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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

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La fuite d’Ellside

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Grégory Escouflaire

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mercredi, 31 décembre 2003 01:00

The Other Side of Daybreak

Le dernier album de Beth Orton, " Daybreaker ", réconciliait pour de bon folk et électro, deux genres a priori trop différents pour s'entendre et partager les mêmes envies. En commettant cette compile de remixes, de live et d'inédits, l'Anglaise enfonce le clou et scelle une fois pour toutes l'union soi-disant contre nature. Les relectures de Four Tet, à cet égard, sont éloquentes : spécialiste dans les mariages des sonorités acoustiques et des bleeps asthmatiques, Kieran Hebden transforme " Daybreaker " et " Carmella " en longues incantations magiques, libérées de tous les carcans qui les rattachaient encore trop à la terre ferme. La voix d'Orton elle aussi en apesanteur, c'est avec des étoiles dans les oreilles qu'on sifflote ces jolies mélodies, en espérant que les deux tourtereaux ne s'arrêtent pas à cet exercice de remix et passe en troisième. Justement, " Beautiful World ", l'un des inédits de cette compile, s'avère produit, mixé et enregistré par… Kieran Hebden ! Ces deux-là étaient bel et bien faits pour s'entendre. Les deux autres inédits, " Ali's Waltz " et " Bobby Gentry ", valent aussi leur pesant d'écoutes émerveillées : la douceur du premier (en gros : une voix, une guitare) et l'enrobage du deuxième (des cordes juteuses) laissent présager un nouvel album de bien belle tenue. Le reste (des chouettes remixes du rappeur Roots Manuva et de Two Lone Swordsmen, un live acoustique et une version dépouillée de " Ooh Child ") s'avère du même tonneau. Chez Beth Orton, les fonds de tiroir ne sentent pas la naphtaline.

mercredi, 31 décembre 2003 16:37

Unrest

Ces deux dernières années, Erlend Oye semble s'être plutôt bien habitué à l'électro, lui qui pourtant s'était fait connaître avec Kings of Convenience (un duo) et son " Quiet is the new loud ", manifeste acoustique à l'origine du regain pour les guitares en bois et les harmonies à la Simon et Garfunkel. Il faut dire qu'Eirik Glambek Boe, disons Garfunkel, n'était pas trop taillé pour le succès. Aussi devant tant de résignation, Erlend décida de partir à l'aventure tout seul, plutôt que de finir ses jours à pêcher du hareng dans les fjords de Norvège. C'est ainsi qu'il put enfin assouvir sa passion pour la musique. Toutes les musiques : folk, rock, électro, hip hop… Surtout celle eighties. Après un bref séjour chez Royksopp, d'autres Norvégiens ne jouant pas du black metal, Erlend partit pour de bon à la conquête du monde, tel Niels Holgersson à dos d'oie sauvage. New York, Paris, Berlin,… Le Scandinave aux grosses lunettes et à la fine moustache pouvait enfin côtoyer les producteurs de renom et donner forme à ses idées les plus farfelues, genre ‘Michael Jackson meets Kings of Convenience meets Royksopp meets Cybotron’. Pas qu'Erlend soit un novice en la matière : avec Eirik, il avait déjà soumis leurs titres à la chirurgie électronique de Ladytron, Four Tet et Andy Votel (l'album de remixes, " Versus "). Mais cette fois-ci, Erlend est seul à la barre… Résultat des courses, " Unrest " est un album carte postale. Un témoignage des rencontres qu'il a effectuées lors des voyages accomplis au cours de ces deux dernières années à travers le monde : des artistes, des fans, des remixeurs, prêts à lui prêter main forte pour concrétiser ses rêves. Au finish, cela donne surtout des morceaux à résonance eighties, aux beats millésimés bien qu'un peu datés (" Prego Amore " et son rap old school mou du genou - Erlend n'est pas Grandmaster Flash -, " Ghost Trains " et ses nappes à la Moroder). Aux commandes de cette mise en sons : Morgan Geist (de Metro Area), Jolly Music, Prefuse 73, Schneider TM, etc. Bref, la crème de la scène électro planétaire, pour un melting-pot techno-folk-rap le plus souvent réussi (" The Athlete " et ses paroles en français, " Every Party… ", " A While Ago and Recently "). Quoi qu'on puisse penser de ce concept album, sorte de " Guide du Routard " au pays de la pop, une chose reste indiscutable : Erlend Oye, lui, n'y est pas un touriste...

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Water Hymns

 

Les champs verdoyants du fin fond de l'Amérique profonde. Des oiseaux chantent. La biche broute l'herbe soyeuse. Sur une colline surplombant les terres en jachère de l'Indiana, un homme, ex-fermier, chante et joue de la guitare. Ses amis l'appellent Noahjohn. Pour l'aider dans sa quête du son clair comme de l'eau de roche, quatre amis, eux aussi élevés au lait battu et au travail agricole. A cinq, ils tentent de mettre en musique l'étendue sauvage qui s'étend devant eux, à perte de vue. Comme Songs : Ohia, Dirty Three, Neutral Milk Hotel et Radar Brothers, ils excellent dans la complainte paysagiste, à peine illuminée par quelques éclairs de chaleur. De l'Americana pour cow-boys solitaires, du slowcore pour paysans grabataires. Carl Johns, le type qui chante, n'a cure des styles à la mode qu'il entend sur sa vieille radio portable. Seul avec la nature, il fait corps avec elle. La scie de son atelier lui sert même comme instrument de musique (" Saw Right "). Du violon s'en mêle aussi, parfois, pour rajouter du pathos (" Rabbit is Asleep ", " Two Members "). Sans doute que notre garçon n'a pas toujours eu la vie facile, sinon comment expliquer cette lenteur automnale qui frappe cet album, jusqu'à scléroser toute tentative d'espoir ? Sur " On East Whistlin' ", Johns siffle, mais pour conjurer le mauvais sort ou se faire croire qu'il n'est pas tout seul. Ses " hymnes aquatiques " cachent un fond trouble et dangereux. Sous la vase, la vie est à l'arrêt. C'est le noir complet. N'y perce que le silence.

 

 

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

I Love Faris

Le songwriting pop a trouvé son nouvel ambassadeur : Faris Nourallah. De qui s'agit-il ? Quelle est son histoire ? Peu importe : ce type semble sorti de nulle part, ce qui rajoute à notre surprise. Car ses chansons se révèlent, dès leur première écoute, d'une beauté hors modes. Pourquoi ce type resterait-il alors dans l'ombre, comme sur la pochette du disque ? Peut-être préfère-t-il continuer à composer dans sa chambre, sur un 4-pistes, pour éviter que la lumière aveuglante du music business ne lui donne des maux de tête. Ce serait dommage, tant sa musique se doit d'être découverte, au plus vite. Digne héritier lo-fi de Ray Davies et de Steve Harley (voire de Paul McCartney), Farsi Nourallah écrit des chansons d'amour à la première personne, enrobées d'arrangements sobres et distingués. Avec son harmonium et ses cuivres, " A Famous Life " sonne ainsi comme du Love remis au goût du jour, tandis que " Let's Get Married " rappelle la pop sixties à notre bon souvenir (des Beatles aux Byrds). Plus loin, le piano magique de " The Road " envoûte nos sens, laissant Ed Harcourt et Jeff Buckley le long du trottoir, subjugués devant telle grâce. Puis c'est au tour de la pop de " Christian Flyer " et d'" I Like To Go To Parties " de nous décocher une flèche en plein cœur… Tel un cupidon à l'oreille sacrement musicale, Faris Nourallah conte ses histoires d'amour avec prestance et savoir-faire, nous réconciliant définitivement avec un certain classicisme à la Ferry (Roxy Music) et Blunstone (Zombies). " I Love Faris " : décidément, ce titre était de (très) bon augure.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Somewhere There´s Magic

 

D'une voix joliment acidulée, Yasmine Mohammedi chante les déboires du cœur et les saisons de l'amour qui s'effeuillent avec l'âge. Copine d'April March et de Bertrand Burgalat, cette fille-là sait y faire avec les belles mélodies : à entendre son penchant pour les enluminures, on l'imagine bien fan d'Elysian Fields, de Kate Bush et de… Tricatel. Cette pop tantôt guillerette (" It's Been A Lovely Autumn "), tantôt vénéneuse (" Birds ", comme si Mazzy Star s'invitait chez Calexico) souffle un vent de fraîcheur juste derrière nos oreilles, à cet endroit où le moindre baiser, même effleuré, donne la chair de poule… Parfois, ce sont les jambes qui s'émoustillent, quand un piano sautillant se la joue boogie (" Singing Along ", genre AS Dragon la douceur en plus) ou quand les cuivres se croient chez Motown (" Read My Lips ")… " Somewhere There's Magic " annonce le titre : pour une fois, c'est à prendre au pied de la lettre. Les pieds, encore : face à ces ritournelles au charme idoine, ils battent le rythme et fourmillent de plaisir. Un plaisir qui s'achève sur un soupir (d'aise), par un " Watching From The Sky " d'une douceur reposante. Charmant ! Comme quoi la magie, parfois, est à portée de main. Ou de pied, d'oreille… Pourvu que tout le corps frémisse !

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

AlphaBravoShockPopDisco

Quel est ce titre ? Une blague de cruciverbiste ? Une pub pour un cocktail sans bulles ? Une nouvelle marque de vêtements H&M ? Ah, non ! C'est le titre d'un album. Garbage ? Non, pire : Nu. Nul ? Euh ! Oui, Nu. Des Scandinaves qui font de l'electropop simpliste, et surtout très laide. Des paroles suprêmement débiles (" Alphabravoshockpopdisco/Life's a bitch in San Francisco "… ? ! ? Sans commentaires). Des beats ultra-calibrés pour la bande FM (" Disco Hurts "). Des gueules de présentateurs de télé-achats. Sur scène (vu en support act de Dave Gahan), ils terminent leur set par une reprise de… " Welcome to the jungle ". Arrêtons là le massacre : ce truc en plastique pue l'opportunisme. C'est tellement Nu(l) que ça fait presque peur. CacaPasbôPipiTocProut.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

This is the glamorous

Sur le dernier titre du précédent disque de New Wet Kojak, le side-project de Scott McCloud de Girls Against Boys, on pouvait l'entendre susurrer de sa voix si unique : " Remind yourself / This is the glamorous ". De fait, sur ce nouvel album, Scott McCloud et ses amis (le bassiste de GvsB Johnny Temple, le saxophoniste Charles Bennington, le batteur Nick Pellicciotto et le multi-instrumentiste Geoff Turner) enfoncent le clou d'un rock-jazz funky, en tous points glamour (ces lignes de basses rondelettes, cette voix sexy, ce sax presque obscène, cette électro serine et douillette). Sur " The World of Shampoo ", le titre d'ouverture, on peut entendre tout cela comme un parfait résumé, de l'album et du groupe. La grande différence avec Girls Against Boys, c'est sans doute ce sens du groove, créé notamment par le saxophone de Bennington… qui remplace en fin de compte la basse d'Eli Janney. Des titres comme " Supermodel Citizens USA ", " Something Easy " ou " Jealous " témoignent ainsi d'une entêtante envie de faire danser l'auditeur, comme si Scott McCloud ne pouvait qu'assouvir ses penchants disco dans un autre groupe que GvsB, aux fans trop puristes pour accepter quelconque infidélité (" du rock, point barre "). New Wet Kojak est donc réservé à tous ceux qui rêvaient de voir un jour GvsB emprunter les terrains plus troubles du funk et du (free) jazz (l'impro du dernier morceau), sans que la basse - la marque de fabrique du groupe - n'en soit pour autant minimisée. Avis aux amateurs : Scott McCloud est encore allé plus loin dans l'expérimentation avec Operator, son troisième et nouveau groupe, davantage électro(klash). Que nous réserve-t-il encore pour les mois à venir ? Qu'importe : si tout est du calibre de ses projets parallèles (çàd excellent), on ne s'en fait pas trop.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

I Am

Au premier abord, Scout Niblett passe pour une délurée asthmatique tapant n'importe comment sur sa batterie en gueulant que personne ne l'aime. On ne serait d'ailleurs pas étonné qu'elle soit la copine de Kymia Dawson des Moldy Peaches ou la petite sœur de Daniel Johnston, vu qu'elle partage avec eux la même inspiration névrosée et les mêmes penchants amateurs… Mais à s'y pencher de plus près, il semble clair que l'Américaine n'a rien d'une harpie antifolk : ses chansons ont beau être mal attifées et son look hirsute, on décèle chez la jeune songwriter un talent indéniable pour raconter des histoires et mettre en musique l'Amérique white trash, avec trois fois rien (un drumkit, une guitare, un ukulélé) mais beaucoup de hargne. " I Am " a été enregistré en quatre jours aux studios de Steve Albini, le seul producteur capable de préserver cette rudesse de ton qui donne tout son sel au disque. Au lieu de polir ces chansons boiteuses mais habitées d'une foi inébranlable, Albini a préféré forcer le trait sous peine de passer pour un goujat : la batterie mise en avant et la voix rendue criarde conduit à un disque sans concessions, où l'émotion passe par la colère et le tintamarre. Sur " No-Ones Wrong " et " I'll Be A Prince (shhh) ", Scout Niblett gueule à pleins poumons, pas contente, se défoulant sur ses cymbales comme sur un mec qui se paierait sa tête. Elle ne rigole pas, la Niblett : sur " Drummer Boy ", il y a même des guitares stoner, genre Kyuss dans un appart' trois pièces… " We're All Gonna Die ", murmure-t-elle sur " Your Beat Kicks Back Like Death " : après un bon caca nerveux, voilà que la blonde se tape une déprime. Ah, les filles ! Faut toujours qu'elles fassent des caprices. Allez, ce n'est pas grave… Les règles, voilà tout.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Dieu est mort, nous sommes… Nietzsche

A l'heure d'une rétro-tendance érigeant Human League/Depeche Mode et Television/Clash en curieux emblèmes d'une jeunesse en dérive, à l'heure où Indochine/Libertines cartonnent au Top of The Pops, à l'heure où le rock se ressource du côté des machines/du blues, il n'est pas une journée qui ne s'achève sans qu'un nouveau groupe soit proclamé ‘the next big thing’, en direct de Detroit, New York, Oslo, Liverpool ou… Bruxelles.

Les gars de Nietzsche, et c'est là leur atout, refusent pourtant de jouer à pile ou face : ici, les machines côtoient les guitares, le rock l'électro. S'ils avouent leurs penchants pour les boîtes à rythme (pas de batteur) et les voix passées au vocodeur, la structure couplet/refrain, le français dans le texte et leur nom d'emprunt (tous s'appellent Nietszche, comme les Ramones ou, plus récemment, les Datsuns) prouvent encore leur attachement au pop-rock à l'ancienne… Bref, chez les Nietzsche, la philosophie consiste à ne jamais trancher, et c'est tant mieux : en 2003, c'est dans les fonds de casseroles mélangés qu'on fait les meilleures soupes (du punk-funk à l'elektroklash). De " La question ", tube potentiel à la Daisybox, à ce " Régler le chauffage " presque drum'n'bass, " Dieu est mort… " s'écoute avec plaisir, même si ses charmes se dévoilent à la longue dans des teintes plus monochromes (l'humour, noir, la peur, bleue, la matière, grise). En conjuguant la torpeur de Joy Division, l'efficacité d'Indochine et l'ironie de Dominique A (la reprise du " Courage des Oiseaux "), Nietzsche réussit donc à nous surprendre. Pas mal pour un début.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Body Language

Dieu sait si le ‘langage du corps’ de Kylie Minogue nous secoue les hormones. Les jambes aussi, depuis que la belle s'est refait une santé critique et commerciale avec son épatant " Can't Get You Out Of My Head ". A part ça, il faut bien dire que la carrière de Kylie Minogue a connu davantage de bas que de hauts, et que l'écoute de ses albums, une fois passée celle du single, s'avère souvent des plus décevantes. En gros, on attend le best of… Parce qu'encore une fois, ce " Body Language " aguiche le chaland par un single dévastateur (" Slow ", d'une langueur à faire bramer un eunuque), pour ensuite lui faire regretter d'avoir trop vite succombé à ces miaulements bubblegum … " Slow ", OK, mais après ? Entre les tubes FM certifiés platine mais sans substance (" Red Blooded Woman ", " Obsession ") et les roucoulades guimauve de jolie chatte aux ongles bien limés (" Chocolate ", " After Dark "), ce " Body Language " ne fait pas l'effet auditif escompté : celui, équivalent, de ce qu'on voit dans les clips de l'Australienne… Autrement dit une fille canon qui se trémousse dans un minishort à tomber, comme si tout était normal. Et nous, dans l'histoire ? A-t-elle pensé aux crises conjugales provoquées par ses déhanchements suggestifs ? Aux nuits d'insomnie à rêver d'elle et de ses cuisses luisantes ? Est-elle seulement consciente des jalousies et des fantasmes que génère l'apprentissage amateur de son " langage du corps " ? A la limite, on se passerait presque de la musique, tant son image nous contente. De toute façon, il paraît que ça rend sourd…

 

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