Ces deux dernières années, Erlend Oye semble s'être plutôt bien habitué à l'électro, lui qui pourtant s'était fait connaître avec Kings of Convenience (un duo) et son " Quiet is the new loud ", manifeste acoustique à l'origine du regain pour les guitares en bois et les harmonies à la Simon et Garfunkel. Il faut dire qu'Eirik Glambek Boe, disons Garfunkel, n'était pas trop taillé pour le succès. Aussi devant tant de résignation, Erlend décida de partir à l'aventure tout seul, plutôt que de finir ses jours à pêcher du hareng dans les fjords de Norvège. C'est ainsi qu'il put enfin assouvir sa passion pour la musique. Toutes les musiques : folk, rock, électro, hip hop… Surtout celle eighties. Après un bref séjour chez Royksopp, d'autres Norvégiens ne jouant pas du black metal, Erlend partit pour de bon à la conquête du monde, tel Niels Holgersson à dos d'oie sauvage. New York, Paris, Berlin,… Le Scandinave aux grosses lunettes et à la fine moustache pouvait enfin côtoyer les producteurs de renom et donner forme à ses idées les plus farfelues, genre ‘Michael Jackson meets Kings of Convenience meets Royksopp meets Cybotron’. Pas qu'Erlend soit un novice en la matière : avec Eirik, il avait déjà soumis leurs titres à la chirurgie électronique de Ladytron, Four Tet et Andy Votel (l'album de remixes, " Versus "). Mais cette fois-ci, Erlend est seul à la barre… Résultat des courses, " Unrest " est un album carte postale. Un témoignage des rencontres qu'il a effectuées lors des voyages accomplis au cours de ces deux dernières années à travers le monde : des artistes, des fans, des remixeurs, prêts à lui prêter main forte pour concrétiser ses rêves. Au finish, cela donne surtout des morceaux à résonance eighties, aux beats millésimés bien qu'un peu datés (" Prego Amore " et son rap old school mou du genou - Erlend n'est pas Grandmaster Flash -, " Ghost Trains " et ses nappes à la Moroder). Aux commandes de cette mise en sons : Morgan Geist (de Metro Area), Jolly Music, Prefuse 73, Schneider TM, etc. Bref, la crème de la scène électro planétaire, pour un melting-pot techno-folk-rap le plus souvent réussi (" The Athlete " et ses paroles en français, " Every Party… ", " A While Ago and Recently "). Quoi qu'on puisse penser de ce concept album, sorte de " Guide du Routard " au pays de la pop, une chose reste indiscutable : Erlend Oye, lui, n'y est pas un touriste...