adaptation est à nouveau sculptée dans le British Blues. L'atmosphère est empreinte d'une tristesse infinie. L'introduction à la guitare est tout en sensibilité. Les notes parcimonieuses font mouche. La voix de Gaspard colle bien à ce climat. Personnellement, elle me rappelle la quintessence d'Aynsley Dunbar Retaliation. Et en particulier le chant de Victor Brox et la guitare de John Moorshead (NDR : un fervent adepte de Peter Green). Et c'est un compliment !

 

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