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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

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Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

mardi, 30 décembre 2008 22:46

Electric arguments

The Fireman est un projet monté par Youth, le bassiste/producteur de Killing Joke, et Paul McCartney, dont le premier elpee, exclusivement instrumental, est paru en 1993 (“Oceans ship forest”). Un second opus va même suivre en 1998 (« Rushes ») ; un disque sur lequel il y a bien des parties vocales, mais elles sont constamment triturées par les effets électroniques. Bref, il faut bien reconnaître que ces deux œuvres sont plutôt passées inaperçues.

« Electric arguments » se révèle, comme son titre l’indique beaucoup plus éclectique. Et la voix de Macca est ici nettement distincte. Surtout en première partie de l’opus. Depuis le blues rocailleux, virulent (NDR : il s’en prend à son ex-femme Heather Miller) « Nothing too much just out of sight », dont certains accents peuvent rappeler « Helter Skelter » au ‘philspectoresque’ « Dance ‘til we’re high », en passant par la ballade acoustico-jazzyfiante « Two magpies », qui aurait pu figurer également sur le « Double Blanc », le très pop et hymnique « Sing the changes », le lancinant « Travelling light », un morceau imprimé sur un rythme de valse, le rock carré « Highway », le récréatif « Light from your lighthouse » et l’hypnotique « Sun is shining ». Des titres plutôt sympas mais qui ne cassent quand même pas la baraque. La deuxième partie de l’œuvre s’aventure davantage dans l’ambient et les expérimentations électro. Il y a même des beats sur « Lovers in a dream ». Il faut cependant attendre le tout dernier et très long morceau (NDR : 10 minutes !) « Don’t stop running » pour retrouver une mélodie plus pop, nonobstant un tempo plus lent et un climat atmosphérique. Avant qu’un titre caché ne nous replonge dans l’ambient. Anecdotique !

 

mardi, 30 décembre 2008 22:44

A killer for that ache

Cette jeune chanteuse/compositrice finnoise vient d’enregistrer son premier album sous son propre patronyme. A ce jour, elle avait commis deux elpees au sein du groupe TUB Quartet : Red shoes diary » en 2004 et « Twelve o’clock tales » l’année suivante. Evidement, lors des sessions d’enregistrement, elle a reçu le concours de toute une panoplie de collaborateurs qui se partagent une belle brochette d’instruments : notamment à vent (clarinette, saxophone, trompette, flûte, etc.) ; mais aussi de la basse, des guitares, des percus, du banjo, du piano, des claviers, des drums, etc. Insolites également. Dont une harpe miniature (autoharp) que se réserve cependant Marie. Sans oublier les effets électroniques et les arrangements (NDR : de cordes surtout).

Les trois premiers morceaux de l’elpee ne sont guère convaincants. Ils sont, à la limite, soporifiques. Il faut attendre « Marie Antoinette » pour que cette œuvre commence enfin à perdre la tête. Ou plus exactement permette de découvrir le véritable potentiel de cette artiste. Dont la voix limpide, brumeuse, douce, épouse parfois les inflexions de Björk ou de Sharleen Spiteri (Texas), mais sans en avoir le timbre. Mais le plus intéressant procède de l’apport des chœurs. Impressionnants a capella sur le titre maître et « Save up », ils peuvent devenir angéliques, complètement ‘cartoonesques’ (« It is easy ») ou épouser des harmonies dignes d’Abba (« Catching a star »), une compo dont la mélodie rappelle également le célèbre quatuor suédois, même si la structure du morceau est plus proche de la prog. Car finalement, la plupart des morceaux de cet opus sont assez complexes. Puisant, outre la prog,  aussi bien dans le jazz, la pop, la country (l’excellent « Midwest country ») que le trip hop. Bref, un disque dont une première écoute peut laisser de glace ; mais qui au fil des écoutes se révèle aussi mystérieux qu’intriguant…

mardi, 30 décembre 2008 21:35

The best of the soul of rock and roll

C’est à un tout grand artiste de l’histoire du rock’n roll qu’est consacrée cette compile. Né en 1936, Roy est décédé en 1988, terrassé par une crise cardiaque. A l’instar d’Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Carl Perkins ou Johnny Cash, il avait entamé sa carrière au cours des 50’s. Comme chanteur de rockabilly. Sa première chanson, « Ooby dooby », décroche un succès sur un label local. Et va lui permettre de signer chez Sun. Il obtient ainsi son premier tube international. Car des hits, Roy en a commis une bonne douzaine. De nombreuses ballades. « In dreams », par exemple, qui figure sur le disque. Un répertoire au sein duquel il pouvait mettre en exergue ses prouesses vocales. Il ne faut pas oublier que son registre lui permettait de chanter sur trois octaves. Sans oublier ses classiques comme « Mean woman blues », « Only the lonely » et bien sûr l’intemporel « Oh, pretty woman ». Orbison n’était ni un rebelle, ni un agitateur. Il était même gêné de son succès. Il avait alors décidé de ne plus se produire sur les planches ni d’enregistrer pour lui ; mais de composer pour d’autres artistes. Avant de se raviser. En 1965, suite à un accident stupide de motocyclette, son épouse perd la vie. Pire encore, en 1968, ses deux fils périssent dans l’incendie de sa maison. Il va alors vivre une longue traversée du désert. Ponctuée par une lourde opération du cœur, en 1978. Mais deux ans plus tard, il refait surface. Et en 1986, il est embarqué dans l’aventure des Travelling Wilburys, en compagnie de Bob Dylan, George Harrison, Jeff Lynne et Tom Petty. Un titre, « Not alone any more » épingle cet épisode. Le recueil recèle une rareté immortalisée ‘live’ : « (All I can do is) dream you » datant de 1987. Un morceau qui démontre qu’il n’avait pas besoin des artifices studio pour jouer en public. Décembre 1988, il décède donc inopinément alors qu’il venait d’achever un opus de nouvelles chansons. « Mystery girl » paraît le mois suivant et recèle le remarquable « You got it », signé par Jeff Lynne et Tom Petty. Trois ans plus tard, un opus posthume réunissant des maquettes sera publié « King of hearts ». Sur lequel figurent « Crying » (en duo avec kd Lang) et « I drove the night ». Et pour votre info, sachez que ce « The best of the soul of rock and roll » fait également l’objet d’un boxset réunissant 4 disques.

mardi, 30 décembre 2008 21:32

The Healer

“The Healer” constitue le second opus de cette formation finnoise dont le patronyme (Sister Flo) s’inspire à a fois du joueur de football de leur pays (Tore André Flo), d’une chanson du Velvet Underground (« Sister Ray ») ainsi que d’une phrase extraite du « Queen Bitch » de Bowie (‘He's down on the street / And he's trying hard /to pull sister Flo’). Leur pop raffinée, hypersophistiquée, ensoleillée, est très susceptible d’évoquer tantôt Love, les Beach Boys, les Zombies voire Belle & Sebastian (NDR : qui a dit Laurent Voulzy ?) A cause des harmonies vocales limpides et particulièrement soignées. Maintenant, dans la construction des morceaux, filtre un aspect prog qu’on retrouvait chez Caravan à ses tous débuts. Ce n’est pas trop désagréable à écouter, d’autant que les mélodies sont plutôt bien ficelées (NDR : surtout l’excellent « Spirit of Christmas »), mais au fil de l’elpee, la lassitude commence à vous envahir et vous n’avez plus qu’une seule envie : passer au disque suivant...

mardi, 30 décembre 2008 21:30

Portal

Il faut admettre que parfois certains disques vous passent au-dessus de la tête sans trop savoir pourquoi. En fin d’exercice, lorsqu’on a un peu de temps, on se met à réécouter le stock des indésirables et, on tombe parfois sur une perle. Comme cet album d’Alexander Tucker. Un type issu de Kent, en Grande-Bretagne. Un artiste qui a décidé de se lancer dans une carrière en solitaire depuis le début du XXIème siècle (NDR : auparavant, il a milité au sein de toute une série de groupes noisy, hardcore et même punk ; de quoi faire ses premières armes). Ce qui ne l’empêche pas d’opérer une multitude de collaborations. En compagnie de Stephen O'Malley de Sunn O))), par exemple. Ou encore de Daniel O'Sullivan et Dave Smith de Guapo. Et en analysant son parcours, on se rend compte qu’il n’en est pas à ses premières expérimentations du genre.

Mais venons-en à son quatrième opus solo, « Portal ». Un disque découpé en huit paysages sonores baignant au sein d’une forme de psychédélisme avant-gardiste déchiré entre folk, drone metal et electronica. Alexander y joue de la guitare acoustique (NDR : le plus souvent en fingerpicking !) et électrique (NDR : il doit disposer d’un éventail de pédales de distorsion plutôt impressionnant !), du banjo, de la mandoline, du violoncelle. Il y ajoute un tas de sonorités électroniques, dont des boucles. Et chante également. D’un timbre hanté, dont les inflexions peuvent parfois rappeler Brian Eno. Bref, dans ce style qui puise autant chez Six Organs of Admittance, Jim O’Rourke, Stockhausen, Velvet Underground, Steve Reich que John Fahey, Tucker fait absolument merveille. Vivement conseillé !

 

samedi, 31 décembre 2005 01:00

White angel black apple

A l’instar de Motorpsycho, The Lionheart Brothers nous vient de Trondheim, en Norvège. Un quatuor (NDR : au départ la formation était réduite à un trio !) qui vient de commettre son premier elpee : « White angel black apple ». Une œuvre qui nous plonge dans un univers semi psychédélique/semi noisy qui doit autant à My Bloddy Valentine, Telescopes, Pale Saints, Mercury Rev, Ride, Chapterhouse qu’à Spiritualized Electric Mailine. Encore que pour les claviers le phrasé semble plus proche de Stereolab voire du Floyd circa « The piper at the gates of dawn ». On se croirait même parfois revenu en pleine période shoegazer. Notamment au niveau des harmonies vocales diaphanes, byrdsiennes. Mais le fil conducteur demeure l’électricité capricieuse, duveteuse, torturée, vibrante, alimentée par des mélodies visionnaires, élégantes, délicates, susceptibles d’emprunter des crescendo fantastiques. Ou alors d’embrasser des paysages sonores bucoliques, caressées épisodiquement par un violon ou une flûte. Pour un aussi jeune groupe ce « White angel black apple » est, dans le style, tout bonnement remarquable ! Un must !
samedi, 31 décembre 2005 01:00

A plus tard crocodile

Fin 2000, les membres de Louise Attaque décidaient de mettre l’histoire du groupe entre parenthèses et de se lancer dans de nouvelles aventures. Sous la forme de deux projets. Si le drummer Alexandre Margraff et le bassiste Robin Feix se tournaient vers les expérimentations electro dub, le violoniste Arnaud Samuel et le chanteur/guitariste Gaetan Roussel montaient une formation parallèle : Tarmac. Un combo d’ailleurs responsable de deux opus : « Notre époque » et « L’Atelier ». Et vu le succès de ces deux disques et des prestations ‘live’ de la nouvelle formation, on se demandait si Louise Attaque allait un jour se reformer. En septembre 2003, les quatre Louise se réunissent et projettent d’enregistrer quelques démos. Ce sera fait au cours de l’année suivante. Dans les studios Electric Ladyland de New York. Sous la houlette de Mark Plati. Achevant les sessions en France. Dans une ferme du Lubéron et à Paris. L’histoire pouvait donc reprendre son cours… Encore qu’après avoir écouté « A plus tard crocodile », pour la toute première fois, on se demande si on n’est pas en présence du troisième elpee de Tarmac. Pas qu’il soit de mauvaise facture. Au contraire. Il est même remarquable. Mais il est moins sauvage, moins imprévisible et surtout plus intérieur. Moins sauvage et moins imprévisible à cause de l’absence des envolées lyriques du violon. Arnaud n’est cependant pas plus discret, simplement ses interventions se fondent plus souvent dans l’ensemble. Intérieur à cause de Gaëtan. Ses textes tout d’abord : profonds, énigmatiques, intelligents. Et puis sa manière de chanter : plus suave, plus introspective. On a même droit à une compo dans la langue de Shakespeare (« Shibuya station »). Un peu de trip hop, de reggae dub, un petit saut dans l’Orient, une valse, des boucles et des samples, et puis surtout du folk/rock accrocheur, onomatopéique et mélodique, parfois même à connotation médiévale (Angelo Branduardi ?). Le tout en 18 titres qui oscillent de 30 secondes à 7 minutes. Pour un total de 60 minutes. Bref, un superbe album, dont la première écoute risque cependant fort de faire sourciller les fans de la première heure. Plusieurs écoutes sont indispensables pour pouvoir s’en imprégner. Un risque : le charme ne vous lâchera plus…
samedi, 31 décembre 2005 01:00

The great destroyer

A l’écoute du septième opus de Low, les adeptes du slowcore ou du sadcore risquent fort d’être déçus. Et pourtant, le trio de Duluth vient probablement de concocter son meilleur album à ce jour. Une amorce de la métamorphose était déjà apparue sur leur précédent elpee, « Trust », en 2002. Sur « The great destroyer », il ne reste plus que quelques traces de langueur et d’indolence à travers l’une ou l’autre ballade. Ou alors au début d’une composition, avant de monter en régime pour finalement éclater à travers une déflagration d’électricité dantesque. Un peu comme en post rock. Et pourtant, la conjugaison des harmonies vocales échangées entre Mimi et Zak est toujours aussi diaphane, les mélodies lumineuses, hypnotiques, et le climat balayé par ce souffle unique de fraîcheur. Des caractéristiques destinées à soulever votre âme. Simplement l’intensité chargée de violence et de fureur peut éclater à tout instant. Imprévisible, inquiétante même parfois, elle peut s’aventurer dans la noisy ou alors crépiter comme chez le Crazy Horse. Oui, oui, celui de Neil Young. A l’instar de « On the edge of ». Mais sans son tempo tribal ; se rapprochant alors davantage de l’expérience menée par Ian Mc Nabb, lorsqu’il était parvenu à débaucher le Cheval Fou pour enregistrer « Head like a rock ». En 1994 ! Et pour que l’information soit complète, sachez que la production a été assurée par David Fridman, l’homme de l’ombre chez Mercury Rev et Flaming Lips. Ceci expliquant peut-être cela. Un must !
samedi, 31 décembre 2005 01:00

21st Century Beatnixx

Lady Godiva aurait vécu au début de l’an 1000. Epouse du comte Léofric de Chester, elle prit pitié des habitants de la ville de Coventry, écrasés sous le poids des impôts prélevés par son cher et tendre ( ?!?!?) pour financer ses campagnes militaires. Elle l’implora donc d’alléger le taux de taxation. Celui-ci accepta sous la condition qu’elle traverse la place du marché en tenue d’Eve. Elle accepta la gageure en demandant à la population de rester chez elle, les volets clos. Puis exécuta ce défi sur un cheval, sa longue chevelure rousse dissimulant son corps. La légende raconte, qu’un seul habitant osa regarder la scène par la fente d’un volet. Il en devint aveugle… Lady Godiva est également le nom choisi par un groupe marseillais drivé par une certaine Tallulah X (NDR : elle avait notamment participé à l’enregistrement des deux excellents elpees de Dimi Dero Inc). Elle chante et se charge de la programmation et des samples. « 21st Century Beatnixx » constitue le deuxième opus de Lady Godiva (NDR : leur premier, « Louise Brooks avenue » est paru en 1999). Passé à un quatuor depuis que Major Den a abandonné le poste d’ingénieur du son pour se réserver la basse, histoire d’insuffler davantage de groove aux compos, Lady Godiva pratique une musique inspirée à la fois par l’électro wave des eighties (Human League, Berlin Blondes) et le glam rock pailleté des seventies (T Rex). Et leur look androgyne, glacé, en dit long sur leurs goûts musicaux. Un univers sonore tour à tour énigmatique ou ludique, torturé par la guitare acide, rugueuse de Krees D, nappé de claviers envoûtants mais mélodiques par Foxx Murder et infiltré par la voix vénéneuse de Tallulah (NDR : dont le pseudonyme doit probablement faire référence à une formation écossaise de la fin des eighties). Découpé en 10 fragments, la plaque laisse même transparaître des traces d’arrangements ‘motown’ sur le cinématique « Loser ».
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Employment

Vous avez certainement déjà eu l’occasion d’entendre une de leurs chansons sur l’une ou l’autre station radiophonique. L’énergique « Everyday I love you less and less » ; mais surtout leur succès « I predict a riot ». En vous disant peut-être que la Britpop avait encore de beaux restes. Auteur d’un tout premier opus, ce quintette nous vient de Leeds. Une formation manifestement influencée par l’histoire de la pop britannique : depuis les Kinks à Blur, en passant par The Jam, Clash, le Who, les Specials, Madness et les plus contemporains Franz Ferdinand (NDR : un raccourci destiné à ne pas devoir déraper dans l’histoire de la new wave). Produit par Stephen Street (Blur, The Smiths, Suede), cet opus fait la part belle aux mélodies efficaces et aux refrains accrocheurs. Rien de bien révolutionnaire, cependant ; mais des compos qui vous donnent envie de siffloter sous la douche. Même le séditieux « I predict a riot » est un accident de parcours. En fait le groupe s’attarde davantage sur la forme que sur le fond. Car les lyrics se veulent avant tout auto-parodiques. N’hésitant pas à multiplier les onomatopées (NDR : décidemment, c’est la mode !) hymniques. Bref, un elpee fort agréable, qui demande tout simplement confirmation…