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vendredi, 19 septembre 2014 19:37

Royal Blood

Aimes-tu le bruit cinglant d'une lanière de cuir qui se tend ?

Apprécies-tu ces moments moites, où sous des impulsions répétées, les corps suintants laissent perler les gouttes de sueur sur leurs corps ?

Est-ce pour toi une forme de jubilation, lorsque celui-ci devient incontrôlable sous les assauts d'un rythme endiablé ?

Si tu réponds affirmativement à toutes ces questions, tu vas adorer Royal Blood.

Issus de Brighton, les deux lascars du combo semblent avoir hérité, dans leur gènes ADN, des luttes vécues au sein de leur cité balnéaire, au cours des 60’s.

Pour rappel, c'est à Brighton, chaque week-end, que les Mods et les Rockers entretenaient des rixes, devenues mythiques, sous les yeux médusés des touristes. Et c’est sans doute le souvenir de cette arrogance et de cette violence qui alimente l’inspiration de Mike Kerr et Ben Thatcher. Retenez bien ces noms !

Mike Kerr se charge de la basse. Ses cordes sont grasses, lourdes mais taillées à l’aide d’un diamant. Incisives, répétitives, minutieuses, à la limite de la saturation, elles blessent dès qu’elles touchent leur cible. Tout en profitant de ces effets, elles sont modulées, chauffées sous des effets techniques ou électroniques particulièrement vicieux.

Ben Thatcher se consacre à la batterie. Maîtresse. Point d'orgue du combo. Tout s'incline devant elle. La reine des reines, gourou et despote. Elle fait frémir, flagelle, arrache et décolle.

Mais l’un ne serait rien sans l'autre. En fait, c’est cette association qui s’avère parfaitement maléfique.

Ce Royal Blood ne fait aucune concession, n’a aucune pitié. Il semble se moquer de toute allégeance, de toute convention. Il envoie, balaye et plie sans détail…

Royal Blood mitraille, conspue et attaque. C'est la claque que tu provoques et que tu regrettes aussitôt. Celle qui laisse une marque longtemps après son impact.

Royal Blood, c'est de la dynamite, du rock qui fait passer The Vines pour des amateurs de foire foraine et rendrait jaloux Arctic Monkeys. Ce n'est d'ailleurs sans doute pas pour rien que l'on aperçoit régulièrement Matt Helders vêtu d'un t-shirt du combo.

Royal Blood, c'est un pas vers l'abîme ; et pourtant, une fois tombé dedans on regrette de ne pas y avoir plongé plus vite.

« Royal Blood » est déjà considéré comme un des meilleurs albums pour 2014. Et je partage entièrement ce point de vue… 

 

mercredi, 27 août 2014 18:18

Love Of Cartography

« Perfect Detonator » est un titre judicieux qui ouvre l’opus. Un départ qui annonce une suite excitante, énergique et bruyante comme on l’aime. On en salive déjà. 

Ce n’est pas vraiment du rock, ni de l’ambient ; mais est-ce du math rock, de l’indie ou du post-rock ? On n’en sait trop rien. Et pourtant, les morceaux sont bluffants de qualité. Mais progressivement, ils alimentent le revers de leur propre médaille.

Malgré tout, on s’accroche et on résiste. On en déduit qu’il est préférable d’y revenir plus tard, dès qu’on aura balisé les lieux. On infère que perdre le fil conducteur n’est pas si grave, dans le fond ; mais graduellement, sournoisement, le disque vous ronge.

Les premières secousses dérangent. Les coups pleuvent. C’est l’affolement, la confrontation. Mais toute cette agitation vient nous plaquer dans un coin de la pièce ; et les mains levées on supplie un peu de répit.

Il naît un sentiment de malaise qui laisse penser que nous ne sommes pas assez ‘ouverts’ pour écouter un tel long playing.

Alors on y retourne, gonflé par l’ego et l’expérience, prêt à affronter l’adversaire. On pare les coups et on se protège. Mieux encore, on trie, on dissimule et même on dilue toute cette énergie explosive particulièrement ample…

Le combat est vil et cynique. Car lorsqu’on se sent d’attaque, « Love Of Cartography » semble poser les armes et laisse souffler un vent d’accalmie.

Du gauche, du droit, et même à l’aide de tout ce que lui passe sous la main, les Australiens n’attendent que ce moment où l’on baisse la garde pour nous le balancer dans les reins.

C’est une lutte qui se joue. Une vraie lutte. Et même si au départ, nous la craignions, maintenant on se sent l’âme d’un guerrier, armé et prêt à en découdre.

« Love Of Cartography » est un album prétentieux et complexe. Son conformisme et son intellectualisme fatiguent. Il est sombre, irritant aveuglant. On le redoute et on l’espère en même temps. Il attire, envoûte et immunise.

« Love Of Cartography » c’est tout simplement un putain d’album qui se vit au lieu de s’écouter.

C’est le coup de fouet qui vous flagelle et que vous réclamez encore…

C’est une expérience à vivre…

 

mercredi, 27 août 2014 01:00

Alix

L’indie-rock est un univers foutraque. On peut y mettre tout ce qu’on veut, pourvu qu’il soit plus ou moins alternatif. En pratique, il est issu de la contre-culture, de l’underground si vous préférez, et réunit des artistes et groupes à la recherche d'un rock authentique, éloigné des standards commerciaux.

Generationals ne serait pas indé. Pourquoi ? Parce qu’il est américain ? Quelle erreur ! Ce duo a la grande classe. Mais si le ‘Star and Stripes’ est bien dessiné sur le passeport de Ted Joyner et Grand Widmer, à l’écoute d’« Alix » on aurait plutôt misé sur l’‘Union Jack’. Autre erreur, imaginer que le pays de l’Oncle Sam ne pourrait pas enfanter des musicos dont l’approche artistique est aussi flegmatique que celle de leurs amis britons.

Fondé en 2009, Generationals compte 4 albums studio à son actif, dont cet « Alix ». Si les précédents elpees exploraient un créneau plus fondamentalement rock, ce dernier adopte un profil davantage pop aux relents 90’s.

Caractérisé par ses beats délicatement ciselés en une voix chaloupée, les morceaux se savourent comme un dessert au parfum créole vanillé ; et c’est volontiers que l’on s’en ressert de nouvelles tranches…

Si en général les artistes apportent un soin tout particulier aux 3 voire 4 premières plages de leurs long playings, y réservant même la quintessence de leur création, avant de remplir le reste, pour respecter le timing, la paire étasunienne a recours au processus inverse. 

Ainsi « Black Lemon », qui ouvre maladroitement l’LP, est de facture douteuse et franchement cheap. Sur des faux airs de calypso, « Gold Silver Diamond » est paru en single. Une plage contagieuse que vous risquez de siffloter le reste de la journée. Et un bon coup de boost pour relancer la machine. Car la suite, que ce soit « Reading Signs », « Charlemagne », « Welcome to the Fire », « Heart in Two », « Now Look At Me » ou « Would You Want Me » rivalisent d’excellence.

Finalement, la seule interrogation réellement fondée procède du jour de sortie de l’album. Ce sera le 16 septembre pour les shops et le 15 sur les plateformes légales de téléchargement. Car il aurait pu devenir un magnifique compagnon de vacances que l’on aurait embarqué dans sa valise entre ses chemises à fleurs et les huiles de bronzage, tant le climat festif de longues journée d’été ressort tout au long de l’opus.

Ou alors, ce serait là, la troisième erreur : penser que l’été se termine le 21 septembre.

« Alix », est un très bon album, simple, plaisant et attachant.

 

mercredi, 27 août 2014 18:12

Model Of You

« Model Of You » fait penser à un pendule auquel le mouvement perpétuel est venu imposer sa redondance. L’exactitude au millième de seconde près, qui trotte sur un air fluide et ininterrompu.

Loin d’une pop glacée ou tout au moins fort humide, ces barbus londoniens ont décidé de réserver une semi continuité à leur parcours.

Car s’ils nous avaient habitués à quelques élégantes douceurs sur la galette précédente (« Book Of Hours », en 2013), les Anglais n’avaient pas encore produit un tel condensé d’humeur bucolique.

Quelle est leur stratégie ? D’où leur vient cette maturité ? Pourquoi cet excès d’élégance ? Peu de réponses à travers ces 12 pistes.

Une chose est certaine, « Model Of You » est un bonbon qui, si on le suce trop longtemps, finit par élimer les dents et filer la nausée.

Le mélomane est discrètement transporté au sein d’un univers cotonneux, protégé des éléments extérieurs. Mais il ne faudrait pas en abuser, car le rêve peut aussi détruire. Malgré la voix haut perchée de Tom Clarke, il marche derrière les arrangements sonores de Sam Ricketts, tel « Le Joueur de Flûte » de Hamelin, et finit par se retrouver, sans s’en rendre compte, en haut d’une falaise où seul le vent et la lumière sont encore susceptibles de modifier le rythme cardiaque que nous avons adopté tout au long du chemin. Un parcours musical qu’il effectue, sans vraiment le vouloir, uniquement par respect et curiosité.

Rien ici de transcendant. Rien de sublime, d’arrogant ou d’immersif. Rien qui ne permette de perdre totalement l’équilibre, juste parfois la raison.

Agréable, cajoleur, ce « Model Of You » s’adresse à celles et ceux qui sont en manque d’affection. Qui souffrent de solitude. Qui estiment le ciel un tantinet trop gris.

Rien d’incroyable, rien de tape à l’œil. Juste de la beauté et de la douceur.

Mais sincèrement, on finit rapidement par s’ennuyer, si on ne partage pas une semblable mélancolie.

« Model Of You », c’est beau, c’est simple, c’est tendre. Mais c’est également parfois chiant, long et un peu surjoué.

Néanmoins, l’elpee est bien ficelé et mérite sa place dans votre discographie, si l’excès de tendresse ne vous effraye pas trop…

 

vendredi, 22 août 2014 10:13

The Sun Dogs

D’accord, la galette n’est pas neuve.

Apparue en plein solstice d’été 2013, nous ne nous y intéressons qu’aujourd’hui. Mais à l’écoute de l’œuvre, la fonction ‘espace/temps’ ne semble pas pertinente.

Dès l’ouverture, on est plongés 40 ans en arrière, lorsque les fantômes de Black Sabbath étaient encore menaçants. Alors, 12 mois d’écart entre la sortie et la chronique ne peuvent interférer dans la qualité qui au final en ressort.

Entre les nappes organiques des claviers rutilants, les cordes héroïques et lancinantes, la procession de Rose Windows vient cloîtrer immédiatement le mélomane au sein d’un univers psyché-rock. Epoustouflant ! En y ajoutant des interventions de flûte et de long solos de guitares fièrement déployés, on est vite déchiré entre mélancolie naïve et puissance maléfique, dévotion pieuse et hallucination chamanique.

Sous leur apparence d’hippies attardés, les 7 protagonistes du combo s’affichent tout feu tout flamme, sans la moindre gêne ; et dans une ambiance au sein de laquelle les éléments se baladent, s’entrechoquent, sont cajolés ou retournés, il envoient le bois sans aucune concession.

Au moment même ou l’on signerait le pacte qui lierait notre âme au diable, Rose Windows vient calmer le jeu et nous invite à prendre le recul nécessaire à cette hérésie via la voix superbe de Rabia Shaheen Qazi, la chanteuse, qui teinte les morceaux d’une douceur voluptueuse et permet un répit dans nos errances sataniques.

« The Sun Dog » épate, et peut même carrément laisser sans voix tant la qualité générale présente tout le long de l’album est tout simplement parfaite.

La justesse, tant dans les compositions que les voix, tant au niveau de la production que le choix rythmique des pistes ne pourrait être décortiquée, et c’est justement là que se situe la force imparable de l’elpee : il ne souffre d’aucune faiblesse.

Si l’on peut sourire en voyant débarquer la troupe sous ses airs de nostalgie ‘woodstockienne’ et mettre un fond de doute dans leur sérieux, une fois les amplis allumés et les instruments en branle, la ligne claire et fluide des compositions ne permettent qu’une seule option : tomber délicatement sur un matelas d’épines et s’en relever sans aucune égratignure.

« The Sun Dog » est un petit bijou ; et à l’instar de l’Anneau de Tolkien, il nous mène droit au brasier ardent d’un monde parallèle en plein essor. Et nous y allons, attirés malgré nous, tout en souriant au démon.

 

vendredi, 22 août 2014 10:00

Everyday Robots

La présence de Damon Albarn sur une galette est toujours signe de grande joie pour les mélomanes avertis.

Au sein de notre rédaction, Albarn revêt le surnom de Midas. Celui qui, à son contact, transforme tout en or.

Responsable de multiples projets aussi variés qu’excellents, l’Anglais est la voix, le compositeur, l’arrangeur de tellement d’excellents projets, qu’à l’annonce d’un album solo, l’excitation devient de plus en plus palpable.

Comment nier l’évidence d’une qualité incroyable dans le chef de l’artiste, quand on jette un œil sur son parcours.

Blur, Gorillaz, The Good, The Good, The Bad and The Queen, mais également des collaborations impressionnantes auprès de Dr Dree, Flea, Tony Allen, Bobby Womack, et j’en passe.

D’un naturel affable mais engagé dans les causes humanitaires, Damon Albarn se sert de tout ce qui l’entoure pour composer et introduire des messages aussi subtils que légers, en gardant ce cachet de ‘good boy’ qui renforce son aura ‘so british’ dans sa discographie.

Inutile dans cette chronique de continuer à vanter ses mérites, ses qualités, sa soif de partage et d’altruisme et revenons à ce moment festif provoqué par la sortie d’« Everyday Robots ».

Cependant, se contenter de critiquer l’album sans revenir un tant soit peu sur le parcours de l’auteur était impossible. Tant les influences qu’il trimballe de projet en projet sont simplement stupéfiantes.

La question se posait avant la parution de l’album. Comment Albarn allait-il se débrouiller pour mener seul son projet ? Se cacherait-il derrière des compositions complexes et travaillées afin de ne dévoiler qu’une partie de son univers personnel ?

Pas du tout !

A la première écoute, on se rend immédiatement compte qu’il n’y aura ni strass, ni beats à succès, éléments qu’on peut reconnaître dans le chef du Briton. En lieu et place, on distingue une profondeur et une volonté de creuser essentiellement dans l’émotion et la délicatesse.

Plutôt que d’être ébloui par des lumières aveuglantes, on s’enfonce dans un univers à peine éclairé. Quelques rythmes discrets, des notes de piano savamment posées et des textes tantôt surprenants, tantôt touchants, permettent à la relation qui s’opère tout le long de l’album, entre l’artiste et le mélomane, de se consolider.

Cette relation nous apparaît comme un privilège. Comme si nous nous retrouvions dans la chambre d’hôtel de l’Anglais ; et que tout naturellement nous devisions ensemble de sa vie, ses angoisses, ses démons, ses questions.

Albarn n’est pas un chanteur hors pair et n’a jamais prétendu l’être. Sa voix faible et son timbre somme toute banal, sont pourtant reconnaissables entre mille.

Sur « Everydy Robots », Albarn crée l’écrin parfait à son chant. Délicat, parfois désaxé, mais toujours excessivement juste et envoûtant.

Sans fioriture, sans excès, sans dérapage, on se sent comme absorbé par les 12 pistes de l’opus. Invité privilégié d’un moment intemporel, l’écoute s’opère de manière naturelle si l’on en prend la peine.

Car la qualité de l’album en fait son défaut. Il est pratiquement impossible de comprendre ou de l’apprécier à sa juste valeur si l’on ne fait pas le vide autour de soi.

Il faut s’asseoir, accepter de prendre cette pause et pénétrer entièrement l’œuvre pour se laisser toucher et sublimer.

Cet elpee n’est donc pas conseillé à tout public, en tout cas pas destiné à celui qui espère retrouver les lignes exubérantes des autres projets de l’auteur. On pourrait donc y reconnaître une certaine forme d’élitisme ou tout du moins une implication plus poussée dans le chef de l’auditeur lambda.

Mais dès que l’on pose son âme à côté de la sienne, Albarn, au lieu d’en profiter pour vous marteler et vous convaincre, devient seulement poète à la voix empreinte de sensibilité.

« Everyday Robots » est un album exceptionnel, complet, puissant ; et ce qui en fait son véritable charme, c’est l’humilité qui en émane.

« Everyday Robots » ne vous flanque pas la méchante claque à laquelle vous vous attendiez ;  c’est la caresse enivrante d’une subtilité diaphane.

 

mercredi, 13 août 2014 01:00

Horizons (a)

L’exercice était périlleux…

Quand enfin on se décide à enclencher dans son lecteur, « Horizons » de Détroit, il faut tout d’abord essayer d’effacer de la mémoire, l’histoire qui poursuit Bertrand Cantat.

Ne conserver que la matière, les mélodies, la puissance, les arrangements. Et occulter le reste. Oublier ce qui s’est passé à Villinius, un 27 juillet. Oublier qu’on a aimé, haï, l’artiste…


Périlleux, on vous le disait. Quand la bête s’associe au sordide, il faut être amnésique pour ne pas tomber dans le panneau ; et c’est un véritable défi.

Surtout lorsque derrière une intro à la guitare sèche –trois accords en quinze secondes– apparaît cette voix écorchée qui nous a fait tant vibrer, suer et transporter pendant de si longues années.

Bertrand Cantat émerge. Il sort de sa torpeur. La voix éraillée. Et l’on frissonne… mais pas longtemps.

Intitulée « Ma Muse », cette première chanson, qui repose sur un jeu de mots limite, laisse dubitatif.

La suivante interprétée en anglais, ne vient rien relever. Et pour cause, le Français n’a jamais réellement convaincu dès qu’il se lance dans la langue de Shakespeare.

Aurions-nous surestimé le Palois ?

Le retour de Cantat, c’est ça ? Un album, somme toute bien ficelé, mais banal au possible ?

On se sent beaucoup plus attiré par ce qui se trame derrière la voix et les mots. Quand Pascal Humbert pince ses cordes, Ion Meunier frappe ses fûts, Catherine Graindorge cisaille son archer et Bruno Green emballe le tout sur son clavier. Les mélodies s’enchaînent et tracent un sillon délicat dans la poussière d’une route perdue…

Et l’on repense à cette crainte d’être influencé avant l’écoute de l’elpee. Cette crainte liée à l’histoire, aux histoires.

Et l’on se convainc d’avoir surestimé Cantat.

Il est juste revenu vendre un disque.

Oui mais…

Oui mais, débarque alors « Ange de Désolation ». Car si depuis le début on se détache de la noirceur des souvenirs outranciers liés au personnage, c’est lui-même qui vient apporter, à la lueur d’un flambeau, comme un archer, la flèche qui lui transpercera le cœur.

On reste là, la bouche ouverte, presque choqué qu’il ose, qu’il le fasse. Il revient personnellement dans la pénombre pour assumer, affronter son passé…

Chair de poule.


S’enchaînent ensuite « Horizons », respiration naturelle après l’écho des mots que l’on vient d’essuyer. Et « Droit dans le Soleil », qui signe d’un geste assuré toute la beauté de l’album.

Et puis ?

Et puis plus rien… Nada

Le reste de l’opus semble insignifiant, presque dilué.

Evitons de nous étendre sur « Le Creux de ta Main », une compo qui a permis à Cantat de se faire connaître ou encore « Null & Void », dont le premier mot du titre dit tout haut ce que l’on en pense...

Et quel intérêt y a-t-il encore de se pencher sur la 5 000 000ème version d’« Avec le Temps » de Léo Ferré ? A force, elle use.

Non, plus rien ne vient concurrencer les 12 minutes d’exception insérées en milieu de parcours. Et on croirait presque que c’est intentionnel.

« Horizons » de Détroit se résume à trois plages dissimulées au milieu d’un long playing moyen.

Mais quels morceaux !

Le reste ne valait même pas la peine d’en parler.

dimanche, 27 juillet 2014 19:07

Sunbathing Animal

A l’heure des bacchanales musicales, où les partouzeurs avisés s’enroulent et s’oignent d’onguents et de parfums dignes des filtres d’amour réputés, certains restent cloîtrés dans leur univers inconfortable et plus complexe d’accès.

Là où les grandes machines à disques font tout pour séduire, jusqu’à se singer les uns les autres, Parquet Courts se contente d’un local crasseux et malodorant entre potes.

Un garage, une quantité astronomique de bières chaudes, une ambiance étouffante où plane une odeur de chaussettes humides appartiennent à leur terrain de jeu favori.

New-yorkais d’adoption, ces cow-boys en ont connu des galères et des refus. Zigzaguant à leurs débuts entre des bars miteux, au public clairsemé. Mais en lieu et place de faire des concessions, le combo persiste dans leur style ‘garage’ en le signant d’un grincement de volet et d’une bonne odeur d’huile de moteur.

« Sunbathing Animals » constitue le 3ème opus des Américains. Il fait suite à l’excellent « Light Up Gold », paru en 2012 et le bordélique « American Specialities », sorti en 2011.

A son écoute, on perçoit une volonté manifeste d’éviter les coups de couteau à l’aveugle comme on a pu le constater sur la galette précédente.

On y perçoit encore mieux les influences du Velvet, Sonic Youth et Pavement, entre autres, dont le groupe se targue, sans honte.

Désaxé aux frontières de la fumisterie, il ne sombre cependant jamais dans le bricolage. Tout y est limite. Et à la manière d’un Black Lips, les accords s’enchaînent, s’entrechoquent et explosent sans avoir réellement besoin d’un détonateur.

Pagayer, se hisser, se vautrer avant de se relever : ce sont des verbes que le band ne se contente pas de conjuguer. Parsemant les différentes pépites vitaminées de quelques morceaux plus délicats (toute proportion gardée), « Sunbathing Animal » crée un véritable enchaînement fluide et percutant.

« Sunbathing Animal » s’avère certainement l’une de leurs œuvres les plus abouties, mais connaissant les larrons, nul doute qu’ils vont vite retourner à leur lieu de prédilection et nous asséner d’autres griffes encore plus surprenantes et vicieusement placées. On en rugit de plaisir d’avance.

 

mardi, 03 août 2010 02:00

Herbal tonic

Si pour certains groupes, les sunlights servent de fontaine de jouvence, il existe d'autres combos qui perdurent et affichent constamment un son nouveau, même toutes lampes éteintes. C'est le cas des Anglais de The Herbaliser. Sous ce patronyme se cachent deux amis : Jake Wherry et DJ Ollie Teeba. Le premier confesse un amour des platines. Le second pour les cordes. Depuis 1994, les deux Anglais séjournent le plus souvent possible, en studio, afin d’expérimenter tout ce qui peut produire du son. A l'époque, c’était le label Ninja Tune qui les avait repérés. Aussi les jardiniers du son leur dédient ce ‘best of’. Fiers de cette collaboration qui a duré jusqu'en 2005, ils ont colligé leurs compos les plus hétéroclites, dans leur abri de jardin.

« Herbal tonic » est susceptible de remédier à de nombreux petits soucis. Si par exemple vous ne connaissez absolument pas le travail somptueux du groupe, en cas de coup de soleil ou de coup de bambou, une bonne dose de leur solution sonore devrait vous permettre d’effacer de votre mémoire, ces petits maux. Non content d'être respecté dans le milieu, The Herbaliser profite de sa notoriété pour s'associer en featurings alléchants. Rien que sur cette dernière compilation, ont participé MF Doom, Roots Manuva, DJ Food et Jean Grae, comme guests choyés. Insolemment trip hop à forte connotations jazzy, le notes qui s’enchaînent allègrement devraient vous inciter à trémousser votre arrière-train. Intéressant et bien achalandé, ce recueil devrait également ravir les fans. Et pour cause, ils vont se délecter de la crème de la crème. Mais aussi les inconscients qui jusque là, étaient parvenus à vivre sans avoir touché aux produits des Britons.  

 

mardi, 03 août 2010 02:00

Art School Girls

Telli, Jah-Jah et Roofeeo sont de grands enfants. Immatures, irrévérencieux, potaches et j'en passe (NDR : la suite est moins soignée…) Ils militent au sein du trio Ninja Sonik, un groupe dont l’esprit est manifestement marginal. Ces morveux nous viennent de New-York et plus précisément de Brooklyn. Là ou certains n'oseraient pas y perdre leur parapluie, les membres de Ninjasonik s'y baladent comme au sein d’un parc d'attraction : le nez en l'air et les yeux complètement hallucinés.

Derrière une hype camouflée, Ninjasonik nous érafle les oreilles de sonorités, sans le moindre scrupule. Des sonorités fort peu symétriques voire même complètement bruitistes qui peuplent cet « Art School Girls », à la manière d'un vieil album punk. Tout y est possible, aucune limite n'est fixée et le plaisir doit être constant. Les revendications formulées ne sont que prétexte à une grosse fiesta houblonnée. Un opus fortement influencé hip hop, qui se décline aussi bien en gros sons electro qu’en beats jungle copieux. Si les pistes s'enfilent, elles ne se ressemblent guère. Si certaines sortent du lot avec les félicitations du jury (« Art School Girls », « All Our Firends », « Ha Ha Ha », « No No No », « Daylight Remix », ...), d'autres nous cassent les tympans ou même nous énervent. De quoi inciter à serrer la mâchoire sous la charge des beats redondants (« Picture Party Skit », « Stir », « Somebody Gonna Get Preganant », ...) En prenant un peu de recul, on se demande s’il ne serait pas préférable d’aborder cet opus sous son aspect intello, afin de mieux l’appréhender. Une approche qui peut se traduire en hérésie pour les membres du combo, lorsqu’on sait qu’ils produisent sans se poser de questions. En résumé, Ninjasonik n’accorde aucune concession ; il ne partage que ce qui l'arrange. Prend qui veut et pour les autres qu'ils aillent griller sur le barbecue d'Eminem ou P Daddy, foi de Ninjasonik.

 

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