Sur la pochette, une fille lascive se caresse l'entre-jambes, les yeux mi-clos : cette invitation à la débauche sied bien à la musique post-hardcore de Biffy Clyro. Ce trio de jeunes têtes de Turc avait déjà sorti un album il y a deux ans, " Blackened Sky ", à la croisée de " Bleach " (Nirvana), " Relationship of Command " (At The Drive-In) et " Damaged " (Black Flag). Ce nouvel opus confirme nos espoirs : mélodies acérées, violons détraqués, frissons bruitistes, cris désespérés, rythmes hachés,… Biffy Clyro joue un rock de montagnes russes : des hauts, des bas, la tête parfois à l'envers. C'est le " vertige " du titre, et sans ceinture ni parachute. Ces trois gamins de Glasgow se donnent à fond. Pour preuve, ils ont enregistré cet album en un jour ! De ce mélange de rage et de mélodie, de bruit et de fureur, on retiendra surtout la sensibilité de " The Ideal Height " et de " With Aplomb " (ces cordes qui pleuvent, jusqu'à l'inondation, la catastrophe), l'hystérie de " a Day Of… " (un hit), de " Toys, Toys, Toys, Choke, Toys, Toys, Toys " (?), et ce silence, parfois, avant le déluge (" Now The Action is on Fire ! "). Plus abouti et plus équilibré que " Blackened Sky ", " The Vertigo of Bliss " ne lasse pas de surprendre. Les Deftones, les Blood Brothers, Jimmy Eat World, Cave In, Fugazi, Fireside, Aereogramme, Q & Not U,… Tous ont déjà chanté ce genre de verbe électrique. Biffy Clyro n'a pourtant rien à leur envier. D'accord, cet emocore fait parfois la salope en dévoilant ses charmes dès les premières secondes, sans aucun préliminaire. Ces trois Anglais n'ont rien à cacher, c'est vrai. Ils donnent tout. De l'exhibitionnisme ? Du rock pour éjaculateurs précoces ? Peut-être. Mais c'est toujours mieux que de bander mou.