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Le parfum de vie de Goudi

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Downtown Boys

Le luxe public de Downtown Boys

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Le nouvel elpee de Downtown Boys ; « Public luxury », paraîtra le 26 juin 2026. Successeur de « Cost of Living », ce disque marque une nouvelle étape pour le groupe, tant sur le plan musical que politique.

Pour accompagner cette annonce, les Downtown Boys partagent un premier extrait massif : « No Me Jodas » ainsi que son clip officiel. Réalisée par John McKay, la vidéo capture le groupe en pleine décharge d’énergie face à un public survolté dans un petit club de Brooklyn, et met également en scène le Mariachi Internacional Tapatío de Álvaro Paulino. Et il est à voir et écouter ici.

Co‑produit par Joey La Neve DeFrancesco et l’ingénieur du son Seth Manchester, « Public Luxury » a été enregistré au studio Machines With Magnets à Pawtucket (Rhode Island) et masterisé par Heba Kadry. Le long playing recèle notamment « The City Begins », « Sirena », « Viva La Rosa », « You’re a Ghost », le morceau‑titre, ainsi que plusieurs chansons chantées intégralement en espagnol.

Sur « Public Luxury », les Downtown Boys poursuivent leur trajectoire singulière, mêlant punk, indie et influences latines, tout en plaçant la politique et le collectif au cœur de leur propos. Le combo décrit cet album comme le plus vaste et le plus proche de l’intensité de leurs concerts à ce jour : un son cathartique, dense et fédérateur.

Pensé comme une affirmation radicale —‘tout pour tout le monde’ — « Public Luxury » s’inscrit dans la continuité idéologique de « Full Communism », tout en regardant résolument vers l’avenir. Un disque puissant, urgent et profondément vivant, à l’image d’un groupe qui n’a jamais cessé d’avancer.

 

 

Placebo

Le premier album de Placebo ressort dans une version reliftée avec démos, bonus, etc.

Pour célébrer les trente ans de la sortie de son premier elpee, Placebo annonce « Placebo RE:CREATED », une nouvelle version puissante de l’album qui les a fait connaître au monde entier en 1996. L’opus sortira le 19 juin 2026 via Elevator Lady Ltd, en collaboration avec AWAL.

Apparu à l’apogée de l’ère Britpop, Placebo contrastait fortement avec l’esprit culturel dominant. Alors qu’une grande partie de la musique britannique à la guitare de l’époque s’appuyait sur une nostalgie virile et l’identité nationale, le premier long plaing de Placebo proposait quelque chose de bien plus provocateur et contestataire. Ses chansons abordaient la sexualité, l’androgynie, la dépendance et l’aliénation avec une honnêteté rarement entendue dans le rock grand public de l’époque, imposant la formation comme l’une des voix les plus distinctives de sa génération.

Trente ans plus tard, Placebo RE:CREATED voit le groupe revenir sur cette œuvre charnière avec un regard neuf. Il propose des adaptations retravaillées et enrichies des dix titres de l’album original, ainsi que deux titres bonus issus de la mouture première, capturant la façon dont ces chansons ont évolué au fil de décennies de concerts tout en conservant l’esprit brut qui les a définies. Parmi les plages figurent les singles emblématiques de l’époque « Nancy Boy» et « 36 Degrees », des chansons qui ont contribué à établir la réputation de Placebo pour ses paroles audacieuses et sa sonorité défiant les genres.

À propos de ce nouvel elpee, Placebo explique : ‘Nous considérons cet album comme une version du réalisateur. Nous ne l’avons pas recréé à partir de zéro. Nous sommes revenus aux bandes originales et avons réinjecté dans l’album 30 ans d’interprétation de ces morceaux en concert. Ce projet visait à enfin achever l’album, à le faire entrer dans le XXIe siècle sur le plan sonore, tout en préservant l’intégrité et l’esprit de l’original. Il ne s’agit pas de l’améliorer, il n’y a rien à redire, mais de le compléter’.

Lorsque Placebo a fait ses débuts en 1996, l’esthétique et la perspective lyrique du combo ont bousculé les attentes de la culture rock britannique. Leur identité visuelle, délibérément ambiguë, glamour et provocante, allait à l’encontre des idées traditionnelles sur le genre et la masculinité à une époque où ces questions faisaient rarement partie du discours dominant. Ce faisant, Placebo s’est taillé une place pour une voix alternative d’un autre genre, une voix qui a profondément résonné auprès d’un public se sentant en marge de la culture dominante.

Aujourd’hui, les débats autour de l’identité, de l’expression de genre et de l’individualité sont plus présents et souvent plus controversés que jamais. Dans ce contexte, les origines du premier long playing de Placebo retrouvent une pertinence saisissante. Placebo RE:CREATED célèbre non seulement l’héritage de l’elpee original, mais met également en lumière son importance culturelle durable, réaffirmant à quel point cet album était avant-gardiste lors de sa sortie.

L'album a été recréé par Brian Molko et Rob Kirwan à partir des bandes originales et mixé par Adam Noble. Le résultat est une collection qui préserve l'immédiateté et la rébellion de l'original tout en poussant le son vers de nouveaux horizons.

Plus tard cette année, Placebo se lancera dans une grande tournée des arènes au Royaume-Uni et en Europe pour célébrer cet anniversaire mémorable. La formation interprétera des titres issus de ses deux premiers albums, « Placebo » et « Without You I’m Nothing », dont certains n’ont pas été joués en concert depuis plus de 20 ans ! 

« Bruise Pristine » est en écoute

 

Airbourne

Un mur de décibels old school…

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Airbourne effectue une nouvelle tournée internationale au cours de laquelle il dévoile quelques titres inédits, réunis sous la bannière du ‘GUTSY Tour 2026’. Un sixième opus est annoncé pour juillet 2026. Et il se produisait à l’Ancienne Belgique ce dimanche 29 mars 2026. À l’entrée, la file s’étire ; la date affiche complet depuis longtemps.

La formation voit le jour en 2003. Des elpees comme « Runnin’ Wild » (2007), « Black Dog Barking » (2013) et « Boneshaker » (2019) embrasent salles et festivals aux quatre coins du globe. Le nouveau single, « GUTSY », s’inscrit dans cette veine directe : pour les Australiens, ce mot dépasse le simple intitulé et résume un état d’esprit. Sorti en 2019, « Boneshaker » reste leur dernier long playing publié à ce jour ; le disque est produit par Brian Howes et enregistré par Mike Fraser.

Originaire de Sydney, ce quatuor de hard rock revendique l’héritage du ‘pub rock’. Sa recette mêle blues électrifié et heavy metal à l’ancienne, soutenue par la rythmique solide de Ryan O'Keeffe et la voix râpeuse de Joel O'Keeffe. Depuis la fin des années 2000, le band s’est bâti une réputation grâce à des concerts très sonores, nourris par l’influence d’AC/DC et de Rose Tattoo.

La première partie revient aux Britanniques d’Asomvel. Le trio lance la soirée sur un tempo nerveux et chauffe idéalement la salle avant l’arrivée d’Airbourne. De son côté, le quatuor australien — Joel (chant, guitare) et Ryan O'Keeffe (batterie), Justin Street (basse) et Brett Tyrrell (guitare) — s’apprête à transformer l’Ancienne Belgique en cocotte-minute.

Asomvel investit le podium : son rock’n’roll primitif, teinté de thrash, déboule sans préambule. La batterie martèle, le jeu reste frontal, et l’ombre de Motörhead plane sur l’imagerie comme sur les textes. Quarante-cinq minutes durant, le trio pousse les décibels au maximum, non sans humour : ‘On est assez bruyants ?’ puis ‘If it’s too loud, you’re too old !’ L’ensemble gagnera encore en puissance lorsque les baffles Marshall, empilés autour du batteur, entrent pleinement en action. Sur « King of the World », l’intro préenregistrée « Gonna Fly Now (Theme from Rocky) » précède un déluge de lumière venu du haut. En fond d’estrade, une toile frappée du nom du combo sert de rideau, partiellement masquée par l’imposant matériel d’Airbourne. Asomvel maîtrise son sujet et décroche une belle adhésion de l’auditoire, même si la force brute l’emporte parfois sur le charisme. « Born To Raise Hell » (reprise de Motörhead) déclenche une pluie de gobelets (en plastique), lancés depuis la fosse comme depuis les balcons (Photos ici, page ‘Artistes' ). 

Setlist :  Intro préenregistrée « Gonna Fly Now (Theme From Rocky) », « King Of The World », « Louder & Louder », « Born To Rock 'n’Roll », « If It's Too Loud, You're Too Old », « Born To Raise Hell » (Motörhead cover), « Outside The Law », « Set Your World On Fire », « Luck Is For Losers », « Lone Wolf », « Take You To Hell », « Light 'Em Up », « The Nightmare Ain't Over », « Outro (The Final Bell) » (Bill Conti song).

L’ambiance reste électrique : la foule, très variée, vient clairement pour célébrer ce moment privilégié. Sur les planches, en revanche, le rock se décline ici dans une esthétique très masculine, doublée d’une surenchère matérielle. Plutôt qu’une démonstration de force, chaque band déploie un véritable arsenal : murs d’amplis et d’enceintes Marshall, rivalité assumée à coups d’empilements. Lorsque Airbourne prend possession du podium, Ryan O'Keeffe est cerné par une montagne d’amplis, surmontée d’une imposante rampe LED qui arrose la fosse de lumière. Le thème de ‘Terminator’ s’efface, une guitare solitaire s’installe, puis le cri de Joel O'Keeffe tranche l’obscurité. Torse nu, jean largement troué, il déclenche l’explosion des poings levés, tandis que la sécurité rattrape sans relâche les surfeurs qui franchissent la barrière.

Airbourne ouvre le bal par « Gutsy », premier de deux inédits présentés ce soir. « Cradle to the Grave », très AC/DC dans l’esprit, introduit ensuite un bloc de titres issus de « Black Dog Barking ». « Hungry » puis « Back in the Game » s’enchaînent, et l’auditoire scande spontanément le nom du quatuor. Joel O'Keeffe, toujours prêt à provoquer, trinque dès la première bière et s’amuse à projeter des gobelets bien remplis vers la fosse, déjà emportée par un circle pit aussi agité que relativement bon enfant. Sur « Raise the Flag », le groupe ranime le souvenir d’Angus Young et d’une certaine école du hard rock. Moment de bravoure : porté au milieu de la foule, Joel s’éclate une canette sur la tête et arrose au passage ses voisins de nectar ambré.

Le riff mid-tempo de « Cheap Wine And Cheaper Women » relance la machine, avant une courte respiration destinée à présenter un autre inédit. ‘Envie d’apparaître dans un clip ? Voici « Alive After Death »’. Un caméraman rejoint le podium, et la foule se prend vite au jeu. Le morceau frappe juste, mené par un riff massif, même si l’attrait du moment filmé semble tout aussi décisif. La fin du set prend des allures d’apothéose sur « Live It Up » : sirènes, chant collectif, puis apparition du ‘bar éphémère de Lemmy’. Les bières volent ‘à l’australienne’ ; la fosse tente d’attraper les gobelets, au prix de quelques douches involontaires.

En rappel, « Ready To Rock » sonne comme un hymne, Joel menant les chœurs entre deux solos incendiaires. Sur « Runnin’ Wild », l’équipe technique basée à Manchester rejoint le podium, et le combo salue au passage les emblématiques enceintes Marshall qui dominent l’estrade. La soirée s’achève dans une déflagration de guitares saturées, fidèle à la promesse de départ.

Certains auditoires viennent pour écouter, d’autres pour célébrer : ce soir, la fête l’a emportée nettement. Sans ménager les décibels, Asomvel puis Airbourne ont livré un rock’n’roll live brut, parfois viril dans l’attitude, mais pleinement assumé. Finalement, une soirée intense, taillée pour les amateurs de sons épais et old school.

(Photos ici)

Setlist :  Intro préenregistrée : « Main Title (Terminator 2 Theme) » (Brad Fiedel song), « Gutsy », « Too Much, Too Young, Too Fast », « Cradle To The Grave », « Hungry », « Back in the Game », « Raise The Flag », « Cheap Wine & Cheaper Women », « Alive After Death », « Diamond In The Rough », « Breakin' Outta Hell », « Live It Up ».

Rappel : « Ready To Rock », « Runnin' Wild »

(Organisation : Live Nation)

 

Boogie Beasts

Boogie Beasts rend hommage à R.L. Burnside

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Le groupe belge de blues-rock alternatif Boogie Beasts rend un hommage vibrant à la légende du Hill Country blues R.L. Burnside sur « Don’t Be So Mean ! – A Tribute to R.L. Burnside », un nouvel album attendu pour le 17 avril 2026. Pour ce projet d’envergure, le quatuor s’est entourée d’invités internationaux prestigieux : G. Love, Duwayne Burnside (fils de R.L. Burnside), Kenny Brown (guitariste historique), Luther Dickinson (North Mississippi Allstars, ex‑Black Crowes), Cedric Maes (The Sore Losers) et Pablo van de Poel (DeWolff).

En éclaireur de cet opus hommage, Boogie Beasts dévoile « Shake ’Em On Down », une relecture hypnotique et rugueuse d’un classique de R.L. Burnside. Fidèle à l’esprit du Hill Country blues du Mississippi, le groupe y injecte son énergie brute et sans compromis. Le titre se distingue également par la participation de G. Love, qui y appose sa signature ‘Philadelphonic’, à la croisée du blues, du groove urbain et du hip‑hop.

Le groupe explique : ‘Adolescents dans les années 90, on a grandi avec le grunge. À cette époque, G. Love & Special Sauce faisaient figure d’outsiders. Leur mélange de blues et de hip‑hop était totalement inédit et nous a profondément marqués. Son album Philadelphia Mississippi*, mêlant hip‑hop et Hill Country blues, faisait naturellement écho à notre projet. Lorsqu’on lui a proposé de participer, il a accepté avec enthousiasme. Avec lui, « Shake ’Em On Down » a pris une couleur nouvelle, très personnelle. On est particulièrement fiers de cette collaboration’.

Au‑delà d’un simple album tribute, « Don’t Be So Mean ! » célèbre un double anniversaire : les 15 ans de Boogie Beasts et le centenaire de la naissance de R.L. Burnside. Le single s’accompagne d’un clip animé DIY, imaginé et réalisé par Fabian Bennardo (harmonica), prolongeant l’approche artisanale et viscérale chère au groupe.

Grâce à cet hommage sincère et habité, Boogie Beasts confirme son attachement profond au blues du Mississippi tout en le réinventant à travers une vision résolument contemporaine.

CONCERTS DE PRÉSENTATION D’ALBUM :

-16/04/2026 : Macca Club, Hasselt (BE) – special guest : Cedric Maes

18/04/2026 : La Bonne Source, Fleurus (BE)

CONCERTS :

25/04/2026 : Reflektor, Liège (BE) – double affiche DeWolff

27/04/2026 : Des Konings Fest/Burgerweeshuis - Deventer (NL)

02/05/2026 : Moulin Blues – Ospel (NL) – feat. Pablo van de Poel (DeWolff)

09/05/2025 : Ancienne Belgique, Bruxelles (la première partie de Robert Jon & The Wreck)

20/06/2026 : Waogstock Festival, Neer (NL)

De nouvelles dates belges et internationales seront bientôt annoncées.

La vidéo de « Shake ’Em On Down », est disponible ici

 

 

Boulevard des Airs

Bref mais intense

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Boulevard des Airs (BDA) célèbre ce soir son grand retour au Cirque Royal, sixième étape d’une tournée 2026 qui inaugure véritablement la série des Zéniths et des grandes salles en Belgique, en France et au Luxembourg. La formation tarbaise investit les planches du Cirque Royal sous la bannière de son sixième opus, « Je rentre à la maison », dont elle dévoile de larges extraits à l’auditoire. BDA séduit par ses méga-hits — « Cielo Ciego », « Emmène-moi », « Je me dis que toi aussi », « Bruxelles » ou encore « Allez Reste » (en compagnie de Vianney) —, fusionnant pop, folk, chanson et musiques actuelles. Peines, amour, engagement : le répertoire du combo touche chaque spectateur. Le travail autour du dernier disque explore notamment la thématique du harcèlement scolaire.

Cinq ans après « Loin des yeux », la formation, née dans la cour de récréation du lycée Marie-Curie de Tarbes, revient sur le devant de l’estrade avec « Je rentre à la maison ». Ce long playing, encore plus dansant que les précédents, alterne thèmes intimistes et universels, sonorités world, pop, folk et électro, et permet à BDA de dialoguer avec des invités tels que Carbonne, L.E.J. et Lémofil, un exercice qu’ils affectionnent. Cette fois, Boulevard des Airs, fidèle à son esprit de partage, relève un nouveau défi : le titre éponyme de l’opus devient le socle d’un projet pédagogique destiné aux établissements scolaires et associations. Dans ce disque, le mot ‘maison’ s’entend au sens large du terme : racines, identité, famille, odeurs, images, pays, toit, paysages, amis, attachement à ce qui nous construit — la ‘maison’ dans toutes ses acceptions. Il s’agit d’un refuge intérieur, fait de souvenirs, de visages, de couleurs et de saveurs : une identité-puzzle propre à chacun, en perpétuelle évolution.

Avant le supporting act, un documentaire d’une dizaine de minutes est projeté sur un écran géant, afin d’expliquer le projet pédagogique de BDA. Il est présenté par Florent Dasque et le nouveau chanteur du groupe, Eyal.

La première partie est assurée par une chorale d’enfants et d’adolescents, à savoir la chorale de l’association ’One Star One Destiny’.

Elle est constituée de jeunes gens âgés de 10 à 16 ans. Plus de septante filles et garçons rejoignent l’estrade, entourés par des instrumentistes : un bassiste, un préposé à la guitare électro-acoustique, un violoncelliste, un clarinettiste et une claviériste installée sur le côté droit, dans les gradins supérieurs. L’auditoire demeure clairsemé. La chorale interprète « Emmène-moi », « Bruxelles » puis « Je rentre à la maison ». Belle performance pour ces adolescents et initiative remarquable de la part de BDA, qui a convié cette chorale.

À 20 h 25, lorsque les huit musiciens de la BDA apparaissent devant nous, la salle affiche complet. Le décor s’articule autour de diverses estrades de hauteurs variées, sur lesquelles s’installent les six instrumentistes, protégés par des parois vitrées et ceinturés de rampes de LED. L’ensemble évoque une vaste demeure, sublimée par des jeux de lumière. Au-dessus du podium, en arrière-plan, s’élèvent, au rythme de la musique, six immenses pavillons (anciens conduits d’écoute de tourne-disque, dits gramophones, semblables à celui du célèbre tableau ‘La Voix de son maître’), dont le centre accueille des spots LED.

Le concert débute sur les chapeaux de roue : toutes les lumières convergent vers l’avant pendant l’installation des artistes, notamment le batteur Chacha Angela, positionné au centre et en fond, sur son estrade. À sa droite, les cuivres : Jean-Baptiste Labe (trombone) et Manu Aurousset (trompette). Le guitariste Jean-Noël Dasque se place devant le batteur, tandis que sur les deux estrades de gauche prennent place Jérémie Plante, derrière les claviers, et, juste devant, Laurent Garnier (basse, clavier), laissant toute la place à l’avant pour Florent Dasque, aux six cordes et au chant, accompagné du nouveau vocaliste Eyal, très interactif auprès de la foule. C’est bien sûr l’ADN du duo : interactivité et talent pour chauffer la fosse.

Après une introduction très électro, le set enchaîne sur « Demain de bon matin ». Les sons s’articulent autour du batteur, solidement soutenus par les six cordes et des cuivres omniprésents.

Vient ensuite « Si la vie avance », extrait du long playing de 2018 « Je me dis que toi aussi ». Cette chanson assume pleinement le virage électro. C’est ce versant que votre serviteur savoure : des sonorités ciselées, des claviers parfaitement synchronisés au batteur. Premier extrait du nouvel opus à découvrir sur les planches : l’éponyme. Ici, la connexion entre le band et les spectateurs s’avère totale (l’auditoire est en ébullition). Les deux frontmen expliquent le message avant d’entamer la chanson. La chorale, postée sur les côtés, entonne le refrain à tue-tête, suivie de près par toute la salle. Les lumières inondent le podium et éblouissent la fosse.

« Bruxelles » embraie : ils jouent à domicile, expriment leur amour pour la Belgique et embrasent l’estrade. S’enchaînent « Ce n’est pas si facile » et « Balkan ». Le nouvel elpee invite à la danse et distille une mélancolie, porté par des guitares acoustiques foisonnantes et des claviers. Sur « Balkan », la folie s’empare du public, galvanisé par les cuivres et surtout un immense sousaphone qui mène la danse. L’énergie festive, marque de fabrique de Boulevard des Airs, rayonne.

Le spectacle touche à sa fin, mais le final capte toute l’attention, notamment pendant « Allez Reste ». Le duo de chanteurs s’assied sur le bord des planches et entame la chanson en acoustique. Ils invitent la foule à reprendre le refrain. Cela ne prend pas. Ils se relèvent et laissent carte blanche à l’auditoire pour l’interprétation : d’abord « rock’n’roll », puis « reggae », « afro », « disco » et enfin « rap ». Cette liberté séduit la fosse et la formation prolonge le plaisir. Sans interruption, ils lancent le rappel par « Seul ici », puis « Regarde-moi », et concluent sur « Je me dis que toi aussi ». Voilà, c’est terminé. Bref mais intense.

Toujours portés par une énergie débordante et une interaction directe auprès de la foule, les concerts offrent un mélange de pop et de chanson française. Nous avons profité d’une ambiance scénique soignée, pour un moment festif. Un peu court : rappel inclus, 75 minutes. L’auditoire quitte la salle conquis et joyeux, des étoiles plein les yeux.

Setlist : « Intro », « Demain De Bon Matin », « Si La Vie Avance », « Je Rentre A La Maison », « Bruxelles », « Ce n’est Pas Si Facile + Balkan », « Emmène-Moi + Salsa », Pas Mieux Ailleurs », « Allez Reste »

Rappel : « Seul ici », « Regarde-Moi », « Je Me Dis Que Toi Aussi ».

(Organisation : Live Nation & Next Step)

 

Bonnie Prince Billy

L’amitié et la communauté de Bonnie ‘Prince’ Billy…

Bonnie ‘Prince’ Billy, nom de scène du musicien Will Oldham, sortira un nouvel album studio intitulé « We Are Together Again » le 6 mars chez Domino/No Quarter. À la suite de « The Purple Bird », Oldham a commencé à travailler sur cet elpee avant son séjour à Nashville pour enregistrer celui-ci, puis s'y est remis au printemps dernier, emmenant ces 10 chansons au studio End of an Ear à Louisville avec ses compagnons de tournée actuels Jacob Duncan (flûte et saxophone) et Thomas Deakin (clarinette, sifflet, guitare électrique baryton, accordéon, cornet), ainsi que Ryder McNair, Chris Bush, Ned Oldham et Erin Hill.

Oldham note : ‘Même si nous ne le percevons que vaguement, nous vivons actuellement un changement de monde. Celui dans lequel nous sommes nés est en train de disparaître, remodelé et dénudé par l'action humaine. Il reste à savoir ce que nous allons transmettre et comment nous allons refuser de nous abandonner. » We Are Together Again » semble être une réponse’.

Dans les chansons d'Oldham – et dans le cercle d'autres artistes réunis sous le nom de Bonnie ‘Prince’ Billy – l'amitié, la communauté et la joie obstinée de créer de l'art avec d'autres deviennent un moyen de persévérer. Il ne s'agit pas d'un déni de l'effondrement, ce qui serait une illusion, mais d'une sorte de défi : rester pleinement humain, pleinement joyeux, dans un monde dont l'horizon se rétrécit.

Jim Marlowe a assuré l'ingénierie des sessions d'enregistrement et coproduit l'opus en compagnie d’Oldham. Le premier titre partagé du long playing s’intitule « They Keep Trying To Find You », accompagné d'une vidéo produite par Jake Forman et chorégraphiée et réalisée par Abi Elliott.

« We Are Together Again » ne résout pas la peur, mais y répond par l'harmonie. C'est un album sur le miracle tenace de la communauté et sur le fait que tant qu'il y a des voix qui s'élèvent ensemble, la demande elle-même devient espoir.

Le single « They keep trying to find you » est à découvrir sous forme de clip

 

Debout Sur Le Zinc

La mémoire électrique de Debout sur le Zinc

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La sensation que cette nouvelle production, bien léchée, a un réel potentiel pour parler autant aux fans de longue date qu’aux nouveaux venus. Le disque se renouvelle beaucoup au fil de l’écoute, notamment grâce aux deux voix lead différentes, et l’on est assez loin de l’image de « chanson festive » qui colle parfois trop à la peau du projet. Les retours des médias sont positifs.

Effectivement, considéré parfois comme discret, le groupe a pourtant su se renouveler et occupe encore une place de choix dans l’Hexagone, fédérant toujours un public nombreux après trente années de scène et plus de 2000 concerts. En témoigne notamment le concert parisien à venir à La Cigale (14/02/2026), déjà quasi complet ! Ce nouvel album interroge la mémoire, le temps et la quête d’un nouveau souffle dans le tumulte de l’époque. C’est un tout nouveau voyage incandescent, dont chaque chanson est une étape : un souffle pop intemporel, sans complaisance ni posture.

Refuser la mascarade, préférer la sincérité tranquille aux cris factices : voilà l’élégance cachée de cette chanson. « Je ne manque pas de cœur » est un éclat d’authenticité dans un monde de faux-semblants. Simon Mimoun – auteur.

En trois tableaux allégoriques, l’animation illustre le combat dichotomique que se livre l’auteur de la chanson. Pris au piège d’un mécanisme implacable et tiraillé entre son désir de liberté et son envie de plaire, il navigue comme la méduse entre l’ombre et la lumière. Damien Pelletier – réalisateur du visualizer.

La formation enchaînera ensuite par une tournée hexagonale 2025-2026 de plus de trente dates, et un concert parisien à marquer dans son agenda : La Cigale, le 14 février 2026.

Le single « Ferme Les Yeux » est disponible sous forme de clip ici et celui au consacré à « Je Ne Manque Pas De Cœur »  

Pour les précommandes pour l’album en format Vinyle / CD, c’est ici

The Belair Lip Bombs

A nouveau The Belair Lip Bombs

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The Belair Lip Bombs sortira son nouvel elpee, « Again », ce 31 octobre. Il fera suite au premier, « Lush Life », paru en 2023. Réunissant Maisie Everett, Mike Bradvica, Jimmy Droughton et Daniel ‘Dev’ Devlin, la formation australienne s’est formée, il y a huit ans, dans une banlieue de Melbourne.   

Sur « Again », le groupe fusionne ses influences individuelles pour créer une collection de chansons indie-rock entraînantes. L'album a été produit par le groupe, Nao Anzai et Joe White. Le single principal, « Hey You », est une mélodie jubilatoire construite à partir d'un synthé en boucle. La vidéo qui l'accompagne a été réalisée par Angus Fielder. Et elle est à voir et écouter ici

The Belair Lip Bombs se distingue par sa combinaison de rythmes rapides, de mélodies de guitare chaudes et des vocaux cathartiques de Maisie.

Born Idiot

Le traumatisme lié à la vie infinie de Born Idiot

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Au fil des années, Born Idiot s’est imposé comme une des figures de proue de l’indie-pop française, avec pour marque de fabrique textes désabusés, mélodies entêtantes, envolées synthétiques et guitares rock. Des sales gosses biberonnés à Crumb et aux Strokes, dont le romantisme est contrecarré par la vanité de la société moderne. Après un hiatus post-covid, la formation rennaise est de retour avec « Infinite LifeTrauma », ode à la fin du monde annoncée.

Au travers de ses dix morceaux, ce nouvel opus explore avec une sensibilité aiguisée les contours d’un monde en ruine, entre amour naufragé et chaos global. On y traverse des rêveries solitaires (« Lonesome »), des visions dystopiques où l’humain se perd dans la machine (« Human Price »), ou encore des romances suspendues entre nostalgie et apocalypse (« The Last Bisou »). Le morceau éponyme, véritable pépite mélancolique, aborde l’ennui amoureux dans nos sociétés modernes : des couplets blasés et des refrains entêtants viennent refléter la monotonie affective d’un quotidien désenchanté.

Claviers kitsch et guitares rêveuses côtoient des riffs plus abrasifs, et chaque titre de ce nouvel elpee devient une capsule où le réel se dissout dans un onirisme lucide. Le groupe y affirme une posture plus frontale, entre romantisme cynique, satire sociale et envie d’embrasser l’effondrement dans un dernier slow électrique.

"Infinite Life Trauma" le nouvel album de Born Idiot sortira le 26 septembre !

Pour en connaître davantage sur le groupe, consulter la page ‘Artiste’, en cliquant Born Idiot en rouge, dans le cadre ‘Informations complémentaires, ci-dessous.

 

They Are Gutting a Body of Water

Le gros lot pour They Are Gutting a Body of Water

Écrit par

They Are Gutting a Body of Water sortira son nouvel elpee, « LOTTO », ce 17 octobre. Le groupe de Philadelphie propose un son défiant e dispensant des riffs menaçants et des distorsions hurlantes.

TAGABOW, initialement un projet solo de Doug Dulgarian, est devenu une formation à part entière. Dulgarian, inspiré par la communauté DIY, a plongé dans la musique après une cure de désintoxication. Le combo est devenu notoire pour son approche expérimentale du shoegaze et ses tournées DIY.

« LOTTO » marque un retour au format live-band, avec une critique de l'artifice croissant dans le monde moderne. Dulgarian exprime ses craintes quant à l'homogénéisation de l'art due à la technologie.

Outre sa musique, Dulgarian dirige le label Julia’s War, influençant la scène indie rock.

Le clip de « Trainers » est disponible

 

 

The Flying Bones

Who are the Flying Bones ?

Écrit par

Issu de Rennes, The Flying Bones est a vécu deux périodes. L’une ‘garage-psyché-punk’ et l’autre, ‘math-fuzz’. Ce duo réunit Fabien Joffard (batterie/chant) et Thibault Talmont (guitare/chant).

Et sur son premier elpee, il est parvenu à compiler les meilleurs morceaux de ces deux phases.

On y retrouve donc la fougue spontanée du garage, la férocité sans concession du punk, les constructions alambiquées ou en looping du math rock, de motifs noise, des touches de folk et de lo-fi, mais aussi des envolées psychédéliques des seventies…

Parfois, sa musique rappelle des groupes comme Oh Sees ou Snapped Ankles.

Et chanté en français, le titre « Déception » fait un peu la synthèse de toutes ces références. C’est le morceau qui a été clippé ; et il est disponible

Podcast # 85 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

The Flying Bones

La musculation de The Flying Bones

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The Flying Bones est un duo rock / garage aux multiples inspirations naviguant entre le rock psychédélique fuzz à la Thee oh Sees, le vacarme organisé du math rock de Pneu et le zouk / rock de Francky Goes To Pointe-à-Pitre.

Véritable boulet de canon, le tandem sait délivrer une expérience généreuse bien qu'équipé d'un équipement minimaliste (batterie, guitare, pédales d'effets, ampli guitare et basse ainsi que deux chants).

Obsession, isolation, musculation... Voici en quelques mots la trame de "Muscles" le dernier clip du duo garage-punk-psyché The Flying Bones qui est à découvrir ici

On y découvre un protagoniste se donnant cœur et âme à la musculation et plongeant petit à petit dans la folie. La callisthénie : une obsession comme une autre.

Inspiré par l'humour inquiétant et décalé de Quentin Dupieux, le tout est accompagné par un titre musical répétitif, énergique et dynamique rappelant le mythique Thee oh Ssees ou encore les originaux Snapped Ankles.

 

Deborah Bonham

Un excellent groupe de blues avec une touche de rock et un soupçon de folk…

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Deborah Bonham est considérée comme l’une des meilleures chanteuses de blues, de rock et de soul, au Royaume-Uni. Et tout particulièrement en ‘live’ où elle a notamment partagé la scène avec Rodgers, Jeff Beck, John Mayall, Donovan et Robert Plant. Pour ce dernier, ce n’est pas étonnant, puisque Deborah est la sœur du drummer de Led Zeppelin, feu John Bonham.

Son dernier elpee a été enregistré en compagnie de son guitariste, Peter Bullick, et il est tout simplement baptisé « Bonham/Bullick ». Il réunit des titres classiques et contemporain couvrant sept décennies, parmi lesquels figurent des compositions signées O.V. Wright, Johnnie Taylor, Albert King, Ann Peebles, Bernard Fowler (des Rolling Stones), Mark Lanegan (Screaming Trees) et Chris Wilson.

Peter Bullick a grandi en assistant aux concerts de Rory Gallagher à l’Ulster Hall de Belfast. Il est, depuis longtemps, le guitariste du backing group de Deborah. Il s’est également produit en compagnie de Paul Rodgers, Paul Kossoff et Jimmy Page. D’ailleurs la formation existe depuis une éternité ; ses membres sont donc soudés et possèdent un feeling naturel pour le ‘live’.

Outre Peter, le line up implique le batteur Richard Newman, installé sur une estrade à l’arrière, le bassiste ‘E’ Rowley et le claviériste Gerard ‘G’ Louis.

Pas de première partie ? Pas de problème : la salle est presque complète.

Le concert s’ouvre par « See You Again ». Deborah Bonham occupe le devant de la scène. Elle s’empare immédiatement du pied de micro et hurle les paroles comme si sa vie en dépendait. Vêtue de noir (pantalon et chemise), elle chante pieds nus sur un tapis de sol (elle a ôté ses chaussures avant d’entamer le set). Ce qui la rend plus proche du public.

Non seulement Peter est un excellent sixcordiste et une véritable bête de scène, mais il seconde parfaitement Mrs Bonham aux vocaux. Elle se sert, de temps à autre, d’une gratte semi-acoustique.

Il ne faut pas imaginer que Deborah bénéficie d’un avantage grâce à son nom de famille. Rien n’est plus faux. Deborah Bonham possède une voix taillée pour le blues et le blues/rock exceptionnelle, aussi performante que celle de n’importe quelle autre artiste de la scène contemporaine. Son énergie débordante, son bagage blues et son sens aigu de la transmission font d’elle une chanteuse dynamique.

Chaque morceau est interprété avec passion, et parfois une pointe d’humour ; ce qui démontre que la formation a apprécié la soirée autant que l’auditoire.

Du concert, on épinglera les quatre reprises, dont celle du « Bleeding Muddy Water du regretté Mark Lanegan, une version blues incomparable (et le point d’orgue du show !), le « Can’t You See What You’re Doing to Me », d’Albert King, le « Mr Big » du Free ainsi que celle du « Rock’n’roll » de Led Zeppelin.

Le tandem Bonham-Bullick mérite toute la reconnaissance qui lui est due et les autres musicos étaient au somment de leur art. Un excellent groupe de blues avec une touche de rock et un soupçon de folk…

Setlist : « See You Again », « Can’t You See What You’Re Doing To Me » (Albert King cover), « Bleeding Muddy Water » (cover Mark Lanagan), « Feel So Alive », « I Need Love », « Thunder », « What It Feels », « Painbirds », « Set The Night On Fire », « Train », « Breathe », « Priory », « No Angel ».

Rappel : « No Body Stop Me », « Mr Big » (Free cover), « Rock’N’Roll » (cover Led Zeppelin)

(Organisation : Rock Nation + Zik Zak)

Elise Bourn

L’alliance d’Elise Bourn…

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Elise Bourn est une jeune artiste folk d'origine néo-zélandaise au talent brut.

Chanteuse et multi-instrumentiste autodidacte, elle a écrit et enregistré son premier album majoritairement depuis sa chambre d'enfance. Des chansons chaleureuses, empreintes de spiritualité et d'une rare profondeur.

Repérée très jeune par le Collectif Øpera, elle développe son projet sous le parrainage discret des réalisateurs new-yorkais Timothy Bright (Kate Davis, Grey Reverand, Lazlo Blane) et nantais Grégoire Vaillant (Abraham Fogg, Paul Colomb, Moongaï), ainsi que du batteur angevin Baptiste Brondy (Delgres, M, Jean-Louis Aubert).

En 2022, elle sort un premier single "Fire Eyes" qui sera propulsé à l'international par Curators et lui ouvrira les portes d'une première tournée en solo dans les SMAC françaises (Stereolux, Carène, Astrolabe, VIP etc.) et quelques festivals (MaMA, We will folk you, Mo Low, Heimathafen Berlin etc.).

Son premier opus, "Covenant", qui paraîtra, en avril 2025, rend hommage aux grands des années 60-70.

Composées lors du premier confinement, en 2020, les chansons de l'elpee racontent des histoires touchantes. Le son granuleux et rond des enregistrements, ainsi que la douceur et la sincérité avec lesquelles l'artiste partage ses mots, évoquent un mélange entre Adrianne Lenker et Joni Mitchell ou encore This Is The Kit fusionné avec la production sonore de Beck.

Le clip consacré à "Pickles" est à voir et écouter ici

 

Mathieu Boogaerts

Le Grand Piano de Mathieu Boogaerts

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« Grand Piano », c’est le titre du neuvième album de Mathieu Boogaerts, et c’est un oxymore (figure de style qui vise à rapprocher deux termes que leurs sens devraient éloigner).

‘Grand’car il l’a voulu ainsi : franc, épais, puissant, plus de matière, de volume que ses prédécesseurs... Plus âgé ? Une batterie, une basse électrique, une basse synthétique, une guitare électrique, une guitare acoustique, un synthétiseur, un saxophone, une flûte, un accordéon, un chœur, des percussions, un piano électrique et un piano droit : la gamme de couleurs qu’il lui a fallu pour dépeindre en détails les sentiments qu’il déploie dans ses douze nouvelles chansons.

Mais ‘Piano’, car toujours sur le ton de la confidence, léger, fragile, doux, nuancé.

Comment ? Il a écrit et composé ce répertoire entre septembre 2020 et mars 2023 dans de nombreux lieux dont Londres, Paris, Istanbul, Amsterdam, Budapest, Plaisians, Risoul et les Landes. Le disque a été enregistré de manière classique, entre 2023 et 2024 à La Frette Studios en région parisienne.

Une pulsion, un profond désir, encore et toujours : exprimer en musique et en mots ces passions qui l’animent tout au long de la vie. Sans cesse chercher, proposer des formes nouvelles pour les formuler au présent de la manière la plus personnelle possible.

« Dans une case », extrait de l'album « Grand Piano », est disponible sous forme de clip ici

Guy Verlinde & Tom Eylenbosch

Un album de blues acoustique pour Guy Verlinde et Tom Eylenbosch…

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Guy Verlinde a sorti un nouvel elpee, ce 6 janvier 2025. Intitulé « Promised Land Blues », il a enregistré en compagnie de Tom Eylenbosch. Au fil des années, ils ont développé un son unique à travers leurs chansons de blues narratives, un son qui résonne profondément auprès du public du style en Belgique et au-delà, profondément enraciné dans la tradition, mais qui ose également explorer de nouvelles voies musicales.

En 2024 Guy Verlinde et Tom Eylenbosch ont été récompensés par le Belgian Blues Award du ‘Meilleur Duo’. Cette reconnaissance est un moment important dans leur parcours musical. Leur collaboration a débuté au cœur de la scène blues gantoise, où ils se sont rapidement distingués par leur performance puissante et leur mélange de blues, roots, americana et bluegrass.

Chaque chanson de cet opus reflète leur passion commune pour le genre. Dans la guitare et le chant de Guy, vous pouvez entendre l'esprit des grands du blues, tout en introduisant des éléments frais et contemporains. Le piano et le banjo de Tom forment le contrepoint parfait avec lequel il colore musicalement chaque chanson. Sur cet LP figure un mélange de nouvelles chansons socialement critiques et engagées, telles que « Tears Over Gaza » et « World Goin' Wrong », outre les joyaux traditionnels tels que « You Gotta Move » et « A Worried Man Blues ».

 Certaines compos coomme « Heaven Inside My Head », « Do That Boogie », « Reckonin' Blues », « Gotta Let Go », « I've Got You » et « Pursuit of Happiness » sont devenues les préférées du public lors des concerts. Bien que sortis plus tôt, ils ont reçu un nouvel arrangement acoustique sur ce long playing. Aucun album ne serait complet sans un titre de Tiny Legs Tim et « Hard to Admit » rend un hommage sincère à leur cher ami, décédé il y a quelque temps.

La vidéo du clip « Do That Boogie » est à voir et écouter

 

Bonnie Prince Billy

Il m'a fallu une vie dans la musique pour comprendre comment devenir meilleur acteur…

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Will Oldham a longtemps eu le malin plaisir de changer régulièrement de pseudo (Palace, Palace Brothers, Palace Songs, Palace Music, etc.) ; mais il semble enfin s’être fixé sur celui de Bonnie ‘Prince’ Billy. D’ailleurs, c’est la même signature qu’il a posée sur ses derniers elpees. Artiste imprévisible, il s’entoure souvent de musiciens différents, quand il enregistre un disque, mais il participe aussi régulièrement aux sessions d’autres musicos.

Pour son dernier opus, « The purple bird », il a reçu le concours de ses amis, mais aussi quelques-uns de ses héros. Le long playing a été mis en forme par le producteur de Nashville, David Ferguson, avec qui il s’est lié d’amitié il y a pas mal de temps, lors d’une session consacrée à Johnny Cash. Ferguson a puisé dans son réseau d’amis artistes de Music City, en organisant des jams pour écrire des chansons et en rassemblant une équipe de musiciens de session pour réaliser ce qui allait devenir cet opus.

« The Purple Bird » est impeccablement mis en forme, mais à l’instar d’une compilation, il change constamment de ton, privilégiant le joyeux sur le mélancolique.  

Ainsi la mélodie de « Guns Are For Cowards » est paradoxalement impertinente et optimiste, alors que le thème est tragique.

Cette chanson été ajoutée, car le disque est essentiellement focalisé sur les sept co-écrites. J'y ai inclus quelques compositions personnelles dont « Guns Are For Cowards ». C’est l'une des rares de ma carrière que j'ai écrite en réaction à des événements dont j'ai été témoin ou que l'on m'a rapporté afin d'essayer de comprendre ou de participer plutôt que de me sentir impuissant.

Il y a quelques années, ma femme et moi avions rendez-vous chez le banquier dans le but d'obtenir un prêt. Le rendez-vous a été reporté car il devait se rendre aux funérailles d'un collègue abattu dans une agence du centre-ville de Louisville, dans le Kentucky, par un homme qui est entré et a tiré sur toutes les personnes présentes sur les lieux. Par ailleurs, j'étais censé partager une session avec un ensemble gospel. L’une des formations familiales, les Templeton Singers, a dû reporter la séance parce qu'un de leurs neveux, âgé de 13 ou 14 ans, avait été abattu à un arrêt de bus, alors qu'il se rendait à l'école. Enfin, j'étais censée avoir rendez-vous avec un homme politique local, lequel m'a annoncé qu'un membre de sa famille venait de se faire tirer dessus et qu'il devait le secourir. Je me suis demandé ce qui se passait et ce que je pouvais faire… c'est à dire composer cette chanson. J’ai pensé, je viens du Kentucky, je me rends dans le Tennessee et je vais présenter ce morceau qui remet en question la détention et l'utilisation d'armes à feu, à un groupe d'hommes blancs du Sud, plus âgés. La première personne à qui je l'ai soumise était David Ferguson, producteur de ce disque... le jour de l'enregistrement. Il l'a écouté, s'est tourné vers moi et a dit ‘Will, il n'y a qu'une seule manière de proposer cette chanson, c'est sous forme de polka’. ‘Peu importe ce que tu dis Fergus, pour moi, c'est bien’, ai-je répondu. Ça me convient... parce qu'au départ je ne savais pas ce qu'il allait en penser et où il allait l'emmener. 

« Is My Living in Vain ? » est d'une délicatesse et d'une vulnérabilité qui symbolise votre art.

(Il rit) Oui, je suis d'accord. Et c'est la seule reprise du disque !  Une chanson que j'interprétais seul chez moi ; et j'ai voulu l'intégrer pour équilibrer le disque face à tous les auteurs-compositeurs qui y participent.  Je suis le plus jeune musicien et compositeur de l’album, à l'exception de Brit Taylor et Adam Casey, qui se sont chargés harmonies vocales y compris de celles des choristes. Mais tous les autres sont les hommes blancs plus âgés et du Sud : « Am I Living in vain » a été écrit, à l'époque, par une jeune femme noire qui s’appelait Twinkie Clarke. Elle faisait partie des Clark Sisters de Detroit. Un succès dans le monde du gospel en 1980. Je me suis dit : ‘Eh bien, je ne peux pas faire grand-chose en tant qu’homme judéo-chrétien blanc américain, mais je peux chanter la chanson de quelqu'un d'autre pour essayer de donner un portrait plus complet de ce que j'essaie simplement d'accomplir dans le cadre de mes projets musicaux’.

Vous définissez cet opus comme un disque de ‘Nashville’...

Il s'agit d'un album de ‘Nashville’, à part entière, dans le même processus d'écriture au cours duquel ces personnes s'asseyaient intentionnellement à 10 heures, le mercredi matin, et composaient une chanson en plus de deux heures et demie. Cette façon de procéder est une institution à Nashville que je n'avais jamais expérimenté auparavant. Toute cette ville et ses infrastructures sont imaginées en fonction de ces musiciens de session qui sont comparables à des athlètes olympiques, dans la mesure où en deux jours de travail vous enregistrez en leur compagnie presque tous les éléments de 12 chansons. Comme un athlète olympique, un sprinteur qui en quelques secondes réalise le geste et la course parfaite. J'adore cela car chaque jour, j'avais l'impression d'essayer de rester en forme et de me préparer physiquement et mentalement à faire face à ce genre de défis afin d'être pleinement présent, réactif et à la hauteur de la situation.

Mais tous ces grands chanteurs country célèbres en Amérique et présents sur les albums, sont peu connus de ce côté-ci de l'Atlantique. Ce qui pose également la question de votre popularité aux Etats-Unis et en Europe...

En termes de chiffres, je pense que la taille de l'audience de Bonnie Prince Billy aux États-Unis est similaire à celle de l'Europe. Mais en Amérique, elle est vraiment beaucoup plus marginale et underground. Même si, numériquement, les concerts ont la même taille et la même notoriété, les labels auxquels je suis associé aux États-Unis ne sont pas très notoires, la promotion y est moindre et les spectacles se déroulent dans des petits clubs.

Avez-vous déjà pensé enregistrer un long playing en compagnie de Robert Plant et Alison Krauss, par exemple ?

Fergus est plutôt un bon ami d'Alison Krauss. Et à l'époque où Albini a produit le Page/Plant, il y a une vingtaine d'années, c'était la première fois que j'ai vraiment commencé à penser à Robert Plant, à la fois en tant qu'être humain et merveilleux chanteur. Il chantait très bien sur tous les disques de Zeppelin et par mal sur ceux en solo. Mais sur ce disque, je me suis dit : ‘Waouh, cette personne a vraiment une relation incroyable avec sa voix’. Et je pense que c'était un des talents propres à Steve Albini de faire ressortir l'essence de la voix d'un chanteur, d'en tirer le maximum. Si l'occasion se présentait, je ne la laisserais pas passer. Je pourrais en tant que pair, collaborer avec eux et même essayer, à l'instar d'Albini, de les pousser à réaliser des choses différentes qui conviennent à leurs énormes talents et capacités et les faire sortir leur zone de confort en se convertissant en artistes explorateurs. Mais Robert Plant est un artiste expérimental. La force de Plant et Page dans Led zeppelin était telle qu'ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient, mais faisaient ce qu'ils pensaient devoir être fait. Et grâce à l'incroyable synergie et à l'éclat de leur énergie collective dans Led Zep, c'est devenu quelque chose qui n'existait pas auparavant.

Aux yeux et aux oreilles des d'Européens, la musique country est une sorte de nid ‘trumpiste’

C'est un peu réducteur. 

Je suis conscient que la musique country a le potentiel de résonner et de plaire à une très grande partie de l'humanité parce qu'elle est chantée en anglais. En fait, on accorde davantage d'attention aux paroles que dans toute autre forme de musique populaire.

L'amitié définit-elle votre carrière ?

Oui. La force motrice de mon engagement dans la musique est d'établir des liens plus larges avec les auditeurs, mais de me connecter plus spécifiquement et profondément avec les personnes que j'aimerais côtoyer. Appeler mon ami pour explorer l'interconnectivité et les relations humaines directes à travers… pas seulement des paroles, mais aussi une collaboration active, y compris en compagnie des artistes visuels. Comme Lori Damiano, qui a réalisé la pochette de ce disque. Et c'est une copie du dessin d'enfance de David Ferguson représentant l'Oiseau violet. Ce sont mes amis et je suis aussi leur fan. L'amitié est quelque chose qui a été mystérieuse pour moi, toute ma vie. J'ai beaucoup déménagé quand j'étais enfant, et j'ai toujours expérimenté l'amitié à distance. Et donc c'est une donnée que j'ai presque fétichisé au détriment des relations amoureuses. C'est un processus continu pour essayer de bien comprendre ce qu'est l'amitié et, le fait de savoir si j’en suis capable, parce que c'est ce que je souhaite le plus au monde.

Votre pseudo se réfère à Billy the Kid. Seriez-vous le dernier cow-boy ?

(Il rit) bien sûr. Nous comprenons progressivement et collectivement que l'idée d'un cow-boy est de la foutaise. C’est de la mythologie et une construction. Ainsi, j'ai l'impression d'adhérer à l'idée d'incarner, d'habiter ou de représenter une construction. Comme si elle appartenait à ce qu'est Bonnie Prince Billy...  Nous sommes tous d'accord pour dire que rien n'existe vraiment. C'est pourquoi nous créons des fictions sur lesquelles nous basons notre perception de la réalité juste pour essayer de donner du sens.

Le fait d'être acteur vous a-t-il aidé à devenir chanteur ?

Absolument ! Ce que j'ai finalement ressenti en poursuivant mes études d'acteur, puis ce qui m'a finalement déçu ou insatisfait, c'est qu'il y avait très peu d'acteurs qui utilisaient toute la diversité et les capacités de leur instrument principal : leur voix. Ils peuvent crier et être en colère, mais qu'en est-il de la mélodie et du rythme ? Et souvent, même les dramaturges ne se concentrent pas assez sur le rythme.

J'ai rencontré davantage d'épanouissement dans l'expérience musicale. Et pourtant, il s'agit toujours d'interpréter un texte, de communiquer une expérience humaine à autrui, puis d'utiliser l'expérience humaine de l'autre personne comme caisse de résonance.

A l'inverse, être chanteur vous aide-t-il à être acteur ?

J'aborde l'interprétation d'une chanson, à chaque fois, comme si elle était neuve. J’ai l'impression d'être un nouvel interprète, de me servir des paroles comme d'une simple feuille de route.

Par ailleurs, récemment, interprétant une scène avec Tom Hardy, phénoménal exemple d'un acteur qui explore les confins de ce qu'il accomplit, ce sont les deux heures de jeu les plus enrichissantes que j'aie jamais connue en tant qu'acteur ; comme si absolument tout pouvait arriver. Et à l’issue du tournage, Tom Hardy m'a dit : ‘Je ne sais pas qui tu es, mais j'ai vraiment aimé travailler avec toi’. L'un des plus beaux compliments que je n’ai jamais reçus. La musique me permet d'aborder quelque chose de nouveau à chaque fois avec fraicheur et spontanéité, de faire confiance à l'écriture, d’être prêt pour le travail et de vivre le moment présent. Il m'a fallu une vie dans la musique pour comprendre comment devenir meilleur acteur.

« The purple bird » : 31/01/2025 (Domino / V2)

 

Boogie Beasts

Neon Skies & Different Highs

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Le blues des Belges de Boogie Beasts se traduit par un son très personnel et distinctif. Imaginez les Black Keys improvisant avec John Lee Hooker dans une rave tardive, le groupe Morphine dans un trip psychédélique en compagnie de Little Walter ou encore R.L. Burnside flanqué des jeunes Rolling Stones dans l'arrière-salle d'un juke joint du Mississippi. Le quatuor réunit les chanteurs/guitaristes Jan Jaspers et Patrick Louis, le génial harmoniciste Fabian Bennardo ainsi que le drummer Gert Servaes. Pas de bassiste. Le line up n’en recense aucun, et pour ces sessions le combo n’a pas sollicité de musicien de studio pour en jouer.

Depuis leur premier concert en 2011, ces 4 fous de blues-rock alternatif ont transformé de nombreux clubs et festivals en gigantesques souks festifs. Partout où ils vont, les gens s'en souviennent. Sur les planches, la formation diffuse une énergie contagieuse, avec un son délicieusement crade et simplement irrésistible. Tous leurs elpees ont reçu des critiques élogieuses. Classic 21 décrit les Boogie Beasts comme des acteurs incontournables de la scène blues-rock européenne. Fort de ses guitares tranchantes et son harmonica déjanté, le band ne perd jamais le sens du groove qui fait mouche.

Il s’agit déjà du quatrième long playing studio de Boogie Beasts. Découpé en 18 plages, il propose une musique à la fois festive et structurée. Toujours profondément enraciné dans le blues rugueux, il intègre cette fois-ci des influences gospel, soul, desert blues & rock, rhythm'n’blues, psychédéliques et même une touche de hip-hop. Ici, le blues perd ses frontières, garde ses codes et regarde plus loin. La surprise est belle, tant la richesse des morceaux est dense et la production signée Koenraad Foesters particulièrement soignée. Toujours aussi identifiable, le son reste brut, crade, parfois froid et assez urbain finalement. Les mélodies sont addictives et les chœurs accrochent. La chaleur se trouve ailleurs ; elle est encore très présente et principalement dans les arrangements vocaux. L’harmonica mène le bal sur des sonorités propres à Chicago et, grâce à des riffs efficaces et un groove rythmique dévastateur, on passe d’un titre à l’autre avec un plaisir constant. Retenir juste quelques morceaux est presqu’une insulte à ce disque qui s’écoute dans son intégralité.

 

Bondo

Harmonica

Bondo (NDR : rien à voir avec l’épine dorsale) est un quatuor issu de Los Angeles dont la musique est essentiellement instrumentale. Pas étonnant, puisqu’il pratique du post rock. Mais un post rock moderne qui se teinte, suivant les morceaux, de math rock ou de psychédélisme, explorant des tempos déplacés, des mélodies fracturées, des morceaux carrément explosifs ou de petites ballades intrigantes. En outre, le band ne lésine pas sur l’overdub, le delay et la distorsion.

Les compositions organiquement mécaniques errent avec l'intention de ne pas être sans but, mais d'être consommées dans un processus naturel, sans trop réfléchir, et en essayant de garder le sentiment aussi intact et brut que possible.

Elles sont simultanément urgentes et sans précipitation

« Harmonica » constitue son second opus. Extrait de cet album, « Headcleaner » est en écoute ici

 Podcast # 58 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Patricia Bonner

Les chroniques du temps de Patricia Bonner

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Après « What Is There To Say » sorti en 2011 et « A Song For You », coffret 5 Cds paru en 2016 (à savoir « A Day In New Orleans », « A Time For Love », « Un jour Tu Verras », « Moon River » et « Feelin’ Good »), la chanteuse de jazz Patricia Bonner est de retour avec l'album « Chronicles Of Time » : Tango, Jazz & Beyond sur une musique de Jean-Michel Proust.

Sur « Chronicles Of Time », qui paraîtra ce 29 novembre, le jazz se mêle au tango et à la chanson pour suspendre le temps autour du timbre de voix inimitable de Patricia Bonner. La chanteuse nous présente ici un répertoire totalement original de chansons dont elle a écrit les paroles.

Elle a fait appel à Jean-Michel Proust pour les compositions et la direction artistique. Ce dernier s’est entouré de deux orchestrateurs : Chloë Pfeiffer (cheffe d’orchestre et arrangeuse de tango) et Jean-Marc Fritz (chef d’orchestre et arrangeur de jazz) afin de concevoir un répertoire sur mesure pour servir l’exceptionnelle interprète (et autrice) qu’est Patricia Bonner.

Les seize titres de l'elpee sont imprégnés de la fougue, la passion, la danse, la musique, un subtil mélange de corps, d’âme et de cœur qui hantent le Jazz et le Tango, comme un hommage aux musiques de Michel Legrand, Astor Piazzola, Billie Holiday, Edith Piaf, Charles Trenet, Claude Nougaro, Pierre Barouh et Nina Simone.

En trois langues, anglais, espagnol et français, « Chronicles Of Time », nous fait voyager de New York à Buenos Aires et à Paris. Le disque brasse les souvenirs (« Dis », « Te Souviens-tu ? », « Memories »), et la quête de soi (« Soy », « Je M'aime »), évoque le printemps (« It Is Spring ») et toujours la nostalgie du temps qui s'enfuit (« Cette Larme A L'instant »).

Une vidéo de l’enregistrement de l’album est disponible ici

Nostalgie, nostalgie !!!

 

 

Elbow

La maîtrise d’Elbow…

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Elbow est sans conteste l’un des groupes majeurs de la scène musicale internationale. Depuis 22 ans, le quatuor de Manchester en impose par un style touchant, intelligent et intrépide. Et son retour est un véritable régal pour nos oreilles.

Destinée à défendre son 10ème elpee studio, « Audio Vertigo », sa tournée internationale s’achevait ce 11 septembre dans l’intimité du Cirque Royal. L’amour entre Elbow et la Belgique a toujours été considérable et réciproque. Depuis la sortie de son plus grand succès, « The Seldom Seen Kid », le groupe britannique sembler y avoir acquis un statut plus important que dans son propre pays. Ses prestations live sont à chaque fois de vraies claques musicales, que ce soit en salle ou en festival. A l’issue de son premier passage à Rock Werchter en 2006 (NDR : auquel votre serviteur assistait), au cours duquel il a accordé un set incroyable et historique, le public belge ne les a plus jamais lâchés.

Le concert est sold out depuis bien longtemps…

C’est Guy Garvey en personne qui, vers 19h40, vient présenter le supporting act qu’il annonce brillant. Il s’agit de Peter Alexander Jobson qui se produit en solo depuis la dissolution de son band, I Am Kloot.

Seul devant ses ivoires et d’une voix caverneuse et profonde, il nous emporte au sein d’un univers plutôt atypique. Une voix hantée par celle de Léonard Cohen et de Lou Reed. Dans un chanté/parlé, il nous raconte la vie de tous les jours avec un certain humour et un léger désenchantement qui fait aussi son charme. La chanson titre de son album « Burn The Ration Books Of Love », qui sortira fin novembre, est vraiment impressionnante. Une prestation intimiste de toute bonne facture !

Sur les planches, le chateur Guy Garvey, le claviériste/guitariste/percussionniste Craig Potter, le sixcordiste Mark Potter, le bassiste Pete Turner et le drummer Richard Jupp (perché sur une estrade à l’extrême-droite) sont soutenus par 6 musicos. En l’occurrence une section de 3 cuivres et autant de choristes/violonistes. De quoi enrichir la solution sonore du combo. Tout le monde est habillé de noir.

« Things I’ve Been Telling Myself For Years » et « Lover’s Leap » ouvrent le bal. Des compos particulièrement accrocheuses. Guy Garvey interagit quasiment entre chaque chanson et son humour décalé fait mouche.

L'excentrique « Lovers' Leap » est mitraillé en intro par des interventions de cuivres et souligné de rythmes grinçants. « The Bones Of You » suscite une première vague d'enthousiasme au sein de l’auditoire alors que le plus paisible « Mirrorball » séduit grâce à son jeu de lumière. Car hormis lors des morceaux les plus calmes, le light show est aveuglant.

A plusieurs reprises, Guy se consacre à la guitare. Et sa dextérité sur les cordes n’est plus à démontrer. Enfin lorsque les trois grattes électriques entrent en action, l’intensité est à son comble.  

Atmosphères extatiques, sonorités pleines, textes forts, sens du détail, Elbow maitrise son art à merveille.

L’excellent « Fly Boy Blue/Lunette » mêle rock et jazz nerveux avant de se clôturer dans un climat atmosphérique. La choriste Jesca Hoop et Guy Garvey échangent un duo intimiste tout au long de « Dexter And Sinister ». Une ambiance reproduite sur le bouleversant « Puncture Repair ». Mais Elbow n’a guère baissé le tempo pendant le concert. De nouvelles compos comme « The Picture », l’exubérant « Balu », dominé par les synthés et au superbe refrain, ainsi que « Good Blood Mexico City », au cours de laquelle les sonorités de guitare passent du climat ensoleillé (Fela Kuti ?) au plus lourd du heavy metal, sont intelligemment insérées dans la setlist, afin de ne pas dissiper l’attention de la foule.

Et le show de s’achever par l’époustouflant « Grounds for Divorce ». En rappel et sous forme d’apothéose, Elbow nous a réservé « Lippy Kids » et « One Day Like This ». Bref, un excellent concert, bien construit, parfaitement équilibré entre ancien et nouveau répertoire et qui n’a laissé personne de marbre…

Setlist : « Things I've Been Telling Myself For Years », « Lovers' Leap », « The Bones Of You », « Mirrorball », « Charge », « Fly Boy Blue, Lunette », « The Picture », « Dexter & Sinister « (with Jesca Hoop), « Balu », « The Birds », « Puncture Repair », « Kindling », « Good Blood Mexico City », « Station Approach », « My Sad Captains », « Magnificent (She Says) », « Grounds For Divorce ».

Rappel : « Lippy Kids », « One Day Like This ».

(Organisation : Live Nation)

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