La vie dans les petits espaces de Black Marble

Black Marble, alias Chris Stewart, sortira son premier album, « Life in Small Spaces », le 21 août 2026 chez Sacred Bones, qui sera immédiatement suivie d’une tournée. Il s’agit de son premier elpee complet depuis « Fast Idol » (2021). « Life in Small Spaces…

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Dernier concert - festival

dEUS - 19/03/2026
Gavin Friday - Het Depot
Didier Deroissart

Didier Deroissart

Xavier Rudd est programmé trois jours à l’AB. Et tous les concerts sont sold out. Ce lundi 17 septembre constitue sa première date. Pour cet Australien, le monde est sa maison. Engagé et sensible à l’environnement, il a conscience que notre planète, à qui il voue un profond respect, doit nous survivre pour toute une éternité. Multi-instrumentiste, il joue aussi bien des percus, de l’harmo, de la gratte (NDR : de préférence une Weissenborn) que du didgeridoo (NDR : plus exactement le yirdaki). Il vénère d’ailleurs la culture aborigène…

Newton Faulkner assure le supporting act. Ce Londonien milite dans la tradition de troubadours, comme Jackson Brown ou James Taylor. Mais il est davantage atypique. D’ailleurs, il lui est arrivé de jouer dans une montgolfière.

Seul sur les planches, il se sert de deux guitares semi-acoustiques et d’une loop machine. Sa voix est capable d’osciller du grave à l’aigu. Son humour décontracte instantanément l’auditoire. Barbu à dreadlocks, il pratique le picking à 3 doigts. C’est sa spécialité ! Il est venu défendre son dernier et sixième opus, « Hit The Ground Running ». Tout au long des deux premiers morceaux, il étale sa technique à la six cordes ; et son toucher est imparable ! Il frappe sur le bord de sa gratte et l’insère dans une boucle pour « Smoked Ice Cream », et en couches, le résultat est impressionnant. C’est d’ailleurs suivant cette méthode qu’il construit chaque piste, à tel point qu’on a parfois l’impression qu’il est soutenu par un véritable orchestre. Dans un français hésitant mais tellement touchant, il lance ‘Bruxelles, bonjour, ça va, une petite chanson. OK.’  Ce qui déclenche l’hilarité dans la fosse. Le sommet de son set est atteint lors de sa version du « Bohemian Rhapsody de Queen (voir vidéo ici)

A vous flanquer des frissons partout ! Une excellente mise en bouche… (Pour les photos, c’est là)

Trois musicos montent sur l’estrade. Terepai Richmond, une jolie drummeuse (percus organiques et pads électroniques), le bassiste Yosef Haile et le claviériste/ Ian Peres. Avant que ne débarque à son tour Xavier Rudd, pieds nus, sous un tonnerre d’applaudissements. Tout au long de ses 2h40 de show, il va nous entraîner au cœur des déserts et bush australiens, mais également sur les plages ensoleillées de Kingston ainsi qu’au Far West. En quelque sorte un cow-boy rasta dans la peau d’un kangourou…

« Honeymoon Bay », extrait de « Storm Boy », son dernier album, ouvre le concert. La scène est plongée au sein d’une pénombre bleutée, mais passe au rouge dès les premiers accords de gratte. La foule frappe déjà dans les mains. Chaleureux, souriant, Xavier attire immédiatement la sympathie, et lui demande : ‘How are you feeling ?’. Les faisceaux lumineux inondent alors la fosse. En fin de morceau, il empoigne un didgeridoo, l’exhibe devant l’auditoire qui s’enthousiasme déjà, et en extrait des sonorités sourdes ou stridentes. Xavier lève le poing vengeur. Terepai et Yoseff frappent sur des percus. Rudd semble cependant apprécier les moments de pause. « Rusty Hammer » nous transporte vers les plages ensoleillées de la Jamaïque, et ce morceau met ‘La Faya’. Et lorsqu’il souffle dans son harmo, alors que Ian tapisse l’ensemble de son orgue Hammond, on ne peut s’empêcher de penser au regretté Bob Marley, flanqué de ses Wailers. L’auditoire reprend le refrain en chœur, alors que Rudd cale sa gratte dans son dos et invite le public à battre des mains. Dans le même registre, mais sur un tempo plus paisible, direction Kingston pour « Come let go ». Le natif de Torquay s’assied, pose sa gratte sur les genoux et la joue en slide, l’harmo toujours au bord des lèvres. Un titre qui communique de bonnes vibrations et l’artiste le souligne. Il demande alors de lever les bras…

En général, ses compos originales sont étirées et les versions ‘live’ peuvent atteindre 8 bonnes minutes. Faut dire que les musiciens improvisent régulièrement. L’expression sonore dérape même parfois dans le psychédélisme. Et lorsqu’elle est découpée dans les riffs graisseux et huileux, le spectre de Jimi Hendrix se met à planer. Outre Bob Marley, c’est une des ses références majeures, Ben Harper et Jack Johnson constituant ses deux autres. Tout au long du set, le bassiste va brandir un drapeau aborigène. Xavier profite de « Follow The Sun », morceau de clôture, pour présenter ses musiciens, moment choisi par chacun d’entre eux pour se réserver un long solo. Mais également, au cours duquel la claviériste s’installe derrière les fûts, alors que Terepai exécute une danse africaine en se consacrant au djembé.

Lors du premier rappel, Rudd va démontrer que c’est un virtuose du didgeridoo, mais qu’il est également capable de jouer des drums en même temps, tout au long de « Lioness Eyes » (NDR : pour vous en rendre compte, vous pouvez cliquer ici). Un concert dont l’intensité émotionnelle atteint alors son paroxysme et vous communique une bonne dose de bonne humeur pour le reste de la semaine… (Pour les photos, c’est ici)   

Setlist : « Honeymoon Bay », « Rusty Hammer », « Come Let Go », « The Mother », « Feet On The Grand », « Come People », « Fly Me High », « Storm Boy », « Messages », « Gather The Hands », « True Love », « Walk Away », « Bow Dawn », « Follow The Sun ».

Rappel : « Lioness Eyes », « Best That I Can », « Spirit Bird ».   

dimanche, 23 septembre 2018 16:11

Poppy barbie asiatique pour public juvénile…

Plus ou moins 200 personnes s’étaient déplacées au Botanique pour assister au spectacle (?!?!?) de Poppy, programmé au Botanique. Juvénile, boutonneux, ce public est essentiellement constitué de jeunes midinettes. Il y a bien quelques trentenaires, mais ils ne sont guère nombreux.

De 20h00 à 20h45, place au ‘Warm Up’ (Trad : échauffement). Il se limite à une playlist qui défile. Derrière la table, il n’y a pas un chien ; seul un technicien se charge du light show. Au bout de trois quarts d’heure, soit en accusant 20 minutes de retard, le set de l’Américaine peut commencer…  

Moriah Rose Pereira, aka Poppy, est auteure/compositrice/interprète/vidéaste. Elle est née à Boston, a grandi à Nashville, avant de s’installer à Los Angeles, en 2014, afin de poursuivre sa carrière musicale. Si ses clips cartonnent sur Youtube, elle le doit aussi à son collaborateur Corey Michael Mixter, alias Titanic Sinclair. Ensemble, ils ont réalisé une ribambelle de vidéos promotionnelles au contenu abstrait. Et en ‘live’, c’est lui qui se charge de tout l’aspect technologique du set, se postant derrière les ordinateurs sur la table placée à gauche de l’estrade. Un écran est planté au milieu du podium. Des effets de lumières créent un triangle pivotant et sont projetés sur cet écran qui mentionne les mots ‘Poppy Computer’ quand il n’affiche pas l’effigie voire l’image de Poppy. La gonzesse débarque sur les planches, tout de rose vêtue, mais porte-jarretelles et corset à damiers et les cheveux décolorés en blonde platine. Finalement, on dirait une poupée (NDR : qui a dit poppy ?) barbie, mais asiatique. Elle est accompagnée de deux danseurs blacks à la chorégraphie plus que pointue. On dirait un show de Lady Gaga, lorsqu’elle était encore débutante. Bien qu’âgée de 23 printemps, elle n’en paraît que 15. Mi-humain, mi-androïde, son look est désespérément androgyne. Elle va nous proposer de larges extraits de son premier elpee « Poppy Computer », gravé l’an dernier, mais également de son prochain opus « Am I A Girl », qui paraîtra fin de ce mois d’octobre. C’est d’ailleurs sous ce titre que cette tournée a été planifiée.  

Le set débute par « In A Minute ». Les premiers rangs commencent déjà à danser sur le rythme des machines. Des machines qui produisent également de la musique addictive ! Une électro/pop sur laquelle vient se poser la voix douce, enfantine et haut perchée de Poppy. Mais toutes les compos se ressemblent. Avant d’attaquer « Microphone », elle et les deux danseurs viennent choper les téléphones portables des aficionados agglutinés aux premiers rangs. Au bout de 30 minutes, il ne reste plus que 3 chansons. Artificiel, ce show destiné aux ados immatures aura duré trois-quarts d’heure. Un réel foutage de gueule ! On est bien loin des prestations d’Anne-Marie, de MØ ou encore de Zara Larsson.

(Photo : JP Daniels)

Setlist : « In A Minute », « My Style », « Interweb », « Bleach Blonde Baby », « I’m Poppy », « My Microphone », « Chic Chick », « Time Is Up », « Fashion After All ».

Rappel : « Lowlife », « Money ».

(Organisation : Botanique)

 

De son véritable nom Robinson, Monáe est née le 1er décembre 1985 à Kansas City. Son maître ? Feu Prince. Et elle le revendique ouvertement. Cette auteure-compositrice-interprète de soul américaine s’est construite un personnage ultrasophistiqué, entre androïde arty et sex symbol émancipé. Il suffit d’écouter « Make Me Feel », le tube de son dernier album, « Dirty Computer », sorti en avril, pour retrouver la patte du Kid de Minneapolis, qui aurait pu poser une ligne de basse, pour communiquer le groove à la compo. Et le clip (voir ici) ne fait que confirmer cette impression. En 2011, elle s’était produite à l’Orangerie du Botanique et dans le cadre du festival Couleur Café. Depuis, elle a acquis une nouvelle maturité, sans pour autant négliger ses revendications féministes.

L’AB est comble pour accueillir la diva dont on attend un show futuriste boosté par son sacré tempérament. Inévitablement, tout au long du spectacle, elle va proposer des extraits de son dernier opus.

Le rideau est tiré. Pour l’instant rien à voir, circulez ! Les lumières s’éteignent et les haut-parleurs crachent la B.O. du ‘Star Wars’, alors que les rideaux commencent à s’ouvrir. Deux figurants apportent une civière sur laquelle est couchée Janelle. Elle est immobile. Au bout de 5 bonnes minutes, tout le monde disparaît, alors que la musique de « Crazy, Classic, Life » retentit. La scène s’éclaire et on découvre un backing group essentiellement constitué de musicos féminines. Deux claviéristes (NDR : qui reproduisent également les sonorités de cuivres), une bassiste bien en chair, sans oublier les 4 danseuses. Mais aussi un drummer et un excellent gratteur, qui doit tout avoir appris de Slash. Le show est réglé comme du papier à musique. A l’américaine, si vous préférez. Sexy, les danseuses et Janelle remuent sensuellement leurs corps et surtout leurs popotins. A quatre niveaux, l’estrade –de couleur blanche– va les voir constamment monter ou descendre, suivant la chorégraphie à exécuter. Si les ballerines (?!?!?) ont enfilé des tops blancs et un shorty lilas affriolant, Janelle change de tenue tous les trois morceaux, optant pour le pantalon à damier noir et blanc, tout au long de « PYNHK ». Bien que la musique semble tour à tour influencée par Michael Jackson, Tina Turner, James Brown, Nile Rodgers et bien sûr Prince (NDR : en particulier « Prime time » et naturellement la cover de « Purple Rain »), Janelle Monáe affiche une palette vocale impressionnante qui va de la new soul au funk profond. Interactive, Janelle Monáe va galvaniser la foule, pendant deux heures. Une véritable bête de scène !

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Une salle pleine à craquer –hormis les balcons latéraux et la tribune assise– attend le concert de Death Grips, une formation d’afro/punk annoncée comme très susceptible de plaire aux aficionados de Bad Brains, Ho99o9, Crass et Anti-Pop Consortium. L’auditoire est assez jeune et plutôt féminin pour accueillir ce crew de hip hop californien (NDR : il est issu de Sacramento) considéré, depuis début 2010, comme un hype dans l’univers de l’underground, tout en entretenant une forme de mysticisme. 

Pas de supporting act, mais une musique d’ambiance couverte progressivement par un bruit de fond qui atteint son sommet vers 20h30, horaire prévu pour le début du show. Pourtant, c’est le moment choisi par un roadie pour opérer le soundcheck des microphones. Drôle d’idée ? Pourquoi ne pas l’avoir réalisé en lieu et place de ce bourdonnement inopportun ? Il faudra même encore attendre un bon quart d’heure avant que le band ne débarque sur les planches.

« Beware », une longue plage de 5 minutes, prélude l’arrivée des musicos. Le line up implique Andy Morin, préposé aux machines, derrière laquelle il se place, Zach Hill, le drummer, installé en retrait –qui ôte rapidement son marcel, vu la chaleur ambiante– et le chanteur MC Ride. Torse nu, ce dernier va déblatérer, tout le set, des paroles gutturales complètement incompréhensibles, tout en arpentant l’estrade de long en large. Finalement, c’est le drummer qui sert de fil rouge. Pourtant, ses interventions sont sauvages, instinctives et tribales, mais remarquables et surtout bien organiques. Death Grips est venu défendre son sixième elpee, « Year Of The Snitch », mais n’en oublie pas pour autant les titres qui ont fait son succès. La setlist réunit 21 morceaux oscillant entre 2 et 3 minutes. Des compos qui baignent dans une forme de trip hop indus, stimulée par des percus afro/punk et toujours susceptibles, de virer à une forme plus expérimentale. Enfin, pas tellement, ce soir…

Les premiers rangs se balancent au rythme des percussions, comme s’ils étaient envoûtés par une forme de chamanisme. De nombreux spectateurs se lancent dans le crowdsurfing, qui déborde légèrement la sécurité alors que d’autres créent deux interminables round circles ; mais jamais la situation ne dégénère. Une situation qui semble plaire à MC Ride. Lorsque le band attaque le hit « Death Grips Is Online », multicolore, le light show nous en met plein les mirettes. Il en devient même aveuglant. Avant que le set ne reprenne son cours sur un même ton. Malmenant les sens sans pourtant parvenir à émouvoir... Après trois-quarts d’heure, votre serviteur en a vu et entendu assez. Il tire sa révérence, regrettant, en outre, que l’aspect noise/rock, plus jouissif, n’ait pas été suffisamment exploré…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

lundi, 03 septembre 2018 16:06

Une maturité nouvellement acquise

Nonobstant son prénom, Julien Rose Baker est bien une fille. Elle est originaire de Memphis, dans le Tennessee. Cette auteur, compositrice, interprète et guitariste, milite également chez The Star Killers (NDR : jusque 2015, le band répondait au patronyme de The Forristers), un groupe de rock alternatif, qu’elle a formé en compagnie de Matthew Gilliam. Elle a également décidé de se lancer, en parallèle, dans une carrière solo. Et a publié son premier elpee, il y a deux ans. Intitulé « Sprained Ankle » (Trad : cheville foulée), il a été bien accueilli par la critique. Elle vient de sortir un second album « Turn Out The Lights », plus personnel. Une sorte de tourbillon d’émotions pour cet album écrit sous le signe de la sincérité, de la force et de la délivrance. Et elle se produisait au sein de l’Orangerie du Botanique, ce lundi 3 septembre…

Le supporting act est assuré par Becca Mancari. Mais lorsqu’elle entame son set, l’auditoire est encore clairsemé. Née à Staten Island, New York, d’un prédicateur italo-irlandais et d’une mère portoricaine, Becca Mancari a pas mal bourlingué. Fan de Big Thief et Kevin Morby, elle voue une profonde admiration pour Alabama Shakes et a partagé la scène avec la chanteuse du groupe Brittany Howard (qui est également celle d’Alabama Shakes), dans le cadre de son side-project, Bermuda Triangle. 

Si Becca joue de la steel guitar, ce soir, elle va se consacrer uniquement à la gratte semi-acoustique ou à la Fender bien électrique. Sur les planches, elle est soutenue par un guitariste. Un barbu qui assure également les backing vocaux, et lorsque leurs voix se conjuguent en harmonie, c’est vraiment superbe ! Elle est toute vêtue de rouge, mais sa veste est décorée de motifs finement bordés, représentant des cactus, des palmiers et des guitares. Becca est venue défendre son premier elpee, « Good Women », paru en octobre 2017, dont elle va nous proposer de larges extraits. C’est son premier passage en Europe. Sa musique est le fruit d’un cocktail entre country, folk et indie rock et ses chansons sont empreintes de mélancolie douce, une mélancolie particulièrement perceptible dans la voix. Le duo est interactif. Les interventions aux cordes sont subtiles. « Arizona Fire » ouvre le show, une piste qui nous entraîne immédiatement au milieu du désert. Elle se réapproprie le « Never Tear us Apart » d’INXS, une compo qui avait notamment été reprise par Ben Harper. L’adaptation est plus paisible et surtout dépouillée. A contrario, « Devil Mouth » est un titre rock bien nerveux. Une bonne première partie !

La salle est bien remplie, quand Julien Baker grimpe sur l’estrade. Ce petit bout de femme se sert d’une Fender, d’un synthé et d’une loop machine, afin de restituer les sonorités de percus, de basse, de piano et d’orgue Hammond. Le temps de six morceaux, elle reçoit le concours de la violoniste, Camille Faulkner. Paru en single, « Appointements » entame le concert. Délicates, subtilement appuyées par les tonalités du piano, les cordes sont manifestement hantées par The Edge (U2). Julien (Prononcez : ‘JOO’ - ‘lee’ - ‘uhn’) a acquis de la maturité. Ce n’est plus la jeune fille de 20 ans qui chantait d’un timbre monocorde, en novembre 2017, au sein d’une Rotonde pleine à craquer. Elle est capable de monter sa voix dans les aigus, à la limite de se rompre ses cordes vocales. Claire, lumineuse, tendre ou puissante, elle est chargée de spleen. Mais bien mieux maîtrisée, elle la module de manière judicieuse. Ses yeux se ferment pour permettre de se concentrer sur ce chant. Elle n’est cependant pas du genre à crier sa joie de vivre sur tous les toits ou à nous raconter des contes de fées. Elle semble avoir le vécu d’un vétéran de 50 balais. Outre la vie et la mort, elle aborde des sujets comme les relations humaines, les désillusions, l’addiction ainsi que la foi. Elle a simplement décidé d’en parler ouvertement, d’une manière désarmante, sans cacher sa sensibilité et sa profonde sincérité. Quand Julien chante à 50 cm du micro, a cappella, on en a des frissons partout. Tout au long des 75’ de prestation, on aurait pu entendre un moustique voler, tellement l’auditoire était concentré et buvait ses paroles, comme du petit lait. Pas de déclaration pendant le set, sauf un petit speech avant d’attaquer, lors de la finale, son hit, « Turn Out The Lights ». Et puis, elle est repartie, comme elle est venue, sans un mot. Si vous appréciez Gabriel Aplin et Agnès Obel, vous risquez fort de tomber sous le charme de cette artiste promise à une grande carrière…

(Organisation : Botanique)

C’est dans le cadre des Coca-Cola Sessions, qui se déroulent à l’Ancienne Belgique, une initiative destinée aux découvertes, tant belges qu’internationales, que Black Mirrors se produisait ce jeudi 27 septembre. Issu du Brabant wallon, il est venu défendre son nouvel opus, « Look into the Black Mirrors », paru fin août dernier. Un disque qui fait suite à deux Eps, un éponyme paru en 2014 et « Funky Queen », en 2017.

Le supporting act est assuré par Bulldozer & The Machine Guns. Des potes aux musicos de la tête d’affiche ! Le line up implique le guitariste/chanteur John No Way, le bassiste Thomas Maisin et le drummer Grégory Bourguignon (NDR : il milite également chez Solkins). Ce dernier, pieds nus, semble particulièrement cool. Essentiellement instrumentale, l’expression sonore du trio baigne dans un psyché/stoner qui écrase tout sur son passage…

Quant à la musique de Black Mirrors, elle est le fruit d’un cocktail entre stoner, punk, rock, et métal. Ce quatuor réunit le guitariste Pierre Lateur, le bassiste Loïc Videtta (Mango Moon), le drummer Paul Moreau ainsi que la chanteuse Marcella Di Troia.

Vers 21 heures, Pierre grimpe sur l’estrade et entame un solo de guitare, une intervention immédiatement suivie par des sonorités de cymbales. Cape noire sur le dos, et la rituelle ligne noire sous les yeux, comme maquillage, Marcella me fait penser à une chauve-souris, prête à dévorer ses proies, avant de les vider de leur sang… et pourtant le vampire ne se reflète pas dans les miroirs, aussi nombreux soient-ils, et de couleur noire…

Dans un halo de couleur bleue, le set s’ouvre par « Shoes for booze », morceau d’entrée du nouvel opus. Les riffs hendrixiens de Lateur font mouche et bénéficient du soutien de la solide section rythmique, basse/batterie. 

Véritable show woman, Marcella arpente les planches de long en large en trimballant son pied de micro, bien attaché sur son support. Elle se déhanche sauvagement, harangue les spectateurs des premiers rangs et déploie ses ailes pour mieux les vampiriser… Un projecteur la suit à la trace. Tout au long du concert on sent une grande complicité entre le gratteur et la chanteuse. Des aficionados déploient des affichettes sur laquelle on peut lire ‘We Love Black Mirrors’. Davantage introspectif, « Inner Reality » s’achève dans un climat psyché/atmosphérique. Petit problème de balance entre l’instrumentation et la voix de Marcella, qui pourtant imposante, ne parvient plus à émerger de l’expression sonore, lors des titres les plus nerveux. Souci réglé à partir de « Moonstone », un morceau plus paisible, presque dispensé en format acoustique. Ancienne compo, « Canard Vengeur masqué » met en exergue les percus.

Lors du premier rappel, « Whispering Ghost » est proposé quasi-unplugged. Le spectre de Robert Plant plane… Après une excellente cover du « Kick Out The Jam » du MC5, le band nous réserve une nouvelle version, plus bluesy, de « Lay My Burden Down », un titre au cours duquel la voix grave, rocailleuse, de Marcella, monte dans les tours en concédant des inflexions à Beth Hart voire à Janis Joplin. Un chouette concert qui confirme le potentiel de Black Mirrors, une formation dont la reconnaissance à l’étranger ne devrait tarder…  

Setlist : « Intro », « Shoes For Booze », « Funky Queen », « The Mess », « Inner Reality », « Cold Midnight Drum », « Mind Shape », « Moonstone », « Canard Vengeur Masqué », « Lay My Burden Down », « Till The Land Wind Blows », « Burning Warriors »

Rappel : « Whispering Ghost », « Kick Out The Jam », « Lay My Burden Down »

(Organisation : Ancienne Belgique / Coca-cola sessions)

Photo : Mehdy Nasser

Curieux ! Marble Sounds est un groupe belge qui jouit d’une énorme popularité à travers le monde, notamment grâce à Facebook et Youtube : depuis l’Australie à la Chine, en passant par le Mexique, le Japon, l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan. Mais en Belgique, il reste calé au stade d’espoir. Probablement encore le résultat d’un problème linguistique belgo-belge. Ce qui explique, sans doute, pourquoi, il se produit rarement en Belgique. Huit concerts sont cependant prévus au sein du Royaume, dont la release party du nouvel opus, « The Advice To Travel Light » (NDR : il vient de paraître ce 21 septembre), qui se déroule à la Rotonde du Botanique.

Le supporting act est assuré par Moonbeat, une formation fondée par le chanteur/guitariste Michaël Lamiroy, mieux connu pour son implication chez Tin Fingers et School Is Cool. Après avoir bossé pendant des années avec Thomas Jillings (saxophones, reeds, synthés, électronics), le line up s’est enrichi de quatre nouveaux musicos, dont Laurens Dierickx (Hammond, piano), Sep François (percussions), Gerben Brys (basse) et Alfredo Bravo (drums).

Ce soir, le combo est réduit à un trio. Soit Michaël, Laurens Dierickx et Thomas… Si le band reconnaît pour influences majeures Talk, Talk, Kate Bush, Sufjan Stevens et Loney Dear, enchaînés, les trois premiers morceaux évoquent davantage Yes, Alan Parson’s Project ou encore Genesis, avant que Steve Hackett et Peter Gabriel ne quittent le navire. Casquette en pied de poule retournée sur le crâne, Michaël se sert d’une semi-acoustique et chante d’une voix qui rappelle tantôt feu Mario Guccio (Machiavel) ou Gabriel Sesboue (Beautifull Badness), des morceaux le plus souvent atmosphériques, paisibles même, mais surtout empreints de délicatesse et de mélancolie. Cependant, lorsque l’instrumentation s’emballe, le spectre du Queen originel se met alors à planer.

Setlist : « Breeze », « Suller Rain », Shelter », « Walls (Absynth) », » Stone In The River », Sun Drops ».

La Rotonde est presque pleine lorsque Marble Sounds débarque, soit Pieter Van Dessel (voix, gratte électrique ou acoustique) Gianni Marzo (guitare, chant et pedal steel), Frederik Bastiaensen (basse), Mattijs Vanderleen (drums) et Brecht Plasschaert (claviers). Ce soir, le line up est enrichi de trois musicos dont la violoniste Stefan Wellens, la vocaliste Renée Sys et le préposé aux cuivres, Niels Van Heertum (trompette, saxophone, bugle, …) Votre serviteur avait découvert ce groupe, lorsqu’il s’était produit, en première partie d’Hooverphonic, à l’Ancienne Belgique, en janvier 2011.

Baignant dans un light show de couleur bleue, « Fire In The Lake » ouvre le set, un morceau sucré, acidulé, transpercé par les interventions du violon, qui remue instamment les tripes, alors que la voix charismatique de Pieter, destinée à faire fondre les chœurs, semble hantée par Chris Martin (Coldplay). Déjà la magie opère ! D’autant plus que la dernière partie de la compo s’évade dans le post rock. Lorsque Gianni opte pour la pedal steel et que les cuivres deviennent classieux, on ne peut s’empêcher de penser à Beirut. Pieter salue le public en français et en néerlandais. Il dédie le très beau « Speeches » à sa fille. Il nous signale également que la Rotonde lui a permis de rencontrer son épouse. Moment d’émotion. Caractérisé par sa mélodie soignée, beatlenesque même, « In Time » met en exergue les superbes échanges entre les voix de Pieter et Renée. « 39 » constitue manifestement le sommet du show. Les cordes sont délicatement talonnées par les ivoires. Le glockenspiel de Mattijs accentue cette impression de pureté sonore à coloration orientale… Des ivoires vaporeux baignent alors « Leave A Light On », un titre caressé par le souffle du bugle.

Lors du rappel, Pieter revient seul pour chanter « Keep Repeating », en s’accompagnant à la semi-acoustique. Et le concert s’achève définitivement par « One Last Regret », un dernier regret que traduit cette absence incompréhensible de notoriété dont est victime Marble Sounds, en Belgique…  

Setlist : « Fire In The Lake », « The Advice To Travel Light », « In Time », « Speeches », « The Summer Of The Sun », « Smoking Was A Day Job », « The Little Lows », « My Friend », « 39 », Anyhow (Even Now) », « Leave A Light On »

Rappel : « Keep Repeating », « One Last Regret ».

(Organisation : Botanique)

Boy George et son groupe Culture Club sont de retour ! Et ils viennent de graver un nouveau single, « Let Somebody Love You » ; le premier depuis 20 ans !

Ecrit par Boy George, Roy Hay, Michael Craig, Jon Moss et Ritchie Stevens, il a été produit par Future Cuts. Ce single prélude la sortie d’un nouvel album, « Live », qui sortira ce 26 octobre 2018. Il faut se rappeler que depuis sa création en 1981, Culture Club a vendu plus de 150 millions de disques à travers le monde.

Le groupe s'était réuni en 2014 pour participer ensuite, à deux tournées mondiales, à guichets fermés

Tracklist :

1. God & Love
2. Bad Blood
3. Human Zoo
4. Let Somebody Love You
5. What Does Sorry Mean
6. Runaway Train
7. Resting Bitch Face
8. Different Man
9. Oil & Water
10. More Than Silence
11. Life

La vidéo de « Let Somebody Love You » est sur la toile, et c’est ici 

La nouvelle tournée passera par le Lotto Arena d’Anvers, ce 27/11/2018 : https://www.teleticketservice.com/fr/tickets/2018-2019/culture-club

http://boygeorgeandcultureclub.com/

 

vendredi, 24 août 2018 18:18

Slash vit toujours dans son rêve…

Slash est de retour, flanqué de son band, Myles Kennedy & The Conspirators, pour un quatrième album solo intitulé « Living The Dream », un disque qui sortira le 21 septembre 2018. Sur ce nouvel album, Slash reste fidèle à lui-même et nous propose 12 morceaux aux riffs dynamiques et électriques accompagnés de solos lyriques. Le premier single tiré de l’album est déjà disponible et à découvrir ici 

Pas de tournée prévue actuellement pour l’Europe

Tracklist :

1. Call of the Wild
2. Serve You Right
3. My Antidote
4. Mind Your Manners
5. Lost Inside the Girl
6. Read Between the Lines
7. Slow Grind
8. The One You Loved Is Gone
9. Driving Rain
10. Sugar Cane
11. The Great Pretender
12. Boulevard of Broken Hearts

http://www.slashonline.com/

 

mardi, 21 août 2018 19:01

Imposteur

Mingawash est un collectif atypique responsable d’une musique, née d’un croisement entre néo métal hexagonal (Enhancer, Pleymo, Watcha) et nu métal yankee (Slipknot, System of a Down). Née en 2012, cette formation belge semble véritablement dans son élément en ‘live. Des sets décalés, proches de l’hystérie, alimentés par des textes engagés, interprétés dans la langue de Voltaire.

Après les 30 secondes percussives de l’« Intro », « Tape » entre dans le vif du sujet. L’image de Roy Le Panda s’avance, gants de boxe en garde avant de vous percuter la face, sans vergogne.

Le chant est hurlé. Chaque chanson baigne au sein d’un univers métallique différent.

Un peu comme chez Dadabovic, la camisole de force et les médicaments font partie du décor…

Tout au long de « Joujou », les percus sont tribales, dévastatrices et les interventions de grattes suintent de testostérone. La compo raconte l’histoire d’un bipolaire, coiffé d’un chapeau à grelots. L’immersion dans le délire se poursuit…

« Pornographique » vilipende les dérives de la société actuelle contemporaine (l’argent facile, travailler pour payer ses factures, etc.). Les pandanettes soutiennent le chant de Martin.

Une rythmique trash s’impose sur « Médisant »…

« Bande Organisée » nous entraîne à l’époque de la prohibition.

Frénétique et puissant, « Champignon » est hallucinogène…

Une bande sonore réminiscence d’un western spaghetti à la Sergio Leone amorce « Chope Ton Biker », avant que l’image de Roy, se déplaçant sur son mini vélo, ne se mette à circuler dans votre esprit.

Dynamisé par les percus latino de Martin, « Aveugle » est littéralement laminé par les cordes de gratte.

« Imposteur » est un cri du cœur, mais aussi le titre maître de l’elpee.

« Zagadaga » baigne au sein d’un univers oriental, au cours duquel les pecus marocaines évoquent les expérimentations en solo, menées par Robert Plant…

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