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Festival Trans Musicales 2006 : samedi 9 décembre

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Pour leur dernière soirée, les Trans Musicales s'annoncent électro-rap ! Il suffit de jeter un rapide coup d'œil à la programmation pour s'en assurer : Easy Star All-Stars, Aufgang, Justice, Keny Arkana, Nouvel R... Quelques moments rock sont tout de même prévus. Notamment la prestation très attendue de Kaiser Chiefs et les brésiliennes de CSS, entre autres. L'affluence est d'ailleurs à son comble…

Nouvel R lance le bal. Pas moins de sept silhouettes se dessinent très vite sur scène ; les vibrations d'une ligne de basse groovy résonnent et pas moins de quatre MC's balancent leur bagout en manifestant une aisance, un phrasé et une énergie étonnants. Quel plaisir, d'ailleurs, de retrouver l'indomptable talent d'Ezra, le human beatbox virtuose déjà vu sur scène la veille ! Tous s'affairent autour du DJ central et nous imposent avec force leur hip-hop efficace. Démarrage de la soirée en beauté !

Alors que DJ Medhi vient tout juste de terminer son set dans le grand hall, c'est au tour des trois Luxembourgeois d'Aufgang de livrer leur art aux Rennais, venus ce soir en force. Deux interprètes communiquent par pianos à queue interposés, tandis qu'Aymeric Westrich imprime le tempo de ses machines. Une formation plutôt surprenante responsable d'une musique qui n'en est pas moins variée et audacieuse ! Les influences oscillent visiblement de la house au jazz, en passant par la world music ; et force est d'admettre que le tout fonctionne plutôt bien, malgré l'atmosphère on ne peut plus froide émanant de la scène.

Après maintes hésitations, le nez pointé sur la programmation, je me décide et me dirige vers le hall 3 où les très attendues brésiliennes de CSS (sans oublier le seul membre mâle de la troupe, préposé à la batterie) vont débuter leur set quelques minutes plus tard… choix judicieux vu la foule déjà agglutinée dans la fosse ! Sans aucun doute, la curiosité est de mise dans la salle et le public ne sera pas déçu par la prestation scénique de ces demoiselles ! Elles crachent sans vergogne leurs chansons courtes et efficaces, aux paroles qui peuvent parfois laisser à désirer. Les Sud-Américaines ne sont en effet pas là pour se prendre la tête comme l'annonce leur « CSS Suxxx » en ouverture, mais bien plus pour s'amuser et entraîner le public dans leur délire… et ça marche ! Il faut dire que la chanteuse sait s'y prendre : boostée par une énergie incroyable et increvable, elle danse, sautille sur scène et fonce dans le public sans retenue… tout en chantant tube après tube. Plus que pour leur musique, on apprécie CSS pour leur spectacle.

C'est ensuite au tour des Anglo-saxons de Kaiser Chiefs de devoir faire ses preuves sur scène ! Très attendus dans le hall 3, ils ne déçoivent pas et sont à l'image du public rennais de ce samedi soir : sauvages et énergiques. Si leur musique n'apporte guère d'originalité dans la très convoitée scène rock anglaise du moment, il convient d'admettre que Kaiser Chiefs est un excellent groupe de scène qui se nourrit du public ; et ce dernier le lui rend d'ailleurs bien.

Rassasiée, je quitte le parc expo et laisse les plus courageux vibrer le reste de la nuit aux sons des platines…

Festival Sziget : vendredi 11 août

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Cette troisième journée commence par une mauvaise nouvelle. Suite à la tentative d'attentat perpétrée à Londres, Coldcut et Gomez sont contraints d'annuler leur concert. On espère qu'il n'en sera pas de même pour Radiohead le lendemain. Mais pour l'heure, 50 000 personnes sont attendues ce vendredi sur l'île d'Obuda, pour assister aux 200 programmes de la journée.

Suite à la place laissée vacante sur la grande scène par Gomez, Guru's Jazzmatazz démarre le concert une heure plus tard que prévu. Emmené par le leader Guru et accompagné par Solar & Doo Wop, le groupe dispense un hip hop légèrement teinté de jazz et de soul. Guru et ses acolytes ne cessent de solliciter le public pour reprendre les paroles en chœur. Ils y seraient sans doute parvenus en se contentant de 2 ou 3 répliques. Mais les relances incessantes finissent par lasser.

Au même moment, les Boukakes débarquent sur la scène world. Les 7 musiciens de la formation montpelliéraine brassent différents horizons musicaux où se mêlent rock, raï, électro, et funk. On retiendra des morceaux comme " Bledi ", parfaite synthèse du style pratiqué par cet ensemble français. Sur scène, la présence du derbouka et la voix chaleureuse de Bashir rappellent que la musique maghrébine constitue l'influence majeure du combo. Une performance loin d'être désagréable, au cours de laquelle on se laisse volontiers entraîner aux rythmes de " Allawi " et autre " Mama ".

La petite pause concert permet de déambuler dans les allées et de se diriger vers l'espace théâtre de rue et le chapiteau danse et théâtre. On le dit et on le répète, ce festival est gigantesque ! On peut ce soir assister à la représentation de la troupe polonaise Teatr Osmego Dnia. Sur fond de musique bien psyché, un char circule à travers le public, véhiculant à son bord des barbares qui braillent et crachent du feu. Des fenêtres s'enflamment lentement. Une mise en scène médiévale relatant la guerre. Frissons !!!

Retour vers la grande scène. Sur le chemin, il est loisible de piquer une tête dans la piscine de chocolat (NDR : Oui, cette histoire peut paraître invraisemblable mais elle est véridique. C'est aussi ça le Sziget !). Un bain nourrissant au terme duquel vous aurez la certitude d'être laissé en paix pour la suite des événements.

Le dernier acte de la Grande scène est accompli par les sexy, groovy, funky, Scissor Sisters. 'Disco's not dead' devrait être leur slogan. Leurs vêtements à paillettes parlent pour eux. D'ailleurs, leur patronyme évoque une position sexuelle lesbienne. Mais venons-en à la musique. Le son est parfois médiocre mais tout dépend de l'endroit où l'on est situé. Devant, on a la chance d'être épargné par les saturations pénibles aux tympans. Pas la peine de s'attarder sur le génie de leurs compositions. Ils sont responsables d'un mélange de pop et de rock, saupoudré d'une pincée de disco. Il n'y a plus qu'à danser et sautiller allègrement tout au long des " Laura " ou " I don't feel like dancin' ". Indubitablement, il n'y a pas d'alternative. Ah si… rigoler !

Fin de soirée, petit détour au Silent Disco. « Quekcekça ? ». Il s'agit d'un chapiteau au sein duquel on danse et on chante, mais dont il ne sort pas la moindre note de musique. Curieux, vous décidez d'y aller faire un tour afin de percer le mystère. Enigme résolue, lorsqu'on vous pose des écouteurs sur les oreilles. Il vous reste alors à choisir le canal et à régler le volume. Et en route pour le déchaînement instantané jusqu'à 4 heures du matin ! Un concept plutôt sympa. D'autant plus que la musique diffusée est loin d'être de mauvais goût. Des Ramones aux White Stripes en passant par les Foo Fighters ou encore Dolly Parton. Dans le futur, les organisateurs devraient pousser quelque peu le volume, vu les jacasseries, il devient parfois pénible d'entendre ce qui passe dans le casque.

Festival Sziget 2006 : samedi 12 août

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Ce samedi 12 août est sans doute la journée du festival la plus alléchante ! Coté affluence, un nombre record de festivaliers est attendu. Manquerait plus que la pluie ne s'en mêle ! Les nuages gris s'amoncèlent pourtant et les averses surgissent. Il n'en fallait pas plus pour voir fleurir les premiers ponchos et anoraks. Le Sziget avait déjà la réputation d'être le Woodstock européen. Une allusion qui risque finalement de se confirmer…

Les Ecossais de Sons and Daughters sont les premiers à passer sur la Grande scène. Leur folk électrique est teinté de pop. Des morceaux tels que " Choked " ou encore " Royal Used " sont plutôt agréable à écouter. Au sein de l'assistance on semble également apprécier la performance, mais personne ne parvient pas à se lâcher complètement. Décidément les concerts programmés en journée ont du mal à décoller ! 

Un concert de dEUS, c'est un peu comme à la loterie. Soit le son est nickel et on vit une formidable expérience musicale. Soit il est merdique et les mélodies sont noyées dans un vilain brouillamini. Heureusement aujourd'hui, la bande à Barman est dans un bon jour. Elle est même en pleine forme et au sommet de son art. Le public est ravi. Sur les planches les musiciens semblent également prendre leur pied. Et ce ne sont pas les quelques gouttes qui vont contrarier le show, bien au contraire !

Sur la scène world, les Français d'Orange Blossom font sensation ! Des textes en arabe, un peu de djembé, un violon électrifié, le tout soutenu par des samples et vous obtenez un délicieux cocktail d'électro métissée. On est en extase pendant " Habibi ", en transe pour " Cheft El khof ", en lévitation sur " Yazaman ". Le potentiel des Nantais est certain. Mais en privilégiant les parties préenregistrées sur l'instrumentation conventionnelle, le combo pourrait perdre tout crédit… 

Sur la grande scène, Heaven Street Seven nous balance une solution sonore inspirée par la pop anglo-saxonne au sein de laquelle la guitare de Gábor Balczer est bien mise en évidence. Etonnant pour un groupe hongrois. Qui chante dans sa langue du pays des Magyars. Leur set ne manque pas de charme, mais si la majeure partie s'agglutine au pied du podium, ce n'est pas pour les acclamer, mais pour se ménager une place idéale avant d'assister à la prestation du groupe suivant. On perçoit d'ailleurs un léger soulagement, lorsque le band débarrasse le plancher…

Les roadies installent donc le matériel. En fond de scène, dix fragments d'écrans. Le concert s'annonce déjà impressionnant. Le mot est lâché. Idéal pour qualifier Thom Yorke qui se multiplie à la guitare, au chant, au piano. Le reste du groupe semble parfois plongé dans le coma. Ce qui ne l'empêche pas de nous réserver leurs classiques de haute volée : " Paranoid Android ", " No Surprises ", " There There ", " Lucky ". On appréciera l'enchaînement " Exit music – Karma Police ". Le groupe interprète également deux nouvelles chansons : " 15 step " et " Nude ". Propre, sans bavures, planant, ahurissant. Ce sont les termes judicieux pour qualifier le concert accordé par Radiohead, ce soir. Comme chaque soir. C'est ça le problème : la routine, l'absence de feu sacré…

 

 

 

 



Festival Sziget 2006 : dimanche 13 août

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Au petit matin du dimanche, une petite couche de boue recouvre les allées. Il a plu cette nuit ! Quelques heures plus tard, on n'en parlera plus, car la météo semble vouloir nous sourire. On en profite donc pour continuer à découvrir les activités et les scènes les plus insolites, les plus étranges, les plus délirantes … A l'image du festival.

Le jardin des tentes par exemple. A l'entrée on vous prie d'enlever vos chaussures pour ne pas salir la moquette. Et finalement, après avoir accumulé les kilomètres, les pieds enserrés dans des chaussures, se déplacer en ne conservant que les chaussettes est une sensation bien agréable. L'endroit est plutôt calme. De longues pièces de tissus sont accrochées un peu partout. Un refuge parfait pour s'accorder une petite sieste au chaud, se relaxer en écoutant un peu de musique. D'ailleurs, certains n'hésitent pas à y emporter leur duvet. Mais c'est également un foyer pour les victimes du vol de leur tente !

Autre attraction : le Luminarium. On doit y faire la file. Très longtemps. Appelé aussi la grotte du spectacle, à cause de son réseau de bulles colorées, de tunnels et de salles, ce labyrinthe à ballons s'étend sur plus de 800 m2. Il y fait plus de 40°. Une bonne aventure psychédélique, mais surtout une expérience à découvrir ! Vous aimerez ou vous détesterez ; mais vous ne pouvez y rester indifférent.

Mais il est temps de rejoindre les concerts ! Et en particulier celui de Gentleman & the Far East band. Il y a beaucoup de monde pour accueillir l'Allemand. Le soleil est revenu et l'heure est à la détente. La combinaison de reggae et de dance est idéale pour se réveiller de bonne humeur. Le timbre vocal du leader de Gentleman est singulier, fragile ; mais il maîtrise parfaitement son sujet. Il chante dans la langue de Shakespeare. Dommage que sa prestation soit constamment interrompue par des 'yeah sziget' intempestifs !

17 musiciens délurés montent sur les planches. 17 Hippies ! Des néo-hippies déterminés à nous entraîner à la rencontre de ballades sud-américaines, mélodies serbes, hongroises ou encore freyleks juifs. Le tour du monde musical est absolument savoureux. L'ambiance survoltée. Sur scène, la panoplie des instruments est impressionnante : guitare, accordéon, trompette, saxophone, violoncelle violon, banjo, clarinette, ukulélé, trombone… La formation allemande parvient littéralement à faire décoller la foule en dispensant des morceaux aussi allègres que " Jovane " ou encore " Besho ". Tant sur scène que dans le public, on affiche un sourire jusqu'aux oreilles ! C'est la foire, le bordel : c'est la fête quoi !

Lord Bishop Rock s'était déjà produit l'an dernier au Sziget. Un trio qui n'est donc plus une découverte, mais qui était bien décidé à confirmer tout le bien qu'on pensait de lui. Voluptueux, son cocktail de rock et de blues est particulièrement explosif. Ses versions de " Purple haze " et de " Voodoo chile " sont speedées. L'ensemble du répertoire est d'ailleurs manifestement influencé par le maître Hendrix. Géant de couleur noire, Lord Bishop n'en finit plus de solliciter et de provoquer l'assistance. Le chanteur/guitariste est assez ironique dans ses propos, mais il manifeste également une grande générosité. Il donne tout ce qu'il a dans le ventre, sur scène… et offre même deux albums et sa bouteille de whisky ! Mais c'est la rasade de rock n' roll qu'on savoure le plus. Les grosses distorsions ne font pas dans la dentelle. Le son est brut et efficace ! Le groupe accordera deux rappels. Dont une cover du classique " Johnny B. goode ". Après une bonne heure de show, c'est l'ovation ! Lord Bishop et le public s'applaudissent durant 5 bonnes minutes. 'Thank you and see you next time !'

Le chapiteau tzigane est également une excellente initiative prise par le Sziget. Mais pour la circonstance, l'espace n'est pas exclusivement réservé à un groupe ou un artiste. En fait, tous le soirs, des formations issues de différentes nationalités se produisent devant un public chauffé à blanc. Un endroit où se donnent rendez-vous les musiques rom d'Europe. Du swing manouche au flamenco, de la musique tsigane Olàh aux fanfares des Balkans. Au cours de cette semaine on a ainsi pu notamment assister aux sets de Dela Dap, un ensemble autrichien de nu-jazz, du trio batave Johnny Rosenberg, des Australiens Nadya's 101 Candles Orkestra, des Français Les Doigts de l'Homme ou encore des Roumains Giani Lincan & Gipsy Band. Simple amateur ou fin connaisseur, on est peut-être émerveillé face à l'énergie dispensée par tous ces musiciens. La tente tsigane est un passage obligé du festival car à l'image du Sziget, on y rencontre une pluralité de nationalités et de cultures dont le dessein est commun : partager et faire la fête !

Festival Sziget 2006 : lundi 14 août.

La fin du festival approche mais on ne la sent pas vraiment venir. Au Sziget, on n'échappe pas à l'espace temps. Quel jour sommes nous ? Quelle heure est-il ? 15 heures ? Il faut se dépêcher, « Tout sur ma mère » de P. Almodovar est projeté, pour l'instant, sur l'écran du Magic Mirror (cabaret). Et dans une heure et demie, les premiers concerts de la journée vont commencer…

Sous un soleil éclatant, (NDR : manifestement, on aura été gâté cette année) Beatsteaks monte sur les planches de la grande scène. Heureux de participer à l'événement, les Allemands nous aident à décoller les paupières des yeux, pas encore entièrement ouverts ! Leur mélange de ska et de punk est animé par Arnim Teutoburg, le frontman bondissant ! Leur répertoire inclut plusieurs reprises ; et notamment « Sabotage » des Beastie Boys ou encore « No one knows » de Queens of the Stone Age. Ouvrir la journée d'un festival est une tache difficile. Nous en avions parlé. Le combo germanique a réussi ce challenge. On ne peut que l'en féliciter.

Les 15 minutes d'intervalle qui séparent la programmation entre la scène world et la grande scène, nous autorisent à aller jeter un coup d'œil à la prestation de The Gathering. Pas très folichonne, à vrai dire. Drivée par la chanteuse Anneke Van Giersbergen, la formation se complaît dans son métal symphonique. Sur disque, la solution sonore est potable ; mais sur scène, la transposition s'avère mollassonne et sans saveur.

Une bonne raison pour foncer vers la scène world où se produit l'Ivoirien Tiken Jah Fakoly. Dynamisée par des rythmes afro-reggae, sa musique est festive et stimulante. Mais aussi revendicatrice. Il dénonce le colonialisme, l'exploitation et l'injustice dont est victime le peuple africain. Cette diatribe est traitée dans les lyrics de ses chansons. A l'instar de morceaux comme " Quitte le pouvoir ", " Françafrique " ou encore " Y'en a marre ". Tel un lion, l'Ivoirien court, bondit, se déchaîne ou élève les genoux à hauteur des épaules. Dépasser cette limite relève de l'impossible. Son show bien rodé met une ambiance de feu. Après avoir chaviré sur la musique des Balkans, l'île d'Obuda succombe aux charmes de la musique africaine…

A l'instar de tout grand festival, le Sziget vit au rythme des déplacements des foules. Mais devant la scène world, le spectacle est inattendu. Constitué en majorité de francophones et d'Africains, le public de Tiken Jah Fakoly vide les lieux, visiblement ravi de la prestation de l'Ivoirien. Mais en même temps, comme par magie, une toute autre audience, plus orientale, prend sa place. Nous avions entendu dire le plus grand bien de Leningrad, de véritables vedettes en Russie. Un vent favorable qui demandait confirmation. Une chose est sûre, leur prestation semble très attendue et leurs fans survoltés. Une quinzaine de musiciens déboulent sur scène. Un véritable raz-de-marée ! A l'instar des Négresses Vertes originels, 2 frontmen excitent la foule. L'un deux ressemble au chanteur de Ska-P, tandis que l'autre arbore un physique proche de François Hadji Lazaro. En plus trapu encore. Ce qui explique sans doute pourquoi il demeure assis la plupart du temps. Savant mélange de ska, de punk et de polka, leur musique est soutenue par une flopée de cuivres destinée à rythmer le set, sans lui laisser le moindre répit. La réputation de ce combo n'a pas encore dépassé les frontières des pays de l'Est. Ce qui explique sans doute pourquoi les différents drapeaux qui s'agitent dans le public arborent surtout les couleurs de l'Europe Continentale ou de l'Orient (Lituanie, Roumanie, etc.). Impressionnant ! Une toute grande découverte.

Après avoir vécu un show aussi époustouflant, Placebo a fait l'effet d'une douche froide. Ceux qui ont vécu leurs premiers concerts mémorables accordés au Botanique ou au Brielpoort de Deinze n'ont pas reconnu le groupe. Paradoxal lorsqu'on sait que Brian Molko et sa bande jouissent aujourd'hui d'une énorme popularité. Guère de contact ni de dialogue établi avec celui-ci. Il y a bien une descente de Molko au milieu de la foule ; mais elle balisée entre les grillages. Faut pas rêver non plus ! Un bien triste tableau pour une tête d'affiche. Ce set insipide, qui ne laissera certainement pas de souvenir impérissable, atteint même la profondeur de l'abysse lors de l'adaptation totalement foireuse d'"Every you, every me". Accélérer le tempo n'était certainement pas une bonne idée. Superbe sur disque la reprise du "Running Up That Hill" de Kate Bush ne ressemblait plus à rien. Bref, une grosse déception…

Petit détour via la scène Pesti Est où tous les soirs des petites formations rendent hommage à des artistes aussi prestigieux que Frank Zappa, Miles Davis ou encore The Doors. Ce soir, c'est Rage Against The Machine qui est mis à l'honneur. Un exercice de style accompli par une formation hongroise. Ses adaptations du mythique groupe américain nu metal sont plutôt réussies. L'étrange ressemblance physique et vocale entre le chanteur et Zack de La Rocha est troublante. Un bien bel hommage !

Que pouvait-on attendre d'Exploited ? Les voir enfin en chair et en os, après deux annulations successives en Belgique ? Compréhensible. A l'instar des Sex Pistols (NDR : et on a pu le constater lors de la dernière tournée opérée par la bande à John Lyndon), on est à 100 lieues de l'esprit punk. Les exigences des vedettes frisent l'indécence. Les apparitions se résument au minimum syndical. On ne sait plus s'ils jouent du punk ou du trash. Bref, le groupe a mal vieilli. Paradoxal lorsqu'on sait qu'hormis le légendaire Wattie, le line up est composé de très jeunes musiciens. Un Wattie qui impressionne davantage pour son physique que par sa voix aussi grasse que lui. Derrière la scène, une banderole affiche fièrement '25 years of anarchy and chaos'. Mais on se demande si la survie du groupe ne procède pas davantage d'une opération de marketing (NDR : pourtant incompatible avec l'esprit punk) que d'une volonté de maintenir en (sur)vie une légende. Les nostalgiques du punk auraient davantage intérêt à  se tourner vers des groupes authentiques comme les Buzzcocks ou UK Subs. 

Il est déjà 2 heures du mat' et nous quittons la tente peuplée d'Iroquois, pour aller se balader une dernière fois sur le site. Personne ne semble vraiment fatigué. A croire que la vodka permet de garder le tonus. Les nombreux dance-rooms continuent à se remplir de clubbers et de jolies jeunes filles locales… Quel marathon ce Sziget ! Il s'agit d'être en forme…

 

Festival Sziget 2006 : mardi 15 août.

Et m**** c'est déjà le dernier jour du festival… Après une semaine, on aimerait tant remonter le temps, et revenir au début de l'événement. Car 7 jours passent bien trop vite, lorsqu'on vit un des festivals le plus merveilleux au monde. Consolation : les organisateurs nous ont concocté un bouquet final particulièrement alléchant.

En 2004, Iggy Pop a rameuté ses Stooges pour accomplir une tournée de concerts et festivals. Une initiative qui n'a pas nécessairement été perçue d'un bon œil par tout le monde. Pourtant, à plus de 60 balais, l'Iguane continue de dispenser une énergie incroyable sur les planches. Et puis le respect qu'il manifeste à l'égard de son public mérite qu'on lui tire un coup de chapeau. 'We are the mother fucking Stooges ! 'We are fucking happy to be here !' balance Iggy, avant d'attaquer "1970". Les tubes s'enchaînent sans le moindre répit. Iggy Pop est dans son jus. Il court, danse, bondit et se roule par terre. Derrière, de leurs riffs ravageurs, les frères Asheton envoient la sauce, pendant que Mike Watt frappe puissamment les cordes de sa basse. Les hymnes rock n' roll défilent : de "Tv Eye" à "1969", en passant par "Loose" ou encore " I wanna be your dog". Clou du spectacle : James Osterberg invite le public à monter sur scène pour se déhancher en entonnant "No fun". Le service de sécurité hongroise n'apprécie pas trop la plaisanterie. Et ne l'apprécie même pas du tout, en fait ! Un jeu du chat et de la souris, entre festivaliers et agents de la sécurité, anime le frontstage. Le grand Pop manque même de prendre une tarte lorsqu'il se met à enlacer un fan malmené par un auxiliaire. Nonobstant l'obstruction, les slams s'enchaînent à une cadence infernale. Après une bonne heure de rock n' roll, les Stooges se retirent. Puis reviennent pour accorder un rappel. Au cours duquel ils reprendront une seconde fois le mythique " I wanna be your dog ". Avant de vider définitivement les lieux, sous un tonnerre d'applaudissements.

Mais quel est donc ce groupe, dont la musique aussi éclectique et entraînante provoque une telle ambiance ? Debout sur le Zinc ! Un ensemble déjanté, composé de huit musiciens, qui parvient à agréger rock, folklore tsigane et irlandais d'une manière plutôt originale. Débordant d'énergie, la joyeuse équipe met le feu au chapiteau Wan2, en allumant ses chansons à l'aide de rythmes irrésistibles ; des chansons à textes qui dépeignent judicieusement et humoristiquement la vie quotidienne. Le public, constitué alors essentiellement de francophones, en profite, bien évidemment pour faire la fête. Comme bien souvent sous cette toile…

Place maintenant à La Bottine Souriante, invitée à user ses semelles sur les planches de la scène world... Autre scène, autre style pour cette formation québécoise dont l'instrumentation fondamentalement folk est enrichie d'un jeu de claquettes. Et le résultat est aussi agréable à voir qu'à entendre. Un set à la fois entraînant et vivifiant au cours duquel, le combo fait preuve d'une grande maîtrise. Tout au long de ce festival, la scène world a vraiment fait l'unanimité. Son taux de fréquentation en est la plus belle démonstration. Et puis, c'est également l'endroit idéal pour conjuguer danse et bonne humeur.

C'est à Prodigy que revenait l'honneur de clôturer les concerts programmés sur la grande scène. Un set qui démarre sur les chapeaux de roues. La présence et le charisme de Maxim Reality y est sans doute pour quelque chose. Tel un maître de cérémonie, il pose un regard altier sur la foule. A contrario, Keith Flint se montre plus discret. C'est à peine si on remarque sa présence. Malheureusement le son est médiocre. Une cacophonie au cours de laquelle on a peine à reconnaître "Smack my bitch up". Ce qui n'empêche pas le public de vider ses dernières cartouches sur l'air de hits tels que "No good", "Breathe", "Firestarter" ou encore "Fire". C'est d'ailleurs la notoriété de ses hits qui va sauver le set du naufrage.

Il y a des lustres que nous espérions assister à un show d'Afro Celt Soundsystem. Fruit d'une liaison illicite entre culture celtique et africaine, consommée sur lit de sonorités électro, leur musique est tout à fait épatante sur disque. Live, la formation accorde une importance toute particulière à la dimension visuelle. A cause des costumes. C'est une certitude. Il y a même la présence d'un Indien. On se demande quand même comment un tel cocktail d'influences disparates peut tenir la route. Et aussi bien ! Apparemment le climat qui règne au sein du groupe y est pour quelque chose. Dans la foule, l'ambiance et de plus en plus chaleureuse. Elle est même propice à de charmantes rencontres multiculturelles (NDR : voir notre section photo).

Le denier choix cornélien du festival traduit une hésitation entre le métal lourd de Morbid Angel et le rock alternatif de Gogol Bordello. La foule semble partagée équitablement entre ces deux pôles. Il faut avouer que le métal et le punk rencontrent un franc succès auprès de la jeunesse hongroise ; une jeunesse rebelle qui a traversé différentes crises sociales... Finalement, nous optons pour Gogol Bordello. Presque un hype outre-Manche (NDR : le combo était programmé au Reading Festival !) ; mais dont la notoriété n'a pas encore atteint le Vieux Continent. Ne pas les confondre avec "Gogol 1er", probablement un des groupes français les plus atroces. Gogol Bordello est un ensemble cosmopolite : un chanteur ukrainien, un batteur californien, un accordéoniste russe et un guitariste israélien. Inévitablement, leur musique brasse une multitude d'influences. Plus subtiles les unes que les autres. Encore que sur les planches, celles des Bérurier Noirs et de La Mano Negra, dont ils reprennent le bon vieux "Mala Vida", nous semblent les plus évidentes. Le spectacle est, en outre, animé par des danseuses asiatiques. Nonobstant les 7 jours de festival, le public ne semble guère fatigué et les slams se succèdent allègrement. Le chanteur (NDR : un personnage excentrique comme ce n'est pas possible !) y participe même ! Et à l'instar du set des Stooges, accordé quelques heures plus tôt, le show s'achève dans un joyeux bordel lorsque les fans viennent les rejoindre sur scène. Nonobstant les inévitables contraintes imposées par un service de sécurité, parfois un peu trop musclé...

Les dj's de la Party Arena et notamment Mylo se chargent d'achever les derniers survivants.

Le sol est jonché de canettes Red Bull et autres boissons énergétiques destinées à tenir le coup. La bière ne coule plus à flots. Les jambes commencent à faiblir. Malgré la volonté de prolonger la fête jusqu'au bout, rester éveillé relève maintenant d'un combat permanent. Faut dire qu'après une semaine de festival, au cours duquel on a accumulé des kilomètres de marche, il y a de quoi tomber sur les rotules. Le soleil se lève pour la dernière fois sur le Sziget 2006. Les stands commencent à être démontés. On plie la tente. On range ses affaires. Les premiers festivaliers sont sur la route du retour. La fatigue se lit sur les visages mais en même temps un petit sourire nous en dit long sur la fantastique semaine qu'ils viennent de vivre.

Un séjour inoubliable. A cause de la programmation, du public et de l'ambiance. Et puis, parce que ce rassemblement tranche véritablement avec la routine des festivals européens…

Rock en Seine 2006 : vendredi 25 août

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La météo ne s'annonçait guère clémente pour ce week-end festivalier : averses éparses et continues. Anorak dans le sac à dos, je me prépare au pire. Et là, en ce vendredi 25 août 2006, qui vient nous rendre visite ? Le soleil ! Miracle ! Il fait beau, même chaud. Tout le monde au Parc de St Cloud est fier d'arborer le T-shirt du groupe fétiche ou les badges des vieux classiques ressortis pour l'occasion.

Il revient à Wolfmother d'ouvrir la manifestation. L'horaire imparti au groupe n'est pas très judicieux mais les Australiens envoient bien ! Un set court (40 mn) mais efficace. Les morceaux tels que « Dimension », « Woman » ou « Joker And The Thief » font vibrer la foule et les slams commencent ! Le public adhère au groupe et à son chanteur hirsute. Sa voix 'jackwhitienne' et ses soli résonnent sur la Scène de la Cascade (la scène moyenne). Parfaite mise en bouche. Le festival est lancé.

A force de lambiner devant l'expo photo de Jean-Baptiste Mondino, j'arrive à la toute fin du set de Calexico qui jouait sur la Grande Scène.

Retour à la case départ, où se produit India Arie, chanteuse soul venue de Detroit. Jolie voix mais le concert est un brin trop mou et répétitif. Alors, direction la Scène de l'Industrie (la plus petite scène).

Au lieu d'aller voir Nada Surf, qui certes aurait réveillé de tendres souvenirs mais lassé au bout d'un temps, je préfère miser sur un jeune groupe parisien dont on m'a chanté les louanges : Neïmo. La formation fait partie de la sélection 'Avant Seine' organisée par le conseil régional d'Ile De France afin de promouvoir de jeunes talents et de donner la chance à six d'entre eux de se produire au festival. Les quatre garçons tournent depuis pas mal de temps dans de petites salles parisiennes et ont déjà leur public. Le hic, ces jeunes gens sont un peu trop lookés, un peu trop tout en fait et, malheureusement, la musique ne suit pas.

Il est 17h50 et le soleil brille encore. Sur la Scène de la Cascade, se produit Clap Your Hands Say Yeah. Suite à une poussée d'urticaire, à la première note chantée par le chanteur, je me presse vers la Grande Scène pour les Dirty Pretty Things. Habituellement, peu sensible au groupe, je les ai trouvés plutôt bons en particulier sur les reprises des Libertines ! Carl Barât a même délaissé son écharpe pour jouer le morceau « France » à la guitare. Bel hommage !

En flânant entre les stands de nourriture peu ragoûtants et les stands des partenaires (vivent les coussins gonflants Levi's !), je me dirige tout doucement vers Kasabian. Hum ! Sympathique sans plus jusqu'au magnifique « LSF » de fin. Kasabian (impliquant un tout nouveau guitariste) enflamme enfin le public. Et nous voilà tous à essayer de chanter correctement 'Lalala Lalalalalala', paroles faciles mais l'air…

A la fin du set, au lieu de se dissiper, la foule devient plus compacte. Le doute s'installe : 'Euh… C'est aujourd'hui Radiohead ?' Mais non ! Tout le monde se tasse, se presse pour voir les Raconteurs. Je conserve donc ma place de privilégiée au premier rang. Pourquoi ? Parce depuis la sortie de leur album, je m'entêtais à dire aux sceptiques : 'L'album n'est pas terrible mais en live ils vont être géniaux'. Entrée impeccable sur un air de musique classique pour Brendan Benson et ses potes. Et bien, mes propos s'avéraient (une fois de plus !) : les Raconteurs sont à vivre en live. Impros, solos, complicité entre les musiciens, tout y est. Jack White, libéré du carcan des White Stripes, s'amuse avec ses compères, avec le public et paraît moins fermé. Brendan Benson, toujours aussi classieux, est aussi bon que son partenaire même s'il reste en retrait. Le batteur et le bassiste ne sont pas en reste, partie intégrante du groupe, les 2 membres des Greenhornes assurent un max. Le sommet de cette journée est indubitablement la reprise de « Bang, Bang (My Baby Shot Me Down) ». White y démontre une fois de plus son talent d'interprète et laisse tout le monde sur le carreau. Il vit intensément la chanson, peut être trop, mais malgré sa volonté minimaliste, Jack est un personnage d'excès.

Après tant d'émotions, direction la Grande Scène pour Morrissey. Juste au moment où il entame le classique "How Soon Is Now ?" Ca commence très bien ! Pressé par le temps, Morrissey blague sur les policiers. Blague du manque d'humour à Buffalo. Blague de lui-même mais n'en oublie pas son set et offre de jolies prestations, comme sur les morceaux « Girlfriend In A Coma » ou « First Of The Gang To Die ». Deux changements de chemises et un rappel plus tard, tout est fini ! La loi du métro est la plus forte ; alors pressons, n'oublions pas que nous sommes à Paris !

 

Rock en Seine 2006 : samedi 26 août

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Première pensée du samedi matin : "Bang ! Bang ! My baby shot me down". La reprise accordée la veille par les Raconteurs fait toujours son petit effet. On sort du lit, réveillé par un chat bougon et… mouillé ! C'est le signe qui ne trompe pas : il pleut dehors... Génial ! Mon anorak très seyant va entrevoir son utilité.

Arrivé sur le site, pas motivé pour un sou et agencé comme un sac, on se dirige en direction du concert des Broken Social Scene qui se déroule sur la Scène de la Cascade. Les Canadiens créent la surprise par l'entremise d'un subtil mélange de rock, de pop et de psyché. Le mix est efficace. Grande amie de la formation, Feist se fend également d'une apparition sur scène. Le concert est somptueux ! Surtout le morceau « Anthem For a Seventeen Year Old Girl », chanson envoûtante, idéale pour oublier la pluie.

Une fois le set achevé, nous partons à la pêche aux amis, retrouvés miraculeusement devant "La Boîte à Sucre" (oui, ce nom laisse songeur...). Nous décidons alors de faire notre B.A de la journée en allant voir un groupe sélectionné par les Avant Seine : Fancy. Grand bien nous en a pris ! Fancy est original, Fancy est glam, Fancy est chic et choc. Face à nous, un trio explosif, emmené par Jessie Chaton, chanteur tout droit sorti du Rocky Horror Picture Show. Sa coupe afro et son débardeur dos nu sont d'ailleurs du plus bel effet. Les têtes bougent et les jambes remuent sans peine. La reprise de « I'm So Excited » nous réchauffe. Au chant, Jessie Chaton alterne voix aiguë et grave pour notre plus grand plaisir. Enfin un groupe qui n'essaie pas de calquer le dernier répertoire à la mode...

Après ce sursaut d'énergie, nous allons rendre visite à Xavier Rudd. Son spectacle détonne par son décor roots et ses étendards tye-and-dye. Très cool. L'Australien est seul sur scène et joue de tout : guitare, djembé, didgeridoo… Un mystère de l'hémisphère sud qui ramène un gros et brillant soleil. C'est fini, il ne pleuvra plus de la journée... Merci Xavier !

Sa performance est intéressante mais les mélodies tournent en rond... Alors, nous nous déplaçons vers Phoenix. Et là, retour à la démotivation ! Visiblement : il convient d'être fan pour apprécier sinon c'est très difficile de rentrer dedans. De plus, les problèmes de son (assez nombreux sur ces deux journées de festival) n'arrangent rien.

Après Phoenix, retour au calme. Le programme connaît un creux avec Skin (sa voix beaucoup trop imposante, à la limite du cri) et Daddy Longlegs (groupe aperçu à l'occasion du festival Indétendances à Paris Plage. Pas original pour un sou...). Nous en profitons donc pour observer le festival et ses festivaliers. Pour éviter la boue, les bénévoles étalent de la paille par terre mais c'est inutile : la pluie est déjà loin.

Autour de la Grande Scène, c'est l'effervescence : les gens se tassent, se poussent pour obtenir les meilleures places. Certains n'ont pas délogé de tout le festival ! Les fans forment une masse compacte devant la scène et ne comptent pas bouger jusqu'à la fin du set de Radiohead. Comptant sur une capacité à jouer des coudes pour trouver une place correcte par la suite, nous nous éloignons en direction du concert de The Rakes. Malheureusement, ce groupe est ennuyeux... Les musiciens dansent bien mais la musique est répétitive. Et après « Open Book », le retour à la Grande Scène est indispensable. Histoire de ne pas louper le début de Beck.

Son entrée est retardée mais remarquée. Sur scène, tout est calme. Mais sur les écrans géants, une marionnette à l'effigie de Beck entonne « Loser ». Soyons honnête, au début nous ne comprenions pas grand-chose. Non pas que nous pensions que Beck s'était transformé en marionnette (quand même !) mais qu'il s'agissait simplement d'une vidéo d'intro. En fait, non ! Les marionnettes se trouvaient au fond de la scène et mimaient, du haut de leur petit théâtre, Beck et ses musiciens. La mise en scène est impeccable, on en oublie un peu la musique, dommage. Lorsque Beck entame « Lost Cause », ses musiciens s'installent à une table au centre de la scène. 'Tiens, c'est rigolo, les musiciens de Beck mangent sur scène'. Quelle naïveté de notre part ! Subtilement, la table se transforme en instrument à part entière : les musiciens font tinter verres, assiettes et table. Pour sa part, la salière se mue en maracas. Au début de « Clap Hands », les instruments ne sont plus nécessaires : la table est là ! Les Beck-puppets miment tout. Y compris les cameramen avec l'adorable puppet camera qui diffuse ses images sur les deux écrans placés de chaque côté de la scène. Mais voilà, Beck et ses musiciens s'en vont déjà : 40 minutes de set, très peu pour la Grande Scène. Les écrans restent allumés pour diffuser… le Puppetotron ! Les marionnettes 'beckiennes' font leur show : visite de la Tour Eiffel, de l'Arc de Triomphe, chasse aux pigeons et destruction de la loge de Radiohead ! Chantonnant Karma Police et complètement ivres, les marionnettes entrent sur scène, en compagnie cette fois de deux ours géants. Délire total sur scène comme dans le public : un ours qui rappe, il gère Beck !

Beck a laissé une forte impression. Devant la scène, le public est de plus en plus dense. Et là, nous nous assignons une mission de folie, digne des commandos les plus redoutés de la planète : passer de la gauche de la scène à la droite de la scène où la vision est meilleure car c'est en pente ! Grand détour, bousculade, coups de coudes (ok, c'est pas sport mais l'excuse est trop bonne : Radiohead !) et hop, nous trouvons l'emplacement rêvé, surplombant la scène et le public. C'est beau. Mais beaucoup moins que ce qui nous attend. Avec quelques minutes de retard, les voilà enfin. L'émotion est à son comble pour les cinq d'Oxford. Ils commencent forts : « Airbag ». La set list est idéale. Certains classiques n'y sont pas mais le manque ne se fait pas sentir. Thom Yorke est en forme, jouant avec le public, les caméras et… dansant.  Trente mille personnes rien que pour Radiohead... Le groupe remplit parfaitement son contrat et nous envoie dans les étoiles. Pour ceux qui voient la scène en tout cas... Pour les autres, tout au fond, la réalisation n'est vraiment pas bonne. Les deux écrans 'géants' ne permettent pas d'apprécier le spectacle rien voir si on est loin de la scène, d'autant plus qu'ils étaient splittés en 4 pour Radiohead et quand les écrans s'éteignent, j'imagine que ça soit encore être bien pire ! Thom et son air de chaton mouillé nous offre des moments incroyables, offrant au public parisien deux nouvelles chansons. Arrivés à « Pyramid Song », notre cerveau décroche. Seule l'écoute s'impose. Au final, nous avons bénéficié d'un très beau concert de Radiohead. Mais la formation n'a pas surpris, assurant un concert convenu, attendu. Cependant, le groupe semblait présent, heureux d'être sur scène. De cette manière, nous n'avons pas eu la sensation de vivre un concert parmi d'autres mais un moment spécial, partagé avec le public présent.

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