La manille pour bébé de Panic Shack

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Teethe : de la douleur au soulagement…

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Stéphane Reignier

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Si Nicolas Michaux s’est fait connaître en drivant Eté 67, une formation qui a sévi de 1998 à 2002, il a depuis embrassé une carrière solo. Il a vécu quelques années à Bruxelles avant de rejoindre l’île de Samsø au Danemark pour des raisons familiales. Son deuxième album, « Amour colère », est paru en septembre 2020. Depuis, il n’a pas eu beaucoup l’occasion de se produire en ‘live’. C’était donc une belle opportunité de le rencontrer dans le cadre du (presque) festival Lasemo rebaptisé (forcément) pour l’occasion ‘Ceci n'est toujours pas LaSemo’, en raison des contingences liées aux mesures sanitaires encore d’application en cette période de l’année. Ce nouvel opus est moins pop que le précédent, un disque davantage orienté vers les années 60-70. La prise de risque est d'autant plus grande…

La musique que je produis est le reflet de ce que je vis. Le premier album était effectivement plus pop. Je l’ai réalisé lorsque je vivais à Bruxelles. Je m’étais entouré de musiciens établis dans la capitale. C’était une phase assez folle et urbaine de mon existence. C’était en quelque sorte un nouveau départ comme le titre éponyme d’ailleurs. Le son était clairement influencé par la scène pop bruxelloise qui s’est révélée entre 2014 et 2016. Le nouvel album représente une autre partie de ma vie. Sa couleur est donc naturellement différente. J’ai enregistré ce second opus à la maison, à Samsø très exactement, là où je vis la plupart du temps avec ma compagne et ma fille. Je dirais qu’il est plus intimiste et sans doute plus proche de mes racines originelles. Plus en adéquation avec les années 60-70 aussi. Ce sont mes références. Ces années m’ont guidé dans l’apprentissage de la musique. Raison pour laquelle le disque emprunte cette direction...

Dix nouvelles chansons, tantôt en anglais, tantôt en français. As-tu choisi de chanter dans ta langue maternelle pour communiquer davantage d'émotion ?

Je ne le pense pas. Chaque langue est susceptible de faire passer des émotions. Le Buena Vista Social Club et George Harrison travaillent avec le même matériau. C’est une discipline à laquelle les songwriters doivent se soumettre. Si j’avais dû parler une autre langue, j’aurais pris un plaisir identique à chanter. Je crois qu’il s’agit avant tout d’une question de moyens que l’on se donne. Avant, le seul outil à ma disposition était le français. Par la suite, la vie m’a amené à lire et parler davantage dans la langue de Shakespeare. Cette langue s’est peu à peu immiscée dans mes textes. Ce qui m’a permis d’élargir mon chant d’action. Mais finalement, les questions linguistiques ne sont pas très importantes.

« A la vie à la mort » était un disque davantage collectif et déstructuré. « Amour Colère » a suivi un processus plus personnel et direct. Cette volonté de sobriété traduit-elle une recherche d’authenticité ?

Lors de l’enregistrement du premier album, on appartenait à cette fameuse scène. Aussi, quand tu es en studio entouré d’une équipe, fatalement, elle t’influence et du deviens, quelque part, un porte-parole. Les chansons sont destinées à un collectif qui peut y voir une manière de s’exprimer. « Amour Colère » est un essai qui a été confectionné en mode ‘bedroom pop’. Hormis la batterie, j’ai joué tous les instruments. Je me suis aussi aidé de boîtes à rythmes. Morgan s’est ensuite chargé d’y mettre les frappes. Le processus est solitaire et donc plus personnel. J’espère néanmoins qu’il y a un peu d’universalité dans ce que je raconte parce qu’on passe tous par les mêmes épreuves et les mêmes bonheurs. Le côté porte-parole d’une scène est inexistant ici contrairement au disque précédent.

Il s'agit d'un opus sans artifice et sans fioriture. Une œuvre à la fois classique et complexe. Un minimalisme qui n’enlève rien à l’efficacité parce là où je constate que tu te démarques, c’est dans la sélection des mots simples et directs.

Merci ! Ce compliment me touche énormément. La composition et l’écriture de chansons constituent un travail proche de l’orfèvrerie. Mon arrière-grand-père, que je n’ai pas connu, était graveur sur armes en région liégeoise. Je l’imagine toujours en exécutant ce job qui exige précision et minutie. Je crois avoir hérité de cette maîtrise, mais dans mon domaine. Si Picasso a pu peindre ou Dylan écrire rapidement une chanson sur une serviette au restaurant pendant que tout que le monde parle, d’autres auront besoin de plusieurs années avant d’y parvenir. J’appartiens à la seconde catégorie. Ça me prend beaucoup de temps. Et je me pose beaucoup de questions. Mais finalement, il y a cette intemporalité. Je peux interpréter, ce soir, des chansons que j’ai écrites il y a dix ans. Mais surtout toujours réussir à les chanter en y croyant…

Le clip de « Parrot » (à découvrir ici) met en scène la bêtise des politiciens et des médias de masse à coup d’images violentes issues de manifestations réelles, qu’un montage malin transforme en chorégraphie absurde. L'artiste, aujourd'hui, a-t-il l'obligation morale de véhiculer des messages à la place des assermentés ou des intellectuels ?

Je pense que oui ! C’est une très bonne question ! Elle m’a d’ailleurs occupé l’esprit. Au mois de septembre, lorsque l’album est sorti, on vivait entre les deux confinements. On approchait la sortie du premier tout en ignorant qu’il y en aurait un second. On avait le sentiment, moi y compris, qu’on vivait dans une société malade. Même bien avant cette crise sanitaire. J’ai profité de la sortie du disque pour exprimer ma vision des choses par rapport à ce qui se passait. Je suis un peu sorti du bois. Ce clip montre des images de violences policières. La première partie met en évidence l’oppression dont nous souffrons et la seconde vise ces quelques mouvements qui s’opposent à cette chape de plomb. Ce clip est relativement engagé, je le reconnais. On m’a aussi proposé de réaliser l’édito du focus ‘Vif’. J’ai hésité pour finalement répondre favorablement. L’édito était lui aussi plutôt engagé. J’ai l’impression que la société est malade et que, peut-être, le Covid a permis cette prise de conscience. Si on ne connaît pas la maladie, on ne peut évidemment pas la soigner. On est maintenant un peu plus conscients qu’il y a un vrai problème et qu’il faut changer les choses profondément.

L’amour et la colère sont deux mots a priori opposés. Est-ce le signe de l’expression d’un artiste partagé entre l’appréciation de la beauté, de la nature, de la famille (ça c’est côté amour) et l’angoisse causée par l’actualité politique et écologique (côté colère donc) ?

Je pense que ces notions sont proches et qu’elles cohabitent. On possède tous deux faces, comme une pièce de monnaie. Personnellement, j’ai été traversé par ces émotions pendant la phase d’écriture. Je me suis rendu compte que bon nombre d’entre vivions entre ces deux pôles. C’est légitime ! En réalité, je n’ai pas grand-chose à dire là-dessus. Chacun interprète ce discours à sa manière. Mes idoles ont exprimé de l’amour et de la colère à travers leurs compositions, que ce soit John Lennon, Bob Marley, Bob Dylan ou Neil Young. En tant qu’artiste et auteur-compositeur, il est nécessaire de creuser ces deux axes.

Lorsque tu militais chez été 67, tu fonctionnais beaucoup plus à l’instinct et à l’énergie. Spirituellement, politiquement, artistiquement, énormément de sujets étaient déjà abordés mais ils devaient être raffinés. Ton projet solo t’a permis d’acquérir cette paix intérieure ?

Oui, a fortiori. Surtout par rapport à ce dont on parlait tout à l’heure dans le cadre de la représentation de la scène et du collectif. Sur « A la vie à la mort », il y avait un peu de ça. Lors de l’aventure d’Eté 67, c’était essentiellement ça. Il fallait parler au nom du groupe, faire des chansons qui lui correspondaient. Il fallait aussi penser à son l’évolution. Il y avait beaucoup d’exercices de style. J’étais au service du groupe. Depuis que je me suis lancé en solo, beaucoup de paramètres ont évidemment changé. A l’époque, le côté porte-parole du collectif était très fort. Dès lors cette situation limitait fortement ma liberté d’expression alors que dans le même temps j’apprenais le métier. Par contre, c’était une école magnifique qui m’a permis de me réaliser en tant qu’artiste.

Donc, le fait de poser tes valises au milieu du Danemark sur l’île de Samsø a eu une incidence sur la conception de « Amour Colère » ?

C’est une évidence ! Je dirais pour le côté assez sombre de l’album. Il y avait cette volonté de produire un disque assez nu et dépouillé. Samsø m’a influencé en ce sens. C’est un endroit qui ressemble à « Amour colère ». Il y fait intolérablement froid, pluvieux, gris et sombre à certaines périodes de l’année. Alors qu’à d’autres, c’est un jardin d’Eden où tout fleurit en quinze jours. Durant ces périodes, la lumière et l’air sont d’une pureté incroyable. On profite aussi des bienfaits de la mer pour s’y baigner. C’est donc à la fois un paradis et un enfer. Une bipolarité que l’on retrouve dans l’album.

Paradoxalement, si cette île est à la fois brute et organique et énergétiquement vertueuse, on y fait encore pousser certaines cultures grâce à des produits hautement toxiques. Une île finalement complexe, nuancée et paradoxale.

Oui, tout à fait. J’ai vécu à Bruxelles durant huit années pour ensuite me rendre au Danemark partir vivre à la marge des grandes villes pour finalement me rendre compte que les problèmes sont identiques. Des agriculteurs prônent le bio et essaient de lancer une coopérative et d’autres nagent complètement dans le business. Dans ce domaine là aussi, les luttes y sont farouches. 

Une parade à ton image ?

Oui. Je pense que nous sommes tous confrontés à des situations antinomiques. L’être humain est inconstant. Comme disait Héraclite, on ne se baigne jamais deux fois dans la même eau. C’est toujours vrai ! On n’est jamais deux fois pareils. Nos cellules se renouvellent sans cesse. C’est une lutte permanente… On évolue tous avec ces tensions.

La Belgique est un pays où s’épanouit un vivier musical hors du commun. Comment le plat pays est-il perçu au Danemark. Et sa musique ?

C’est une très bonne question ! Malheureusement, je ne suis pas le mieux placé pour y répondre. J’ai défendu mon album en Allemagne, en Angleterre, au Canada, aux Etats-Unis, en France, en Belgique et en Suisse, mais pas au Danemark. J’en ignore les raisons. Sans doute que je n’y ai pas encore mis le temps et l’énergie. Je pense que les gens pourraient s’y intéresser en toute humilité car il y a un amour très grand de la langue française. Je vis sur cette île comme un expatrié. Ostracisé même. Et puis, je crois que je n’ai pas envie de refaire ce que je fais ici. J’ai besoin de m’y sentir tranquille.

De ces voyages, qu’as-tu importé ? Et qu’as-tu exporté de cette culture belge ?

Très bonne question une fois encore. Je ne me considère pas comme un grand voyageur. Pourtant, c’est ce qui était indiqué dans la bio du premier album. J’ai accompli quelques voyages, certes, mais bien peu par rapport à d’autres. Je me rends compte, avec le temps, que ce ne sont pas les voyages qui me nourrissent le plus. Voyager peut s’avérer intéressant pour rencontrer des gens, mais il y a tellement d’autres moyens pour y parvenir. Pour l’instant, je circule entre le Danemark et Bruxelles. Par la force des choses, je suis devenu un navetteur européen. J’utilise le transport ferroviaire pour polluer le moins possible. Ces moments me permettent de faire le point. Je les vois comme des sas de décompression.

Tu cites régulièrement Dylan et Neil Young comme sources d’inspiration. Y-a-t-il d'autres artistes qui t’inspirent ?

Oui. Mais une telle sélection s’avère un exercice difficile car il y en a tellement. Je pourrais citer Serge Gainsbourg, Léo Ferré, Lou Reed, Marianne Faithfull, Buena Vista Social Club, les Beatles ainsi que les carrières solos qui ont suivi. Dans l’univers du cinéma, j’épinglerai Pialat, Tarantino ou encore Akira Kurosawa.

Nous vivons toujours dans la crainte du Covid. Comment as-tu appréhendé cette pandémie en tant qu’homme, mais aussi comme musicien ?

Sujet sensible…

En tout cas, j'imagine que les déplacements entre la Belgique et le Danemark ont été extrêmement compliqués….

Oui, effectivement ! En ce qui me concerne, j’ai été relativement peu impacté par le Covid. Je n’ai pas contracté ce virus à ce jour. Mes parents n’ont plus. Pour être complet, j’ai eu quelques craintes pour ma mère qui travaille dans un supermarché. Je me rends compte, avec le recul, avoir eu beaucoup de chance. Certains ont vécu des drames. J’en ai connu un aussi, sans être totalement convaincu de la relation de cause à effet… « Amour colère » prend encore ici tout son sens. C’est un constat désolant. Cette situation a permis à de nouvelles voix de s’exprimer et de se rendre compte que des choses ne fonctionnent pas… Lorsque j’avais 20 ans, en caricaturant un peu, on connaissait déjà le mouvement altermondialiste. La crise de 2008 a vu le capitalisme craqueler de partout. Le Covid a mis en évidence les travers de ce régime, même si évidemment cet évènement s’est produit de manière fortuite. Un tas de gens se sont retrouvés du côté noir de cette frontière invisible de la mondialisation. Cette frange de la population reste persuadée que cette crise a éclaté parce que quelque chose ne tourne pas rond. Ce courant est large et trouve sa source d’inspiration dans des cercles politiques et spirituels différents. Le mouvement éco-socialisme, dans lequel je me retrouve, a sans doute un peu plus de voix au chapitre qu’avant la crise sanitaire. J’espère sincèrement que des gens comme Bernard Friot, François Ruffin ou encore Frédéric Lordon auront davantage d’audience qu’auparavant. Même ceux qui appartiennent à la bourgeoisie ont le sentiment que les choses doivent maintenant changer vers plus d’écologie. Dans une direction plus juste, plus résiliente, plus durable et plus respectueuse de l’environnement. Et il y a peut-être un pont à établir entre les écolos bobos et la gauche marxiste altermondialiste qui jouit de davantage de crédibilité. La situation que nous traversons est ridicule, presque burlesque. Regarde, nous sommes en plein festival et nous portons tous des masques. Un business s’est développé autour de cette tragédie. Tout est source de fric : sauver la planète, bien manger, etc. Celui qui dispose d’agent a tous les pouvoirs. De plus en plus de gens se rendent compte qu’il est nécessaire de changer le monde...

samedi, 21 août 2021 16:41

Les Têtes Raides explosent…

« Bing Bang Boum » constitue le quinzième album de Têtes Raides. Il sort sept ans après le précédent ; mais, surtout, le line up historique du groupe est reconstitué.

Ils sont tous là : Christian pour les mots, Grégoire au sax, Cali à la basse, Lulu à la batterie, Pierrot au trombone, Anne-Gaëlle au violoncelle, Édith au clavier, Serge à la guitare. Ils étaient présents au tout début, sont arrivés sur « Mange tes morts », sur « Les Oiseaux » ou à peine plus tard. Ils avaient pris du recul, plus ou moins longtemps. Et voici donc les retrouvailles avec cette équation géniale éclose à la fin des années 1980 : chanson, punk-rock et musique de cirque, énergie turbulente et vertige poétique, méditations électriques et pogo existentialiste, expressionnisme binaire et valse rebelle…

Nouveauté, ce son qui a gagné en âpreté, en raucité, en grain. Nouveauté, ces séquences et ces nappes qui se mesurent aux instruments habituels du groupe. Nouveauté, la certitude que Têtes Raides, cette troupe singulière, ne s’arrêtera pas à la célébration amorcée en 2020 avec l’album et l’annonce de la tournée ‘30 ans de Ginette’, et que le groupe expérimente toujours.

Écrit pour l’essentiel en 2019, l’elpee s’est miraculeusement trouvé en synchro avec ce que les musicos ont vécu dans l’étrange année perdue. Cri d’urgence, de liberté, d’humanité, besoin de vivre pleinement une fraternité déliée et franche.

Manifeste citoyen et poétique, « Bing Bang Boum » est évidemment un disque politique en même temps qu’il échappe à l’actualité. Cette intemporalité dialoguant avec l’époque est une singularité que l’on retrouve aussi dans la musique de Têtes Raides.

« Peur, » issu de cet LP et doublé d’une vidéo est disponible ici 

Multi-instrumentiste et fidèle à une élégance résolument british, l’Angevin Arno Sojo a choisi pour patronyme Sweet Gum Tree, il y a déjà plus d'une décennie.

Une démarche artistique également validée par des collaborations auprès de membres de Tindersticks, The Church ou R.E.M., la chanteuse Heather Nova ou encore Isobel Campbell, dont le featuring sur "Bird Of Passage" aura marqué les esprits raffinés. 

Sur des collages réalisés par Charlie Stopford, Sweet Gum Tree égrène avec nostalgie des souvenirs londoniens, dont cette session en forme de pèlerinage aux studios Abbey Road, dans une ambiance personnelle et intimiste à l'esthétique lo-fi assumée.

Le charme résolument DIY du montage, qui documente également les séances du nouvel album 100% analogique mis en boîte chez Kerwax (en compagnie du batteur des Tindersticks et du sax de Zenzile), trahit le même penchant décomplexé que Kurt Vile pour le fingerpicking, les sofas et les guirlandes lumineuses.

Le nouveau single et clip "Lifelines" est disponible

 

samedi, 21 août 2021 16:37

L’Eldorado de Catherine Graindorge

« Eldorado ». Une fable, une légende qui a poussé les conquistadors de plus en plus loin à travers un continent à la recherche de richesses. Un mythe, un Graal. Au fil du temps, il est devenu un mot chargé de plusieurs significations et de possibilités. Il peut aussi être un endroit pour trouver l’espoir et du réconfort, découvrir ses rêves. Voilà la musique d’« Eldorado », le deuxième album de Catherine Graindorge.

Bien qu’elle soit surtout connue pour ses collaborations avec un éventail d’artistes allant de Nick Cave à Yann Tiersen, en passant par Bertrand Cantat et Mark Lanegan, son travail pour le trio Nile on waX et ses compositions de musique de films ou théâtre, il y a plusieurs années que Graindorge voulait sortir un deuxième elpee. Mais « Eldorado » a connu une période de gestation beaucoup plus longue que prévue.

Une attente fructueuse. La musique, dit-elle, est devenue comme un journal intime. Chaque page apporte son lot de réflexions et de résonances. Elle a travaillé avec le producteur John Parish (PJ Harvey), qui joue aussi divers instruments sur l’album, dont la guitare sur le morceau hommage « Eno ». Graindorge lui avait envoyé son premier album, et cela a conduit à une amitié et à enregistrer la majeure partie de ce disque dans son studio.

Comme une série de sentiers perdus, la musique d’« Eldorado » prend de curieux détours. Elle passe de l’immobilité à la frustration. Les choses ne sont pas tout à fait ce qu’elles semblent être.

Le disque est très personnel, débordant de contes et réminiscences, comme « Rosalie », un morceau qu’elle a composé après avoir appris la mort d’une femme rwandaise qu’elle connaissait par l’intermédiaire d’un proche de son père.

« Lockdown » est en écoute

 

Composé par Stavros Dzodzos, enregistré par Marco Mottolini, mixé par Stéphane Chapelle et masterisé par Paul Gold, du studio Salt Mastering à New York (USA), le nouvel album rétro boogie-rock de Dirty Sound Magnet sortira début 2022.

Direction l'Âge d'Or du rock'n'roll par l’intermédiaire de son nouveau single, "Pandora's Dream" et son boogie diabolique !

Dirty Sound Magnet distille un rock psychédélique et bluesy, porté par une irrésistible rythmique funk. Si des noms tels que Graveyard ou Radio Moscow viennent tout en suite à l'esprit en écoutant DSM, l'expérience sonique qu'il propose est unique ; le groupe la qualifie de ‘retour mystique vers le futur’.

A l'instar du nouvel LP, le premier single "Pandora's Dream" a été enregistré live au studio du Dirty Sound Magnet. Le trio a souhaité recréer un son naturel et organique en travaillant sur une production épurée, en se servant seulement quelques micros et une table de mixage vintage.

Issu de ce futur long playing, "Pandora's Dream" est en écoute ici

 

samedi, 21 août 2021 16:29

Qui peut résister à Rodrigo Leão

Le nouveau single de Rodrigo Leão s’intitule "Who Can Resist", écrit par Kurt Wagner, frontman de Lambchop qui le chante en compagnie de la Canadienne Michelle Gurevich.

Après "Friend of a Friend", c'est le deuxième single extrait de son nouvel album "A Estranha Beleza da Vida", dont la sortie est prévue en octobre.

"Who Can Resist" est un bon exemple du casting vocal minutieux que Rodrigo recherche pour ses albums : la sélection de chanteurs qui correspondent aux ‘personnages’ créés pour l'histoire de chaque chanson ou de chaque disque.

Pour ce nouveau single, Rodrigo recherchait une voix à laquelle il pouvait s'identifier, comme un ‘alter ego’.

"Who Can Resist" a été composé durant l'été 2020, pendant le confinement de Rodrigo.

C'est une chanson heureuse et libre, à l'image de l'album dont elle fait partie : "A Estranha Beleza na Vida", un disque que Rodrigo considère comme la liberté de pouvoir créer sans frontières, sans limites".

A l’instar du précédent single "Friend of a Friend", ainsi que pour le long playing, la pochette de "Who can resist" a été réalisée par le célèbre écrivain et illustrateur Afonso Cruz.

Découvrez le clip de 'Who can resist' ici

samedi, 21 août 2021 16:27

God save Mycatisgreen !

Marre de cet été pourri ? Envie de soleil ? Marre du virus ?

Paperheartmusic vous propose le vaccin anti-déprime de l'été : "Cat save the Queen" de Mycatisgreen !

Composé et enregistré en solo durant le mois de mai, avec une guitare pour enfant et une vieille batterie qui prenait la poussière, "Cat save the Queen" est un Ep qui sent bon la pop lo-fi des années 90.

Courrez y jeter une oreille, on vous assure que l'été vous semblera tout de suite plus ‘green’... et surtout plus ensoleillé…

Le clip de "Cat save the Queen" est disponible

 

Sonic Tides est un groupe liégeois de rock alternatif à la musique névrotique et hypnotique.

Son nouveau single, “The Grass Grows”, est paru le 23 juillet dernier. Le clip complètement fou qui l’accompagne a été réalisé par Alex Orma, et met en scène Bright Eze (vice-champion mondial de bodybuilding en 2020) en premier rôle.

“The Grass Grows” est à voir et écouter ici

 

mardi, 17 août 2021 10:05

A tous les bâtards

De Pretto s’est rapidement fait connaître grâce à des mots judicieusement choisis dans des textes poignants sur fond de mélodies accrocheuses.

Sa « Fête de Trop » évoquait muqueuses, amants de passage, mecs chopés ou encore rails de coke enfilés ; ce qui lui avait d’ailleurs permis de décrocher une nomination largement méritée aux Victoires de la musique, en 2018.      

Dès son plus jeune âge, il baigne dans la chanson française, sa mère l’encourageant à écouter Brel, Brassens ou encore Barbara.

Il nous propose donc son second elpee, un disque qu’il a baptisé, « A tous les bâtards », et qui fait suite à « Cure » (NDR : rien à voir avec la bande à Robert Smith !). On y retrouve une verve toute aussi saignante que cinglante, mais parsemée de sursauts ténébreux.

Eddy (re)fait du de pretto. Pas vraiment de surprise. Il s’adresse de nouveau à une frange de la population aussi large que possible. A cette seule différence près, c’est qu’ici, il parle surtout de lui-même de manière grave et primaire.

Nettement plus autobiographique donc, ce disque jette un œil dans le rétroviseur pour relater certains grands moments de son existence. A l’instar de « Bateaux-Mouches » où il se remémore ses débuts d’apprenti chanteur ou encore « Val de larmes » dans lequel il dénonce les violences policières tout en remerciant ce visage pâle qui l’aurait sauvé d’une délinquance certaine.

A contrario de « Cure », l’expression sonore ce cet LP est davantage hybride. Elle passe de la pop au rap sur « Créteil Soleil », quand elle ne se convertit pas à la variété pure et dure (« A quoi bon ») ou encore opère un petit détour vers l’électronique (« La Fronde »).

Plutôt bien ficelées dans l’ensemble, les chansons s’imprègnent de son vécu tout en dénonçant, sans aucune prétention, les injustices de (sa) la vie comme ce « Freaks » qui s’adresse principalement aux exclus.

Fidèle à lui-même, ce jeune artiste offre là encore une belle palette de ses capacités lyriques et musicales. Trempée dans le vitriol, sa plume demeure encore sa plus belle arme…

On reprochera cependant à l’artiste de ne pas être parvenu à fondamentalement à se renouveler préférant se complaire dans une certaine zone de confort.

On aurait aimé pourtant le voir explorer de nouveaux horizons. Faire preuve aussi d’un peu plus d’autodérision et mettre de côté cet ego qui semble le ronger...

dimanche, 25 juillet 2021 11:43

Cœur

Si la « Grenade », qu’elle prenait plaisir à cacher sous les seins, avait marqué les esprits tant par sa (fausse) légèreté, que par la musicalité, l’audace et le manque de pudeur, les battements de son « Cœur » risquent de devenir carrément… explosifs.

Après un premier opus récompensé de deux Victoires de la Musique, Clara Luciani est de retour, non plus comme militante, mais plutôt à travers toutes les facettes de l’Amour, fil rouge décomplexé de son nouvel essai.

Trois années après gravé « Sainte-Victoire » et sa pléiade de chansons radiophoniques (« La baie », « Nue »), celle qui a poussé la chansonnette chez La Femme exploite, sous ce nouveau format, une palette de sentiments joyeusement colorés.

Alors que le titre éponyme et plage d’ouverture s’amorce sur des… chœurs, très vite la direction artistique se confirme et se consolide : basse percutante et synthés dignes du début des 80s. Sans oublier cette voix grave (à la garçonne) si singulière.

La Martégale (donc Provençale), jadis complexée par sa taille et son physique (« J’sais pas plaire »), assume aujourd’hui pleinement son engagement féminin/féministe, en s’autorisant des textes plus personnels et introspectifs qui relatent ses déboires amoureux.

Croquant la vie à pleines dents, elle s’ouvre et (re)définit les contours de l’universalité des épreuves de l’existence, même si sa musique adopte une trame disco dansante.

Femme fragile et/ou femme forte, elle demeure, cependant, très pragmatique. Elle sait ainsi aussi bien s’amuser de la passion des premiers jours (« Tout le monde (sauf toi) »), que de s’inquiéter de la dégradation d’une relation ou encore du drame de la séparation (« Le reste »). Le tout en libérant un groove pétillant qui fait passer la pilule beaucoup moins amèrement.

Enfin, Luciani tente à nouveau un duo audacieux, puisque à l’instar de « Qu’est-ce que tu es beau » partagé en compagnie de Philippe Katerine sur l’elpee précédent, c’est Julien Doré qui s’y risque sur « Sad et Slow », une plage vintage imprimée sur un down tempo gentillet…

Bref, un disque lourd de péripéties, mais chargé d’espoir. Lumineux aussi, mais comme lors d’une nuit d’été. Celui en tout cas d’une femme plus sereine et en phase avec son temps et son époque…

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