Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

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Dernier concert - festival

Hooverphonic
dEUS - 19/03/2026
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

Du jeudi 2 au samedi 18 juillet

    2je

            Terence Blanchard & Ravi Coltrane | Miles Davis & John Coltrane Celebration

            Stanley Clarke N*4Ever

            Lakecia Benjamin

            Sun Ra Arkestra

            Brahja Trio

            Bodem

   

    3ve

            Angus & Julia Stone

            José González

            Dressed Like Boys

            Marble Sounds

            Lambert

            Cassandra Coleman

            Tiwayo

 

    4sa

            John Hiatt Solo

            Suzanne Vega

            Luka Bloom

            TP Le Green

            RAMAN

            Curiosity Shop

            Sophia Ammann

            Cheap Cult

   

    5di

            Alabama Shakes

            Fatoumata Diawara

            Admiral Freebee

            Fifty Foot Combo

            Rio Kosta

            Space Quartet

            Bruno Berle

   

    7ma

            Van Morrison

            Axelle Red

            D.K. Harrell

            Annie & The Caldwells

            Jon Muq

            Michelle David & The True-tones

 

    9je

            Patti Smith Quartet

            Tindersticks

            Yasmine Hamdan

            Bab L'Bluz

            Ink Ognito

            KAMEEL

            Amaea Rae

   

    10ve

            Marcus Miller | We Want Miles!

            Charles LLoyd Quartet

            Nate Smith

            Shabaka

            OLA TUNJI

            Tomoki Sanders

            Josh Johnson

            Etuk Ubong

            Julien Tassin

   

    11sa

            Celeste

            Mari Froes

            Olympia Vitalis

            Sorvina

            BEX

            The Milk

            TROY

            Tommy WÁ

   

    12di

            Tamino

            Ão

            Maro

            Dominique Fils-Aimé

            Gala Dragot

            molrat

            Kinda

            Helga Ameye

   

    13lu

            John Legend

            Selah Sue & The Gallands

            Samara Joy

            Lady Linn & Her Magnificent Seven

            aron!

            Bel Cobain

   

    14ma

            Ludovico Einaudi

            Ballaké Sissoko

            Alessandro "Asso" Stefana

            Zena

            Isabelle Lewis

 

    15me

            Ludovico Einaudi

            Ballaké Sissoko

            Alessandro "Asso" Stefana

            Zena

            Isabelle Lewis

   

    16je

            Snarky Puppy

            Darkside

            Stavroz

            Moses Yoofee Trio

            Mattias De Craene ft. Black Koyo

            KVR

            De Beren Gieren

   

    17ve

            Asaf Avidan

            Warhaus ft. Julien Libeer

            Trixie Whitley

            Mei Semones

            James Emmanuel

            K.ZIA

            Sugarbunny

   

    18sa

            Gent Jazz Talent 2026

            TUKAN

            Omasta

 

https://www.gentjazz.com/fr/

dimanche, 10 mai 2026 20:10

La déglutition difficile de SLOT

Basé à Baltimore, dans le Maryland, SLOT s’impose comme un projet dance‑punk à haute pression mené par Abby Detrich au chant et Max Detrich à la basse, épaulé par une boîte à rythmes. Le duo développe un langage sonore immédiatement identifiable, où la sécheresse post‑punk se confronte à des beats électroniques massifs et des lignes de basse abrasives. Entre noise‑pop, rock alternatif et pulsations club, la formation privilégie une approche physique et directe, conçue pour entraîner les corps autant que les esprits.

L’histoire de SLOT prend racine dans la scène DIY américaine. Abby et Max se rencontrent comme bénévoles au festival MACROCK en Virginie, réunis par une passion commune pour les concerts en appartement et les tournées indépendantes. À la suite de la dissolution d’un précédent combo post‑punk durant le confinement, ils lancent SLOT. À partir d’une boîte à rythmes Boss DR‑5 empruntée, Max convertit son expérience de batteur en mécaniques électroniques, tandis qu’Abby affine une écriture frontale et s’affirme comme performeuse magnétique.

Attendu le 11 septembre 2026, « Dry Swallow » marque une nouvelle étape dans l’évolution du duo. Dans la continuité de « Limbo » (2023), ce long playing se montre plus affirmé, plus mordant et plus libre. L’opus explore les zones de friction entre performance, désir, image de soi et réappropriation du corps, sans filtre ni complaisance. Cette matière thématique irrigue chaque titre, cherchant un équilibre tendu entre urgence punk, efficacité rythmique et théâtralité pop.

Enregistré en Virginie sous la houlette de Danny Gibney, « Dry Swallow » revendique un travail poussé sur les textures. SLOT y conjugue une sensibilité DIY à des choix de production plus expérimentaux, multipliant les contrastes entre mécanique froide et vibrations organiques, notamment par des traitements vocaux atypiques.

Premier extrait de l’elpee, « I Like My » résume parfaitement cette direction. En un peu plus de deux minutes, le duo condense basses râpeuses, attitude bravache et énergie dance‑punk nerveuse. Le morceau aborde la réappropriation du plaisir et de l’image de soi, dans un esprit aussi accrocheur qu’insolent, capable de dialoguer aussi bien avec les playlists alternatives qu’avec les auditoires curieux de nouvelles hybridations.

Electric Six poursuit son œuvre d’excès contrôlé. Le groupe disco‑punk de Detroit annonce la sortie d’une réédition remasterisée et largement augmentée de son quatrième album, « I Shall Exterminate Everything Around Me That Restricts Me From Being The Master », initialement paru en 2007. Pour la toute première fois disponible en vinyle, l’album bénéficie d’un somptueux format double LP pressé sur vinyle rouge rubis translucide, à la hauteur de la folie créative qui l’anime.

Cette réédition accompagne le retour du groupe sur scène avec une tournée américaine entamée fin avril et qui s’achèvera le 23 mai, avant de traverser l’Atlantique pour une série de dates britanniques. Electric Six lancera cette tournée européenne le 11 juin au Download Festival, avant de parcourir le Royaume‑Uni jusqu’au 28 juin.

À sa sortie originale, le chanteur Dick Valentine décrivait l’opus comme le fruit d’un ‘accès excessif à l’excès’. Une déclaration qui résume parfaitement ce disque foisonnant, oscillant entre cabaret jazzy (« It’s Showtime! »), pop rock calibrée pour la radio (« When I Get To The Green Building » ») et explosions new wave teintées de stoner rock (« Dirty Looks »). Fidèle à sa philosophie, le groupe y mêle humour absurde, hédonisme assumé et énergie débordante pour capturer le chaos jubilatoire du monde moderne.

En collaboration avec Metropolis Records, Electric Six a profité de cette réédition pour enrichir l’elpee de cinq titres bonus. Parmi eux figure le single actuel du groupe : une reprise particulièrement musclée du classique « One de Harry Nilsson » (1968). Dick Valentine raconte avoir retravaillé ce morceau à travers ‘la machine musicale Electric Six’, pour en livrer une version plus abrasive et nerveuse, enregistrée à l’origine pour une campagne publicitaire liée à l’univers du jeu vidéo. Une relecture mordante et ironique, fidèle à l’esprit de la formation.

Formé à Detroit en 1996, Electric Six s’est imposé comme un groupe inclassable, capable de fusionner garage rock, new wave, punk, disco et metal, toujours avec un second degré jubilatoire. Révélé au grand public en 2003 grâce aux tubes « Danger! High Voltage » et « Gay Bar », le combo n’a cessé depuis de publier des albums et d’écumer les scènes, notamment au Royaume‑Uni, où il jouit d’un public particulièrement fidèle.

Grâce à cette réédition vinyle événement, Electric Six rappelle qu’il reste un maître incontesté de l’excès… et qu’il n’a aucune intention de lever le pied.

 

Ma 26.05.2026
COOL presents Lady Wray

Ma 09.06.2026
COOL presents An Evening With Theo Katzman

Me 24.06.2026
COOL presents Dilated Peoples

Je 29.10.2026
High Hi

Ma 09.02.2027
Heather Nova

 

https://www.hetdepot.be

 

mar. 12 mai |
Corne de Gazalle x AB talk

mar. 09 juin |
Tashi Dorji

dim. 04 oct. |
Alister Spence

dim. 08 nov. |
Against The Current

jeu. 26 nov. |
Juste Shani

sam. 28 nov. |
ILA

jeu. 17 déc. |
Plain Jane

sam. 06 févr. |
Isaac Roux

http://www.abconcerts.be

 

Le festival Werchter Parklife confirme l’arrivée de LANDMVRKS. Le groupe français de metalcore remplace Against The Current, contraint d’annuler sa venue. Première édition du festival à la journée : rendez-vous le dimanche 28 juin 2026 au Festivalpark de Werchter.

Originaire de Marseille, le quintet assume ses influences – avec un clin d’œil appuyé à Linkin Park – et s’est imposé en dix ans comme l’un des noms majeurs du metalcore européen. Leur dernier album, The Darkest Place I’ve Ever Been, est présenté comme leur projet le plus personnel et ambitieux à ce jour, sans perdre l’intensité qui a forgé leur solide réputation scénique. LANDMVRKS sera à découvrir à Werchter Parklife, avant de retrouver la Main Stage de Rock Werchter une semaine plus tard.

Aux côtés de la tête d’affiche Linkin Park, l’affiche réunit aussi Papa Roach, Clipse, Zwangere Guy et Phantogram. Les derniers billets sont en vente sur Ticketmaster : l’entrée “General admission” est épuisée, mais il reste un nombre limité de “Pit tickets” et de packs “Lounge”.

https://www.werchterparklife.be/fr/

Il y a un moment dans ‘Maintained Love’ où Mauro Pawlowski avoue qu’il court pour attraper un bus et se surprend soudain à penser à quelqu’un qu’il aime. Pas de dîner aux chandelles, pas de grand geste : juste un fantôme qui apparaît à des moments aléatoires, et la prise de conscience tranquille que cela suffit. C’est peut-être la chanson d’amour la plus désarmante de sincérité qu’il ait jamais écrite.

Aujourd’hui chez Unday Records, ‘Maintained Love’ (en écoute ici) est le nouveau single extrait de son prochain album ‘Unspectacular Times’, attendu le 19 juin. Là où d’autres morceaux du disque s’appuient sur des synthés imprégnés des années 80 et des lignes de basse entraînantes qui définissent l’album, celui-ci prend son temps. Chaleureux, un brin ironique, il dissimule au passage un clin d’œil au groupe punk britannique obscur The Homosexuals, bien en évidence.

‘Unspectacular Times’ est produit par Scorpio Twins aka Stéphane Misseghers (dEUS) et Bruno Coussée (Rheinzand), avec Brianne Dunne — batteuse de Daryl Hall & John Oates — présente sur cinq titres de l’album. Il s’agit à ce jour de la déclaration pop la plus aboutie de Pawlowski, signée par l’une des figures musicales belges les plus infatigables et collaboratives : un musicien dont la carrière traverse Evil Superstars, dEUS, le théâtre, la danse, le cinéma, et plus d’alter ego que la plupart des artistes n’ont d’albums.

‘Unspectacular Times’ sort le 19 juin chez Unday Records.

 

Daté du 1er mai 2026, l’EP « Medications In Bloom » marque une nouvelle étape pour ASTARI NITE. Pensé comme une invitation à l’audace, le disque traverse des thèmes de glamour, de romance, d’autopréservation et de décadence, avec une idée directrice simple : se défendre, s’affirmer et ‘trouver du positif dans le négatif’. Le groupe encourage l’auditeur à rire plus fort, à oser davantage, à ouvrir des portes et à dire bonjour aux inconnus — une célébration de l’acceptation où, comme le résume le communiqué, « tout le monde mérite d’être aimé ».

Cette sortie s’accompagne du clip officiel de « Dry Shampoo X », nouveau morceau-phare qui illustre l’esthétique dark/glam alt du quatuor : un alliage de post-punk, new wave et rock alternatif, à la fois direct et sophistiqué. La vidéo prolonge l’univers cinématographique et nocturne d’ASTARI NITE, et confirme la capacité du groupe à faire cohabiter tension sombre et refrains accrocheurs.  Et il est disponible ici

 Le titre « Medications In Bloom » puise dans une histoire intime. Mychael Ghost, chanteur d’ASTARI NITE, raconte : ‘Ma mère ne va pas bien depuis un certain temps. Ma vie, depuis quatre ans et demi, se résume à des rendez-vous chez le médecin, des échanges avec les infirmières, l’achat de fleurs qui me font éternuer… Malgré tout, à chaque fois que son ordonnance est renouvelée, j’en suis rapidement informé. Un jour, j’ai reçu cette alerte rassurante et je me suis dit : YOUPI, “Medications In Bloom” à nouveau’. Une manière d’ancrer la notion de “floraison” dans un quotidien fragile, où la beauté et l’inquiétude se répondent.

« Medications In Bloom » est proposé en édition limitée CD et disponible sur l’ensemble des principales plateformes numériques à l’international. Dans la continuité, la formation indique vouloir démarrer l’enregistrement de son prochain album cet été, prolongeant une discographie en constante évolution.

Formé à Miami en 2013 par Mychael Ghost (chant) et Illia Tulloch (batterie), ASTARI NITE s’est stabilisé avec Howard Melnick (guitare, production) et Danny Ae (claviers/basse, production). Le combo s’est fait remarquer dès ses débuts, notamment après la sortie de « Stereo Walz »  et des apparitions marquantes (dont une première partie de Peter Murphy à Miami, puis le Wave-Gotik Treffen à Leipzig). Depuis, les sorties se sont enchaînées, entre EP et elpees, tout en affichant un goût prononcé pour la collision des genres : alternatif, post-punk, new wave, dark wave et synth rock.

Côté influences, la presse rapproche volontiers ASTARI NITE de références comme Clan of Xymox ou Placebo, tout en soulignant une signature propre, ‘cinématographique et occulte’. Sur scène, le groupe a partagé l’affiche avec de nombreux artistes (Peter Murphy, The Damned, Black Rebel Motorcycle Club, She Wants Revenge, Clan of Xymox, Cold Cave, Peter Hook and The Light, Psychedelic Furs, Modern English, Midge Ure/Ultravox, She Past Away, The Raveonettes…), renforçant sa place dans le circuit alternatif international.

 

Après « Eral Fun », Daniel Benyamin poursuit son aventure solo en publiant « Life After Music », un double album qui paraîtra le 15 mai 2026 via Ghost Palace Records/Cargo. Pensé comme une œuvre totale, le disque se déploie sur quatre faces thématiques — solitude, espace, vie, silence — et pose une question simple, presque vertigineuse : que devient la musique quand le silence disparaît ?

À l’heure des playlists infinies, du ‘bruit blanc’ des titres interchangeables et des morceaux générés par l’IA, Benyamin n’apporte pas de morale : il propose une expérience. « Life After Music » sortira physiquement uniquement sous forme d’album complet, tandis que sa version digitale se dévoilera par étapes — comme on tourne des pages. Une manière de ralentir, de se réapproprier l’écoute et de questionner notre rapport à la musique devenue simple fond sonore.

Composé dans un studio isolé au pied du mont Olympe — un refuge baptisé ‘Dolphin Palace’ — l’opus commence par des vignettes pop concises, accrocheuses et subtilement expérimentales, avant de se dissoudre peu à peu : les grooves s’éloignent, les couleurs se délavent, le volume devient silence. Au cœur du projet, la solitude et le retrait ne sont pas des signes de renoncement, mais une recherche d’espace et de clarté.

Premier extrait, « Holding Hands » s’accompagne d’un clip réalisé, filmé et monté par Laura Straubel. Le morceau donne le ton : une pop-song lumineuse en surface, traversée par une inquiétude sourde, qui interroge l’intimité à l’ère de la saturation numérique. Et il est à voir et écouter ici 

Au-delà du disque, Daniel Benyamin prolonge sa réflexion dans le réel : il a cofondé la Ghost Palace Artist Society, une initiative en faveur d’un revenu de base universel pour les artistes. Une dimension sociale qui résonne avec un parcours hors cadre : ex-membre de Sea + Air et Jumbo Jet, auteur de plus de 2 000 concerts dans 35 pays, il façonne depuis l’adolescence des passerelles entre la mélancolie de Bach, les angles de la new wave et des textures synthétiques qu’il revendique sous le nom de ‘Ghost Pop’.

« Life After Music » paraîtra ce 15 mai 2026.

mardi, 05 mai 2026 18:02

Le jour de Chanel Beads viendra

Chanel Beads — le projet new-yorkais de Shane Lavers — sortira son deuxième album, « Your Day Will Come », ce 26 juin. Un titre qui surprend au premier regard : l’artiste avait déjà baptisé ainsi son elpee en 2024. Mais pas question de ‘partie 2’ ni de relecture : il s’agit d’un tout nouveau corpus, né de sessions ultérieures et d’une phrase qui, au fil de l’écriture, a pris une nuance plus ambivalente. Derrière l’affirmation se cache une question insistante — ton jour viendra-t-il, à quoi ressemblera-t-il, et comment en être certain ? — une tension entre certitude et doute qui irrigue tout le disque.

Pour accompagner l’annonce, Chanel Beads dévoile « Song for the Messenger », première porte d’entrée dans cette nouvelle phase. Écrite alors que Lavers s’installait dans un quotidien de musicien à plein temps, la chanson condense cette impression d’être anesthésié par un monde ‘absurdement cruel’, laissant les pensées rebondir puis se figer. Lavers résume le vertige avec une lucidité mordante : ‘Cette chanson se moque de moi. Comme si tu regardais par-dessus ton épaule en marchant vers le bord d’une falaise’. Et il précise l’intention visuelle : ‘Le clip parle de l’absence de peur’ (à voir et écouter ). 

« Your Day Will Come » marque aussi un tournant sonore : davantage de parties originales, davantage de musicien·ne·s, et une écriture plus structurée sans renoncer à l’étrangeté qui fait la signature de Chanel Beads. L’opus a été façonné dans le petit studio de Lavers à Brooklyn, presque nu, avec des enceintes placées au plus près — au point, raconte-t-il, de sentir l’air à chaque impact de grosse caisse. Il y applique une forme de pragmatisme instinctif (‘si ça marche, ne touche à rien’), enregistrant avec le micro disponible et construisant la chanson à partir de cette prise. Le violoniste Zachary Paul y occupe une place plus importante, tandis que la voix diaphane de Maya McGrory traverse à nouveau le disque. Des moments partagés entre ami·e·s ont aussi mené à des contributions de Tchad Cousins (Urika’s Bedroom), Mari Maurice (More Eaze), Anastasia Coope, Bella Litsa et Isaac Eiger (Threshold).

Sur le fond, Lavers avance par fragments : des paroles faites de questions ouvertes, de souvenirs qui se dérobent et de scènes à la logique presque onirique. Il s’intéresse particulièrement à la coexistence du nihilisme et de l’amour — ‘On a l’impression que l’un devrait anéantir l’autre, mais ce n’est pas le cas’ — et à cette capacité qu’a l’émotion de se transformer quand on la serre trop fort, jusqu’à la transcendance. Entre liminalité, auto-hantise et spectres de pertes précises, « Your Day Will Come » dessine un espace où l’intime se cogne au monde extérieur, et où la certitude se fissure au moment même où elle s’énonce.

Installé à New York depuis 2022, Shane Lavers s’est d’abord fait remarquer en ligne grâce à des titres comme « Ef » et « True Altruism », avant que Chanel Beads ne passe des concerts en maisons et shows improvisés dans des tunnels ferroviaires abandonnés à des scènes bien plus vastes — jusqu’à assurer des premières parties pour Lorde lors de sa récente tournée nord-américaine en arénas.Sur ce nouveau long playing, Chanel Beads confirme une montée en puissance : plus collectif, plus incarné, mais toujours travaillé par ce même trouble — celui d’un futur qui se referme lentement comme une fenêtre, et d’une question qui insiste.

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