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dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Face the Music

Nouvel album live pour Walter avec ses Free Radicals ; en l'occurrence Bernard Pershey (batterie), James Trapp(basse) et Paul Kallestad (orgue Hammond). Le style de Walter Trout campe un hard rock mélodique et bluesy, sans doute trop hard rock pour les amateurs de blues, mais pas trop blues pour les fans de hard rock. Car, n'en doutons pas, Walter Trout possède de nombreux admirateurs. Le combo est constitué de solides musiciens, reconnaissons-le ; et lorsque l'orgue prend toute sa coloration dans cet enregistrement public, la guitare, bavarde, n'est pal mal jouée par Trout. Mais une question me hante l'esprit : pourquoi donc veut-il jouer tant de notes, alors qu'il pourrait en pondre deux fois moins avec un meilleur effet ? Tout simplement parce que c'est le style du musicien et c'est ainsi que nous devons le prendre.

Walter enregistre beaucoup d'albums. Celui-ci constitue déjà son 8ème depuis 1990 ; son second live, après "No more fish jokes". Il avait, souvenez-vous, fait partie de Canned Heat et des Bluesbreakers de John Mayall. Plutôt des références, non? Les meilleurs titres, il les commet, lorsqu'il s'attaque à des tempos lents. Parce que sa voix se prête bien à cet exercice, et que son style mélodique en devient plus accrocheur. Il se plaît à faire hurler ses cordes comme celles d'un violon. Et dans ce style lent, "Tired of sleeping alone" n'est pas mal du tout...

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Cherry Red

Notoire pour être un des plus grands shouters de tous les temps (NDR : sinon le plus grand), Joe Turner est né à Kansas City, dans le Missouri en 1911. Joe était grand et il pesait dans ses meilleures années plus de 120kg. Ce qui lui a valu, dans le futur, le surnom de Big Joe. Ses 1ères armes, il les a accomplies, en duo avec le célèbre pianiste Pete Johnson. Son boogie woogie est pur et dur et sa voix puissante. Comme sur "Roll 'em Pete" et "Goin' away blues" ; et nous ne sommes qu'en 1938 ! Le style de Joe, c'est aussi le jazz, très populaire en 39. Peuplé de cuivres, "Cherry Red" en est un beau témoignage. Il avait également une manière naturelle de chanter le blues ; et rien ne pouvait arrêter sa voix de shouter "Piney Brown blues", en 40. Il enregistrera avec Pete Johnson jusqu'en 1945.

Neuf plages sont ici présentes dont le fabuleux "Rebecca". De la dynamite! C'est ensuite l'après-guerre, popularisant le jump blues et annonçant le R&B, dont on retiendra le fabuleux "My gal's a jockey" ; mais aussi le blues plus cabaret, "Miss brown blues", avec un bon Ike Perkins à la guitare et Albert Ammons au piano. En 47, il retrouve Pete Johnson au piano. Pee Wee Crayton est à la guitare ; et ils interprètent "Low down dog". Le reste de l'album date de la fin des 40s. On y retrouve toujours un savoureux cocktail de boogie woogie, jump, blues et de jazz. Rien à jeter! Personnellement, la quintessence de cette collection remonte à 49. Deux titres : "I don't dig it" et "Ooo-Och-Stop, flanqué du Flennoy Trio, qui n'a pas pris une seule ride, tant le jeu de guitare de Leonard " Lucky " Enois est moderne. Superbe!

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Mood swings

Ne vous fiez pas au titre de cet album, Taboo Blue n'est pas un groupe de swing moderne comme il en existe tant aujourd'hui, mais un roots rock band qui nous vient du Minnesota. J'avoue que j'en ignorais presque l'existence, mais son album m'a plu tout de suite.

Diable, entamer les hostilités par un rock boogie tel que "67 Fairlane" est idéal pour la route. La slide gronde et le piano piétine. Si on faisait abstraction de la voix, ce titre aurait pu figurer sur un bon album de Bob Seger. Deux guitares, celles de Leon Laudenbach et de Johnny Schwartz, ainsi que les claviers de Chris Schuette, forment la base d'envol de Taboo Blue. "Burn in Atlanta down" qui suit, s'ébroue calmement, monte progressivement en puissance, et au contact de la slide, prend feu en fin de parcours. Ce haut niveau n'est pas cependant pas présent d'un bout à l'autre de l'album ; mais d'autres instants intenses réapparaissent çà et là! Très rythmé, " Death bed confession " est agrémenté d'un petit break d'harmonica destiné à neutraliser les cordes qui n'attendent que le moment de cracher à l'avant-plan. Le bluesy "Ooh Pee Doo" est amusant, et le très roots "Bury the plow", apaisant. "Jack the Cat" demeure dans cet esprit très roots, mais en plus rock. Le piano en assure la base, alors que Mark Anderson a troqué son harmo contre un sax. Si la plage titulaire séduit en légèreté, elle n'en succombe pas pour autant au swing, cherchant plutôt à entretenir une ambiance où règne la bonne humeur. Et lorsque l'album est terminé, nous avons encore droit à quatre plages live. Quatre bonus tracks enregistrées au Novaks de Saint Paul. Et surprise, nous découvrons un blues band efficace qui se frotte avec beaucoup de bonheur à des reprises de classiques : "Crosscut saw", "Back door man", "Leaving your town" (de Charlie Musselwhite) et "Come back baby" (de Billy Boy Arnold). Et lorsqu'on sait que ce sont les mêmes musiciens, il y a vraiment de quoi se poser des questions. Chauffe Taboo Blue!

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Royal Blue

L'indiscutable ‘Queen of the blues’ de cette fin de siècle a incontestablement droit aux égards qui lui sont réservés, et son album mérite donc, tout simplement, de s'intituler "Royal Blue". Cette reine du Chicago blues est pourtant née à Memphis voici 66 ans. Elle est sous contrat chez Alligator depuis 1975 ; et cet opus constitue déjà le 8ème pour Bruce Iglauer. N'oublions cependant pas les superbes enregistrements qu'elle a commis au cours des 60s et des 70s, pour le label Chess. Alors que son propre groupe est suffisamment talentueux, elle bénéficié du concours de certains invités de prestige, pour enregistrer " Royal blue ".

Elle aborde en force "Save your breath". Sa voix légèrement rauque, naturellement puissante enlève avec aisance cette plage rythmée, accentuée par l'orgue Hammond de Dolphis Fowler Jr et traversée par la guitare bien contemporaine de Criss Johnson. Tout ce beau monde est rejoint par Johnnie Johnson au piano, pour "Hittin' on me". Un blues bien rythmé écrit par Buddy Johnson (ça en fait des fils de John!!). L'évitable Kenny Wayne Shepherd ramène ses cordes bavardes sur "Bring me some water". Et il ne faut pas trois secondes pour reconnaître B.B King, l'ami de Memphis, qui a ramené Lucille pour "Blues Hotel", tout en donnant les répliques vocales à Koko. Quel duo! Le bon Chicago Southside comble nos oreilles avec le sublime "Ernestine". Johnnie Johnson tapote au piano et le grand souffleur Mathew Skoller a ramené sa musique à bouche inspirée. Mais Koko donne le meilleur de son art dans l'exercice du blues lent. Elle peut alors aller au plus profond d'elle-même, et chanter avec ses tripes. A l'instar de "Buy on this other hand". On mesure également la cohésion de ses musiciens et le talent fou de Criss Johnson qui lance les célèbres petites phrases d'Albert King, sur le séduisant "Fuel to burn". Il déborde d'énergie naturelle sur le très Memphis R&B, "Keep your booty out of my bed". Enfin, le plus beau moment est atteint, lorsqu'elle forme un duo Keb' Mo. Ses cordes acoustiques font ainsi le plein d'émotion tout au long de "The man next door". La claque ! Cinq minutes de bonheur!! Cet album de classe s'achève sur fond de cuivres, le temps d'exécuter "Keep your mouth shut and your eyes open".

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Bang that bell

Malgré ses 40 ans, Melvin appartient à la jeune génération. Issu de Chicago, ce chanteur guitariste roule sa bosse sur les routes depuis pas mal d'années ; est paradoxalement il est devenu très populaire en France, où il a enregistré ses deux premiers albums pour le label Isabel, "Blues on the run" en 1982 et "Plays the blues for you" en 84. Guitariste à la technique très fouillée, hyper doué qui pêche parfois dans l'excès, l'homme possède d'énormes ressources, cela ne fait aucun doute. Il a joué jadis dans le Legendary Blues Band, monté par Pinetop Perkins après la mort de Muddy Waters. Il y a tout appris du blues des années glorieuses, mais il n'en est pas resté à ce stade. A l'écoute de Wes Montgomery et Georges Benson, il a rapidement introduit des éléments de jazz dans son style. Réceptif au r&b et au funk, il a toujours prêté une oreille attentive au grand Jimi Hendrix. On ne sera donc guère étonné de l'amplitude de son jeu.

Il débute par la plage titulaire, écrite par Eugene Gales de Memphis. Dont le frère Eric est bien présent pour l'interprétation d'un " Bang that bell " qui me rappelle Jimi Hendrix, époque Band of Gypsies. La reprise de "Trick bag" d'Earl King est un autre modèle du genre. Melvin produit une version énorme de "Another bad day" de Larry Garner. Sa guitare emprunte le mode jazzy, avec un clin d'œil à Carlos Santana. Réjouissant! Sugar Blue fait son entrée pour un rockant "It's later than you think", écrit par John Tiven. Blue est un harmoniciste tellement différent des autres. Et c'est avec un réel plaisir que nous le retrouvons sur "If you're goin' to the city" de Mose Allison. Melvin chante " My life " de manière très relaxante. Proche dans la démarche, de Tony Joe White, son intervention sur les cordes est une nouvelle fois brillante. La section rythmique, composée de Dave Smith à la basse et de Steve Potts à la batterie, tire bien l'épingle de son jeu. Sa cohésion sur le funky "Don't cloud up on me" pousse Melvin à libérer sans cesse ses cordes. Un blues lent, "A quitter never wins", de Tinsley Ellis, apporte la preuve, si besoin en était, que Taylor avait tout intégré. Dommage que MT ne compose pas. Excellent !

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

This is Tee

Que de chemin parcouru par Marc Thijs, depuis ses débuts musicaux en 1986 ! Depuis l'enregistrement live au Banana Peel, commis en compagnie de son premier groupe, Finsbury Park Empire, en passant par l'étiquette texane, collée par les Slime Hunters. Marc est d'ailleurs proche de Kim Wilson quand il chante et souffle dans l'harmonica. Après avoir transité discrètement par les Healers, Marc s'est mis, avec un réel bonheur, à la guitare. Et en montant les Electric Kings, il est devenu le leader de notre meilleur blues band, avec El Fish. Les fréquents trips accomplis sur la West Coast, au cours de ces dernières années, lui ont apporté l'expérience du terrain qui lui manquait sans doute encore.

Marc avait frappé très fort, lors de son passage au BRBF de Peer. Il frappe aussi fort avec la sortie de ce nouvel album. Un disque très personnel, enregistré pour la plus grande partie en Californie. Les merveilleux musiciens qui l'accompagnent sont des amis, des grands qui ont toujours cru en son remarquable talent. On y retrouve ainsi l'ancien bassiste des Paladins, Tommy Yearsley, le bassiste et saxophoniste Jeff Turmes. Un compagnon de longue date de James Harman qui a depuis monté son propre groupe, en compagnie de sa ravissante compagne, Janiva Magness.

Marc a surtout œuvré dans le jump style ces dernières années. Il va encore plus loin dans l'authenticité avec "This is Tee". Cela saute aux oreilles dès les 1ères mesures de "All the time". Un exercice vocal, très doowop, sur fond musical minimaliste, partagé entre la basse acoustique de Tom les drums de Tee. Le sax de Jeff Turmes fait son entrée pour "Tell me where". L'exercice vocal est manifestement le haut fait du Marc T "2000". L'orgue de Frederik Vandenberghe ouvre "Just what it takes" au sein d'un environnement très gospel. Titre exceptionnel, "Nothin' but a nothin" produit un son pourri, d'une autre époque, mais avec classe. Le rythme y est. Marc chante comme un shouter et libère enfin ses cordes. Le travail vocal est impressionnant, sur le bien nommé "Happy guy". Marc est super heureux et prend un réel plaisir à l'écoute du trombone de Tom Yearsley Junior, 10 ans à peine, sur le tout aussi bien nommé "Life ain't funny". Et lorsque Marc est au bout du rouleau, il parvient à nous arracher des larmes. Il est alors très proche d'un Screamin' Jay Hawkins au sommet de son art. Impression similaire qui se détache de "Can't stand the way you love me", lorsqu’il nous plonge dans un climat volontairement lugubre. Le guitariste réapparaît souverain sur "Feel so good". Un rock'n'roll, ficelé comme le meilleur Little Richard. Le tempo reste au rouge pour "Through the bottle in my hand". "Time" campe un rockabilly R&B participatif, marqué par les hurlements du sax baryton de Roel Jacobs des Seatsniffers. Au piano, Frederik est au diapason des autres musiciens. Il y fait sautiller ses notes pour la reprise extraordinairement rythmée de "Voodoo woman blues", de Jimmy Witherspoon. Et pour clôturer l'album, il nous réserve une autre reprise, "In my lonely room" de Titus Turner (NDR : dont le surnom était, tiens donc, "Tee" !). Tee Thijs n'a pas créé une nouvelle musique, bien sûr ; mais si nous venons de faire un bond dans le passé, et en particulier dans les 40s et 50s, il parvient également à se démarquer du papier carbone, souvent utilisé ces derniers temps Il réunit des atouts que peu de ses pairs peuvent présenter Une voix (NDR : et quelle voix !), un musicien qui touche à tout, un compositeur et un producteur qui possède la faculté étonnante de tout intégrer dans l'ensemble. Chapeau bas!

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

My heart´s in Memphis

Wallace Daniel Pennington est originaire de Vernon dans l'Alabama. Il a acquis une solide réputation comme compositeur. Il a notamment écrit pour les Box Tops ("Cry like a baby"), Percy Sledge, Clarence Carter et Aretha Franklin entre autres. Sous son propre nom, il a sorti des albums aussi obscurs que "Nobody's fool" en 73 et "Do right man" en 94. Dan était un habitué des Muscle Shoals studios de Memphis ; et c'est ainsi qu'Irma, la Queen of New Orleans Soul, a atterri dans le Tennessee. Irma possède une voix merveilleuse, chargée de sensibilité et de tendresse. J'ai beaucoup aimé son dernier album, "Sing it", enregistré en la compagnie de Tracy Nelson et Marcia Ball. Hormis l'une ou l'autre adaptation de chansons qu'elle avait déjà sorties voici longtemps, elle nous propose ici de nouvelles compositions écrites par Penn.

Les musiciens font bloc autour du guitariste Michael Toles et de l'organiste Marvell Thomas. Dan Penn a coécrit les chansons en compagnie des pianistes Bobby Emmons et Carson Whitsett. Ils jouent d'ailleurs sur les plages auxquelles ils ont collaboré. L'atmosphère est sereine, douce, parfois mélancolique Une certaine forme de beauté, de majesté même, accompagnent les ballades qui constituent le meilleur de l'opus.

La plage titulaire est abordée d'entrée. L'orgue hammond et le sax soprano de Jim Spake annoncent la voix toujours bouleversante d'Irma. Parmi les ballades lentes, j'adore et je vous recommande "Not enough time to change". Elle chante très tendrement, mais sa voix peut soudain montrer l'étendue de sa puissance, sans jamais forcer son talent. Une chose est sûre, Miss Thomas suscite le respect de tous. Ce même effet de libération des cordes vocales se répète sur "Life at the end of the road". "Irma's song" emporte les mêmes suffrages. Cette femme possède une voix à briser les cœurs. Deux autres chansons douces de Penn avaient été enregistrées par Irma à la fin des 70s. De nouvelles versions ont été ici retenues : "Woman left lonely" et "Zero Will Power". Malheureusement, elle nous rappelle un peu trop rarement qu'elle est une reine de la soul ; même si "Keep it simple" et "If you want it, come and get it!" en sont les trop rares exceptions qui confirment la règle. Irma Thomas est une chanteuse fabuleuse, dont le timbre vocal est un réel plaisir pour les oreilles.

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

King size troublemakers

Issu de l'état de l'Etat de Washington, de Spokane très exactement, ce trio est déjà de retour. Une formation étonnement proche cette fois d'un autre trio, texan celui-là, j'ai cité… Z.Z Top! Le leader, unique et incontesté, reste bien entendu Tim ‘Too Slim’ Langford. Il assume le chant et la guitare, entouré de Tom Brimm, à la basse, et de John Cage, à la batterie. " King size troublemakers " constitue déjà leur 6ème album pour Burnside. Il est sensiblement différent et bien plus swing que "Blues for Eb", le précédent opus sorti en 97. La surprise nous vient ici de ce son ZZ Top. Pas celui qu'il manifeste aujourd'hui, mais le plus proche des débuts du band texan. Notamment à cause de la voix, dont le timbre se rapproche familièrement de celui du Billy Gibbons d'il y a 20 à 30 ans.

La plage titulaire est bien dans le rythme. "I'm gonna blow" reçoit le concours de l'harmoniciste Mark Hummel, au mieux de sa forme. "Potent 8" est une plage lente. Bien amplifiée, la guitare bavarde mais sans excès, soulignant les accents dramatiques de la composition. "More must be better" est un exercice de style proche de Jimi Hendrix. A cause des effets de guitare et du son torturé par les pédales. Quant à la voix de Tim, elle reste toujours aussi proche de celle de Gibbons. Un exercice pleinement réussi ! Les maîtres avoués de Too Slim ont pour nom Johnny Winter et … Lightnin' Hopkins! Le sommet de l'album est pour votre serviteur, "Sam's pit". Un boogie furieux qui bénéficie d'une nouvelle et brillante apparition de Mark Hummel ; et par magie de la technologie, Lightnin' Hopkins est aussi présent. Génial! Le moral au zénith, notre trio se lance dans un shuffle intitulé "I've been down". Et comme Tim aime aussi Johnny Winter et George Thorogood, direction rock'n'roll tranchant avec "Feel so good" (de Magic Sam). Chauffe Slim!! Et il réapparaît, le bottleneck entre les dents, pour un "Big barn boogie" qui pue les fifties. La machine définitivement sur les rails, l'étreinte ne se desserrera plus. Comme je le soulignai, cet album est différent des précédents ; mais il est surtout excellent, bénéficiant d'une production bien léchée. Et vous n'êtes pas obligé de le croire, mais ce petit bijou se termine dans une ambiance sereine, réminiscente d'Allman Brothers…

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Don´t feed the alligators

On ne compte plus les albums publiés par Pat Travers au cours de ces dernières années. Que ce soit pour Provogue ou Blues Bureau. Pat a toujours teinté son rock blues de tonalités très hard, lorsqu'elles n'étaient pas métalliques. Il aime hausser la voix quand il attaque son répertoire, et sa guitare lui ressemble absolument. Elle hurle, vocifère. Les notes fusent. La batterie des pédales est actionnée pour torturer le son. Et il aime ça, Pat. Le "Black Friday" de Steely Dan est profondément métallisé. Cet album n'est constitué que de reprises ; aussi, je ne passerai en revue que les titres qui m'ont le plus accroché. En l'occurrence "I'm bad, I'm natiowide" de ZZ Top, plutôt bien réussi, "I love you more than you'll never know" d'Al Kooper et "Nothing is easy" qui figurait sur "Stand up", le deuxième album de Jethro Tull. Le verdict prononcé à l'égard du "Crosstown traffic" de Jimi Hendrix n'est pas aussi rassurant, puisqu'il est à ranger au rayon hard rock.

mercredi, 23 mai 2012 23:34

Welcome to my mongrel music world!

Malgré son identité, Leadfoot Rivet est de nationalité française. Il chante cependant bien dans la langue de Shakespeare. Ce musicien n’est pas vraiment un génie, mais il se débrouille plutôt bien à la guitare et à l’harmonica. Il a déjà apporté sa collaboration à une multitude d’artistes, et notamment Larry Garner, Tom Principato, Boney Fields ainsi que côté Hexagone, Laurent Voulzy et le regretté Alain Bashung! Des références qui ont certainement dû impressionner Mighty Sam McClain et Mighty Mo Rogers. Sa discographie est abondante. Il a commencé à enregistrer au cours des années 80. Au sein de Rockin’ Chair tout d’abord. Il a publié sous son véritable nom, Alain Rivey, “Lunatik Combo”, un elpee pour lequel il avait reçu le concours de Claude Langlois, le patron de Dixiefrog. Il faut dire que Langlois et Rivet sont les fondateurs du label. Ecurie née en 1986. Sous son sobriquet, il grave un premier opus, en 1998, “Saint Blues”. Un disque qui avait bénéficié de la participation de Larry Garner, Roy Rogers, Amos Garrett et Tommy Castro. Excusez du peu!

Son surnom ‘Pied de plomb’, il le doit au chanteur louisianais Larry Garner, qui lui rempochait de conduire constamment pied au plancher. Pour concocter ce cd, il est essentiellement soutenu par son fidèle guitariste Pat Boudot-Lamot. Ce qui ne l’a pas empêché d’inviter quelques amis lors des sessions d’enregistrement.

“Split personality” ouvre le bal. Un folk blues dont les sonorités légèrement orientales émanent du sitar de Fred Chapellier, un compagnon de label. Le Stetson vissé au sommet du crâne, les lunettes solaires posées sur le nez, notre pied de plomb, apparait très détendu. Sa voix est grave et lancinante sur “I feel like I’m sinkin”, une compo aux accents manifestement country. L’instrumentation acoustique est impeccable. Mais s’en détachent la musique à bouche du maître et les cordes de Thomas Weirich. “Fried okras” élève quelque peu le rythme. La trame acoustique domine toujours le sujet. Stéphane Avellaneda (NDR : un musicien qui accompagne régulièrement Ana Popovic) tape sur son cajon, un instru à percussion péruvien. Si l’univers de Rivet est personnel, il en colore les atmosphères au contact de ses partenaires. En toute décontraction. Cherchant constamment la parfaite homogénéité. Et il le démontre tout au long de “Friend lover wife”, un morceau au cours duquel les 3 grattes sont à l’unisson : le sitar de Chapellier, la slide de Jean-Paul Avellaneda et la rythmique de Weirich. De “Famous”, ensuite. Un titre trempé dans le blues le plus pur. De “Mongrel music” encore. Une très belle compo, empreinte de simplicité, malgré la présence d’un luth vietnamien. Ou encore d’“Apples dipped in candy”, souligné par un bouzouki électrique. Les escapades rythmées et électrifiées sont plutôt rares. Elles se résument à “Them changes”, au cours duquel Jean-Paul s’autorise une envolée sur sa Gibson. Sur “Where is the director ?” également. Une piste enlevée, nerveuse, illuminée par la contribution à la slide amplifiée de John Mooney. Et enfin, la finale. Un blues généreux, imprimé sur un mid tempo et alimenté par une lutte royale entre les guitares de Boudot-Lamot et Tom Principato, invité pour la circonstance. Une aventure qui ne manque pas de passion !

 

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