Ce dimanche soir a beau être frisquet, la grande foule s’est donné rendez-vous à la Rotonde du Botanique, pour le très attendu concert de DITZ. La preuve, il affiche complet depuis belle lurette. Et ses derniers passages dans notre plat pays ont déjà fait forte impression. Un an plus tôt, il se produisait en supporting act d’Idles à la Lotto Arena, mais il avait également participé aux festivals Micro de Liège et Sonic City de Courtrai.
Brighton regorge de talents musicaux. Auprès des anciens Kooks, Royal Blood et autre Fujiya & Miyagi, une nouvelle scène émerge depuis quelques années. On y recense, notamment Squid, mais aussi DITZ.
Ce soir c’est avec un peu d’avance sur l’horaire, et sur une intro des Canadiens de Big Brave, « I felt a funeral », que le quintet débarque sur les planches. Et directement le chanteur Callum Francis (dit Cal) focalise l’attention. D’abord, à cause de son look. Son accoutrement (il a enfilé une robe de couleur bleue) et sa coupe de cheveux de travesti contrastent avec sa voix rauque et son physique masculin. Mais aussi de son attitude. On dirait qu’il est possédé. Il (NDR : faut-il écrire iel ?) s’avance en front de podium, ne regardant pas le public, mais examinant les hauteurs et contours de la salle (NDR : on comprendra vite pourquoi).
Dès le titre d’ouverture, « V70 », il invite la foule de se séparer en deux, préparant un Wall of death. Enfin, un muret, vu l’exiguïté de la Rotonde. Une trentaine de fans exécutent une charge médiévale, amorçant des pogos qui seront quasi-permanents. « Taxi man » et « Four » sont soutenus par les solides interventions du batteur, rapidement torse nu. Il faut dire que la température ambiante a rapidement augmenté de quelques degrés, conférant même des allures de sauna à l’hémicycle. Et il n’y a pas que la température qui grimpe, puisque pendant un autre titre phare, « Hehe », le leader traverse rapidement la foule, alors que les spectateurs l’aident à dérouler le fil de son micro. Il escalade ensuite l’arrière de la salle et atteint les palissades plusieurs mètres au-dessus de nos têtes. Le chaos est donc autant musical (les guitares se lancent dans riffs noisy tonitruants) que visuel. Le tout pendant que Cal chante d’une voix rauque sur une musique aux relents post-punk. Évocateurs et propices au déchaînement, les titres parlent d’eux-mêmes : « I am Kate Moss » ou encore « Smell like something died here » (NDR : dont le refrain est repris par une fan à droite de l’estrade, qui semble avoir accompli le voyage depuis Brighton). « Summer of the shark », « Seeking arrangement » et l’explosif « No thanks, I’m full », évoquant le final de Gilla Band, viennent clôturer un set tout en intensité et surprises.
La bande son d’outro « I’m glad » de Captain Beefheart tombe d’ailleurs à pic pour calmer les esprits, et faire retomber la température en douceur, alors que la foule s’empresse de rejoindre le bar ou se rafraîchir sur la terrasse extérieure.
Pour celles et ceux qui ont manqué le show, DITZ revient à deux pas de la frontière belge, à l’Aéronef de Lille ce vendredi 8 mars. Malheureusement, à l’instar de nombreuses autres dates de la tournée, ce concert est également sold out.
Photos Dieter Boone ici
(Organisation : Botanique)

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