La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

logo_musiczine

Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

giaa_kavka_zappa_15
dEUS - 19/03/2026
Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Mighty Joe Young

Joe Young est né en 1927 à Shreveport, en Louisiane. Il a vécu à Milwaukee et à Los Angeles où il a exercé la boxe, en amateur. Mais le virus musical le ronge ; et il revient dans sa Louisiane natale en 1955, pour y enregistrer une première fois. Il aboutit finalement à Chicago, où il peut côtoyer les grands : Jimmy Rogers, Otis Rush, Magic Sam, Albert King et Koko Taylor. Cet artiste attachant nous a malheureusement quittés en 1998.

Cette collection est découpée en douze plages issues de ses deux albums édités par le label Ovation en 1974 et 76 : "Chicken heads" et "Mighty Joe Young". Deux sessions différentes commises en compagnie de deux formations distinctes.

"Green light" ouvre l'album sur un ton funky. Les claviers synthétiques d'Ed Tossing ne me bottent pas trop. Heureusement, la trame rythmique est solide : Cornelius Boyshaw à la basse, Alvino Bennett à la batterie et William Chinnock à la rythmique. Bien soudée, cette section est irréprochable tout au long de "Need a friend" ; un bon blues lent, accentué à la manière d'Albert King. "Takes money" est issu du même moule, mais souffre de la présence de ce malheureux synthé. Joe a une bonne plume. R&B bien entraînant, "I give" aurait pu figurer sur une bande sonore des Blues Brothers. On entend distinctement le piano de Kenneth Saydak qui s'éclate, pendant que le solo de Young tire son épingle du jeu, d'une manière bien inhabituelle. Sur l'accrocheur "Take my advice", il échange avec bonheur des soli avec son second, Bill Chinnock. Les plages enregistrées en compagnie des autres musiciens sont plus palpitantes. "As the years go passing by" est un canon du blues. On y est même en plein cœur. Joe le chante avec passion et fièvre. Epaulée de celle de Ron Steele, sa guitare bavarde par petites phrases bien senties, pendant que le piano de Floyd Morris souligne à la perfection cette interprétation fiévreuse et nonchanlante. "Big talk" persiste dans le même registre. Sur un riff que n'aurait pas renié Muddy Waters en personne. Sans être très puissante mais avec le soupçon de sensibilité et de vécu indispensable, la voix de Mighty Joe est bien modulée pour chanter le blues. Signée Calvin Carter et Bobby Rush, "Chicken heads" est une plage funky sans doute inspirée par le son de New Orleans. "Something on your mind" est une ballade blues aux accents soul, à la mélodie soignée, un peu dans le style de Fenton Robinson. Cette voix, capable de se faire si douce et élégante, lève le ton sur "Serve my time" lorsque les guitares rythmiques tiennent le devant de la scène. Cette collection se referme sur "Take over Chicago", une ballade soul soutenue. Un coup de chapeau à Blind Pig pour avoir exhumé ces bandes devenues rares, avec le temps.

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

X Three

Les 3 X belges sont tout sauf des inconnus. Cette formule consacre, en fait, la réunion du plus connu des bluesmen francophones avec la meilleure section rythmique qui puisse exister, côté néerlandophone. Fred Lani est le fer de lance de Fred and the Healers. Son chanteur/guitariste qui reconnaît habituellement pour influences majeures Stevie Ray Vaughan, Rory Gallagher et consorts. Willy Maze et R.C Stock ont sévi au sein des meilleures formations belges du style ; et en particulier Electric Kings et Last Call.

"Evening" est une ouverture funky. Lani est très différent du musicien que nous connaissons. Son style très libre, dégagé, persuasif, disserte ici entre jazz et rock! Fred a écrit "If you were a queen". Une compo qui démarre tout en douceur en réverbérant des échos du Delta, jusqu'au moment précis où un riff électrique implacable nous étreint pour ne plus nous libérer, pendant que les percussions de Willy et la basse de R.C assurent à l'unisson derrière. Ou plus exactement aux côtés des cordes. Je l'ai écrit autrefois, j'ai toujours été contrarié par la cohésion de la section rythmique chez les Healers. Ici, rien à voir avec leur blues rock populaire. Aussi, pas besoin de soulever une semblable remarque. La guitare épouse une sonorité électrique fort métallique. Les riffs sont réverbérés très à l'avant. Le son est très personnel. Le chant reste en retrait et ne menace à aucun moment de crever l'écran. Bien que l'ombre d'Otis Rush y plane quelque peu, "No more sweet potatoes" de Willie Dixon semble davantage venir du pays des voodoos que de Chicago. L'instrumentation est minimaliste. Fred joue avec force et parcimonie. Le sens mélodique est très présent. Une formule qui lui va comme un gant, mais s'avère très différente du style qu'il pratique habituellement. Cette trame permet un développement musical. Le trio en profite, usant de cette atmosphère pesante autant que menaçante pour dépasser les 9 minutes. "That's all right Mama" d'Arthur Big Boy Crudup galope sur un mode country blues. Un fragment enrichi de fantaisies percussives exécutées par Willy Maze et caractérisé par une insolente sortie jazzy de Lani. Le son déjà écorché jusqu'alors devient encore plus sale, et prend l'allure d'un boogie infectieux sur la cover de "Dirty dozen" du pianiste Speckled Red. Les cordes semblent désaccordées mais ce n'est qu'une illusion! La révolution sonore de Fat Possum a indubitablement atteint notre vieux continent. C'est incontestable à l'écoute de cet album. Mais il est heureux d'avoir laissé Fred distiller toutes ces notes inspirées sur une plage telle que "Ain't that loving you baby" de Jimmy Reed. Il est très agréable d'entendre la joie de chanter les trois comparses, à l'unisson, sur le curieux "Police dog blues" de Blind Blake! Le son de la slide dispensé tout au long d'"I can't be satisfied" est très perçant. Cet instrument dirige même ici la manœuvre. Dommage que le chant soit si étouffé. Le même constat se répète pour "One dime blues" de Blind Lemon Jefferson. La guitare, les percussions et les autres bruitages supplantent avec aisance le vocal fragilisé. Certaines rumeurs laissent sous-entendre que l'expérience de X3 n'était que temporaire. Pourtant, elle est digne d'intérêt et mériterait une prolongation, afin de permettre à ce trio d'atteindre une cohésion, qui ajoutée à leur spontanéité naturelle, devrait aboutir à une nouvelle identité qui sorte de l'ordinaire. Et on en est convaincu à l'écoute d'"I was 17". Le titre que je trouve le plus équilibré et plus que probablement le ferment d'un futur utile pour la cause de notre blues national. La slide dispensée en finale de "County jail blues" corrobore ce point de vue.

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Guitar Brothers

Originaire de San Francisco, Joe Louis Walker est aujourd'hui âgé de 52 ans. Il vient de terminer un contrat de six albums en 7 ans, pour le label Verve. Il connaît Otis Grand depuis belle lurette. Il a d'ailleurs produit personnellement deux de ses albums. Et cette rencontre entre deux merveilleux guitaristes ne peut laisser indifférent.

Dès les premières mesures du slow blues savoureux "Snake Bit", la voix chaude et puissante de Walker envahit l'espace sonore. Sa lap steel Rickenbacker rugit dans des crescendos vivaces, pendant qu'Otis assure le rythme. Les deux musiciens affrontent le R&B West Coast tout au long d'"Imitation ice cream blues" et d'"I'm getting drunk" de Johnny Guitar Watson. Leurs cordes s'y libèrent dans ce style jump. La reprise d'une composition de Danny Kirwan est assez surprenante, mais bien réussie. Elle me rappelle le rock pratiqué par le Fleetwood Mac à la fin des 60s. Les échanges pratiqués alors par Kirwan et Peter Green sont ici partagés entre Joe Louis et Otis. Une adaptation sans étincelle, mais rondement menée. Composé par Otis, "Better off alone" est un merveilleux blues lent. Les deux guitaristes rivalisent d'adresse, mais la dose d'émotion libérée par de tels magiciens des cordes est phénoménale. L'opus épingle trois plages instrumentales, dont un "Friends" signé BB King. Une occasion idéale pour permettre à Joe de faire de la corde raide sur "Bliss street blues". Cette compo imprimée sur un tempo lent et rehaussée par la présence de George Bisharat à l'harmo, met Otis à l'honneur. Presque rock'n'roll, "Rude women" est un blues rythmé, drivé par le piano très boogie de Chris Burns et traversé par le sax de Cash Farrar qui hurle dans le décor. "Regal blues" est délivré dans le plus pur concept de BB King. L'interprétation est très passionnée et fougueuse. Cet album de bonne facture s'achève par le rapide "I'm gonna love you". Une cover de Jimmy Reed caractérisée par l'harmonica qui monte bien dans les aigus, le piano, et bien entendu les deux guitares...

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

88th & Jump street

Kenneth Wayne Spruell est issu du Nord Ouest américain. De Spokane, dans l'Etat de Washington, pour ne rien vous cacher. Son enfance, il l'a cependant passée à San Francisco. Aujourd'hui, il vit au Canada. A Vancouver. Inspiré par Amos Milburn et Fats Domino, il s'est forgé une formidable réputation de pianiste.

Au pays du piano et des ses 88 touches, il n'est guère étonnant qu'un album débute par un boogie. Et ce boogie s'intitule "My Nadine". Une composition abordée dans un esprit très rock'n'roll. Kenny chante d'une voix naturellement puissante. Dès la première occasion, le piano s'envole et accomplit des exercices de haut vol, pendant que Jeff Healey sort un joli solo tout en retenue. Atteint de cécité, ce prestigieux invité canadien est loin d'être un manchot à la six cordes. Lustré par les chœurs féminins conjugués par Karen Krystal et Pamela Patmon, "River of no return" nous entraîne dans des sentiers proches de la Nouvelle Orléans. "Laughing stock" est un blues lent classique au cours duquel Mel Brown s'acquitte d'une partie de guitare très orthodoxe. Particulièrement solide, la section rythmique implique Bob Stroger à la basse, et Willie "Big Eyes" Smith aux drums, deux solides représentants du Chicago blues. "My new gal" hausse le rythme. David "Hurricane" Hoerl apparaît à l'harmonica. A l'instar des grands pianistes de New Orleans, Kenny est un spécialiste du piano qui roule (rolling). Il le démontre tout au long de "Going down south" et sur l'excellent "Don't knock on my door", enrichi par ailleurs de cuivres. Trombone, saxes et Chris Whiteley à la trompette. Héritée de ses parents originaires de la Louisiane, cette sensibilité néo-orléanaise est également marquée tout au long des ballades "With these hands" et "Where did my baby go?". Deux fragments assez proches de ce que pouvait accomplir Fats Domino. Sur cette excellente dernière plage, Mel Brown, Stroger et Smith sont à nouveau au poste. Instrumental boogie, le titre maître consacre des échanges entre le piano du Blues Boss et l'harmonica. "Smokin' boogie" est un autre instrumental au cours duquel le piano, pour la circonstance, tient compagnie à la seule guitare de Jeff Healey. De l'excellent travail ! L'album se referme par un superbe blues interprété en duo. Un titre judicieusement intitulé "We love the blues". Jeff Healey est bien présent pour partager la sensibilité exacerbée de son blues, en ne distillant de ses cordes que les seules notes nécessaires. La voix de Wayne est taillée sur mesure pour exécuter ce style. Un tout bon album !

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

The Volker Striffler Band

Ce n'est pas une surprise si Roben Ford a écrit quelques mots sur la pochette, pour nous dire combien il appréciait le musicien, le compositeur et le chanteur Volker.

"Doggin' it" est une excellente entrée en matière. Si cette composition me fait penser à Magic Sam, le groove libéré par la section rythmique, composée de Claus Bubik à la basse, et de Stefan Bollack aux drums, manifeste davantage d'affinités avec Double Trouble. A cause de ce son caractéristique popularisé par les meilleures formations texanes. Et je pense ici tout particulièrement au style imposé par Stevie Ray Vaughan. Strifler est un guitariste très subtil qui possède, en outre, plus d'une corde à son arc. "Never like this before" baigne au sein d'une atmosphère néo-orléanaise. Une situation peu fréquente pour une formule trio guitare, même si Tony Lufrano a été invité à siéger derrière un piano. Pour interpréter "Struck by lightning" Tony est passé à l'orgue. A la manière de Jimmy Smith il y entretient une ambiance cool, particulièrement jazzyfiante. Volker maîtrise parfaitement ce style. Son doigté est sûr et génère un maximum de swing. Pour attaquer l'atmosphérique "In your arms", il enfile son bottleneck et glisse avec bonheur le long de ses cordes. Une composition à la démarche très originale. Sa voix, un tantinet frêle, s'adapte idéalement à ce type de plage. Elle reste mélodique et se fond dans l'environnement musical, je dois avouer, assez éloigné de l'univers du blues. "Love" sonne le retour au jazz blues. Un fragment à nouveau fort mélodique et réminiscent du style pratiqué par les frères Robben et Patrick Ford. Une sensation confirmée par la plage instrumentale "JPB", ainsi que sur "Heard it on the news". L'opus ne recèle que deux reprises. Tout d'abord le célèbre "I smell trouble" de Don Robey. Un slow blues capiteux bien connu des fans de Stevie Ray. Nonobstant la voix légère qui se démarque singulièrement de l'ensemble, le registre musical est fort proche. Il se dégage, en outre, beaucoup d'expression de cette interprétation. L'autre reprise adopte également un tempo lent : "Never been to spain" d'Axton Hoyt Wayne. "Movin' on" concède un nouveau shuffle. A la texane comme il est de bon ton de dire. Cet elpee de très bonne facture s'achève par "True blue thing", un blues nonchalant, inspiré par les swamps de la Louisiane… Une œuvre à découvrir absolument !

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Live at Montreux 1982 & 1985

En 1982, Stevie Ray n'avait pas encore atteint la plénitude internationale ; et pourtant, il était déjà considéré comme un vétéran des circuits sudistes du blues. Il avait tout de même été choisi pour présider la ‘Blues night’ du festival de jazz de Montreux, en Suisse. Ce concert était important ; car dans la salle, parmi les spectateurs, il y avait Jackson Browne et David Bowie. Browne allait lui permettre d'enregistrer dans son propre studio les démos de ce qui allait devenir l'album "Texas Flood". Son tout premier! Il allait aussi être engagé par David Bowie pour la tournée de promotion de son album "Let's dance".

Stevie est bien entendu entouré de sa fidèle section rythmique : le Double Trouble. Chris Layton à la batterie et Tommy Shannon à la basse. Le 1er album est consacré à son apparition en 1982. Tout y est déjà : l'introduction instrumentale, le fameux "Hideaway" de Freddie King et son "Rude mood". Un concentré de tout le savoir-faire exceptionnel de l'homme d'Austin. Pour le reste, nous retrouvons le Texas shuffle "Pride and joy", au cours duquel les deux acolytes groovent le tonnerre ; et surtout les blues lents qui ont forgé sa réputation : "Texas flood" et "Dirty pool". Le rock'n'roll est bien présent tout au long de "Lover struck baby". Il adresse également un clin d'œil à ses maîtres. Tout d'abord à " Hound Dog Taylor " sur "Give me back my wig", qu'il entretient d'une slide d'enfer. A son concitoyen texan ensuite : le regretté Albert Collins, le maître de la Telecaster, pour son "Collins shuffle". Nous retrouvons Mr Vaughan trois années plus tard au même festival de Montreux. L'homme est devenu un artiste dont le nom est sur toutes les lèvres. Il a alors trois albums à son actif : "Texas flood" déjà cité sorti en 83, "Couldn't stand the weather" en 84 et "Soul to Soul" qui vient juste de sortir en 85. Double Trouble est renforcé par les claviers de Reese Wynans. Le son a manifestement évolué. Stevie a sans aucun doute beaucoup écouté Jimi Hendrix. Il trafique le son, joue des pédales avec beaucoup de confiance et d'autorité. Une technique qui dégage un maximum de vibrations dès les premières notes instrumentales de "Scuttle buttin". Et puis surtout sur "Say what!". La douceur fait toujours partie du monde de SRV. Il reste un maître incontesté du blues lent qu'il dispense avec beaucoup d'aisance et une sensibilité qui l'habite en permanence. A l'instar de "Ain't gone N' Give up on love", de "Texas flood" à nouveau et du merveilleux "Tin Pan Alley", dont les 13' de sensibilité à fleur de peau sont rehaussées par la performance magistrale de Johnny Copeland. A pleurer ! Ce titre figurait déjà sur l'album "Blues at Sunrise", paru en 2000. Moins connu, "Life without you" est le théâtre d'un superbe solo de guitare, tout en créativité émotionnelle. Les shuffles sont toujours présents. Et notamment la nouvelle livraison de "Pride and joy" et le très funky "Mary had a little lamb" de Buddy Guy, un fragment enrichi par l'orgue Hammond de Reese qui sort de sa réserve! La fièvre et la passion pour Hendrix se concrétisent dans la reprise de "Voodoo child". Une interprétation qui constituait un des moments forts de tous les concerts de Stevie Ray. J'épinglerai enfin l'instrumental jazz, "Gone home", caractérisé par un dialogue entre la guitare et l'orgue. Ce double album se termine par le funky "Couldn't stand the weather". A l'exception de plusieurs plages figurant sur l'album "Live Alive", le reste n'est jamais sorti officiellement dans le passé.

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Dr Boogie – Beatin’ the boogie

" Beatin' the boogie " constitue la deuxième collection concoctée par le Docteur, pour le label Virgin! Une pose une nouvelle fois, un regard très blanc sur le boogie et le blues. Mais connaissant notre praticien, il ne fait aucun doute qu'il passera au black quand il le pourra! 18 titres nous entraînent dans un voyage qui nous emmène aux antipodes, en Europe, au Canada et bien entendu aux USA.

Pour retirer sa carte d'embarquement, il faut bien entendu passer par le Canned Heat de rigueur. Face B de "Time was", single paru en 1969, "Low down" nous la procure. Un boogie dévastateur dominé par la voix puissante de Bob "The Bear" Hite et fouetté par la guitare super déjantée de Sunflower. John Hammond maintient haut le flambeau du boogie, tout au long de la reprise speedée du "I hate to see you go" de Little Walter. Et c'est Duke Robillard en personne qui le double à la guitare. " Cold Blue Steel " nous entraîne plein sud. Sur la route du Mexique, au Texas, vers Dallas très exactement, pour un roots rocker très entraînant. Un rock'n'roll magistral alimenté par la superbe voix acérée de Bill Carter et la guitare toute en rythme du Maître Jimmie Vaughan. Un fragment qui remonte à 1989. Le trio hirsute Z.Z Top est également texan. Il nous le démontre tout au long de "Mushmouth shoutin". Imprimé sur un tempo modéré, ce superbe blues remonte à 1972. Tout y est ! La voix caverneuse de Gibbons, l'harmonica et le rythme! Johnny Winter crie également son meilleur blues sur "If you got a good woman". Billy Branch est à l'harmo. Le bonheur! Le meilleur swamp rock d'Austin appartient à "Rock'n'roll till the cows come home" de Don Leady. Il est flanqué de ses Tail Gators, parmi lesquels on retrouve Keith Ferguson à la basse. La parenthèse californienne nous vient des Paladins et de Los Lobos. Les premiers pour un instrumental, tendre, doux et jazzyfiant, intitulé "Re"Jive"Inated". Les seconds lors d'un "That train don't stop here", à la forte densité musicale. Le jeune Sean Kennedy est une des révélations de cette collection. Il est basé à Santa Cruz. Et il est capable de sortir de ses cordes et de son ampli un son complètement pourri. Il le démontre sur son "Ball & Chain". Il n'est guère possible de trouver une guitare qui sonne plus métallique que la Flying V de Link Wray sur "Some kinda nut". Tom Waits a toujours été un artiste hors norme. Il mérite assurément sa place ici. Et le démontre sur le saignant "Union Square". Une composition qui date déjà de 1985, rehaussée par la participation de Larry Taylor et de Keith Richard, à la section rythmique. Le blues band canadien le plus connu est incontestablement le Downchild Blues Band. Drivé par le guitariste Don Walsh, cette formation est active depuis trois décennies. Elle est représentée ici par le remuant et cuivré "When I say jump". Côté anglais, écossais devrait-on préciser, Tim Elliott et son Blues & Trouble rendent un hommage appuyé au Docteur avec "Dr Boogie". Tim revient un peu plus tard en compagnie de ses Troublemakers pour interpréter l'extraordinaire "Barkin", un morceau extrait de leur album paru l'année dernière. "Worried about my woman" est un clin d'œil adressé au British Blues Boom d'autrefois, par Stan Webb et son Chicken Shack. Une chanson que Stan, fervent adepte de Freddie King, chante avec conviction. Cette collection boogie se referme par les inquiétants et indéfinissables australiens de Cruel Sea et par le charmant et sympathique français Raoul Ficel, alias Philippe Coudougnan, qui nous concède un souriant "Oh Lulu". Continue Walter!

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Honkers & Bar walkers - Volume Three

Cet opus constitue déjà le troisième volume consacré à ces honkers et autres bar walkers. Si le premier épinglait Jimmy Forrest et le deuxième à King Curtis, ce dernier honore Edwin Leon Chamblee. Né à Atlanta en 1920, il s'est éteint en 1999. A Chicago, où il avait fini par élire domicile. Il avait développé ses aptitudes au saxophone, lors de son service militaire. Dès 1946, il milite au sein de différents orchestres, et participe à des sessions d'enregistrements pour Miracle, Premium et Coral, avant d'aboutir chez United en 1953.

Dix plages de cet opus remontant à 53 et 54 relèvent d'Eddie Chamblee flanqué des Four Blazes. La part belle est donc laissée au saxophone ténor à connotation R&B. Il gémit, hurle et séduit. Une invitation à sortir le samedi soir, pour y danser. Quel plaisir de suivre ce saxo hurleur face à une formation swingante, partagée entre guitare, piano, basse et batterie. De vibrer sur les rythmes imprimés tout au long de "It ain't necessarily blues" et d'"Air Mail special". De s'évader lors de l'interprétation du célèbre "Caravan", teinté d'une touche d'exotisme. Ou encore d'imaginer la fièvre ambiante des slows type fin de soirée, tels que "Lonesome road", "Walkin' home" ou encore du classique "St James infirmary". Eddie peut aussi chanter avec passion et feeling. A l'instar de "Come on in", dont la sonorité très contemporaine procède du swing qu'il libère ; mais aussi de la tonalité très légère prodiguée par la guitare de Leo Blevins. Trois autres saxophonistes de Chicago participent à l'événement. Sax Mallard, tout d'abord. Sur "Fine and brown. Accompagné du réputé Roosevelt Sykes au piano et de Ransom Knowling à la basse, il s'y réserve un solo de sax tout à fait impressionnant. Jim Conley, ensuite. Il a sévi chez les House Rockers de Memphis Slim. Ce sont d'ailleurs Slim et Matt "Guitar" Murphy qui lui donnent la réplique sur "The cat creeps". J.T Brown, enfin. Pour y casser la baraque sur le boogie jazz "Walkin' home". Les autres honkers ici présents nous viennent de la région de Detroit. T.J Fowler est un pianiste dont le groupe soutient la comparaison avec les meilleures formations R&B de l'époque. Il possède en Frank Taylor et Walter Cox deux saxophonistes de dimension. A cet égard, la rencontre du clavier et des cuivres est manifestement heureuse sur "Take off" et "The queen". Wild Bill Moore est né à Houston mais a fait carrière à Los Angeles et à Detroit. Il évolue ici dans un registre plus jazz. Pianiste de blues raisonnablement connu, Floyd Taylor est entouré de trois saxophonistes qui se déchaînent sur "Bar B Q" et "Baritone boogie". L'album nous laisse en compagnie du guitariste Swinging Sax Kari, pour un bien jazzyfiant "Down for Debbie". Pour les sax lovers!

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Blues is a feeling

Jesse ‘Baby Face’ Thomas est né en 1911. En Louisiane, dans un milieu rural. Agé de 15 ans, il quitte l'école, les champs de maïs et de coton, visite Shreveport, Crandall et Dallas dans le Texas, où il rencontre Lonnie Johnson, Texas Alexander et Blind Lemon Jefferson. En 1928, son frère aîné, Willard ‘Ramblin’ Thomas enregistre à Dallas. Jesse l'imite un an plus tard, pour le label Victor. Il devra cependant attendre vingt années de plus pour enregistrer à nouveau, notamment chez Modern et Elko. En 56, il se fixe définitivement à Shreveport. Il y meurt en août 1995.

Son 1er album, "Down behind the rise", est paru en 79. Trois elpees suivront, dont le dernier "Lookin' for that woman", est paru chez Black Top. Il sera d'ailleurs achevé quelques mois à peine avant sa mort. La présente session date de 92. Elle réunit autour de Baby Face, le guitariste John Primer, un ancien du Muddy Waters Band, et le pianiste de jazz, Jodie Christian. La musique authentique, assez minimaliste de cet album est sans surprise, et la voix plutôt fatiguée. Il est vrai qu'à l'époque, l'artiste affiche déjà 80 ans passés au compteur.

La sobriété de l'environnement sonore est omniprésente. A l'instar de l'ouverture "Blues is a feelin", au cours de laquelle la guitare acoustique et le piano de Christian s'emboîtent avec bonheur. Nul ne peut douter un seul instant que l'homme a du vécu, qu'il a voyagé sur les routes du temps présent mais surtout d'un passé si chargé. L'émotion est permanente, directe, au premier degré. Sur "Married woman ", la guitare est très pure. Elle vibre et transpire. Les cordes sont pétries de manière très experte. Je présume que c'est le très doué John Primer qui se réserve les soli, le plus clair du temps. A l'instar de "Boogie everywhere" et de "Santa Claus". "Please believe me" et "Rain sleet or snow" sont des blues à fleur de peau, tellement primaires, mais tellement bons… Ce downhome blues reste présent d'un bout à l'autre de cet opus. Une œuvre qui souffre, sans doute, d'une certaine uniformité, mais qui respire tant les origines du blues que Jesse a vécues. Je soulignerai enfin la présence discrète, mais tellement efficace du piano de Mr Christian sur "Sad old world" ; et puis l'entente parfaite des trois musiciens concrétisée sur un "Jesse, John & Jodie jam", qui en dit bien long!

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

In the House

Little Al Thomas est né à Chicago, en 1930, où il a grandi au cœur du célèbre marché de Maxwell Street. Il a fréquenté un bon bout de temps le groupe de Lacy Gibson. Nous sommes à Lucerne en novembre 2000. Al est entouré d'une solide formation composée de Thomas Dutko à la batterie (NDR : il a joué pour Jimmy Rogers, Eddie Taylor, Homesick James, Big Walter Horton,…), T. Edward Galchick à la basse, John Edelmann à la guitare, ainsi que Myron Harvey et Bill Voltz aux saxophones.

Le concert s'ouvre par "Somebody changed the lock on my door". Une plage rythmée au cours de laquelle la section de cuivres appuie le chant, alors que la guitare d'Edelmann sort déjà de sa réserve. Même tempo pour la reprise du fameux "I feel so good" de Big Bill Broonzy". Adoptant ce style de Chicago swing blues, elle rappelle le grand Floyd McDaniels. Little Al possède une voix de ténor, assez puissante pour être à l'aise dans un style qu'il apprécie ; surtout lorsqu'il peut y injecter un maximum de swing. Il déborde de confiance pour interpréter "Bad luck baby", une composition signée par son guitariste. Ce dernier y va d'ailleurs d'un superbe solo, tout en réserve, au cours duquel chaque note a son importance. Du beau travail! John vit aujourd'hui en Floride. Il participa naguère à l'aventure de Little Mike & the Tornadoes. On le retrouve ainsi sur les trois albums de ce groupe, parus entre 1990 et 1995. Il est tout aussi à l'aise dans l'univers du slow blues. A l'instar de "You're breakin' my heart", une composition issue de la plume de B.B King, artiste majeur que vénère sans conteste notre petit Al. Il remet d'ailleurs une couche de BB quelques minutes plus tard à travers un autre blues "de luxe", intitulé "Sweet Sixteen" : près de 10 minutes ponctuées d'un solo impérial accordé sur les six cordes. Le Crazy House Band s'attaque à "Just like a fish" de Magic Sam, suivant une recette instituée par "Albert King", époque Stax. Voltz nous y réserve une belle intervention au sax ténor, sur fond de percussions administrées par Dutko. Autre composition d'Edelmann", "Memphis girl" nous plonge dans ce R&B concentré à Memphis, dans le Tennessee. Ce qui explique le titre de ce fragment. Little chantait autrefois "Feel so good". Pour la circonstance il opte pour une version bien réussie du "Feel so bad" de Chuck Willis, au cours de laquelle les cuivres soufflent sur le devant de la scène. Le prix du slow blues le plus long revient à "Nobody sleepin' in my bed". Il s'étale sur plus de 11', y compris le temps de présenter ses musiciens! Le concert se termine par une nouvelle cover consacrée à BB King : "I gotta find my baby". Imprimé sur un rythme bien classique pour le blues, elle permet à tous les musiciens de prendre leur pied. Nonobstant sa bonne facture, cet opus n'est pas tellement consacré sur le Chicago blues. Etonnant pour un artiste pourtant bien ancré dans la cité des vents.