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Suede 12-03-26
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Grégory Escouflaire

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vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Blow

« Blow, ça exprime à la fois un vent doux et une explosion. Une bombe et une pipe », nous expliquait John Stargasm lors de l’interview (voir en Une), bien content de sa trouvaille (rires). Et il n’a pas tort, le bougre ! Ce qui force l’admiration chez ces esthètes du rock à la belge, c’est en effet cette capacité à trouver le parfait équilibre entre tensions rock’n’roll et détentes rassurantes. Le titre d’ouverture, « Blow », illustre à merveille cette tendance : d’un bruit sourd qui naît du silence se dégage peu à peu l’amorce d’une mélodie cyclothymique, avant le déluge sonore et la montée au ciel. Un ciel secret où on s’aventure à l’aveuglette, « sans parachute », avec l’espoir qu’au-dessus ce soit le paradis. La trique, quoi ! Parce qu’il est beaucoup question de sexe chez Ghinzu : ça baise à tout va (« le diptyque « Jet Sex/Cockpit Inferno », « ‘Til You Faint »), même si parfois c’est dit avec amour (« My Sweet Love », belle chanson calme, toute en pudeur). Comme dans toute bonne relation sexuelle, il y a les préliminaires, puis le climax charnel avant la relâche jouissive : chez Ghinzu, la plupart des morceaux montent ainsi doucement, pour ensuite lâcher le jus et finir dans un râle. « Blow » souffle le chaud sur les terres de notre plat pays rock : pour une fois, le fameux « sex, drugs and rock’n’roll » est ici pris au pied de la lettre. Pas la peine d’ajouter que ces douze chansons contiennent leur lot de mélodies racées, de rythmes enlevés et de guitares conquérantes. Pas la peine de dire que la plupart d’entre elles sont des tubes. Suffit d’écouter « Do You Read Me », « High Voltage Queen », « Mine », pour être… soufflé. Pas des branleurs, ces types. A goûter au plus vite. Même sans capote.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Greatest Hits

Voilà du rap bien crétin, qui tourne en ridicule les beats old school à la KRS-One, le phrasé limite des Beastie Boys et les hymnes moustache de l’électropop : un disque pastiche pour rire, mais qui réussit la gageure de faire tourner la tête et les jambes, comme de faire du breakdance après avoir cuvé trois casiers de Jupiler. Les Goldie Lookin Chain s’amusent à pirater le bon goût en rappant comme des toupies qu’on trouve aujourd’hui dans les paquets de chips : on doit toutes les manger avant de trouver la surprise, mais après on a encore faim et on s’en fait un deuxième. Entre deux rôts on délire sur nos mères (« Your Mother’s Got A Penis » (sic)), les robots (« Half Man Half Machine ») et le rap gangsta de chez les Amerloques (« Guns Don’t Kill People, Rappers Do » : tubesque), puis on sniffe de l’hélium et on se tape un bon vieux Monty Python. Goldie Lookin Chain, c’est un peu les Dirty Sanchez (les Jackass gallois, ndr) du rap à la va comme je te pousse : c’est très con mais c’est drôle, bref c’est le genre de groupe qu’on aime faire écouter à ses potes, un soir de ‘guinze’ entre deux parties de ‘Burger Quiz’». Qu’ils fassent partie de l’équipe mayo ou de l’équipe ketchup, ces gaillards-là gagnent à chaque fois, sans même qu’on les traite de tricheurs. Le Trivial ? Avec un nom pareil ils doivent aussi être balèzes. Tant pis : on les laissera jouer tous seuls, puis nous on écoutera leur disque. Les dés sont jetés !
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Flashlight Seasons

Du folk crépusculaire et cotonneux, d’une beauté sourde, presque gothique : Gravenhurst, alias Nick Talbot, rappelle l’époque où John Martyn, Bert Jansch et Colin Blunstone traduisaient notre mal être en quelques notes balayées par le vent, s’accrochant tant bien que mal aux branches pourries de nos incertitudes. Le cœur fragile et les doigts bleuis par le froid hivernal, ces ménestrels d’une cause perdue (l’amour, l’espoir, la vie) charriaient avec eux leur lot de malheurs, mais ne baissaient jamais vraiment la garde : il fallait se battre, coûte que coûte, contre ses propres fantômes. Gravenhurst est le fils cadet de cette lignée de songwriters, dépressifs mais en quête d’absolu. Que son disque (le deuxième) sorte sur Warp, label parangon de l’électro nineties (Aphex Twin, Autechre, Sqaurepusher,…), prouve que sa musique dépasse tous les clivages… tellement elle est puissante. Mâtiné en ses coins obscurs de nappes ambient et d’arpèges sibyllins (= post-rock bristolien), ce folk lunaire, comme en apesanteur, sonne quasi comme une prière. En cela « Flashlight Seasons » est notre nouvelle église : nous en serons à jamais les fidèles, délivrés de tout mal. Amen.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

I Can´t Stop

Jusqu'aux dernières nouvelles, Al Green prêchait la parole divine dans son église à Memphis. Depuis ce jour fatidique en 1976 où, touché par le doigt de Dieu, le " soulman " troqua son costume de crooner magnifique pour la soutane, jurant fidélité au Seigneur au grand dam des amateurs de roucoulements funky et de feulements bien moites. Mais on ne change pas un homme, fût-ce même par la foi céleste, surtout s'il s'appelle Al Green et qu'il chante comme un lion en rut. Trente ans plus tard donc, Al Green is back : les femmes peuvent à nouveau s'évanouir, et les hommes passer son nouveau disque pour plus facilement les séduire. Tout est là, certifié d'époque : le producteur (Willie Mitchell), les musiciens, les choristes, et bien sûr l'organe chaud et puissant du révérend ; cette voix à la fois sauvage et câline qui coule comme du miel dans les oreilles. Evidemment, ces violons en cascade, ces cuivres glorieux et cette basse démoniaque n'ont d'autres vertus que donner l'envie de danser ou/et de faire l'amour… C'est pourtant souvent poussif, comme si Al Green - même lui ! - prenait du Viagra (NDR : que Dieu le pardonne !) Al Green a beau sourire comme un beau diable sur la pochette, on reste plutôt de marbre face à ces ululements de vieux crooner sur le retour. En 2004, sa soul sent un peu sous les bras, le genre de tue-l'amour qu'on préfère éviter pour s'emballer des gonzesses.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

American Idiot

Il est temps, à l’heure des tops de fin d’année et des cadeaux sous la cheminée, de marteler ce constat : Green Day n’est pas ce groupe de punk-rock mainstream prépubère, qui parade sur MTV en faisant des grimaces. Non : la bande à Billie Joe fait partie de ces groupes populaires qui savent trousser de bonnes mélodies pour les « kids », sans tomber dans l’entertainment putassier ; cette entreprise de décervelage marketé, qui brasse beaucoup d’argent mais surtout beaucoup de vide. La preuve par ce septième album, un petit chef-d’œuvre de chansons power pop à écouter en regardant les films de Michael Moore, et sans doute le meilleur disque du trio californien. Le meilleur, parce que le plus ambitieux, le plus éclectique, le plus mélodique, et le plus épique. En avril dernier le magazine Mojo proposait son top 100 des titres les plus épiques de l’histoire du rock : avec « « Jesus of Suburbia » et « Homecoming », 5 mouvements et 9 minutes chacune au compteur, Green Day aurait pu très bien y faire une entrée fracassante, entre le « Paranoid Android » de Radiohead et le « Child in Time » de Deep Purple (cité d’ailleurs pendant « Homecoming », lors d’un fameux roulement de batterie). Deux titres d’une incroyable complexité, cathédrales punk-rock bâties à mains nues sur les cendres d’un Ground Zero socio-politique : l’Amérique de Bush, cette idiote. Parce que ce disque, en plus d’être une arme de destruction massive pour nos tympans et nos a priori à la ‘Basket Case’, se révèle un brûlot anti-Bush des plus intelligents, que n’auraient sans doute pas renié les RATM… En somme une sorte d’opéra-punk (selon les propres dires du groupe) dont l’objectif serait de faire voler en éclats les petites certitudes évangélistes de monsieur le président du monde. Quant aux autres morceaux, ils valent aussi leur lot de saines louanges : des super ballades « Bld of Broken Dreams » et « Wake Me Up When September Ends » aux tubesques « Holiday » et « St. Jimmy » (plus punk, comme avant), « American Idiot » n’en finira pas de surprendre le quidam encore persuadé que Green Day, c’est de la daube de petits cons boutonneux. Un grand disque, qui ébauche plusieurs pistes quant à l’avenir du punk FM de qualité, plus mature et moins poli, bref un peu plus sophistiqué.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

My First Machete

Pourtant la pochette n’augurait pas du meilleur : « Pfff, encore un groupe rock de troisième zone qui se croit drôle ». Mais dès « Minority Gang », c’est la surprise : Fuck-Off Machete est un trio post-Sonic Youth (la voix de la fille) qui pourrait bien être le secret le mieux gardé d’Angleterre. Rythmiques pesantes qui parfois s’emballent (Blonde Redhead, aussi), voix écorchée d’une lancinante turpitude, murs de bruits (noisy) fracassés à coups de guitares : Fuck-Off Machete, c’est de la balle. Comme si PJ Harvey et Scott McCloud se roulaient une pelle sur un slow vicieux de Cat Power. Le plus fort avec ce disque, c’est qu’il plaît dès la première écoute : même pas besoin de faire un douloureux effort pour capter qu’on est ici en face d’un très bon groupe. Sûr qu’à la fin de l’année, en faisant nos tops 100 de l’année 2004, on se souviendra bien de « notre premier Fuck-Off Machete » : « Aaah, cette pochette, c’était quand même bien drôle… Mais la musique à l’intérieur, mon vieux, ça vaut bien le dernier Sonic Youth ! ».
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Wet From Birth

On avait découvert The Faint danser la Saint Glin-Glin sur de l’EBM-cold wave à la Front 242 : macabre, comme le titre de leur deuxième album sorti il y a deux ans. Sur ce nouveau disque, The Faint ose ralentir la cadence, en ponctuant même ses morceaux de violons… gothiques, forcément. Curieux mélange qu’entendre ces résidus de folk industriel s’acoquiner de gros beats sudatoires : pour la première fois The Faint dévoile sa face cachée, plus féminine, moins militaire. Les parkas remisés au placard, c’est au tour du rimel de couler pour de bon, en même temps que les larmes (« Desperate Guys », « Southern Belles in London Sing »). Mais qu’on ne s’y trompe pas : derrière ce sentimentalisme de façade se cachent encore cinq types qui aiment faire péter les gros riffs, la drum machine et la basse (« Phone Call », presque dub, « Paranoiattack », bourin comme il faut). Il n’empêche que pour la circonstance, l’organique prend presque le pas sur l’électronique : sur « Erection » on croise ainsi Depeche Mode, tendance « The Dead of Night » (« Exciter », justement)… « Wet From Birth » : un titre à prendre comme une renaissance, de la part de tels puristes eighties ? Quasiment… Mais il leur reste encore à mieux négocier ce virage, casse-gueule parce qu’à 90°.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Movin´

Déjà ce nom de groupe, qui annonce la couleur : voilà des types qui d’entrée de jeu amadouent l’auditeur en jouant avec les mots, pour que peut-être on leur pardonne d’avoir pondu un disque plutôt bancal. Rien d’inavouable, certes : on navigue ici en plein trip ambient-trance post-eighties, du genre F.S.O.L. voire Leftfield, parce qu’on est des gentils. On entend des flûtes, des scratches, du dub, des nappes Goa et des cuivres pompettes ; bref de la musique qui fait planer sous la pleine lune, à condition d’être défoncé. Traduction : être submergé par l’empathie. Et l’empathie c’est bien, même si quand on se réveille on a mal à la tête : ‘Putain vieux t’étais trop défalqué hier soir, tu dansais même sur du big beat pourave ! ! !’. Ouais mec, c’est paske ce disque, il est trop mental, quoi…
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Family Album

Feuilleter un album de famille, c’est charrier avec soi son lot de souvenirs : les photos sépia qui se décollent laissent entrevoir un passé qu’on croyait perdu à jamais dans les limbes de notre cerveau flétri. Comme figées dans le temps, elles nous rappellent qu’à une époque, tout était différent : l’odeur de naphtaline réveille en nous d’étranges visions, surgies du néant mais prêtes à nous émouvoir une dernière fois, avant la quille, les pleurs, la nostalgie. En écoutant Faun Fables, on s’imagine à table en compagnie de Dawn McCarthy, cousine imaginaire qui ressasserait avec nous les vieilles discussions de notre enfance. Ces mélodies fardées d’un autre âge, ces ambiances de fête médiévale, ces vieilles guitares blues rafistolées à la va-vite, et puis cette voix archétypale, entre Beth Orton, June Carter et Rose McDowall : le jour du Nouvel An, on n’oubliera pas de souhaiter tout notre bonheur à cette cousine fantasmée, au teint d’actrice de films muets. Aux détours de certaines pages écornées, on croisera également l’oncle Nils (Frykdahl), celui qui chantait de lentes complaintes nordistes de sa voix ampoulée. « Il aimait Scott Walker, Perry Blake et David Tibet », se rappellera-t-on, les larmes aux yeux et la gorge sèche. Une fois l’album parcouru, on décollera quelques photos, en souvenir de ce bon temps. Entouré des les enfants, on murmurera alors les chansons que nous apprit Faun Fables, et on se souviendra que le folk (dark-, country-) berça, il y a longtemps, toutes nos jeunes années… Se rappeler le passé peut parfois être chouette : à condition de ne pas en faire une habitude, pour éviter l’encroûtement.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Gallowsbird´s Bark

The Fiery Furnaces est un duo partagé entre frère et sœur, comme les White Stripes (sic). La comparaison s’arrête là. Même s’il est vrai que le folk-rock atypique de ce tandem de sang plonge parfois son bagout surréaliste (dylanesque ?) dans un bouillon garage qui n’est pas sans rappeler… The Kills, un autre couple maléfique. The Fiery Furnaces est donc un curieux mélange d’hippie folk à la Jefferson Airplane et de stridences velvetiennes, avec un sens aigu de la narration… Même s’il est vrai qu’on a parfois du mal à suivre les divagations beat d’Eleanor, qui chante le verbe acid comme en son temps Don Van Vliet et Leonard Cohen. Il y a aussi du synthé vintage, un piano boogie et une batterie libertaire : dans de telles conditions, difficile de parfois tout comprendre. Mieux vaut se laisser aller et prendre dès lors ce disque pour ce qu’il est : un recueil de chansons barrées aux mélodies bizarres, qui plaisent autant qu’elles laissent perplexes. Le genre de disque à nul autre pareil, dont la somme des influences donne quelque chose de neuf et d’insolite, bref d’inestimable.
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