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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

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LaSemo 2025 : vendredi 11 juillet

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Il faut se rendre à l’évidence, le modèle économique des festivals tel que nous le connaissons aujourd’hui atteint un niveau de saturation critique. Les raisons sont multiples : le cachet des artistes, le nombre de ces événements, les mesures de sécurité importantes à mettre en œuvre, les conditions climatiques aléatoires – qui ont un impact direct sur les ventes de dernière minute – et sans aucun doute les dommages causés par les crises sanitaires.

Et si le LaSemo vivait ses dernières heures comme bon nombre de ses confrères ? Si la question a été évoquée lors d’une récente conférence entre les responsables des plus grands festivals belges, cette fin (inéluctable) n’a pas (encore) été décidée. Selon l’adage, qui vivra, verra…

En tous cas, il semble désormais opportun de définir une vision globale sur le long terme. Et si l’une des solutions était de promouvoir plus simplement des artistes émergents ? Sur ce point, le LaSemo fait office de figure de proue ; car si l’affiche programme des artistes confirmés, elle laisse une large place à celles et ceux, en devenir…

Le site a été réorganisé afin d’aérer l’espace, passant de 4 à 10 hectares. Si la scène du Château n’a pas bougé d’un pouce, comme figée par le temps, une autre, d’une envergure identique et identifiée comme ‘La scène de la prairie’, a été échafaudée sur une parcelle décentrée. Une configuration déjà présente l’année dernière. Seul bémol, le passage d’une scène à l’autre devient parfois un exercice fastidieux.

LaSemo a la particularité de proposer des spectacles culturels riches, conviviaux et bienveillants. Un festival à taille humaine comme il en existe peu aujourd’hui.

Les food-trucks, nombreux, permettent aux festivaliers de se restaurer correctement ; mais l’objectif avoué est de disposer d’emplacements où sustenter sans forcément assister à un concert. Il y a même un stand qui permet d’acheter des fruits.

Le festival a de nouveau invité petits et grands à faire la fête. Si de nombreux concerts sont programmés, les bambins ont également de quoi faire. Il y a même pléthore de représentations qui leur sont destinées.

Une des spécificités majeures de ce rendez-vous annuel est son caractère durable. Entendez par là toilettes sèches, décors en palettes et ballots de foin disséminés un peu partout, afin de se reposer un peu entre deux escapades. Bref, un endroit hors de tout et… surtout du temps.

Même Jean-Jean, l’habituel géant givré de service chargé d’introniser avec humour, décadence et légèreté les artistes, est à nouveau de la partie. Que demander de plus ?

Et une surprise en cachant une autre, la talentueuse, préposée au langage des signes persiste et… signe.

Si en 2024, l’accès au site avait connu quelques couacs, cette année, le plan de circulation a été revu afin d’éviter tant que possible l’engorgement de la ville d’Enghien, en disséminant les parkings.

Lorsque votre serviteur pointe le bout de son nez, aux alentours de 17 heures, Charles est celle qui va proposer son set. Vu le patronyme, on s’attend à découvrir un papy, moustache à la Freddie Mercury, ventre bedonnant et cheveux grisonnants.

Pas du tout ! Il s’agit d’une jeune dame en pleine fleur de l’âge !

Charles (référence à son papy dont elle vouait une admiration sans faille) est vêtue d’une jupe assez courte, d’un long T-Shirt et chaussée de grandes bottes noires, lui conférant un petit air d’écolière effarouchée.

Ses cheveux coiffés en chignon, on dirait à s’y méprendre la Princesse Leia, personnage fictif de la saga Star Wars.

Pas intimidée pour un sou, elle se présente en conquérante devant les centaines de badauds qui se sont pressés pour découvrir cette ancienne candidate de The Voice. Cocorico, c’est une artiste ‘noir-jaune-rouge’, puisqu’elle crèche à Braine-le-Château.

Elle explore un univers qui lui est propre et ne ressemble à aucun autre. Des chansons pop, sensuelles, qui observent la courbe de son existence. Des titres qui racontent ce qu'elle vit ou qu'elle observe dans son entourage. Vu son jeune âge, cette conception risque évidemment d'évoluer rapidement.

Après un premier Ep et un premier album, tous deux remarqués, deux disques dont le son fascinant nous plonge au sein d’univers dark-pop alternatif, Charles revient avec une esthétique punk et pourpre pour présenter un projet audacieux, au cours duquel, elle raconte ses histoires captivantes en français.

Son nouvel Ep, baptisé « Sabotage », s’érige comme le récit initiatique chaotique et formateur d’une nouvelle femme forte, nourrie par les expériences et les mélodrames de sa petite vingtaine. Il lui permet d’enfin éclater sa bulle pour la faire sauter à nos visages et à nos cœurs.

La grande nouveauté de ce disque procède au recours, aussi bien la langue de Molière que de Shakespeare. Un défi fou et laborieux, mais surtout un exercice formateur pour celle qui a toujours douté de ses capacités dans sa langue maternelle.

Pour Charles, le choix de l’idiome a toujours été purement affinitaire, et l’introduction du français sur « Sabotage » découle surtout d’une envie d’explorer d’autres horizons.

Elle entame donc son tour de chant par un « Never Fair », figurant sur l’elpee « Until We Meet », afin de mettre tout le monde d’accord sur son potentiel.

Loin du mythe selon lequel on traduit plus facilement ses secrets dans une langue étrangère, Charles affronte ses vices et ses histoires avec la même hargne, en français. En témoigne ce texte fort sur les abus de la drogue, « Le Marbre ». Une compo qui désarçonne un peu les fans de la première heure.

Mais, très vite, les craintes se dissipent dès « Without You » qui constitue le moment solennel de cette après-midi. Prise d’émotion, elle avouera avoir écrit cette chanson pour une personne présente dans l’assemblée aujourd’hui.

Son set durera une heure. 60 minutes de bonheur, de plénitude, d’introspection et de délice.

Autre style, autre lieu en compagnie de Feu ! Chatterton sur la scène du Château. Il s’agit d’un groupe français de pop/rock, originaire de Paris. Le patronyme du band est né de la juxtaposition de l'expression Feu ! et de Chatterton, en hommage au poète Thomas Chatterton.

Le quintet est composé d’Arthur Teboul (chant), d’Antoine Wilson (basse), de Clément Doumic (guitares & claviers), de Raphaël de Pressigny (batterie) et de Sébastien Wolf (guitares & claviers).

C’est la seule date belge de la formation. Autant dire que la plaine est particulièrement bondée pour ceux dont la prose poétique est hors du commun.

Le combo est réputé pour ses prestations jouissives, solaires et impeccables. Et ce n’est pas « Compagnons », un titre figurant que le long playing « Parais d’Argile », paru en 2021, qui va déroger à la règle. Les guitares sont cinglantes et lancinantes. Arthur Teboul n’est pas en reste. Sur les planches, il affiche une présence charismatique et théâtrale.

Feu ! livrera un répertoire de titres riches et solides, résumé d’une carrière d’une intensité forte entre rock/pop et poésie engagée, tels que « Allons voir » ou encore « Mille Vagues » dédié à tous ceux qui ont perdu quelqu’un. Une compo qui laisse beaucoup de place aux guitares électriques et à la basse, les autres musiciens se sont alors effacés le temps d’une seule chanson, pour enfin revenir en force sur « Libre ».

Grâce à des arrangements soigneusement calibrés, capables de passer de l’énergie brute à une émotion feutrée, Feu ! Chaterton est assurément LA grande surprise de ce jour.

« Monde Nouveau » apporte soudainement beaucoup de fraîcheur. Sa dimension en live est une performance particulièrement habitée et portée par la voix charismatique du chanteur, belle à voir et écouter…

Le set tire doucement à sa fin. Depuis plus d’une heure, le groupe navigue aisément entre ambiances rock et jazz, traversées de spoken word et de touches électro, offrant un show multidimensionnel et jubilatoire. « La Malinche », morceau identitaire, qui alternera à de nombreuses reprises, moments de césures et de reprises, comme pour faire durer le plaisir encore longtemps, n’échappe pas à cette règle immuable qui fait que Feu ! Chaterton est décidément bien bouillant dans une une mise en scène maîtrisée, entre intensité rock et poésie lumineuse.

Alternant énergie brute, puissance vocale, émotion et passages introspectifs, les comparses de Chaterton ont assuré un concert d’une énergie folle, porteur d’une communion forte entre le groupe et la foule.

Néanmoins, certains regretteront que le set ait été interrompu de manière abrupte, empêchant l’ultime final, la jolie reprise de Nino Ferrer, « Le Sud », pourtant jouée lors de certaines prestations live…

Direction la Guinguette, l’endroit le plus atypique du site. Sans doute aussi l’espace qui se prête le mieux à l’esprit et à la culture de ce festival unique en son genre.

La scène est constituée de palettes de bois. De vieux vinyles ont été cloués sur le pourtour du site, afin de feindre un espace cosy.

Le podium bénéficie d’un bel espace naturellement ombragé car il se situe au milieu d'arbres. Et au vu de la chaleur encore bien tenance, inutile de dire que l’endroit est prisé…

The Haze s’y produit. Il s’agit d’un duo réunissant Stéphanie Bertrand et Maximilian De Vos. Le style brasse de la pop-house, une forme de r&b chaloupé, aux beats groovy et hypnotiques, et le tout est parcouru par des interventions de flûte.  Bref, une solution sonore prête à vous exploser à la figure.

Tandis que Miss Bertrand apporte une touche soul/jazz au chant et à la flûte, Mister De Vos se charge des arrangements house downtempo bien calibrés.

Le duo est intéressant, mais cadre peu avec les goûts de votre serviteur.

Après une pause dinatoire bien méritée, direction la scène du Château pour y assister au show de Mika.

Devenu populaire depuis sa participation à The Voice, en 2014, l’artiste n’a cessé d’attiser la curiosité auprès des plus jeunes.

Des milliers de spectateurs se sont pressés en front stage. Il y fait noir de monde. Il faut dire qu’il s’agit de la seule date belge du trublion.

Epuré, le podium paraît gigantesque. Seuls trônent quelques instruments ; notamment des guitares posées ci et là et une batterie légèrement surélevée sur la gauche.

Alors qu’il est 22 heures, Mika débarque. Tel un Phoenix, il a enfilé un costume à ailes de couleur bleue. Et dès les premières notes de « We Are Golden / Origin of Love », il libère une énergie folle. Le public, dès ce début, est conquis et participe immédiatement à la fête.

Le chanteur est particulièrement communicatif. Le lien entre l'artiste et son public est palpable, notamment lorsqu’il aborde « Lollipop » et « Relax (Take It Easy) », deux de ses standards les plus notoires.

Mika offre un spectacle digne de ce nom, employant de gros moyens sur la scénographie, jouant entre tableaux lumineux et projections.

Proposant une setlist de titres plus foutraques les uns que les autres, Mika alterne tubes classiques (« Lollipop », « Grace Kelly », « Love Today ») et nouvelles compositions en français (« C’est la vie », « Jane Birkin », à qui il rend hommage, « Underwater », « Good Guys »), en leur insufflant une belle dose d’émotion. Une sensibilité à fleur de peau qu’il manifeste aussi bien lors des morceaux électriques qu’acoustiques, à l’instar de ces instants piano/voix.

« C’est la vie », une des rares chansons en français du set, provoque une belle communion entre la foule et l’artiste, et tout particulièrement lorsqu’il déclare qu’il s’agit d’une chanson qui appartient à la Belgique.

Flamboyant et théâtral, le show, bénéficiant d’une scénographie à couper le souffle, peut cependant se révéler kitsch et stéréotypé, pour les esprits chagrins, mais en vérité généreux, Mika nous a réservé un spectacle endiablé et jouissif.

Il est minuit lorsque les réjouissances se terminent. La plupart des festivaliers regagnent leur véhicule, tandis qu’une poignée d’insatiables préfèrent poursuivre leur parcours vers l’une ou l’autre bar encore ouvert.

Une nouvelle édition qui tient ses promesses...

A demain !

(Organisation : LaSemo)

 

Informations supplémentaires

  • Date: 2025-07-11
  • Festival Name: LaSemo
  • Festival Place: Parc d’Enghien
  • Festival City: Enghien
  • Rating: 8
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