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Jean-Claude Mondo

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vendredi, 27 janvier 2017 16:55

The Electric Pinecones

Southern Culture on The Skids, mieux connu sous l’acronyme SCOTS, est une formation de roots rock américaine, établie en Caroline du Nord. Fondée en 1983, son line up implique toujours le même trio de base ; en l’occurrence le chanteur/guitariste Rick Miller, le chanteur/bassiste/claviériste Mary Huff et le drummer Dave Hartman. Plutôt personnel, son style est le fruit d’un savant dosage entre rockabilly, R&B, blues, country et surf rock, outre son attitude qui flirte carrément avec le punk. Vu le parcours, vous vous doutez que sa discographie est conséquente. Son premier elpee remonte d’ailleurs à 1985. Et il est éponyme. Fin des eighties, les SCOTS ouvraient parfois leurs concerts sous le patronyme de The Pinecones, en dispensant une musique baptisée folkabilly garage, très susceptible d’intégrer de larges références à la westcoast de la fin des 60’s.

Découpé dans de solides riffs, "Freak flag" ouvre le bal. Un morceau de garage/rock aux sonorités bien réverbérées. Et tout particulièrement celles de la guitare. Fuzz, déjantées, virevoltantes. Epaulé par le timbre félin de Mary, Rick se réserve le micro. Et Mary, tout au long de "Dirt road", un morceau réminiscent de la fin des sixties, au cours duquel les cordes de Miller se multiplient à l’infini. Omniprésentes, doublées, triplées même, toujours allumées et saturées, elles suintent de psychédélisme. "Baby I like you" macère dans du SCOTS pur jus. Mary et Rick chantent en duo au sein d’une atmosphère country/pop. "I ain’t gonna hang around" concède des accents sudistes, proches du Tex Mex. Les tonalités d’orgue dispensées par Mary sont surannées. Latinos, celles de la gratte adoptent des accords rythmiques. Plutôt folk/pop, "Grey skies" nous replonge dans l’univers West Coast de la fin des sixties. L’introduction est superbe. Le spectre du Jefferson Airplane… plane. Surtout à cause des interventions de cordes, exécutées à la manière du mythique Jorma Kaukonen. Quoique plus torturé, "Waiting on you" emprunte un style semblable. Conjuguées, les deux voix évoquent l’association entre celles de Grace Slick et Paul Kantner. Et cette plage classieuse, sculptée dans le folk psychédélique, finit par véhiculer des accents magiques aux saveurs orientales.  Mary se consacre au micro et au piano électrique sur "Midnight caller", une plage R&B dansante, subtilement funk (à cause des drums) et épicées de cordes astucieuses. Le combo propose une nouvelle version de "Swamp Fox – the original", un titre qui lui a valu un hit, à ses débuts. Et cette piste de swamp rock’n’roll est bien balisée par les interventions puissantes de Dan, sur ses fûts. Piano électrique et guitare réverbérée dominent "Downward mobility", un blues rythmé et hypnotique proche d’un Howlin’ Wolf. Invité, Ray Gittens s’applique au frottoir sur "Rice and beans", une plage de country/folk ludique et entraînante que les percus impriment sur le tempo… du trot… "Given to  me" est une ballade agréablement désuète, chantée en duo. Affichant une forme de beauté naturelle, "Slowly losing my mind" clôt la plaque. Bien réverbérée, la guitare libère des sonorités métalliques réminiscentes de Duane Eddy et ses Ventures, alors qu’en duo, les voix rappellent les Mamas & Papas de leur grande époque !

 

vendredi, 20 janvier 2017 18:41

Full Circle

De son véritable nom William Wirths, le Reverend Billy C. Wirtz est à la fois comédien et musicien. Agé de 62 balais, il est originaire de la Caroline du Sud. Très jeune, il s’était établi, en compagnie de sa famille, à Washington DC. Fin des années 70, il rencontre une des légendes du Chicago blues, le pianiste Sunnyland Slim. Ce dernier va lui apprendre toutes le ficelles du métier, sur cet instrument. Il fait ses premiers pas dans la musique, début des 80s ; et son premier elpee, "Salvation through Polyester", paraît en 1981. Depuis, il a gravé une dizaine de cds, écrit deux bouquins et très souvent assuré le rôle d’animateur de radio. Il y a quelques années, il s’est installé en Floride. Dans l’univers du boogie, il est devenu une référence. Il est même surnommé the King of the Atomic Boogie ou encore le Master of the 88 Key Disaster. "Full circle" est paru chez Ellersoul, un label dynamique sis à Richmond, en Virginie, dont le patron n’est autre que l’excellent harmoniciste, Lil Ronnie Owens. Et lors des sessions, le Révérend a notamment reçu le concours des redoutables Nighthawks, le blues band issu de Washington, dont la naissance remonte à 1972 ; soit depuis bientôt 45 ans!

Le Rev. démarre l’opus en force par "Too old". Il chante et joue du piano à la manière de l’inoubliable Jerry Lee Lewis ce blues imprimé sur un tempo rock’n’roll. Ce qui n’empêche pas Mark Wenner, à l’harmonica, et Paul Bell, à la guitare, de s’illustrer. Bob Driver (NDR : un illustre inconnu) s’applique sur ses cordes tout au long de "Smokie Part 2", un instrumental classieux dominé par les ivoires. "One point Five" campe un rockabilly aux accents franchement country. Une partie de cet opus a été réalisée en studio et l’autre en ‘live’, devant un public. Mais dans la première mouture, Billy conte plus qu’il ne chante. Des compositions autobiographiques, guillerettes, mais moins intéressantes pour nos oreilles profanes ("Mama was a deadhead", "Daddy passed away", "Who dat ?", "I’m a senior" et "Daddy was a sensitive man"). "Rockin’ up to Gloryland" opère un retour au rock’n’roll. Empreint de douceur, "Your last goodbye" est un instrumental signé Floyd Cramer au cours duquel le piano et l’harmonica de Mark Wenner entrent en conversation. Issu de la plume de Charlie Rich, "Breakup" est un excellent swamp boogie. Tout comme la cover du "Wine-Spo-dee-o-dee" de Stick Mc Ghee (NDR : c’est le frère de Brownie), une piste au cours de laquelle les cordes acoustiques de Bob Driver et l’harmonica frénétique de Li’l Ronnie Owens tirent leur épingle du jeu. "Mennonite Surf Party" est de la pure dynamite. Les Nighthawks y participent au grand complet. "The hand of the almighty" est une autre cover. Elle est signée par le chanteur de country, JR Butler. Et pour cette adaptation, Billy bénéficie une nouvelle fois, du concours de l’harmoniciste Li’l Ronnie. Le long playing s’achève par une nouvelle version de l’instrumental blues "Smokie (Part 2.5)". Et elle est brève. Chauffe Révérend !

 

vendredi, 20 janvier 2017 18:35

Bonafide

Originaire de Houston, au Texas, Teresa James s’est établie depuis bien longtemps à Los Angeles où elle a monté sa formation, The Rhythm Tramps. Cette véritable blueswoman chante et joue du piano. "Bonafide" constitue déjà  son 9ème opus solo. Il fait suite à "Come on home", paru en 2012. Pour enregistrer ce nouvel elpee, elle a pu compter sur ses fidèles collaborateurs ; en l’occurrence le guitariste Billy Watts et le bassiste Terry Wilson ; ce dernier se chargeant également de la production. Outre, son rôle principal de compositeur. En fait, il incarne l’âme des Rhythm Tramps. Enfin, lors des sessions, Teresa a pu compter sur la participation de la crème des musiciens de studio issus de L.A. 

L’ouverture est royale. Une reprise. Et elle est détonante. Il s’agit d’"I like it like that", une compo que 5 Royales avait traduite en succès, dès 1954. Teresa chante à la manière d’une rockeuse devant les répliques vocales de Terry et de Billy, tout en s’excitant derrière son piano. "Bonafide" trempe dans le funky r&b. Jay Bellarose frappe méticuleusement sur ses fûts, alors que Red Young (Eric Burdon Band) tapisse l’ensemble de son orgue Hammond. La plupart des ballades r&b sont le plus souvent inspirées du Memphis Southern soul. A l’instar du très mélodieux "Spit it out", une plage cuivrée par Darrell Leonard. De "The power of need", une piste dominée par le piano de Mike Finnigan et la guitare de Watts. Du superbe "Pick me up". Très Stax, ce morceau est illuminé par la voix de Teresa, face à la trompette de l’ex-Tower of Power, Lee Thornburg, et le sax de Ron Dziubla. Une voix qui se révèle d’une grande pureté sur le bouleversant "No regrets", une autre ballade qu’elle chante devant l’orgue Hammond et le saxophone de Sean Holt. Wilson et Greg Sutton signent "My god is better than yours", un blues/rock léger aux accents gospel. D’un timbre ravagé, ce dernier partage le micro avec Miss James. Tony Braunagel aux drums et surtout Mike Finnigan aux ivoires, impriment le tempo tout au long de "What happens in Vegas", une plage qui nous entraîne à New Orleans. Et c’est Terry Wilson qui se consacre à la guitare. Blues/funk, "Too big to fail" lorgne vers Little Feat, alors que les sonorités de cordes dispensées par Wilson sont hantées par Billy Gibbons. Red Young siège derrière l’orgue et Teresa, le piano, pour "You want it when you want it", un soul/rock vif, excitant, dansant même. En finale, Teresa chante le "Have a little faith in me" de John Hiatt, une ballade poignante ponctuée par une remarquable sortie de Jerry Peterson, sur son saxophone.

 

vendredi, 20 janvier 2017 18:30

This silence is killing me

Jeff Chaz s’est établi à la Nouvelle Orléans, il y a bien une vingtaine d’années. Un chanteur/guitariste surnommé d’ailleurs, 'The Bourbon Street Bluesman', en référence à la plus célèbre artère touristique de la Crescent City. Il avait déjà gravé six elpees solos, dont le dernier, "Sounds like the blues to me", remonte à moins d’un an. Pour concocter ce nouvel opus, il s’est encore enfermé au sein du studio Radionic, à Jefferson. Et a derechef bénéficié du concours de sa section rythmique classieuse, constituée de Doug Therrien à la basse et Doug Belote à la batterie. Jeff signe l’intégralité de son répertoire.

Memphis shuffle bien nerveux, "Savin’ everything for you" ouvre les hostilités. Très proche de son maître BB King, Jeff injecte énormément de puissance et de passion dans la voix. En outre, il confirme que ses incursions à la guitare sont à la fois, subtiles, incisives et inventives. La section de cuivres est alors au grand complet. Ballade blues, "This silence is killing me" est proche du célèbre "The thrill has gone" de BB King. Les arrangements de cordes et le violon d’Harry Hardin sont soignés. Les interventions de gratte sont empreintes d’une profonde sensibilité. De courtes phrases sont incessamment réitérées. Largement cuivré, "Ain’t nothin’ nice" est un r&b bien rythmé. Chaz se fait 'shouter' en forçant sa voix. John Autun siège derrière l’orgue Hammond. Les assauts de gratte sont invasifs. Elle pousse des cris, gémit, semble s’éteindre et toujours renaît de ses cendres. "I’m not all there" baigne manifestement dans le blues néo-orléanais. Doug Belote à la batterie et Michael Skinkus aux percus balisent l’ensemble. L’envol de Jeff est à nouveau remarquable, subtil et truffé de sonorités novatrices. Blues lent, "The blues is my drug" est exécuté à la manière d’un shouter. La voix est talonnée par des flots de notes chargées d’un tel feeling, qu’il en devient obsédant. Aux ivoires, Tom Worrell s’inscrit parfaitement dans le décor. ‘Le blues est ma drogue’ affirme-t-il, et nous le croyons sans peine tant le message est clair et expressif. Un sommet de cet opus ! Etrangement, l’artiste embraie alors par "Merry Christmas to you", chant de Noël souligné par les interventions aux saxophones de Ward Smith. Après avoir pris un billet de chemin de fer, on emprunte l’"Oncoming train" sur un rythme funky. "Fried chicken store" est un blues lent torride, nightclubbien même ; un morceau idéal pour les fins de soirées, quand baignant dans l’ivresse, l’atmosphère devient lourde. La section de cuivres est au grand complet. John Autun siège derrière l’orgue. La sortie de Jeff aux cordes est de nouveau magique. Imprimé sur un mid tempo, "The backwash blues" est un blues qui baigne dans le Chicago blues des années 50 ; celui de Muddy Waters au coeur du quartier Southside, plus précisément. Chaz en profite pour se servir allègrement du bottleneck. Instrumental, "Creole Mustard swing" clôt cet LP. Soutenu uniquement par Doug Therrien et de Doug Belote, le line up est alors réduit à un trio. Jeff semble ici davantage hanté par Freddie King. Un excellent album !

 

vendredi, 20 janvier 2017 18:29

Make blues not war

Originaire de Kansas City, Mike Zito est incontestablement l’un des bluesmen les plus doués et prolifiques, de sa génération. Agé de 46 ans, ce chanteur/guitariste/compositeur/producteur a, bien entendu, participé à l’aventure du Royal Southern Brotherhood ; ce qui ne l’a pas empêché de participer à différents projets ou encore de mener une carrière en solitaire. Et avec succès ! Son dernier opus, "Keep coming back", remonte à novembre 2015. "Make blues not war" constitue une nouvelle étape dans l’émancipation de Mike. Elle n’est d’ailleurs plus signée par Mike Zito & The Wheel, mais simplement sous son nom.

C’est après avoir rencontré le célèbre batteur/producteur issu de Nashville, Tom Hambridge, que Mike a décidé de publier cet opus solo. D’ailleurs les sessions se sont opérées au Studio Soundstage, sous la houlette de Tom. Pour la circonstance, Mike et Tom ont reçu le concours du bassiste Tommy McDonald et du guitariste Rob McNelley. Mais également de toute une série d’invités prestigieux. Zito et Hambridge cosignent 5 plages. Ce dernier se réserve le reste.

"Make blues not war" : faites le blues, pas la guerre. Le message est clair ! Rock’n blues particulièrement dense, "Highway Mama" évoque le "Going down" de Don Nix. Mike chante tel un possédé. Il a convié un des grands adeptes du style, Walter Trout. Ce qui déclenche un terrible duel entre les gratteurs ; Walter sur les cordes classiques et Mie en slide, débouchant sur une véritable orgie de cordes. Blues/rock puissant, incandescent même, "Wasted time" campe un shuffle réminiscent de Stevie Ray Vaughan ; la voix de Zito est d’ailleurs alors très proche de celle du regretté SRV. Solide et homogène, la section rythmique constitue une assise parfaite pour les envols de cordes. Zito ne se gêne pas pour en profiter largement. Et le résultat est un pur bonheur ! Autre blues/rock, "Redbird" est imprimé sur un mid tempo. Mike écrase ses pédales, et son intervention est à nouveau brillante. Tom Hambridge reproduit le rythme du cheval au galop sur ses fûts, pour "Crazy legs" ; alors que les deux sixcordistes rivalisent de dérapages contrôlés dans un climat proche du métal. Un même tempo qu’on retrouve sur "One more train". Hambridge chante aux côtés de Mike. Ce dernier se concentre sur la slide tandis que Jason Ricci opère son retour à l’harmonica. Chicago blues, le titre maître est abordé dans l’esprit de Muddy Waters. Prodigieux harmoniciste, Jason Ricci s’illustre sur son instrument. Mais le sommet de cet LP est atteint par la version du "Bad news are coming" du géant disparu, l’incomparable Luther Allison. Un blues lent aux accents dramatiques au cours duquel Kevin McKendree double piano et orgue Hammond, alors que le leader chante d’une voix particulièrement expressive tout en libérant ses cordes, dans un concentré de feeling exacerbé. Empreintes d’émotion, "Girl back home" et "Road dog" sont deux jolies plages roots. Et le dernier sommet est atteint par "Chip off the block", un autre shuffle tapissé par les claviers de McKendree, alors que Mike et son fils Zach échangent de superbes phrases sur leurs grattes. Epatant, ce long playing s’achève par une cover rock’n’roll ; en l’occurrence le "Route 90", de Clarence Bon Ton Garlow. McKendree se déchaîne sur son piano tandis que Zito chante et joue à la manière de Chuck Berry. A coup sûr, l’une des meilleurs plaques blues de 2016.

 

mercredi, 11 janvier 2017 16:29

Simmered & Stewed

Rick Bates, alias Tas Cru, est originaire du Québec. Cependant, il s’est établi depuis longtemps dans l’Etat de New York. Reconnu comme poète du blues, ses textes sont particulièrement originaux. "You keep the money", son opus précédent, avait été salué par la critique, comme l’un des meilleurs parus en 2015.

Pour enregistrer "Simmered & Stewed", il a bossé au sein de différents studios new-yorkais. Ce qui lui a permis de mettre en boîte onze plages, dont la quasi-totalité est issue de sa plume.

Le titre du long playing se traduit par 'Mitonné et étuvé'. En fait, il s’agit des meilleures chansons d’amour gravées sur les premiers albums de Tas, aujourd’hui épuisés. Des morceaux qu’il a donc remodelés, en se concentrant notamment sur les arrangements acoustiques.

"Dat Maybe" ("Jus’ desserts", 2010) ouvre la plaque. Le tempo est vif. La sonorité, parfaite. Tas étale sa technique à la slide face à l’harmonica de Dick Earl Ericksen ainsi que les chœurs de Mary Ann Casale et Alice Ericksen. Cru chante d’une voix puissante et autoritaire "Grizzle n’ bone", une piste dont le tempo cadencé par le piano de Chris Lamson est emprunté au boogie, alors que l’orgue Hammond de Guy Nirelli tapisse l’ensemble. Ce titre figurait sur son opus éponyme, sorti en 2009. Il appréciait JJ Cale. Notamment son laidback blues. Il s’en revendique lorsqu’il étale sa technique en fingerpickin’. A l’instar de l’excellent "Road to my obsession" ; mais surtout de "Feel I’m falling" ("Gravi-Tas", 2008), un titre de toute bonne facture au cours duquel toute l’instrumentation entre en osmose : cordes électriques, harmonica, orgue et drums, dont la frappe de percussion est puissante ; mais également voix féminines. Le long playing recèle, bien évidemment quelques jolies ballades et autre ‘love songs’ ; dont "Time and time" et "Woman won’t you love me" ("Grizzle ‘n bone"). Country/blues bien rythmés, "Biscuit" et "Cover my love" se distinguent par le recours au bottleneck, mais également par les interventions à l’harmonica et les accords sautillants du piano de David Liddy. Mike Lawrence tire son épingle du jeu à la basse sur "Just let it happen", une piste minimaliste aux accents jazzyfiants très prononcés. Les meilleurs morceaux figurent en fin de parcours. Tout d’abord le titre maître de "Tired of bluesmen cryin’" (2012), un blues lent qui nous entraîne dans le Delta. Les intonations sont dramatiques. Les sonorités de la guitare cigar box sont lugubres. Avant que le tempo n’accélère, invitant alors les partenaires –préposés aux ivoires, à l’orgue, à l’harmonica et aux chœurs féminins– à entrer dans la danse. "Higher and higher" clôt l’LP. Une ‘love song’ belle à pleurer. Face aux tonalités métalliques de la Resonator, le chant se charge de passion et de sensibilité ; alors que les cordes électriques déversent une belle dose d’émotion, avant que la finale ne s’emballe. Tapissée par l’orgue Hammond, elle permet alors à la slide de tracer des arabesques. Et on n’en oubliera pas pour autant, l’excellent travail de mise en forme!

 

mercredi, 11 janvier 2017 16:28

Bluesin’ around

Agé de 68 balais, Donald Ray Johnson est un vétéran issu de la scène blues et R&B. Né à Bryan, au Texas, il est batteur et surtout chanteur. Il possède même une solide voix de baryton.

Après avoir accompli son service militaire dans la Marine, il s’installe à Los Angeles. Il y fait des rencontres déterminantes, comme celle de Philip Walker. Il obtient un certain succès au sein de A Taste of Honey, formation impliquant deux jeunes afro-américaines. Depuis la fin du siècle dernier, il s’est établi au Canada, à Calgary très exactement. En 2004, Johnson croise, pour la première fois, le guitariste arménien Gaspard ‘Gas’ Ossikian. Ils décident alors de tourner ensemble. Il y a cinq ans, Ossikian monte le Gas Blues Band, un combo impliquant des musiciens français, au sein duquel figurent le bassiste Philippe Scemama, le batteur Yannick Urbani et le guitariste Pierre Cayla. Et tout ce beau monde a donc enregistré "Bluesin’ around", en France, au cours du mois de mars 2016. Le tracklisting est majoritairement constitué de reprises.

Memphis Blues rythmé, "Bad Luck" ouvre les hostilités. Une excellente cover de BB King. Cuivrée, elle s’illustre par une bonne sortie de cordes opérée par Gas. Dans le style de BB, of course ! L’adaptation du "Bluesifyin’" est somptueuse ; un blues lent tapissé par l’orgue Hammond de Daniel Antoine. Un orgue qui domine –de la tête et des épaules– le "Ain’t superstitous" de Willie Dixon. Don Johnson reprend deux titres de son ami disparu, Philip Walker. Tout d’abord "Ninety proof", un superbe blues lent souligné par les cordes veloutées d’Ossikian et les interventions à la trompette de Nicolas Gardet. Puis le plus rythmé "Big bear window", une piste caractérisée par une sortie parcimonieuse de cordes. "Distant" est une plage funk écrite par Janice Marie Johnson. Elle date de l'époque où ils militaient ensemble chez A Taste of Honey. Johnson reprend affectueusement "She's dressing trashy", un titre qui rocke ferme. Il avait été écrit par l'un de ses premières rencontres musicales, le pianiste Nat Dove. Donald Ray chante deux compos issues de sa plume : "Watching you" et "Should’ve been gone". De bonne facture, elles baignent dans la soul contemporaine et sont guidées par le saxophone de Samuel Dumont. "You’re the one for me" clôt l’opus ; un blues nerveux signé Lucky Peterson.

 

mercredi, 11 janvier 2017 16:27

Bringing Satan down

The Vaudevillian nous vient d’Hamilton, dans l’Ontario ; une formation responsable d’une musique traditionnelle, née avant la grande guerre ; une expression sonore authentique, des racines, née d’un mélange entre ragtime, folk, jug et blues. Le premier elpee du band canadien remonte à 2013. Il s’intitule "Beedle Am Bam". Et le suivant, "Salty Dog", à 2014. Le trio est constitué de jeunes musicos. Il réunit Brendan J. Stephens, alias Jitterbug James (chant, guitare et carzoobamaphone, un instrument à vent insolite), Norah Spades (chant, washboard, kazoo) et Piedmont Johnson (basse). Lors des sessions de ce "Bringing Satan down", le combo a reçu le concours du pianiste Dan Edmonds, sur plusieurs titres. Enfin, c’est Jitterburg James qui signe l’essentiel du répertoire.

Tendre ballade, "Broom shouter" ouvre joliment la plaque. La voix de James est chevrotante. L’instrumentation est limitée aux cordes acoustiques, au frottoir et au piano barrelhouse derrière lequel siège Edmonds. Ragtime rythmés, nerveux même, "James Street turnaround" et "Sweet honey thighs" consomment du rock’n’roll avant la lettre, celui des années 1920. La voix du leader est toujours aussi frémissante, mais agréable à l’oreille, tout au long de "Sail away", une plage au cours de laquelle Johnson tire parfaitement son épingle du jeu sur sa lourde basse acoustique. Tout comme sur le traditionnel "He’s in the Jailhouse now" et le ludique "The duck’s yas yas yas". Sèche, basse et washboard se frottent rageusement lors du bref instrumental "Dry bone shuffle". Sculptée dans le folk/blues, "Montreal to Memphis" est une ballade qui ne manque pas de charme. Le kazoo de Norah s’immisce dans l’ensemble ; et ses interventions sont judicieuses, rappelant la quintessence des jug bands de l’époque, comme les Cannon’s Jug Stompers ou le Memphis Jug Band. Des accords de piano surannés abordent "Banjo blues", un ragtime aguicheur auquel les trois vocalistes participent. Jitterburg James y démontre tout son talent sur les cordes acoustiques. "Grind so fine" lorgne davantage vers le blues. Norah chante d’une voix de petite fille. Perçante. Criarde même. Johnson d’un baryton en colère. Medley, "Viola Lee/Spidernest blues" change radicalement de tempo. Le band s’attaque au "Bootlegger’s blues" de Bo Carter, aka Armenter Chatmon (NDR : ce bluesman de la première vague a milité chez le légendaire Mississippi Sheiks, un groupe impliquant notamment les frères Chatmon). Le titre maître clôt le long playing. Le jug band brille alors de mille feux et le carzoobamaphone entre en effervescence.

 

jeudi, 05 janvier 2017 12:47

Dark Angel

Le John Weeks Band est issu de Denver, au Colorado. Il représentera son Etat, lors du prochain International Blues Challenge de Memphis, qui se déroulera fin janvier 2017. John Weeks en est, bien entendu, le leader et membre fondateur. Il a monté le combo en 2013. Né en France, il s’est régulièrement produit à Paris, au cours des nineties. Au sein du backing group, militent la chanteuse Stacey Turpenoff (NDR : elle est originaire de St Louis) et le chanteur/claviériste Danny Haynes (NDR : ce Texan a longtemps vécu en Australie) ; sans oublier la section rythmique, constituée du bassiste Stephen Whitfield et du drummer Robert Fiorino. Le JWB avait publié un premier album en 2014. Il est éponyme. Les sessions d’enregistrement de "Dark Angel", le second opus, ont été réalisées au sein du studio Macy, à Denver. Les dix pistes de ce long playing sont signées par le JWB.

"The hole" est une solide entrée en matière. John opère sa première sortie sur ses cordes en écrasant ses pédales wah wah. Une plage tapissée par l’orgue Hammond et que chante Miss Turpenoff. Sa voix est chargée de passion. Et elle le démontre tout au long de "The blues just got more blue", un blues lent dépouillé que souligne le piano acoustique de Danny. En général les morceaux adoptent un tempo indolent. A l’instar du minimaliste "How can you love me", un long blues dominé par les interventions du piano et la basse de Stephen. Stacey vit intensément les paroles des chansons avant de céder le relais au leader, qui se réserve un superbe solo, mais tout en retenue, puisant au maximum dans le plus profond de sa sensibilité personnelle. "The one" évolue sur un tempo lent. L’orgue est majestueux. Et le solo de Weeks qui écrase allègrement ses pédales wah wah est remarquable. Stacey n’est pas la seule vocaliste. Danny Haynes se réserve le micro pour son "Closer to home" ; une compo agréable et bien rythmée qu’il interprète d’un timbre nasillard. Et il remet le couvert tout au long du léger "What does it take?". Stacey et John partagent les vocaux sur deux ballades blues/roots. Tout d’abord "Devil in my house". Puis, "Impossible", un morceau dont la mélodie est raffinée par les cordes acoustiques et le piano. Le titre maître clôt le long playing. Un dernier blues lent au cours duquel Miss Turpenoff étale toutes ses aptitudes vocales. Qui ne manquent pas de panache. Sa voix dialoguant avec le piano et la guitare au cœur d’une atmosphère à la fois enchanteresse et saisissante… 

 

jeudi, 05 janvier 2017 12:46

Brooklyn Bolero

Eric Sommer est issu de la scène folk de Boston. A l’origine, ce chanteur/gratteur/compositeur était considéré comme un spécialiste de la sèche. Fruit d’un mélange de fingerstyle et de new wave pop, sa musique naviguait à la croisée des chemins de celle de Nick Lowe, des Cars et de Spider John Koerner. Il émigre ensuite quelque temps en Europe. D’abord à Aarhus au Danemark ; puis à Amsterdam, aux Pays-Bas. De retour au pays, il se met à bourlinguer aux quatre coins des States en jouant avec un peu n’importe qui, et n’importe quoi. Mais fil du temps, il redevient fréquentable, et sa musique, respectée et respectable. Pour enregistrer ce "Brooklyn Bolero", Eric a opté pour la formule trio. Il est ainsi soutenu par le percussionniste Jim Oakley et le bassiste Zach Smith. Les sessions se sont déroulées au studio Room 17, à Brooklyn. Sommer signe huit plages.

"Red dress" est une bonne entrée en matière. L’accent est posé sur les tonalités métalliques des cordes traitées au bottleneck. "Cereal song" est solidement rythmé par les percus d’Oakley, mais c’est l’harmonica, dont les interventions sont nerveuses, qui dirige la manœuvre. En outre, quoique rageurs, les vocaux sont plutôt déclamatoires. La voix de Sommer n’est pas très puissante, mais elle est expressive. Il est ainsi capable de la moduler suivant le tempo. Elle se révèle même bouleversante sur le tendre "Best foot forward". Amplifiées, ses cordes sont à la fois subtiles et plutôt complexes. "Doin’ wrong" est plus enlevé. Un titre bref mais pop, abordé dans l’esprit des Cars, qu’il appréciait tant, à ses débuts. Acoustique, "Cover my soul" est la plus longue plage. Un morceau de folk/blues relativement intimiste au cours duquel il affiche une technique irréprochable et créative sur les cordes. Plus proche de la country, "What a day I had" adopte le rythme du cheval au galop. Folk plus singulier, "Death Ray Cataclysm" se distingue par sa mélodie bien intégrée au texte de la chanson. Brève, la finale est bien électrique. Un shuffle entraînant intitulé "Hold your hand". Le trio est bien soudé. Eric nous réserve sa meilleure sortie sur les cordes, tout en privilégiant les accents rythmiques…

 

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