Boulevard des Airs (BDA) célèbre ce soir son grand retour au Cirque Royal, sixième étape d’une tournée 2026 qui inaugure véritablement la série des Zéniths et des grandes salles en Belgique, en France et au Luxembourg. La formation tarbaise investit les planches du Cirque Royal sous la bannière de son sixième opus, « Je rentre à la maison », dont elle dévoile de larges extraits à l’auditoire. BDA séduit par ses méga-hits — « Cielo Ciego », « Emmène-moi », « Je me dis que toi aussi », « Bruxelles » ou encore « Allez Reste » (en compagnie de Vianney) —, fusionnant pop, folk, chanson et musiques actuelles. Peines, amour, engagement : le répertoire du combo touche chaque spectateur. Le travail autour du dernier disque explore notamment la thématique du harcèlement scolaire.
Cinq ans après « Loin des yeux », la formation, née dans la cour de récréation du lycée Marie-Curie de Tarbes, revient sur le devant de l’estrade avec « Je rentre à la maison ». Ce long playing, encore plus dansant que les précédents, alterne thèmes intimistes et universels, sonorités world, pop, folk et électro, et permet à BDA de dialoguer avec des invités tels que Carbonne, L.E.J. et Lémofil, un exercice qu’ils affectionnent. Cette fois, Boulevard des Airs, fidèle à son esprit de partage, relève un nouveau défi : le titre éponyme de l’opus devient le socle d’un projet pédagogique destiné aux établissements scolaires et associations. Dans ce disque, le mot ‘maison’ s’entend au sens large du terme : racines, identité, famille, odeurs, images, pays, toit, paysages, amis, attachement à ce qui nous construit — la ‘maison’ dans toutes ses acceptions. Il s’agit d’un refuge intérieur, fait de souvenirs, de visages, de couleurs et de saveurs : une identité-puzzle propre à chacun, en perpétuelle évolution.
Avant le supporting act, un documentaire d’une dizaine de minutes est projeté sur un écran géant, afin d’expliquer le projet pédagogique de BDA. Il est présenté par Florent Dasque et le nouveau chanteur du groupe, Eyal.
La première partie est assurée par une chorale d’enfants et d’adolescents, à savoir la chorale de l’association ’One Star One Destiny’.
Elle est constituée de jeunes gens âgés de 10 à 16 ans. Plus de septante filles et garçons rejoignent l’estrade, entourés par des instrumentistes : un bassiste, un préposé à la guitare électro-acoustique, un violoncelliste, un clarinettiste et une claviériste installée sur le côté droit, dans les gradins supérieurs. L’auditoire demeure clairsemé. La chorale interprète « Emmène-moi », « Bruxelles » puis « Je rentre à la maison ». Belle performance pour ces adolescents et initiative remarquable de la part de BDA, qui a convié cette chorale.
À 20 h 25, lorsque les huit musiciens de la BDA apparaissent devant nous, la salle affiche complet. Le décor s’articule autour de diverses estrades de hauteurs variées, sur lesquelles s’installent les six instrumentistes, protégés par des parois vitrées et ceinturés de rampes de LED. L’ensemble évoque une vaste demeure, sublimée par des jeux de lumière. Au-dessus du podium, en arrière-plan, s’élèvent, au rythme de la musique, six immenses pavillons (anciens conduits d’écoute de tourne-disque, dits gramophones, semblables à celui du célèbre tableau ‘La Voix de son maître’), dont le centre accueille des spots LED.
Le concert débute sur les chapeaux de roue : toutes les lumières convergent vers l’avant pendant l’installation des artistes, notamment le batteur Chacha Angela, positionné au centre et en fond, sur son estrade. À sa droite, les cuivres : Jean-Baptiste Labe (trombone) et Manu Aurousset (trompette). Le guitariste Jean-Noël Dasque se place devant le batteur, tandis que sur les deux estrades de gauche prennent place Jérémie Plante, derrière les claviers, et, juste devant, Laurent Garnier (basse, clavier), laissant toute la place à l’avant pour Florent Dasque, aux six cordes et au chant, accompagné du nouveau vocaliste Eyal, très interactif auprès de la foule. C’est bien sûr l’ADN du duo : interactivité et talent pour chauffer la fosse.
Après une introduction très électro, le set enchaîne sur « Demain de bon matin ». Les sons s’articulent autour du batteur, solidement soutenus par les six cordes et des cuivres omniprésents.
Vient ensuite « Si la vie avance », extrait du long playing de 2018 « Je me dis que toi aussi ». Cette chanson assume pleinement le virage électro. C’est ce versant que votre serviteur savoure : des sonorités ciselées, des claviers parfaitement synchronisés au batteur. Premier extrait du nouvel opus à découvrir sur les planches : l’éponyme. Ici, la connexion entre le band et les spectateurs s’avère totale (l’auditoire est en ébullition). Les deux frontmen expliquent le message avant d’entamer la chanson. La chorale, postée sur les côtés, entonne le refrain à tue-tête, suivie de près par toute la salle. Les lumières inondent le podium et éblouissent la fosse.
« Bruxelles » embraie : ils jouent à domicile, expriment leur amour pour la Belgique et embrasent l’estrade. S’enchaînent « Ce n’est pas si facile » et « Balkan ». Le nouvel elpee invite à la danse et distille une mélancolie, porté par des guitares acoustiques foisonnantes et des claviers. Sur « Balkan », la folie s’empare du public, galvanisé par les cuivres et surtout un immense sousaphone qui mène la danse. L’énergie festive, marque de fabrique de Boulevard des Airs, rayonne.
Le spectacle touche à sa fin, mais le final capte toute l’attention, notamment pendant « Allez Reste ». Le duo de chanteurs s’assied sur le bord des planches et entame la chanson en acoustique. Ils invitent la foule à reprendre le refrain. Cela ne prend pas. Ils se relèvent et laissent carte blanche à l’auditoire pour l’interprétation : d’abord « rock’n’roll », puis « reggae », « afro », « disco » et enfin « rap ». Cette liberté séduit la fosse et la formation prolonge le plaisir. Sans interruption, ils lancent le rappel par « Seul ici », puis « Regarde-moi », et concluent sur « Je me dis que toi aussi ». Voilà, c’est terminé. Bref mais intense.
Toujours portés par une énergie débordante et une interaction directe auprès de la foule, les concerts offrent un mélange de pop et de chanson française. Nous avons profité d’une ambiance scénique soignée, pour un moment festif. Un peu court : rappel inclus, 75 minutes. L’auditoire quitte la salle conquis et joyeux, des étoiles plein les yeux.
Setlist : « Intro », « Demain De Bon Matin », « Si La Vie Avance », « Je Rentre A La Maison », « Bruxelles », « Ce n’est Pas Si Facile + Balkan », « Emmène-Moi + Salsa », Pas Mieux Ailleurs », « Allez Reste »
Rappel : « Seul ici », « Regarde-Moi », « Je Me Dis Que Toi Aussi ».
(Organisation : Live Nation & Next Step)

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