Ce n'est pas notre genre de parler de la Star Ac', surtout en bien. A vrai dire, on se fout un peu de ces pauvres gamins transformés en bêtes de foire du show business FM : n'avaient qu'à pas s'inscrire à tout ce cirque en croyant naïvement devenir de vrais artistes. La plupart, c'est une certitude, ne sont pas bien malins. Leurs disques, heureusement, sont vite oubliés par le public lambda, une fois la saison finie et de nouveaux cobayes enfermés dans le château. Olivia, par exemple. Qui se souvient encore d'elle ? Une petite brune mignonne, qui sortait avec le pseudo-cultureux de la bande, Fabrice (si, si, souvenez-vous), le type avec ses cheveux savamment coiffés en pétard et qui aujourd'hui, faute de savoir chanter, se retrouve figurant dans ‘Sous le soleil’… Olivia, donc. Eh bien ! Olivia, Ruiz de son nom (parce que ces gens ont des vrais noms), pourrait bien mettre à sac tous nos préjugés de mélomanes avertis avec cet EP, euh, hum,… fort bien fait. La Star Ac' ne serait donc pas qu'une infâme machine à fric suçant le sang de jeunes fans de karaoké prêts à tout pour passer chez Arthur. Elle cachait bien son jeu, la garce. Olivia. Peut-être qu'après tout, elle n'était pas si bête. Parce qu'il faut bien dire que ces 5 chansons plaisent, même si derrière tout ça se cache sans doute un marketing hyper balèze, réfléchi des mois durant par une armada de consultants d'Universal, payés des milliards pour faire de cette gentille fille la ‘parfaite antithèse de Jennifer : rock, saltimbanque, au parfum suranné à la Piaf, bref un truc chiadé pour redorer le blason de la téléréalité, parce que jusqu'ici on s'en est trop pris plein la gueule’. Ouaip, Olivia : une gentille fille, au look et au répertoire singulier par rapport à ses potes (‘Mais pas trop non plus, faudrait pas choquer le bourgeois’). Une survivante. Epaulée ici par Weepers Circus, Juliette (Victoires de la Musique 97), Chet et le tandem Iso/Mitch, metteurs en son du dernier Rita Mitsouko. Justement, ces 5 titres sonnent un peu comme du Rita, en plus lisse, en plus vulgarisé. De l'accordéon, du tuba, de la clarinette, voire du theremin : dès " Qui sommes-nous ? ", le cadre est installé - ça se veut jazzy, cabaret, années 30/40… ‘Il faut faire voyager la ménagère de 60 ans, lui rappeler sa jeunesse ! Et puis regarde, la Bruni, elle a bien vendu 800.000 albums avec trois fois rien, mais c'est son univers, mon vieux, son univers, qui plaît à l'acheteur de disques ! Voilà les clés du succès : un son original, bien huilé mais pas trop ; un son que le fan de Nolwenn n'a pas l'habitude d'entendre !’. D'où la fanfare à l'ancienne (" Le Tango du Qui "), l'atmosphère à la Dietrich et tout le toutim. De toute façon, Olivia se fout bien du quand dira-t-on, elle est ‘sortie grandie de ce conte’, elle ‘a sauvé son âme’, elle ‘s'est enfuie de la fable’ (" Petite Fable "). C'est vrai ma chérie, et comme tu le chantes si bien sur ‘Le Tango du Qui’ : ‘Quel beau métier, la vie d'artiste’…