La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Kreator - 25/03/2026
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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Franz Ferdinand

Le buzz est énorme. Franz Ferdinand, quatuor art school de Glasgow, serait le sauveur du rock british. On connaît la chanson. Et celle-ci, comme les autres, devrait bientôt être sur toutes les lèvres. On murmure déjà qu’il s’agit du meilleur album pop-rock depuis un certain « Is This It ? », et que Casablancas n’en dort plus depuis qu’il a entendu ce « Take Me Out » à la radio - il est vrai une sacrée claque, un tube énorme ! On a l’habitude de crier au génie tous les six mois. La dernière fois, c’était pour « Elephant »… Le premier album de Franz Ferdinand serait donc l’album rock de l’année. Il commence pourtant à la guitare acoustique, le genre d’intro profil bas qui surprend le quidam rock en quête de sensations fortes. Mais très vite, la basse déboule, rugissante, et c’est parti pour quarante minutes de délires soniques tout bonnement jouissifs. « Franz Ferdinand », l’album, est bel et bien la tuerie annoncée. Comme chez Radio 4 et The Rapture, ces Anglais allient avec grâce et vigueur l’incandescence du rock et le groove du funk le plus torride. On acquiesce de la tête, on remue du bas-ventre. « Tell Her Tonight » confirme : voilà du post-punk qui claque aux genoux, comme si Devo et XTC se collaient des grosses pelles sur le dance-floor. Puis c’est « Take Me Out », qui débute comme un bon morceau des Strokes avant de virer la veste en cuir pour une tenue plus cool, genre jogging eighties XXL pour mieux gesticuler en rythme. Ce n’est que le début : « Matinee », c’est les Jam et Kevin Rowland qui se disputent le volant d’une Jeep punk funk tout terrain. « Auf Asche » se la joue d’abord intello (l’allemand), tendance bon bulletin (rappelez-vous Josef K), juste avant de tomber la cravate et de pogoter sous la boule à facettes. « Cheating on You » accélère encore la cadence, jusqu’à l’explosion extatique, le bonheur festif. C’est con comme un album de rock peut parfois donner la chair de poule. Et ça continue : « This Fire » et sa grosse basse à la Peter Hook, « Darts of Pleasure » (un titre prémonitoire), « Michael »… Il y a du Talking Heads, du Wire, du Buzzcocks, du Gang of Four chez ces quatre Anglais au look d’étudiants des Beaux Arts. Il y a de la classe. Il y a du talent. Ne tournons plus autour du pot : ce disque est formidable. Il donne envie de danser, de hurler, de sauter, de rire. « Things may come and things may go but the art school dance goes on forever ». Album rock de la semaine, du mois, de l’année.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Couture, Couture, Couture

Brent Rademaker est surtout connu comme être un des membres du groupe psyché-folk Beachwood Sparks. Il est ici à la barre d’un nouveau projet musical, plus orienté pop eighties : Frausdots, ou comment ressusciter les fantômes des La’s et de House of Love, et rappeler qu’Echo and the Bunnymen et The Cure sont quand même deux grands groupes, dont l’impact musical se fait toujours ressentir. Sur " Tomorrow’s Sky ", le titre de clôture, Rademaker pousse même un petit cri bien connu, celui avec lequel Robert Smith aime ponctuer ses mélodies sucrées. Alors Frausdots, ersatz bien foutu du meilleur de la new wave-pop des années 80 ? On peut le dire, même si on risque de passer pour de vieux cons. Et après ? Il y en aura toujours pour dire que sans les Cure, il n’y aurait ni d’Interpol, ni de Rapture, ni de Hot Hot Heat… Alors quoi ? Frausdots c’est kif kif, et c’est plutôt sympa, la la la.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Me first

Au générique, Black Sennett (Rilo Kiley), Elliot Smith (son studio), Mike Mogis (Saddle Creek, producteur de Bright Eyes) et Jimmy Tamborello (The Postal Service, DNTEL) : de quoi se lécher les babines et s’empresser d’écouter cet album. Pas de chance, ce n’est pas terrible. Ca commence comme une mauvaise blague alt-country, pour se terminer sur une chute même pas drôle, genre « The Thrills et Grandaddy sont sur un bateau, ils tombent à l’eau, qu’est-ce qui reste ? ». Rien, ou pas grand chose. Un album d’americana pop comme il en existe des milliers. Mieux vaut s’attarder sur l’album des Shins ou sur celui des Postal Service : on reste en famille, mais leur musique s’avère, elle, de meilleure compagnie.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Troublesome Bubblegum

De l’electro-pop à mâcher négligemment, qui claque comme une bulle de chique dans la bouche : l’estomac fonctionne mais n’est pas rassasié. C’est le vide, l’imposture, et c’est mauvais pour la santé. L’indigestion, voilà le risque. Et ma maman m’a toujours dit de ne pas manger de crasses entre les repas : elles font grossir et causent des caries. Electrocute une fois par jour, c’est déjà beaucoup trop : trop d’eighties, trop de riffs éculés, trop de Bananarama, trop de Felix Da Housecat et de Miss Kittin, trop de filles, trop de frime. Il aurait fallu plus d’inventivité, de talent, de tubes, de surprises, de vrai stupre. Elles (deux filles) n’auraient pas dû, non. Chanter en allemand, crier comme des riot grrrls, nous refaire le coup du « Pop Corn » et des « Miss Hollywood ». Non, vraiment, elles n’auraient pas dû. Ca n’impressionne personne. Electrocute, avec ‘cute’ comme mignon ? Une bonne décharge qu’il leur faudrait : elles feraient moins les malignes, ouais !
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Walking With The Beggar Boys

Septième album du quintette américain, et toujours rien de neuf à l’horizon : de l’indie pop à la Guided By Voices, pleine de gentilles guitares et de guili-guili rythmiques, qui chatouilleront les fans transis de ritournelles collégiennes, s’il en reste. Sympa donc, mais pas sensationnel : Elf Power, c’est le groupe pop de seconde division, qui joue sans se poser de question au lieu de prendre l’option musculation. Le syndrome « Guided By Voices », c’est certain : comme Pollard, Andrew Rieger (chant, guitare) est un très bon songwriter, capable de ciseler de petits tubes pop sans se froisser le lobe occipital… mais voué à rester dans les marges fangeuses de l’underground pop-rock. Dommage, mais c’est la vie : dans dix ans Elf Power sortira sans doute encore des disques, dans l’indifférence générale. On n’y peut rien, et eux non plus… Cette persévérance a tout de même quelque chose d’attendrissant. Mais cela suffit-il pour espérer les voir un jour rencontrer le succès, voire tout au plus l’estime, de leurs pairs et du public ? Les bourlingues, le système D : c’est malheureusement le lot des groupes trop honnêtes, comme Elf Power… C’est moche à dire, mais c’est la vie.
vendredi, 31 décembre 2004 16:52

Engine Down

Tristounet l’emocore ! Même si c’est dit à l’aide de grosses guitares qui hurlent et une rythmique qui frôle l’épilepsie… Schéma classique : un type, la vingtaine et l’idéalisme à fleur de peau, se dit un matin en se levant du pied gauche que la vie - merde ! - n’est pas facile tous les jours… Alors il propose à ses potes rencontrés au lycée de fonder un groupe, ‘comme une sorte d’exorcisme’. L’un d’entre eux aimerait bien l’appeler M.I.L.F. (« Mothers I Like To Fuck »), parce que tous les soirs il se branche sur le web pour mater des trentenaires copuler en Technicolor. Sa mère, pourtant, lui avait dit d’arrêter : ‘Si ça continue on va nous couper la ligne !’, lui dit-elle un soir de Star Ac’, en épluchant des pommes de terre. Alors ils ont tranché : plus de cul, et comme nom de groupe ‘Enginedown’ (‘C’est plus sympa, en plus il sonne comme angine’, déclara l’un d’entre eux à la sortie de l’amphi). Ils prirent rapidement les devants, en s’inspirant des disques critiqués dans le Kerrang. Schéma classique : At The Drive-In, Cursive, Sparta, Hot Water Music,… Le batteur aurait préféré ‘faire un truc à la Motley Crüe’, mais selon l’avis général ‘c’est l’émotion qui compte, et puis ça plaît aux filles’. Résultat : un premier disque d’EMO comme on en trouve partout, ‘d’une sensibilité attachante’, ‘d’une mélancolie post-pubère’… Et Vincent Delerm dans cette histoire ? Tout le monde s’en fout, et c’est bien là le problème.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Peace Love Death Metal

Nick Oliveri en bisbille avec Josh Homme, et Mark Lanegan trop occupé sur son prochain album solo, il faut bien se rendre à l’évidence : QOTSA, c’est presque de l’histoire ancienne. En attendant une hypothétique reformation, on peut toujours se contenter du premier album psycho-billy-funk-boogie-blues-garage d’Eagles of Death Metal, alias Josh Homme (à la… batterie), Jesse « The Devil » Hugues (guitare, chant) et notre compatriote Tim Vanhamel de Millionaire. Au programme de cette partouze rock’n’roll, à boire et à manger, donc, parce que ce n’est pas forcément dans les plus beaux plats qu’on fait les meilleures soupes. Problème n°1 : le son, assez pourrave. Problème n°2 : les « super groupes », qui n’ont souvent rien de super. D’où découle le problème n°3 : la hype, qui rend en général difficile toute forme de critique (« Quoi ! ?, t’aimes pas les Eagles of Death Metal ? ! ? »). « Peace Love Death Metal » n’est certes pas un mauvais disque, mais la surmédiatisation dont il bénéficie s’explique avant tout par la réputation (certes non usurpée) du trio. Imaginez les Cramps s’amusant à singer le Muppet Show, et vous aurez une idée de ce qui se trame chez ces drôles d’oiseaux de la cause métal casserole. Drôle, couillon, hyper branché, mais anecdotique.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

The Black Field

Alors qu’on se demande si les Walkabouts existent toujours (un best of est sorti il y a peu), Chris Eckman nous propose son premier album solo. Sur la pochette, une peinture de Nikolaj Beer, son beau-père : des gros traits de pinceaux à la Van Gogh, dans des tons sombres qui profilent un esprit tourmenté. Sans doute que le chanteur/compositeur retrouvait dans cette violence picturale ses propres angoisses. Le point de départ de ces neuf chansons à la beauté sépulcrale, écrites dans la solitude et l’ombre, le temps d’un repli ascétique sur lui-même, loin des contingences collectives d’un groupe de toute façon au bord de l’agonie créative. « The Black Field » surprend d’abord par son minimalisme : Chris Eckman semble bel et bien seul à jouer ses ballades, malgré ce chœur qui parfois l’accompagne (« Low Country », « Pirates & Clowns ») et cette batterie qui l’empêche de sombrer dans l’autisme. En un sens, ce genre d’ambiance tamisée réconforte, comme si Eckman était présent à nos côtés, à nous chanter ses histoires dans le plus pesant des silences. C’est beau, presque slowcore. Plein d’imperfections dues à l’enregistrement live, mais tellement authentique. Du premier titre (une chanson mélancolique caractérisée par une voix à la Costello au dernier (une reprise laid-back du « Why Can’t I Touch It ? » des Buzzcocks), « The Black Field » sidère par son atmosphère ténébreuse. A écouter à la lueur d’une bougie… si on n’a pas peur du noir.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Access Rhythm

Nouvelle signature warpienne, Jimmy Edgar évolue dans un style qui tout doucement prend ses marques : l’électro-hop à la Beans, autre pensionnaire du label de Sheffield. « No Static », le premier morceau de cet EP, prouve ainsi qu’il est possible de sortir le rap de sa routine, en le frottant à l’électro la plus aventureuse. On pense aux productions Lex (le sous label hip hop de… Warp), notamment à Danger Mouse et Tes… Les trois titres suivants, instrumentaux, répètent le même schéma destructeur (ou comment plonger le breakbeat oldschool dans un bain acid(e) ?), sans pour autant convaincre sur la longueur. Tant qu’à se prendre une vraie claque, mieux vaut réécouter Prefuse 73 ou Anti Pop Consortium… En attendant l’album d’Edgar, dont les intentions, ici, se révèlent encore un peu lâches.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Get Free Or Die Tryin´

M-1 et Stic.man font partie de ces rappers qui n’ont pas leur langue en poche pour pointer les dérives de notre société : en appuyant là où ça fait mal, ils se posent en dignes successeurs d’artistes comme Public Enemy et KRS-One, féroces justiciers d’une Amérique impérialiste et raciste qui préfère miser sur sa Bourse qu’aider ses opprimés, cette lie du peuple dont il n’y aurait rien à tirer… L’argent, seul rêve américain pour lequel il serait digne de se battre… M-1 et Stic.man préfèrent, eux, parler de liberté : 50 Cent (le clin d’œil du titre), avec ses grosses bagouzes et ses allures de « pimp » de série B, n’est qu’un pantin dont les fils sont cousus de fil blanc. Rien de vrai là-dedans, que du commerce de grossiste en émotions prédigérées. L’Amérique, quoi… Mais Dead Prez est là pour redresser la barre : à travers des titres comme « Tallahassee Days », « Afrika », « Paper, Paper », « Window To My Soul », M-1 et Stic.man défient tous ces rappeurs gangsta payés par l’Etat de dire la vérité, de clamer leur liberté. Qui, de ces « Niggers (soi-disant) With Attitude », peut se targuer d’être honnête, envers lui-même et son public ? Qui d’entre eux préféreraient la liberté, de conscience et d’opinion, à celle du billet vert et de la gloire ? Une liberté pourtant bancale, qui dissimule en fait une bien triste dépendance au pouvoir, celui des masses. M-1 et Stic.man ont choisi de rester libres, en toutes circonstances. Qu’on ne leur reproche pas cette indépendance que beaucoup de salariés d’MTV qualifieraient d’outrancière : eux n’ont de compte à rendre à personne, et c’est ça qui font d’eux de vrais rappers.
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