La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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The Wolf Banes - De Casin...
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Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

mardi, 06 janvier 2009 01:00

Wilderness

Je dois avouer que la première fois que j’ai écouté cet opus, il m’a plutôt pompé l’air. Et c’est après avoir lu les critiques, parfois dithyrambiques, de la presse internationale, consacrées à ce disque, que j’ai décidé de l’écouter d’une oreille plus attentive. Brett Anderson est donc l’ex-chanteur de Suede. De Tears également ; mais vous avez déjà plus que probablement oublié cet épisode. Et « Wilderness » constitue son deuxième album solo. On connaissait l’artiste pour en remettre trois couches dans la confection des arrangements de ses compos et puis pour ses vocalises grandiloquentes ; mais on n’imaginait pas qu’il aurait été capable de la jouer minimaliste. C’est sans doute la raison pour laquelle les chansons de cet elpee n’accrochent pas instantanément. En fait, découpé en 9 chansons, l’œuvre (NDR : qui ne va pas au-delà des 32 minutes) embrasse un dépouillement extrême : un violoncelle (NDR joué remarquablement par Amy Langley) ; et puis du piano, de la guitare (NDR : surtout acoustique), et quelques percus que se réserve Brett. Sans oublier sa voix qui trame les mélodies. Une voix toujours androgyne, mais dont le timbre peut parfois emprunter un timbre plus grave, déchirant, voire éraillé, comme si Anderson avait décidé de se mettre dans la peau d’un crooner. Seule Emmanuelle Seigner vient apporter sa participation, de sa voix sensuelle, à « Back to you ». Et hormis le plus complexe et audacieux « Funeral Mantra », l’album baigne constamment dans la mélancolie. On a même l’impression que Brett est mal dans sa peau quand nous il ouvre son cœur, dans un élan de sincérité bouleversant. Bref, cet opus de très bonne facture aurait pu mériter le prix d’excellence, si les compos avaient manifesté davantage de relief voire même de rythme…

 

mardi, 06 janvier 2009 01:00

Stocking stuffer

Apparemment, les Fleshtones ont voulu se payer un album récréatif en hommage au père Noël. Une majorité de titres sont inspirés par la musique surf des 50’s, même si on distingue certains accents empruntés aux débuts des Beatles. Les clins d’œil adressés à AC/DC sur « Six white boomers », Jerry Lee Lewis sur « Christmas with Bazooka Joe » et surtout Johnny B. Goode de Chuck Berry tout au long de « I still believe in Christmas » manquent quand même de subtilité. Aussi, malgré toute l’estime que je porte au groupe newyorkais, il faut avouer que cet elpee est loin d’être indispensable.  

mardi, 06 janvier 2009 01:00

Summer at Eureka

Certaines bios annoncent cet album comme le quatrième de l’Australien. D’autres comme le troisième. En fait, l’intéressé à sorti un elpee sur un label indépendant en 2002. Il s’agit donc bien de son quatrième. L’enregistrement de « Summer at Eureka » a été réalisé au sein des propres studios de Pete, un studio qu’il aménagé tout récemment. Il s’est également chargé de la production. Cet auteur/compositeur australien voue une grande admiration à Nick Drake, Bob Dylan et Neil Young. Et manifestement, sa musique baigne au sein d’un climat très seventies. Sur son dernier elpee, il a accordé davantage de place à l’électricité ; et son toucher de guitare peut même rappeler celui de l’illustre Canadien. Malgré l’énorme succès récolté au pays des kangourous (NDR : il a été nominé 7 fois aux ARIA et de nombreuses de ses chansons ont figuré ou figurent encore dans les charts aussie) et son talent incontestable, Murray vit toujours dans le passé. Illustre, sans doute. Mais passé et dépassé, quand même…

 

samedi, 31 décembre 2005 01:00

Capture / Release

Décidemment, on ne parle plus que de Paul Epworth. Si son passage chez Lomax n’a pas laissé un souvenir impérissable, il faut reconnaître que depuis qu’il est passé à la production, il fait l’unanimité. Ainsi après avoir mis en forme les albums de Maxïmo Park, de Futureheads et de Bloc Party, il s’est donc consacré à celui des Rakes (NDR : traduisez les râteaux ou les ringards). Leurs trois premiers singles (« Strasbourg », « Retreat » et « 22 grand job ») avaient annoncé la couleur : un post punk incendiaire, implacable, hérité en ligne droite du Jam, de Joy Division, de Wire et même du Clash. La véhémence des vocaux et la frénésie de leur interprétation accentuant cette impression. Passé ces trois titres qui ouvrent l’opus, la musique de ce quatuor se révèle beaucoup plus subtile qu’elle ne paraît. D’abord, Alan Donohoe a travaillé sa voix pour la rendre plus ample. En pratiquant la natation (NDR : drôle d’idée !). Ensuite, l’aspect mélodique est tellement mis en évidence que les chansons en deviennent contagieuses. Enfin, si Matthew Swinnerton se révèle un guitariste très imaginatif, faisant parfois gicler son électricité comme certains groupes nés au cours de eighties (NDR : XTC ? Gang Of Four ?), Jamie Hornsmith entretient une de basse ligne menaçante, sur laquelle Lasse Petersen, le drummer, imprime son tempo au rythme de la course folle d’une rame de métro à Londres. Vous allez sans doute me dire que suite aux attentats perpétrés dans le tube, il y a quelques semaines, la comparaison peut paraître douteuse. Pas autant que vous ne le pensez, car sur la chanson « Terror », Donohoe évoque notamment la crainte de voir une attaque terroriste se produire sur le réseau souterrain de la capitale britannique. Et cette chanson a été écrite, il y a plusieurs mois. Traitant souvent du tissu social urbain, les lyrics ont d’ailleurs leur importance chez les Rakes ; rien que les titres (« 22 grand job », « Open book », « The guilt », « We are all animals », « Violent », « Work, Work, Work ») sont ainsi lourds de signification…
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Retreat Ep

“Retreat” constitue le 3ème single de cette formation insulaire. Produit par Paul Epworth, il est également paru sous la forme d’un Ep incluant le single précédent (« Strasbourg »), et leurs flips sides « Dark clouds » et « Just got paid ». Le tout ponctué d’une vidéo enregistrée à Amsterdam. Un clip qui nous montre le quatuor en ‘live’ pour deux morceaux et un succédané du film ( ?!?!) de leur journée avant de monter sur les planches. Les Rakes pratiquent un post punk incendiaire, implacable, hérité en ligne droite du Jam, de Joy Division, de Wire et même du Clash. La véhémence des vocaux et la frénésie de leur interprétation sont d’ailleurs un signe qui ne trompe pas. La formation ne néglige pas pour autant le sens mélodique. Simplement, en écoutant leur musique, on a plus envie de pogoter que d’écouter…

samedi, 31 décembre 2005 01:00

Le Tétra Titre

Tout d’abord, je tiens à adresser mes plus vives félicitations à Mathieu, responsable du graphisme de la pochette. Franchement, c’est du travail de pro ! Mathieu Vandemolen, c’est également le chanteur/compositeur de Raspoutitsa (NDR : il est également préposé à la guitare rythmique) de ce quintet issu de la région de Tournai. Dans la langue de Molière, il est aussi doué, proposant des textes à l’humour particulièrement décapant. Et les musiciens qui composent le groupe se débrouillent plutôt bien dans un style assez personnel, sorte de Tueurs de la Lune de Miel (NDR : c’est flagrant sur la dernière plage au refrain contagieux, « Les oiseaux ») revus et corrigés par la prog. Plus proche d’un Vandergraaf Generator que du Genesis de l’Archange Gabriel, comme le laissait supposer leur dernière démo. Une constante : la voix de Mathieu. Un peu limite, elle retombe cependant bien sur ses pattes dans un style parlé… En bénéficiant des conseils d’un bon producteur, le groupe devrait être capable d’enregistrer un album de bonne facture. Ah oui, j’allais oublier cet Ep est découpé en quatre titres.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Lullabies to paralyse

Responsable en 2003, de l’album incontournable ‘Songs for the deaf”, Q.O.T.S.A. nous revient avec un quatrième opus. Trop absorbé par ses Foo Fighters, Dave Grohl n’est plus de la partie. Nick Olivieri, non plus. Viré comme un malpropre, le bassiste charismatique du groupe californien a décidé d’embrasser une carrière solo. Seul aux commandes, Josh Homme a quand même réussi à convaincre quelques artistes de gros calibre de venir participer à l’enregistrement de ce « Lullabies to paralyse ». Et en particulier Marc Lanegan. Son timbre fantomatique, grave et pénétrant hante ainsi la première plage de l’opus, une ballade paradoxalement glacée et envoûtante. Le calme avant la tempête. Car dès le deuxième titre on retrouve ce style si caractéristique, sombre, saignant, électrique, musclé, exacerbé par la voix possédée de Homme. Malheureusement, les compos paraissent moins explosives. Les guitares rugissent, mais elles ne claquent plus. Et au fil de l’elpee, elles deviennent plus complexes, plus élaborées même, s’égarant même parfois dans une sorte de prog rock lorsqu’elles ne se repaissent pas des dépouilles de Smashing Pumpkins. Et ce n’est pas la présence d’autres invités de marque qui y change quelque chose. Celles de Shirley Manson (Garbage) et de Brody Dale (Distillers), sur le fragment maléfique « You got a killer scene there man… », passent totalement inaperçues. Quant à Chris Gross et Jack Black, il faut se référer aux notices de la pochette pour se rendre compte de leur participation. Seul le bon vieux Billy Gibbons de ZZ Top marque l’excellent boogie « Burn the witch » de son empreinte. Maintenant, si vous êtes un inconditionnel de Q.O.T.S.A., vous risquez fort d’écouter ce disque en boucle. Pour les autres, ce sera une petite déception…
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Mighty rearranger

Robert Plant a toujours été fasciné par le Moyen-Orient ; une civilisation qui a d’ailleurs énormément influé sur son inspiration musicale. A l’âge de 57 ans, il continue à expérimenter, à chercher de nouvelles sonorités, à marier différentes cultures ou différents styles ; alors que de nombreux pairs tentent de ressusciter artificiellement (NDR : et surtout lucrativement) des symboles du passé. Pensez aux Doors ou à Queen. Pour Bob, remonter le Led Zeppelin sans John Bonham n’a jamais eu aucun sens. Et s’il a accepté de retravailler quelque temps en compagnie de Jimmy Page, c’était pour se ressourcer. En l’occurrence à travers la rencontre entre orchestre égyptien et symphonique. Et en ‘live’ de surcroît. « Mighty rearranger » a été concocté dans des conditions difficiles pour l’artiste. Et pour cause, à l’époque des sessions d’enregistrement, son père était occupé de rendre son dernier souffle. Un disque pour lequel il a, bien sûr, reçu le concours de son nouveau groupe Sweet Sensations. Mais aussi de musiciens de Portishead et de Massive Attack. Pour deux titres. Les plus trip hop, vous vous en doutez : « Shine it all around » et « The enchanter ». Le reste de l’opus oscille entre folk pastoral typiquement britannique, world music (NDR : surtout marocaine et malienne), blues, jazz et métal ; lorsqu’il ne mêle pas toutes ces tendances. « Tin pan valley » réussit même à transporter votre âme comme sur les compos les plus exaltantes du dirigeable (NDR : pensez à « Kashmir », « Black Dog », etc.), dans un registre mystique que cultive si bien aujourd’hui un certain Tea Party ; alors que « Dancing in heaven » et « All the kings horses » auraient pu figurer sur le « LZ III ». Et si la voix de Robert n’a plus la puissance d’antan, elle libère une telle sensibilité qu’elle n’en est que plus touchante. En outre, la richesse et l’originalité des percussions confèrent à l’œuvre une intensité constante. Enfin, les lyrics de qualité ainsi que les arrangements soignés et très contemporains posent en quelque sorte la cerise sur le gâteau. L’elpee recèle en bonus track un remix de « Shine it all around ». Ou si vous préférez un morceau caché. Il aurait mieux valu qu’il soit bien caché… N’empêche, cet opus constitue une excellente surprise. Un disque cependant pas facile à assimiler. Plusieurs écoutes sont d’ailleurs nécessaires avant de pouvoir s’en imprégner…
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Shishimumu

Avant d’opter pour le patronyme Phantom Buffalo, cette formation de Portland (NDR : dans le Maine !) avait choisi celui des Ponys. Commettant même un premier elpee. Pas une très bonne idée, puisqu’il existait déjà un groupe qui répondait à ce nom. D’autant plus que le détenteur de l’appellation leur a signifié l’intention de porter l’affaire devant les instances judiciaires. Il ne leur restait donc plus qu’à s’incliner. Et de sortir cet opus une deuxième fois. En le signant « Shishimumu ». Un disque fort intéressant. Tour à tour lo-fi, atmosphériques (Durutti Column ?), baroques, souvent capricieuses, psychédéliques, chatoyantes, parfois arides, stridulentes (« Catfish »), vaudevillesques (« Domestic pet growing seeds » et son concert de kazoos manifestement contaminé par l’esprit délirant de Ringo Starr ), toujours séduisantes et poétiques, les 13 plages qui découpent l’opus s’inscrivent dans la lignée de l’ordre des grands excentriques britanniques : Syd Barrett et Robyn Hitchcock en tête. Encore que les titres les plus minimalistes s’aventurent également dans la country alternative (Wilco ?), une steel guitar ou une pedal steel à l’appui. Mais l’originalité de leur expression sonore procède de la voix de Jonathan Balzamo-Brookes, dont le falsetto campe un hybride entre Robert Wyatt et Stuart Murdoch (Belle & Sebastian), une voix qui donne une coloration toute personnelle à l’ensemble. Rafraîchissant !
samedi, 31 décembre 2005 01:00

The Glasgow school

Après dix années de galère en solitaire, Edwyn Collins commettait un hit planétaire : « A girl like you ». En 1996. Un single extrait de l’album « George ». Pour le commun des mortels, le pedigree de cet artiste écossais s’arrête à ce coup d’éclat. Grave erreur ! Car il est avant tout un des membres du groupe mythique Orange Juice. Une formation née fin des seventies/début des eighties et responsable d’une musique alors inspirée par le Velvet Underground. Mais aussi par la pop et la soul américaine. Une nouvelle scène est alors occupée de naître. Et elle veut prendre le contre-pied du mouvement punk (NDR : je me demande d’ailleurs toujours pourquoi certains médias l’avaient taxée de post punk ?). Elle implique des groupes ou des artistes (NDR : écossais !) comme Aztec Camera, Paul Quinn ou encore les Pastels, qui militent alors chez ‘Postcard’, un label indie drivé par un étudiant : Alan Horne. Un patronyme qui va même devenir un style musical. Réédition revalorisée d’un import japonais, « The Glasgow school » réunit tous les premiers singles de la formation mythique : « Falling & laughing », « Blue boy », « Simply thrilled honey », « Poor old soul » et leurs flips sides ; mais également un inédit issu d’une Peel Session ainsi que l’intégralité du premier elpee du groupe, « Ostrich Churchyard », non publié à ce jour. Sans oublier le velvetien « Louise Louise », issu de « Rip it up », paru en 1982. Vingt-deux fragments en tout ! Et on commence à y percevoir les aspirations funk pop nerveuses du futur Collins en solitaire…