L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Gavin Friday - Het Depot
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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Blues dancin´

Le label Black & Tan poursuit son approche intéressante des bluesmen de St Louis, dans le Missouri. Ernest Oglesby est né à St Louis, en 1937. Son instrument, c'est le saxophone ! Mais, il est loin de jouir d'une énorme popularité à travers le monde. J'ajouterai même qu'il est presque un illustre inconnu. A l'âge de 20 ans, il avait pourtant rejoint le Billy Gailes Band. Ce qui lui avait permis d'accompagner des grands tels que Albert King, Ike & Tina Turner, Little Milton et puis d'autres. Ces dernières années, il a parcouru l'Europe avec les St Louis Kings of Rhythm. Il partage ses passions musicales entre le blues et le jazz. Ce qui peut aisément se comprendre à l'écoute de ce 1er album.

"Jack and Coke" ouvre par une session instrumentale. Le sax est immédiatement présent, mais c'est le guitariste Brian Melching qui tire son épingle du jeu. Erskine chante "I have the same old blues" (de Little Milton), sur un mode rythmé, pendant que guitare et sax s'entendent avec bonheur. "Two franc blues" hausse encore le rythme. Erskine est définitivement lancé. Il nous livre une subtile partie de "honky" sax. Melching s'échappe dans le style jazzy, proche de Charlie Christian. Swing et jump avec "Two shots of Jack". Bob Lohr est efficace au piano. Brian nous donne une leçon de jump style sur les cordes. Brillant! St Louis se fait Chicago Southside pour "Train I ride" et "Caress me baby" de Jimmy Reed. Bob et Brian se muent en Otis Spann et Jimmy Rogers. Boogie woogie pour "Back at BBs". Erskine se libère sur son sax tenor, à la seule pensée de flâner dans la Beale Street de Memphis. Même ambiance swing boogie sur "I'm trying". Le "Madison blues" d'Elmore James se fait Oglesby, tant la version est personnalisée. Un excellent album qui se referme sur "Next time you see me" de Jr Parker, avec une dernière grande prestation de Melching. Nonobstant son manque de notoriété, Ernest Oglesby est un grand musicien qui s'inscrit dans la lignée des saxophonistes leaders tels que AC Reed et Eddie Shaw.

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

The screaming cat

L'ouverture, "When Sugar Cane was king" se limite à l’Omar classique. Il est assez étrange de constater à travers les notes de pochette, que le géant ne fait que chanter, laissant le soin d'actionner les guitares à Malcolm "Papa Mali" Welbourne. Qui, en outre, partage la production avec le batteur B.E "Frosty" Smith. Mais pas de trace des Howlers. Et lorsque arrive la plage titulaire, on se rend vraiment compte d'avoir affaire à un solide travail de studio. Les percussions sont bien à l'avant et les effets de guitares, les sons et les voix trafiqués. Le riff cher à Bo Diddley annonce "100 pounds of pain". Assez réussi, malgré les timides apparitions de l'orgue Hammond. Ensuite, l'album respecte un répertoire bien dans l'esprit d'Omar Dykes ; mais encore une fois, c'est la production qui l'emporte, mettant en évidence le travail réservé à sa voix puissante et grave. Mais pourquoi donc, la face Omar le guitariste est-elle pratiquement occultée au profit de Papa Mali ? Et pourquoi ces cordes constamment trafiquées ? Ainsi sur le dynamique "Girl's got rhythm", Omar, et ce n'est pas la première fois, chante à la manière de John Fogerty. Et c'est la slide du producteur qui l'accompagne! Ce travail de studio n'est pas sans me rappeler les derniers albums de Z.Z Top. C'est assez évident à l'écoute de "Too many people talkin". Le seul lien échangé avec les Howlers ici, se résume à la participation du bassiste Paul Junior. Sur 5 titres. Bizarre ! Omar ne serait-il plus qu'une voix? Non, si l'on en juge le shuffle classique de la finale "Party girl". Ouf, me voici rassuré !

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Living legends deep in the blues

Nonobstant la blancheur de leur peau, Paul et Steve sont deux authentiques bluesmen. Des vieux de la vieille, devenus des légendes de leur vivant. Et pour cause, Osher a fait partie du Muddy Waters Banden. C'était en 1967. Et le résident de Brooklyn avait à peine 18 ans. Il occupait, en effet, le poste d'harmoniciste, succédant à des monstres sacrés du blues tels que Little et Big Walter, Jr Wells ou James Cotton. Il a pourtant encore d'autres cordes à son arc, puisqu'il joue de la guitare, du piano, chante et compose. Il est vrai qu'il a appris à jouer de la slide par Muddy en personne, et du piano par le sublime Otis Spann. En 1975, il rencontre le Philadelphien Steve Guyger. Steve présente lui aussi un respectable pedigree. Il a joué l'harmonica dans le Jimmy Rogers Band de 78 à 92.

Cet album est une propagande pour le blues classique. Celui qui repose sur la formule d'un trio. Sans batterie, mais avec la basse de Mike Lampe. Paul se partage entre divers instruments. Steve se concentre sur l'harmonica. L'opus recèle quelques petites perles. " Sometimes I wonder ", par exemple. Steve Guyger y est troublant, tellement authentique et tellement proche de Rice Miller, du Sonny Boy II. Tous deux possèdent une voix "vécue", passablement ravagée, qualité qui ajoute à l'intensité de l'ensemble. Paul chante "Take a little walk with me" de Robert Lockwood Jr. Il a admirablement assimilé le style du Delta à la guitare. Et sur ce même titre, ils jouent tout deux de l'harmonica. Paul se réserve la basse, Steve, les aigus. La partie de basse de Paul est tout à fait sidérante sur une version incroyable de "The things that I used to do", où l'harmonica sonne comme un sax baryton. Emotion lorsque Paul interprète "What have I done " de Magic Sam, où l'harmonica se rapproche cette fois, de Big Walter Horton. Emotion aussi pour Steve chantant le classique de Sonny Boy I, "Sugar Mama". Cet album est tout à fait recommandé pour ceux qui aiment le Chicago blues dépouillé, sans faiblesse, classique, mais avec tant de surprises agréables, qu'il est difficile d'être complet dans ces lignes.

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Shake hands with Shorty

Sous cette étiquette se cache deux frères dont le père n'est autre que le redoutable et réputé producteur de Memphis, Jim Dickinson. Le groupe pratique un blues très roots dont le côté immédiat, direct, comme issu des juke joints et roadhouses locaux ne peut mettre en doute l'étiquette Mississipi. D'ailleurs, il traîne ça et là un côté Fat Possum qui ravira les nombreux adeptes du style. Nul doute que le père Jim avait eu le bon goût de familiariser ses rejetons aux styles aussi divers que ceux des Mojo Dixon, Willy DeVille, Replacements et autres Jon Spencer.

Le groupe existe depuis plusieurs années. Il a forgé son expérience en jouant quelques 150 concerts par an. Les titres qui composent l'album sont joués depuis bien longtemps sur scène, et c'est sans nul doute une preuve d'intelligence d'attendre cette maturation avant d'enregistrer. Luther et Cody vivent dans les collines du Nord du Mississippi. C'est là qu'ils se sont forgés leur style, à l'écoute de Fred McDowell. Mais également lors de leur rencontre avec Junior Kimbrough et R.L Burnside Deux des fils de ce dernier, Cedric et Gary sont de la partie en tant qu'invités.

La saveur boueuse du Mississippi suinte vraiment sur "Shake 'em on down", avec slide électrique et bottleneck acoustique à l'appui. Les vocaux ne sont pas le point fort. Cependant, question cordes, et notamment sur "Drop down mama" de R.L Burnside, la collision de la guitare et de la slide peut rappeler de belles tranches musicales, partagées entre Dicky Betts et Duane Allman, au sein de l'Allman Brothers Band. Ce bain sudiste se répète sur "Po' back Maddie", un boogie signé Fred McDowell. Les voix et les riffs produits sur "Skinny woman" peuvent eux, il est vrai, faire rêver aux échanges opérés entre Eric Clapton et Jack Bruce, aux débuts de Cream, avant de retomber aux mêmes références déjà citées. Et oui, un solide parfum du passé se dégage de cet album. Mais aussi un gage d'authenticité, hérité en ligne droite du Delta. A l'instar de la simplicité même de "Drinkin' muddy water" qui fait mouche. Ecoutez attentivement "Going down South". Ce titre rappelle le Cream de la grande époque. D'ailleurs, si le solo de guitare démontre l'étendue de cette spécificité, les percussions assez sauvages sont très proches du grand Ginger Baker. Il est vrai que les fils Dickinson sont renforcés par les frères Burnside et la symbiose est totale! La dernière plage, " All night long ", propose une long jam de plus de neuf minutes, passant de l'ambiance sudiste des Allman Brothers à celle plus libérée de Grateful Dead. Ah oui, j'allais oublier cette plage cachée, espèce de faire-valoir du batteur Chris Chew. Un album spontané et rafraîchissant!

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

I like it that way

Darrel est un vrai Texan. Né à à Dallas en 1952, il est devenu célèbre en exerçant le rôle de chanteur au sein d'Anson Funderburgh & the Rockets et de Ronnie Earl & the Broadcasters. Depuis 1990, il mène une carrière plus ou moins individuelle. Leader du Texas Heat, il a ainsi gravé "Business as usual" sur Back Top en 91 ; puis sous son patronyme "Bluesoul", sur Higher Plane en 96 et "Whole Truth" sur Severn en 98.

Pour concocter " I like it that way ", il a de nouveau accordé sa confiance au guitariste Johnny Moeller. Un fidèle compagnon qui a sévi sur les derniers albums de Darrell ; mais également un musicien qui est responsable d'un album intitulé " Return of the funky worm ", enregistré avec l'ex Red Devils, Paul Size, sur Dallas Blues Society. Et un nouvel opus solo est annoncé sur ce même label.

"I like it that way" s'ouvre sur une bien jolie ballade. Son titre? "You tore my playhouse down". Elle met de suite en évidence les remarquables qualités vocales de Darrell. Embrayant avec "Getaway place", qui laisse tout l'espace à Johnny pour accorder une remarquable partie de guitare. Ballade d'une beauté et d'une fraîcheur rares, " After all " introduit le piano du très doué Benji Porecki, sur fond d'orgue, et débouche sur la voix lumineuse de Nulisch. Et les quelques ballades soul qui s'ensuivent, fixent l'emprunte du chanteur texan. Deux très beaux blues figurent sur l'album. Une interprétation passionnée de "Worried dream" de B.B King. A mon humble avis, la meilleure plage de l'opus. Et le célèbre "Mean old world". Non pas d'Otis Rush, mais de Little Walter. Particulièrement swing, cette version permet à Porecki d'exprimer son talent à l'orgue Hammond. L'album se termine dans le R&B, avec "Trick or treat" d'Otis Redding, qui souligne les qualités de la section rythmique, constituée de Steve Gomez, à la basse, et de Rob Stupka, à la batterie.

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Fully clothed and naked

Zoot est devenu très tôt l'un des meilleurs artisans du R&B outre-Manche. Il était déjà présent, à une époque où les meilleurs du genre s'appelaient Alexis Korner et son Blues Incorporated, Graham Bond Organization ou Georgie Fame et les Blue Flames. Venu du Sud anglais, il a d'ailleurs joué quelque temps avec Alexis Korner avant de monter son Big Roll Band. Indigo a déjà gravé des archives live de ce groupe sur l'album "Where you there?". Sur le présent album, toujours enregistré en public, mais en 1966, nous retrouvons le Big Roll Band à une époque où ils jouaient régulièrement dans les meilleurs clubs, comme le "Flamingo" et le "Klooks Kleek".

Le line up était plutôt solide : Paul Williams à la basse, Colin Allen à la batterie, Andy Summers (futur Police) à la guitare, et Nick Newall, Clive Burrows ainsi que Johnny Almond aux cuivres. Le boss se réservait l'orgue Hammond et chantait. Le succès du R&B de l'époque procédait de sa nature ‘dansante’. Comme le prouvent ici "Let the good times roll", le "Barefootin" de Robert Parker, "Smack dab in the middle" et "Hallelujah I love her so" de Ray Charles, titre enrichi par la guitare jazzy, déjà bien éveillée de Summers. Sans oublier "Loving you is sweeter that ever", qui met en exergue les échanges vocaux entre Zoot et Paul Williams. Le tempo ne se ralentit que pour le doux "Nothing's gonna change this live" de Sam Cooke. Un répertoire qui appartient à la phase "Fully clothed" ("tout habillé"), qu'il partage avec ses musiciens. Il reste six titres datant du début des 70s. Ils appartiennent à sa période "Naked" ("Nue"). Dix fragments qu'il interprète seul en s'accompagnant d'une guitare acoustique. Si l'atmosphère très intimiste laisse libre cours à la voix limpide de Zoot, nous n'y retrouvons que peu d'accents blues et R&B habituels. La finale, par contre, est admirable. "Six days on the road" est d'ailleurs devenu un hymne des pub bands anglais. Indigo nous promet encore des archives de Money, dans le futur proche...

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Gone to hell

John Mooney est un passionné du blues d'avant-guerre, tout particulièrement de celui qui reste son influence majeure, Ed ‘Son’ House". Une autre de ses influences s’est développée lors de son passage à New Orleans, celle du célèbre pianiste Professor Longhair. Son 1er album "Comin' your way" remonte à 1979, déjà pour Blind Pig. En 1983, il grave "Telephone king", toujours pour le même label. En 85, il enregistre "Sideways in Paradise", un album acoustique réalisé en duo avec le guitariste des Nighthawks, Jimmy Thackery. D'autres albums sortiront encore. "Late last night" en 90 sur Bullseye, "Travelin' on" en 92, un live avec Bluesiana pour Crosscut, "Testimony" en 92 pour Domino, "Against the wall" sur House of Blues et "Dealing with the devil" pour Ruf en 98.

Le Mooney de l'an 2000 affiche un nouveau look, sans le moindre poil au sommet du crâne! Il est entouré de trois musiciens, Jeff Sarli à la basse, Kerry Brown à la batterie et Alfred Roberts aux percussions.

Il démarre par la plage titulaire, sur un rythme soutenu. Ses doigts attaquent la slide d'une manière nerveuse. Pour souligner ses attaches à la Nouvelle Orléans, John a invité Dr John sur 4 plages. Le climat cher à la Crescent City se retrouve sur "That's what lovers do" et "Grab a hold", alors que le piano du Docteur assure le rythme et s'évade au milieu des percussions. D'ailleurs, John aime la musique roots, teintée de percussions. Sa voix chaleureuse et le bottleneck se détachent bien dans cet environnement. Cet effet est marquant sur "Made up my mind" et "Indian Lea". Mooney, c'est aussi l'artiste respectueux des traditions. Celles du Delta Blues. Il s'arme alors de sa National Steel et crie seul sa passion sur "I wonder blues", "Glass house" ou les reprises de Son House, "Dry spell blues" et "Down south blues". J'aime aussi sa reprise de "Cypress grove" de Skip James. Sa voix éraillée et autoritaire y fait merveille. Enfin il recrée les duos du passé sur "How long blues", lorsque Dr John assure le rôle de Leroy Carr.

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Lucky Charm

Tous les amateurs de blues savent que Matt a été un des deux guitaristes du Blues Brothers, rôle qu'il partageait avec le blanc, Steve Cropper. Il est né en 1927 à Sunflower, dans le Mississippi. Au cours des 50's, il a accompagné le pianiste Memphis Slim, et dans les 70s, l'harmoniciste James Cotton. " Lucky charm " constitue son second album pour Roesch. Il fait suite à "The blues don't bother me!". Renforcé bien évidemment par les Blues Brothers Horns, Matt est ici entouré de son groupe.

Il s'engage sur l'album par un long boogie instrumental, "Boogie Overture" ; un titre sur lequel il nous présente son travail électrique sur le son. Il s'arme de sa guitare acoustique et ne tolère plus que la présence de son batteur, Floyd Murphy Jr, pour attaquer le très roots "What's up with you baby?". Matt n'est pas un véritable vocaliste. Il a invité quelques uns de ses amis, dont Howard Eldridge. Celui-ci possède une voix très chaude et expressive. Il chante admirablement la lente ballade "I remember", secondé par le piano de Leon Pendavis. Il chante aussi avec autorité "Willie Mae", une plage rythmée, théâtre d'exploits instrumentaux du bassiste Tom Barney, et surtout de Matt qui, à travers un solo passionnant, nous donne une leçon extraordinaire de cordes. David Foster chante "Who's got the puddy". Du pur funk, caractérisé par une intervention dans un style "honky", de Gordon "Sax" Beadle. Pendavis chante "Got me a carrying A stick". Une interprétation sans éclat, amusante, qui repose sur une trame funk et jazz. Murphy est un des meilleurs guitaristes de blues. Il prouve tout son talent sur le lent instrumental "J.F.A". Doigté, technique, sensibilité et expressivité sont au rendez-vous, pendant que l'ami Leon signe une bien belle prestation à l'orgue Hammond. Velouté, "Oh no, I'm falling in love again" épouse un style un peu trop cabaret, à mon goût. " Guitar " Murphy garde le meilleur pour la fin. Il chante "Time to move on", un blues somptueux relevé par une partie de cordes très personnelle. Il est vrai que l'homme a un style et qu'il se montre à chaque instant très inventif. Enfin, pour "Headin' Northwest", Matt arpente son manche au grand galop, épaulé par un front de cuivres. Un bon album!

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Up and down the highway

‘Memphis’ Charlie est considéré aujourd'hui comme l'harmoniciste blanc le plus mythique. Il est toujours bien présent près de 40 ans après l'avènement du blues blanc. Il a passé tant d'années au service du blues que son nom est devenu indiscutable dans le répertoire du blues sans couleurs. Il a peu enregistré en la compagnie de musiciens européens. Pourtant, au cours de l'été 86, il fit une tournée sous la forme d'un trio, en compagnie de musiciens anglais. Dave Peabody, à la guitare, et Bob Hall, au piano. Il est passé, à l'époque, au Festival de Handzame. Enregistré live au Cambridge Folk Festival, l'album "Cambridge blues" est sorti sur Blue Horizon en 1988. Sous-titré "Live 1986", cet opus n'est donc pas un document inestimable puisqu'il provient de la même tournée.

Six titres sont communs, deux nouveaux font leur apparition. Soit "Everybody needs somebody" de Little Walter et "Candy kitchen" de Lightnin' Hopkins. Une atmosphère quasi unplugged règne sur ces enregistrements. Dommage que Bob Hall soit au piano électrique, je lui préfère le son de l'acoustique. Le concert débute par "Hey Miss Bessie", un boogie qui met en exergue un excellent Bob aux ivoires. "Key to the highway" est mené de manière assez émouvante. Dave Peabody y joue tout en sensibilité. Charlie entame alors "Big leg woman". Une chanson qui figure depuis bien longtemps à son répertoire. Mais en l'écoutant, je me suis rendu compte que le Charlie de 86 n'était pas du meilleur cru. Il est vrai qu'à cette époque, il luttait encore contre le fléau éthylique, qu'il a depuis vaincu. Le même malaise règne sur "Everybody needs somebody". Le meilleur titre, c'est indéniablement "Up and down the avenue". Pas parce qu'il donne presque son nom à l'album, mais à cause des 3 musiciens qui se poussent volontairement dans leurs derniers retranchements. Et le résultat est fameux ! Bon album, mais pas essentiel! N'oubliez pas de vous procurer "Continental drifter" (Pointblank), il est indispensable à votre collection!

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Handyman

Sorti en 1999, "Handyman" avait déjà fait l'objet d'une chronique dans la présente rubrique. Sous-titré "10th Anniversary edition", il constitue le 4ème album du groupe. Un combo fondé par deux frères d'origine belge, les Lacoque. Michel, le manager, et Pierre, le leader et harmoniciste. Ils comptent quatre albums à leur actif, sur le label personnel et indépendant, Vanderlinden. Soit "Straight from the heart", en 1992, "Learned the hard way" en 94 et "Thunder in my heart" en 95.

Un profond remaniement de line up était intervenu avant l'enregistrement de "Handyman". Katherine Davis avait notamment remplacé, et avec le même bonheur, Deitra Farr au backing vocal féminin. En réalité, l'ensemble des musiciens a été renouvelé. Sans oublier la collaboration d'invités de prestige. En mai dernier, le groupe était revenu chez nous. Au ‘Spring Blues’ d'Ecaussines. Il y avait fait un malheur ou plus exactement le bonheur du public. Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, ils ont enfin trouvé un distributeur fiable en Europe. En l'occurrence le label Crosscut de Brême.

Habillée d'une jolie pochette cartonnée, "Handyman" est donc aujourd'hui bien plus facile à se procurer. Depuis, le line up a encore changé, et la formation que nous avons pu applaudir chez nous est ici présente pour deux bonus tracks. Sur " Please don't cry ", Jasper Buchanon, le nouveau pianiste noir assure les vocaux, tandis que l'instrumental ""Early morning blues" met en exergue le talent du le guitariste Chris Winters. C'est la raison pour laquelle, je reviens sur cet album, que je qualifierai d'indispensable à toute collection. Si on passe sous silence deux compos franchement dispensables. Pour le reste, je vous recommande le rythmé "Excuse me ", écrit et chanté par Miss Davis, le titre maître, chanté par le regretté George Baze, et "Look good to me" parcouru par un harmonica extraterrestre. Côté titres lents, le sublime "Farewell to S.P Leary" est chanté par Barrelhouse Chuck Goering, "Dog in my back yard", par George Baze, et "It hurts to be lonesome" par Billy Boy Arnold. D'un bout à l'autre, Pierre Lacoque fait preuve d'un brio, à ce jour inégalé, mais surtout bouleversant, clairvoyant, original, créatif et si différent. Indispensable !

 

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