Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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La vision de l’art prônée par Superchunk…

Superchunk sortira son nouvel album, « Songs in the Key of Yikes », ce 22 août. En attendant, il a partagé le single, « Is It Making You Feel Something ». ‘Il a toujours été vrai que tout le monde traverse quelque chose dont on n'est pas forcément conscient’,…

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Hooverphonic
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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

The New Romance

On croyait au début que ce groupe de Seattle voulait lui aussi avoir sa part du gâteau post-punk, qu'il allait dire à Radio 4, The Rapture et les Liars d'aller se faire foutre, et que tout ça finirait mal, dans un bain de sang, avec la tête de Karen O (Yeah Yeah Yeahs) plantée sur un bâton. Cette basse vrombissante, ces guitares tournoyantes, cette batterie métronomique : le squelette rythmique des PGMG danserait-il comme à la Saint Glin-Glin, distribuant quelques pains à la ronde à tous ces faiseurs de mode qui lui piquent la vedette ? Non, trois fois non : les PGMG ne sont pas tout à fait " punk funk ", malgré l'étiquette qui leur colle aux fesses depuis qu'il est bon de dire que Gang of Four et Wire étaient les meilleurs groupes du monde… C'est plus pop. Comme Elastica et Magnapop. Même avec cette furie au micro (Andrea Zollo, tantôt candide, tantôt vicieuse) et cet ex-Murder City Devils qui parfois crache son venin (sur " All Medicated Geniuses " et " The Teeth Collector "), les PGMG restent de gentils Amerloques. Pop. D'accord, on y entend aussi les Slits. Et L7. Ce qui prouve que les PGMG ne se laisseront jamais enfermer à double tour dans aucune chapelle… " The New Romance " contient 12 mini-tubes acérés et accrocheurs, dont l'infernal " This Is Our Emergency ", d'une jouissance féroce et libératrice. A écouter, de fait, de toute urgence.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Projet A7 (Ep)

Pour expliquer le concept fumeux de ce maxi 7 titres, reposons-nous sur le dossier de presse : ‘Le Projet A7 est un collectif de 7 personnes ayant un lien étroit avec la musique (…) Chacun des 7 participants crée un son, une mélodie, un événement sonore. C'est le premier tour. Les 7 embryons de morceaux passent ensuite d'un joueur à l'autre, chacun traitant la matière reçue à sa façon, en ajoutant, retirant ou modifiant les éléments qu'il veut’. Et cetera. Si c'est un ‘jeu’, autant dire qu'il n'amuse que ces géniteurs, 7 ‘anonymes’ qu'on pense avoir déjà croisés chez Anoraksupersport sous le nom de Jeronimo, Crystal Palace, Pink Satellite, Starving, Showstar, Nietzsche et Gagarine…. Les sept groupes signés par le label huttois ! Attention : c'est une supposition, en rien une certitude… Les sept zozos qui ont signé ce maxi n'ont en tout cas pas peur du ridicule : voilà de l'électro-pop de basse classe, sans inspiration ni séduction, aux relents snobs nauséabonds. Du foutage de gueule, pas moins : 7 titres dont 5 remixes pour illustrer ce concept à la masse, parfait pour se flatter l'ego entre potes, mais nul pour accrocher l'auditeur. On espère que cette flatulence pleine de suffisances les fera réfléchir quant à l'intérêt de leur démarche collective, peut-être louable sur papier, mais au final d'un nombrilisme affligeant.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Tulsa For One Second

Signé sur le label Aesthetics, maison d'accueil des électrons les plus libres en matière de rock, d'ambient, de folk et de techno (Windsor For The Derby, Hood, L'Altra,…), Pulseprogramming se décrit lui-même comme un ‘groupe multimedia’. On y retrouve ainsi deux maîtres ès laptops, un vidéaste, deux designers, un poète et une chanteuse. Le fond et la forme sont donc sur pied d'égalité : le digi-pack peut être transformé en cabane, et le CD renferme une plage CD-Rom de toute beauté. La musique, quant à elle, s'avère toute aussi aventureuse, entre Mum, Tarwater et Autechre période " Incunabula "… Le plus bel exemple restant le premier morceau (" Blooms Eventually "), une vraie petite perle d'électro-pop douce-amère, légère comme une bulle de savon. La suite est partagée entre instrumentaux de haute volée (" Don't Swell Up Your Glass Pocket ", genre Eno sur Morr Music, " Largely Long-Distance Loves ", plus rythmé) et comptines fragiles et organiques, susurrées par un couple vraiment épatant (Mark Hellner et Lindsay Anderson, de L'Altra). Imaginez Mark Hollis remixé par Sigur Ros… De l'indietronica mélodieuse et émouvante, qui fait pleurer les machines et donne de la chair (de poule) à Cubase et Pro Tools. Entrez dans la maison (en carton) de ces Américains, leur porte vous est grande ouverte.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

H-E-L-L

La nouvelle sortie du label français underground Dora Dorovitch (Telefax, Thomas Mery de Purr, etc.) ne dure qu'une demi-heure, et c'est tant mieux. Parce que ce collage de bruits industriels, de cliquetis de bazar, de beats métalliques, de voix broyées par un marteau-piqueur et de hip hop mutant joue trop avec nos nerfs. Ce projet manufacturier entre Michel Cloup (Expérience, Diabologum), Stéphane Bodin et François Marché (les deux affreux de Bosco) aurait pourtant pu donner un drôle de résultat, dans tous les sens du terme : rigolo comme Bosco, bizarre comme la nébuleuse Diabologum. Au final, il s'agit juste d'un patchwork tannant d'influences diverses, de Cassette Boy à Matt Elliott, mais sans la rigueur et le talent. De la musique proche en sa démarche de celle des pionniers de l'IRCAM (en beaucoup moins savant quand même), mais qui n'excite ni nos neurones, ni le reste. Une première déception à mettre sur le compte de Dora Dorovitch, qui pourrait vite se voir catalogué " Label intello " s'il brasse encore trop de matière grise… L'auditeur, lui, se fait chier, et va voir ailleurs.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Pop Has Freed Us

C'est bien dommage, pour les Papas Fritas, d'en arriver à ce best of (18 titres, huit inédits, 3 clips). Parce qu'on espérait plutôt les voir sortir encore un album, et s'émerveiller devant ces petites cathédrales pop qui bâtirent leur réputation. Une réputation qui, malheureusement, n'a jamais débordé du cercle restreint des amateurs éclairés de pop rock lumineuse et fragile. Pourtant, à écouter ce best of, rien ne semblait prédire aux Papas Fritas une carrière si courte et erratique, étoiles filantes freinées dans leur trajectoire par un music business qui ne tolère que profit et efficacité à court terme. D'efficacité, Papas Fritas n'en manquait pourtant pas : Tony Goddess, Keith Gendel et Shivika Asthana possédaient ce talent si rare de savoir écrire la chanson pop parfaite, qui tenait en trois minutes et plaisait dès la première écoute. " Way You Walk ", " Passion Play ", " Holiday ", " Hey Hey You Say ", " Vertical Lives ",… Qui mieux que les Papas Fritas, en leur temps de déboires commerciaux, pouvaient aligner tels tubes certifiés or, en mixant adroitement les harmonies des Beach Boys (ces chœurs !), l'éclat féroce des Pixies et la tendresse nonchalante de Pavement ? Avec trois fois rien mais beaucoup d'amour et de délicatesse, Papas Fritas ont réussi là où beaucoup se sont cassés les dents : dans l'écriture pop ultime, jamais avare de mélodies limpides et de refrains qui enchantent. En prononçant correctement le nom du groupe, on a le titre de ce best of : " Pop Has Freed Us " (" La pop nous a libérés "), une expression qui résume bien le trio de Boston… Et nous convient bien aussi, tant qu'à faire.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Songs In A Northern Key

Ex-Varnaline, Anders Parker pourrait être le petit-fils de Nick Drake, le cousin de Camper Van Beethoven et le frère de Jeff Tweedy. S'amusant aussi bien avec l'électrique que l'acoustique, Parker vient d'accoucher d'un album fort réussi, à classer au hasard entre le A (pour " Alternative Country ") et le Z (pour (Van) Zandt) d'une discographie idéale. Grande est sa famille, prometteur est son talent. " Still Dream " débute l'album en douceur, entre americana lumineuse et pop fragile. " Song " proclame les noces d'Ed Harcourt et des Go-Betweens. " Blue Flowers on the Highway " semble chanté par les Flaming Lips, mais avec un Wayne Coyne déguisé en cow-boy. " Difference " ferait presque passer Sophia et Tom McRae pour deux gros goujats. " Anything From Now " rappelle Soundtrack of Our Lives, le soleil du Midwest en plus. " Let It Come Down " piétine les plates-bandes des Dandy Warhols, avec ses riffs envahissants mais pas grande gueule. Enfin, " Broken Song " et " Murder Crow ", deux berceuses belles à pleurer, closent ce disque en douceur. En 15 chansons taillées pour le succès, Anders Parker prouve qu'on peut s'amuser avec les préceptes de la country et lui faire subir les pires outrages (pop, rock, psyché,…), pour un résultat détonnant. Grandaddy n'a qu'à bien se tenir.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Parsley Sounds

Parée de ses plus beaux atours atmosphériques, la musique enchanteresse de Parsley Sound enivre les sens comme un filtre d'amour. Rien de bien sensationnel, de prime abord : du folk sixties et de l'électronica champêtre, couchés sur un lit de fleurs multicolores sentant bon le patchouli. Psychédélique peut-être, dans cette manière d'embarquer l'auditeur dans un trip intemporel, loin des contingences matérialistes de ce bas monde. Danny Sargassa et Preston Mead pourraient très bien reprendre à leur compte l'héritage fumeux de Syd Barrett, Montage et Stone Roses (la voix), et régner en maîtres orfèvres pop aux côtés de Mercury Rev, Lemon Jelly, Belle and Sebastian et Air… Mais c'est sans compter sur leur désir d'être uniques, à leur façon. Parce que leur musique a beau être référencée (tout ce qui chante et sonne cotonneux), elle n'en est pas moins singulière. D'une luxuriance béate quand elle convoque tous les instruments les plus affables (cuivres, theremin, clavecin, flûte, violons), la musique élégiaque de Parsley Sound sait aussi se faire murmures, jusqu'à provoquer cet état de transe illuminée qui donne des frissons. On pourrait en parler pendant des heures, mais il suffit d'écouter ces arrangements d'une légèreté stupéfiante : arrivés au septième ciel, il ne nous reste plus qu'à regarder en bas et roucouler d'aise, les mains derrière la tête comme signe de plénitude.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Fatherfucker

Sur la pochette, Peaches porte une barbe postiche. Queer. Ce qui plaît chez la Canadienne, c'est la transgression : dans ses textes (elle nous parle de cul), dans sa musique (ni du rock, ni de l'électro). Peaches est une artiste bâtarde qui se fout bien du " politically correct ", rejoignant là les Riot Grrrls, les performers-bruitistes SM et tous ces malades de l'underground qui envisagent l'art comme un défouloir dégueulasse à toutes leurs obsessions inavouables. Peaches, donc, s'en fout. C'est ce qu'elle crie sur le titre d'ouverture, en samplant bêtement " Bad Reputation " de Joan Jett. Elle porte une barbe, montre sa culotte et déclare " aimer les garçons et les filles " (" I U She "). Le sexe, donc. Toute une histoire. Un coup de queue par-ci, un coup de loche par-là (" Shake Your Dix "). Même Iggy Pop, invité sur " Kick It ", a l'air d'être impressionné par cette femme au tempérament, euh, affirmé. Sur son dernier album, il lui rend la pareille en reprenant " Rock Show ". Mais Peaches s'en fout : des types comme lui, elle en mange 5 au petit déjeuner. Puis au dîner, elle se tape quelques meufs, et puis qui sait si elles ont de gros zizis ou vice-versa. Paraît qu'on étudie Peaches à l'université de Toronto, dans la grille des programmes sur les tendances Queer : à l'entendre crier trois mots par chanson, on se dit que le cours doit être bouclé en une demi-heure. " Fuck, shit, fuck, shit " : avant Peaches, il y avait d'ailleurs un groupe no-wave, The Shit. Tout se tient. C'est vrai que Peaches marque son époque. Déjà son premier album, " The Teaches of Peaches " (et elle nous en apprend, des choses !), marquait un peu le début de l'électro eighties revival, avant Le Tigre, avant Chicks on Speed, avant Miss Kittin, avant tous ces Gigolos du label de DJ Hell. La musique : des riffs de guitare hard rock samplés, des beats minimalistes (sa bécane : le Roland Groovebox MC505), des drums squelettiques. Parfois, un piano (les notes martelées de " Back It Up, Boys "). Pas grand chose d'autre. Voilà tout l'art de la suggestion. A l'instar de sa musique, dépouillée (mais pas vierge), Peaches se dénude volontiers, parce qu'elle n'a rien à cacher. Et on l'écoute bouche bée, sans jamais vraiment comprendre, mais avec la certitude qu'elle est loin d'être conne. On y revient toujours, à ces histoires de con(s)… Le sexe, mes amis, est le ferment de notre monde décadent. Et Peaches son ambassadrice la plus téméraire. Qu'elle aille donc se faire foutre, puisque tel est son désir. Nous, on est prêt à lui rendre ce petit service. En attendant, on écoutera son disque. Fuck, Shit, Fuck, Shit, Fuck, Shit, Fuck, Shit.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

People On Holiday (Ep)

Malgré ce nom de scène qui sonne de manière nonchalante, Emily Soler (basse), Eric Cihigoyenetche (chant, guitare) et Laurent Mounier (batterie) n'ont rien de ces musiciens qui se la coulent douce en attendant qu'on leur tresse une couronne : sans doute qu'ils jouent depuis longtemps déjà, vu la dextérité à laquelle ils s'emploient pour trousser de belles mélodies qui trottent dans la tête. C'est groovy, emballant, comme un bon vieux Talking Heads ou du Morphine sans les cuivres. Honneur à madame, qui tripote sa basse avec délicatesse, comme une caresse. Rien à voir donc avec ces groupes de bal musette qui reprennent " Smoke on the Water " pour faire plaisir aux quinquagénaires… N'empêche que les kermesses, ça a du bon : on mange du boudin à l'œil, avec de la bière de chez Colruyt. Parfois, deux-trois couples pas trop bourrés tentent d'applaudir : ça donne du cœur à l'ouvrage, et l'on se dit qu'on y est presque, que bientôt cette odeur de cochon imprégnée au costume ne sera plus qu'un mauvais souvenir, comme ces galères pour trouver une sono potable dans ces trous perdus du Nord de la France, où putain on se les gèle, surtout dans un van pourri sans radio, qui cale toutes les 50 bornes et pue le kérosène. Tout ça pour dire que les People On Holiday y sont presque : ne leur manque plus qu'un label, et un concepteur graphique (la pochette, pas terrible). Un coiffeur aussi, peut-être. Enfin bon, c'est juste un conseil ! Les goûts et les couleurs, savez-vous…

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

OK Go

La power-pop bubblegum semble un peu à la traîne depuis la mort prématurée des New Radicals et la disparition inquiétante des Fountains of Wayne. Heureusement, il reste encore d'irréductibles joyeux lurons pour mettre un peu de sucre et de soleil dans notre paysage musical, aujourd'hui sous la coupe (iroquoise) des punks de tous bords. Du nu-métal au nu-garage, en passant par l'elektroklash (nu-wave ?). Pas de guitares vitupératrices ni de moue de sales gosses chez les Chicagolais d'OK Go : juste des sourires Tonigencil et des mélodies sans frime, pas bégueules pour un sou. Damian Kulash fait partie de ces types qui se la coulent douce sous les parasols de la pop la plus estivale, des Cars aux Papas Fritas. Confortablement installés dans les transats d'à côté, ses potes Tim, Dan et Andy sirotent tranquillement leur cocktail, à base de beats mimis, de basse sexy (" There's a fire ", proche du " Breaking The Girl " des RHCP) et de synthés hippies. Parfois, OK Go troque ses chemises à fleur contre un costume trois pièces, le temps d'un slow de surboum avec chœurs et solo à la Eagles (" Shortly before the end "). Mais c'est surtout quand nos quatre zozos s'amusent à jouer les juke-boxes de bar-pool qu'on en redemande, à l'instar de ces " Get Over It ", " What To Do " et " 1000 Miles Per Hour " insatiables, parfaits condensés de nos plus belles vacances. OK Go, c'est comme l'été indien. Mais plutôt Beach Boys que Joe Dassin.

 

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