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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Peter Hammill

J'ai été frappé par la force de la musique...

Écrit par

Dernier ambassadeur du grand ordre des excentriques anglais (auquel appartiennent, en outre, Syd Barrett, Nick Drake et Kevin Ayers), Peter Hammill n'a toujours que très peu de notoriété publique. Pourtant, ce musicien complet, ce chanteur exceptionnel, ce poète compositeur prolifique occupe depuis plus de vingt ans une position clef dans le panthéon de l'histoire du rock. Pensez donc, des artistes comme Bowie, Johnny Rotten ou même Robert Smith se sont réclamés de lui. C'est vrai que Peter, aussi bien en compagnie du Vander Graaf Generator qu'en solitaire, n'a jamais rien fait comme les autres. Et c'est probablement parce qu'il n'a jamais voulu faire la moindre concession aux temps et aux modes, qu'il a obtenu ce statut de culte. En 1993, il nous propose même, tout au long de son dernier album "The Noise", sa version du noisy! Rencontre avec ce personnage fascinant pour un entretien très riche, très profond. Un entretien auquel l'artiste s'est plié avec beaucoup de gentillesse et de simplicité. Un entretien qu'il nous accordé en français. C'est si rare et épatant qu'il faut le souligner!

En intitulant ton album "The Noise", n'as-tu pas voulu donner une nouvelle version à la 'noisy'?

Le Vandergraaf Generator consommait déjà la 'noisy' voici plus de vingt années, mais en y injectant une force positive. "The Noise" produit un bon bruit, celui de la force fondamentale du rock. A 44 piges, je pense avoir conservé l'esprit et l'âme d'un gars de 20 ans. J'aime changer régulièrement de style, et aujourd'hui, je reviens à la 'noisy' pure et dure, comme je ne l'avais plus pratiquée depuis une décennie; et tu vas pouvoir t'en rendre compte lors du concert!

N'envisages-tu pas un jour de reconstituer le VDGG?

Non, c'est de l'histoire ancienne! J'ai définitivement tourné la page. Je déteste les réunions nostalgiques destinées à exploiter la gloire du passé. Ce qui ne nous empêche pas de nous rencontrer, et de rester tous très amis. Mais pour une reformation, c'est non!

Dave Jackson joue quand même sur ton disque!

Oui, mais plus sur scène. Il est venu nous voir jouer à Londres, mais la scène ne l'intéresse plus. Il travaille dans un complexe d'art à l'extérieur de Londres. Il se consacre à la rééducation des handicapés par la musique. Guy est impliqué, dans un projet pédagogique plus ou moins similaire, mais à Londres. Quant à Hugh, il est toujours passionné par les claviers... Sur scène, c'est autre chose. C'est une expérience chaque fois unique, comme chez ce groupe en compagnie duquel je compte encore collaborer pendant une bonne année.

Tu préfères jouer seul, flanqué d'un piano ou d'une guitare, ou encore soutenu par un backing band ?

Les deux formules sont aussi intéressantes, et je les apprécie tout autant. J'aime expérimenter toutes les facettes de l'interprétation. A l'instar de l'enregistrement ou du 'live'. En solo, l'expression repose sur la voix. Elle peut flotter sur la musique... Mais la force d'un groupe, et particulièrement celle de celui-ci dans sa capacité d'improvisation. Car aucune partition n'est écrite, et chacun peut épancher sa propre sensibilité. Mais ce n'est possible que si l'ensemble est véritablement soudé!

Est-il exact que tu prépares un spectacle à Lille, en compagnie d'un orchestre philharmonique?

Oui! Et j'espère qu'il pourra se concrétiser. Le projet n'est encore qu'à ses balbutiements. J'ai rencontré le chef d'orchestre. Nous en avons débattu dans les grandes lignes. Il pourra peut-être voir le jour l'an prochain. Mais je ne souhaite pas m'étendre davantage sur ce sujet, car tout est encore à faire...

Pourquoi es-tu devenu musicien et pas écrivain?

Parce que j'ai été frappé par la force de la musique! Ecrire un bouquin prend beaucoup de temps. Tu ne vois pas la réponse du lecteur. C'est ingrat! Dans la musique, la réaction est immédiate. En public, bien sûr, mais également lors d'un enregistrement, où tu parviens à te surprendre toi-même...

Qu'est ce que l''Amour' pour Peter Hammill?

Le moteur de la vie! Personnellement, je le partage avec ma famille, mon épouse, mes filles...

Est-ce que la mort constitue pour toi, la fin de l'existence ou le début d'une nouvelle vie? Crois-tu à la réincarnation?

Je suis agnostique (NDR: personne qui professe que ce qui n'est pas expérimental est inconnaissable et, notamment, n'a pas d'opinion sur la religion), pas athée. Je ne suis pas un philosophe, mais je crois à un temps liquide qui me permet d'observer ma propre vie. Dans le temps présent, elle va du point A, la naissance, vers le point B, la mort. Dans le temps liquide, les deux points sont déjà ensemble. La réincarnation ne concerne que le temps présent. Elle peut se produire dans un animal ou une autre personne, mais n'est pas systématique. Je ne crois pas non plus à la réincarnation par paliers qui permet de perdre ou de gagner une vie meilleure ou moins bonne... Toutes les vies présentes sont probablement des réincarnations...

Te considères-tu comme un artiste marginal ou intemporel?

Je n'ai jamais voulu composer une musique difficile, mais intelligente et personnalisée. D'autre part, j'ai toujours voulu explorer des styles différents. Et puis, j'accorde une énorme importance à la richesse de la musique et au message qu'elle doit véhiculer. C'est peut-être la raison pour laquelle elle semble parfois complexe. C'est vrai qu'aujourd'hui une telle attitude se fait de plus en plus rare. Trop d'artistes suivent des règles préétablies par l'industrie du business. En ce qui me concerne, j'ai toujours voulu demeurer imprévisible. C'est dans ma nature! C'est sans doute pourquoi je suis encore un peu marginal, un peu intemporel. Mais je ne suis pas responsable de cette situation; la faute incombe aux autres. Et je déclare ceci sans la moindre manifestation d'égoïsme!

Penses-tu que l'argent est la source principale de l'égoïsme?

Je ne le pense pas. L'argent est une manière de le démontrer. Tu peux t'isoler sur une île du Pacifique, en ne vivant que de noix de coco, et encore faire preuve d'égoïsme. L'égoïsme est un problème psychologique. Il n'est pas seulement dû au matérialisme, il illustre une extériorisation de l'individu.

Dans ton œuvre, les thèmes de la mer, de l'océan et de la solitude reviennent régulièrement à la surface. Constituent-ils les symptômes d'une angoisse ou la recherche de l'infini?

La mer, l'océan, représentent des symboles. Mais la solitude, l'identité, la spiritualité sont des sujets auxquels j'accorde beaucoup d'importance. Ces thèmes, je les ai développés différemment au cours de ma carrière. Il y a vingt ans, mon écriture était plutôt intolérante, égocentrique. Je jugeais tout en noir et blanc. Aujourd'hui, ma vision du monde est plutôt grise. Au lieu de m'étendre sur mes angoisses avec mélancolie, je pose des questions comme un auteur, comme un romancier, sans nécessairement y répondre. Il est d'ailleurs possible de traiter ces sujets sous d'autres formes d'art. Disons que je tente de soulever des interrogations qui peuvent intéresser tout le monde, et pas exclusivement ma propre personne.

Comme dans ta chanson "The Great European Store" où tu sembles très ironique au sujet de la construction de l'Europe?

Je crois à l'Europe, mais en même temps, j'estime qu'il est indispensable de préserver les identités des pays et des régions du Vieux Continent. Je ne veux pas de  cette Europe standardisée, peuplée des mêmes magasins, affichant les mêmes produits de consommation, de cette image de l'Europe planifiée. Ce qui ne veut pas dire que je partage le point de vue de certains Britanniques qui s'opposent à l'entrée de mon pays dans l'Europe. Tu pourrais, c'est vrai, interpréter la chanson ainsi. Je crois à l'Europe, et en même temps sa construction me fait un peu peur. Je voyage depuis plus de vingt ans, et j'ai constaté une métamorphose des villes. Lorsque je me réveille, le matin à l'hôtel, je ne sais plus exactement où je suis. L'environnement est identique; et ce n'est que lorsque tu manipules de l'argent que tu parviens à te localiser sur la carte. Pourtant, l'avenir appartient à l'Europe... Malgré les difficultés et les coûts inhérents au traité de Maastricht, l'Europe peut continuer sans l'Angleterre, mais l'Angleterre sans l'Europe?...

Tu as fondé ton propre label, "FIE Records". N'est-ce pas plus difficile de voir sa production distribuée par plusieurs relais indépendants (NDLR: Rough Trade en Belgique et New Rose en France), plutôt que par un major?

J'ai relevé de Virgin pendant de nombreuses années, puis j'ai fait un bref intermède chez Enigma (NDR: label californien distribué chez nous par EMI), et je me suis  rendu compte que nous n'étions pas sur la même longueur d'ondes pour le marketing. En fait la promo était insuffisante, si pas nulle. Aussi, comme j'avais acquis suffisamment d'expérience dans ce domaine, j'ai décidé de gérer mes propres affaires. De l'enregistrement à la promotion, en passant par la pochette... Bien sûr, c'est un peu plus de boulot, mais je pense ne pas trop mal me débrouiller. Et puis, si ce n'est pas parfait, ce sera toujours mieux qu'une grosse maison de disques qui ne fait rien pour vendre mes albums. Enfin, le label est un peu un pari sur l'avenir. C'est un choix adulte, et j'en tire une certaine satisfaction personnelle.

Quel sentiment éprouves-tu vis à vis de 'Virgin' aujourd'hui?

J'entretiens de bonnes relations avec 'Virgin', car il gère les droits de tous les disques de 'Charisma'. Il a reproduit mon catalogue et celui du Vandergraaf sur CD, avec beaucoup de bonheur. Conclusion, je perçois des royalties de 'Virgin'. Pas des sommes folles, mais une sorte de petite rente (rires). Et ce n'est pas négligeable! Je ne me suis pas disputé avec eux, mais je dois reconnaître qu'aujourd'hui, ce label est devenu un grand complexe industriel, une part de marché d'EMI, chez qui la rentabilité prend le pas sur la créativité...

A propos de 'Charisma', que sont devenus Alan Hull et Rod Clements de Lindisfarne. Les musiciens d'Audience et de Capability Brown?

J'ai rencontré le guitariste d'Audience aux Etats-Unis, voici dix ans. Lindisfarne donne encore des concerts, mais seulement à Newcastle. Capability Brown? Je ne sais pas! Mais je dois avouer que je fréquente très peu le monde des musiciens. J'habite à Bath, pas à Londres, et la plupart de mes amis ne sont pas musiciens. A l'exception de ceux avec qui je travaille. Mais la vie fermée de ce monde où l'on ne parle que de musique, de tournées, etc. ne m'intéresse pas du tout!

Peter Gabriel est toujours ton ami?

Oui, mais nous nous rencontrons très peu. En fait, nous sommes issus du même mouvement progressif, reconnaissons des influences similaires, et vivons à Bath. Nos succès sont différents. Nous ne nous voyons qu'une ou deux fois par an. J'ai chanté sur "Us", son dernier album. Nous sommes amis, mais pas trop proches...

Version originale de l'interview parue dans le n° 14 (juin 1993) du magazine MOFO

 

 

 

 

The Wipers

Plus rebelle que Sage...

Écrit par

Pionnier du feedback mélodique, bien avant qu'Hüsker Dü et Dinosaur Jr n'enflamment la scène indie américaine avec leur noisy rock, les Wipers se sont toujours identifiés à leur leader: Greg Sage. Guitariste exceptionnel, chanteur, compositeur, ingénieur du son et producteur, il fabrique même ses amplis. Des amplis à lampes lui permettant d'obtenir ce son unique, à l'intensité rare, qui rend sa musique si intemporelle. Rencontre avec un personnage hors du commun, au faciès buriné comme le sphinx qui se sent toujours l'âme d'un rebelle, refuse d'enregistrer le moindre clip vidéo et s'intéresse autant que Franck Black aux OVNIs...

Pourquoi as-tu reformé les Wipers, après avoir bossé deux années en solitaire?

Les Wipers ne se sont pas séparés, mais nous avons eu un litige avec la firme de disques. Je n'ai pas accepté leurs conditions. Et j'ai donc été forcé d'abandonner le nom, le temps de régler ce différend, puis de trouver un autre distributeur. Aujourd'hui, nous avons trouvé un label plus compréhensif... Tu sais, j'ai commencé à jouer de la musique à l'âge de treize ans. Ma vie était déjà exclusivement axée sur cette passion. Tout ce qui m'intéressait, c'était d'enregistrer. Je le faisais déjà pour les kids à l'école. Après avoir rongé mon frein pendant quelques années, j'ai trouvé la concrétisation de mon idéal à travers les Wipers. Il était donc normal, qu'à l'issue de cette affaire, je revienne à la formule qui me tient le plus à cœur. Je n'ai jamais pu admettre de ne pouvoir donner mon avis sur ma propre création. Malheureusement, dans le monde du business, lorsque tu oses t'opposer à une décision, aussi injuste soit-elle, tu risques de ne plus pouvoir sortir de disques.

Te sens-tu l'âme d'un rebelle?

Absolument!

Il ne faut donc plus s'attendre à te voir enregistrer un album solo?

C'est peu probable. J'écris énormément, mais je ne suis jamais senti l'âme d'un artiste solo. Je n'ai d'ailleurs jamais eu l'intention de le devenir!

Le recours aux amplis à lampes. Est-ce une réalité ou une légende?

Comme producteur et ingénieur du son, je cherche toujours à trouver de nouvelles sonorités. A innover. J'utilise des amplis à lampes aussi bien "live" qu'en studio. Rien que des amplis de cette conception. Ce matériel me permet de capter l'âme du son, de le sculpter. C'est le meilleur système d'amplification que je connaisse. Il me permet d'atteindre les meilleurs résultats technologiques. C'est la raison pour laquelle je l'utilise.

Ton studio d'enregistrement, tu le réserves uniquement aux Wipers?

Non ! Nous avons fondé une compagnie de production. Ce qui me permet de m'occuper d'autres artistes. Six d'entre eux doivent sortir leur album en décembre. Nous sommes d'ailleurs occupés d'essayer de leur dénicher un relais de distribution en Europe.

Ton dernier opus, "Siver Sail" est beaucoup plus accessible que tout ce que tu as pu réaliser jusqu'à présent. Y a-t-il une raison? Ne penses-tu pas avoir fait une erreur en le sortant au même moment que ceux de Nirvana, de Cure, de Prince et des Beatles?

 

L'album a été enregistré l'an dernier, et j'étais trop absorbé par mes occupations professionnelles pour faire attention à sa date de sortie en Europe. Mais, il est effectivement malencontreux qu'il soit paru ici en septembre. En ce qui concerne la musique, je ne crois pas qu'elle soit devenue subitement plus accessible. Comme compositeur, j'écris simplement une collection d'histoires qui colle à son époque...

Dans un style plutôt sombre, quand même! Es-tu un pessimiste?

Non, je suis plutôt de nature optimiste. Si je dépeins des situations pessimistes, négatives même, c'est pour en extrapoler des développements positifs. Je veux que ma musique fasse à la fois preuve d'âme et de réalisme. Et le réalisme ne se conçoit pas sans douleur. Sous toutes ses formes. Tu peux l'imaginer en évoquant l'attente de la poussée des fleurs ou du soleil qui va se lever. Personnellement, je compose des chansons au sujet des individus qui gravitent autour de moi, de l'environnement qui les anime. De l'époque dans laquelle ils vivent. Des problèmes qu'ils rencontrent. Mais j'essaie toujours de détacher des solutions, des portes de sortie si tu préfères...

Quels sont tes "guitar heroes": Hendrix? Verlaine? Neil Young? Ou Randy California? Qu'est-ce qui t'intéresse le plus aujourd'hui: le rock? Le blues? Ou le jazz?

Je n'ai pas de "guitar heroes". Je n'en ai jamais eu! Si j'ai commencé par jouer du rock'n roll, je pense que toutes les formes musicales sont importantes. Même le classique. La musique doit être perçue d'une manière globale. Peu importe d'être influencé par tel ou tel courant ou tel ou tel musicien. Ce qui compte, c'est le résultat. Pas de se voir coller une étiquette!...

Est-ce que tu penses que les Wipers sont capables de laver leur son?

Avec du savon et de l'eau, ça me semble difficile. Mais sûrement avec le feedback!

Quelle importance accordes-tu à l'aspect visuel de tes concerts?

Aucune! Nous n'avons pas besoin de light show gigantesque, de mur d'amplis ou de machine à fumée pour nous produire sur scène. La musique suffit à elle même. C'est pourquoi nous ne voulons pas tourner de vidéo. Le public sait ce qu'il est en droit d'attendre de nous. Au départ, lorsque j'ai commencé à jouer de la musique, j'imaginais que j'allais pouvoir enregistrer une quinzaine d'albums en moins de dix ans. Ne pas jouer "live". N'accorder aucune interview. Encore moins faire des photos. De nos jours, le public accorde trop d'importance aux choses superficielles. Avec les Wipers nous voulons simplement mettre la musique à sa véritable place.

Sur la pochette de "Silver Sail" figure la reproduction d'une soucoupe volante dessinée par un certain Brian Marsland. Est-ce une plaisanterie ou portes-tu un intérêt particulier aux OVNIs?

C'est un sujet qui m'intéresse beaucoup.

Tu sais qu'en 1989, la Belgique a enregistré une vague d'Ovnis relativement impressionnante. Des milliers de personnes ont pu observer le phénomène sur tout le territoire...

Ce type de vague se reproduit périodiquement un peu partout sur la planète. J'ai assisté à ces manifestations à plusieurs reprises. Elles se sont déroulées à seize miles de chez moi. J'ai même, un jour, poursuivi un UFO avec ma voiture. Il y a quelques années, c'est vrai. Mais le souvenir est encore très vivace. Lorsque j'en ai parlé autour de moi, on m'a pris pour un fou. C'est bon de savoir que tu n'es pas le seul à y croire. Trop de témoins refusent de s'exprimer de peur de passer pour ridicule. Ils ignorent même parfois qu'ils côtoient des gens qui ont vécu une même expérience ou qui se préoccupent de la question. Je pense que les autorités cherchent à nous cacher la vérité. Peut-être ne veulent-ils pas effrayer la population. Mais si leur intention est louable, elle ne me semble pas fondée. A mon avis, nous sommes en présence de visiteurs du futur. Ce qui ne veut pas dire que j'exclue d'autres explications au phénomène; car il est vraisemblable qu'il existe d'autres civilisations dans l'univers. Mais en ce qui concerne ce que j'ai observé, je pense que nous sommes en présence d'historiens qui creusent dans le passé; et qui sont venus vérifier sur place ce qui s'est réellement passé. C'est peut-être une part de nous mêmes qui est reproduite dans le futur. Qui sait? Je lis énormément et continue régulièrement de m'informer sur ces phénomènes. Je reste d'ailleurs toujours les yeux grands ouverts! Il y a en tous cas moyen d'en tirer une philosophie. Car nous ne sommes qu'une partie infinitésimale de l'univers. Il est bon de le rappeler, de temps en temps. C'est pourquoi, je pense qu'il faut rester humble, ouvert aux autres. Nous avons beau disposer d'un certain niveau d'intelligence, il faut bien se rendre à l'évidence qu'elle existe sans doute sous une forme supérieure chez eux. Cela mérite de se méditer!

Si un envahisseur te propose de faire un voyage dans l'espace, quelle sera ta réaction?

Si c'est une invitation, j'y vais sur le champ!

(Version originale de l'interview parue dans le n° 18 - décembre 1993 - de Mofo)

 

 

 

 

The Stranglers

Vraiment dans la nuit?

Écrit par

Hugh Cornwell, chanteur et membre fondateur des Stranglers a donc décidé d'abandonner le navire. Une résolution qui aurait tout aussi bien pu se solder par le naufrage de l'ensemble. Pour pallier ce départ, Jean-Jacques Burnel, Dave Greenfield et Jet Black ont décidé d'élargir la formation à un quintette. Tout d'abord en engageant Paul Roberts, un illustre inconnu, pour remplacer Hugh au chant. Ensuite en confirmant à la guitare John Ellis, un musicien qui avait déjà participé à certaines sessions d'enregistrement des Stranglers. Et le groupe vient de concocter un nouvel album : "Stranglers In The Night" avant d'entreprendre une nouvelle tournée. C'est au candide Paul Roberts et au quadragénaire Jet Black qu'est revenue la périlleuse mission de répondre à notre questionnaire. Des Stranglers bien décidés à ne pas se laisser se laisser étrangler (!) par les vicissitudes du destin...

Paul, pourrais-tu nous éclairer sur ton passé musical. Comment es-tu devenu membre des Stranglers ?

Paul : J'ai fréquenté plusieurs groupes indépendants au cours des dix dernières années. J'ai également enregistré quelques disques en Angleterre et en Allemagne. En fait, je suis un fan des Stranglers depuis 1977. Aussi, lorsque j'ai appris que la formation cherchait un remplaçant pour Hugh, je n'ai pas hésité à poser ma candidature. J'ai même insisté pour décrocher le job. J'ai sans doute été suffisamment persuasif pour l'obtenir.

Jet : Je souhaiterais apporter un rectificatif. Paul n'a pas décroché un job chez les Stranglers. Il est devenu membre du groupe à part entière.

Quel sentiment as-tu éprouvé en te joignant aux Stranglers, Paul ?

P. : Fantastique ! Etre inconditionnel d'un groupe et puis devenir membre de ce groupe, c'est comme un rêve qui se réalise. Je suis ravi de pouvoir poursuivre l'œuvre des Stranglers.

Participes-tu à la confection des chansons ?

P. : Absolument. Chaque musicien du groupe est directement concerné par la composition. C'est une manière de travailler qui a fait ses preuves. Elle est propre aux Stranglers. Il n'y avait donc pas lieu d'en changer.

Faut-il cependant s'attendre à une nouvelle direction musicale de la part des Stranglers ?

P. : Compare "Rattus Norvegicus", "Black & White" et "Feline". Ce sont des albums totalement différents. "Stranglers In The Night" se singularise par un chant différent, un phrasé de guitare différent. Le résultat ne peut être que différent. D'autre part, des musiciens différents ont en général une approche différente de la musique. Heureusement d'ailleurs. La musique des Stranglers est en constante évolution. L'important, c'est qu'elle reste de bonne qualité, qu'elle conserve sa véritable nature. Mais entendre la musique n'est pas suffisant. Il faut savoir l'écouter. Malheureusement, l'auditeur ne prête pas toujours une oreille attentive à ce qu'il perçoit. Et cette règle est nécessaire pour apprécier le musique des Stranglers...

Quels sont tes artistes préférés ?

P. : Les Doors, Iggy Pop, Fishbone, Sly & The Family Stone, John Coltrane et puis surtout Roxy Music. Malheureusement, aujourd'hui, je n'ai plus beaucoup le temps d'écouter autre chose...

Quelles sont les principales caractéristiques de votre nouvel album ? Comment s'est déroulé son enregistrement ?

J. : Il s'agit certainement de la session la plus facile à laquelle le groupe ait été appelé à participer. Et nous sommes satisfaits du résultat.

P. : Je suis passé à la TV. C'est une première (rires). Je dois également souligner que les Stranglers ont engagé un cinquième membre, le guitariste John Ellis. Par rapport aux cinq albums précédents, il a été accordé plus d'importance aux parties de guitares.

J. : Et il y a plus de chant !

P. : Oui, plus de chant ! (Ah ! Ah ! Ah ! ....)

L'enregistrement s'est déroulé à Bruxelles?

J. : Non. Nous avons enregistré à Bruxelles à plusieurs reprises, mais celui-ci a été conçu dans un studio anglais; et c'est Mike Kemp qui l'a produit.

Pourquoi avez-vous changé de label ?

J. : Parce que nous n'avions pas le contrôle de notre création. Je m'explique. Nous ne voulions plus être subordonnés à une boîte qui détermine en fonction de ses états d'âme ce qui sera ou ne sera pas distribué. Nous désirions disposer d'un certain pouvoir de décision. Travailler avec une compagnie de disques, plus dépendre d'un label. Nous avons obtenu satisfaction. C'est la raison du changement.

Les chansons des Stranglers deviennent de plus en plus douces, est-ce intentionnel?

J. : Ce n'est certainement pas délibéré mais instinctif. Nous sommes incapables de déterminer à l'avance quel style de chanson nous allons écrire. Agressive ou romantique, tout dépend de l'état d'esprit du moment, du feeling...

De quoi se compose le nouveau répertoire des Stranglers 'live' ?

J. : Nous interprétons aussi bien les anciennes compositions que les plus récentes. Nous n'avons pas tracé une croix sur notre passé!

Rencontrez-vous encore Hugh Cornwell?

J. : Il y a plusieurs mois, voire une bonne année que nous ne l'avons plus vu. Il est très occupé, voyage beaucoup. Il devient de plus en plus difficile de le rencontrer.

Que pensez-vous du courant musical qui sévit aujourd'hui en Grande-Bretagne?

J. : Ces sons mécaniques destinés à la danse ressemblent à tout sauf à de la musique. J'avoue que ces sonorités préfabriquées ne m'emballent pas particulièrement. L'aspect mélodique est totalement négligé; alors que chez les Stranglers, il est primordial. Enfin je dois avouer que je ne dispose pas assez de temps pour écouter d'autres styles musicaux. Je suis suffisamment absorbé par les Stranglers...

Est-il exact que les Stranglers n'apprécient guère la critique négative?

J. : La presse est souvent négative. Ce n'est pas un grave problème. J'estime que ce sont plutôt les journalistes négatifs qui ont un problème. C'est bien dommage, car ils ne font pas preuve de beaucoup d'imagination. C'est également regrettable pour les lecteurs, car ils doivent se contenter d'immondes articles. M'enfin. Les journaux finissent également leur carrière aux immondices (Ah ! Ah ! Ah !)

Est-il exact que les Stranglers ne sont pas toujours faciles à vivre?

J. : Nous sommes des êtres humains comme tout le monde. Avec nos défauts et nos qualités. Lorsque tu es mal disposé, il arrive de t'emporter, puis sans doute de regretter ta réaction impulsive. Mais personne n'a le droit de porter un jugement sur qui que ce soit sans connaître le fond d'un problème...

Que pensez-vous des artistes qui refusent systématiquement d'accorder des interviews?

J. : Je suppose que c'est un choix! Il m'est difficile de critiquer quelqu'un qui refuse d'accorder des interviews. Personnellement j'aime communiquer avec les autres, donc ce problème ne me concerne pas. Pour certains comme Michael Jackson par exemple il s'agit ni plus ni moins que d'une stratégie de management. D'autres encore ne désirent pas s'exprimer, peut-être par paresse ou tout simplement parce qu'ils n'ont rien à dire. Il existe une multitude de raisons...

Vous sentez-vous concernés par la construction de l'Europe?

J. : L'idéal européen est merveilleux. Acheter ou vendre où bon te semble constitue une excellente perspective. Mais d'énormes difficultés enraient son processus. Trop de conflits, d'influences, de lois politiques et économiques sont en jeu. De nombreux britanniques pensent au fond d'eux-mêmes que l'union européenne est une bonne chose. Mais, ils se méfient des clauses cachées du Traité de Maastricht. Certains accords sont trop nébuleux, et on se pose des questions au sujet des répercussions que pourrait entraîner l'application de ces articles. Les Britanniques souhaiteraient s'exprimer à travers un référendum. Comme en France ! C'est plus démocratique!

(Version originale de l'interview parue dans le n° 6 - octobre 1992 - de Mofo)

 

 

 

 

Sonic Youth

En général, les producteurs ne comprennent rien...

Écrit par

Fin des seventies, début des eighties, la scène musicale new-yorkaise est frappée d'un mal mystérieux : la 'no wave'! Un syndrome anticonformiste, anti-commercial, qui touche également le monde artistique de cette cité cosmopolite, et prétend rendre la plus grande liberté d'expression à ses disciples. Un virus avant-gardiste qui pousse tous ceux qui l'ont contracté à saborder systématiquement tout ce qui pourrait être accessible. De cette période chaotique, mais particulièrement féconde en créativité vont naître toute une série de groupes novateurs dits 'underground': Live Skull, DNA, et puis surtout Swans et Sonic Youth. Deux ensembles qui vont rencontrer, tout en conservant leur propre style, une évolution musicale quasi parallèle. Comme par exemple en 1989, lorsqu'ils décideront de passer sur un label major ou lorsqu'ils vont se mettre à accorder une plus grande importance à l'aspect mélodique de leurs compositions ("The Burning World pour Swans et "Goo" pour Sonic Youth). Et puis à cause de cet esprit d'indépendance qu'ils veulent conserver par dessus tout. Sonic Youth vient donc d'enregistrer "Dirty", un album de noisy-punk complexe, savoureux, remarquable, un album qui avait été enregistré sous la houlette du producteur de Nirvana, Butch Vig. C'est Steve Shelley, drummer de Sonic Youth qui s'est  fait le porte-parole du groupe. Nous l'avons a rencontré pour vous...

Quel a été le rôle de la no-wave dans la genèse de Sonic Youth ?

Nous sommes issus de ce mouvement musical minimaliste. Un mouvement qui s'est produit à New York fin des seventies. Il  a donné naissance à des tas d'autres groupes tels que DNA, Lydia Lunch, etc.

Pourquoi les groupes new-yorkais migrent-ils de plus en plus souvent à Los Angeles ? Sonic Youth n'est-il pas tenté par l'aventure ?

Il est plus facile de vivre à l'extérieur de New York. Los Angeles baigne dans un certain confort, bénéficie d'un climat idyllique. Le soleil y brille en permanence. Ce n'est pas pour rien que les rock-stars britanniques s'y installent ‚également. Nous nous y sentons bien. C'est notre chez nous. Ce qui ne nous empêche pas d'aimer les voyages. Et les multiples tournées nous permettent de voir du pays. Quant à Los Angeles, elle est devenue notre seconde résidence parce que notre label s'y trouve. Au fils du temps nous nous sommes fait beaucoup d'amis que nous retrouvons régulièrement et avec plaisir...

N'est-il pas trop difficile de conserver son indépendance lorsqu'on appartient à un label major ?

Je ne crois pas. Nous maîtrisons bien notre sujet. Nous ne laissons le soin à personne d'autre de décider ou de vérifier à notre place. En particulier pour la réalisation de nos disques. Nous choisissons le producteur, l'ingénieur du son, le studio d'enregistrement, et les titres qui composeront l'album. Je pense même qu'il ne nous est jamais venu l'idée d'envoyer une démo à une firme de disques. Geffen se contente de signer les chèques et de payer les studios.

Est-ce que Sonic Youth se sent investi d'une mission bien spécifique ?

Composer, jouer, expérimenter. Composer parce que nous sommes, malgré la fuite du temps, toujours heureux d'enregistrer. Jouer parce que se produire sur scène est excitant. Et expérimenter parce que nous cherchons toujours à innover. Communiquer notre amour de la musique, c'est probablement notre mission.

La plupart des artistes estiment très souvent que le disque qu'ils viennent d'enregistrer est la meilleure création de toute leur œuvre. Pensez-vous la même chose de "Dirty" ?

Tous nos albums sont différents. Il est difficile de déterminer quel est le meilleur. Chaque disque reflète ses propres caractéristiques, des caractéristiques liées aux variations de notre état esprit et à des tas d'autres choses pas toujours évidentes à comprendre. "Dirty" a bien été enregistré. Et inévitablement je l'apprécie beaucoup. C'est tout ce que je peux affirmer.

Comment s'est déroulée la "Weld Tour" qui vous a entraîné dans le sillage de Neil Young, à travers les States? Ne pensez-vous pas avoir été  manipulés ?

La tournée s'est parfaitement déroulée. Neil Young est un musicien fabuleux. Nous avons assisté à ses prestations à plusieurs reprises. Je ne pense pas que nous ayons été manipulés. Nous avons apport‚ une bouffée de fraîcheur à cette tournée, et en retour, nous en avons retiré une fameuse dose d'expérience. Evidemment ce n'était pas toujours facile, car le public de Neil Young appartient à une autre génération, alors que le nôtre est plus jeune. Mais nous n'avons pas été manipulés. L'idée ne m'a d'ailleurs jamais effleuré l'esprit. Certainement pas par Neil Young!

Quel est l'impact de MTV aux States ?

MTV est une très grosse chaîne de télévision capable de diffuser 25 programmes en même temps. J'exagère, mais c'est pour vous donner idée de l'importance de cette institution qui détient un chiffre d'audience assez impressionnant. En fait, dans le domaine musical elle fait la pluie et le beau temps. Elle est capable de construire ou de détruire la carrière d'un artiste. Elle ne doit d'ailleurs pas se soucier de la concurrence, puisqu'elle est la seule sur le marché. Nous avons déjà eu la chance d'y apparaître. Pas très souvent, c'est vrai!

Pour l'enregistrement de "Dirty" vous avez engagé Butch Vig à la production. Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de confier ce rôle à une personne extérieure au groupe ?

Auparavant, nous n'accordions guère d'importance au producteur, puisque nous assurions nous même cette fonction. Nous n'avons jamais rencontré de gros problèmes pour nous acquitter de cette tâche. Et puis il n'est pas facile de dénicher l'oiseau rare. En général, ils ne comprennent rien à ce que nous voulons. C'est tout juste si nous ne devrions pas leur enseigner comment ils doivent s'y prendre. Butch, lui est venu à la musique de la même manière que nous. Notre formation musicale repose sur les mêmes bases. L'entente ne pouvait qu'être bonne. Et le résultat est excellent!

Qu'est-ce qui différencie "Dirty" de "Goo" (NDR: le précédent album) ?

Le producteur (NDR: Butch Vig!). Le mixeur (NDR: Andy Wallace, personnage qui a notamment travaillé avec Henry Rollins et les Screaming Treess), et puis une équipe de techniciens dont le talent nous a permis d'œuvrer en toute décontraction, de gagner en spontanéité et en assurance. Et tout cela se ressent tout au long de l'album. En fait nous avons surtout voulu nous débarrasser des questions de coordination qui avaient pesé sur "Goo", pour mieux nous concentrer sur notre sujet.

Sonic Youth est-il un groupe violent ?

Non, pas du tout. Nous sommes plutôt des gens paisibles. Si la violence transpire à travers notre musique, elle n'existe qu'à travers l'esprit de celui qui la perçoit comme telle. Pour nous, elle véhicule une forme d'excitation typiquement blanche , une forme d'excitation bien plus vivace que celle qui tente de se manifester à travers la pop music.

Te sens-tu concerné par le phénomène du racisme qui frappe les Etat Unis? Los Angeles et New York en particulier? Comment as-tu vécu l'explosion de violence qui a suivi l'acquittement des policiers blancs inculpés pour avoir molesté un noir à L.A.? Le Ku Klux Klan exerce-il toujours sa violence xénophobe ?

Le racisme demeure encore et toujours un problème de société aux States, un problème qui fait encore aujourd'hui et malheureusement partie de l'existence de l'Américain. Je ne suis pas politicien, mais il m'interpelle. Les émeutes qui ont éclaté à L.A. nous ont quelque peu surpris. Nous étions à New York et avons suivi les événements à la TV. La faute incombe au gouvernement de Georges Bush qui n'a pas pu prendre ses responsabilités et qui a laissé pourrir la situation. A New York je ne crois pas que le phénomène aurait pu prendre une telle ampleur, car la violence est beaucoup moins liée aux problèmes raciaux. Elle existe mais sous une autre forme. Le Ku Klux Klan ? C'est un chapitre embarrassant. Je suis navré que ce type de secte existe encore...

Quelle est ton opinion sur le développement du SIDA, fléau qui semble toucher particulièrement le pays de l'oncle Sam ?

Le monde a dû adapter son mode de vie en fonction de la maladie. Cette affection est horrible... les membres de Sonic Youth ne sont heureusement pas du style à vivre dangereusement. Nous sommes très prudents et ne calquons certainement pas notre comportement sur l'archétype du groupe rock, c'est à dire dont les membres se droguent et mènent une vie sexuelle hyperactive... le danger est trop important!

Steve’s Sonics

L7 ? Elles sont stupéfiantes!

Fugazi ? Bon groupe américain qui conserve la tête sur les épaules!

Axl Rose ? Une plaisanterie!

Madonna ? Une plaisanterie, mais féminine!

Idoles ? Tom Waits, Leonard Cohen, Birthday Party, Neil Young

Vieux ? Un fait de la vie

Jeune ? Le plus longtemps possible

Sonic Youth ? Ma vie!


(Version originale de l'interview parue dans le n° 5 – septembre 1992 - de Mofo)

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