Un clip corrosif pour Ministry

Il va sans dire que Ministry n’a jamais été un grand fan de « Hair Mussolini », surtout maintenant qu’il bombarde le peuple américain presque quotidiennement avec des inepties générées par l’IA et destinées à se mettre en avant. Al Jourgensen et ses acolytes…

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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Jon Spencer
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Bernard Dagnies

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mardi, 31 décembre 2002 01:00

Alice

Les compositions de cet opus remontent déjà à plus de dix ans. Elles avaient été écrites par Tom Waits et son épouse Kathleen Brennan pour un opéra avant-gardiste. Mis en scène par Bob Wilson, il avait été joué au théâtre Thalia, à Hambourg, au cours de l'hiver 1992. " Alice " est bien sûr inspiré du célèbre conte " Alice au pays des merveilles " de Lewis Caroll. Mais Tom en a réalisé une vision très personnelle. Mélancolique, désabusée, lugubre, dramatique, tragique même ; sans pour autant gommer la magie et le fantastique. Un disque beaucoup plus calme que " Blood money ", paru en même temps, laissant une plus grande place au piano, aux instruments et à la voix. Et quelle voix, capable de se faire tour à tour grave et ravagée, soyeuse et exaltée, ou encore âpre et étranglée. Sur " Table top Joe ", il se prend même pour Dr John imitant Louis Armstrong, alors que tout au long de " Kommienezuspadt ", il multiplie les clins d'œil à Paolo Conte. Plus curieux encore, son timbre épouse celui de Shane Mc Gowan chez les plages les plus intimistes et les plus bouleversantes. Malgré le recours à son style immuable mélange de blues, de jazz, de cabaret, de rock, de country et parfois même de classique, Waits se montre tout au long des 15 fragments de cet opus, sous un visage différent. Plus mélodique, empreint de romantisme crépusculaire et de sensualité alcoolisée. Un romantisme sur lequel souffle un vent d'est sur les ballades 'brechtienne' " Reeperbahn " et " Poor Edward " ; ainsi que de folie chez le totalement décalé " We're all mad here "…

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Blood money

C'est après avoir assisté à une représentation de 'Woyceck', que Tom Waits a décidé d'écrire les chansons de cet album. Une pièce écrite par Büchner en 1837 qui narre l'histoire d'un soldat qui perd la raison après avoir subi des expériences douloureuses. Psychologique, tout d'abord, lorsqu'il apprend que sa femme le trompe. Médicale, ensuite. En devenant le cobaye de la grande muette… Un disque qui s'inscrit davantage dans la lignée de " Swordfishtrombones ". Il nous entraîne au sein d'un univers étrange, rural, où il fait toujours nuit. Un univers peuplé de personnages énigmatiques, au sein duquel tous les villages accueillent soit une fête foraine diabolique, soit un cirque infernal. David Lynch aurait ici de quoi mettre en scène un thriller, dont il a le secret. Peu ou pratiquement pas de guitare. Mais des cuivres, un violon et des percussions insolites. Une trame instrumentale obsessionnelle, torturée, sinistre sur laquelle Tom, de sa voix de crooner éraillée, raconte des lyrics à la fois drôles, poétiques et dramatiques. Dans son style, Waits fait encore ici preuve d'un bel éclectisme. A l'instar du tango primitif et brutal " Misery's the river of the world ". De la polka " God's away on business ". Et puis de " Knife chase ", une incursion dans le jazz moderne, qui n'est pas sans rappeler Soft Machine…

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Maladroit

Mikey Welsh n'aura donc pas longtemps remplacé Matt Sharp, puisqu'il vient de céder sa basse à un certain Scott Shiner. Ce qui ne change pas grand chose à l'orientation musicale du groupe, puisque Rivers Cuomo en assure toujours le leadership. Sur ce quatrième elpee, il s'est d'ailleurs réservé l'écriture de toutes les chansons ainsi que la production. Ce qui a changé chez " Maladroit ", ce sont les sonorités des guitares. Enfin, sur la plupart des compositions. Elles sont plus musclées, plus décapantes, plus métalliques. Mais un métal âpre capable de dispenser une énergie contagieuse, viscérale et stimulante, comme chez le mythe sudiste Lynyrd Skynyrd. Et c'est tout à fait évident chez le menaçant " American gigolo ", l'hymnique " Dope nose ", l'opulent " Take control " ou encore le sonique " Fall together ". L'opus laisse cependant la place à quelques titres d'emocore tantôt délicats, tantôt intenses, à deux fragments récréatifs réminiscents de " The Green album " (" Keep fishin' " et " Love explosion ") et à une plage de punkcore ( " Possibilities " ), avant de revenir en final sur son hit contagieux " Island in the sun ", qui figurait déjà sur le précédent opus, mais dont le succès est apparu sur le plus tard. Une chanson idéale pour fredonner sous la douche (NDR : à moins que ce ne soit dans son bain…)

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Illumination

Fort agréablement surpris par la qualité de son dernier album studio, " Heliocenter ", je m'attendais tout naturellement à voir confirmer toutes ces excellentes dispositions sur " Illumination ". On est loin du compte. L'album recèle pourtant l'une ou l'autre composition (semi) acoustique, intimiste, minimaliste digne des meilleurs folksingers (" Bag man " et le titre maître), interprétées dans l'esprit de son dernier album 'live', " Days of speed " ; le très électrique " Leafy mysteries ", digne de Ian Mc Nabb ; " It's written in the stars ", réminiscent du Jam ; et puis deux excellents boogies. Tout d'abord " A bullet for everyone ". Et puis surtout le tribal " Call me n° 5 ", dont il partage le chant avec Kelly Jones, le leader de Sterophonics ; une composition qui aurait pu relever du répertoire de ZZ Top. Malheureusement le reste s'égare dans la ballade typiquement soul britannique, gonflée aux orchestrations philspectoriennes. Parfois on a même l'impression qu'il marche sur les traces de Van Morrison. Paul Weller a beau être un compositeur talentueux, s'entourer de collaborateurs huppés (NDR : outre Jones, Noël Gallagher et Gem Archer d'Oasis, Steve Cradock et Damon Minchella d'Ocean Colour Scene), et écrire des textes intelligents (NDR : pour la circonstance il s'est notamment concentré sur la politique, la religion, les grands de ce monde et sa famille), sa musique s'adresse de plus en plus aux auditeurs des programmes diffusés par Radio 2, sur la BBC.

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Star is just a sun

 "Star is just a sun" constitue le 3ème album, en six années d'existence, pour ce trio norvégien. D'Oslo, très exactement. Et, à l'écoute de cet opus, il n'est pas étonnant que la formation soit régulièrement invitée à participer à la confection de bandes sonores pour films. Des travaux qu'elle mène d'ailleurs depuis 1997. La musique de White Birch est donc le résultat d'un mélange d'ambiance et d'intensité, un mélange très visuel de sons, de bruits et d'harmonies. Vocaux diaphanes, instrumentation subtile, dont un piano sonore forme la trame, et arrangements somptueux constituent les éléments de base d'une musique solennelle, organique, visionnaire, atmosphérique, mais plongée dans la zone crépusculaire. Parfois on pense à Labradford, à Savoy Grand, à Dakota Suite ou encore aux expérimentations individuelles de l'ex Talk Talk, Mark Hollis. Mais une chose est sûre, cette œuvre finit par vous envoûter… Superbe !

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Yankee hotel foxtrot

Juste après avoir enregistré cet elpee, Jay Bennett a quitté le groupe ; alors qu'il s'y était énormément investi. " Yankee hotel foxtrot " constitue donc le quatrième et dernier volet de l'association Bennett/Tweedy. Et il faut reconnaître qu'elle se termine par un coup d'éclat. Fini ou presque la country alternative (NDR : il reste encore quelques résidus de slide éparpillés tout au long de l'opus), Wilco vient de commettre un disque résolument contemporain, aventureux même, dont les pop songs acidulées sont truffées de bruitages, de relents psychédéliques, de sonorités sophistiquées, brumeuses et de dérapages bizarres. Une solution sonore qui baigne au sein d'une atmosphère ténébreuse qui n'est pas sans rappeler Sparklehorse, mais avec une approche aussi fantaisiste que chez Super Furry Animals. Un disque pourtant très humain, bouleversant, dont l'intimisme croissant est hanté par la voix fragile et nasonnante de Tweedy, qui chante l'amour avec des propos plutôt drôles. Bénéficiant du concours de Jim O' Rourke aux manettes, le disque regorge de bonnes surprises. A l'instar du cuivré " I'm the man who loves you ", taillé dans le rock sudiste. De " heavy metal drummer ", chanson pop imparable que seul Grandaddy aurait pu commettre, si Brian Eno avait décidé de la mixer avec l'esprit tordu de Pavement. De " Pot kettle black ", dont la ligne mélodique rappelle étrangement " In between days " de Cure. Ou encore du premier morceau, " I am tryin to break your heart ", agité par des flux et contre flux bruitistes, au sein d'un impressionnant travail sonore. Excellent !

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Room

Les White Broncos nous viennent des Pays Bas. D'Amsterdam très exactement. Un quintette qui pratique une lo fi aventureuse, sale, directement inspirée par Built To Spill, Radar Bros et surtout Pavement. Enfin, leur premier album. A cause des cordes de guitares saturées, filandreuses, abrasives, de ces changements de rythme imprévisibles et puis de la voix de F Mertens, aussi sinueuse que celle de Stephen Malkmus. On a même droit aux inévitables samples et aux bruitages. Et à l'instar de Pavement, les mélodies pop/rock, qui naissent de ce curieux bric à brac, sont terriblement contagieuses. Seule différence un filet de clavier vient se faufiler dans le jeu de quilles. Un peu comme chez Weezer. Ce qui donne parfois une coloration new wave (Cars ?), cold wave (Cure ?), post punk (Magazine ?) ou même grebo (Ned's Atomic Dustbin), aux compositions.

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Read and burn 01 (Ep)

Et non, vous ne rêvez pas, Wire vient de se reformer. Au grand complet ! On ne va pas vous refaire l'historique de ce quatuor anglais, considéré aujourd'hui comme un des groupes les plus déroutants et novateurs apparus à l'époque du punk. Ni de vous reparler de toutes leurs expériences individuelles. Simplement, rappeler que le drummer, Gotobed, s'était tiré en 1990, parce qu'il en avait un peu marre de voir ses fûts mis en quarantaine au profit de boîtes à rythmes (NDR : d'où l'aventure Wir…) Sachez simplement qu'il s'agit de la deuxième reformation du groupe ; la première remontant à 1985. Oui, mais venons en à l'essentiel : le retour de Wire sur la scène musicale. Et la parution d'un premier mini elpee, qui prélude la sortie d'un second. Six titres en 17 minutes. Six fragments rapides, hypnotiques, contagieux, minimalistes, dispensés avec un raffinement à couper au rasoir. Comme on les aime quoi ! Rien que le métronomique et irrésistible " In the art of stopping " vaut son pesant de fil métallique. Et le reste… n'est pas en reste. Depuis le post industriel, lourd de menaces, " I don't understand " à " Agfers of kodack ", déchiré par les tonalités élégantes et décapantes des deux guitares, en passant par le concis, belliqueux et noueux " 1st fast " (Stanglers ?), l'impétueux et hybride " Comet ", ainsi que " Germ ship ", une plage sculptée dans la noisy la plus croustillante. Un régal !

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Wovenhand

Le leader/chanteur/compositeur de 16 Horsepower, David Eugene Edwards, a donc décidé de monter un projet parallèle à son propre groupe: Wovenhand. Un duo. Qu'il partage avec un certain Daniel Mc Mahon. A première écoute, on a l'impression de retrouver le folk pastoral, énigmatique, hymnique, parfois incantatoire de 16 Horsepower. Mais une écoute plus attentive gomme cette impression première, car la musique est ici de nature très différente. Si David Eugene Edwards joue toujours de ce curieux instrument, sorte de croisement entre la mandoline et le banjo, il a délaissé l'accordéon. En outre, son compère, se réserve les claviers. Le piano, tout d'abord. Un orgue à soufflets, ensuite. Dont il tire des sonorités vraiment inattendues. Et puis un casio. Dont il se sert sur le dernier morceau de l'opus, " Last fist ". Pas de drummer, mais une boîte à rythmes. Et une dose d'électricité suffisante et judicieuse, apportée par un invité qui répond au nom de Stephen Taylor, pour dynamiser l'ensemble. Car le tout tient bien la route. Les mélodies sont imparables. Irrésistibles, même. A l'instar de " The good hand " ou de " Glass eye ". Dix compositions tramées tantôt dans la valse, le folk punk, le psychédélisme la new wave ou le country rock. On a même parfois l'impression d'assister à une rencontre hypothétique entre le " Murmur " de REM et le " Killing moon " d'Echo & The Bunnymen. Remarquable !

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Lack of communication

Deux kids (le chanteur et le drummer) et deux filles (la bassiste et la guitariste) constituent le line up de cette formation issue de Detroit. Un quatuor qui a bénéficié de la production de Jack White, pour enregistrer leur premier album. En fait de production, il n'y en a pratiquement pas, puisque le chanteur/guitariste des White Stripes a voulu laisser le son le plus brut, le plus live, le plus crade possible. Faut dire que les Von Bondies déversent leur voodoo blues détraqué et malade, dans la plus grande tradition rock'n roll des MC5 et des Stooges. Detroit oblige ! Certains parleront davantage de punk. Ou encore de garage rock. Une chose est sûre, ce style tour à tour rageur, sauvage, féroce, sensuel, halluciné ou tribal est hanté par les spectres de Gun Club et de Screamin' Jay Hawkins. Un style accentué par le cri primal de Jason Stollsteiner, une voix pourtant capable de se muer en falsetto bouleversant, lorsqu'elle emprunte les inflexions de Jeff Buckley, sans en avoir le timbre. Le disque propose en titre caché, une cover assez réussie du " Bring it on home to me " de Sam Cooke.