La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Music That You Wanna Hear

Le premier album de Jérémie Mondon, alias Demon, faisait partie de ces disques estampillés ‘french touch’, plein de tubes de house filtrée (l’énorme « You Are My High » et son clip baveux) qui aujourd’hui sonnent pourtant datés… Au lieu de nous resservir la même soupe, Demon change de cap avec ce deuxième opus, plus orienté hip hop, voire carrément r’n’b. Mais du r’n’b rachitique, qui doit plus à Timbaland et aux Neptunes qu’à P. Diddy et consorts : d’une efficacité sans failles, « Music That You Wanna Hear » propose ainsi 13 titres racés et incisifs, 13 bombes sudatoires qui font tourner la tête et grelotter les rotules. Il faudrait être sourd (ou cul-de-jatte) pour rester insensible à ces décharges boombastic que sont « In The Park » et « Freaky » (quand LFO rencontre The Streets), et diablement mesquin pour prétendre que le r’n’b français n’accouche que de daubes. Demon prouve le contraire avec panache, et se pose en jeune prodige du dance-floor, qu’il fasse péter les beats funky ou les gimmicks rap les moins couillons. En invitant au chant la sensuelle Awa, le furieux Buckshot ou encore Craig Walker d’Archive (en forme olympique, pour une fois), Demon confirme son éclectisme. Sur ce nouveau terrain de jeu, il règne encore une fois en maître. « Music That You Wanna Hear » ? Même si c’est dit avec orgueil, il faut bien l’admettre : ce disque, dans le genre, est une sacrée réussite. C’est ce qu’on ‘voudrait entendre’ plus souvent, en espérant que Demon fasse un jour des petits… Pour que plus jamais le r’n’b « Made in France » ne nous ennuie.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

One A.M.

Diverse, un nom qui claque et qui veut bien dire ce qu’il veut dire : voilà un rappeur qui n’a rien du puriste, empruntant ses beats et ses samples aussi bien à la blaxploitation des seventies qu’au jazz de Blue Note. En cause, deux géants de la production hip hop de ces dernières années : RJD2 et Madlib. D’où cette ambiance groovy et chaudasse qui nous change du rap racoleur : Diverse, c’est plus Funkadelic que « Simple et Funky », Stevie Wonder que Stevie Ray Vaughan… La basse roule, le rythme se fait suave, le synthé coule comme du miel. Sur deux titres on retrouve également Prefuse 73, bidouilleur de chez Warp qui prête à Diverse ses talents d’‘ambianceur’ hors pair à la Lalo Schifrin (« Jus Biz » et « Leaving », du « Bullitt » downtempo les cylindres bien huilées). Ajouter des featurings de Vast Aire (Cannibal Ox) et de Lyrics Born (Blackalicious), et vous avez là un sacré bon disque de hip hop, à ranger aux côtés du dernier Dudley Perkins et de l’intégrale du label Quannum. Du solide !
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Please Describe Yourself

OK, description : quatre garçons, une fille. Ville : Glasgow. Influences : Dexys Midnight Runners, Madness, XTC, Talking Heads. Son : du béton, tubesque et racé, produit par Clive Langer et Alan Winstanley (Dexys et Madness, justement, et bien d’autres). Objectif : conquérir le monde avec les hits que sont « I Love You Cause I Have To », « Lounger » et « Glimpse At The Good Life ». Se disent ambitieux, déconneurs (ce groove !) mais gentils. Nom : Dogs Die In Hot Cars ( ?). Pourraient bien arriver à leurs fins tant leur album s’avère d’une fraîcheur incommensurable… Au risque d’agacer certains, qui ne supportent pas ces chœurs gais et ses cascades de synthés eighties. Moralité : « Please Describe Yourself », c’est de la balle. CQFD.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Cemetery Shoes

Cette voix d’outre-tombe qui braille du blues-rock branque et soûlard : y a pas de doute, c’est Johnny Dowd qui rapplique ! Cinquième album du noceur quinquagénaire, et toujours aucune trace d’essoufflement. La carcasse et la voix sont intactes, et les doigts, même calleux, restent assez vivaces pour encore tricoter quelques riffs démoniaques. Johnny Dowd ne mourra jamais, parce qu’il aime trop le blues. Si le contraire arrive, il viendra toujours nous hanter sous la couette, en hurlant comme un damné de sa voix éraillée. Pour l’instant, il continue à dérouiller son blues à coups de guitares qui rouillent et de batterie qui titube. Parfois, un synthé s’ajoute au tableau (noir), et ça fout encore plus les boules, tellement c’est lo-fi. Du blues lo-fi ? En prod’, mais pas en couilles. Johnny Dowd pourrait donner la fessée à Jon Spencer, comme RL Burnside ou les autres vieux briscards de Fat Possum. Il ose même clôturer son album sur un instru surf d’enfer, lui sur la planche, les jambes même pas branlantes, narguant les jeunes rockeurs de ses yeux de vieux fou. Johnny Dowd, mon pote, y a rien à dire : t’es trop balèze.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Daft Club

A l’époque de la sortie du deuxième album de Daft Punk (« Discovery »), beaucoup de fans s’étaient sentis lésés : trop de références douteuses à l’enfance (les bleeps-lasers d’Albator, les ambiances guimauves à la Casimir,…) et pas assez de gros beats à la « Da Funk »… Bref un truc plutôt moche, une amère déception, un générique du Club Dorothée. Avec le recul, cet album se révèle moins mauvais qu’il n’y paraît, et surtout brillamment construit, comme… un dessin animé (et un vrai, puisque l’album a servi de BO au manga « Interstella 5555 », dont le duo français s’avère même l’instigateur). Cette compile confirme ce sentiment, puisque l’on retrouve ici des remixes de titres de l’album qui non seulement tiennent la route, mais nous donnent envie de redécouvrir « Discovery »… De Cosmo Vitelli à Slum Village, chaque artiste se réapproprie l’univers de Daft Punk avec imagination, sans y perdre ce qui les rend uniques : on reconnaît ainsi la patte des Basement Jaxx dès l’intro de « Phoenix », sans parler des Neptunes, qui quoi qu’ils fassent appliquent toujours les même recettes (et ça marche !)… Les prix des meilleurs remixes étant décernés à Gonzales pour sa version crooner de « Too Long », et à Romanthony pour son « One More Time Unplugged ». C’est un fait maintenant incontestable : les Daft Punk sont bel et bien les rois du bluff.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Depression Is A Fulltime Job (EP)

The Dallas Explosion : trois potes bien de chez nous qui font de la musique. Ni garage (« Parce qu’ils ne viennent pas de New York »), ni grunge (« Parce qu’ils savent jouer de leurs instruments »), ni EMO/indie (« Parce qu’ils aiment faire des concerts »), ni electro (« Parce qu’ils n’aiment pas les ordinateurs »), ni boys band (« Parce qu’ils écrivent eux-mêmes leurs chansons, ne savent pas danser et faire du play-back »), ni nu metal (« Parce qu’ils ne portent pas des pantalons baggy et ne rappent pas sur de grosses guitares »). Quand on les écoute, on pense plutôt à « ZZ Top jouant des covers du Velvet sur les amplis des RHCP ». Ce genre de citations, lues dans la bio, n’aidera personne à se faire vraiment une idée sur ce que nous offre The Dallas Explosion. En ce qui nous concerne, on pense à du Weezer gonflé à l’EPO, à du stoner de « college bands », à Bloodhound Gang en moins anal. Si les guitares crachent leur venin, c’est toujours dans les limites du bon goût : même sous la douche on trouve ça bien. Produit par Mike Butcher (Black Sabbath, Marvin Gaye), cet EP donne la patate, et ce malgré son titre. Comme quoi il ne faut jamais croire tout ce qu’on écrit.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Outta Sight / Outta Mind

Au rayon des seconds albums du garage revival (et tutti quanti), cet « Outta Sight/Outta Mind » des Datsuns pourrait bien faire la différence. Pourtant cette plaque ne recèle pas de tube couillon à la « MF From Hell », même si les Datsuns burinent toujours un rock grotesque à la AC/DC. C’est surtout sur la longueur que cet album impressionnera le fan de riffs régressifs : « Blacken My Thumb » annonce la couleur, noire toujours, et le reste suit la même routine, à toute berzingue. Les Stooges, Led Zeppelin (John Paul Jones assure la production), voire Slade et T. Rex : les Datsuns connaissent leurs classiques seventies, et ça s’entend. Qu’on ne vienne surtout pas leur dire qu’ils ressassent trop de vieux souvenirs : ces types-là n’en ont rien à faire, ils n’ont pas les mots « électro » et « post- » (punk, rock) dans leur vocabulaire. A les entendre, on croirait qu’il ne s’est rien passé en rock depuis la mort de Bon Scott, et quelque part on les envie. Ces types ne se posent pas de questions, ils jouent la musique qu’ils aiment. Et bizarrement, leur gros son primitif est encore à la mode : le rock va et vient, jusqu’au prochain coup de bâton. D’ici là, on imitera leurs tourniquets électriques devant notre miroir, en ricanant comme des hyènes. Quelle histoire, ces Datsuns : même rétros ils bandent encore.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

The Graceful Ghost

Grey de Lisle dédicace son disque à Johnny Cash et June Carter, couple légendaire aujourd’hui réuni au paradis des artistes qui ont changé la face de la country du XXe siècle. Grey de Lisle n’a certes pas le talent de ses idoles, mais sa country fantomatique pourrait plaire aux fans du genre. A condition d’aimer davantage le rose que le noir ! Parce que si Grey parle beaucoup de fantômes, sa voix mutine et son goût pour la supercherie cow-boy lui donnent plus des airs de gentille fille de saloon. L’ambiance surannée de ce disque carte postale (« La country, ses airs de rodéo, ces trains qui sifflent trois fois, ses chevauchées fantastiques ») devrait laisser les jeunes d’aujourd’hui plutôt stoïques. Mieux vaut écouter le dernier Loretta Lynn, produit par Jack White. Du bon boulot, pêchu sans être opportuniste. Parce que sans blague : vivre parmi des fantômes n’a rien de très captivant.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Return In Kind

Un album de reprises pour Neal Casal, après la parenthèse rock-rythm’n’blues Hazy Malaze : ces temps-ci le Californien se fait d’abord plaisir, et s’amuse à tirer sur nos cordes lacrymales – heureusement sans les casser… C’est que ces dix chansons, à peine portées par une guitare, voire un piano (et cette voix, immense, bien sûr), transpirent la nostalgie. Mais c’est une sueur bénéfique, qui vous lave du dédain ambiant, de la suffisance crasse : dix covers magnifiques, fiévreuses, habitées, dans lesquelles on se plonge tête première, sans se boucher le nez. Un travail d’orfèvre qui ne pue pas le mercantilisme, pour une fois, ni la paresse : ainsi jouées dans un élan folk-country, ces chansons se parent de nouvelles couleurs, chatoyantes même si légèrement patinées. Ou comment se rendre compte que Johnny Thunders n’était pas qu’un guitariste braillard (rappel : le tribute « I Only Wrote This Song For You ») et Royal Trux un truc garage pour fans de gros larsens qui tachent. Magnifique, comme le reste (« Miss Direction » de Love as Laughter : beau). Et c’est l’occasion de (re)découvrir des songwriters comme Michael Hurley et Gene Clark (des Byrds), authentiques génies de l’americana (avec un grand A). N’oubliez pas le guide ! (PS : un best of de Neal Casal sort également ces jours-ci chez Fargo : « Leaving Traces : Songs 1994-2004 ». Que du bonheur en perspective !)
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Howling… It Grows and Grows ! ! !

« Static Delusions and Stone-Still Days », le précédent album de ces Américains sorti il y a deux ans, n’avait pas rencontré le succès escompté. Motif ? Sause sans doute l’écrasante concurrence médiatique de tous les autres groupes du même genre (punk-garage), des Vines aux Strokes. Pourtant, cet opus débouchait diablement les tympans ; et c’est pareil avec celui-ci. Strident et incisif, « Howling… » frappe de plein fouet l’amateur de punk CBGB, crade aux entournures et furieusement addictif. Comme un Iggy en pleine descente d’acide, Brian Standeford éructe ses nerfs en pelote jusqu’à l’étranglement. Ce rock carré et couillu déchire : les VU dans le rouge et le doigt du milieu bien levé (sale, le doigt). Les riffs en bataille, la batterie au bord du cataclysme, The Catheters violent le punk avant de le rouer de coups, face contre terre et les fesses à l’air. Moralité : par où The Catheters passent, ils laissent des traces.
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